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plus ou moins philo - Page 13

  • Nietzsche, une nécessité vitale par Thierry DUROLLE

    nietzsche-hyperboreen-ou-l-ecole-du-surhomme-300x300.jpgLes élections présidentielles sont passées et la masse de bovins a élu leur nouveau maître qui les traira pour les cinq prochaines années. Le paradoxe est que la démocratie post-moderne enchante de moins en moins d’autant qu’elle apparaît plus que jamais sous son vrai visage : un système destiné au Dernier Homme dirigé par le « roi » des homoncules. En effet comment ne pas voir par exemple en notre nouveau président Emmanuel Macron, le candidat de la Banque, un anti-Zarathoustra, l’inversion quasi-parfaite du Politique (au sens noble du terme), le champion du clignotement des yeux satisfaits et repus ?

    Détournons-nous de tout ce cirque aux règles taillées sur mesure par et pour l’ennemi. Relisons plutôt Nietzsche, soit « un homme qui, si tu veux l’écouter, te rendra libre bien plus sûrement que tous les politiciens » comme l’écrivait à son époque Épictète. S’inscrivant en disciple de Nietzsche, le Français Olivier Meyer, essayiste, écrivain et éditeur du site Nietzsche Académie, promeut contre vents et marées la pensée du philosophe au marteau. Il rejoint une cohorte dans laquelle on rencontre d’autres plumes libres et nietzschéennes : Bruno Favrit, Rémi Soulié et bien évidemment Robert Dun. Meyer nous gratifiait déjà d’un guide des citations de Nietzsche et plus récemment d’un pamphlet Conversation avec l’éclair (1). Son essai, Nietzsche Hyperboréen, se veut un manuel du Surhomme…

    Un manuel pour devenir un surhomme nietzschéen ? Voilà un programme a priori alléchant ! Ce concept qui a tant divisé et fait fantasmé pour le meilleur et pour le pire se retrouve au cœur d’un opuscule à la fonctionnalité avant tout opérative (via une praxis détaillée en fin d’ouvrage). Au préalable, l’auteur définit le Surhomme à la fois par l’affirmatif et le négatif, et explique surtout comment atteindre ce niveau. Beau prétexte pour rappeler les notions majeures du philosophe allemand et ainsi mettre en valeur son vitalisme. L’auteur évoque par ailleurs de manière sommaire d’autres concepts de la pensée nietzschéenne. La partie la plus pertinente se rapporte au Surhomme dans la vie courante. Cela rappelle la dernière partie de maître ouvrage Chevaucher le Tigre (2) de Julius Evola. Il s’agit d’envisager le quotidien au travers du prisme surhumain. Ces quelques préceptes s’adressent d’abord à nous-même et s’envisagent comme une sorte de ligne de conduite bienvenue en ces temps de dissolution.

    Ce court ouvrage est surtout réservé aux néophytes et à ceux qui désirent en savoir un peu plus sur le concept de Surhomme sans s’obliger à lire Ainsi Parlait Zarathoustra, ouvrage complexe de prime abord. Il ne faut pas chercher autre chose dans ce Nietzsche Hyperboréen, hormis l’envie d’étudier une œuvre toujours magistrale.

    Thierry Durolle

    Notes

    1 : Olivier Meyer, Conversation avec l’éclair, Éditions Bookelis, 2016, 82 p., 12 €.

    2 : Julius Evola, Chevaucher le Tigre, Éditions La Colombe, 1964.

    • Olivier Meyer, Nietzsche Hyperboréen. Ou l’école du SurhommeÉditions du Lore, 2011, 76 p, 14 €.

    http://www.europemaxima.com/nietzsche-une-necessite-vitale-par-thierry-durolle/

  • Une vie, une oeuvre : Simone Weil ou la brûlure de l'écoute

  • Jean Servier. Contre le philosophiquement correct par Daniel COLOGNE

    Jean-Servier.jpgOuvrir le débat sur l’origine des espèces n’est pas synonyme d’adhésion au « créationnisme ». Ne pas tomber dans ce piège sémantique, mais défendre « le point de vue religieux » : ainsi un professeur de religion islamique tint-il tête, il y a quelques années, sur un plateau de la télévision belge, à une meute de « libres-penseurs » adeptes du transformisme darwinien.

    Tout en déplorant la conspiration du silence organisé en France autour du généticien Giuseppe Sermonti, Jean-Louis Gabin met le doigt sur l’essentiel lorsqu’il écrit que les étapes de l’évolution du singe à l’homme sont présentées « non pas comme des théories mais comme des faits ».

    Il existe d’autres théories transformistes que celle de Darwin. Un chercheur comme René Quinton (1866 – 1925) n’a aucune chance de sortir des oubliettes de la citadelle du philosophiquement correct.

    Une telle tentative d’affacement est plus difficile à réaliser aux dépens de Jean Servier, universitaire éminent qui, dans L’Homme et l’Invisible, dénonce l’affirmation d’un « processus évolutif » du singe à l’homme comme « un postulat ou un acte de foi, non une conclusion logique ».

    Rappelons brièvement la carrière de Jean Servier (1918 – 2000). Originaire de Constantine, il connaît bien la culture berbère, dont il devient un grand spécialiste. Sa rencontre avec Marcel Griaule en 1947 éveille en lui la vocation d’ethnologue. La qualité de ses études de terrain lui vaut d’être nommé en 1957 maître de conférence à l’Université de Montpellier, où il devient cinq ans plus tard titulaire de la chaire d’ethnologie et de sociologie.

    Jean Servier est l’auteur de plusieurs ouvrages parus dans la collection « Que sais-je ? » aux Presses universitaires de France, ainsi que d’une Histoire de l’Utopie (1967) aujourd’hui disponible dans la collection « Folio – Essais ». Voici un autre extrait de L’Homme et l’Invisible : « Dès le Néandertalien, nous trouvons des sépultures avec disposition rituelle du corps. Il n’y avait jamais enfouissement hâtif d’une charogne encombrante ou abandon d’une carcasse inutile, comme le font les hordes animales. » Pour corroborer sa thèse des origines simiesques de l’homme, la pensée darwiniste dominante nous impose de « voir un tronc unique aux rameaux divergentes alors que l’observation des faits nous présente une forêt aux arbres différents et nettement séparés ».

    Il faut relire Jean Servier si l’on veut instaurer enfin un véritable échange d’idées sur l’évolutionnisme envisagé comme hypothèse de recherches, et non comme dogme de rechange.

    Daniel Cologne

    http://www.europemaxima.com/jean-servier-contre-le-philosophiquement-correct-par-daniel-cologne/