France et politique française - Page 3887
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JT du jeudi 26/03/2015 de TVL
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Départementales : quand les électeurs revendiqueront maturité et liberté !
La certitude est que le Front national n’est plus un micro-parti voué à la vaine protestation : il fait partie des grands.
Ouf ! Cette fois, c’est fait, le premier tour des « départementales » a eu lieu, les choses commencent à être plus claires.
Quoique, à bien y regarder…
Reprenons depuis le début : avant le scrutin, les médias et Manuel Valls nous avaient expliqué que l’enjeu était d’empêcher le Front national (le FN, comme ils disent) de s’imposer comme le premier parti de France. Naïvement, nous avions envisagé qu’il pouvait s’agir de doter le pouvoir local de délégués compétents et actifs… Mais nous, les électeurs, ne sommes que de « petites gens » si innocentes, si incultes que la leçon ne fut pas accessoire.
Le scrutin se déroula, sous la pluie, qui fit diminuer le nombre des pêcheurs à la ligne et occasionna un peu plus de travail que la fois précédente aux dévoués citoyens qui gèrent les « flux » dans les bureaux de vote.
C’est après le scrutin que les choses devinrent déroutantes. Dès 20 heures, chaque média (TF1, France 2, BFM) soupira (de soulagement) avec ses invités (NKM, J.-M. LE Guen, Dupont et Dupond) : le Front national n’est pas le premier parti de France, ça, au moins, c’est « gagné ».
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Départementales 2015 : carte des agressions contre les candidats et militants FN (MàJ)
Cliquez sur les repères pour plus d’informations.
Merci à tous les lecteurs qui nous ont indiqué des agressions.
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Le discrédit malheureux de la politique.
J'ai suivi d'une oreille distraite la soirée électorale de l'autre dimanche et j'ai parcouru d'un œil non moins indifférent les articles de presse et leurs commentaires sur les « leçons des départementales » : suis-je pour autant un mauvais citoyen ? En fait, j'aime trop la politique et particulièrement le débat d'idées pour aimer ce qu'elle est devenue, entre rappels constants à la « République » et « petits crimes entre amis », entre oukases vallsiens et revanche libérale.
D'ailleurs, en ce dimanche électoral ensoleillé et pollué, j'ai préféré lire le livre de M. Bertrand Le Gendre sur le dialogue entre de Gaulle et François Mauriac, livre que m'avait conseillé le matin même Jean-Philippe M., socialiste de grande culture avec lequel il est toujours agréable -et instructif- de converser, mais aussi, dans l'après-midi, poursuivre la lecture du « journal » de Friedrich Reck-Malleczewen, cet aristocrate allemand, monarchiste impénitent et antinazi virulent qui paya de sa vie cet engagement intellectuel contre la barbarie.
Avec ces deux ouvrages (sur lesquels je reviendrai dans de prochaines notes), on apprécie mieux la valeur des idées (et leur prix de sang, parfois...) et l'art de la conversation, au sens noble du terme, et les querelles politiciennes d'aujourd'hui nous paraissent bien vaines ou, plus exactement, bien méprisables. Non pas que tous ceux qui se soumettent au jeu des urnes le soient eux-mêmes (j'en connais qui, de droite ou de gauche, méritent le respect et ont de la politique une grande idée, de celle qui impose de grands devoirs...), mais le « système », entre jeux médiatiques et croche-pieds partisans, entre dévoiements des intelligences et trahisons des électeurs (quand il faudrait parfois savoir leur parler, pour les convaincre, non pour les tromper...), décrédibilise la politique à laquelle il ne laisse plus, en somme, que le soin de « gérer la crise » quand il faudrait qu'elle s'impose à l'économique et à cette « gouvernance » qui n'est rien d'autre que l'inféodation du politique et des États aux exigences de l'hubris libérale. Les politiciens sont d'autant plus odieux qu'ils renoncent à cette capacité de résistance aux idées reçues qui devrait être leur raison d'être, et d'agir.
Je ne suis pas un « idéaliste » qui verrait en la politique un chemin de roses tout comme je ne la vois pas seulement comme un « combat de rosses » : j'ai lu Mazarin et je connais la politique et les manœuvres de Richelieu, voire ses bassesses. Mais la « fin » (le service du souverain, de l’État, de la France) pouvait justifier certains « moyens » qui, utilisés aujourd'hui pour des fins moins nobles et plus individuelles (plus individualistes...), m'apparaissent détestables et condamnables. C'est aussi cela qui fait que je suis royaliste, fidèle et non idolâtre, politique et non servile...
