France et politique française - Page 3940
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TVL: Journal du 16/02/2015
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Les médias occidentaux : marionnettes ou agents inconscients de l’expansion américaine ?
En mars et mai 2014 j’ai été invité à m’exprimer (très brièvement) sur la chaine française LCI, à propos de l’évolution de la situation en Ukraine.
J’ai dit, à l’encontre de tout le mainstream médiatique ambiant de l’époque, que la Russie n’avait aucun intérêt à une partition de l’Ukraine, et les européens non plus. J’ai aussi affirmé que les événements en cours avaient leur source hors d’Europe et plus précisément en Amérique.
Il est vrai que quelques semaines auparavant, la presse russe avait révélé un enregistrementbien embarrassant, repris par le Huffington Post. La secrétaire d’état adjointe (américaine) chargée de l’Europe, Victoria Nuland, et l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt, discutaient de la situation chaotique qui s’installait en Ukraine, et madame Nuland a prononcé une phrase pas très diplomatique: « Que l’UE aille se faire foutre ». Cette phrase résume parfaitement la façon dont Washington manage sa relation avec son allié européen: L’UE n’a pas à donner son avis sur les affaires européennes.
Dès le début de cette crise en Ukraine, les rares commentateurs qui ont accusé Washington de déstabiliser la région se sont fait traiter d’agents russes. On entend bien que le journaliste français de LCI qui m’interroge me présente tout naturellement comme: Le point de vue russe, pour ne pas dire la voix de Moscou, rien que ça! Pourtant je ne représente ni la Russie ni la France, je fais seulement partie des millions d’Européens qui s’inquiètent de voir l’Union Européenne transformée en protectorat américain. Je fais aussi partie de ceux qui, dans de nombreux pays, souhaitent un monde multipolaire.
A ma connaissance du reste, LCI n’a pas relevé que le président Barack Obama, qui n’est pas la voix de Moscou, vient récemment de confirmer ce que je disais, en affirmant que l’administration américaine a clairement arrangé le changement de pouvoir en Ukraine. Il confirme ainsi la responsabilité américaine dans la déstabilisation de la région.
Washington semble du reste être passé à la vitesse supérieure dans la volonté de déclencher un conflit en Europe orientale avec la Russie. Le congrès américain discute en ce moment de l’alourdissement des sanctions contre la Russie, et aussi de la livraison d’armes lourdes à l’armée ukrainienne pour qu’elle poursuive ses opérations dites anti-terroristes, qui ont déjà couté la vie à des milliers de civils dans l’Est de l’Ukraine.
Simple effet de prisme et démonstration de l’odieux double standard américain: Imaginons qu’en Russie, en ce moment, la Douma (le parlement russe) soit en train de discuter de la livraison d’armes à longue portée aux fédéralistes de l’Est de l’Ukraine, pour que ces derniers puissent bombarder Kiev. Est-ce qu’il n’y aurait pas une grande indignation dans la pacifique coalition occidentale et internationale?L’ex-secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen vient d’affirmer il y a quelques jours que les ambitions de Vladimir Poutine vont au-delà de l’Ukraine et qu’il pourrait attaquer un état balte afin de tester la solidarité de l’Occident justifiant ainsi un renforcement historique de l’OTAN à l’est de l’Europe.
Certains analystes américains et certains de leurs collègues européens pensent avoir trouvé une explication à ces comportements supposés qui caractérisent le président russe: Il souffrirait d’autisme, ou plus précisément du syndrome d’Asperger! Très curieusement et alors que c‘est une obscure fonctionnaire du Pentagone qui a fait un rapport dans ce sens il y a plusieurs années, cette information a inondé de façon unilatérale et totalitaire cette semaine la quasi-totalité des médias français sans qu’aucune analyse n’allant pas dans ce sens n’ai la moindre place dans le paysage médiatique.
Cette obsession à vouloir que le président russe ne soit pas quelqu’un de normal est une manifestation de la totale incompréhension de nombre d’acteurs du bloc occidental à accepter l’existence d’un agenda russe qui diffèrent du leur. Ce n’est pas une nouveauté loin de là. Déjà en 1996 des experts militaires américains jugeaient les russes pour la plupart irrécupérables et un fonctionnaire de l’alliance affirmait ne jamais pouvoir s’habituer à Entendre parler russe au QG de l’OTAN. C’est peut être toute cette hystérie qui a finalement contaminé jusqu’à Angela Merkel qui l’année dernière affirmait elle aussi que Vladimir Poutine vivait dans un autre monde.
