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France et politique française - Page 4037

  • Les deux moteurs idéologiques de la droitisation

    Gaël Brustier, docteur en sciences politiques et membre du Parti socialiste, auteur de Voyage au bout de la droite, de La Guerre culturelle aura bien lieu etLe Mai 68 conservateur, déclare au Figarovox :

    "Que ce soit à l'UDI, à l'UMP ou au FN, le conservatisme nouveau est en dynamique. Tous les candidats à la présidence de l'UDI ou de l'UMP ont dû composer avec, à des degrés divers. Certains ont marqué le refus d'emboiter le pas à ce mouvement, mais d'autres, à l'instar de Nicolas Sarkozy, ont clairement marqué leur soutien aux thèses conservatrices. D'autres enfin, ont essayé de capter la puissance diffuse de ce mouvement: Jean-Christophe Fromantin ou Hervé Mariton. La question de l'abrogation de la loi Taubira n'est qu'une des facettes de cette montée du conservatisme, qui s'attache à répondre à tous les aspects de la vie sociale. [...]

    Il faut distinguer deux moteurs idéologiques de la «droitisation»: le national-populisme et le conservatisme nouveau, que nous voyons se lever. Ce dernier est l'objet de l'attention du Front national, qui n'était guère préparé à devoir y répondre. Les cortèges de La Manif pour tous, ce n'est pas le Front national. Les droites radicales européennes sont tiraillées aujourd'hui, pour schématiser, entre deux idéaux-types, une ligne Wilders et une ligne incarnée en France, au sein du FN, par Marion Maréchal Le Pen. La première s'efforce de séduire des électorats jusqu'ici réticents à l'égard des droites radicales, comme les gays ou les femmes, en pointant les dangers supposés liés à l'immigration extra-européenne ou à la présence de l'islam en Europe. La seconde est une ligne plus classiquement conservatrice. Il s'agit d'idéaux-types, car, en Europe, du FPÖ à l'UDC de Blocher et Freysinger, en passant par tous les autres mouvements de la droite radicale européenne, on distingue une large palette de nuances dans l'intégration de ce regain du conservatisme… C'est davantage le FN qui cherche à séduire ce vivier, que la droite qui peut parvenir à séduire le gros de l'électorat FN à partir de cette ligne."

    Michel Janva

  • Parisot et Besancenot, même combat !

    Fiche de lecture de Bernard Mazin, essayiste.

    « Le seul concept qui permet de rendre compte du mouvement actuellement à l’œuvre dans nos sociétés libérales, … c’est celui « d’horizontalisation ».

    J’entends par là le processus de délégitimisation, de destitution et de décrédibilisation de tout rapport à la « transcendance », au « symbolique », à l’ « immatériel » … Je parle du déclassement de ce que l’on appelle, depuis Nietzsche, les « valeurs », [c’est-à-dire] ce qui nous détermine à agir de telle ou telle manière au nom d’une idée ou d’un sentiment ineffable, et qui échappe à ce que l’on appelle d’ordinaire la rationalité. »


    Ainsi s’exprime, dans son ouvrage « La Gauche du capital : Libéralisme culturel et idéologie du marché », récemment publié aux éditions Krisis, Charles Robin, qui fait partie de ces auteurs comme Jean-Claude Michéa (1), Costanzo Preve (2), Jacques Julliard (3) et d’autres, qui sont passés par la gauche communiste, trotskyste ou maoïste, mais qui ont su dépasser leurs appartenances partisanes pour élever leur réflexion au niveau métapolitique. Ils ont en commun de mettre en évidence la convergence qui s’opère sous nos yeux depuis la fin du XXe siècle entre les versions économique et politique du libéralisme, ce qui confère à leurs analyses une pertinence pour notre famille de pensée, même si leurs propositions restent souvent plus nébuleuses. Le livre de Charles Robin rassemble un texte intitulé « Le libéralisme comme volonté et comme représentation », que l’auteur qualifie d’ « essai philosophique à tonalité pamphlétaire », et une série d’articles qui résument, commentent ou développent certains aspects de l’ouvrage-source. Cette configuration a pour inconvénient d’entraîner quelques redites, mais le lecteur aura tôt fait de dégager les lignes de force de la pensée « robinienne ».

