France et politique française - Page 3203
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Gwynneth Paltrow, Donald Trump et la Survie
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L'ancien maire PS d'Hénin-Beaumont en garde à vue
Peu après sa victoire aux municipales, Steeve Briois, le maire FN, avait déposé deux plaintes auprès du parquet de Béthune. La première plainte concernait des marchés sur, notamment, la sécurité des bâtiments communaux. La seconde visait un marché de prestations de communication et un autre de câblage informatique.
L'ancien maire PS Eugène Binaisse a donc été placé en garde à vue, tout comme Christian Huyghe, ancien responsable des marchés publics en mairie, le fils de Christian Huyghe ainsi que Philippe Thibaut, ancien DGS de la mairie.
Bruno Bilde, adjoint de Steeve Briois et conseiller de Marine Le Pen, précise :
"Mais ce n'est pas terminé. Il y a d'autres affaires encore plus graves qui pourraient éclater".
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SEUL LE PATRIOTISME EST AUJOURD’HUI SUBVERSIF
Pourquoi la jeunesse de gauche n’est-elle plus contestataire ?Il y a un profond malaise dans la jeunesse de gauche.
Ce malaise n’est pas social : les jeunes de gauche sont issus de la bourgeoisie. Il n’est pas non plus ethno-sécuritaire : les jeunes de gauches sont des bourgeois blancs vivant entre bourgeois blancs.
Persuadée d’être rebelle par essence, la jeunesse de gauche se sent mal parce que l’extrême droâââte lui a volé sa raison de vivre : la contestation de l’ordre établi.
Il est manifeste qu’aujourd’hui, l’offensive contre le totalitarisme de l’Antifrance est exclusivement d’extrême droâte. Dans le mesure où le monde dans lequel nous vivons a été façonné par la gauche, il ne pouvait en être autrement.
Qu’on y réfléchisse : l’abolition des frontières, la laïcité, la déchristianisation, l’individualisme, la destruction de la famille, la théorie du genre, la libération sexuelle, le féminisme, l’hyperfiscalité, l’immigration, la xénophilie, l’internationalisme, le triomphe des valeurs maçonniques et finalement le mondialisme, sont autant de combats de gauche.
Ainsi, lorsque les puceaux du réel de « Nuit debout » se prononcent pour qu’il y ait plus de vivre ensemble, moins d’autorité, moins de fachos (entendre moins de Français), plus d’immigration, plus de politiquement correct, plus d’impôts, plus d’Etat, plus de République, ils ne contestent pas les principes du système : au contraire, ils en réclament à cor et cri une application plus zélée.
En quelque sorte, les jeunes de gauche sont des conservateurs républicains s’opposant à des conservateurs qu’ils méprisent, issus du pays réel : les conservateurs français.
En qualité de conservateur républicain, ils sont réduits à ne plus avoir aucun objet de contestation véritable. S’ils peuvent au mieux, pour bomber le torse, se prononcer pour la radicalisation de leurs diverses causes, le statu quo républicain prime avant tout autre chose dans leur esprit.
Incapables de penser, il ne leur reste qu’une seule activité pour combattre les patriotes : l’épuration par la délation.
En cela, ils sont fidèles à leur histoire, la gauche ayant toujours épuré par souci de remplacer les éléments français de la société par des éléments républicains. 1793 et 1944 sont portées par la même logique.
Aujourd’hui, nos rebelles fragiles, jaloux de voir l’extrême droâte monopoliser la contestation authentique, exercent leur vengeance par la censure sur internet. Kroc Blanc, Valek, Marsault ou encore le Raptor dissident : tous ont été l’objet de dénonciation par les bonnes consciences de gauche, puis de censure, sur facebook ou youtube.
Condamné à rester médiocre, le jeune de gauche est en outre piégé, car l’insurrection contre les maux de notre temps est synonyme pour lui de révolte contre ses propres idéaux.