Tout ça ressemble beaucoup et surtout à une hystérie anti russe dont on doit se demander quels intérêts elle sert.
Qui aujourd’hui pourrait sérieusement imaginer que la Russie ne souhaite ou ait intérêt à attaquer un pays Européen ou un pays de l’Otan? Pourtant, en mars et septembre 2014, j’ai donné deux conférences à Paris, au siège de l’UMP, devant des membres de la droite populaire, et à 6 mois d’intervalle, le même étudiant polonais, (représentant de je ne sais quelle association franco-polonaise) qui s’était assis au même endroit dans la salle, m’a posé la même question: Pensez-vous que la Russie va envahir la Pologne?
On pourrait en rire si ce n’était pas tragique. J’ai posé la question à cet étudiant de savoir qu’est ce qui pouvait lui faire penser ça, il n’a su me répondre. Sans doute vivait-il, et vit-il sans doute encore, dans un autre monde. Un monde défini et modélisé par ce Russia Bashing qui prédomine au sein des soumis médias français.
Et puisque de nombreux médias colportent cette hystérie collective au nom de la liberté d’expression, il ne faudrait pas qu’ils oublient un autre noble aspect de la profession de journaliste qui ne se limite pas à la liberté de publier des caricatures, il y a aussi la recherche de la vérité. Le 17 juillet 2014, l’avion malaisien MH17 a été abattu au dessus de l’Ukraine, 298 personnes ont ainsi été assassinées. Que sont devenues les preuves immédiatement annoncées par les américains qui accusaient la Russie ou les séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine? Pourquoi la commission d’enquête internationale est-elle silencieuse depuis des mois?
On aimerait que des journalistes d’investigation arrêtent le Russia Bashing et, par exemple, s’intéressent à ce dossier en tentant d’apporter des faits et non des émotions.
Alexandre Latsa, Sputnik France, 9/02/2015
Source : fr.sputniknews
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Les contradictions de Manuel Valls
Lu ici :
Manuel Valls affirme vouloir "combattre le discours des Frères Musulmans" mais inaugure leurs mosquées.
Manuel Valls a jugé, lundi 9 février sur Europe 1 : « Il faut combattre le discours des Frères musulmans dans notre pays, il faut combattre les groupes salafistes dans les quartiers ».
Interrogé sur la manière de lutter contre ce discours, Manuel Valls a indiqué qu’il doit être combattu « par la loi, par la police, par les services de renseignement. Beaucoup de choses sont faites », a assuré Manuel Valls.
Gigantesque contradiction, Valls a inauguré la Grande mosquée de Cergy en juillet 2012, qui avait choisi pour premier imâm Tahar Medhi, fervent soutien des Frères Musulmans d'Egypte."
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Manuel Valls parle d'islamo-facisme
Lu ici :
Le Premier ministre utilise pour la première fois le terme "islamo-facisme" après les deux fusillades de Copenhague, réplique apparente des attentats de Paris, et la profanation d'un cimetière juif en Alsace:
"Pour combattre cet islamo-fascisme, puisque c'est ainsi qu'il faut le nommer, l'unité doit être notre force. Il ne faut céder ni à la peur, ni à la division."
N'ayons donc pas peur, comme le demande Manuel Valls, et rappellons, à l'instar d'Aymeric Chauprade qui avait pourtant été critiqué pour ces propos, les alliances naturelles qui se sont établies au XXème siècle entre le pouvoir nazi et l'islam :
"Le nazisme était allié avec l'islam radical. Himmler lui-même avait deux objets fétiches sur son bureau, Mein Kampf et le Coran. Et la mosquée de Munich a été l'un des grands centres de prédication de l'islam radical, a été installée par les nazis"
On peut aussi relire cet article de Véronique Chemla à propos du documentaire diffusé par Arte et intitulé La croix gammée et le turban, La tentation nazie du grand mufti:
"Il s’agit d’une alliance précoce : fin mars 1933, le grand mufti affirme au consul d’Allemagne en Palestine sous mandat britannique que « les musulmans approuvent le nouveau régime. Il souligne la nécessité de combattre l’influence néfaste des juifs dans l’économie et la politique ». Rappelons que le 30 janvier 1933 Adolf Hitler est devenu chancelier d'Allemagne.