    L’extrême gauche, chien de garde du capitalisme

    Dans un premier temps, Charles Robin revient aux sources philosophiques du libéralisme et rappelle que « la philosophie libérale se présente, dès l’origine, comme un courant de pensée double », reposant :

    • d’une part sur le postulat suivant lequel l’initiative privée et la libre concurrence au sein du Marché sont ce qui garantit seul le bien commun par l’équilibrage et par l’harmonisation naturels des intérêts particuliers ;
    • d’autre part sur la primauté du principe de liberté individuelle à l’égard des conventions sociales imposées de manière arbitraire par les institutions.

    Il s’agit donc d’un « programme philosophique global qui pose l’individu et sa liberté (supposée “naturelle”) comme les seules instances normatives de la vie en société ». Et Robin de poursuivre :

    « … Dès l’instant où l’idéal philosophique du “gouvernement par la liberté” a été posé comme la visée théorique et pratique qui structure tout l’édifice de la pensée libérale, l’opposition classique entre libéralisme politique et libéralisme économique tend inévitablement à s’abolir. Cela revient à dire […] qu’il n’existe aucune contradiction de principe entre la lutte des “libertaires” d’extrême gauche, pour une expansion illimitée des libertés individuelles (la “libéralisation des mœurs”) et les plaidoyers incessants des économistes libéraux en faveur d’un Marché mondial “libre”, “ouvert” et “concurrentiel”. »

    Le cœur de l’analyse repose donc sur l’idée de l’unité du libéralisme, via la convergence entre formalisme politique et matérialisme économique. Cette idée peut être résumée de la façon suivante :

    « La doctrine dite du libre-échange ne constitue pas autre chose que l’application à la sphère marchande du principe de liberté individuelle qui gouverne l’épistémologie politique du libéralisme du droit naturel […] dans un second temps, en déléguant à l’économie le soin de fixer les modalités sous lesquelles toute vie humaine serait appelée désormais à se dérouler – à savoir la recherche permanente du profit – les partisans de la thèse du libre-échange [invitent inéluctablement] à l’élimination méthodique de tous les obstacles politiques et culturels à l’avènement du marché, c’est-à-dire, en définitive, à l’abolition de tout ce qui, dans les lois, les coutumes et les mœurs léguées par l’histoire, entrave encore l’action rationnelle des individus, c’est-à-dire la libre poursuite par ceux-ci de leurs intérêts bien compris. […] Il existe, par conséquent, un lien étroit qui invite à voir dans la lutte incessante des libéraux politiques en faveur d’une émancipation sans fin vis-à-vis des structures normatives traditionnelles (Eglises, Morale, Tradition) la condition culturelle et anthropologique de l’expansion du principe marchand que les libéraux économiques appellent unanimement de leurs vœux. »

    Cette analyse, exposée dans la seconde partie, « L’extrême gauche et le libéralisme », est reprise sous une forme plus concrète dans l’entretien intitulé « L’extrême gauche, armée de réserve du libéralisme ».

    L’auteur y dénonce en particulier deux mythes couramment répandus :

    • l’idée que le libéralisme serait une doctrine exclusivement économique politiquement incarnée dans la « droite ». Il a beau jeu de rappeler que les véritables racines intellectuelles du libéralisme, au XVIIIesiècle, étaient à gauche et se situaient au confluent du courant « jusnaturaliste » et du courant « utilitariste » ;
    • l’idée que l’extrême gauche serait la seule force d’opposition au libéralisme et à ses effets humainement dévastateurs.

    Il en résulte une contradiction philosophique intenable pour l’extrême gauche qui, dans la mesure où elle adosse sa condamnation du libéralisme économique à une défense inconditionnelle des principes du libéralisme culturel et des droits « sociétaux », est amenée ainsi à « déplorer les conséquences de ce dont elle chérit les causes ».

    Historiquement, les libéraux politiques des Lumières cherchaient à lutter contre les forces d’oppression de l’Ancien Régime. Leur représentation de la liberté humaine était conçue comme la capacité de s’affranchir de tout lieu de « dépendance » ou même d’ « appartenance », que celle-ci soit familiale, nationale ou encore historique, à l’égard d’une autorité supra-individuelle. Elle débouchait sur ce que Jean-Claude Michéa a nommé « l’aptitude de l’homme à se déraciner perpétuellement ».

    Depuis Mai-68, les « apôtres de la pensée libertaire [travaillent] bien plus efficacement, de fait, à l’aménagement méthodique des conditions politiques et culturelles de son « atomisation », soit à la mise en circulation du modèle social et anthropologique […] le plus adapté aux besoins idéologiques du marché ».