Adrien Abauzit
http://suavelos.eu/seul-le-patriotisme-est-aujourdhui-subversif
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Nous vivons un séisme politique d’une grande puissance !
Les plaques tectoniques qui structuraient les rapports de force ont bougé. Un nouveau paysage apparaît à la surface.
Le monde occidental est sans doute en train de vivre un séisme politique. Les plaques tectoniques qui structuraient les rapports de force ont bougé. C’est seulement maintenant qu’un nouveau paysage apparaît à la surface.
Lors de la publication de son livre Démocratie française, en 1976, Valéry Giscard d’Estaing avait pronostiqué une évolution de la société française vers un grand groupe central.
Le recul de l’industrie au profit des activités tertiaires allait inaugurer le règne des classes moyennes. La lutte des classes perdait ses supports. Le PC devait s’effondrer et l’activité politique se regrouper au centre. L’exemple américain était dans les esprits depuis le succès du Défi américain de Jean-Jacques Servan-Schreiber. Aux États-Unis, le Parti démocrate et le Parti républicain étaient des partis centristes, le premier un peu plus à gauche que le second
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Nicolas Sarkozy, le candidat de l’oligarchie
Ainsi donc, Nicolas Sarkozy a le culot de se présenter comme le candidat des petits et des sans-grades. Celui qui « ne cherche pas la bénédiction du petit Paris mondain »(1) et qui vitupère contre cette élite qui « ne prend pas le métro, voit les trains de banlieue en photo et regarde avec une larme à l’œil les collèges de ZEP »(2). Le candidat qui s’oppose au « système ».
Rappelons seulement quelques faits (malheureusement non exhaustifs …) :
- Au soir du 2nd tour des élections présidentielles de 2007, M. Sarkozy a fêté sa victoire au Fouquet’s, l’un des restaurants les plus huppés de la capitale, en compagnie du gotha mondain qui avait contribué à son élection.
- Non satisfait de cela et dans l’attente de son investiture, il s’est ensuite offert quelques jours de vacances sur yacht de M. Bolloré, l’une des toutes premières fortunes de France.
- Au mépris de la tradition républicaine qui place le Président de la République au-dessus des partis et des coteries, il a continué à entretenir pendant une bonne partie de son mandat des relations avec le « cercle des premiers donateurs » de l’UMP, conglomérats de fortune jouant de ses subventions pour influencer le pouvoir.
- En amont de son élection de 2007, M. Sarkozy a, à plusieurs reprises, rencontré Mme Lilianne Bettencourt, autre très grande fortune française.
- Les liens que M. Sarkozy a entretenus et/ou entretient toujours avec les grands patrons de l’industrie médiatiques ont été abondamment documentés, que ce soit avec Jean-Marie Colombani (ex-directeur du Monde, ex-animateur sur plusieurs chaines de télévision, actuel directeur de Slate.fr et éditorialiste de Direct Matin (3)), Alain Minc (ex- président du conseil de surveillance du Monde (4)), Serge Dassault (propriétaire du Figaro), Arnaud Lagardère (patron du groupe Lagardère qui possède notamment Elle, Paris Match, Virgin Radio, Lagardère Publicité, Le Journal du Dimanche, Europe 1, etc.), Maud Fontenoy (chroniqueuse à Valeurs actuelles (5)), ou encore Bernard Arnault (propriétaire, au travers du groupe de luxe LVMH, des Echos, du Parisien et de Radio classique (6)).
- M. Sarkozy fut, de 1983 à 2002, maire de Neuilly-sur-Seine, 1ère ville de France de plus de 20 000 habitants pour la proportion d’assujettis à l’ISF(7), ce qui lui permit de nouer et d’entretenir ses liens avec les plus grandes fortunes.
