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France et politique française - Page 3939

  • Une mélancolie à consommer sans modération par Patrick JANSEN

    Les plus attentifs d’entre nous avaient remarqué Éric Zemmour dès ses débuts au Quotidien de Paris puis surtout à Infomatin, vers 1994. Dans ce journal hélas éphémère et qui se voulait de gauche, il était surprenant et agréable de voir un journaliste encore jeune chercher à comprendre pourquoi le Front nationalatteignait alors son apogée, au lieu de se livrer à l’obligatoire exercice de diabolisation imposé par la profession.

     

    Zemmour a fait du chemin depuis. Son entrée au Figaro, ce temple du conformisme bourgeois et de la trahison institutionnalisée du peuple français, nous laissa, bien sûr, craindre le pire. Mais dans le même temps il nous donnait des biographies sans complaisance des frères ennemis de la Droite institutionnelle, un Balladur dont le titre valérien soulignait l’immobilisme louis-philippard et surtout un, ou plutôt deux, Chirac, puisque L’Autre révélait sous forme de roman à clés tout ce qu’une narration officielle, L’Homme qui ne s’aimait pas, comportait de nécessairement lacunaire.

     

    Au fil des ans et des livres, les prises de position véhémentes d’Éric Zemmour contre la judiciarisation de notre société, certains abus journalistiques, le féminisme imbécile (pardon pour le pléonasme) ou encore le ridicule odieux du militantisme homosexuel achevaient de nous le rendre fort sympathique, d’autant que l’homme ne manquait pas de courage en donnant à Réfléchir & Agir un long entretien.

     

    Nous sommes donc sans doute assez nombreux à voir dans sa montée en puissance médiatique un signe d’espérance, à écouter sa chronique journalière sur R.T.L. à 7 h 15, à attendre avec impatience « Ça se dispute » en fin de semaine sur I-Télé ou encore, chaque samedi soir, « On n’est pas couchés », sur France 2.

     

    Mais on attendait de sa plume un ouvrage d’envergure. Avec Mélancolie française, le moins qu’on puisse dire, c’est que le pari est pleinement réussi. Rien ou presque, n’est inutile ni même superficiel dans les 250 pages de cet essai qui se veut autant une méditation sur l’histoire de France qu’une interrogation sur l’identité française et qu’une réflexion prospective angoissée sur l’avenir de notre pays.

     

    Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les gardiens autoproclamés de telle ou telle « Mémoire », l’histoire n’est pas le lieu d’une distribution de bons points ni celui des repentances. Elle est, dans sa dimension essentiellement tragique, le lieu d’accomplissement du destin des peuples. Mélancolie française est au premier chef une déclaration d’amour au peuple français auquel Zemmour appartient.

     

    Le livre entier montre que Zemmour a fait sienne la phrase admirable de Napoléon, son personnage historique français à juste titre préféré : « J’assume tout de l’histoire de France, de Clovis au Comité de Salut Public ». Les constantes de l’histoire de France, Zemmour les analyse dans une perspective géopolitique de long terme : l’hostilité à l’Angleterre (et, pour les mêmes raisons aux États-Unis) ne repose pas sur le désir de venger Jeanne d’Arc, Napoléon ou Fachoda mais sur l’antagonisme structurel qui oppose nécessairement et pour toujours une puissance thalassocratique comme l’Angleterre aux puissances du continent. Si Zemmour cite nommément Ratzel, il a manifestement tout aussi bien lu les géopoliticiens anglo-saxons, les amiraux Mahan et Mackinder ou encore Spykman dont le cauchemar fut précisément l’unification du continent, cet « axe » Paris – Berlin – Moscou, seul salut potentiel de notre civilisation européenne, un court moment esquissé par Jacques Chirac en 2003 et que l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel a hélas remis à plus tard.

     

    Rien de « passéiste » donc dans l’approche de Zemmour, quel que soit son goût pour le passé. On aimerait tout citer de ses analyses, par exemple le caractère fondamentalement mortifère du capitalisme libre-échangiste (« le libre-échange, c’est la guerre (p. 76) ») ou encore la dénonciation de la religion des « Droits de l’Homme », celle qui a remplacé le christianisme pour le plus grand malheur des peuples dans un néo-colonialisme d’une abjection et d’une hypocrisie totales.

