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France et politique française - Page 3942

  • Racisme anti-blanc : chronique d’une haine qui existe

    Gérald Pichon est l’auteur de « Sale Blanc ! Chronique d’une haine qui n’existe pas », sorti il y a maintenant deux ans.

    Les dernières semaines ont livré malheureusement leurs flots d’agressions anti-blanches/anti-françaises. Aucune association antiraciste (Sos Racisme, Mrap, Licra, Ligue des Droits de l’Homme) ne s’est portée partie civile.

    En voici une liste non exhaustive, montrant l’ampleur du phénomène.

    :::: Terrorisme ::::

    Un aspect des frères Kouachi a été peu abordé par les médias, c’est celui de leur haine du Blanc/du Français de souche. Plusieurs témoignages le montrent :
    « Saïd et Chérif disent : “Nous, les Algériens.” (…) Les frères Kouachi, “rebeus”revendiqués“n’aimaient pas beaucoup les Français en théorie. Ils ne portaient pas les Blancs dans leur coeur, ça, c’est sûr”. » (Le Monde du 10 février 2015)

    « enchaîne les aventures sexuelles avec les filles du foyer, déteste “les Gaulois”(les Français de souche) et le fait savoir en affichant un dédain silencieux vis-à-vis des éducateurs qui tentent de l’aider malgré lui. (…) “il ne portait pas trop les blancs dans son cœur non plus”, se souvient Pierre. » (Le Matin)

    :::: Meurtres ::::

    Marseille : La communauté arménienne dénonce l’assassinat raciste de Mickaël Asaturyan, 16 ans. « Il est mort, victime de l’hostilité qui règne dans les quartiers difficiles. Mickaël était un jeune chrétien. Il était scout apostolique arménien. Il avait une vie exemplaire, il défendait certaines valeurs (…) vous êtes vu d’un mauvais oeil par les jeunes qui se livrent aux trafics en tous genres. » (Minute 21 janvier 2015)

    minute-meutre-armenien

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  • Marine Le Pen envoie du lourd dans « Der Spiegel »

    Dans un entretien au quotidien Allemand Der Spiegel Marine Le Pen a dit quelques vérités sur l’Allemagne mais aussi sur l’UE et la crise Ukrainienne.

    Je ne suis pas un propagandiste du Front National et reste très sceptique sur la sincérité de son programme politique comme sur les orientations idéologiques de sa base militante et électorale, mais lorsque des paroles vraies sont prononcées il faut le souligner.

    Madame Le Pen a ainsi le courage de dire certaines choses, courage qui fait malheureusement défaut aux deux partis de gouvernement PS et UMP. Elle a ainsi remis l’Allemagne à sa place en affirmant dans son entretien au Spiegel que la politique économique Allemande était « nuisible pour tous les autres pays », ce que tout le monde admet depuis plusieurs années,y compris le FMI, à savoir que les excédents commerciaux Allemands fondés sur la compression de la demande interne et la déflation salariale, nuisent à l’ensemble de l’économie européenne et creusent les déficits commerciaux de ses partenaires.

    La présidente du Front National a également souligné que les politiques d’austérité imposées par l’Allemagne et son orthodoxie budgétaire, allaient « conduire à l’explosion de l’Union Européenne. »

    Enfin, il faut souligner la prise de position courageuse sur la crise Ukrainienne qui va à contre courant de la pensée unique médiatique et du bloc impérialiste américain. Marine Le Pen a ainsi affirmé avec justesse que l’Europe était « responsable de la crise en Ukraine », se démarquant de toute la propagande de l’OTAN, mais aussi que :

    L’Europe marche à la houlette des Etats-Unis en présentant la Russie sous un faux jour

    Elle a également appelé l’Europe à « se forger sa propre opinion au lieu de voir le monde avec les yeux des Etats-Unis », qui ne cherchent qu’à  « élargir leur sphère d’influence dans le monde, surtout en Europe ; ils défendent leurs intérêts à eux et pas les nôtres. »

    Ah, si seulement Madame Le Pen pouvait prêter sa paire de c….. à la serpillère qui nous sert de président…

    http://lesmoutonsenrages.fr/2014/06/02/marine-le-pen-envoie-du-lourd-dans-der-spiegel/

  • Que reste-t-il de l’UMP ?

    Il y a un décalage spectaculaire entre la configuration du personnel dirigeant de l’UMP et les préférences d’électeurs bien décidés à ne tenir aucun compte des consignes de vote.