Ses affinités avec le nazisme sont profondes, et non pragmatiques, non motivées par un ennemi commun : « l’ennemi nazi de mon ennemi britannique est mon ami ». Elles sont cimentées par l’antisémitisme : dès avril 1933, le grand mufti demande à l’Allemagne « de ne plus envoyer ses Juifs en Palestine ». Il souhaite « bâtir une alliance durable ».
Il déclare :Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité des armes, dans la prééminence du chef, dans l’idéal de l’ordre".
Addendum : un lecteur nous transmet ce lien vers une video d'une manifestation anti-israëlienne ayant eu lieu le 16 novembre 2012 à Tunis. On y voit distinctement un drapeau nazi. Il s'agit sans doute d'un militant d'extrême droite infiltré...
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Le mot terrible de soulagement 3/7
Dans un monde où le citoyen consommateur et contribuable moyen passe quelque 2000 heures par an devant un écran de télévision, qu'il ne troque de plus en plus que pour celui d'une tablette ou d'un téléphone le vu semble valoir le vrai. On nous a donc parlé d'un soi-disant accord de Minsk comme on nous a présenté la très véritable guerre entre Kiev et Moscou : sans jamais nous en souligner les enjeux, sans laisser en débattre sérieusement moins encore. Le pouvoir médiatique veille, les politiciens rampent devant ses oukases. Ils se sont dits tous "Charlie", nous devons donc tous être des Charlots. Chose extraordinaire, du reste, la dépendance de ces moyens de désinformation eux-mêmes vient d'être réaffirmée sans pudeur par le CSA de M. Schrameck. Cette insupportable et coûteuse instance étatiste rappelle aux monopolistes dont elle gère et distille le droit d'émettre, la servitude dorée dans laquelle ils ont été installés. Leur liberté apparente et leur fausse concurrence ne sont là que pour servir d'appât et de trompe l'œil. On le leur a rappelé solennellement ce 12 février : ils doivent, quant au fond, dire tous la même chose, leurs différences n'est qu'une mince couche de mauvais chocolat pour faire avaler la même mauvaise pilule. Or à Minsk, comme à Yalta 70 ans plus tôt, il ne s'est concrétisé aucun véritable accord, plutôt un constat de désaccord et la reconnaissance d'un état approximatif de la ligne de front comme base d'une frontière supposée légitime. La "Déclaration sur l'Europe libérée" du 11 février 1945 se basait sur cette phrase terrible concernant l'Europe orientale : la "libération par l'Armée rouge" de pays comme la Pologne "créait une situation politique nouvelle" et ceci allait permettre de donner à l'occupant soviétique, nullement libérateur d'organiser des élections sur la base de l'éviction de tout ce qui pouvait le gêner. Dans des pays où aucune force politique n'avaient collaboré avec l'occupant précédent, on allait pouvoir ainsi baptiser "collaborateurs" les plus authentiques résistants… Bien sûr les conditions de l'accord de Minsk portent sur d'autres ambiguïtés. "Le Monde" recense de la sorte, plusieurs "zones d'ombres", évidemment gravissimes. Beaucoup de choses ont changé en 70 ans, et elles évoluent chaque année. Une seule chose ne change pas c'est l'alternative entre le courage et la lâcheté. Cette dernière option domine. M. Hollande a donc parlé, sans exprimer sans propre restriction mentale, d'un "soulagement" pour l'Europe. En 1938 à propos des accords de Munich, son prédécesseur en socialisme Léon Blum avait parlé lui-même d'un "lâche soulagement". L'épithète était essentiel. Regrettons qu'il soit tombé dans la nouvelle version.
Conférence du 19 avril "Revisiter Yalta"
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Le contraire eut été étonnant
Nous savons l’erreur colossale de jugement qu’a été la liquidation du régime de Kadhafi voulue par le trio Sarkozy-Juppé-BHL, la Libye étant devenue un chaos dans lequel prospèrent les milices fondamentalistes islamistes. Dans une vidéo adressée au « Peuple de la Croix fidèle à l’Eglise égyptienne ennemie », l’Etat Islamique (EI) a diffusé dimanche la décapitation d’une dizaine de coptes égyptiens, au nombre du groupe d’une vingtaine de chrétiens enlevés récemment en Libye. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a affirmé dans une allocution à la télévision publique que son pays « se réserve le droit de répliquer de la manière et au moment adéquats » à ce massacre, tuerie condamnée également par les théologiens sunnites de l’université Al-Azhar du Caire. L’Eglise copte orthodoxe s’est dite « confiante » dans la capacité des autorités égyptiennes à mettre la main sur les auteurs de ce «ce crime abominable.» Hier toujours, à Copenhague (Danemark), un délinquant violent multirécidiviste, Omar Hamid El-Hussein, âgé de 22 ans, en lien avec une bande mafieuse du quartier immigré de Nørrebro, a été abattu par la police après avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre. Il était sorti de prison il y a deux semaines, relaxé avant la fin de sa peine pour une agression au couteau -la justice danoise est aussi laxiste que celle de Mme Taubira en France.
