
Oui, où est-elle donc passée, cette gauche divine ? Dans les limbes, ont rétorqué quelques-uns des plus éminents représentants intellectuels de ladite « gauche ». Dans Le Monde, Jacques Julliard n'a pas caché son agacement devant de telles méthodes : « Comment le peuple se retrouverait-il dans cette frénésie qui tourne à vide et qui a gagné récemment jusqu'au Premier ministre ? Répétons-le, longtemps après Marcel Gauchet les droits de l'homme ne sont pas une politique. On dirait pourtant que la seule ambition de la gauche bobo est de surimposer un ordre moral antiraciste à l'ordre économique de la mondialisation capitaliste. » L'auteur des Gauches françaises a pointé avec désolation le « néant intellectuel et spirituel de la gauche tout entière gauche de gouvernement, gauche frondeuse, gauche de la gauche... Rien, rien, trois fois rien ! ». De son côté, Éric Aeschimann de L'Obs a tenté de demander son chemin au philosophe Jacques Rancière. Las, l'élève de Louis Althusser n'a pas été plus avenant : « "Où est la gauche?" demandent les socialistes. La réponse est simple elle est là où ils l'ont conduite, c'est-à-dire au néant. Le rôle historique du Parti socialiste a été de tuer la gauche. Mission accomplie. »
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