    Huit jours après le deuxième tour de l’élection législative du Doubs, tout se passe comme si les médias, qui ont de fait d’autres chats à fouetter, et les états-majors des deux formations qui alternent depuis plus d’un demi-siècle au gouvernement, en avaient, si je puis dire, pris leur parti. En réalité, à cinq semaines des élections départementales, les uns et les autres ont fait leur la célèbre formule de Gambetta à propos de l’Alsace-Lorraine : y penser toujours, n’en parler jamais. En réalité, ils en sont tout simplement obsédés, voire paniqués, tant les résultats de cette consultation locale, qui confirme les précédents scrutins du même type et l’évolution de l’opinion, ont de quoi les préoccuper et sont gros de conséquences, en particulier pour le second parti d’opposition, ex-premier, qu’est apparemment devenu l’UMP.

    Une première leçon de cette partielle, du reste attendue, est la confirmation de la droitisation de l’électorat français. Mais à l’intérieur de cette tendance lourde, une deuxième leçon se dégage, et c’est la droitisation de l’électorat UMP, telle que la met en évidence une analyse fine des glissements constatés entre le premier et le second tour.

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  • La vacuité de ces «valeurs de la République»

    François-Xavier Bellamy, maire adjoint de Versailles (sans étiquette), ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de philosophie, enseigne en classe préparatoire. Il écrit dans Le Figarovox :

    "L'élection législative partielle du Doubs aura-t-elle joué le rôle d'une répétition générale, deux ans avant le rendez-vous de 2017 ? Il est encore trop tôt pour le dire, bien sûr. Mais une chose est déjà certaine: si la droite veut jouer un rôle dans ce rendez-vous, il faudra d'abord qu'elle soit capable de parler à ceux qui veulent encore espérer. Et rien n'est moins acquis aujourd'hui. Il faudra que la droite soit capable de nommer vraiment les problèmes que notre pays rencontre, de les désigner par leur nom, avant même de proposer un catalogue de solutions. Il faudra qu'elle soit capable, surtout, de parler de notre pays, car c'est sans doute l'urgence première.

    Qu'est-ce que la France? À cette question, la gauche répond par le vide, la vacuité de ces «valeurs de la République» dont on ne sait ni d'où elles proviennent, ni sur quoi elles se fondent, ni qui a le droit d'en établir la liste exhaustive pour y «former» les citoyens de demain. Une liberté d'expression vidée de toute signification, et dont chaque jour permet de mesurer les évidentes asymétries. Une laïcité superstitieuse, plus proche de la pensée magique que d'un principe raisonnable de vie commune. L'incantation de l'unité nationale, brandie de manière coercitive par ceux qui depuis des années ont transformé en progrès tous les caprices solitaires d'un individualisme inconséquent. Que fonder encore sur des «valeurs» qui sonnent si creux et depuis si longtemps?"

    Michel Janva

  • Pessac (Gironde) : Le maire UMP a-t-il promis une mosquée à des intégristes ?

    Nous avions déjà évoqué en avril 2014 la nouvelle mosquée (156 avenue Jean Jaurès) gérée par le Rassemblement des Musulmans de Pessac (présidé par Abdourahmane Ridouane) et qui a pour imam Mohamed Barry (photo).

    Nos confrères de WIT FM ont mené l’enquête sur les relations troubles qu’entretiendrait le maire UMP de Pessac (Franck Raynal) avec des musulmans intégristes « ll y a quelques jours, nous avons été alertés par des élus, des représentants de l’Autorité sur une promesse de campagne municipale qui aux vues des récents évènements peuvent prendre une tournure inquiétante… ça ne se passe pas en Seine Saint Denis, ni à Genevilliers… ça se passe ici, chez nous… à Pessac !».

    Selon les journalistes, le candidat UMP (devenu maire depuis) se serait « engagé auprès d’associations musulmanes pour leur octroyer un site sur lequel elles pourront y construire un lieu de culte ». La démarche de Franck Raynal aurait été faite afin de « gagner quelques votes ». Mais selon WIT FM, parmi ses associations musulmanes, il y aurait « des salafistes ».

    mohamed-barryPar ailleurs, selon le conseiller municipal socialiste Charles Zaiter, l’imam Mohamed Barry (ci-contre) prêche « des choses pas très républicaines », notamment que « les hommes qui n’obligent pas leurs femmes à porter le hidjab iront en enfer ».