    Comme le note Hervé Juvin (4), « La société politique libérale tente d’aspirer chacun vers l’abstraction du sujet du droit, elle le déshabille de tout ce qui fait de lui un être de chair et de sang, un passé, des origines, des liens, une terre et une histoire, pour le rendre fluide, liquide, mobile, indéfiniment ». Et Robin de conclure sur ce point :

    « Tel est donc l’irréductible paradoxe du travail de désymbolisation accompli par les théoriciens de l’extrême gauche depuis ces quarante dernières années. En proclamant partout l’égale illégitimité de toutes les figures traditionnelles de l’autorité, sous couvert de lutter contre l’oppression et l’exploitation capitalistes, il se donnait les moyens de noyer définitivement les derniers îlots de résistance culturelle à l’extension sans fin du règne de la marchandise. »

    Ainsi se met en place un univers culturo-marchand dans lequel les problématiques « sociétales » (lutte pour la diversité, pour la défense des minorités, contre toutes les discriminations…) se substituent à la « question sociale » d’autrefois, avec la complicité de la classe politique, (presque) toutes tendances confondues, et des médias.

    Charles Robin ne se contente pas de rester au niveau de la philosophie pure. Il passe de la théorie à la pratique en braquant le projecteur sur différents champs de manœuvre de l’idéologie de l’extrême gauche libertaire au profit du capitalisme mondialiste :

    • l’école et le système éducatif conviés au nivellement par le bas ;
    • la défense du métissage et la thématique de l’antiracisme ;
    • la sexualité avec la mise en place d’une « économie libidinale » au service de la « désinhibition pulsionnelle » et de la « libération du désir ».

    Il ne répugne pas, au passage, à désigner certains maîtres à penser de la « déconstruction » comme Pierre Bourdieu et leurs relais politiques, certes beaucoup plus indigents intellectuellement, comme Olivier Besancenot. Il convoque aussi les complices censément de « droite », du MEDEF à Nicolas Sarkozy ou à Valérie Pécresse. C’est sans doute là que se niche la dimension pamphlétaire de l’ouvrage.

    Le réalisme contre l’utopie

    Le problème des réflexions de Charles Robin et des auteurs cités plus haut auxquels il s’apparente est qu’elles sont certes très pertinentes dans l’analyse et le constat, mais n’offrent pas de perspectives tangibles ou acceptables à nos yeux.

    On rappellera à cet égard que Constanzo Preve se qualifiait lui-même de « marxiste dissident » et plaidait la compatibilité entre le marxisme et la réhabilitation d’une certaine forme de communautarisme.

    D’autres, comme Jean-Claude Michéa, entrevoient une solution dans le retour à la « convivialité » en s’inspirant de la notion de « common decency » orwellienne ou, comme Alain de Benoist, dans la décroissance.

    Robin, quant à lui, revendique son adhésion pleine et entière au projet d’une société qui aurait fait sienne le mot d’ordre de Marx « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

    Tous ces penseurs, au-delà de leurs différences idéologiques parfois considérables, ont en commun d’estimer qu’il existe un dysfonctionnement « structurel » du modèle capitaliste et qu’il n’est de remède que dans une mise en cause radicale et totalisante du Système.

    C’est sans doute sur ce point que l’on est tenté d’adopter une position moins tranchée que Charles Robin et ses épigones. D’une part, les catégories ne sont pas aussi absolues que la présentation qui en est faite : souvenons-nous, par exemple, que Friedrich von Hayek, grand défenseur s’il en est de l’économie de marché, a été simultanément un critique intransigeant du rationalisme cartésien et de ses conséquences sur l’abandon de l’enracinement et des traditions.

    D’autre part, l’idéologie « libertarienne », que ce soit sous la forme économique de l’ultra-libéralisme ou sous celle du « Jouissons sans entraves ! » des héritiers de Mai-68, n’est qu’une utopie, et, comme telle, elle s’expose au mieux à la dégénérescence, au pire à la révolte dès qu’elle est mise à l’épreuve du réel.

    A cet égard, il ne faut pas minimiser le phénomène de « défiance préventive » des classes populaires à l’égard des entreprises de « modernisation » entendue précisément comme une volonté de déracinement systématique. La gauche et l’extrême gauche ne comprendront jamais ce phénomène, tout engluées qu’elles sont dans le tabou du « Progrès continu ». Mais les forces de résistance existent.

