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international - Page 1034

  • Vers un nouveau front islamiste dans les Balkans occidentaux ? (2/3)

    Al Qaïda tisse ses mailles au cœur de l’Europe du sud-est

    L’islamisme radical revient en force dans tous les Balkans occidentaux. Après des coups de fusils sur un commissariat au Monténégro et l’attaque par un commando d’anciens djihadistes des guerres bosniaques dans la partie serbe de la Bosnie-Herzégovine en avril, c’est un véritable acte de guerre qui s’est déroulé le 9 mai dernier en Macédoine. Dans la ville de Kumanovo, pendant plus de vingt heures, une trentaine de terroristes se sont acharnés sur un commissariat, mais aussi contre un quartier en tirant au mortier, faisant plus de vingt morts.

    Les filières d’Al Qaïda dans les Balkans suite au 11 septembre

    Après les attentats du 11 septembre 2001, les services occidentaux se sont rendus compte que plusieurs centaines d’islamistes radicaux étrangers vivaient tranquillement comme citoyens bosniaques – l’État de Bosnie-Herzégovine leur avait donné un passeport. Leur recherche par la police de la KFOR commença car ils représentaient un danger pour leur possible lien avec Al Qaïda. On apprenait ainsi qu’un Algérien de nationalité bosniaque avait tenté en 1998 d’acheminer des explosifs pour un groupe terroriste en Allemagne. Un des principaux lieutenants de Ben Laden, le Palestinien Abu Zubeida, disposait en 2000 d’un réseau d’agents en Bosnie. Ahmed Ressam et Karim Atmani, qui furent combattants djihadistes en Bosnie au début des années 1990, organisèrent ensuite la cellule de Montréal avec pour objectif de poser une bombe aux États-Unis. Atmani, faisant partie du « groupe de Roubaix », a été ensuite condamné à cinq ans de prison en France. Oussama Ben Laden lui-même possédait un passeport bosniaque régulier, qui lui a permis de séjourner à plusieurs reprises en Bosnie-Herzégovine dans les années 1990. La journaliste allemande Renate Flotau, de l’hebdomadaire Der Spiegel, affirme avoir vu à plusieurs reprises Oussama Ben Laden dans l’antichambre du bureau du président bosniaque, Alija Izetbegović.

    Dans un entretien pour l’agence de presse yougoslave « Tanjug », le journaliste français Christian Chesnot, ancien otage en Irak, expliquait en 2004 que son ravisseur avait été formé pendant la guerre en Bosnie. Ce chef du groupe dénommé l’ Armée islamique en Irak, lié à Al Qaïda, était « un type plutôt jeune, une petite trentaine d’années (…). Il passait son temps à écouter des chants islamiques sur la Bosnie et à parler des opérations menées par des moujahiddines pendant la guerre de 1992-1995, à laquelle il a participé avant de se lancer dans d’autres pays de djihad ». Selon Chesnot, ce groupe terroriste développe un « agenda irakien » mais aussi un « agenda international et djihadiste » (1).

    Ces derniers temps, plusieurs faits divers ont démontré l’implication des « salafistes (2) » durant la guerre de 1992-1995 et après. La survivance d’« Émirats islamiques » en Bosnie-Herzégovine, bien qu’éphémères à chaque fois, a aussi frappé l’opinion. En août 2005, l’opinion bosniaque apprenait avec stupeur que cinq Pakistanais du groupe  Hezb-il-Islami, allié à Al Qaïda en Afghanistan, s’étaient installés dans la mosquée de Dobrinja : ils ne demandaient pas moins que la création d’un Émirat islamique dans ce quartier de la banlieue de Sarajevo, d’où les Serbes avaient été chassés en 1995. Cela amena le journaliste bochniaque Esad Ečimović à parler de « menace du radicalisme islamique en Bosnie ». Au mois de décembre 2008, les Américains libéraient de Guantanamo trois djihadistes algériens qui avaient combattu en Bosnie puis ensuite obtenu la nationalité bosniaque. Boudella al Hajj, Mustafa Ait Idr et Mohammed Nechle avaient immigré en Bosnie. Ils avaient été arrêtés en 2001, sur des soupçons de préparation d’un attentat contre l’ambassade américaine à Sarajevo. Depuis janvier 2002, ils étaient détenus à Guantanamo.

    En 2009, une affaire politico-judiciaire défrayait la chronique à Belgrade : Ali Hamad, ancien officier d’Al Qaïda qui a travaillé pour l’armée bosno-musulmane, a voulu témoigner sur des exactions faites contre des civils serbes dans le conflit de 1992-95. Ce djihadiste international demanda à être protégé par la Serbie, car il a eu à subir déjà trois tentatives d’assassinat en prison. Selon Ali Hamad, ces tentatives seraient commanditées par des dirigeants bochniaques gênés par un procès qui pourrait apporter la preuve du soutien d’Al Qaïda aux autorités de Sarajevo.

    En janvier 2009, on découvrait qu’un des membres du Hamas palestinien, Abou al Mari, mort récemment à Gaza dans le conflit avec l’armée israélienne, était l’un des nombreux terroristes internationaux qui avaient fait la guerre du côté des forces armées bosno-musulmanes en 1992-1995. Al Mari, comme un grand nombre de moudjahiddines, ne s’est pas seulement battu en Bosnie, mais aussi en Afghanistan, en Tchétchénie et dans d’autres pays où les islamistes ont mené « la guerre sainte ». Selon Ivica Milivončić, auteur du livre Al Qaïda s’est forgé en Bosnie-Herzégovine, « Le Hamas est l’une des 33 organisations terroristes dont les membres se sont battus en Bosnie-Herzégovine. À cause du conflit permanent avec Israël, le Hamas n’avait pas pu envoyer beaucoup de combattants en Bosnie entre 1992 et 1995. Après la fin de la guerre, la majorité d’entre eux est retournée en Palestine. Mais une partie est restée en Bosnie-Herzégovine et un petit groupe du Hamas s’est infiltré dans l’ancienne Agence pour la Recherche et la Documentation, c’est à dire les services de renseignements bosniaques ». La majorité des membres du Hamas qui dans la Fédération croato-musulmane ont obtenu la nationalité bosniaque a, selon lui, changé de nom et de prénom. Au lieu de noms arabes, ils ont pris des noms bochniaques et c’est la raison pour laquelle ils sont difficiles à retrouver.