     

    Parmi les pages les plus originales, figurent celles que Zemmour consacre au Maréchal Pétain (chapitre 5, pp. 109 à 138). « Question sacrilège », avoue-t-il lui-même ! Loin d’en vouloir au Pétain de 1940, c’est à celui de 1917 que notre auteur réserve ses flèches pour avoir admis et même espéré l’arrivée de l’Amérique et de ses « boys » comme arbitre d’une guerre jusque-là européenne. En un mot, Pétain fut traître à l’Europe en 17 et non à la France en 40. Bravo ! Il fallait oser l’écrire.

     

    Je ne sais comment un jeune Français de moins de 20 ans découvrant la politique ou la métapolitique peut réagir devant un tel livre. Éric Zemmour a aujourd’hui légèrement dépassé la cinquantaine. Ceux qui appartiennent à sa classe d’âge et qui, comme lui, réfléchissent avec amour sur notre passé français et européen ne peuvent, eux, que partager l’intense mélancolie que diffuse son livre. C’est sans doute la seule critique de fond qu’on puisse lui adresser : il faut réfléchir pour agir et non pour s’attrister.

     

    Le spectacle qui nous entoure est pourtant souvent angoissant, coincés que nous sommes entre des « élites mondialisées parlant, [et] pensant en anglais et [un] lumpenprolétariat islamisé (p. 246) ». Contrairement à Éric Zemmour qui semble mettre ces menaces sur un pied d’égalité, on peut toutefois penser que la première est infiniment plus dangereuse que la seconde.

     

    Patrick Jansen

     

    • Éric Zemmour, Mélancolie française, Paris, Fayard – Denoël, 2010,  17 €.

     

    • D’abord paru dans Réfléchir & Agir, n° 35, été 2010, p. 57.

    http://www.europemaxima.com/?p=4166

  • L'hypertrophie et l'opacité de l'Etat

    Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques» (IFRAP). Elle dénonce au Figarovox l'opacité de l'Etat et la complexité du système...:

    "je n'imaginais pas, en commençant mes recherches, que personne ne connaissait le nombre de taxe, impôts et cotisations sociales qui pèsent sur les ménages et les entreprises en France. A priori, ma première estimation tournait autour 170 taxes et impôts… et finalement, jours après jours la liste s'est allongée pour atteindre 360 ! A l'étranger le nombre d'impôts et taxes tourne autour d'une centaine… Idem pour la liste des primes des agents de l'Etat, je pensais la trouver en trois clics sur Internet. Finalement pour avoir le Livre Blanc de l'Office national de paie, qui est le seul document exhaustif sur les primes de l'Etat, il a fallu que j'aille chercher une clé USB en catimini avec le risque que la personne qui m'aidait soit inquiétée si cela se savait. En quoi le sujet des primes de l'Etat est-il un sujet si important pour que la liste ne soit pas publique ? Certainement car, en un seul coup d'œil quand on a les 4 000 pages imprimées sur son bureau, on comprend que le système ne peut continuer à être géré comme cela ! On comprend aussi immédiatement comment on a perdu 290 millions d'euros après 6 ans de travaux infructueux puisque que le projet de logiciel de paie ne pouvait pas fonctionner et. Personne n'a dû oser dire qu'il fallait, avant de développer un logiciel, réduire le nombre de primes et appliquer les mêmes dans tous les ministères… [...]

    Ce qui étonne, c'est surtout le mutisme des organisations publiques quand nous les questionnons. Les chiffres que nous demandons sont toujours indisponibles. Pour se procurer les bilans sociaux des départements par exemple, il a fallu passer, en plus d'un premier email de demande, une centaine d'appels téléphonique et une cinquantaine de relances par email. Tout cela pour des documents qui devraient être en ligne, accessible à tous les citoyens. Aussi, quand nous osons demander les comptes annuels des caisses primaires d'assurance maladie ou des caisses d'allocations familiales, c'est encore plus problématique. Nous n'avons réussi, sur une centaine, à en obtenir un peu plus d'une dizaine et là, l'accueil est souvent glacial avec la question qui revient systématiquement : « de quel droit demandez-vous nos comptes ?». Nous avons souvent l'impression que les organisations publiques ont oublié qu'elles travaillent pour la collectivité avec des deniers prélevés sur le travail de chacun d'entre nous.