Quelques heures auparavant ce jeune, né et élevé au Danemark, avait attaqué au fusil-mitrailleur un centre culturel où avait lieu un débat sur l’islamisme et la liberté d’expression. Le réalisateur Finn Nørgaard, 55 ans qui se trouvait dans l’assistance et a été tué et trois policiers ont été blessés. Puis, passé minuit, Omar Hamid El-Hussein a abattu le dénommé Dan Uzan qui assurait la sécurité à l’extérieur de la grande synagogue de Copenhague où se pressait les dizaines d’invités d’une bar mitzvah . Deux policiers ont également été blessés. Une attaque qui rappelle bien sûr celles que nous avons connues en France début janvier et dont la cause selon Manuel Valls réside dans le développement de l’ «islamo-fascisme », terme utilisé pour la première fois au sommet de l’Etat.
Un fascisme qui a bon dos, un concept mis à toutes les sauces, un de ses mots valises qui servent à tout justifier et/ou à tout amalgamer. C’est aussi au nom de la lutte contre le fascisme que des extrémistes ont empêché la semaine dernière à la liberté d’expression de s’exercer en interdisant le débat auquel devait participer Bruno Gollnisch à l’IEP de Strasbourg !
En réalité les fous d’Allah, les paumés aux pulsions sanguinaires, et autres adeptes d’une lecture littéraliste du Coran, n’ont pas besoin de se référer à une idéologie ou à un système politique né en Europe pour justifier leurs violences. Ils s’inscrivent bien au contraire dans une tradition politico-religieuse propre à un certain islam, conforme aux agissements passés de certaines sectes mahométanes comme on l’a vu avec la résurgence d’un courant comme le takfirisme au début des années 70 ou avec la salafisme dit djihadiste.
Loin des phrases creuses, péremptoires et toujours un brin emphatiques du comédien Manuel Valls, les Français ont vu plus simplement (plus justement) dans cette sanglante équipée danoise non pas le spectre de l’ex instituteur socialiste Mussolini mais plus prosaïquement la marque d’une dérive, de l’échec de l‘intégration,et a fortiori de l‘assimilation . Les profils d’un Mérah, d’un Coulibaly, des Kouachi, d’un El Husssein, celui de racailles (ré)islamisés, peu ou pas éduqués, fanatisés, sont peu ou prou les mêmes…
En France cette fois, on apprenait hier que le cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin, avait été profané pour le troisième fois depuis 1988, vraisemblablement dans la nuit de vendredi à samedi. La moitié des 400 tombes ont été « saccagées, vandalisées, brisées», selon Marc Sené, le maire de Sarre-Union, interrogé sur BFMTV. Une profanation dénoncée par Bernard Cazeneuve (qui s’était envolé pour rendre hommage aux morts de Copenhague), Manuel Valls, les autorités religieuses, notamment le grand rabbin de France Haïm Korsia. Le préfet du Bas-Rhin et le procureur de la République de Saverne se sont rendus sur place, tout comme le grand rabbin de Strasbourg, René Gutman, et Philippe Richert, le président de la région Alsace.
D’une abjection l’autre, le député PS du Bas-Rhin, Philippe Bies, à défaut de briller pour la qualité de ses travaux ou son courage, s’est servi de ce drame pour attirer l’attention sur sa petite personne en déclarant sur Twitter: «C’est sans doute une coïncidence mais le FN a fait près de 41% aux dernières municipales à Sarre-Union».
Une manière immonde de viser le FN, bien dans l’esprit de l’infâme profanation-manipulation socialiste de Carpentras et plus récemment de celle du cimetière juif d’Herrlisheim (Bas-Rhin) qui avait conduit en 2003 à l’arrestation très largement médiatisée d’un homme parfaitement innocent mais qui avait le grand tort d’être un militant FN, Lionel Lezeau.
