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lobby - Page 2079

  • Pressions continues contre les Femen

    Dans la suite des différentes initiatives destinées à faire interdire ce groupuscule extrémiste et violent et à retirer le timbre scandaleux, un groupe Facebook «Pour le retrait du timbre Femen» a été monté et une pétition en ligne sur CitizenGo demandant le retrait du timbre au président du groupe La Poste, Philippe Whal, a déjà récolté près de 18000 signatures.

    Michel Janva

  • L’Euro et Arnaud Montebourg

    Arnaud Monterbourg a fait ce dimanche 9 février une déclaration importante au journal les Échos, dans une interview qui est sur le site internet des Echos[1]. Il y déclare en particulier :

    « Comme ministre de l’Industrie, je considère que l’euro est sorti de ses clous par une surévaluation qui est devenue problématique aux yeux de tous pour nos entreprises.

    Entre 2012 et 2013, il s’est apprécié de plus de 10 % face au dollar et de plus de 40 % face au yen ».

    Les propos qu’a tenus le Ministre du Redressement Productif (i.e. de l’Industrie) apportent un saisissant contraste avec ceux Pierre Moscovici, dans l’émission Mots Croisés du lundi 3 février. Visiblement, mettre l’Euro en cause, souligner sa responsabilité dans la crise que nous connaissons, n’est plus un tabou, ni un propos qui autorise le ministre de l’économie et des finances à vous qualifier d’extrême droite, encore qu’il faille s’attendre à tout de Pierre Moscovici… Plus sérieusement, les propos d’Arnaud Montebourg sont justes, mais la solution qu’il préconise est boiteuse, ce qui ne fait que souligner le problème de positionnement politique qui est le sien.

    Des propos justifiés [...]

    Jacques Sapir - La suite sur RussEurope

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-Euro-et-Arnaud-Montebourg

  • La destruction sociale et ceux qui la combattent

    140205

     

    À l'époque de Gorbatchev, paraissait en langue française un intéressant journal appelé "Les Nouvelles de Moscou". Les réflexions de cette époque pleine d'espoirs mériteraient sans doute d'être revisitées. L'une d'entre elles, fort simple, me revient souvent à l'esprit : il est toujours plus long de faire pousser un arbre que de l'abattre. On n'assiste pas au même processus. On peut répondre à cela, en remarquant, qu'en s'y prenant convenablement, de préférence dans le jardin de la France et à la sainte Catherine, on est surpris au bout d'une dizaine d'années, des prospérités de ses plantations.

     

    La frénésie de destruction sociale, la "déconstruction sociétale" à laquelle s'attache le pouvoir actuel, ne s'exerce sans doute pas avec la même violence terroriste que le bolchévisme russe ou que la révolution jacobine. "Sensuel et sans férocité", du moins en apparence, le régime radical socialiste au retour duquel travaille depuis toujours François Hollande, provoque cependant des dégâts durables. Et si les choses durent ainsi, jusqu'en 2017 voire au-delà, il sera bien difficile aux habitants de l'Hexagone de remonter la pente douce sur laquelle leurs gouvernants les ont fait dégringoler.

     

    Énvisageons ici le devenir des forces qui s'y opposent vraiment, des espoirs qu'elles suscitent, des perspectives qu'elles contiennent.

     

    Jusqu'au 2 février, jusqu'aux deux immenses rassemblements de Paris et de Lyon, les commentateurs agréés pouvaient penser que le mouvement exprimé en 2013 sous le nom de "Manif pour tous" allait mourir dans l'échec. Certains ne se privaient pas de le démontrer par A + B. Le pronostic s'étayait en fonction de très vieilles équations rationnelles : changement de porte-parole, scission entre trois rassemblements échelonnés sur moins d'un mois, pollution inquiétante par les éléments le plus extrêmes et les plus hétéroclites.

     

    Tout cela ne pouvait, a priori, selon les données empiriques des uns, et en vertus des idées reçues des autres, qu'aboutir à un essoufflement. Dressé en vue d'une seule course, le cheval devait retourner à l'écurie. Le mouvement n'avait été programmé que contre une seule loi. Celle-ci se trouve désormais votée, promulguée, entérinée par le petit comité que l'on appelle les Sages. Le fronton du conseil constitutionnel est orné d'un sphinx. D'assez vilaine facture, commandé en 1972 à un sculpteur catalan, cet animal mythique est supposé tout savoir. Les infaillibles se sont prononcés, la cause est réglée. La triste parodie matrimoniale à laquelle se sont livrés l'année écoulée 7 000 couples insolites est devenue loi de l'État. La société doit s'incliner.

     

    N'oublions jamais le vertige jacobin. La république française pouvant se targuer désormais d'avoir dépassé, sur les chemins de la puissance, le parlement de Westminster, elle peut enfin "tout faire" même "changer un homme en femme". Prométhée n'est plus enchaîné.

     

    L'ivresse secrète des déconstructeurs, un moment victorieux, se mesure aujourd'hui à leur déception d'après-boire. Gueule de bois de ceux qui déplorent le coup d'arrêt que le chef de l'État a été contraint de donner aux élaborations suivantes.

     

    Car avec la gauche, on doit le savoir, quoiqu'elle en dise, on doit toujours s'attendre à un projet supplémentaire. Pause tactique, parfois. Renoncement stratégique, jamais.

     

    Et c'est conscient de cela, que le mouvement de rejet, venu du fond séculaire d'un très vieux peuple, non seulement n'a pas capitulé, mais s'est développé.