- En secondes noces, la belle-mère (seconde épouse de son père et mère de son demi-frère Olivier) de M. Sarkozy, Christine de Ganay, a épousé Frank G. Wisner, sous-secrétaire d'État au contrôle des armements et à la sécurité internationale de Georges H.W. Bush. M. Wisner est également le fils de Franck Wisner, un ancien directeur adjoint de l’OSS et de la CIA.M. Sarkozy a effectué plusieurs séjours dans la résidence de M. Wisner (8).
- Le demi-frère de Nicolas Sarkozy, Olivier Sarkozy, est dirigeant du groupe Carlyle, membre du conseil d'administration de BankUnited (en), Butterfield Bank (en), Duff & Phelps (en) et de TCW Group. Son autre frère, Guillaume Sarkozy, fut vice-président du MEDEF de 2004 à 2006.
- En compagnie de Carla Bruni-Sarkozy, M. Sarkozy réside à la Villa Montmorency, l’une des résidences privées les plus huppées de la capitale, en plein XVIe arrondissement. Il passe également ses vacances au Cap Nègre, dans une maison d’architecte à 2 millions d’euros.
- Il avait promis d’ « aller faire du fric », M. Sakozy a donné de multiples conférences, hautement rémunérées, notamment au profit du forum économique du célèbre magazine des milliardaires Forbes, de la Qatar National Bank ou encore de Goldman Sachs.
- Au mépris de toutes règles visant à prévenir les conflits d’intérêts, M. Sarkozy a conservé les parts de son cabinet d’avocats pendant l’exercice de ses mandats (9).
- Les accusations à son encontre au sujet de ses comptes de campagne ne constituent pas une simple erreur de comptabilité mais bien, sous réserve du jugement définitif, d’une tricherie organisée à une élection présidentielle.
- Son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, sait également très bien jouer de ses relations au profit de ses propres intérêts, ou de ceux de ses proches (10).
- Et, bien sûr, n’oublions pas la multitude d’affaires dans lesquelles M. Sarkozy est impliqué .
Nicolas Sarkozy est bien évidemment libre d’entretenir les liens qu’il souhaite avec les personnes de son choix. Mais avec un tel carnet d’adresse, un tel réseau, de tels liens avec les puissances d’argent et de pouvoir, il faut un sacré mépris de l’électeur pour se présenter comme le candidat « antisystème ».
Et bien évidemment, n’oublions pas le désastreux bilan de son quinquennat : à lire ici et là.
Illustration : Nicolas Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré. Origine : https://blogs.mediapart.fr/vilmauve/blog/230416/une-actionnaire-de-vivendi-remercie-bollore-davoir-prete-son-yacht-sarkozy
(1) Cité par Renaud Dély, Le Candidat du système, Marianne, 14-20 octobre 2016.
(2) Id.
(3) Propriété de … Vincent Bolloré.
(4) Et actuellement président d'AM conseil et de la SANEF et membre du conseil d'administration de Prisa, CaixaBank, Fnac, Poweo Direct Énergie, Ingenico et Yves Saint Laurent
(5) Louis Hausalter, Valeurs actuelles pioche chez Sarkozy en recrutant Maud Fontenoy, Marianne, 11/04/2016.
(6) Cf. Serge Halimi, Vingt années qui ont changé « Le Monde », Le Monde diplomatique, juillet 2012 ; Dominique Jamet, De la Libération à Sarkozy, l'éternel retour, Marianne, 29/08/2012.
(8) Catherine Nay, Un pouvoir nommé désir, Grasset, 2007 ; Ronald Shelp (en), Al Ehrbar, Fallen Giant: The Amazing Story of Hank Greenberg and the History of AIG, 2009 ; Vincent Nouzille, Dans le secret des présidents: CIA, Maison-Blanche, Élysée : les dossiers confidentiels, 1981-2010, Fayard, 2010.
(9) Paul Cassia, Gare aux conflits d'intérêts !, Le Monde, 10/04/2012.