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Mobilisation générale dans le canton de Doué-la-Fontaine
L’UMP/UDI et le PS ont décrété une mobilisation sans précédent dans le département pour contrer la formidable percée du Front National dans le canton de Doué la Fontaine en particulier et dans l’ensemble du saumurois en général. Outre les caciques des partis, 15 maires du canton de Doué la Fontaine se mobilisent à travers une lettre ouverte… et les déclarations se multiplient de part et d’autre.
Nous respectons bien évidement cette mobilisation, certes un peu tardive ; chacun est libre d’exprimer ses opinions, c’est le fondement de notre démocratie. Nous nous réjouissons même de cette mobilisation des élus en faveur d’une participation massive au scrutin dimanche prochain, il était temps.
Toutes les initiatives qui contribuent à faire baisser l’abstention sont utiles et il faut mobiliser les électeurs dans cette élection locale, c’est ce que le Front National du Maine-et Loire s’est attelé à faire durant la campagne avec les résultats extraordinaires qui s’en sont suivis.
En réalité, derrière ce scrutin, se cache un véritable enjeu : la défense de l’existence des départements. Les appareils politiques UMP/UDI et le PS se prononcent en faveur de la suppression de cette institution, symbole avec la commune de la proximité entre les élus et les citoyens. Seul le Front National s’est résolument opposé à la disparition programmée à terme des départements.
Certains élus locaux se prononcent certes à titre personnel contre sa disparition, mais la logique de partis fera qu’inévitablement, ils se rangeront derrière la ligne officielle du parti le jour de l’enterrement définitif de cette institution centenaire appréciée des citoyens.
Néanmoins, nous nous interrogeons sur l’utilisation abusive par nos adversaires du terme « républicain » dans cette campagne : « front républicain », « candidat républicain », « vote républicain », le binôme Matrat/Lépine aurait donc mis la République en danger ? … de même la défense de « valeurs », sans précisions autres est aussi à la mode. Autant d’interrogations que partage une grande partie de nos concitoyens et dont les réponses auraient pu être apportées dans un débat, disons …. Républicain ! débat que nos adversaires, Alain Lauriou et Bruno Cheptou ont malheureusement décliné.
Reste les faits, les départements sont en danger, l’endettement est pharaonique, les politiques menées sans anticipation et vision à long terme, le chômage et les problèmes sociaux augmentent. Il est temps de sanctionner ces élus qui n’ont pas d’autre ambition que de figurer sur le prochain trombinoscope du département. Donc oui, dimanche, au vote pour une nouvelle génération d’élus plus soucieuse de l’intérêt général et de la gestion des deniers publics.
http://fn49.fr/2015/03/25/mobilisation-generale-sur-le-canton-de-doue-la-fontaine/
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Le chômage sonne-t-il le glas des espoirs électoraux de Hollande ?
Après une courte embellie en janvier, le chômage est reparti à la hausse de 0,4% en février. Pourtant l'exécutif rêve toujours d'inverser durablement la courbe du chômage. Sur un plan électoral, il y a plus que jamais urgence.
Sur le front de l'emploi, les bonnes nouvelles de ce début d'année sont déjà oubliées. Après une baisse surprise en janvier, le chômage est reparti à la hausse en février (+0,4%). Aussi bien pour les demandeurs d'emploi sans activité que pour ceux ayant une activité réduite. La nouvelle est douloureuse pour le gouvernement qui espérait secrètement pouvoir savourer ses deux premiers mois consécutifs de baisse. Elle est cruelle, puisqu'elle intervient entre les deux tours d'élections départementales, qui promettaient déjà de laisser de nombreux élus socialistes en rase campagne. Mais surtout, elle pourrait sonner définitivement le glas des espoirs électoraux de l'exécutif. C'est ce que suggère le modèle de prévisions électorales de deux économistes.
Véronique et Bruno Jérôme, tous deux chercheurs à l'université Paris II ont mis sur pied depuis plusieurs années un modèle de prévision politico-économique qui s'appuie principalement sur l'évolution du taux de chômage pour anticiper le comportement des électeurs dans les urnes. Ils avaient ainsi prédit "une grande vague bleue, pas bleue marine", aux élections départementales. En attendant confirmation ce dimanche, le premier tour leur donne largement raison. Et à moins d'une inversion durable et imminente de la courbe du chômage, après laquelle le Président Hollande court vainement depuis le début de son mandat, la débâcle n'est sans doute pas achevée. Les élections régionales de la fin de l'année, en attendant l'élection présidentielle de 2017, seront très probablement synonymes de nouvelles défaites pour la majorité, prévient Véronique Jérôme-Speziari.