     

    M. Valls se trompe lui-même cependant en assimilant le concept de "la manif pour tous" à celui du Tea Party américain. Les deux types de rassemblement représentent en fait, techniquement, à peu près exactement le contraire l'un de l'autre.

     

    Le seul point commun tient aux ravages que la défection droitière provoque sur l'échiquier électoral des États-Unis et celle dont le ministre de l'Intérieur rêve actuellement de renouveler, 30 ans après sa découverte par Mitterrand, pour sauver sa propre coalition minoritaire en voix : on appelle cette manœuvre l'effet de triangulation.

     

    Ce petit calcul ne repose que sur une dimension de pure tambouille politicienne. Or, on doit constater l'absence de tels calculs dans les mouvements qui se sont développés depuis 2013. Seule la première porte parole de la contestation, dont on ne contestera ni les mérites passés, ni le talent médiatique, avait évoqué une hypothèse de participation aux joutes municipales. Sur ce point elle a été désavouée.

     

    Rentrant en septembre de vacances heureuses, je notais le grand espoir inattendu que représentait l'été dernier cette floraison des veilleurs, déjouant, nuit après nuit, sans violence ni provocation, les mesquines persécutions d'une police dévoyée de ses véritables tâches. Au bout du compte il me semble possible d'espérer voir croître cette jeune pousse, d'une façon beaucoup plus solide et durable que ne le pensent ses adversaires. Je ne puis la comparer raisonnablement, et je lui souhaite une carrière analogue à celle des deux grands mouvements conservateurs d'occident, trop mal connus en France. Le premier est apparu en Grande Bretagne dans les années 1832-1837, sous l'influence de la Jeune Angleterre(1)⇓ Sous cette influence s'organise le parti conservateur actuellement au pouvoir avec David Cameron. Le second, beaucoup plus récent, à transformé le paysage intellectuel nord-américain à partir de la création en 1955 de National Review, sous l'influence de gens comme James Burnham et William Buckley.

     

    Le point commun de ces conservateurs est d'avoir développé leur conscience civique à partir de l'horreur que leur inspira, au XIXe siècle la révolution française. La portée de cet événement avait été parfaitement comprise dès les journées des 5-6 octobre 1789 par Edmund Burke. (2)⇓ Le mouvement conservateur américain est apparu au milieu du XXe siècle en réaction à la complaisance des dirigeants de Washington vis-à-vis du communisme. Il représente aujourd'hui la force agissante du parti républicain.

     

    En ce XXIe siècle commençant, on peut et on doit espérer en France, non pas un simple sursaut mais une prise de conscience aussi profonde du mal que fait l'influence croisée du marxisme et du jacobinisme, destructeurs de la société par le levier de l'État supposé la protéger. Un tel mouvement n'avancera ni dans la violence ni dans l'anarchie, ne s'affiliera à aucune impasse programmée par la classe politique. Nul ne peut aujourd'hui prévoir comment la source jaillira, l'important est de mesurer ce qu'elle représente d'espérance.

     

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/2014/02/la-destruction-sociale-et-ceux-qui-la-combattent.html

     

    Apostilles

     

    1 - c'est ce contexte que décrit Disraëli dans son grand roman "Coningsby".

    2 - cf. la lettre qu'il écrit à son fils le 10 octobre 1789. Ses fameuses et prophétiques "Réflexions" datent de 1790

  • Liberté de la presse : la France descend à la 39e place sur 180

    Paris chute encore dans le classement de Reporters sans frontières et se place derrière le Costa Rica, la Namibie, le Ghana, la Slovénie ou le Salvador.

    Dernier exemple en date : Valls souhaite connaitre les sources d'un journaliste du Figaro.

    Michel Janva

  • Un stalinisme décomplexé

    "Français de souche" : pourquoi Naïma Charaï attaque Alain Finkielkraut

    La présidente de l’agence nationale Acsé (cohésion sociale et égalité des chances), et conseillère régionale d’Aquitaine a saisi le CSA pour des propos tenus par le philosophe sur France 2

     

    Alain Finkielkraut en a été "abasourdi". Telle a été sa réaction dans le Figaro à l’annonce de la saisie du CSA vendredi dernier par Mehdi Ouraoui, ancien directeur de cabinet d’Harlem Désir, et surtout Naïma Charaï, présidente de l’agence nationale Acsé (Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) qui dépend du ministère de la Ville, également conseillère régionale d’Aquitaine. Ces deux membres du conseil national du Parti socialiste se sont émus des propos d’Alain Finkielkraut dans l’émission "Des paroles et des actes" diffusée jeudi 6 février sur France 2. [...]

    La suite sur Sud-Ouest

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Un-stalinisme-decomplexe

  • Hollande assume son gauchisme libéral-capitaliste

    Par Aristide Leucate

    Jargonnant comme jamais, dans le sabir habituel des communicants apatrides, François Hollande, lors de la conférence de presse du 14 janvier dernier, a proposé aux Français un improbable « pacte de responsabilité » destiné, notamment, à alléger les charges des entreprises, en contrepartie de quoi ces dernières s’engageraient à embaucher.

    En outre, l’ex-conseiller général de Corrèze a décidé la mise en place d’un non moins théodulesque « Conseil stratégique de la dépense » auquel sera assigné l’évaluation mensuelle des politiques publiques. On est évidemment très loin des enjeux et l’auto-proclamation incantatoire de la « social-démocratie » n’est qu’une duperie de plus.