    Le « gouvernement planétaire » et le village global, tout comme l’idée de « citoyens du monde » sont des utopies qui ne se réaliseront jamais. Pour autant, il ne faut pas organiser la riposte autour d’autres utopies. Pour notre part, il nous semble qu’une perspective plausible est plutôt à rechercher du côté de l’analyse dumézilienne de l’organisation trifonctionnelle des sociétés indo-européennes, en l’occurrence le rééquilibrage et le découplage entre la fonction souveraine et la fonction marchande. Par ailleurs, l’on observe que des pays de plus en plus nombreux mettent en œuvre des expériences de gouvernement reposant sur la synthèse libérale et nationale (Hongrie, Inde, Turquie…). Sauf à considérer que l’évolution vers le cosmopolitisme est une tendance irrésistible, il n’est pas vain de penser que ce type d’expérience soit amené, sous l’influence de peuples de plus en plus rétifs à la mondialisation, à se multiplier dans les années à venir.

    Bernard Mazin, 1/12/2014

    Charles Robin, La Gauche du capital : Libéralisme culturel et idéologie du marché, Editions Krisis, octobre 2014, 245 pages.

    Notes :

    1. De Jean-Claude Michéa, deux ouvrages ont été commentés sur le site : Impasse Adam Smith, par Michel Geoffroy le 20/05/2011 (http://archives.polemia.com/article.php?id=3810), et Les mystères de la gauche, par C.D. le 13/03/2013 (http://www.polemia.com/les-mysteres-de-la-gauche-de-lideal-des-lumieres-au-triomphe-du-capitalisme-absolu-de-jean-claude-michea/). On peut aussi lire sur le même thème : Le Complexe d’Orphée, Ed. Flammarion, Coll. Climats, 2013, 357 p.
    2. De Costanzo Preve, La Quatrième Guerre mondiale a été présenté sur le site par Bruno Guillard le 19/03/2014 (http://www.polemia.com/la-quatrieme-guerre-mondiale-de-costanzo-preve/). Un commentaire de l’ouvrage Eloge du communautarisme (Ed. Krisis, 2012, 267 p.) interviendra prochainement.
    3. Cf. Jacques Julliard, Les Gauches françaises 1762-2012, Ed. Flammarion, 2012, 940 p. On notera que J. Julliard et Jean-Claude Michéa viennent de publier un ouvrage de « lettres croisées » intitulé La Gauche et le Peuple, Ed. Flammarion, octobre 2014, 318 p.
    4. Hervé Juvin et Gilles Lipovetsky, L’Occident mondialisé, Ed. Grasset, 2011, 256 p.

    http://www.polemia.com/parisot-et-besancenot-meme-combat/

  • Le ramadan, oui, la crèche de Noël, non !

    Plusieurs religions mais plusieurs façons de les traiter ; autant dire que le combat est inégal et perdu d’avance pour les chrétiens.

    Les élites françaises sont amoureuses de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Le mot « laïcité » est de ceux qui reviennent le plus souvent dans les litanies de la mythologie républicaine. Et ce mot, comme tant d’autres, a le mérite d’avoir tous les sens qu’on veut bien lui prêter ; c’est-à-dire de n’en avoir finalement aucun. Une expression fourre-tout que l’on invoque quoi que nous ayons à dire. Au nom de la laïcité, on peut par exemple fustiger que la République transmette ses condoléances suite à la mort du pape Jean-Paul II tout en acceptant, le plus naturellement du monde, que l’on donne aux imans la possibilité d’être formés et d’exercer dans un cadre prévu par une République plus allergique à la soutane qu’à la djellaba.

    La réalité est que la laïcité est l’armature idéologique qui permet de lutter contre le christianisme tandis que les minorités religieuses, islamique ou juive surtout, sont à la fois soutenues et promues par une autre armature idéologique : l’antiracisme. Plusieurs religions mais plusieurs façons de les traiter ; autant dire que le combat est inégal et perdu d’avance pour les chrétiens.

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  • Un droit fera-t-il oublier la dureté des 8 millions d’avortements depuis 1974 ?