    Certains vous reprochent d'avoir une approche idéologique «ultra-libérale». De vouloir faire subir une violente purge à la France. Est-ce un livre idéologique ? Que vous inspirent ces critiques?

    « On va dans le mur… » n'est pas un ouvrage idéologique mais une tentative pour réveiller nos élus, nos responsables publics et l'opinion publique et leur donner envie de prendre à bras le corps les maux qui plombent notre économie. Ce livre est basé sur des chiffres factuels qui bloquent la création d'entreprises, l'innovation, la création d'emplois et donc l'ascenseur social.Dans tout pays moderne, les services publics et l'impôt sont nécessaires. Il convient juste de ne pas oublier que pour mettre en commun et redistribuer, la première étape est de produire et qu'un bon système bien géré est préférable à un système qui génère du déficit et du chômage. Ceux qui réorganiseront la France ne le feront pas pour faire plaisir à Bruxelles ou à nos créanciers, ils le feront pour éviter à leurs enfants le déclassement de la France. Cela n'a rien d'idéologique."

    Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Manuel Valls, les intellectuels et l'inculture triomphante

    Plus de trente ans après Max Gallo, Manuel Valls se plaint du silence des intellectuels. Pour Vincent Trémolet de Villers les politiques ne les lisent pas et les utilisent comme des outils de communication.
    On ne devrait jamais imiter Mitterrand. François Hollande n'est pas Tonton et Manuel Valls n'est pas Max Gallo. En 1983, l'historien, alors porte-parole du gouvernement, publiait à la fin du mois de juillet une tribune de très bonne facture dans Le Monde: «Les intellectuels, la politique et la modernité.» Il y déplorait l'abandon par la gauche de la bataille des idées et le silence des penseurs et des philosophes retirés «sur l'Aventin». Le 5 mars dernier, Manuel Valls lançait à son tour «Où sont les intellectuels? Où sont les grandes consciences de ce pays, les hommes, les femmes de culture qui doivent monter eux aussi au créneau? Où est la gauche?» C'est le même qui, pourtant, rejetait dans les rayons de l'enfer un essayiste, un romancier et un philosophe dont les œuvres cristallisent une large partie des angoisses contemporaines et qui à eux trois vendent des centaines de milliers de livres. Le Suicide français, d'Éric Zemmour, selon Manuel Valls, ne méritait pas d'être lu. La France ça n'est pas «celle de Houellebecq» a-t-il affirmé. Enfin, il s'est embrouillé dans ses fiches, sur Europe 1, en estampillant, malgré lui, Bernard-Henri Lévy comme penseur officiel du régime et en tatouant sur le bras de Michel Onfray le signe infâmant de l'extrême droite. 
    Si l'on comprend bien le premier ministre, le silence des intellectuels est révoltant quand ils sont issus de la gauche morale mais impératif quand ils ont emprunté d'autres chemins. Pour savoir qui doit parler et qui doit se taire, s'adresser à l'hôtel Matignon. Cette approche enfantine illustre la place qu'ont véritablement les intellectuels dans l'esprit du gouvernement (et disons-le de la plus grande part de la droite): des pions noirs ou blancs que des communicants, plus ou moins incultes, placent sur le damier. L'ouvrage de François Bazin,Les Ombres d'un président (Plon),détaille avec cruauté cette paresse et cette indifférence chez François Hollande.
    La littérature et la vie de l'esprit établissent pourtant des liens indestructibles entre l'homme public et la population. Plus encore que la séance du marché le samedi matin, la lecture de Balzac expose toutes les nuances de l'âme humaine et de l'ambition, celle de Proust des vanités sociales et des intermittences du cœur. Les Particules élémentaires ou Soumission offrent un tableau de la classe moyenne que les sociologues mettront dix ans à établir dans leurs rapports. Mais ceux qui nous gouvernent ou souhaiteraient le faire considèrent le livre comme un meuble. L'ornement secondaire d'une ambition accomplie. Le chef de l'État assume son ignorance et se fait prendre en photo, sourire ravi, avec L'Histoire de France pour les Nuls. Manuel Valls ne sait pas qui est Hélie de Saint Marc, Fleur Pellerin se fout de Modiano, Frédéric Lefebvre confond Zadig et Voltaire, Nicolas Sarkozy s'est longtemps demandé à quoi pouvait bien servir La Princesse de Clèves.
    Les journalistes, reconnaissons-le, ne sont pas en reste. Ils classent eux aussi les auteurs chez les blancs ou chez les noirs sans même prendre la peine d'ouvrir leur livre. Christophe Guilluy, géographe de gauche qui ne cesse d'essai en essai d'établir les causes de la dérive identitaire, est qualifié de «pousse» de la droite la plus réactionnaire. L'auteur de L'Insécurité culturelle, Laurent Bouvet, alerte la gauche sur ses impensés: il est renvoyé sur l'autre rive parce qu'il a osé évoquer la crise de l'intégration. L'œuvre d'Alain Finkielkraut, maître de l'inquiétude et de la nuance, est réduite au rang de tract pour le Front national. Leurs noms remplissent les listes noires. Contre eux, le lexique olfactif, «rance», «moisi», est exploité jusqu'à la nausée. Tous sont coupables du même crime: plutôt que de peindre une surréalité heureuse, ils livrent par fragments les peurs et les espérances de l'inconscient collectif. En un mot, ils appellent un chat, un chat. Ce que les sondeurs voient venir, à la veille des élections déparmentales, ils l'annoncent et le déplorent depuis des années. Ils ne se sont pas contentés de publier des essais et d'attendre «sur l'Aventin». Ils supportent les ricanements, les couleurs criardes des studios de télévision, les comiques pas drôles, les critiques jaloux. En vain. Certes, les politiques les reçoivent, les écoutent, les raccompagnent, leur tapotent l'épaule, mais l'idée ne leur est pas encore venue de jeter un œil sur leurs livres. Pas le temps: le rappeur Joey Starr, fondateur de l'inoubliable Nique ta mère, vient dîner à l'Élysée.