    Sandjak : nouvelle terre de djihad dans les années 2000

    Au Sandjak, couloir stratégique de 8873 km2 reliant le Kosovo à la Bosnie, le terrorisme islamiste a fait son apparition en 2007. Après la guerre de Bosnie (1992-1995), certains groupes de moudjahiddines afghans et arabes avaient trouvé refuge au Sandjak. Après plusieurs années d’attente, ces groupes wahhabites sont passés à l’action et la police serbe a démantelé au printemps 2007 un camp d’entraînement à Novi Pazar, arrêtant 5 Jordaniens. La police serbe mit alors à découvert un arsenal important d’armes, non seulement aux alentours du camp wahhabite, mais aussi dans une localité proche : fusils automatiques, sept kilogrammes d’explosifs et une dizaine d’obusiers. Le ministre de l’Intérieur de Serbie affirmait à cette occasion qu’il soupçonnait l’existence d’autres camps de ce type dans la région. Selon les services de renseignement serbes, des terroristes venus d’Irak et d’Afghanistan circulaient facilement entre Novi Pazar, Sjenica et Tutin ; les habitants de ces localités avaient depuis un certain moment signalé à la police des mouvements d’étrangers portant des signes distinctifs islamistes. Selon Suad Bulić, commissaire à Novi Pazar, « ce groupe est connu depuis longtemps : ils ont organisé des bagarres et tiré des coups de fusil dans certaines mosquées ».

    Cela démontre un processus de radicalisation d’un islamisme importé (wahhabisme d’Arabie saoudite), éloigné des préoccupations des citoyens bochniaques du Sandjak. La nouveauté du cas du Sandjak est la tentative d’introduction d’une lutte entre confréries musulmanes au cœur même des lieux de culte. Ce dernier point explique la forte réaction du mufti Muhamer Zukorlić à ces événements : « Les wahhabites, après avoir voulu nous diviser en imposant leurs conceptions de la prière, veulent déstabiliser maintenant toute la région ». Or c’est dans cette perspective qu’il faut considérer cette nouvelle menace au Sandjak. Selon Radenko Joković, criminologue à Novi Pazar, les armes utilisées par les Jordaniens arrêtés viennent du Kosovo voisin, ce qui tendrait à prouver qu’ils travaillent avec les extrémistes albanais dans le même but : internationaliser la question du Sandjak. Située au sud de la Serbie à l’intersection des corridors VIII et X, une guérilla albanaise maintient la pression contre la police serbe. On assiste donc à la menace de création d’un Grand Kosovo autour du nouvel État indépendant (3).

    En outre les cinq Jordaniens ne seraient, selon les services de la KFOR, qu’un petit noyau d’un réseau lié à Al Qaïda. Le même rapport des services de renseignements de la KFOR indiquait en mars 2007 que « les groupes terroristes du Kosovo ont commencé un transfert intensif d’armes du Kosovo vers le Sandjak ». Début 2007 s’est aussi installé au Sandjak le Front Islamique du Salut , dirigé par un Turc et deux Bochniaques. Ce groupe est formé d’une vingtaine de moudjahiddines turcs, mais aussi de Soudanais, d’Algériens, d’Egyptiens et de Palestiniens. Le Sandjak est ainsi devenu une base de repli pour les djihadistes venus du Kosovo. Les montagnes entre Kosovo et Sandjak sont devenues le lieu d’action du groupe djihadiste « Bajgora Storm », avec pour commandant l’ex-terroriste de l’UCK Ram Rama, reconverti dans le djihadisme au Sandjak. Des armes lourdes convoyées par huit camions en février 2007 auraient été réceptionnées par une cellule d’Al Qaïda qui les a ensuite distribuées à des wahhabites sur le territoire du Sandjak. Selon les rapporteurs de la KFOR, la cellule d’Al Qaïda prévoyait ensuite d’amener dans le sens inverse des armes chimiques destinées à l’attaque de la base américaine de Bondsteel. Les moudjahiddines disposeraient sur le sol du Sandjak de camps d’entraînement temporaires et très mobiles ; ils peuvent aussi mobiliser plusieurs centaines de fidèles « prêts à soutenir la lutte des musulmans dans les Balkans (4)». Le lien entre UCK et djihad est donc une fois de plus établi et les wahhabites considèrent le Sandjak comme un lieu de projection du djihad dans toute la région.

    2015 : la guerre du salafisme contre les chrétiens est déclarée

    La conséquence directe et terrible de cet activisme salafiste très dynamique en Bosnie depuis plus de vingt ans est l’apparition d’affidés de l’islamisme radical moyen-oriental. Ainsi à Gornja Maoča, petite enclave salafiste au nord-est de la Bosnie-Herzégovine (partie musulmane), plusieurs habitants ont hissé le drapeau noir de l’État Islamique en début d’année. Cela a tout de suite entraîné une action de police de la sûreté de l’État bosniaque (SIPA) en février 2015, mais cela est peine perdue car le mal est déjà enraciné ; déjà à deux reprises en 2010 la police lourdement armée avait arrêté des djihadistes. En effet, Gornja Maoča, un village proche de Srebrenik, dans le nord du pays, est connue pour être une enclave du mouvement salafiste en Bosnie-Herzégovine. On estime à plusieurs dizaines les combattants qui s’entraînent dans ce camp implanté pat l’État islamique dans ces montagnes de Bosnie ; toutes les femmes portent la burqua et les programmes scolaires suivent celui de la Jordanie. Entre 200 et 300 citoyens bosniens combattraient dans les rangs des djihadistes déjà en Syrie, sous le commandement de Nusret Imamović, le chef de la communauté wahhabite de Gornja Maoča, qui figure depuis le 24 septembre sur la liste des 10 terroristes islamistes les plus recherchés par le département d’État américain. La menace d’actions en Europe à partir de ce type de camps est très probable ; mais cela veut déjà dire que l’idéologie de l’État Islamique se propage sur le sol européen et a un ancrage territorial dans les Balkans (5).