    La double pensée d’Hollande

    Comme le relevait l’essayiste, Eric Dupin, sur slate.fr, « l’expression « social-démocrate » désigne moins une identité idéologique précise qu’elle n’est le signe sémantique d’une inflexion politique. (…) Née de la Révolution française, bercée par le romantisme révolutionnaire, largement coupée du mouvement syndical, la gauche française a toujours eu une fâcheuse tendance à se payer de mots. Elle compense, par sa rigidité doctrinale, les accommodements opportunistes auxquels l’exercice du pouvoir l’obligent régulièrement. Qu’importe que les pratiques trahissent les idées si la religion des mots est préservée » (15 janvier). Tout en feignant de se soucier de « justice sociale » mâtinée de démocratie participative, la gauche se paye de mots ainsi qu’en atteste l’injonction formulée par son « laboratoire d’idées », Terra Nova, l’incitant dorénavant à s’intéresser aux immigrés (ces nouveaux « damnés de la Terre »), aux couches écolo-bobo-progressistes des villes et aux minorités sexuelles.

    Ce faisant, elle pratique ce que Jean-Claude Michéa appelait, à la suite d’Orwell, la double-pensée, laquelle consiste à défendre et soutenir simultanément deux thèses parfaitement antagonistes (et antithétiques), tout en étant convaincu de leurs véracités respectives. Les déclarations de Hollande à la presse sont, de ce point de vue, symptomatique de cette schizophrénie de la gauche qui tout en se réclamant du socialisme des grand ancêtres de Jaurès à Blum, n’en épouse plus aucun des préceptes pour mieux coller aux idéaux libéraux (politiques et culturels) du capitalisme transfrontières. Ce mensonge à soi-même devient, par la force sidérante des mass médias, un mensonge à l’égard de tous, donc une effroyable imposture.

    Social-démocratie ou socio-traitres ?

    On comprend alors pourquoi, le syntagme « social-démocrate » est utilisé à des fins d’habillage sémantique bien commode pour masquer les trahisons successives de la gauche française sur l’autel de l’économisme, autre épithète de l’économie de marché. Friedrich Engels ne s’y trompait pas lorsqu’il affirmait, jadis, que « pour Marx, comme pour moi, il est absolument impossible d’employer une expression aussi élastique pour désigner notre conception propre ». La vérité est que la social-démocratie n’a jamais existé en France, ce depuis le compromis historique (au lendemain de l’affaire Dreyfus) entre les socialistes des origines et la gauche bourgeoise républicaine, la première ayant été d’abord trompée et, in fine, absorbée par la seconde. De là, vient cette rupture incoercible entre la classe ouvrière et un patronat parfois issu de cette néo-bourgeoisie progressiste. D’autre part, ceux qui crient aujourd’hui à la trahison, du côté de chez Mélenchon, quand ceux, rive droite, chez Copé et consorts, hurlent au pillage idéologique, s’engoncent un peu plus dans une (im)posture politicienne qui ne doit plus tromper personne. On attribue à Philippe Séguin, cette formule selon laquelle depuis vingt ans, droite et gauche sont les détaillants du même grossiste, l’Europe. Un tel unanimisme en la matière ne peut déboucher que sur une pensée homothétique, monolithique et dogmatique : la pensée unique.

    Michéa encore lui – qui, par les « récupérations » dont il est l’objet, d’Eric Zemmour à Marine Le Pen, en passant par Alain de Benoist et l’Action Française, est la cible d’attaques particulièrement virulentes de la part de ses « amis » de « gauche », lesquels le taxent de « déviance » néo-droitière, voire populo-réactionnaires – interprétait ainsi « le paradoxe de la ‘‘pensée unique’’ : il n’existe, en effet, aucune contradiction de principe entre la lutte des libéraux économiques pour la mondialisation des échanges et pour l’abolition de toutes les frontières, et celle que les libéraux politiques et culturels ont engagée contre tous les ‘‘tabous’’ arbitraires de la morale et contre ‘‘toutes les formes de discrimination’’ » (La double pensée. Retour sur la question libérale, Flammarion, 2008). Cette incapacité, consciente ou non, à s’affranchir des dogmes du « politiquement correct » oblitère radicalement et définitivement la crédibilité de ceux qui, aujourd’hui, redécouvrent l’eau chaude d’une impuissance politique dont ils ont été les infatigables architectes.

    Aristide Leucate - lactionpolitique.hautetfort.com - L’AF 2879

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Hollande-assume-son-gauchisme

  • Gaspard Proust ridiculise les idéologues du gender

    Lu dans Minute :

    Samedi 8 février, « Salut les Terriens », Canal +

    Il n’y a pas que Zemmour qui soit allé sur le site Internet de l’Education nationale, section ABCD de l’Egalité. Gaspard Proust aussi:

    « A côté, le congrès mondial des enculeurs de mouche, c’est du sérieux! Exemple – je cite – “la course d’orientation pour combattre l’idée que les filles sont peureuses et ne savent pas s’orienter” […] Il y a aussi l’histoire de “Hector, l’homme extraordinairement fort”. Là encore, je cite: “Hector, l’homme extraordinairement fort, est capable de choses époustouflantes et pourtant, une fois son numéro terminé, Hector est un homme discret. Il a installé sa caravane à l’écart, loin des regards, car il a un secret: il tricote !” Autre activité proposée sur le site: la GRS: gymnastique rythmique et sportive avec ruban, dont le but est de faire faire des activités permettant aux filles de prendre des risques avec un objet qui les attire et aux garçons d’être dans une activité esthétique tout en prenant des risques corporels. Avec un ruban! Il a des putains d’auteurs, Peillon! Certains dénoncent le lobby LGBT, abréviation de Lesbiennes, Gays, Trans, Bis. Putain, c’est d’un triste: tu rajoutes la lettre S pour sclérose en plaques et P pour philatélie et tu comprends pourquoi ils se sentent si seuls dans leurs manifs! »

    Mieux qu’un édito politique, fut-il signé Zemmour, la séquence humoristique de Proust !"