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Opération Sangaris : retour sur l’enfer Centrafricain
L’Est Républicain publie le témoignage d’un colonel lorrain qui revient sur cette mission de l’armée française en Centre-Afrique.Son récit prend aux tripes. Le colonel Didier Leurs raconte l’enfer centrafricain comme s’il y était encore. « Chacune de mes conférences se termine par une « standing ovation ». Comme si les gens découvraient la violence de cette mission », s’étonne l’ancien chef de corps du 16ebataillon de chasseurs de Bitche.
L’opération Sangaris en Centrafrique s’est achevée le 31 octobre, dans l’indifférence générale qui l’a accompagnée pendant ses trois ans d’existence. Un déficit de notoriété qui tranche avec les dommages dévastateurs générés dans les rangs par cette Opex (opération extérieure). « Au retour, la moitié de ma section a quitté l’armée », confie un gradé lorrain sous couvert d’anonymat. « Les syndromes post-traumatiques sont plus profonds et importants qu’en Afghanistan », reconnaît le colonel Leurs, qui a vécu les deux théâtres.
De juin à octobre 2014, en plein pic génocidaire, il a dirigé à Bangui, la capitale, un groupement tactique interarmes. La mission la plus complète qu’il ait jamais connue sur le plan stratégique : « Il y avait tous les jours des défis logistiques à relever et des choix à opérer, compte tenu du peu de forces dont nous disposions vis-à-vis des besoins. Mais je n’ai eu que des héros. Jamais personne n’a reculé. » Les chiffres qu’il égrène sonnent pourtant comme autant de rafales de balles : « En quatre mois, on a eu 34 engagements armés, 20 opérations de fouilles durant 9 à 10 heures chacune, sous tension extrême, quatre blessés et 27 évacués, dont certains pour des syndromes post-traumatiques. C’était éprouvant. »
Chaleur humide, matériel de 40 kilos à porter quotidiennement, conditions ultrarustiques en début de mandat, les organismes ont morflé : « Même si l’on est entraîné pour ça, on est allé au-delà de nos limites. Notre seule journée de repos a coïncidé avec notre engagement le plus dur ! »
Mais c’est surtout le psychisme, dans cette mission de maintien de la paix sans ennemi identifié, qui a été mis à rude épreuve : « Passer quatre mois non-stop en zone urbaine, au cœur de la population, est inédit. » « Le soldat est en permanence sous l’emprise de cette pression. Ne jamais disproportionner la réponse requiert un effort de chaque seconde pour éviter toute catastrophe stratégique. »
Et ce alors que les tensions entre seleka musulmans et anti-balaka chrétiens donnent lieu à des exactions d’une rare sauvagerie, pouvant aller jusqu’au cannibalisme : « On a eu affaire à l’horreur tous les jours et ça, on ne s’y habitue jamais. »
Un cumul de difficultés difficile à absorber pour les troupes. S’y ajoute le manque de reconnaissance : « Les soldats ont mis quotidiennement leur vie en jeu là-bas. Quand ils rentrent, personne ne sait ce qu’ils y ont fait, même pas la nation. Et les médias n’évoquent ce théâtre que pour parler d’abus sexuels encore en cours d’instruction. » Le décalage interpelle le colonel Leurs, fier du bilan français : « Quand on est arrivé, c’était la loi du plus fort et le chaos. On laisse à l’Onu un pays en voie de normalisation. »
http://www.contre-info.com/operation-sangaris-retour-sur-lenfer-centrafricain#more-42868
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Reportage : Convention thématique « Banlieues : le retour de la République »
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La République agonise avec ses paysans
« C’est un homme brisé mais digne, courageux. » Ainsi commence le reportage de TF1 sur l’exploitation laitière de Rodolphe Meunier lors du journal de 13 heures, du 19 octobre dernier. Il ne dure qu’une minute quarante, et pourtant il suscite autant l’indignation qu’un profond sentiment d’injustice.