    Or fin avril 2015 dans la ville de Zvornik, un jeune djihadiste a attaqué violement une poste de police, faisant un mort et deux blessés parmi les policiers serbes. Il n’est pas anodin de voir que Zvornik, placé côté République Serbe, en face de la fédération croato-musulmane, est située dans la même région que Gornja Maoča; à la confluence de Bosnie, Serbie et Croatie. Le but de l’État Islamqieu en Bosnie nord- orientale n’est pas seulement de réactiver les anciens réseaux djihadistes d’Al Quaîda jamais définitivement éteints ici depuis les guerres de 1992-1995, d’envoyer des soldats aguerris sur le terrain syrien mais aussi d’ enraciner durablement en Europe un foyer islamiste dur, formé de combattants qui ont parfois plus de vingt ans de habitudes djihadistes derrière eux. Cela s’est passé aussi dans un contexte de radicalisation, -attaques terroristes sur la gendarmerie de Novi Grad en Republika Srpska, drapeaux de l’Arabie Saoudite accrochés de façon ostentatoire sur les feux de croisement à Gradiška. Milorad Dodik, Président de la République Serbe de Bosnie, ne s’y est pas trompé et il dénonce devant ce regain de violences les atermoiements des forces de l’ordre des autorités centrales (Sarajevo). La question sous-jacente est de savoir comment peuvent se multiplier ces actes terroristes en présence de plus de mille soldats de la mission EUFOR-Althéa ? (6)

    Soutenue financièrement par l’Iran, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, l’Organisation de la Jeunesse Islamique Active (AIO), a été fondée en 1995 par Nedim Haradžić, officier du groupe de djihadistes  El Moudjahid , qui fournira des éléments aguerris à l’AIO. Son programme est on ne peut plus clair: « Notre but est la formation d’un État islamique en Bosnie-Herzégovine, basé exclusivement sur la charia, et dont le modèle est l’Arabie saoudite. Pour atteindre ce but, il faut changer le système scolaire en Bosnie ».

    L’AIO est clairement néo-fondamentaliste, défendant une interprétation littérale des textes de la charia et l’intolérance envers les autres communautés religieuses, y compris les musulmans qui ne suivent pas les préceptes de leur mouvement, considérés comme des takfir (non croyants). Ils appellent à retourner aux pratiques originelles de l’Islam : habillement spécifique, prières quotidiennes, port du hidjab pour les femmes. On les rencontre dans des madrasas (écoles corniques) bosniaques, où ils recrutent des nouveaux fidèles.

    Or l’AIO possède plusieurs camps d’entraînement en Bosnie, où des anciens du conflit bosniaque entraînent au terrorisme. Le plus connu d’entre eux est  Vehabija, groupe d’ultra-radicaux comptant jusqu’à 300 membres en 2003. Or il est intéressant de voir qu’après être passés par la République turque de Chypre-nord, ils sont ensuite envoyés au Sandjak et dans la vallée de Preševo, en Serbie du sud. Le groupe paramilitaire des  Cygnes noirs , qui avait perpétré des opérations de nettoyage contre les Serbes derrière les lignes ennemies en 1991-1995, est issu de la division Handjar. Izetbegovic lui-même ne cachait pas qu’elle était l’héritière de la tristement célèbre division pro-nazie «Waffen SS Handjar » (1941-45). Or 600 combattants y sont toujours actifs, ayant été recyclés comme gardes du corps du SDA (7).

    Les services secrets bosniaques ont été étroitement liés à ces opérations. C’est ainsi que le Service musulman de renseignement (MOS) coordonnait dans les années 2000 les actions des 200 à 300 moudjahiddines restés en Bosnie et l’AIO lui sert ainsi d’exécuteur des basses œuvres. Le plus inquiétant est qu’ Haris Silajdzic, le Président du collège présidentiel de Bosnie entre 2006 et 2010, était considéré par les services occidentaux en 2003 comme « le principal coordonnateur de tous les services secrets arabes qui travaillent en Bosnie ». Le journaliste allemand Jürgen Elsässer considère comme étonnant, dans ce contexte, que l’action de la SFOR se soit concentrée depuis quinze ans sur la traque de criminels de guerre serbes alors que les camps d’entraînement de l’AIO restent intouchés .

    Alexis Troude, 4/06/2015

    Fin de la deuxième partie.

    Notes et références

    (1)Par djihadistes on désignera ici les partisans étrangers du djihad ; au cours des années 1990, les militants radicaux issus de celui–ci devaient se nommer eux-mêmes « salafistes djihadistes ». Cf. Gilles Kepel, op. cit., p. 619 (note 11). djihad : effort personnel intérieur accompli sur le chemin de Dieu (grand djihad), guerre sainte contre les infidèles (petit djihad ). Gilles Kepel note que la jurisprudence islamique distingue le djihad défensif et le djihad offensif. Le premier est proclamé lorsque le territoire de l’Oumma est attaqué par les Infidèles et que la continuité même de l’existence de l’Islam est menacée. Dès qu’une fatwa ou avis juridique référé aux Textes sacrés est émis en ce sens, tous les musulmans doivent s’engager dans le djihad, que ce soit en portant les armes ou en contribuant à la cause de toute autre manière appropriée, par le don financier, la charité, ou la prière. Cf. Gilles Kepel, op. cit., p. 583.

    (2) Salafisme/salafistes: le réformisme salafiste est un courant de pensée apparu à la fin du XIXème siècle et représenté par des penseurs tels que l’Iranien Djamamuddin al Afghani ou l’Egyptien Mohammed Abduh. Il peut favoriser la “modernisation de l’Islam”. Toutefois, depuis les années 1970, le terme “salafiste” désigne avant tout les mouvements islamistes tels que les Frères musulmans ou la Jama’at-i Islami.

    (3) Le 24 février 2003, à 10 km de Bujanovac, le policier Milan Vujović était tué en patrouille sur une mine ;fin octobre 2005, une explosion éclatait dans le centre de Preevo, revendiquée par un groupe armé albanais. En cas de heurts entre les deux forces militaires, les liens avec la Macédoine et la Grèce seraient coupés pour la Serbie, à l’endroit où le corridor européen X est vital pour la survie de l’économie serbe. Voir Alexis Troude, « Serbie, l’adieu au Kosovo ? », Politique internationale n°116, été 2007, pp 223-248.

    (4)Aleksandar Popovic, « Al Qaïda menace le Kosovo », Novosti, Belgrade, 27 mars 2007.

    (5) Drago Hedl, « Reportage dans le fief des Wahhabites », Jutarnji List, (Zagreb )10 octobre 2014, publié in Courrier International du 14 octobre 2014.

    (6) Mladen Kremenovic, « L’attaque à Zvornik marque-t-elle l’essor de l’islamisme radical en Bosnie ? », Novosti, Banja Luka, 10 mai 2015.

    (7) Jürgen Elsasser, « Comment le Djihad est arrivé en Europe », Xenia 2006, pp. 190-192.

    http://www.realpolitik.tv/2015/06/vers-un-nouveau-front-islamiste-dans-les-balkans-occidentaux-deuxieme-partie-par-alexis-troude/

  • L’Arabie, le Qatar et la Turquie ont conclu une entente contre la Syrie

    Lu ici :

    "Le site lanceur d’alerte WikiLeaks annonce que des documents ayant fuité des ministères saoudiens révèlent que l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont conclu une entente secrète il y a trois ans pour renverser le gouvernement syrien.

    Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a déclaré ce dimanche à la chaîne de télévision russe Rossiya-1 que les États-Unis, la France, et la Grande-Bretagne ont également été impliqués dans l’accord secret en 2012.