En quoi le chômage est-il un facteur pertinent de prévision du comportement des électeurs ?
Pour établir un modèle de prévision économétrique fiable, on a besoin de s'appuyer sur des éléments objectifs. A ce titre, le chômage et surtout son évolution, sont une variable fondamentale car elle résume parfaitement le climat politico économique d'un pays, ou, disons, la bonne santé de son économie. Le taux de chômage n'est pas la donnée la plus intéressante, parce que ce chiffre est mal connu du grand public. En revanche, l'électeur est plus au fait de sa variation. Il sait quand le chômage monte, ou quand il baisse, parce qu'il est directement impacté par ces tendances à travers son entourage et son expérience.
Bien sûr, nos modèles prennent en compte d'autres facteurs, et notamment la popularité, les zones de force locales, c'est à dire l'implantation politique, ou encore le mode de scrutin. Mais le chômage est l'indicateur clé de nos prévisions.
De bons ou de mauvais chiffres entre les deux tours d'une élection, ont-ils la capacité de retourner une tendance électorale ?
Pour que le chômage puisse avoir un impact sur des élections, il faut qu'il y ait une ampleur importante dans l'évolution constatée, mais également une certaine précocité. Il faut que la tendance semble pérenne. Cela ne prend pas un jour, une semaine ou un mois pour produire ses effets, mais au minimum de trois à six mois. En tout état de cause, les chiffres publiés ce mercredi n'auront qu'un impact marginal sur le vote de dimanche. Quoi qu'en disent les sondeurs, les intentions des électeurs sont déjà largement arrêtées. Et comme toujours, ils feront d'abord le procès des sortants, car les promesses de l'opposition n'engagent que ceux qui les écoutent. Par ailleurs, la sanction est toujours plus forte que la récompense.
Au delà des départementales, le sort électoral de François Hollande et de sa majorité est-il conditionné par la courbe du chômage ?
Chaque élection a ses spécificités, mais pour simplifier, on peut affirmer que ce sera le cas. Si le chômage continue à augmenter en 2015, cela aura un impact sur la popularité de l'exécutif. Mais cela pèsera également sur les comptes publics, donc sur les marges de maneuvre politiques du gouvernement qui doit déjà composer avec les exigences de Bruxelles.
Il y a toujours de l'espoir de voir la situation de l'emploi s'améliorer parce que la France bénéficie d'un alignement des planètes favorable avec la conjonction, d'un euro faible, d'un pétrole bon marché, et de taux d'intérêts faibles. Mais ce sont des facteurs extérieurs, conjoncturels par essence. Ils n'apportent qu'un faible bénéfice politique en l'état. Et même si le chômage s'améliorait, l'exécutif serait toujours à la merci d'un retournement de conjoncture. C'est ce dont avait été victime Lionel Jospin que tout le monde donnait pourtant gagnant en 2002. c'est aussi ce qui avait favorisé la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 puis sa courte défaite en 2012. Dans chacun de ces cas, la courbe du chômage avait changé de direction quelques mois avant les élections.Benoist Fechner
L'Express :: lien
http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EukZFFlFFZWiDEvfqX.shtml
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Quand les Maghrébins comprennent le FN
La frénésie "antifasciste" de Manuel Valls n'a pas empêché le succès électoral du Front National. Les privilégiés du système en place veulent se sauver en ressortant de leur chapeau un "front républicain" usé jusqu'à la corde. Mais quand vont-ils songer à penser à soigner le mal au lieu de vouloir casser le thermomètre?
En Corse, dans les cantons où il se présentait, le FN a réalisé des scores inattendus, ou du moins inattendus pour les spécialistes en science électorale. Mais, comme dans beaucoup d'autres cantons, les habitants du quartier populaire d'Ajaccio où le vote frontiste a été fort ont besoin d'être écoutés. Et les grands mots de "fascisme" et de "racisme" sont bien inadaptés.
C'est ce que comprend le Maghrébin cité dans l'article de "Corse-Matin" de mercredi 25 mars.
"Le FN ne fait plus peur.