Au mépris le plus absolu de la présomption d’innocence, il avait été arraché à sa famille, à son métier, jeté en prison et livré en pâture à l’opinion. Il était resté quatre mois en prison sans être jugé, ce qui était le maximum légal en l’espèce. Six mois plus tard on découvrait fortuitement les trois coupables présumés, sans aucun rapport ni avec Lezeau ni avec la droite nationale, bien au contraire ! M. Lezeau avait bénéficié en 2007 d’un non-lieu, sans qu’aucun magistrat ne fournisse ni explications ni excuses, privées ou publiques.
Rappelons plus largement que les édifices et cimetières chrétiens, généralement dans la complète indifférence politico-médiatique, sont les premiers visés par les tarés satanistes et/ ou les extrémistes religieux ou politiques. Comme le notait plus largement Bruno Gollnisch, «en honorant nos morts, en respectant la dernière et intangible demeure, à laquelle ils ont droit, nous nous relions à eux, qu’ils fussent riches ou pauvres, glorieux ou humbles : Dona eis, Domine, requiem sempiternam».
La remise en cause de ce respect élémentaire des lieux où reposent les défunts, qui paraît si évident, que l’on retrouve dans toutes les civilisation, en dit long sur la barbarie qui gangréne notre pays. La vitalité, l’équilibre d’une société se juge au caractère sacré qu’elle accorde à la vie, de sa conception à la tombe. « Car un peuple qui n’honore pas ses morts n’a plus d’avenir. D’autres viendront, qui progressivement prendront la place des amnésiques, et ne coloniseront pas que ses cimetières. Car tout se tient ».
Une colonisation intellectuelle, culturelle, physique orchestrée par le parti de l’étranger contre laquelle se dresse le FN ce qui lui vaut le soutien croissant de nos compatriotes. Dans Le Monde, Abel Mestre commente ainsi le dernier baromètre d’image du FN, réalisé par TNS Sofres pour France Info, Le Monde et Canal+. M. Mestre parvient cependant à nous expliquer que ce soutien progresse…mais que ledit soutien n’existe pas vraiment !
Ainsi, selon cette enquête, « le nombre de personnes interrogées qui estiment que le FN représente un danger pour la démocratie augmente de quatre points, à 54 %, contre 38 % qui estiment le contraire (– 5 points). (…) Marine Le Pen est plus perçue comme la représentante d’une extrême droite nationaliste et xénophobe (47 %, + 4 points) que comme la représentante d’une droite patriote et attachée aux valeurs traditionnelles (41 %, – 5 points)».
«Seulement 33 % des personnes interrogées jugent qu’elle sympathique et chaleureuse : (– 7 points). Seuls 34 % (– 3 points) des sondés la trouvent « honnête » et pensent qu’elle inspire confiance, contre 59 % (+ 7 points) qui jugent que de telles expressions s’appliquent mal à la présidente du FN ».
« (Seuls) 25 % des sondés sont favorables (à la sortie de l’euro), 69 % d’entre (eux) y étant opposés. Cette thématique est loin de faire l’unanimité au sein des sympathisants frontistes : seuls 52 % y sont favorables alors que 43 % y sont opposés ».
Enfin, « seulement 21 % des sympathisants du Front National souhaitent voir Florian Philippot jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir. Sur l’ensemble des personnes interrogées, seules 7 % croient en lui. Il arrive loin derrière la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (19 % pour l’ensemble des sondés ; 66 % pour les sympathisants FN) et Marine Le Pen (29 % parmi les personnes interrogées et 95 % chez les frontistes) ».
Mieux encore selon M. Mestre, si les Français estiment majoritairement, à 52% qu’il y a « trop d’immigrés en France » ce chiffre serait en recul de 3 points, de même que le sentiment « de ne plus se sentir chez soi en France ».
Un sondage, souligons-le, qui fait apparaitre des différences sensibles avec celui réalisé par l’Institut CSA pour le CNCDH rendu public la dernière semaine de janvier, selon lequel 66% (et non 52%..) des Français interrogés estiment il y « trop d’immigrés en France » et 64%, qu’ils « profitent du système social ».