    Dans un communiqué diffusé aujourd'hui Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Etienne, fidèle depuis plusieurs années à la Marche pour la vie (la prochaine sera le 25 janvier 2015) condamne la résolution votée à l'Assemblée nationale :

    Lebrun2"Je ne saurai jamais ce que vivent des femmes en grande difficulté ; pourtant je veux affirmer que le droit à l’avortement est un leurre. Il réduit au silence les plus faibles, les enfants dans le sein de leur maman, les enfants de leur papa curieusement absent de la loi. « Ce que vous ferez au plus petit, c’est à moi que vous le ferez », dit Jésus dans l’Evangile. Y a-t-il plus petit dans notre humanité que l’embryon de 3 jours, 5 ou 12 semaines, le fœtus de 4 ou 9 mois ?

    Quelle différence entre l’enfant conçu depuis 12 semaines et celui conçu depuis 13 semaines ? Rien, dit la science, sinon que le premier est plus faible, plus petit ! Les parlementaires d’aujourd’hui décident arbitrairement de supprimer toute protection aux plus faibles des humains. C’est une tromperie. Qui sont-ils pour décider que celui-ci est un être humain digne de la plus grande protection un jour, et le placer sans aucune protection la veille ?

    Il ne peut y avoir de tri parmi les enfants à naître. L’enfant handicapé n’est-il pas un être humain comme les autres ? D’ailleurs, notre société déploie de justes efforts envers les personnes atteintes d’un handicap. De même, qui s’insurge contre le jugement porté sur les femmes qui font le choix de l’accouchement sous X, et donc du don pour l’adoption, plutôt que l’avortement ? Qui s’étonne que ce choix soit considéré comme plus grave envers son enfant que de lui ôter la vie ?

    Qui sommes-nous pour décider qui a le droit de vivre ? Aimer, protéger, accueillir l’enfant depuis sa conception est la seule attitude humaine cohérente, à moins de se prendre pour Dieu. Il y va de l’avenir de notre société, de la vérité de notre lutte pour les plus pauvres quels qu’ils soient. Cette cohérence, évidemment, va avec toute l’attention à porter aux femmes en grande difficulté, en particulier les très jeunes.

    Que signifie, face à l’embryon, le droit de la femme à disposer de son corps ? Notre corps est un don pour la vie. L’enfant à naître est « son » enfant, celui de la femme enceinte, mais il est aussi l’enfant de son père, à égalité. En fait, pour la science, c’est un être vivant, autonome, de l’espèce humaine comme le prouve la fécondation in vitro. L’enfant est nourri à travers le corps de la maman, comme il le sera différemment dans les premiers mois après sa venue au monde. Les neuf mois d’intimité ne sont pas un droit de vie ou de mort, à moins de transformer la joie en angoisse.

    Pourquoi cache-t-on les conséquences psychologiques, sociales et économiques des avortements ? Quel média relaie les innombrables dépressions qu’ils engendrent ? Quel sociologue peut dire ouvertement ce que serait notre société sans l’avortement ? Combien de couples avec ou sans enfants auraient pu adopter, par exemple ? Quel ministre dit à quoi aurait pu servir le milliard dépensé par la sécurité sociale, pour aider les femmes dans la détresse ou les parents d’enfants handicapés ? Ces silences sont des tromperies.

    Disciples de Jésus, les chrétiens veulent choisir la vie, choisir les plus petits. C’est leur joie la plus profonde. « J’étais nu et vous m’avez habillé », dit Jésus. Je remercie toutes les femmes et tous les hommes qui choisissent la vie, je remercie toutes les personnes qui viennent au secours des femmes et des hommes tentés par l’avortement jamais choisi par plaisir. Je remercie les écoutants de l’association Nouvelle étape. Parmi d’autres, ils ouvrent leur cœur et leur savoir-faire pour aider celles qui hésitent ou qui ont subi un avortement. Je remercie aussi ceux qui s’attaquent aux vraies causes : la misère économique et morale, la pornographie, les pressions et les violences faites aux femmes, les carences éducatives, et l’oubli du Créateur.

    Comme le disait Simone Veil à la tribune de l’assemblée, l’avortement est toujours un drame. Que signifie un droit au drame ! Comme le dit le Pape François, « quelle horreur … », y aurait-il un droit à l’horreur ? Comme le disent des professionnels, « c’est trop dur de pratiquer des avortements » … Un droit fera-t-il oublier la dureté des 8 millions d’avortements depuis 1974 ? Comme en témoignent tant de femmes 5, 10, 15 ans après, ou même plus tard, l’avortement est une blessure à vie … Qu’est-ce qu’un droit d’être blessée à vie ?