    Il a ajouté que des alliés de Washington au Moyen-Orient, tels que Riyad, ont agi de manière plus agressive, allant même à l’encontre des directives des États-Unis.

    WikiLeaks a commencé début Juin à publier des centaines de milliers de documents diplomatiques et gouvernementaux, parmi lesquels des rapports internes des organisations et des communications du gouvernement saoudien entre les ambassades du pays à travers le monde. [...]"

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • C’est par la Turquie que transitent armes, djihadistes, pétrole vers Daech

    Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient et vicaire général pour les Orientaux, est interrogé dans La Nef. Extraits :

    "Quels sont les soutiens de Daech ?

    Il faut déjà écarter la thèse complotiste qui a cours dans certaines régions proche-orientales selon laquelle l’Occident serait derrière Daech. C’est évidemment faux. Pour l’Arabie Saoudite et le Qatar, le soutien qu’ils ont pu lui fournir est terminé. Car un homme comme al-Baghdadi qui se proclame calife menace immédiatement tous les pouvoirs sunnites (Arabie, Maroc, Jordanie…). Mais le rôle de la Turquie n’est pas clair. Selon moi, elle joue un triple jeu : avec l’Occident ; avec les Kurdes ; avec les sunnites. C’est par la Turquie que transitent aujourd’hui armes, munitions, djihadistes, pétrole, etc. Personne ne maîtrise non plus les mouvements financiers dont son territoire est la plaque tournante.

    Comment situez-vous l’islamisme de Daech par rapport à l’islam ?

    Il est sûr que Daech se réclame de l’islam, et que le « padamalgame » se révèle insuffisant pour comprendre la situation. Il faut d’abord que se développe une théologie qui montrerait en quoi cette radicalisation n’est pas fondée. Et cela, seuls les musulmans eux-mêmes peuvent le faire. Car on peut manipuler le Coran dans tous les sens et lui faire dire ce que l’on veut. Il ne suffit pas que le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) fasse une déclaration. La première cause tient à ce qu’il n’y a plus de hiérarchie dans l’islam sunnite depuis 1922 et à la disparition du sultan. Si al-Baghdadi affirme qu’il est le nouveau calife, qui peut lui rétorquer que non ?

    L’autre cause est que la séparation entre le politique et le religieux n’est pas claire en islam : l’Arabie Saoudite et le Qatar, alliés de l’Occident, ne sont pas des champions des droits de l’homme ! Enfin, le laïcisme qui a cours en Occident provoque un retour du religieux sous une forme violente. Ici, on est dans l’athéisme d’État. Et l’islam est un monothéisme à vocation universaliste, mais sans incarnation, sans rédemption. Le Christ a lavé les pieds de ses disciples ; l’islam, lui, ne connaît pas la kénose ni le pardon. Le christianisme a commencé à se répandre par la persécution des chrétiens eux-mêmes ; l’islam s’est propagé par la conquête armée et violente. On voit toute la différence originaire."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Pétrole / Gaz : les Européens doivent fermer les robinets des Américains et des pays musulmans

    La disparition soudaine de Christophe de Margerie le 20 octobre 2014 a profondément attristé l’ensemble des Français. Elle a aussi brutalement fait prendre conscience à beaucoup l’importance d’une société comme Total pour l’indépendance de la France et de l’Europe, qui doivent se dégager de la tutelle énergétique des USA et des pays musulmans.

    Une Europe agressée par l’alliance américano-musulmane
    Depuis plusieurs décennies, et cela s’accentuant gravement il n’est plus possible pour nos « élites » collaboratrices et leurs médias de le cacher aux peuples européens, l’Europe est en guerre sur deux fronts contre deux civilisations impérialistes que sont la civilisation américaine (à travers l’idéologie du Mondialisme) et la civilisation islamique. L’analyste Guillaume Faye qualifie d’« alliance américano-musulmane » cette convergence d’intérêts. Concrètement, les dollars d’un côté servant à racheter les entreprises européennes, la construction de mosquées sur le sol européen de l’autre ; une guerre économico-religieuse livrée aux Européens et à leur civilisation, mais une guerre menée par des colonisateurs d’une lâcheté historique, car celle-ci, menée en douceur depuis des décennies de façon à ne pas éveiller les soupçons, n’a jamais été officiellement déclarée aux Européens.

    Le pétrole, principale cause du malheur des Européens
    Pilier de l’économie contemporaine, le pétrole est une source d’énergie vitale pour la France et l’Europe. « Les produits pétroliers couvrent 97 % des besoins de carburant. Le pétrole est donc indispensable dans le secteur du transport et sans lui aucune activité économique n’est possible », explique Jean-Pierre Favennec, directeur expert à l’IFP, dans son livre Géopolitique de l’énergie.
    Or, « le pétrole est une des bases économiques de l’hégémonie américaine et des moyens financiers des États musulmans », remarque quant à lui Guillaume Faye dans Pourquoi nous combattons – manifeste de la Résistance européenne ;

    l’industrie pétrolière est détenue à 80 % par des sociétés anglo-saxonnes. […] Le soutien américain objectif, comme celui de la gauche européenne pro-US, aux musulmans tchétchènes est lié à la volonté américaine de contrôler la route pétrolière des champs de la Caspienne. De même, les principaux producteurs de gaz (Algérie, Indonésie, Asie centrale) sont des pays musulmans. La production pétrogazière est entre les mains des intérêts américano-musulmans.

    De tous les pays musulmans producteurs de pétrole, l’Arabie saoudite est celui qui représente le mieux cette « alliance américano-musulmane ». Jean-Pierre Favennec écrit qu’« avec 15 % des importations américaines de pétrole brut, l’Arabie saoudite est un partenaire-clé des États-Unis. Elle s’est ainsi alignée sur la politique de sécurité américaine et admet une présence militaire dans trois bases sur son sol afin d’atténuer l’instabilité de la région et l’impact sur les prix du brut. Les deux pays sont en effet fortement liés par des intérêts stratégiques et énergétiques communs. Depuis la fondation du royaume dans les années 1930, les termes du contrat sont clairs : les États-Unis assurent la sécurité du royaume wahhabite, en échange de quoi ce dernier s’engage à approvisionner l’Occident en pétrole. » Le pétrole est le cœur de cette alliance, ne parle-t-on pas de « pétrodollars » ?