     

    franck-raynalFondé en juillet 2013, le Rassemblement des Musulmans de Pessac a pour objet de «favoriser l’expression d’un islam tolérant qui s’inscrit dans les lois de la République » !

    Franck Raynal (ci-contre) a réagi ce soir par l’intermédiaire d’un communiqué de presse : « Le reportage sur WitFm diffusé aujourd’hui présente la mosquée des échoppes comme un repère de salafistes qui feraient pression sur moi depuis les élections. C’est faux, mensonger et diffamatoire (…) Les échoppes abritent une mosquée qui a condamné sans aucune hésitation ni ambiguïté les attentats du 07 janvier dernier. Les 2 associations musulmanes de Pessac sont parfaitement satisfaites de la laïcité qui sera appliquée à Pessac ».

    http://fr.novopress.info/182491/pessac-gironde-maire-ump-t-il-promis-mosquee-integristes/

  • Une nécessaire métanoïa

    Il faut hélas souvent des événements violents et dramatiques pour ouvrir les yeux de nos contemporains, pour que s’exerce une sorte de catharsis collective. On l’avait observé aux États-Unis après le 11 septembre 2001, on le voit en France après le 7 janvier.

    L’intensité de cette violence libère soudainement la parole et les esprits, tant il est difficile en pareille circonstance de nier la réalité la plus élémentaire. Une bonne partie de nos politiques et des grands médias ont beau répéter en chœur « pas d’amalgame, cela n’a rien à voir avec l’islam », les Français ne sont pas dupes ; ils ont pu au demeurant avoir accès à suffisamment d’analyses remarquables, provenant de personnes raisonnables de tous bords, pour comprendre l’évidence : l’islamisme assassin est l’un des visages de l’islam. Il est bien évident qu’il n’est pas tout l’islam, sans doute en est-il même une minorité, mais enfin il vient et se recommande de l’islam. Et ceux qui affirment que les islamistes ne sont pas de vrais musulmans sont bien en peine de prouver en quoi ils trahiraient le Coran, puisque le livre saint de l’islam contient bel et bien nombre de sourates appelant à la violence et même à la mort des non-musulmans. Et le prophète Mahomet, le « bel exemple » selon le Coran, n’a-t-il pas lui-même approuvé l’assassinat, notamment de poètes qui s’étaient moqués de lui ? Comment dès lors s’étonner que certains de ses fidèles l’imitent ?

    Si un tel crime n’était qu’un acte isolé, exceptionnel, on pourrait arguer que « cela n’a rien à voir avec l’islam ». Mais précisément, cela n’a rien d’un acte isolé, partout dans le monde les islamistes assassinent au nom du Coran les non-musulmans et leurs frères jugés trop tièdes. En Irak et en Syrie, ce sont des milliers de morts depuis des mois, de même au Nigeria où, en plus, les femmes et les enfants sont enlevés et réduits en esclavage ; et que dire de pays « alliés » comme le Pakistan où un couple chrétien a été brûlé vif et où Asia Bibi a été condamnée à mort pour « blasphème », sans parler de l’Arabie Saoudite qui est l’un des pays les plus obscurantistes de la planète ! Faut-il rappeler que dans tous les États où l’islam est majoritaire, il n’existe pas de liberté religieuse et les chrétiens y sont au mieux tolérés, le plus souvent persécutés ?

    Il y a donc bien un vrai problème dans l’islam – corroboré, s’il en était besoin, par le fait que des musulmans se sont réjouis du 7 janvier via les réseaux sociaux ou qu’il a été impossible d’imposer une minute de silence en hommage aux victimes dans les écoles de banlieues « chaudes » – et le nier par la langue de bois n’aidera certainement pas les musulmans – notamment l’immense majorité de ceux qui, en France, n’aspirent qu’à la paix – à procéder à leur nécessaire métanoïa, à un examen de conscience qui conduise à se remettre en cause et permette ainsi une réinterprétation du Coran – c’est-à-dire de rouvrir les portes de l’itjihad closes depuis le Xe siècle. Tant qu’un tel travail ne sera pas réalisé, l’islamisme, avec son cortège de violence, demeurera une des réalités de l’islam. [....]

    Christophe Geffroy

    La suite dans La Nef

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Une-necessaire-metanoia

  • CEDH : l'acceptation de la GPA conduit à celle des «usines à bébés» et de la «GPA-GAY»

    Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du European Centre for Law and Justice, écrit dans Le Figarovox :

    "En juin dernier, la Cour a condamné la France dans les affaires Mennesson et Labassée, puis elle se prononça sur une affaire contre la Belgique en septembre, et condamna l'Italie fin janvier. Enfin, dès le 3 février, la Cour a rendu publique sa décision de juger trois nouvelles affaires de GPA contre la France.