    Vincent Tremolet de Villers

    Vincent Tremolet de Villers est rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et du FigaroVox

    Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/d_france/EukyAFVFVESsAQfdJR.shtml

  • Revirement américain sur la Syrie : le gouvernement Français en porte-à-faux

     « Il faudra négocier » a déclaré le secrétaire d’Etat John Kerry. Sur CBS il évoquait une transition politique en Syrie, qui est entrée ce 15 mars dans sa cinquième année d’une guerre sanglante. Le directeur de la CIA, John Brennan, avait déjà admis que les Etats-Unis ne voulaient pas d’un effondrement de l’Etat syrien, qui laisserait le champ libre à l’Etat islamique.

    Ce ballon d’essai déplait à notre Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, aligné sur la diplomatie israélienne :
    « Toute […] solution qui remettrait en selle M. Bachar Al‑Assad serait un cadeau absolument scandaleux, gigantesque aux terroristes de Daesh », a‑t‑il indiqué.

    Comment a‑t‑on réagi sur le terrain ?

    L’archevêque syriaque catholique d’Hassaké, Mgr Hindo, a déclaré : « C’est une option qui aurait dû être prise depuis déjà longtemps, c’est un choix obligé si l’on veut réellement chercher une issue à cette tragédie commencée voici quatre ans. Une proposition concrète de négociation doit être faite rapidement ».

    http://fr.novopress.info/184386/revirement-americain-syrie-gouvernement-francais-en-porte-faux/

  • Charlie Hebdo : les crabes s’étripent autour du magot

    Les révolutions commencent dans le tragique et finissent dans le grotesque. Charlie Hebdo se fait hara-kiri. Sa disparition est programmée. Tant mieux.

    Trente millions d’euros de galette, pour un journal moribond qui tirait à 30.000 exemplaires, vous pensez, ça tourne la tête à nos post-soixante-huitards. Le Charlie Hebdo nouvelle cuvée a beau être du réchauffé, ils s’en foutent : ils sont assis sur un gros magot que les benêts de donateurs et de nouveaux abonnés leur ont apporté. 

    Mais la cagnotte fait des envieux. Car si les actionnaires ont gagné le gros lot (les parents de Charb décédé, pour 40 %, Riss qui a survécu à la tuerie, 40 %, et le directeur général, 20 %), c’est macache pour les salariés. Alors, ils ont décidé de réclamer leur part du gâteau, pardon, de s’organiser en « collectif pour ouvrir des négociations sur une répartition égalitaire du capital ». À leur tête, notre urgentiste de choc, Patrick Pelloux, qui paraît savoir compter, en plus que de communiquer, les larmoiements en moins.  