    Aimer le plus petit, c’est aussi ne condamner personne, comprendre, autant que possible, les parents confrontés à la question de l’avortement. Je redis que le pardon est ouvert à tous. Je ne peux ressentir ce que vit une femme en grande difficulté, mais je suis témoin du magnifique relèvement de femmes qui ont pris le beau chemin du pardon. Je remercie les prêtres qui transmettent le pardon de Dieu et sont témoins de sa miséricorde.

    Que Dieu pardonne notre société quand elle refuse la vie ! Que Dieu nous donne courage pour choisir le plus faible !"

    Michel Janva

  • Ces leaders syndicaux qui se gobergent aux frais des autres…

    Depuis que son cadre de vie tient le devant de la scène, il n’est pas gêné par les faits, ce garçon, mais par leur révélation.

    J’hésite : « Lepaon se déplume », ou « Qui vole dans les plumes de Thierry Lepaon ? », ou encore « Pan Pan sur Lepaon ! »… Je sais, c’est facile, mais que voulez-vous, cet homme appelle sur lui les quolibets comme le miel attire les mouches. Avec, en plus, la malveillance systématique et viscérale de ses collègues. Car il y en a qui balancent, à la CGT, ça, c’est sûr. Et qui n’ont pas balancé sur son prédécesseur. Tenez, un exemple : qui a dit que Bernard Thibault sa faisait faire des mèches, un petit balayage sur sa coupe au bol qui ne m’avait pas échappé ? Personne.

    Henri Saint-Amand, mon voisin dans ces pages, rappelait avant-hier les déboires de ce pauvre Lepaon, un homme obligé de quitter sa province pour Paris afin de satisfaire aux injonctions d’un patronat exigeant. Et, comme tout provincial exilé, incapable de se loger dans Paris intra-muros et contraint de s’exiler en banlieue, là où l’on risque toujours de prendre un mauvais coup. Dans le 9-4, d’accord, mais tout de même…

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  • Éditorial de L’AF 2898

    Surprenante, ou plutôt décevante pour lui, est l’élection, avec seulement 64,5 % des suffrages, de Sarkozy à la présidence de l’UMP, le 29 novembre dernier, face à Bruno Le Maire (29,18 %) et Hervé Mariton (6,32 %), au médiocre résultat duquel il serait téméraire de réduire la partie « conservatrice » de l’électorat de l’UMP, compte tenu des promesses démagogiques de son principal concurrent.

    Il va de soi que son score ne peut être considéré par Sarkozy que comme une gifle, lui qui a toujours prétendu être le seul capable de rassembler à la fois sa famille politique et la France. A peine élu, ne vise-t-il pas à fermer la page de l’UMP pour créer le parti de la France ? Or, en se présentant à l’élection à la présidence de l’UMP, il perdait déjà cette aura d’homme de la nation qu’Alain Juppé tente, au contraire, d’acquérir en ne concourant qu’aux primaires de 2016. Ne faisant, de plus, qu’un score honorable et nullement plébiscitaire, l’ancien chef de l’Etat n’est plus aujourd’hui que le chef de la faction majoritaire du principal parti de l’opposition parlementaire. En vingt-quatre heures, il est bel et bien descendu de son piédestal !

    La cuisine interne à ce syndicat d’intérêts qu’est l’UMP ne nous intéresse évidemment qu’en ce qu’elle reflète de l’opinion des Français à deux ans et demi de la présidentielle de 2017. C’est un fait : les deux tiers des militants « gaullistes » prêtent toujours à Sarkozy non seulement « deux neurones d’intelligence », selon sa propre expression, mais, plus étonnant, une once de conviction. C’est dire combien le régime des partis lobotomise ceux des citoyens qui se présentent pourtant comme « actifs » puisqu’ils militent au sein d’organisations officiellement dédiées au bien de la cité. Les revirements incessants de Sarkozy ne réussissent donc pas, aux yeux de partisans, il est vrai, sans grande formation politique, à discréditer un homme qui, comme ministre puis comme chef de l’Etat, n’a cessé de leur mentir et a précipité le pays dans la crise où Hollande finit de l’engloutir. Quant au score de Le Maire, il confirme la place de plus en plus importante prise par la droite molle au sein d’un mouvement qui, ne l’oublions pas, avait été créé pour absorber le centre. Aussitôt élu, Sarkozy a affirmé, notamment sur TF1, le dimanche 30 novembre, que « le temps aujourd’hui est au collectif ». Il n’est pas exclu que ses concurrents à l’intérieur de l’UMP, encouragés par une victoire somme toute médiocre, ne le renvoient à lui-même en refusant ses avances, cherchant à le faire mentir en l’isolant. Ainsi de la réponse des intéressés à sa proposition de créer un « comité des anciens premiers ministres », aussitôt rebaptisé par un proche de Fillon, « comité des vieux cons », auquel, en effet, à l’heure où nous écrivons, seul Dominique de Villepin a donné son accord — la seule façon d’exister pour cet ancien premier ministre de Chirac étant d’aller manger dans la main de celui qui, récemment encore, voulait le pendre à un croc de boucher... Sarkozy provoquera-t-il l’éclatement de l’UMP ? Ce serait évidemment, outre les affaires, le principal obstacle à sa réélection en 2017. Une chose est sûre : avec de tels amis...