    Avec les arrêts Mennesson et Labassée, la Cour a posé le principe de l'acceptation de la GPA à l'occasion d'affaires mettant en cause des couples hétérosexuels mariés ayant un lien génétique avec l'enfant conçu aux USA. Sur cette base, dans l'arrêt Paradiso et Campanelli, la Cour est allée plus loin en jugeant que l'Italie a violé le droit à la vie familiale d'un couple (dont la femme avait 55 ans) en leur retirant un enfant avec lequel ils n'avaient aucun lien génétique, produit sur commande et payé 49.000€ à une société moscovite spécialisée en GPA. En jugeant ainsi, la Cour a non seulement accepté une nouvelle fois la GPA, mais aussi entériné la production sur commande et la vente d'un enfant. Parce que cette production-vente d'enfant sans lien génétique avec les acquéreurs n'est en définitive qu'une forme particulière de GPA, l'acceptation de la GPA conduit nécessairement à celle de la vente d'enfant.

    Les trois nouvelles affaires concernent un couple vivant à Dubaï et ayant obtenu un enfant en Ukraine et deux hommes ayant chacun conçu des enfants par GPA en Inde avec des mères porteuses qui se présentent aussi comme les véritables mères biologiques. L'un d'eux reconnaît avoir versé 100.000 roupies à la mère (environ 1.300€, trois ans de salaire d'une ouvrière) et 60.000 roupies à l'hôpital. C'est une «GPA low-cost». L'autre requérant est pacsé avec un homme ayant aussi obtenu des jumeaux en Inde. Ce sera la première affaire de «GPA-GAY» traitée par la Cour, mais elle se refusera à tenir compte de cette circonstance au nom du principe de non-discrimination. Ainsi, l'acceptation de la GPA conduit aussi à celle des «usines à bébés» et de la «GPA-GAY».

    Au fil de ces affaires, c'est la même logique qui s'impose: la déshumanisation de la procréation rend possible, pour tous, l'obtention d'un enfant et la constitution de «familles» que la Cour s'empresse de protéger contre les lois qui s'opposent à la marchandisation des personnes. L'intérêt des enfants et la dignité des jeunes femmes «porteuses» sont sacrifiés.

    C'est un engrenage qui étend la libéralisation de la GPA suivant un «rythme imposé par notre Cour» comme l'a reconnu Dean Spielmann, le Président de la Cour, lors de l'audience solennelle du 30 janvier 2015. Il faut savoir que c'est la Cour qui choisit ses affaires parmi les très nombreuses qui lui sont soumises: elle en rejette 95% sans justification ni examen approfondi, elle est aussi maîtresse du calendrier. [...]"

    La sortie de la CEDH devient une question sérieuse et urgente.

    Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • « La France périphérique / Comment on a sacrifié les classes populaires » de Christophe Guilly.

     « Les effets conjugués de la mondialisation et de la métropolisation des zones urbaines modifient à la fois la répartition territoriale et la société françaises ».

    Les toutes récentes élections du Doubs démontrent concrètement les nouvelles répartitions sociologiques des populations. Pour ne citer qu’André Bercoff, la photographie est limpide : « En France, les métropoles productives qui rassemblent bobos et immigrés votent pour les partis de gouvernement. La périphérie, les villes pavillonnaires, les villages, les campagnes, face au train de la mondialisation et autres Swissgate, qu’ils regardent passer médusés et qui représentent plus de la moitié de la population: paysans, ouvriers, employés, petits commerçants, artisans, retraités etc… se sentent de plus en plus laissés pour compte et ne savent plus dans quel pays ils habitent. » (1)

    Ces élections législatives nous donnent l’occasion de présenter à nouveau le dernier livre du géographe Christophe Guilly, sous la plume de George Feltin-Tracol.
    Polémia

    La rentrée éditoriale 2014 assure à certains livres une belle renommée, de susciter des polémiques et de se vendre bien. Géographe de formation, auteur en 2010 de Fractures françaises qui annonçait la lente fragmentation de l’espace hexagonal, Christophe Guilluy offre son expertise socio-territoriale aux collectivités territoriales. Homme de terrain, il est à mille lieux de l’universitaire qu’il se refuse d’être et avec qui il a le bon sens de décliner tout débat. Cela n’a pas empêché un jury composé de Chantal Delsol, d’Éric Zémour, de l’académicien Jean Clair et des journalistes Bruno de Cessole, Jean Sévilla et François Taillandier, de lui décerner le Prix 2014 des Impertinents (2).