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  • Oui, le FN peut gagner en 2017

    Manuel Valls a raison de mettre en garde : la politique française n’est plus un jeu qui se joue à deux et où, à la fin, c’est le PS ou l’UMP qui gagne. Une tribune de Philippe Guibert, ancien directeur du SIG.

     

    La sphère politico-médiatique continue de tourner sur elle-même comme si le FN n’était qu’un mauvais cauchemar et que la politique française demeurait ce jeu qui se joue à deux, et où, à la fin, c’est l’UMP ou le PS qui gagne. Manuel Valls a eu raison de mettre en garde : oui, Marine Le Pen devient une vainqueur possible de la présidentielle 2017.

    Le FN incarne l’alternative, et la seule, dans un moment d’affaiblissement historique de la démocratie française et du clivage gauche-droite. Il est l’expression d’une rupture profonde dans l’allégeance à notre système politique, fondé sur l’alternance gauche/droite, soutenu par les grands médias d’opinion comme par la haute fonction publique. Comme le PCF en son temps, il incarne une véritable contre-société, mais à l’intérieur cette fois d’un pays qui doute profondément de son modèle économique et social comme de sa vie politique, et ce, bien au-delà de l’électorat du FN.

    Là est le danger : un FN qui fait écho à une déception et à une désorientation politiques qui vont bien au-delà des électeurs lepénistes, lesquelles s’expriment pour le moment à travers l’abstention.

    La fin des duels droite/gauche

    La Ve République était parvenue à faire du duel droite/gauche le cadre démocratique privilégié de notre vie politique. Cette période s’achève.

    Les élections départementales, avant les régionales, vont constituer une étape supplémentaire dans la déstructuration de ce clivage.

    Au premier tour, tout d’abord, où en pourcentage des exprimés, le FN risque de progresser par rapport aux européennes (24,9%), pour obtenir le résultat le plus élevé de son histoire. L’alliance entre l’UMP et l’UDI peut certes leur permettre d’égaler voire de le dépasser (c’eût été le cas aussi aux européennes, s’ils s’étaient alliés). Il n’empêche, un parti « hors système » qui approcherait des 30%, seul le Parti communiste y était parvenu, dans ses plus belles années d’immédiat après-guerre (28,2% en 1946, lors d’élections législatives).

    Mais ce n’est pas tout : le FN va devenir, de fait, un acteur majeur de second tour, ce qui est nouveau et peut-être plus décisif encore.

    Le changement profond que portent ces départementales, c’est en effet le grand nombre de duels de second tour où le FN sera présent : les duels FN contre UMP ou PS risquent d’être au moins aussi nombreux que les classiques duels gauche/droite. La règle de qualification de 12,5% des inscrits provoquera, le plus souvent, l’élimination des candidats arrivés en troisième position –qui sera rarement celle du FN. Jusqu’à présent, celui-ci a presque toujours été battu en duel, quel que soit son opposant, grâce à un sursaut électoral, notamment des électeurs de gauche, comme on l’a vu dans le Doubs. [....]

    La suite dans Slate.fr

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Oui-le-FN-peut-gagner-en-2017

  • L’Entropie dans l’Histoire (2/4)

    Frédéric Malaval, philosophe, écologiste, essayiste…

    Article II de l’Entropie dans l’Histoire : l’Ecologie au service de l’Histoire

    « Précisons que dans la Ve République, cette approche suscite des réactions hostiles, que ce soit à l’égard de la sociobiologie ou de la thermodynamique du non-équilbre ».

    Rappels d’écologie

    La vision écologiste repose sur l’intégration des différentes manifestations du vivant allant du gène à la planète-terre ; pour le moment. Les catégories intermédiaires sont le génome, l’individu, la population, la communauté, l’écosystème. Au-dessus de ces catégories, on trouve la biosphère, la géosphère, et, pour homo sapiens, dans une approche très réductrice, l’artisphère et la noosphère. Le génome est une association de gènes stables dans le temps s’exprimant à travers un individu, dont la réunion à ses semblables crée une population, qui, associée à d’autres populations, forme une communauté, qui, inscrite dans un substrat géoclimatique, devient un écosytème. Au dessus, …