    Michel Janva

  • Le planning familial américain propose l’avortement comme « cadeau » pour la Saint-Valentin

    Cecile Richards, directrice générale de Planned Parenthood (Planning familial), la plus grande internationale avorteuse au monde, propose l’avortement comme un des «cadeaux» les plus utiles que les femmes ont besoin de recevoir le 14 février, fête de la Saint-Valentin, patron des amoureux.

    Par son compte Twitter, Cecile Richards rejoint la tendance # WhatWomenNeed qui est populaire sur le réseau de micro-blogging, et a posté un tweet avec ses idées de cadeau nauséabond pour la Saint Valentin.

    La dirigeante de cette internationale qui dispose du réseau des plus grandes cliniques d’avortement au monde, propose avortement et  contraception comme  « choses vraiment radicales» dont les femmes ont besoin.

    Dans les cliniques de Planned Parenthood aux Etats-Unis, plus de 300 000 avortements ont été pratiqués l’année dernière et on estime que cette organisation a reçu plus de 500 millions de dollars des contribuables.

    http://medias-presse.info/le-planning-familial-americain-propose-lavortement-comme-cadeau-pour-la-saint-valentin/6320

  • Entretien avec Jean Bricmont: « La République des censeurs ».

    Dans « La République des censeurs », qui vient de paraître*, l’intellectuel belge, Jean Bricmont, se livre à un vigoureux plaidoyer pour la liberté d’expression. Il fait une analyse extrêmement instructive des lois qui, en France, ont limité cette liberté au cours des 40 dernières années, des procès auxquels ces lois ont conduit, et de leurs effets pervers.
    M. Bricmont démontre que la « loi Pleven » de 1972 réprimant l’incitation à la haine raciale, ainsi que la « loi Gayssot » de 1990 punissant ceux qui contestent l’existence d’un quelconque « crime contre l’humanité » jugé à Nuremberg, ont introduit le délit d’opinion, ouvert la porte à des appréciations arbitraires, au deux poids deux mesures, confié aux juges la charge de dire la vérité en histoire ; en fin de compte, attisé des sentiments d’injustice et alimenté ce contre quoi elles prétendaient lutter.