    Plus court que son précédent ouvrage, La France périphérique en confirme et en approfondit les observations récoltées : la France est en train d’éclater parce que « la recomposition économique des grandes villes a entraîné une recomposition sociale de tous les territoires (p. 11) ». Les effets conjugués de la mondialisation et de la métropolisation des zones urbaines modifient à la fois la répartition territoriale et la société françaises. « Branko Milanovic, économiste de la Banque mondiale, montre qu’après vingt ans de globalisation, on assiste à un effondrement des classes moyennes des pays développés (p. 17). » Elles subissent de plein fouet une involution majeure. « En quelques décennies, l’économie des grandes villes s’est spécialisée vers les secteurs économiques les mieux intégrés à l’économie-monde et qui nécessitent le plus souvent l’emploi de personnel très qualifié (pp. 34 – 35) » si bien que « les nouvelles lignes de fracture se creusent d’abord entre des couches supérieures intégrées et des couches populaires (p. 75) ».

    Postures et impostures hexagonales

    En outre, « la mondialisation, fait économique et financier, est aussi une idéologie qui prône un “ individu-mobile ”, lequel ne se réfère plus ni à une classe sociale, ni à un territoire, ni à une histoire (p. 109) ». C’est donc fort logiquement que « dans le contexte de la mondialisation, la mobilité des hommes est perçue comme un fait global, une dynamique qui accompagne la logique libérale de circulation des capitaux et des marchandises (pp. 111 – 112) ». Or cette accessibilité au mouvement ne concerne qu’une minorité favorisée. La majorité se cantonne à une fixation contrainte sans comprendre que « la fin de la mobilité réactive mécaniquement les questions de la relocalisation et du réenracinement (p. 110) ». Un éloignement psychologique s’opère-t-il ? Difficile à dire. Certes, les études confirment qu’« après plusieurs décennies de recomposition des territoires, les catégories populaires vivent désormais sur les territoires les plus éloignés des zones d’emplois les plus actives et où le maillage en transports publics est le plus faible (p. 121) ». Les ménages populaires doivent par conséquent posséder deux véhicules et subir la hausse fiscale du prix des carburants, le flicage routier permanent et la perte de temps considérable dans les embouteillages, ce dont se moquent les bobos urbains à vélo, en rollers ou en trottinette. La faible mobilité des populations reléguées en périphérie s’accentue aussi en raison de l’impossibilité de vendre leurs biens immobiliers guère attractifs pour s’installer ensuite dans des zones urbaines prospères au loyer élevé. Christophe Guilluy remarque que « cette fracture territoriale dessine la confrontation à venir entre mobile et sédentaire. C’est cette France de la sédentarisation contrainte qui portera demain le modèle économique et politique alternatif (pp. 126 – 127) ».

    Cette fragmentation réelle est occultée par des discours « républicains » illusoires. « La posture républicaine ne doit en effet pas tromper, la réalité est que nos classes dirigeantes sont pour l’essentiel acquises au modèle multiculturel et mondialisé (p. 9). » En outre,  circonstance aggravante, « le nez collé aux banlieues, les classes dirigeantes n’ont pas vu que les nouvelles radicalités sociales et politiques ne viendraient pas des métropoles mondialisées, vitrines rassurantes de la mondialisation heureuse, mais de la “ France périphérique ”. Des territoires ruraux aux petites villes et des villes moyennes jusqu’aux DOM-TOM, ces territoires ont en commun d’être à l’écart des zones d’emplois les plus actives, des sites qui comptent dans la mondialisation (p. 13) ». Pourquoi ? Parce que cette « France périphérique » représente au moins 70 % de la population française concentrée dans les espaces ruraux, les petites villes, les villes moyennes et les zones périurbaines. L’auteur ne prétend pas verser dans l’habituelle et désuète dichotomie monde urbain/monde rural. « Nous sommes tous devenus urbains, que nous regardons le même journal télévisé et que nous fréquentons les mêmes grandes surfaces. L’opposition entre ville et campagne, entre urbain, périurbain et rural, ne dit plus rien des nouvelles dynamiques sociales. Les nouvelles fractures françaises ne recouvrent en rien une opposition entre une “ civilisation urbaine ” et une “ civilisation rurale ou campagnarde ”, en réalité la “ société des modes de vie ” s’est affranchie depuis longtemps de ce découpage suranné (p. 23) ».