    Une présentation sommaire de l’écologie ayant été déjà faite dans Polémia, nous invitons le lecteur à relire les articles publiés par le soussigné : « Regard écologique sur le surclassement social et son lien avec l’immigration », « Regard écologique sur la dette souveraine », « Ecoracialisme », « Prophétie », etc.(1)

    En résumé, le fonctionnement de tout ceci repose sur des transferts d’énergie entre différentes entités, mais pas seulement. L’énergie est associée à de la matière et à des informations, l’ensemble étant qualifé de flux néguentropiques. Le physicien Erwin Schrödinger (Nobel 1933), auteur de Qu’est-ce que la vie ? (1944), est un des savants à l’origine de cette notion. Le modèle de référence qui en est issu repose sur l’identification de toute manifestation du vivant à une structure dissipative, notion issue de la thermodynamique du non-équilibre.

    Cherchant à comprendre le moteur de tout ceci, des écologues réunis dans la catégorie des biosociologues considèrent que le gène et son conservatisme motivent toutes les manifestations supragénétiques se réalisant par une dialectique gène-milieu cherchant à réaliser l’optimum énergétique. Ce modèle est ultradominant aujourd’hui ; couplé à une conception de la vie reposant sur la sélection naturelle, non pas conçue comme la victoire du plus fort – ineptie de ses contempteurs – mais du plus adapté. Précisons cependant que dans la VeRépublique, cette approche suscite des réactions hostiles, que ce soit à l’égard de la sociobiologie ou de la thermodynamique du non-équilbre.

    Rappels de thermodynamique

    Parmi les principaux concepts issus des travaux portant sur le rôle de l’entropie dans la structuration des systèmes se sont imposées les notions de branche thermodynamique, d’état stationnaire, d’état marginal, de point de bifurcation, de structure dissipative, etc. Le siège d’un état stationnaire est une structure dissipative. C’est là que s’exercent les forces animant un système en non-équilibre thermodynamique. Pour les spécialistes, une structure dissipative se caractérise par les relations de réciprocité de Lars Onsager (Nobel 1968), où, « en thermodynamique des systèmes hors équilibre, ces relations de réciprocité relient des quantités nommées flux et forces dans le cadre de systèmes hors de l’équilibre global, mais suffisamment proches de celui-ci pour être régis par une certaine forme d’équilibre local » (Wikipedia). Les biologistes dans le sillage de Claude Bernard parlent d’homéostasie. Les thermodynamiciens parlent de situations proches de l’équilibre, bien qu’en non-équilibre thermodynamique toutefois. Il faudrait trouver de nouveaux mots, car cela crée de la confusion…

    Une structure dissipative est un système séparé de son milieu par une limite et dont elle est distinguable. Son existence est conditionnée à la dissipation de flux néguentropiques. Cette dissipation est à l’origine d’une production d’entropie conformément au second principe de la thermodynamique et à l’équation du bilan entropique. L’entropie réversible est rejetée dans le milieu. En revanche, la part irréversible reste dans le système dont elle est une des composantes. La distinguabilité du système à l’égard du milieu est due à sa complexité qui est supérieure. Une distinction est faite entre les structures biotiques et les structures abiotiques, comme un tourbillon, par exemple. Ilya Prigogine s’est souvent appuyé sur les cellules de Bénard pour illustrer sa conception d’un système dissipatif abiotique.

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  • La Manif Pour Tous réveille l'Europe ! Manifestation à Stuttgart ce samedi

    Des milliers de manifestants rassemblés à Stuttgart par Demo Für Alle (traduction allemande de La Manif Pour Tous) contre l’idéologie du gender, la PMA pour les femmes et la GPA, pratiques indignes et intolérables. 

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    Après l’avoir annoncé le 8 mars au Palais Brongniart (Paris) en clôture du Forum International pour l’abolition universelle de la GPA, La Manif Pour Tous a ouvert ce samedi son Tour d’Europe qui va se prolonger pendant plusieurs mois. Objectif : mobiliser les citoyens européens et renforcer les liens avec ses partenaires dans les pays d’Europe pour faire entendre avec force la voix des familles et défendre les droits de l’enfant.

    Prochaine étape dès la semaine prochaine à Helsinki avec le soutien de La Manif Pour Tous Finlande (meeting, rencontre avec les élus…).

    Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, a déclaré :

    Securedownload-13« L'Allemagne et la France, comme beaucoup d'autres pays en Europe et sur les autres continents, sont aujourd'hui confrontés à une idéologie qui remet en cause notre humanité homme/femme et tout ce qu'elle implique, à commencer par la filiation père-mère-enfant.

    Cette idéologie du genre, ou idéologie de l'indifférenciation sexuelle, qui se met en place depuis des années, nous a paru tellement aberrante que nous n'y croyions pas. Pourtant, ce discours qui prétend que les identités sexuelles homme/femme ne sont que des constructions socio-culturelles et qu'il faut les déconstruire, s'installe aujourd'hui à l'école et dans tous les secteurs de la société. Certains cherchent à imposer dans le langage courant « l’identité de genre », comme si elle pouvait remplacer les identités sexuelles.

    Mais, vous le savez, l'identité de genre n'a aucun fondement, ni réel, ni objectif, ni scientifique. Cette construction de toute pièce ne repose que sur du ressenti, du subjectif, de l'impression. Seule l'identité sexuelle est objective, fondé, constructive et, j'allais dire, fondement de paix: en effet, comment les êtres humains pourront-ils vivre demain avec eux-mêmes et avec les autres s'ils ne savent plus qui ils sont, si leur personnalité est déchirée entre le biologique, le psychologique, le social, le culturel... ? Oui, vraiment, savoir qui l'on est et qui sont les autres est essentiel au vivre ensemble, aux relations sociales et à toute la société. Oui, vraiment, l'être humain a besoin d'être en harmonie avec lui-même : l'être humain est nature ET culture, et cette double composante, nature ET culture, doit être cohérence. C'est bien l'objectif de l'éducation : que la fille s'assume pleinement comme femme et le garçon comme homme. D'ailleurs, quand ce n'est pas le cas, on voit bien la souffrance qui en résulte. Pour toutes ces raisons, nous devons empêcher que l'école remette en cause auprès de nos enfants leur identité de garçon et de fille.

    J'ajoute que l'idéologie du genre, qui considère que le fait d'être homme ou femme est sans importance, sans conséquence, est bien-sûr l’origine de toutes ces revendications qui se développent en ce moment : le mariage entre personnes de même sexe, qui conduit à la PMA pour les couples de femmes et à la GPA, cette pratique intolérable et indigne qui asservit la femme et conduit à la marchandisation de l’enfant, à la chosificiation de la personne humaine en la privant délibérément de toute dignité. L'idéologie du genre, en fait, nous emmène vers le transhumanisme.

    En utilisant la technique, en utilisant d'autres personnes - les médecins et les mères porteuses par exemple - ceux qui défendent l'idéologie du genre veulent en réalité transformer notre humanité : ils veulent un humain qui ne soit ni homme ni femme. Ils rêvent d’une procréation qui ne repose que sur la technique. Ils trichent avec la réalité de notre humanité. Plus grave encore, ils trichent avec nous car ils imaginent des êtres humains "hors sol", sans père ou mère, sans filiation, sans repère ! Et ils croient ou veulent nous faire croire que cela ne créera pas de grands manques et de grandes souffrances ! Ces mensonges doivent cesser !

    Mais je voudrais vous annoncer aussi une bonne nouvelle :en nous mobilisant contre cette utopie, en y mettant notre énergie, nous finirons par gagner. En France, vous le savez, nous luttons beaucoup. C'est difficile. Nous avons connu des échecs, mais aussi des victoires : nous avons beaucoup freiné la diffusion de l'idéologie du genre, que nos ministres voulaient inculquer à nos enfants. Ils ont été obligés de de reculer. Certes leur recul n est pas encore suffisant, mais il est bien réel. 

    Il ne faut donc surtout pas se décourager, il faut continuer coûte que coûte. Je sais que vous avez été nombreux à signer une pétition et qu'elle a été rejetée. En France, aussi, nous avons été 700 000 à signer une pétition. Elle avait été rejetée. Mais, un an après, la justice française a annulé la décision de rejet en reconnaissant que notre pétition devait être prise en compte ! En somme, nous sommes confrontés à une utopie. Mais toute utopie a une fin : notre responsabilité, c'est d'accélérer cette fin pour qu'il y ait le moins possible de victimes !

    Ne lâchons rien ! Tous ensemble, unis, et en particulier Allemands et Français, nous qui partageons une histoire commune forte, nous y arriverons !».

    Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html