Si l’on dresse un rapide état des lieux, on constate que le milieu agricole est aujourd’hui plein de disparités. On pourrait dire aussi plein de variétés, mais il reste de cruelles injustices liées à la politique agricole. On peut prendre aujourd’hui pour exemple ces cas extrêmes d’agriculteurs céréaliers et d’éleveurs :
- Il y a ceux qui travaillent avec un imposant parc de tracteurs, sur des centaines d’hectares. Ils sont à la merci des banques et des subventions, profitant d’une vague dont ils tirent le meilleur profit, un peu en opportunistes, car la politique agricole du moment leur est favorable, mais peuvent-ils être assurés qu’elle continuera dans le temps ?
- Il y a aussi les oubliés, les laissés pour compte, qui travaillent dur, sans profiter de leur dimanche ou autre jour chômé et qui ne vivent pas des fruits de leur travail. Parmi eux les éleveurs, dont le sort ne semble pas intéresser les politiques qui les ont livrés à la fois à la dictature agro-alimentaire, et à la concurrence des cours européens.
Et puis, tentant de survivre à la marge des circuits économiques classiques, on trouve les petites exploitations indépendantes qui avancent vaille que vaille, faisant de la vente directe, et transformant elles-mêmes leurs produits. Cette indépendance n’est pas toujours facile, mais elles peuvent fixer un prix de vente qui leur est juste, ce qui leur permet de mieux s’en sortir.
« La République sera la République des paysans ou ne sera pas ». Cette phrase de Jules Ferry semble bien obsolète aujourd’hui. Lorsque les pères fondateurs de la République entamèrent un travail intense de propagande dans les campagnes, ils avaient bien compris que le rattachement de la société rurale était indispensable à la sûreté et la stabilité du régime politique. Mais aujourd’hui, leurs héritiers semblent l’avoir oublié.
Les trois derniers Présidents de la République n’ont pas pris à cœur de défendre les intérêts des agriculteurs : même Jacques Chirac, pourtant réputé soucieux des intérêts de l’agriculture, n’a pas empêché le déclin des métiers agricoles.
Pendant que les présidents se pavanent au salon de l’agriculture sous les feux des projecteurs, ils ne semblent pas comprendre les réels enjeux de la condition paysanne, qui aujourd’hui paraît régresser. Chaque année, environ deux cents agriculteurs se suicident : les dettes sans fin, la mécanique infernale des prix cassés par les grandes distributions, la solitude, la pauvreté…
On se souvient que les rois de France avaient à cœur la condition paysanne. Henri IV disait : « Oui, ce que je veux, parce qu'ayant le cœur de mon peuple j'en aurai ce que je voudrai, et si Dieu me donne encore de la vie je ferai qu'il n'y aura point de laboureur en mon Royaume qui n'ait moyen d'avoir une poule dans son pot », ou par les plus discrètes attentions de Louis XVI envers les paysans, immortalisées par la gravure de Pierre-Michel Adam.
Ne soyons pas naïfs sur des promesses électorales faciles : car nous savons bien que la politique agricole est une affaire de long terme, impossible à mettre en place dans un régime quinquennal, où les présidents se succèdent tricotant et détricotant le travail du précédent. D’ailleurs, le nombre de paysans a tellement diminué, qu’il ne doit plus constituer un électorat signifiant aux yeux des hommes politiques, on peut donc douter du réel intérêt que la plupart portent à nos agriculteurs.
Et si Jules ferry avait cerné le problème ? Si la République s’effondrait parce qu’elle n’avait pas réussi à préserver ses paysans ?
Julie Langeais
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Éditorial de L’Action Française 2943 : Élection de Trump : quel intérêt pour la France ?
L’élection présidentielle américaine aura eu au moins le mérite de vérifier ce que, malheureusement, nous savions déjà : le tropisme américain de nos élites, ou plutôt leur aliénation qu’elles cherchent par capillarité médiatique à distiller chez les Français.