    Silvia Cattori : Votre essai « La République des censeurs » ouvre le débat. Vos arguments paraissent convaincants ; et pourtant on vous a vu dernièrement très seul à les défendre à propos de l’affaire Dieudonné [1]. Comment l’expliquez-vous ? Est-ce un biais propre aux médias ? Ou serait-ce qu’une majorité des Français s’est aujourd’hui laissé convaincre que la censure se justifie pour préserver la paix civile ?
    Jean Bricmont : Je ne sais pas ce que pense la majorité des Français ; sans doute a-t-elle d’autres chats à fouetter, vu que ce genre de censure touche certains intellectuels, ou tout au plus les « fans » de Dieudonné, mais pas le gros de la population. Cependant, je doute fort que, si l’on expliquait aux Français la situation réelle de la censure dans leur pays, ils l’approuveraient, vu que la plupart d’entre eux sont « républicains » et considèrent que la liberté d’expression fait partie des fondements de la République.
    Mais le problème n’est pas non plus simplement restreint aux médias. Il y a, comme l’explique Diana Johnstone [2], une sorte de religion de la Shoah en France. Mais il faut être précis ; utiliser le mot « religion » dans ce cas ne veut pas dire nier l’événement, mais caractériser la façon dont on en parle. Le simple fait qu’il existe une loi interdisant, sous peine de sanctions pénales, de le nier et que ce soit le seul événement historique qui « bénéficie » d’une telle loi est déjà une façon de le sacraliser. Il suffit par ailleurs de voir ce qui se dit ou s’écrit sur une série de sujets qui n’ont rien à voir directement avec la Shoah, comme la sécurité d’Israël, le nucléaire iranien, les guerres humanitaires, la construction européenne et d’autres sujets encore, pour voir que la Shoah joue un rôle central dans l’imaginaire contemporain de nos « élites ».
    Contrairement au christianisme ou à l’islam, cette « religion » n’a pas grande influence sur les masses, elle est essentiellement une religion d’intellectuels et n’a pas d’implications concernant la vie personnelle des gens ; elle en a néanmoins sur leur possibilité de s’exprimer et, indirectement, de penser. Il y a d’autres « religions » dans notre culture, la psychanalyse ou le postmodernisme, par exemple, et tout cela fait penser aux cultes du déclin de l’Empire romain ; notre époque, caractérisée par le déclin de la domination occidentale sur le reste du monde peut d’ailleurs être comparée, à certains égards, à celle du déclin de l’Empire romain.
    Mais la religion de la Shoah, contrairement à celles que je viens de mentionner, a des conséquences politiques sérieuses et, à mon sens, très néfastes. Tout d’abord, la politique occidentale par rapport à la Palestine est sans arrêt « contrôlée » par le rappel de la Shoah, à laquelle les Palestiniens n’ont évidemment pas pris part, mais, et cela on ne le souligne jamais, les Européens vivant actuellement non plus - à de très rares exceptions près. Je trouve toujours très curieux que, dans une culture soi-disant dominée par l’antiracisme, on accepte implicitement l’idée d’une responsabilité collective, celle des Européens pendant la guerre -en assimilant par ailleurs occupants et occupés-, qui en plus est transmissible aux descendants.
    Mais la même chose est vraie pour les guerres humanitaires et la politique d’ingérence en général. Lors de chaque guerre, on nous présente de nouvelles « victimes innocentes », comparées aux juifs pendant la guerre, menacées de génocide par un nouvel Hitler et tous ceux qui s’opposent à ces guerres sont immédiatement traités de « Munichois » ; si l’on cherche à mettre en question, ne serait-ce que faiblement, la propagande de guerre, on est assimilés aux « négationnistes ». Pourtant, avec le temps, on s’aperçoit que cette propagande s’avère presque toujours être mensongère, le dernier exemple en date étant l’attaque chimique en août 2013 près de Damas, dont une étude scientifique démontre qu’elle ne pouvait pas être le fait du gouvernement syrien [3].
    Mais, ne serait-ce que suggérer cela au moment où on était sur le point de déclencher une nouvelle guerre, dont les conséquences étaient imprévisibles, vu l’engagement de la Russie dans le conflit, vous mettait immédiatement, aux yeux du discours dominant, dans le camp des « négationnistes ».
    Finalement, il y a la question de la liberté d’expression. Quoiqu’on pense de Dieudonné, de son humour et de ses « dérapages », il est hallucinant de voir la campagne déclenchée contre lui par tout l’appareil d’Etat, appuyée par presque tous les médias, alors qu’il n’est après tout qu’un simple individu se produisant sur scène, sans aucun parti ou mouvement derrière lui : on peut tranquillement se réjouir sur une chaîne de radio publique en imaginant qu’il soit publiquement exécuté [4], des adolescents peuvent être renvoyés de leur école et accusés d’apologie de crimes contre l’humanité pour avoir fait le geste de la quenelle, on arrive à faire licencier des gens ayant fait ce geste, entre autres exemples d’hystérie.
    Une personne raisonnable ne peut-elle pas dire, au minimum : tout ce qui est excessif est insignifiant ? Mais que font la gauche, les démocrates, les gens qui « combattent le fascisme » ? Rien ou presque ; quand ils défendent timidement la liberté d’expression, ils commencent par se mettre à l’abri en condamnant Dieudonné ou en se plaignant que les poursuites engagées contre Dieudonné lui font de la publicité. Aucune attitude de principe, du genre de celles qu’ils prennent presque automatiquement lorsqu’il s’agit des violations des droits de l’homme dans des pays ennemis de l’Occident ou lorsqu’il s’agit d’entraves à leurs opinions ou à celles de leurs amis.
    A partir du moment où bon nombre de gens, qui se pensent souvent comme étant « de gauche », ont adhéré plus ou moins inconsciemment à la religion de la Shoah, ils voient le « combat » contre les mécréants, les antisémites et négationnistes, mais aussi, par extension, les racistes, sexistes et homophobes, comme une sorte de cause sacrée. Et une fois qu’une cause acquiert un caractère sacré plus aucune règle n’est respectée ; c’est la guerre sainte ! En particulier, la liberté d’expression passe à la trappe, mais aussi l’équité dans les débats ou le simple respect des droits de la défense des personnes accusées d’avoir de mauvaises pensées.
    C’est ainsi qu’on en est arrivé à une situation absurde, où la simple défense des principes les plus élémentaires de la démocratie devient « suspecte » et « extrémiste », ce qui explique le relatif isolement médiatique auquel vous faites allusion.
    Silvia Cattori : Ne pensez-vous pas que le racisme et l’antisémitisme sont des fléaux et qu’il faut les combattre ?