Pour autant, cette enquête TNS Sofres relève que depuis 2011, « l’accession de Marine Le Pen à la présidence du FN , le niveau d’adhésion aux idées du FN ne cesse d’augmenter ». « Aujourd’hui, 33 % des personnes interrogées adhèrent aux idées du Front National. A l’UMP, 42 % se déclarent en accord avec les idées défendues (par le Front National) », « 50 % des sympathisants UMP souhaitent des alliances au cas par cas, au plan local pour le scrutin de la fin mars (+ 10 points par rapport à 2014). 45 % y sont opposés. Près de la moitié souhaite même un accord électoral national (entre les deux formations) ».
« 58 % des tenants de la droite classique disent adhérer aux constats de Marine Le Pen, sans en partager les solutions. 32 % d’entre eux rejettent constats et solutions frontistes. Enfin, près d’un sympathisant UMP sur deux estime que le FN est un parti capable de participer à un gouvernement ».
Bref, « les messages de certaines figures de l’UMP, comme Alain Juppé ou Nathalie Kosciusko-Morizet, qui appellent à faire barrage au FN en votant socialiste, apparaissent totalement inaudibles au sein d’une partie de la base UMP ».
Aussi n’est-il pas étonnant qu’un autre sondage publié hier, Ifop pour le Journal du dimanche indique que 29% des personnes interrogées souhaitent le succès des candidats du FN aux élections départementales de mars prochain, en hausse de neuf points par rapport à l’enquête Ifop réalisé avant les élections municipales de 2014. Le FN confirme ainsi son statut de « premier parti de France»devant l’attelage UMP-UDI (25%), le PS (22%), EELV et le MoDem (8% chacun) .
http://gollnisch.com/2015/02/16/le-contraire-eut-ete-etonnant/
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L’égérie de la théorie-qui-n'existe-pas promue Chevalier des Arts et Lettres
Judith Butler a reçu la décoration le 26 janvier, des mains du Consul général de France à San Francisco, Pauline Carmona, décoration qui récompense " les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde." Extraits du discours de Judith Butler :
"Malgré les meilleurs et les pires moments, mon nom est associé à un certain trouble provoqué par les études de genre, en France du moins, il m’est donc agréable de voir que mes hôtes ce soir ne se préoccupent pas outre mesure de ce trouble. Ou peut-être cherchent-ils à souligner le mérite dans un certain type de trouble.[...]
"Ce soir, j’accepte cet honneur au nom d’une demande d’ouverture d’esprit; et de la valeur de l’ouverture d’esprit dans une vie publique; et pour toutes celles et tous ceux qui recherchent à vivre et respirer plus facilement, sans peur et sans honte; et pour la capacité formidable d’affirmer et de s’affirmer ".
Judith Butler se voit comme le "Chevalier du genre". Tout un programme.
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Jean-Claude Michéa : « Si l’on pense sans peur, on ne peut être politiquement orthodoxe »
Entretien avec Jean-Claude Michéa qui occupe une place à part dans la pensée critique contemporaine: le philosophe montpelliérain s’est fait connaître en réhabilitant le socialisme populaire, anticapitaliste et anti-autoritaire d’Orwell, se tient loin des médias, loue les vertus du football, affectionne le populisme, tance l’Université et éreinte à l’envi les intellectuels de la gauche plus ou moins radicale.
Rixes et noms d’oiseaux : Lordon, Corcuff, Halimi, Boltanski, Fassin, Garo et Amselle (rien moins) ont ferraillé contre celui, désormais proche des mouvements décroissants, qu’ils accusent de ravitailler la droite réactionnaire. Michéa semble s’en moquer éperdument, amusé, peut-être, à l’idée de scandaliser ceux qu’il assimile à la gauche « bohème » et « petite-bourgeoise » autant qu’à l’extrême gauche « culturelle ».
Le penseur prise les phrases aux allures de piques: il arrive que l’on se perde en chemin mais son œuvre a le mérite de saler les plaies d’une gauche qui, trop souvent, a rompu les ponts avec les classes populaires.
Vous venez du PCF et possédez, à la base, une formation marxiste. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces « frères ennemis », pour reprendre la formule de Guérin, que sont Bakounine, Proudhon, Rocker, Camus, Durruti, Voline, Goodman, Louise Michel, Albert Thierry, Chomsky, Landauer, James C. Scott ou Graeber, que vous ne cessez de citer au fil de vos textes ?
Bien des problèmes rencontrés par le mouvement anticapitaliste moderne tiennent au fait que le terme de « socialisme » recouvre, depuis l’origine, deux choses qu’il serait temps de réapprendre à distinguer.