    Concrètement dit, en achetant quotidiennement du carburant pour leurs véhicules les Européens alimentent eux-mêmes le remplacement de leur propre civilisation, car cet argent finance les expansions des civilisations américaine et islamique sur le sol européen. Il finance également le terrorisme islamiste :

    De façon plus indirecte, on a aussi vu lors des attentats du 11 septembre que les pétrodollars en provenance de la péninsule arabique peuvent, à travers différentes organisations tampons (sociétés-écrans, œuvre de charité…), contribuer à financer l’activisme terroriste. révèle Jean-Pierre Favennec.

    Alors si le pétrole extrait dans les pays musulmans et vendu par les groupes pétroliers américains finance cette alliance économico-religieuse dirigée contre l’Europe, faut-il arrêter de rouler avec du pétrole ? Bien sûr que non. Voici ci-dessous les trois solutions au problème pour mettre fin à ce puits sans fond.

    Première solution :
    Contrer les Américains en achetant son carburant quotidien chez un pétrolier français
    Plusieurs sociétés pétrolières Atlantistes sont implantées dans l’Hexagone, comme l’américaine Esso, l’anglaise BP ou l’anglo-néerlandaise Shell. Il ne s’agit pas de leur interdire le marché français, mais plutôt de favoriser les entreprises pétrolières françaises, au premier rang desquelles Total, et également d’inciter les Français à consommer patriote auprès de ces dernières.
    D’un point de vue individuel, les particuliers patriotes ne sont pas obligés d’attendre sagement l’arrivée d’un gouvernement identitaire au pouvoir. Chaque Français peut agir dès maintenant non pas en « boycottant » les stations-service atlantistes, mais en « privilégiant ses achats » auprès de stations-service françaises, en l’occurrence Total, ce que personne ne peut leur reprocher, car le client est roi comme se plaisent à le dire les marchands.
    Pour aller plus loin, Total propose une carte de fidélité destinée à récompenser les achats réguliers ainsi qu’un programme de parrainage de son entourage, des outils que les militants patriotes et identitaires doivent s’approprier et diffuser autour d’eux, car ceux-ci ont le devoir de se comporter comme des missionnaires et des exemples à suivre pour le peuple français.
    Deuxième solution :
    Se passer du pétrole musulman en important du pétrole russe
    Comme expliqué plus haut, l’Europe de civilisation chrétienne ne doit absolument plus dépendre d’un pétrole produit par des pays de civilisation musulmane sinon elle risque de continuer à creuser sa tombe en remplissant les caisses des impérialistes islamiques et de l’islamisme. La France ne doit donc plus importer son pétrole de pays tels que l’Algérie et l’Arabie Saoudite, mais plutôt de pays européens de civilisation chrétienne en premier lieu desquels la Russie. « L’Europe n’a nullement besoin des pays africains et proche-orientaux, qui sont une charge, un poids financier, économique, humain, et maintenant une menace. Même leurs matières premières ne sont pas indispensables. La Russie, comme toutes nos mers, regorge de pétrole, de gaz, et nos mines d’uranium sont inépuisables. C’est vers l’Est, vers le soleil levant, que nous devons nous tourner » invite Guillaume Faye.
    La Russie fait partie du trio de tête des pays producteurs de pétrole avec l’Arabie saoudite et les USA. Côté gaz, elle dispose des plus grandes réserves mondiales prouvées (26,6 % du total), loin devant l’Iran et le Qatar (respectivement 14,9 % et 14,3 %), d’après Jean-Pierre Favennec, lequel souligne que de nombreuses régions n’ont encore été que relativement peu explorées.

    Front pionnier de l’ensemble de l’Europe, l’espace sibérien permettrait, si nos techniques le mettaient en valeur, de nous passer de tout concours extérieur en énergie et en matières premières écrit Guillaume Faye

    Un État patriote devra inciter Total à investir principalement en Russie. Dans le cas où cette entreprise pétrolière refuserait de mener cette politique énergétique, peut-être faudra-t-il alors que le peuple français en prenne le contrôle par le biais d’une nationalisation. Cette solution de dernier recours n’est pas aberrante puisqu’elle s’inscrirait dans le cadre de la mise en place en France d’une « Économie patriotique » comme système économique.

    Troisième solution :
    Imposer une traçabilité du pétrole
    Avant d’arriver dans les stations-service auprès des consommateurs, l’or noir est vendu sur des marchés où interviennent de multiples acteurs tels que des traders ou des courtiers indépendants ce qui a pour conséquence de brouiller les pistes et de méconnaître son origine, à tel point que l’on se doute que la France achète du pétrole à l’État Islamique (Daech). Il faut donc mettre en place une traçabilité du pétrole consommé en France pour ne pas s’approvisionner auprès de nos adversaires et ennemis.
    Créer un marché pétrolier Franco-Russe contournant les marchés internationaux de New-York et de Londres, ou établir des relations d’État à État entre la France et la Russie, peut aussi garantir l’origine « amie » du pétrole.

    Jean de Baillieud

    http://fr.novopress.info/190007/petrolegaz-les-europeens-doivent-fermer-les-robinets-americains-pays-musulmans/

  • Bloquer les migrations maritimes: un vœu pieux ?

    Les pays dits riches et pacifiques disposant de frontières maritimes seront de plus en plus l’objet de migrations venues par la mer: pays européens, via la Méditerranée et dans une moindre mesure l’Atlantique, mais aussi ceux situés dans d’autres parties du monde, tels que l’Australie. Les hommes politiques qui pensent possible de réagir sont-ils incompétents?

    Mais comment interdire l’accès aux eaux territoriales? C’est là que l’on se heurte à l’incompétence en matière maritime des hommes politiques envisageant cette solution.

    Les gouvernements et les opinions de ces pays commencent à se convaincre du fait qu’il faut tarir la source de ces migrations, autrement dit fermer la fuite de la canalisation comme l’a dit Nicolas Sarkozy, pour une fois bien inspiré mais qui a suscité l’indignation vertueuse de ses adversaires politiques. Pour cela il faut interdire l’accès des eaux territoriales aux bateaux de passeurs chargés de plusieurs centaines de migrants, principalement des jeunes hommes, mais aussi d’un certain pourcentage de femmes et d’enfants. Il s’agit dorénavant de migrations illégales, visant à s’imposer en profitant des traditions du monde maritime imposant le secours aux naufragés.

    Il n’est plus possible de compter sur les Etats d’où ils proviennent, en complet délabrement à la suite d’ailleurs d’interventions occidentales, pour empêcher les départs à partir de leurs propres côtes. C’est le cas, concernant la Méditerranée, de la Libye et la Syrie, sans mentionner la Corne de l’Afrique. Il n’est pas possible non plus d’espérer procéder sur le territoire de ces pays à des opérations militaires européennes terrestres destinées à détruire les navires et éliminer les passeurs. Le coût en serait insupportable. Elles provoqueraient par ailleurs une opposition armée générale des populations autochtones.