Au pied d'un tour des Salines, le discours de l'extrême-droite n'est plus tabou. Un trentenaire, à califourchon sur son scooter, se dit "fier d'être d'origine maghrébine", mais ne "cache pas" comprendre l'attrait de ses voisins pour le parti de Marine Le Pen et son discours anti-immigration. "Je suis né et j'ai grandi à Ajaccio, je suis le premier à souffrir des amalgames. Quand je vois l'attitude de ceux qui débarquent depuis quelques années, je comprends que les gens ne se sentent plus chez eux et demandent davantage de sécurité. Je n'accepte pas cet irrespect envers le pays qui nous accueille. Cela porte préjudice aux Maghrébins qui, comme nous, s'adaptent et sont intégrés".
Mais une République qui, par son essence même, est faite pour diviser et qui déteste la France, veut-elle une véritable intégration ou un grand remplacement ?
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Crash aérien, élections départementales, le MEDEF contre le FN… l'actu vue par Bruno Gollnisch
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Chroniques du mensonge ordinaire
Madame Juliette Méadel, Secrétaire Nationale du PS, vient, à propos des élections départementales dont le premier tour a eu lieu le dimanche 22 mars de démontrer sa flagrante inculture économique[1]. Le problème n’est pas l’ignorance sur ce point de Madame Méadel. On a tous des choses que l’on ignore. Le problème est qu’elle est secrétaire nationale d’un parti aujourd’hui au pouvoir. Alors, même si les temps ne sont plus ceux où l’on pouvait s’attendre d’un Secrétaire National qu’il soit qualifié de Coryphée des Sciences, ou la personne ayant cette responsabilité se sentait tenue de montrer qu’elle maîtrisait à peu près les diverses sciences humaines à coup de livres ou d’articles de revue, le degré d’inculture dont Mme Méadel fait preuve est attristant et inquiétant.
La sortie de l’Euro ou comment jouer sur les peurs.
La question, bien évidemment porte sur les conséquences d’une sortie de l’Euro. Qu’écrit donc Mme Méadel ?
« Aux yeux du monde et de ses créanciers, l’économie française inspirerait fatalement de la défiance et le doute dans sa capacité à rembourser sa dette. Il en résulterait une augmentation vertigineuse des taux d’intérêts d’emprunt : la France, qui se finance quotidiennement à des taux très faibles, verrait donc la charge de sa dette exploser. »
Premier point : en quoi est-ce qu’une « sortie de l’Euro » inspirerait « de la défiance et le doute dans sa capacité à rembourser sa dette ». Si la France sort de l’Euro, et laisse sa monnaie se déprécier par rapport au Dollar, mais aussi au Deutsche Mark, c’est pour retrouver des marges importantes de croissance. On peut discuter des possibles taux de croissance après une telle sortie, de 2% à 5% suivant les calculs et estimations, mais personne ne doute qu’il y a aurait une croissance bien plus forte que celle que nous connaissons aujourd’hui. Dans ces conditions, d’où viendrait la « défiance » ? A moins que Madame Méadel ne nous explique en quoi une économie allant mieux peut susciter la « défiance », on avoue avoir un peu de mal à comprendre. Madame Méadel indique alors « le doute dans sa capacité à rembourser sa dette ». Ici de deux choses l’une. Soit elle croit encore à cette fable inventée par Nicolas Sarkozy comme quoi la partie de notre dette détenue par des non-résidents augmenterait en proportion de la dévaluation. Mais, c’est une fable. La lex monetae stipule bien qu’une dette est payée dans la monnaie du pays émetteur si elle est rédigée dans des contrats de ce pays. Ce principe est bien connu de tous les économistes, et de tous les financiers qui travaillent sur les marchés des obligations d’Etat. On sait que 97% de la dette française est émis « en droit français ». Elle est donc remboursable dans ce qui sera la monnaie de la France, soit aujourd’hui l’Euro et demain, si nous sortons de l’Euro, le Franc. Les montants seront traduits de l’Euro en Franc au taux de 1 pour 1. Mais il faut croire que Mme Méadel est sujette à des terreurs nocturnes.
Deuxième point : « Il en résulterait une augmentation vertigineuse des taux d’intérêts d’emprunt ». Ici encore, on s’interroge sur ce que sait (ou plus exactement ne sait pas) Mme Méadel. Admettons que l’agence France-Trésor place des obligations d’Etat sur le marché. Le taux d’intérêts incorporera une prime de risque, mais on sait par expérience que cette prime, portant sur un Etat solvable, et dont la balance courante, aujourd’hui déficitaire, montrerait des signes rapides d’amélioration, serait loin d’être excessive. L’écart traditionnel était de 150 points de base avec les taux allemands, soit 1,5%. Admettons même que cet écart soit momentanément porté à 200 points de base, cela signifierait 2%. Or, les taux allemands sont aujourd’hui pratiquement à 0%. Il n’y a aucune raison de penser que les taux français dépasseraient 2,5%. Ce n’est donc pas une « augmentation vertigineuse » ou les mots n’ont plus de sens.