    Pour l’auteur, la « France périphérique » forme un « espace multiforme qui comprend les agglomérations plus modestes, notamment quelques capitales régionales, et surtout le réseau des villes petites et moyennes. Il comprend aussi l’ensemble des espaces ruraux et les communes multipolarisées (dépendantes en termes d’emploi de plusieurs pôles urbains) et les secteurs socialement fragilisés des couronnes périurbaines des 25 premières agglomérations (p. 27) ». Cette France « invisible » commence cependant à se manifester. Pis, elle « gronde (p. 51) », d’où la révolte des Bonnets rouges en Bretagne, la consolidation du vote Front national et le renforcement de l’abstention.

    Christophe Guilluy contourne la vulgate consensuelle. Une féroce réalité impose maintenant sous la République une et indivisible trois France à terme antagonistes :

    — un archipel métropolitain mondialisé peuplé de « bobos » progressistes qui se complaisent dans le libéralisme économique, la société ouverte, le multiculturalisme et les comportements libertaires marchands,

    — un Hexagone maillé de banlieues de l’immigration nichées au cœur de la mondialisation libérale, mais dont les populations arrivantes gardent et célèbrent leurs valeurs traditionnelles,

    — une France périphérique, populaire et déclassée constituée par des Français d’origine européenne relégués en zones rurales ou périurbaines en plein marasme économique.

    Le futur cauchemar des métropoles

    En examinant avec minutie les suffrages du FN depuis 2012, l’auteur démontre la polymorphie de ce vote qui ne recoupe pas ces trois Hexagones potentiellement conflictuels. Le « “ FN du Nord ” [s’inscrit dans] le contexte de la précarisation sociale (p. 63) » perceptible à Hénin-Beaumont, à Hayange et à Villiers-Cotterêts. Le « “ FN du Sud ” [bénéficie des] tensions identitaires (p. 64) », entre autochtones et immigrés, d’où les élections des députés Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse et Gilbert Collard dans le Gard, et des nouveaux sénateurs Stéphane Ravier dans les Bouches-du-Rhône, et David Rachline dans le Var. Quant au très jeune « “ FN de l’Ouest ” [il indique que] la “ France tranquille ” […] bascule (p. 66) ». Cet essor est à corréler avec de nouvelles dynamiques rurales, à savoir l’installation, plus ou moins lointaine, des ensembles urbains de ménages européens qui fuient une « volonté de créer une société multiculturelle dans laquelle “ l’homme nouveau ” ne reconnaîtrait aucune origine (p. 78) ». Il apparaît que, « plus encore que les banlieues, la France périphérique est le cauchemar des classes dirigeantes (p. 14) ».

    En effet, « si les difficultés des banlieues sont réelles, elles sont d’abord liées à l’émergence d’une société multiculturelle et à la gestion des flux migratoires, mais en aucun cas aux retombées d’une économie mondialisée. Mieux, les banlieues sont des parties prenantes de cette économie. Pour l’essentiel situées au cœur des métropoles, elles sont parfaitement adaptées à la nouvelle donne économique et sociétale. Pourtant, depuis vingt ans, médias et politiques confondent la question des tensions culturelles et celles de l’intégration économique et sociale (pp. 13 – 14) ». Il en résulte « des banlieues intégrées et qui produisent des classes moyennes (p. 43) » d’origine immigrée : la « beurgeoisie » ainsi que d’autres heureux bénéficiaires, les commerçants asiatiques. « Miroir des dynamiques économiques et sociales, les métropoles viennent d’ailleurs conforter ce diagnostic. Vitrines de la mondialisation heureuse, ces dernières illustrent à merveille la société ouverte, déterritorialisée, où la mobilité des hommes et des marchandises est source de créations d’emplois, de richesses et de progrès social. Ces territoires produisent désormais l’essentiel des richesses françaises en générant près des deux tiers du PIB mondial. Le modèle “ libéral-mondialisé ” y est à son apogée (p. 8). » Il en découle par conséquent que « la gestion économique et sociale de la “ ville-monde ” passent inéluctablement par une adaptation aux normes économiques et sociales mondialisées, c’est sur ces territoires que l’on assiste à une mutation, voire à un effacement du modèle républicain. Politique de la ville, promotion d’un modèle communautariste, la gestion sociale de la ville-monde passe par une adaptation aux normes anglo-saxonnes. Globalement, et si on met de côté la question des émeutes urbaines, le modèle métropolitain est très efficace, il permet d’adopter en profondeur la société française aux normes du modèle économique et sociétal anglo-saxon et, par là même, d’opérer en douceur la refonte de l’État-providence (pp. 8 – 9) ». Dans ce contexte entièrement mouvant, hautement fluide, guère perçu par les banales certitudes médiatiques, « l’immigration apparaît non pas comme une solution économique pour les plus modestes mais d’abord comme une stratégie économique des catégories moyennes et supérieures qui ne se positionnent plus exclusivement sur un marché de l’emploi local mais international (p. 115) ». Serait-ce les signes avant-coureurs d’une guerre civile à venir ? À rebours de la doxa multiculturaliste (en fait monoculturelle de marché et multiraciste polémogène), Christophe Guilluy explique la fuite des classes populaires hors des métropoles par un refus tangible du conflit ethno-racial.