    Jean Bricmont : Avant de répondre, je voudrais qu’on précise ce qu’on appelle « racisme » et « combattre ». On peut penser, pour ce qui est du racisme, à des lois discriminatoires, fondées sur le sexe, le groupe ethnique ou la religion. Pour autant que je sache, ce genre de lois n’existent pas en France, même si elles ont existé dans le passé et existent ailleurs dans le monde. On peut aussi penser aux discriminations de fait dans l’accès à l’emploi et au logement. Je ne parle pas de cela dans le livre parce que ces discriminations de fait ne sont pas couvertes par la liberté d’expression et que je ne demanderais pas mieux que de les supprimer ; mais je n’ai rien d’original à dire à ce sujet. Finalement, il y a tout ce qu’on appelle les « préjugés », c’est-à-dire les opinions que les êtres humains ont à propos des groupes auxquels ils pensent appartenir par rapport aux autres. La plupart des gens voient « leur » groupe - ethnique, religieux, sexuel - comme ayant des qualités que les autres groupes n’ont pas.
    Et, bien sûr, ces « préjugés », combinés aux relations de pouvoir existant dans une société donnée, ont des effets sur les discriminations. A partir de ce constat, il est tentant de penser que la lutte contre les discriminations passe par la répression légale de l’expression, verbale ou écrite, des « préjugés ».
    C’est cette idée qui est à la base de la « lutte contre la haine » par des voies légales. Je comprends cette tentation, mais je pense aussi qu’il faut lui résister. Le problème est qu’en s’attaquant à l’expression d’idées, on rencontre au moins trois problèmes fondamentaux :
    - La pensée humaine étant très flexible, et vu qu’on ne peut pas tout censurer, on tombe inévitablement dans le « deux poids deux mesures » et toutes les personnes censurées trouveront aisément d’autres propos aussi scandaleux que les leurs et elles se considéreront donc victimes d’injustices.
    - On rencontre aussi le problème de la pente glissante : pour que la censure soit efficace, il faut non seulement interdire les propos jugés illégaux mais aussi ceux qui s’en rapprochent, ou qui les citent, ou qui les défendent indirectement etc. Je donne de nombreux exemples de telles dérives dans mon livre.
    - Finalement, et c’est sans doute le plus important, en empêchant d’exprimer des opinions racistes, sexistes etc., on s’empêche de les réfuter. Bien sûr, je ne suis pas opposé à la « lutte » contre le racisme si celle-ci consistait à donner des arguments, de préférence en débattant de façon contradictoire avec les gens supposés être racistes. J’insiste simplement sur le fait que la censure empêche de le faire et, en rendant toute confrontation impossible, affaiblit la pensée antiraciste.
    Le soutien à la censure est d’ailleurs souvent lié à l’irrationalisme généralisé qui caractérise notre culture : presque tout le monde est convaincu que les arguments rationnels n’ont aucun effet. C’est en tout cas ce que j’entends très souvent dire quand je critique les religions ; mais quelle est l’alternative à la discussion rationnelle ? Le terrorisme intellectuel ? L’enfermement des dissidents ?
    Quoi que l’on pense d’Obama, c’est un fait que son père était Africain et qu’il a été élu deux fois président des Etats-Unis. Comment les Américains ont-il fait pour l’élire, alors qu’ils ne « bénéficient » pas de ces magnifiques lois « réprimant la haine » et qu’effectivement toutes sortes d’horreurs peuvent être dites librement dans ce pays ?
    Finalement, je remarque que l’antiracisme consiste souvent à célébrer les « autres cultures », sur le plan artistique par exemple. Mais lorsqu’il s’agit des aspirations politiques des parties non occidentales du monde qui sont presque unanimement opposées à nos politiques d’ingérence et de guerres humanitaires, presque personne n’est prêt à les écouter. Et lorsque des Iraniens, des Cubains ou des Irakiens souffrent d’embargos dont les conséquences sont bien pires que de simples discriminations, je n’entends pas beaucoup de voix antiracistes protester.
    Silvia Cattori : Que diriez-vous aux personnes dont la famille a souffert des persécutions raciales au cours de la guerre et qui trouvent insupportables que l’on nie leurs souffrances ? Le souvenir de ces souffrances n’est-il pas plus important que le principe abstrait de la liberté d’expression ?
    Jean Bricmont : Tout d’abord, la loi Gayssot ne réprime pas la négation de souffrances passées en général, mais d’un cas particulier, à savoir certains crimes commis lors de la Seconde Guerre mondiale et jugés lors du procès de Nuremberg ; en pratique, la plupart des poursuites portent sur la négation de l’existence des chambres à gaz dans les camps allemands.
    La question ici n’est pas de savoir si l’on juge, à titre individuel, les persécutions nazies contre les juifs comme particulièrement monstrueuses, mais si l’on estime que c’est à l’Etat d’imposer à tous, non seulement une vérité historique, mais aussi le fait de considérer ces persécutions comme exceptionnelles - puisqu’elles seules « bénéficient » de ce genre de lois.
    Je ne pense pas que singulariser ainsi un type de souffrance rend service à ceux qui veulent en préserver la mémoire. En effet, cela provoque un ressentiment qui, en fait, attise l’animosité contre eux, en faisant croire que « les juifs » sont plus puissants que les autres communautés.
    Mais ce qui est encore plus préoccupant, c’est que, dès qu’on interdit une certaine pensée, on attire l’attention sur elle et on encourage le scepticisme par rapport à la thèse défendue par la censure.
    Pour illustrer cela, il suffit de comparer Faurisson -et ses disciples- et Arthur Butz, qui est américain et auteur d’un ouvrage, « La mystification du 20è siècle » qui nie l’existence des chambres à gaz et dont l’édition originale en anglais date de 1976, c’est-à-dire avant les premiers écrits de Faurisson.
    Qui connait Butz ? Pratiquement personne (en dehors des cercles négationnistes) ; en effet, il n’est pas poursuivi et, donc, est presque totalement inconnu. Faurisson est constamment poursuivi et est internationalement connu. La même chose est encore plus vraie pour Garaudy ; philosophe ex-communiste, il s’était converti à l’islam et a été condamné pour négationnisme à cause de son livre sur les « mythes fondateurs » d’Israël [5] Quelle meilleure publicité pouvait-on faire à ses thèses que de le condamner ? Et cela particulièrement dans le monde musulman, où l’idée que la France est dominée par le « lobby sioniste » est assez répandue, pour ne pas dire plus.
    Sans la loi Gayssot, le négationnisme n’existerait que dans des cercles très restreints et ceux qui disent souffrir de son existence n’en auraient jamais entendu parler. C’est en substance, une des choses que Chomsky a dites lors des premières poursuites contre Faurisson, en 1981-1983. Le seul résultat en a été que Chomsky est devenu impubliable pendant plus de quinze ans en France. Ceux qui n’ont pas voulu l’écouter à l’époque font face, à travers les affaires Dieudonné, au résultat de leur dogmatisme.
    Silvia Cattori : L’évolution que vous décrivez dans le troisième chapitre de La République des censeurs [6], est-elle spécifique à la France, et si oui, pourquoi à votre avis ? Ou bien retrouve-t-on des phénomènes analogues dans les autres démocraties occidentales ?