Il s’applique aussi bien, en effet, à la critique radicale du nouvel ordre capitaliste issu des effets croisés de la révolution industrielle et du libéralisme des Lumières qu’aux innombrables descriptions positives de la société sans classe qui était censée succéder à cet ordre, qu’il s’agisse du Voyage en Icarie de Cabet, du nouveau monde sociétaire de Charles Fourier ou de la Critique du programme de Gotha de Karl Marx.
Or il s’agit là de deux moments philosophiquement distincts. On peut très bien, par exemple, accepter l’essentiel de la critique marxiste de la dynamique du capital (la loi de la valeur, le fétichisme de la marchandise, la baisse tendancielle du taux de profit, le développement du capital fictif etc.) sans pour autant souscrire – à l’instar d’un Lénine ou d’un Kautsky – à l’idéal d’une société reposant sur le seul principe de la grande industrie « socialisée » et, par conséquent, sur l’appel au développement illimité des « forces productives » et à la gestion centralisée de la vie collective (pour ne rien dire des différentes mythologies de l’« homme nouveau » – ou artificiellement reconstruit – qu’appelle logiquement cette vision « progressiste »).
C’est donc l’échec, rétrospectivement inévitable, du modèle « soviétique » (modèle qui supposait de surcroît – comme l’école de la Wertkritik l’a bien montré – l’occultation systématique de certains des aspects les plus radicaux de la critique de Marx) qui m’a graduellement conduit à redécouvrir les textes de l’autre tradition du mouvement socialiste originel, disons celle du socialisme coopératif et antiautoritaire, tradition que l’hégémonie intellectuelle du léninisme avait longtemps contribué à discréditer comme « petite-bourgeoise » et « réactionnaire ».
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Provocation : une église du Cher transformée en mosquée
Le quotidien La Croix vient de reprendre une information sortie par LeBerry.fr. Une église catholique du Cher, désacralisée et mise en vente par le diocèse de Bourges, pourrait être rachetée par une association marocaine, pour en faire une mosquée. Cette affaire nous rappelle la Grande Mosquée de Cordoue transmuée en cathédrale, mais aussi la Basilique Sainte Sophie de Constantinople convertie en mosquée.Il est vrai qu’on nous dit qu’il n’y a pas assez de mosquées en France. C’est pour cette raison que les musulmans sont amenés à prier dans la rue. Le Japon a pourtant trouvé la parade. Plutôt que de financer la construction de mosquées ou d’autoriser les fidèles à réquisitionner l’espace public pour y organiser des prières de rue, l’Etat nippon circoncis l’exercice du culte musulman aux lieux d’habitation. De cette manière, les Japonais ne se sentent pas agressés chez eux par des pratiques religieuses étrangères, qui peuvent toutefois s’exercer librement.Mais revenons en France, où la Gauche et les associations anti-racistes dénoncent souvent ce qu’ils considèrent comme des provocations, faites aux musulmans. Quand l’hebdomadaire satyrique Charlie Hebdo a publié des caricatures de Mahomet, la Gauche a dénoncé des provocations inutiles et irresponsables. Quand Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, a parlé du racisme anti-Blanc et des pains au chocolat arrachés des mains des enfants blancs pendant le ramadan, il s’agit bien encore de cela : il faut cesser de provoquer la communauté musulmane.Mais n’est-ce pas une provocation faite à la communauté catholique par la communauté musulmane, quand il est question de racheter et de transformer une église en mosquée ? -
Pas d'amalgame...sauf contre le FN
Plutôt que d'aller expliquer aux Danois le "pas d'amalgame", Bernard Cazeneuve devrait l'enseigner d'abord à son propre camp. Ainsi, le député socialiste Philippe Bie fait un lien direct entre la profanation du cimetière juif de Sarre-Union avec le FN :
"C'est sans doute une coïncidence mais le FN a fait près de 41% aux dernières municipales à Sarre-Union"
Quant au premier secrétaire du PS, le repris de justice Cambadélis, il estime que le FN :
"veut construire un régime d’apartheid pour séparer les communautés, entre Français de souche et Français de papier"
Ils paniquent peut-être à l'idée que, selon de récents sondages, 30% des Français souhaitent une victoire du FN aux départemantales, que 42% des électeurs de Sarkozy seraient prêts à faire à voter FN et que 50% des sympathisants UMP sont favorables à des alliances avec le FN...
Philippe Carhon http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html