Nos media officiels répercuteront-ils au printemps prochain avec la même intensité l’élection présidentielle française ? Rien n’est moins sûr. Il serait évidemment stupide de nier l’importance que peut avoir, tous les quatre ans, la présidentielle américaine, en raison du poids monétaire, économique, militaire et géopolitique des Etats-Unis. Mais il y a une différence entre la lucidité de bon aloi des élites d’un peuple libre, interprétant les éventuelles conséquences pour celui-ci ou pour le monde d’une élection dans une important pays tiers, et son assimilation comme une donnée de politique intérieure, qui conduit à intérioriser sa propre soumission. C’est que nos élites, qui ont voulu nous faire vivre l’élection de Donald Trump comme une catastrophe planétaire et française (Marine Le Pen, voire Sarkozy, qui n’est jamais à un reniement près, occupant tous les esprits), ont toujours vu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale dans les Etats-Unis un modèle, voire le « protecteur » naturel d’un continent sorti de l’histoire. Non, nous n’en avons toujours pas fini avec les conséquences de la victoire impériale des Etats-Unis en 1945. L’American Way of Life, que le plan Marshall a imposé avec l’OTAN et l’Europe institutionnelle, en vue d’assurer la finlandisation de l’Europe occidentale, s’est aujourd’hui transmué en cette idéologie mondialiste dont Hillary Clinton était la porte-parole officielle.
Vers la fin du mondialisme ?
Des instances supranationales de tous ordres, dont certaines s’interpénètrent — l’ONU et ses agences spécialisées que sont l’OMS, la Banque mondiale ou les COP successives, l’OMC, les G20 et G8 — redevenu G7 pour punir la Russie de son indépendance, sans compter l’Union européenne et sa Cour de justice ou le Conseil de l’Europe et sa Cour des droits de l’homme, ou encore les différents traités en cours de signature ou de négociation : tout participe d’une même culture mondialiste qui veut en finir avec les Etats-nations et les peuples historiques souverains, comme avec les fondements même de toute société, notamment la famille, considérés comme les principaux obstacles à la réduction consumériste de l’homme. Comment, dans ces conditions, leurs représentants ne s’inquiéteraient-ils pas de la victoire d’un milliardaire présenté comme populiste à la tête de la principale puissance ordonnatrice du nouvel ordre mondial ? Il est vrai qu’on nous avait déjà fait le coup avec Ronald Reagan. Or les premières palinodies de Trump, avant même son entrée à la Maison-Blanche, qu’il s’agisse d’une politique migratoire revue à la baisse ou du mariage homo, prouvent que la démagogie est, partout, la vérité de la démocratie. C’est surtout la preuve que le dogme mondialiste n’a d’universel que le rejet qu’il provoque chez les peuples, plus encore que chez ceux qui se font élire en instrumentalisant leur colère ou leur désespoir. Et que les Etats-Unis sont avant tout puissants de cette soumission morale qu’ils ont su distiller dans l’esprit des peuples dont ils ont su dominer les élites depuis soixante-dix ans.
Or ce n’est pas avec cette domination que souhaite rompre Donald Trump : ce qu’il refuse, c’est que les Etats-Unis continuent d’en payer le prix, sauf à imposer à ses féaux européens de mieux participer au financement de leur défense... après qu’Obama les eut convaincus qu’une Russie antimondialiste les menaçait ! Du grand art, qui prouverait surtout la cohérence de la politique extérieure américaine par-delà les aléas électoraux.