    Jean Bricmont : Je ne peux pas répondre pour tous les pays, que je connais moins bien que la France ou la Belgique. Mais déjà en Belgique, surtout du côté néerlandophone, la situation est très différente. Bien sûr, sur le plan socio-économique, la situation est similaire, et il y a les débats habituels autour de l’immigration et du « multiculturalisme », mais il n’y a pas l’espèce de fanatisme qu’on rencontre en France, lié à l’idée qu’on « lutte » contre le mal absolu, à savoir le fascisme. Dans votre pays, la Suisse, pour autant que je puisse voir, les débats sont aussi plus apaisés qu’en France et Dieudonné n’y est pas interdit. Je n’ai néanmoins pas l’impression que cela soit dû au fait que la Suisse est dirigée par des antisémites ou qu’elle va verser bientôt dans le fascisme...
    En fait, malgré l’idée qu’elle se fait d’elle-même, la France n’est pas un pays très libéral en matière de débat d’idées et cela ne date pas d’hier : Descartes et Voltaire ont choisi de séjourner à l’étranger, où ils étaient souvent plus libres qu’en France. Beaucoup d’écrits de Diderot furent publiés après sa mort. Marx et Hugo sont venus en Belgique. Rimbaud et Verlaine ont aussi fui la France. Bref, contrairement à ce que certains croient peut-être, la censure en France n’est pas une invention sioniste.
    Mais il y a un autre facteur spécifique à la France, à savoir la « destruction de la raison » opérée par la pensée des années 1960. Je veux dire par là qu’une partie de l’intelligentsia a accepté l’idée que la vérité n’est jamais qu’un effet du pouvoir ou que les discours sont « socialement construits », sans aucune contrainte venant du monde extérieur. La formulation donnée ici est plus radicale que ce que pensaient la plupart des gens à cette époque, mais l’idéologie des années 1960 allait dans cette direction. A partir du moment où des notions comme vérité ou objectivité sont dévalorisées, il est assez tentant de faire reposer l’entièreté des discours sur des « valeurs », coupées de toute analyse du réel, et c’est ce qu’on entend sans cesse à gauche : « nous » sommes les défenseurs de « valeurs » antiracistes, féministes, de tolérance etc.
    Mais une étude même superficielle de l’histoire des religions montre qu’il est plus facile et donc plus fréquent de bomber le torse en prétendant adhérer à certaines valeurs que de faire les sacrifices nécessaires pour les mettre en application.
    Ce qui est plus grave, c’est que la mise en avant de valeurs et l’abandon de la notion d’objectivité a un impact catastrophique sur le droit. En effet, celui-ci, même s’il est fondé sur une certaine conception du bien commun, ne doit pas être confondu avec la morale. En particulier, il cherche avant tout à limiter les abus de pouvoir, dont sont trop souvent coupables ceux qui croient faire partie du camp du Bien. Dans les débats auxquels j’ai pris part sur la liberté d’expression, j’ai été frappé par l’absence totale de respect pour celle-ci précisément chez ceux qui se drapent dans leurs « valeurs », que « nous » sommes tous sommés de partager. C’est oublier que l’ordre social repose sur des règles, relativement bien définies, et non sur des valeurs dont la signification précise, quand elle existe, dépend du bon vouloir de ceux qui s’en réclament.
    Ce qui paraît a priori curieux, c’est que ce remplacement des faits et des règles par les valeurs est typique de la pensée totalitaire, alors que notre époque ne jure que par son opposition au totalitarisme. Mais si on pense à l’histoire des religions et à l’hypocrisie qui les accompagne en général, ce n’est peut-être pas si étonnant que cela.
    Silvia Cattori : La « loi Gayssot » a été adoptée en 1990 malgré l’opposition de nombreuses personnalités politiques de droite. Mais, revenue aux affaires, la droite s’est gardée de l’abolir. On ne voit pas s’esquisser d’évolution à gauche. Dès lors, d’où pourrait venir la remise en cause de ce genre de loi ? Quelles conditions devrait-on réunir ? Quel espoir peut-on entretenir à ce sujet ?
    Jean Bricmont : Je n’imagine pas, grâce à un modeste livre, changer une situation qui est le résultat de décennies d’endoctrinement à la « lutte » -par la censure ou la diabolisation- contre le fascisme, le racisme etc. J’espère, sans trop y croire, ouvrir le débat. Mais il me semble que dans l’avenir proche, les associations antiracistes vont continuer leurs poursuites et que les conflits entre « communautés », qui ont bien sûr des causes multiples, vont s’aggraver, chaque communauté considérant que “son” sacré, “sa” mémoire ou “ses” souffrances ne sont pas suffisamment respectés ou que les outrages qu’elle subit ne sont pas assez réprimés.
    Comme j’essaie de l’expliquer, la mentalité dominante à gauche, qui consiste à se voir à la fois comme représentant du Bien sur Terre et comme étant, par là même, autorisé à faire taire ses adversaires, mène à un appauvrissement considérable de la pensée. Face à toutes les contestations populaires qui se développent, bonnets rouges, manifs pour tous, jour de colère, retraits de l’école contre la théorie du genre, succès de Dieudonné, la réponse de la gauche, même « radicale », est toujours « extrême droite, extrême droite ! ». Ils ne pensent jamais à se remettre en question ou à se demander si ce n’est pas leur façon de procéder qui provoque en partie ces réactions.
    De nouveau, comparons avec la Belgique : c’est un pays qui était encore très catholique il y a quelques décennies et où le mariage homosexuel existe depuis plus longtemps qu’en France (sans mener à l’effondrement de la civilisation...), où le Premier Ministre est homosexuel et où l’euthanasie est légale ; rien de cela ne provoque les réactions furieuses auxquelles on assiste en France, où aujourd’hui l’hystérie « de droite » répond à l’hystérie « de gauche ».
    Bien sûr, je souhaite défendre les acquis des années 1960 en matière de droits des femmes, des homosexuels ou des minorités. Mais je ne crois pas qu’on y arrivera tant qu’on continuera à faire comme si l’analyse rationnelle était une sorte d’étrange passe-temps, comme le dit ironiquement Chomsky à propos de la vie intellectuelle française.
    Mon seul espoir réside chez les jeunes, où je perçois un changement de mentalité et une ouverture au débat que je n’imaginerais pas parmi les gens de ma génération, celle de 1968, qui a complété le slogan « il est interdit d’interdire » par « sauf les opinions qui ne nous plaisent pas ». Ma génération était marquée par le souvenir de la guerre et, d’une certaine façon, a voulu revivre la guerre, mais dans le fantasme plutôt que dans le réel. Il y avait aussi, dans cette génération, une sorte de révolte contre la génération précédente dont une bonne partie avait soutenu ou avait été passive à l’époque du fascisme - tout en oubliant que « combattre le fascisme » après son effondrement était considérablement plus facile qu’entre 1940 et 1945.
    Mais les jeunes d’aujourd’hui sont nés longtemps après la fin de la guerre, font face à une économie ruinée et à un enseignement à la dérive, n’ont pratiquement aucune perspective d’avenir et n’ont pas le goût de s’amuser à combattre des fantômes ou de vivre dans des fantasmes.