    Mais comment interdire l’accès aux eaux territoriales? C’est là que l’on se heurte à l’incompétence en matière maritime des hommes politiques envisageant cette solution. Ils devraient considérer des réalités indiscutables:

    – le nombre des bateaux de migrants de toutes catégories, vieux cargos, chalutiers hors d’âge et canots pneumatiques de grande taille, ne cessera d’augmenter. Se comptant aujourd’hui par quelques unités par jour, il atteindra très vite les dizaines d’embarcations, chargées chacune de plusieurs centaines de personnes. Les passeurs et migrants restant libres d’accéder en Europe ne cesseront évidemment pas de tenter le passage. Quant à ceux disponibles, de toutes catégories, ils se comptent par centaines. Au prix même modeste auquel les passeurs les rachètent, ils viendront de toutes les côtes africaines. Ajoutons que de plus en plus de bateaux de migrants embarquent dorénavant des hommes armés qui ont déjà fait feu sur les navires intervenants.

    – en haute mer, soumises au droit de libre circulation, c’est-à-dire en dehors des eaux territoriales dite de compétence exclusive, les marines militaires des pays européens souhaitant interdire l’accès à leurs côtes ne pourront le faire que dans des conditions de droit international sur lesquelles il n’y a pas encore unanimité. De plus, elles ne disposeront jamais des unités en nombre nécessaire pour arrêter les flux. Mobiliser le trafic marchand deviendra par ailleurs très vite impossible, comme le précise la réaction des capitaines de cargos citée par Médiapart .

    – à supposer que des embarcations de migrants soient interceptées par des navires militaires, que pourront faire ces derniers? Les reconduire d’où ils viennent est techniquement impossible. Un escorteur ou un sous-marin ne sont pas des remorqueurs. Ils ne peuvent charger et accommoder que quelques dizaines de personnes. Vu leur tirant d’eau, par ailleurs, ils ne peuvent approcher sauf exception, à une distance suffisante des côtes pour que les migrants puissent débarquer à pied sec, à supposer qu’ils l’acceptent.

    – les navires de guerre pourraient sans doute détacher une ou deux embarcations de service, avec quelques fusiliers marins à bord, pour obliger les bateaux de passeurs à rejoindre la terre. Mais en ce cas, comme l’ont montré certains évènements, les migrants se jetteront en grand nombre à l’eau, parfois contraints de le faire par les passeurs et exigeant d’être secourus, ce qui sera impossible. Beaucoup se noieront et les médias en feront le reproche aux Etats européens. D’autres migrants, dont certains sont armés, résisteront par la force aux militaires.

    – concernant les interventions dans les eaux territoriales, les mêmes empêchements joueront. Arrêter un grand nombre quotidien de bateaux passeurs ne sera pas possible faute d’effectifs à la disposition des agences européennes telles que Frontex ou des marines des pays européens concernés, même assistées par des marines du nord de l’Europe. Par ailleurs, l’inexpérience involontaire ou voulue des pilotes des bateaux de passeurs fera qu’ils seront incapables de se présenter dans des ports abrités. Ils se jetteront purement et simplement sur des côtes rocheuses ou des bancs de sable où il ne sera pas possible de les secourir, s’ils le font en nombre suffisant. Là encore les noyades en résultant seront exploitées par tous les médias, européens ou non européens, pour jeter l’opprobre sur les gouvernements concernés.

    On dira que pour ces diverses raisons, certaines associations humanitaires plaideront pour que soient organisés des couloirs sécurisés d’immigration, à l’entrée desquels les bateaux de passeurs pourraient se présenter. Mais on retrouve là le problème général de l’immigration clandestine. De tels couloirs envisageables pour accueillir, héberger et intégrer quelques centaines de migrants par semaine ne pourront pas fonctionner au profit des milliers voire dizaines de milliers de migrants voulant se réfugier en Europe ou profiter de son niveau de vie.

    Nous ne pouvons pas dans ce court article traiter de la question entière de l’émigration des effectifs considérables de personne qui, par des voies maritimes ou terrestres, voudront inévitablement, avec le développement des guerres locales puis très vite le réchauffement climatique, quitter l’Afrique pour l’Europe, provoquant nécessairement la révolte des populations européennes.

    Bornons nous seulement à une observation. Pourquoi les jeunes africains en pleine forme qui choisissent de se réfugier en Europe, malgré les dangers de la traversée, ne prennent-ils pas les armes chez eux pour combattre les mouvements terroristes qui selon eux les font fuir. Les Kurdes l’ont bien fait pour leur compte, y compris les femmes. Les Houthis le font au Yémen. Personne ne croira par exemple que quelques milliers de militants de Boko Aram, même lourdement armés par certains pays non africains voulant déstabiliser l’Afrique afin de profiter de ce qui lui reste de richesse, seraient capables de résister à une population en armes, fut-elle seulement dotée de vieux fusils ou de machettes.

    Une fois les fauteurs de troubles éliminés, ils pourraient s’organiser pour tirer eux-mêmes parti de leurs propres ressources. C’est bien ce qu’ont fait les Chinois et les Indiens. Ils n’émigrent pas, quelles que soient les difficultés internes qu’ils rencontrent.

    Complément au 21/06 à 20h

    Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, lundi 22 juin au matin, à Luxembourg, de lancer la première phase de l’opération EURONAVFOR Med, destinée à démanteler les réseaux de passeurs opérant à partir de la Libye. « Notre cible, ce ne seront pas les migrants, mais bien ceux qui gagnent de l’argent à leur détriment », a insisté la haute représentante Federica Mogherini. Encore faudra-t-il pour ce faire un mandat de l’ONU ou du Conseil de Sécurité.

    La première phase de l’opération visera à recueillir des renseignements précis sur les embarcations utilisées par les passeurs, leurs origines, les routes suivies. Pour cela un important réseau d’avions et de drones sera déployé.

    La seconde phase consisterait, si l’on interprète bien l’annonce, à détruire par des frappes aériennes le plus grand nombre de ces embarcations dans leurs ports d’origine.

    Que l’on améliore par des observations aériennes et navales la connaissance du phénomène serait certainement utile. Elle permettra notamment d’évaluer son évolution géographique et dans le temps. Quant à la destruction, seule mesure efficace, nous pensons que ce sera une illusion.

    D’une part des conditions de droit international délicates seront à résoudre, avec sans doute intervention du Conseil de Sécurité. Elles susciteront des réactions armées des islamistes de Daesh déjà installés en Libye. Il faudra y faire face, là encore dans des conditions complexes compte tenu de l’incohérence des Etats européens en matière de défense.