Réjouissances déplacées
N’en déplaise aux patriotes, souverainistes ou identitaires français qui se réjouissent inconsidérément de cette victoire, voir en Trump un modèle, de plus transposable en France, est une erreur profonde qui ne prouve qu’une seule chose : leur propre aliénation. Non, Trump n’est pas l’hirondelle annonçant un nouveau printemps des peuples. Il en a été de même du Brexit : le rejet de l’Europe par deux des quatre nations composant le Royaume-Uni ne peut inspirer un quelconque Franxit à plus ou moins brève échéance. Des tendances, assurément lourdes, d’un rejet de plus en plus clairement exprimé d’un modèle planétaire ne constituent pas une dynamique commune vers la liberté : le chemin qui y conduit appartient à chaque peuple et est le fruit de son histoire en train de se faire — et de se défaire, chacun ayant, de surcroît, sa propre conception de sa liberté. Si le patriotisme est universel, il n’y a jamais eu d’internationale des patriotes. Réjouissons-nous assurément de toute défaite de l’idéologie mondialiste, réelle dans le cas du Brexit, illusoire certainement dans le cas de l’élection de Trump : car celui-ci, comme nous avons été les seuls à le souligner aussitôt [1], n’a en rien renoncé à la volonté de puissance d’un Etat dont l’impérialisme, lié à sa prétendue « destinée manifeste », a pu s’exprimer de manière plus ou moins brutale dans l’histoire, mais n’a jamais été démenti par aucun de ses dirigeants. Trump veut simplement le beurre et l’argent du beurre.
Alors, oui, réjouissons-nous du répit que peut représenter son élection par rapport au bellicisme à tout crin de sa rivale. Mais dans le seul dessein de recouvrer notre indépendance. Il n’y avait aucun « lâche soulagement » de la part de Maurras, lorsqu’il approuva Munich en 1938, mais le souhait, évidemment vain, que la république en profitât pour réarmer. Dans le cas présent, si les Etats-Unis sont bellicistes sur le dos des Européens avec la complicité d’une France dont la diplomatie est dans une « impasse » (dixit Villepin au Figaro du 14 novembre), ce sont notre soumission atlantiste et le carcan européen qui nous privent de toute latitude et il s’agit là, à plus ou moins brève échéance, de causes de déclin et de mort autrement terribles. Car nous subissons en même temps, comme fruit de ce même mondialisme, une invasion de peuplement qui, pour être apparemment pacifique, voire lacrymale, n’en est que plus dangereuse car elle instrumentalise la générosité des Français tout en ayant pour effet assuré la destruction de notre civilisation. Qui se trouve ainsi attaquée en même temps par deux nihilismes qui ont pour dénominateur commun le refus des cultures nationales : le mondialisme consumériste et l’islamisme barbare qui profite de la disparition de nos défenses immunitaires provoquées par le premier pour s’installer au nom du padamalgam, avec la complicité objective de nos élites multiculturalistes.
Une primaire dérisoire
En ce sens, la primaire de la droite semble bien dérisoire. Car alors que la faillite de la gauche lui offre un boulevard, la droite n’en profitera pas pour redonner à la France sa souveraineté et préserver son identité, l’une et l’autre étant indissolublement liées. C’est que les six ténors Républicains de cette primaire ont déjà tous participé, chacun à son niveau de responsabilité, à la faillite d’un pays dans lequel ils ne croient plus. Quant au septième, il lui faudra bien choisir entre les deux larrons que la mascarade du 20 novembre lui aura désignés. A moins de se lancer dans une aventure « hors les murs » incertaine dont le parti patriote auto-proclamé veut l’échec bien plus qu’il ne souhaite sa propre victoire. Ainsi le veut la logique de parti. La France peut toujours attendre.
François Marcilhac - L’ACTION FRANÇAISE 2943
[1] Voir notre communiqué
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Editorial-de-L-Action-Francaise,11161
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Le « droit à l’avortement » ? Marion Sigaut analyse ce droit de tuer figurant parmi les « droits sexuels » définis par l’ONU
Continuant son étude des « droits sexuels » édictés par l’ONU, Marion Sigaut observe comment le « droit à l’avortement », c’est-à-dire le droit de tuer un enfant, est devenu un dogme prioritaire imposé par les mondialistes et appliqué avec zèle par la république maçonnique française.