    Ces stratégies d’évitement se retrouvent dans les métropoles parce que les catégories sociales et/ou privilégiées « sont aussi celles qui ont les moyens de la frontière avec l’autre, celles qui peuvent réaliser des choix résidentiels et scolaires qui leur permettent d’échapper au “ vivre véritablement ensemble ” (p. 138) ». Les populations périphériques ne cachent néanmoins pas leur rancœur envers l’État-providence dont les ultimes forces bénéficient en priorité aux primo-arrivants (les immigrés). Toutefois, elles pensent que « vivre ensemble séparé est aujourd’hui le prix à payer dans une société multiculturelle d’où la question sociale a été évacuée (p. 161) ». En revanche, « les représentations de la société française et du monde sont désormais irréconciliables, le consensus n’est plus envisageable (pp. 76 – 77) », d’autant « les catégories populaires, quelle que soit leur origine, savent que le rapport à l’autre est ambivalent : fraternel mais aussi conflictuel (p. 77) ».

    Vers une géographie politique recomposée.

    Tout autant que géographiques, territoriales et sociologiques, les conséquences de cette séparation « à froid », silencieuse, indolore sont aussi électorales. « Le monde politique est aujourd’hui un champ de ruines (p. 71) ». Fort de ses analyses, Christophe Guilluy estime qu’« un parti = une sociologie + une géographie (p. 78) » au moment où « le champ politique n’est plus le lien du débat et de la confrontation des idées et des projets, mais une caisse de résonance de la rupture entre catégories populaires et, non seulement les élites, mais les catégories supérieures (p. 74) ».

    Perdurent, hélas !, des légendes propagées par la caste journalistique. « Parce qu’ils [UMP et PS] sont les représentants historiques de la classe moyenne (actifs et/ou retraités issus de), les partis de gouvernement ont intérêt à faire vivre le mythe d’une classe moyenne majoritaire (p. 18) » alors qu’« en milieu populaire, la référence gauche – droite n’est plus opérante depuis au moins deux décennies (p. 72) ». Il est exact qu’« ouvriers, employés, femmes et hommes le plus souvent jeunes et actifs partagent désormais le même refus de la mondialisation et de la société multiculturelle (p. 87) ». Va-t-on cependant vers une révolution ? Il n’y croît pas. Mais, sur le terrain, « à bas bruit, une contre-société est en train de naître. Une contre-société qui contredit un modèle mondialisé “ hors sol ”; un meilleur des mondes, sans classes sociales, sans frontières, sans identité et sans conflits (pp. 130 – 131) ». « C’est sur ces territoires, par le bas, que la contre-société se structure en rompant peu à peu avec les représentations politiques et culturelles de la France d’hier (p. 11). » Comme quoi, le projet des B.A.D. (bases autonomes durables) dispose là d’un développement porteur considérable s’il est bien conduit, d’abord hors de toute publicité…

    Cette lente et patiente rupture se répercute sur le plan électoral avec un « FN [qui bénéficie de] la dynamique des nouvelles classes populaires (p. 86) » à l’heure où il devient « inter-classiste » ou « post-classiste ». L’appréciation est à nuancer. Certes, « ce n’est pas le Front national qui est allé chercher les ouvriers, ce sont ces derniers qui ont utilisé le parti frontiste pour contester la mondialisation et s’inquiéter de l’intensification des flux migratoires (p. 79) ». L’auteur validerait-il la thèse du gaucho-lepénisme avancé dès 1995 par le politologue Pascal Perrineau ? Pas tout à fait, même s’il reconnaît « une “ sociologie de gauche ” qui contraint les dirigeants frontistes à abandonner un discours libéral pour défendre l’État-providence (p. 80) », car « les catégories populaires ne croient plus à la bipolarisation et n’adhèrent plus au projet d’une classe politique décrédibilisée par plusieurs décennies d’impuissance (p. 89) ».