    D’autre part, ce sont des centaines de bateaux grands et petits qui sont aujourd’hui disponibles pour les passeurs, certaines appartenant à des pécheurs. Dans le meilleur des cas, il serait possible d’en détruire quelques exemplaires, non sans risques de dommages collatéraux pour les populations. Bref EURONAVFOR Med, sous sa forme actuelle, n’aura qu’un effet d’annonce.

    Jean-Paul Baquiast
    , 22/06/2015

    Pour approfondir

    * 07 juin 2015 | Les capitaines de cargos démunis face aux sauvetages en Méditerranée
    La marine marchande est en émoi. Alors que les traversées s’accélèrent en Méditerranée (près de 6 000 migrants ont été secourus ce week-end), les cargos sont de plus en plus mis souvent à contribution pour les opérations de sauvetage. Les risques encourus par les rescapés comme par les marins sont importants. Des capitaines pourraient être tentés de « regarder ailleurs », prévient le commandant Hubert Ardillon.

    * 29 mai 2015 Afrique 2050- 2100. La catastrophe démographique
    * 15 avril 2015 L’Europe doit se défendre dans les nouvelles formes de guerre de 4e génération
    * Sur EURONAVFOR Med, voir 21 juin 2015 Bruxelles 2. Comment a-t-on décidé sur EUNAVFOR Med ? Qui finance ? Qui contrôle ? etc.

     

    http://www.polemia.com/bloquer-les-migrations-maritimes-un-voeux-pieux/

  • Pierre LECOMTE acheteur d’argent ! « Pourquoi avons-nous commencé à acheter l’argent-métal et les matières premières mais pas l’or ? »

    Une news très importante : le monétariste Pierre LECOMTE repasse acheteur sur l’argent , et quand on connaissait sa position depuis des années …. ! Notez qu’il dit comme moi à court -moyen terme (pas sur l’or) C’est vrai que l’argent est trés sous évalué et arrive à des prix trés bas .

    Voici ses raisons : 

    Indépendamment des caractéristiques propres de chacun des deux métaux précieux tenant à leur offre et à leur demande différenciées répondant à des motifs eux-aussi différents (l’argent-métal étant un métal plus sujet à une demande industrielle que l’or qui est un métal plus sujet à une demande de placement) comme de leur évolution différente depuis leurs plus hauts de 2011 (l’argent-métal, ayant beaucoup plus baissé que l’or en pourcentage, est actuellement bien meilleur marché que ce dernier), nous avons commencé à acheter MODÉRÉMENT le métal blanc (via le ZKB Silver USD ETF) mais pas le métal jaune. Et cela pour trois raisons:

    1/ D’une part, parce qu’historiquement le plus haut des métaux précieux a généralement coïncidé avec le plus haut du ratio argent-métal/or (ou le plus bas du ratio or/argent-métal si l’on préfère), ce qui signifie que l’or ne peut remonter que si l’argent-métal remonte d’abord;

    Le graphique ci-dessous montre que le plus haut des deux métaux précieux en 2011 a coïncidé avec le plus bas du ratio or/argent-métal à 32 et que le plus bas des deux métaux précieux en 2008 a coïncidé avec le plus haut du même ratio à 80:

    ratio

    2/ D’autre part, parce que l’or étant beaucoup plus politisé que l’argent-métal, du fait de sa fonction toujours actuelle de réserve de change des banques centrales alors que l’argent-métal a été presque complétement démonétisé, il y a moins de manipulations d’origine étatique ou publique affectant le métal blanc que le métal jaune;

    3/ Sans compter que le volume des transactions sur l’or en terme de quantité de monnaie concernée étant beaucoup plus important que celui de l’argent-métal, ce qui explique la plus forte volatilité du dernier par rapport à celle du premier de nature à attirer les spéculateurs (donc exagère ses fluctuations), mais aussi le fait que lorsque les bullion banks s’en détournent comme actuellement (son bas niveau de prix présentant sans doute un risque trop grand pour aller massivement short), l’argent-métal est moins sujet que l’or à la pression baissière.

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  • Après sa visite à Poutine, Giscard prend tout le monde à contrepied

    Roland Hureaux, universitaire, ancien diplomate.

    ♦ « Vieux motard que jamais », VGE devient lucide sur le tard !

    En prenant une position favorable à Poutine dans l’affaire ukrainienne, Valéry Giscard d’Estaing a pris tout le monde à contrepied.

    La grande presse s’est contentée de signaler la rencontre entre Giscard et Poutine le 28 mai dernier et ses déclarations les plus générales : « Les relations entre l’Europe et la Russie seraient meilleures si Bruxelles était réellement indépendant ». On n’a guère répercuté que l’ancien président est allé beaucoup plus loin dans un entretien avec Politique internationale, une revue pourtant atlantiste : il y justifie l’annexion de la Crimée qui, selon lui, a toujours été russe, et pense que « probablement » les événements de la place Maïdan et le renversement du président Ianoukovitch, il y a un an, sont le résultat d’une manipulation de la CIA.

    Il considère que les sanctions, non seulement ne sont pas dans l’intérêt de l’Europe, mais sont contraires au droit international.

    Valéry Giscard d’Estaing prend ainsi à revers une classe politique française et européenne tellement tétanisée qu’aucune figure de premier plan n’y ose encore critiquer la ligne aveuglément proaméricaine de l’Europe occidentale à l’égard de la Russie. La servilité des dirigeants européens au dernier G7 est à cet égard significative. Une ligne proche de l’assujettissement dans le cas de Hollande qui, en refusant de livrer les Mistral sur ordre de Washington, discrédite la parole de la France.

    L’ancien président prend aussi à contrepied tous ceux qui le tenaient depuis toujours, à tort, pour un « libéral atlantiste ». C’est oublier qu’en 1981, il fut vaincu par une coalition de la gauche unie et de l’ambassade des Etats-Unis et qu’il avait en revanche reçu, contre le parti communiste, l’appui discret de l’ambassade d’URSS. Ses positions de fin de mandat où il avait cherché à jouer un rôle d’intermédiaire entre l’Est et l’Ouest (le « petit télégraphiste » dit Mitterrand) n’étaient guère appréciées à Washington. On peut certes discuter leur opportunité à un moment où la menace venant de Moscou était bien plus sérieuse qu’aujourd’hui. Mais elle témoignait d’une indépendance dont nous avons perdu l’habitude.

    Différence de posture, différence d’envergure aussi avec tous ceux qui prétendent aujourd’hui à la magistrature suprême. Le président académicien n’envisagerait-il pas de  se présenter à la primaire de droite ?