Troisième point : en fait, l’agence France-Trésor n’aurait sans doute pas besoin de placer des obligations. En rétablissant le mécanisme des « planchers obligatoires d’effets publics » pour les banques françaises et les établissements étrangers opérant en France, le gouvernement créerait une demande pour des obligations d’Etat qui assurerait que le financement de la dette puisse se faire à des taux très bas. Là, Mme Méadel montre que non seulement elle ne maîtrise pas la macroéconomie, mais qu’elle ignore tout des techniques financières. Mais ce n’est pas tout, hélas…
Quand elle écrit : « le montant des taux d’intérêt de la dette s’élève à 45 milliards d’euros ; une sortie de la zone euro et son corolaire, la hausse des taux d’intérêt, multiplierait par 2 ou 3 la charge de la dette, ce qui représente trois fois le budget de l’éducation nationale » elle prouve aussi qu’elle est très fâchée avec le calcul (niveau classe de 4ème). En effet, si la charge des intérêts aujourd’hui est de 45 milliards, la part de ces intérêts où les taux sont très faibles ne représente pas plus d’un tiers des dettes. Une grande partie des obligations d’Etat ont été émises avant la période de faibles taux d’intérêts (depuis 2 ans approximativement) et ne concerne que les obligations à court terme (3 mois à 5 ans). On voit immédiatement que si les taux remontaient à 2,5% (pour le taux à 10 ans) l’impact serait faible sur le montant TOTAL des intérêts. On conseillera à Mme Méadel de prendre un livre de mathématiques pour classes de collèges dans lequel on explique ces simples règles de calcul.
Mais, en réalité, Mme Méadel n’est certainement pas ignorante. Elle ment en pleine connaissance de cause. En fait, elle joue sur les peurs les plus primaires et cherche à effrayer son lecteur. Ce qui est alors intéressant, c’est que ce sont exactement les méthodes qui sont reprochées au Front National. On ne cesse d’entendre que ce dernier jouerait sur les peurs des français. Mais, que fait Mme Méadel, Secrétaire Nationale du Parti « socialiste » ? Et l’on voudrait alors nous faire croire en une différence de nature entre les partis ? Avec ce genre de méthode, c’est tout le discours sur « nous sommes des républicain, eux ne le sont pas » qui s’effondre immédiatement. Je ne sais si Mme Méadel se rend compte de ce qu’elle dit, mais je suis convaincu de l’effet extrêmement négatif qu’il y a à jouer ainsi sur les peurs de l’électorat. Quand on veut donner des leçons aux autres, il convient de commencer à se les appliquer.
La question du protectionnisme.
Madame Méadel continue sur le protectionnisme où, là aussi, elle étale son ignorance et son discours idéologique. Elle dit : « Pourtant, le protectionnisme économique est d’autant plus aberrant que les Etats et les peuples n’ont jamais été aussi interdépendants, liés, connectés, informés depuis Adam Smith. Plus que jamais, les peuples ont besoin d’échange commercial régulé pour vivre et se développer mieux». Tout d’abord, en quoi le protectionnisme s’oppose-t-il à l’interdépendance ? Cela revient confondre protectionnisme et autarcie. Je ne crois pas que si sa copie devait passer devant les yeux d’un professeur de Sciences Economiques et Sociales, Mme Méadel obtiendrait une très bonne note. Ensuite, si le protectionnisme n’est pas LE moyen de régulation des échanges, on ne voit pas ce qu’il est. Ici, il y a un problème de logique. Soit elle pense que l’interdépendance oblige au libre-échange et elle ne peut pas employer le mot « régulé » à propos des échanges commerciaux, soit elle est pour la régulation, et dans ce cas elle doit admettre le protectionnisme. Enfin, Madame Méadel devrait se renseigner. Le nombre de pays instituant des barrières, qu’il s’agisse de tarifs douaniers ou de mesures réglementaires, sur le commerce est très élevé (des Etats-Unis à la Corée du Sud). En fait, c’est l’Union européenne qui, à cet égard, est une aberration en proclamant une ouverture complète des frontières et en négociant (en secret faut-il le rappeler) un accord de libre-échange avec les Etats-Unis dont les effets seront dévastateurs, le TAFTA ou TTIP.