    On peut craindre que, dans ces conditions nouvelles, l’actuel programme social du néo-frontisme « mariniste » ne soit qu’un emballage populiste qui, à l’instar de nombreux précédents sud-américains, sera, une fois au pouvoir, renié pour mieux se conformer au Diktat de l’hyper-classe mondialiste et/ou jouir du faste des palais gouvernementaux tout en orchestrant une intense campagne sécuritaire de répression.

    Christophe Guilluy prévoit-il le triomphe prochain du FN ? Nullement parce que « le vieillissement de la population demeure le rempart le plus efficace contre la montée du “ populisme ” (p. 91) ». En effet, « paradoxalement, c’est le vieillissement du corps électoral qui permet de maintenir artificiellement un système politique peu représentatif, les plus de 60 ans étant en effet ceux qui portent massivement leurs suffrages vers les partis de gouvernement (p. 72) ». La gérontocratie, stade suprême de la République hexagonale ? Eh oui ! « le socle électoral de la gauche est ainsi constitué d’une part de gagnants de la mondialisation (classes urbaines métropolitaines) et d’autre part de ceux qui en sont protégés (salariés de la fonction publique et une partie des retraités). De la même manière, l’UMP capte aussi une partie des gagnants de la mondialisation (catégories supérieures et aisées) et ceux qui en sont plus ou moins protégés (les retraités) (p. 80). » L’hétérogénéité des électorats du PS et de l’UMP prépare néanmoins des avenirs différents. Si  « l’UMP [dispose d’]une dynamique démographique favorable (p. 84) », le PS peut disparaître, car c’« est le parti de la classe moyenne (p. 85) ». Par ailleurs, le PS se montre incapable de trancher entre des desseins contradictoires. « Le gauchisme culturel de la gauche bobos se heurte […] à l’attachement, d’ailleurs commun à l’ensemble des catégories populaires (d’origine française ou étrangère), des musulmans aux valeurs traditionnelles. Autrement dit, le projet sociétal de la gauche d’en haut s’oppose en tous points à celui de cet électorat de la gauche d’en bas (pp. 105 – 106). »

    PS et UMP incarnent désormais deux pôles gémellaires autour desquelles s’agencent des majorités électorales momentanées. Il en ressort que « les stratégies électorales de Terra Nova pour le PS et de Patrick Buisson pour l’UMP apparaissent les plus pertinentes pour des partis désormais structurellement minoritaires dans un système tripartiste (p. 95) ». Les institutions de la Ve République s’adapteront-elles à cette nouvelle donne ?

    Christophe Guilluy critique la réforme territoriale Hollande – Valls et s’élève contre la disparition programmée du département. Il conçoit plutôt cette collectivité comme le cadre adéquat d’« une France périphérique sédentaire et populaire (p. 121) ». On se surprend de lire en conclusion quelques allusions à une version atténuée de décroissance qui est en fait du localisme édulcoré. En tout cas, il est patent que « la question d’un modèle de développement économique alternatif sur ces territoires est désormais posée (p. 164) ». Cette contre-société en gestation partiellement dissidente et séparatiste évitera-t-elle tout antagonisme ? « Le risque est réel de voir les radicalités sociales et politiques se multiplier et le conflit monter vers une forme de “ guerre à basse tension ” (p. 179). » Et si la révolution de demain se lovait dès maintenant en périphérie des métropoles ?

    George Feltin-Tracol, 11/02/2015

    Notes :

    (1) Le Figaro
    (2) Christophe Guilluy, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, Flammarion, Paris, 2014, 187 p., 18 €.

    Source : Synthèse nationale n°38 (janvier – février 2015)

    Voir aussi :

    « La France périphérique / Comment on a sacrifié les classes populaires 1/2» de Christophe Guilluy (1/2), par Frank Ferrand
    « La France périphérique / Comment on a sacrifié les classes populaires 2/2» de Christophe Guilluy (2/2), par Pascale Nivelle et Jonathan Bouchet-Petersen

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