    La position de Giscard est proche, ce n’est sans doute pas un hasard, de celle de son vieil ami Helmut Schmidt qui, il n’y a pas si longtemps, vitupérait la politique irresponsable de la commission de Bruxelles, à la fois incompétente et belliciste, faisant courir, selon lui, à l’Europe le risque de la guerre mondiale.

    En prenant cette position audacieuse, Valéry Giscard d’Estaing va dans le sens de l’opinion française éclairée, celle qui ne se laisse pas influencer par le matraquage anti-Poutine des médias, une opinion de plus en plus décalée par rapport à la positon officielle de Hollande et de la direction de l’UMP. Il y a un ou deux ans, les pro-russes se trouvaient isolés dans les dîners en ville. Aujourd’hui c’est inverse : presque personne, en dehors de quelques intellectuels ne prend plus parti pour les Etats-Unis dans les affaires de l’Ukraine.

    Il ne s’agit bien entendu pas d’être pro-ceci ou pro-cela. Il s’agit que notre diplomatie soit celle de nos intérêts et non pas des intérêts de quelqu’un d’autre. Cela suppose qu’on évacue toutes considérations infantiles sur « qui est le bon ? » et « qui est le méchant ? » auxquelles se résume aujourd’hui la diplomatie dite des droits de l’Homme. En d’autres circonstances cela pourrait nous conduire à être antirusse ou antisoviétique, mais en aucun cas à l’alignement absurde sur les Etats-Unis dont nous sommes aujourd’hui les témoins.

    Roland Hureaux, 21/06/2015

    Source : atlantico.fr

    http://www.polemia.com/apres-sa-visite-a-poutine-giscard-prend-tout-le-monde-a-contrepied/

  • L’Occident profondément malade…mais il reste un espoir ! Par Vincent Revel

    Comme nombre d’entre vous, je n’ai plus aucune illusion, plus aucune attente particulière vis-à-vis de nos hommes politiques. Ceux qui savent à quoi risque de nous mener l’idéologie cosmopolite du moment, savent très bien qu’il est utopique de parler d’un islam de France tellement cette religion est étrangère aux grands principes européens.

    Quand Manuel Valls, Premier ministre socialiste, déclare la main sur le cœur que« l’islam est en France pour y rester » tout en demandant à la laïcité «  de mieux connaitre » cette religion pour mieux lui faire une place, il y a de quoi nous inquiéter. L’ordre du jour à l’Assemblée nationale est de « permettre à l’islam de se développer en France » ! Là est la première préoccupation de nos élus ! Pour mieux répondre aux attentes de la communauté musulmane présente en France, très bien formulée par Dalil Boubakeur (un besoin de 5000 mosquées et le remplacement d’églises vides par des mosquées), tout est mis en œuvre pour que demain cette religion-politique, fortement opposée à la laïcité, à la démocratie, susceptible en de nombreuses régions du monde d’engendrer les pires crimes et les actes les plus abjectes, devienne incontournable jusqu’au risque de remettre en cause notre mode de vie, notre héritage civilisationnel.

    Parallèlement à cette politique mise en œuvre depuis bientôt vingt ans, qui contraint les Européens à accepter l’intolérable et un risque de remplacement ethnique, culturel et cultuel, une volonté d’effacement agit au sein de nos institutions. Comme le dit René Marchand, auteur de Reconquista ou mort de l’Europe« jamais dans l’histoire on n’aura vu des peuples apporter un concours aussi actif à une entreprise mettant en cause leur existence, des individus participer avec autant d’efficacité à leur asservissement, une civilisation anticiper sa disparition avec autant d’empressement. »

     

    Pour ne plus stigmatiser, pour ne plus faire d’amalgames, l’Européen de souche doit accepter de disparaître au profit de l’Autre, des minorités dites visibles. De ce fait, les Européens sont invités, pour ne pas dire obligés, à abandonner, à oublier ce qu’ils sont. Dans ce grand brassage néo-libéral, où l’homme comme la plus vulgaire des marchandises est amené à être mobile sans entrave possible, l’Occident doit apprendre à s’oublier, à se renier pour mieux répondre aux attentes de nos élites mondialisés. Peu importe que le grand métissage voulu par nos technocrates amène un possible communautarisme violent, ce qui est fondamental pour ces individus déracinés, dont le mot patrie est devenu une insulte, est la mort des peuples en tant qu’héritiers d’une longue tradition, capables de résister à l’uniformisation des esprits.

    Et c’est bien pour cette raison que nous avons actuellement des rapprochements improbables et des points de vue similaires, sur des sujets aussi sensibles que l’immigration de masse, entre le NPA de Besancenot et le MEDEF. Pour des raisons différentes, la haine des frontières, des identités charnelles les animent. L’Europe, étant leur premier terrain de jeu, étant le parent malade de la Terre depuis la mort des forces vitales de notre continent lors des deux guerres mondiales, subit aujourd’hui leurs actions sans réussir à trouver la force de dire NON ! Non à l’immigration de masse, non au grand remplacement, non à l’islamisation, non à une mondialisation au détriment de nos frontières et de nos différences.

    Actuellement, les peuples d’Occident, à qui on a inculqué la haine de soi, ne savent plus ce que veut dire résister.

    Ils savent ce qu’ils ne veulent pas mais ne trouvent pas encore le courage, à cause de la pensée antiraciste qui les enferme dans un esprit culpabilisant de soumission, à renoncer pleinement à l’utopie du bien vivre ensemble.

    Bien au contraire, le cas de la militante antiraciste américaine Rachel Dolezal, qui crée actuellement la polémique de l’autre côté de l’Atlantique, est symptomatique de l’état de santé d’un grand nombre d’occidentaux ! Voulant tellement se persuader de la juste cause de son combat, elle n’hésita pas à revendiquer « des origines africaines » imaginaires pour mieux « s’intégrer à la communauté noire » de son pays ! La haine de soi étant tellement intégrer par certains d’entre nous, que les plus réceptifs n’hésitent plus à se renier au point d’oublier qui ils sont. C’est bien pour cette raison, qu’à la suite de Renaud Camus, de Jean-David Cattin et de Gérald Pichon, tous trois intervenants lors d’une rencontre sur « le Grand remplacement » au local identitaire la Traboule de Lyon, que je ne peux qu’affirmer que le Grand Réveil ne peut que passer par un « réenracinement ».

    « Il suffit que les peuples européens prennent conscience du sort qui leur est promis pour que leur inaction cesse et qu’un sursaut les dresse dans un élan irrésistible pour assurer leur survie. »

    Vincent Revel

    http://fr.novopress.info/189882/loccident-profondement-malademais-il-reste-espoir-vincent-revel/