    Propos recueillis par Silvia Cattori

    http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EFAEZuFAkuterluKoj.shtml

    Source: URL : http://www.silviacattori.net/article5390.html

    (*) La République des censeurs. Editions de l’Herne, 2014.

    Professeur de physique théorique et mathématique, Université de Louvain, Belgique. Auteur de plusieurs articles sur Chomsky, co-directeur du Cahier de L’Herne n° 88 consacré à Noam Chomsky. Il a publié notamment avec Alan Sokal Impostures intellectuelles (1997), À l’ombre des Lumières avec Régis Debray (2003) et Impérialisme humanitaire (2005)
    [1] Voir :
    - Dieudonné, Taddeï, la LICRA : le jour où la liberté de pensée vacilla (17 janvier 2014)
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dieudonne-taddei-la-licra-le-jour-146344
    - Jean Bricmont sur Dieudonné, Caroline Fourest et Taddéi (Vidéo) (18 JANVIER 2014)
    http://www.silviacattori.net/article5308.html
    - Quand Jean Bricmont parle de Dieudonné sans se faire couper la parole http://www.youtube.com/watch ?v=2lbpqdiTq3s
    [2] La Shoah : Religion d’Etat ? par Diana Johnstone (28 JANVIER 2014)
    http://www.silviacattori.net/article5366.html
    [3] Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013
    https://www.documentcloud.org/documents/1006045-possible-implications-of-bad-intelligence.html
    [4] Le journaliste Philippe Tesson s’exclama sur Radio Classique : « Ce type, sa mort par un peloton de soldat me réjouirait profondément ! », avant d’ajouter que « c’est une bête immonde, donc on le supprime. C’est tout ! »
    [5] « Les Mythes fondateurs de la politique israélienne ». Publié en 1995 par les éditions La Vieille Taupe, réédité en 1996 à compte d’auteur « Samizdat Roger Garaudy » lui a valu d’être condamné, en 1998, pour « contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et provocation à la haine raciale ».
    [6] Jean Bricmont écrit page 125-126 : « Pendant longtemps, la censure a été « de droite », en ce sens qu’elle était exercée par l’Église, l’armée ou des chefs d’États plus ou moins autoritaires. […] Ce n’est qu’à partir des années 1980, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, la naissance de la « lutte contre le racisme » et les procès contre les négationnistes, que la censure a changé de camp et est devenue « de gauche », tout en étant acceptée, même si c’est sans enthousiasme, par la droite « démocratique ». À partir du moment où ce basculement a eu lieu, la défense de la liberté d’expression est devenue « suspecte » de sympathies pour l’extrême droite. » M. Bricmont attribue ce basculement à l’abandon par la gauche de son ambition de transformation du capitalisme, de sa défense de la souveraineté nationale, et sur le plan international de sa lutte pour la paix et contre l’impérialisme. Pour justifier ces abandons, la gauche, a dit-il « inventé la gauche morale », et s’est lancée dans un combat imaginaire en prétendant se mettre à « lutter contre le fascisme » plusieurs décennies après la fin de la guerre.

  • L’enseignement du genre n’a pas sa place dans la sphère scolaire

    Communiqué de Versailles Familles Avenir :

    "Versailles Familles Avenir, engagée dans la campagne pour les élections municipales de Versailles, défendra les parents qui s’opposent à l’enseignement de l'idéologie du genre dans les écoles. Les enfants et les familles sont actuellement pris en otage par l’idéologie du gouvernement ; Versailles Familles Avenir s'engage à faire tout ce qui sera en son pouvoir pour défendre le droit à la liberté des familles d’élever leurs enfants.

    Accepter l'enseignement du genre à l’école, c'est ouvrir la porte à toutes les manipulations et exposer les élèves à bien d’autres violences. On ne peut accepter que soient transmis à des enfants, sans même en avertir les parents, des discours qui viennent les remettre en question jusque dans leur personnalité. Une question relevant de l’intimité des individus ne peut être prise en charge par l’Éducation nationale. Celle-ci ne peut interférer dans le discours que les parents tiennent à leurs enfants.

    Comment qualifier un État qui entendrait penser à la place des gens ? Que serait une nation qui se donnerait pour objectif de s’immiscer dans les consciences ? Voici autant de questions à se poser. Nous devons entrer en résistance face à l’intrusion de l’enseignement de l'idéologie du genre sous des formes variées dans les crèches, les écoles maternelles et primaires de Versailles, comme dans les bibliothèques ; Versailles Familles Avenir fera tout ce qui sera en son pouvoir pour lutter aux cotés des professionnels contre elle."

    Michel Janva