Mais, Madame Méadel ne s’arrête pas là (hélas). La phrase suivante et un condensé de toutes les sottises que l’on peut entendre sur ce sujet du protectionnisme : « En 2012, le commerce extérieur représente 25% de la croissance française, il faut donc poursuivre, avec nos partenaires commerciaux, la régulation des échanges au service de la prospérité et de la justice, et non pas l’interdire unilatéralement. Le protectionnisme est obsolète et impossible à mettre en œuvre alors que les Français réalisent de plus en plus de transactions électroniques ».
Décortiquons un peu ce paragraphe. Oui, le commerce extérieur représente, environ, 25% de la croissance si on le calcule à l’export. Mais nous importons aussi des biens. La substitution de la production nationale aux produits importés peut être une forte source de croissance. Donc, il est clair que si nous sortons de l’Euro, déprécions d’environ 20% notre monnaie, le gain en croissance sera important. Mais si c’est vrai, comment alors expliquer la « défiance » dont elle parlait au début de son article ? Madame Méadel n’est même pas capable d’être cohérente sur une page…
Ensuite, les mesures de régulation des échanges doivent parfois être unilatérales. Ce fut le cas, par exemple, lors de la dramatique épidémie dite « de la vache folle ». La prospérité et la justice, qu’il est noble d’employer des termes aussi grands, impliquent parfois des mesures unilatérales.
Mais, nous n’avions pas tout lu. Véritable cerise sur la gâteau elle ajoute : «Le protectionnisme est obsolète et impossible à mettre en œuvre alors que les Français réalisent de plus en plus de transactions électroniques ». Les bras nous en tombent comme dirait la Victoire de Samothrace. Le fait que les transactions se fassent (en partie) électroniquement renforce au contraire les moyens de contrôle et les moyens de perception d’une taxe. En réalité, toutes les transactions électroniques sont beaucoup plus (et beaucoup mieux) contrôlables que des transactions manuelles. Cette phrase de Madame Méadel n’est cependant pas que d’une stupidité sans nom. Elle témoigne dans l’imaginaire de la Secrétaire Nationale du PS la permanence de cette idée comme quoi des innovations techniques changent radicalement la nature des processus. C’est d’une bêtise consternante. Les innovations changent les formes de ces processus (par exemple avec des systèmes experts pour mettre en place un contrôle des transactions automatisées) mais nullement la nature ni le sens de ces processus.
Ici encore, il faut s’interroger. Je ne crois pas que Madame Méadel soit aussi bête qu’elle paraisse à la lire. Je crois que c’est une personne très intelligente. Mais c’est une personne qui ment sciemment à ses lecteurs. Et c’est bien la tout le problème.[1] Méadel J., « Sortie de l’euro, protectionnisme : les chimères de Marine Le Pen » in L’Obs, 16 mars 2015, http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1340014-sortie-de-l-euro-protectionnisme-les-chimeres-de-marine-le-pen.html?xtor=RSS-24
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Nicolas Sarkozy refuse de débattre avec Marine Le Pen !
Le 27 novembre dernier, à Nîmes, il déclarait : "Un homme politique digne de ce nom, ça n’a pas peur de la contradiction, ça n’a pas peur du débat." Que doivent en conclure les électeurs ?
Nicolas Sarkozy se pose depuis son retour comme le meilleur rempart possible contre le Front national, étant entendu que toute la classe politique a décidé que c’était l’ennemi numéro un, loin devant le chômage, la menace terroriste, la hausse de la délinquance ou l’appauvrissement grandissant des Français… Meilleur rempart, donc, mais qui refuse cependant de débattre avec la présidente du parti concerné, à savoir Marine Le Pen.
Lundi dernier, Jean-Jacques Bourdin proposait un débat à cette dernière, qui répondait : « Mais bien entendu, bien entendu. Avec grand plaisir. » Quelques heures plus tard, le journaliste tweetait : « Nicolas Sarkozy refuse notre proposition : un débat face à Marine Le Pen. »
L’ancien président de la République n’en est pas à son coup d’essai, il avait déjà refusé une proposition de duel faite par Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS. Selon son entourage, Nicolas Sarkozy avait refusé le débat parce qu’il n’était pas du niveau d’un ancien président de la République.