    Tout autre est, à première vue, la situation au Front National. Sarkozy a fustigé, sur TF1, les 100 % obtenus par Marine Le Pen ce même 30 novembre, moquant la conception que le FN a des élections. Il oubliait devant une Claire Chazal particulièrement complaisante qu’il avait fait le même score « soviétique » aux primaires de 2007. Peu importe. C’est un parti en ordre de bataille qui est apparu, à Lyon, un parti dont les militants sont galvanisés par la certitude de voir Marine Le Pen présente au second tour de la présidentielle de 2017... Comme papa, en 2002 : c’est-à-dire pour rien ?

    Le résultat final dépendra évidemment, en grande partie, du positionnement du FN sur les questions majeures et de sa capacité à paraître, aux yeux des Français, comme un parti de gouvernement — ce que Paul-Marie Coûteaux, récemment évincé du SIEL, principale formation du Rassemblement Bleu Marine, lui dénie. Exception faite des couplets obligés sur la république, observons toutefois que Marine Le Pen a prononcé un discours conforme à une ligne plutôt traditionnelle. La première place de Marion Maréchal-Le Pen au comité central (80 % des voix) et la quatrième modeste de Florian Philippot y sont-elles pour quelque chose ? Marine Le Pen a en tout cas rappelé que l’homme est un « animal social », ce qui correspond à la lecture thomiste et maurrassienne d’Aristote, qui s’arrête à l’homme comme animal politique — ce que Maurras tenait à corriger. N’a-t-elle pas insisté sur la nécessité pour l’homme de grandir dans une famille et de s’inscrire dans un héritage ? Elle a aussi, à sa manière, honorer le « politique d’abord » et confirmer que « tout désespoir en politique est une sottise absolue » en déclarant : « Je crois en la France ; je continuerais à croire en elle quand bien même elle serait plus mal encore, car je sais que sa faiblesse actuelle n’est pas due à je ne sais quel sens de l’histoire, mais bien qu’elle est la conséquence de choix politiques ineptes, d’erreurs accumulées, de constats erronés et de médications qui tuent le malade ». N’a-t-elle pas aussi rappelé, contre ceux qui, à l’intérieur même du FN, cherchent à imposer leur clivage, qu’il faut refuser aussi bien l’ « ultraétatisme » que l’ « ultralibéralisme » ? N’a-t-elle pas insisté longuement sur les méfaits de l’immigration et de l’islamisme, afin, sans doute, d’effacer la mauvaise impression qu’avaient laissée tant ses propos un peu irréfléchis sur le « grand remplacement », confortés par ceux du jeune benêt marxo-rousseauïste qui préside actuellement aux destinées du Front National de la Jeunesse, que le maintien dans ses fonctions, malgré son prosélytisme contraire à la sacro-sainte laïcité qu’elle ne cesse elle-même d’invoquer, d’un jeune converti à l’islam ?

    Marion Maréchal-Le Pen a tenu, quant à elle, dès le 1er décembre, à confirmer son indépendance et ses convictions en s’excusant de n’avoir pu être présente, le mercredi 26 novembre, pour voter contre la honteuse proposition de résolution adoptée à l’Assemblée nationale pour la quarantième anniversaire de la loi Veil et faisant de l’infanticide un « droit fondamental en France et en Europe » — rien de moins ! Ce qu’elle aurait fait — alors que Gilbert Collard s’est abstenu — « parce qu’avec cette apparition du “droit fondamental” de l’avortement, on va remettre en cause l’ensemble de son encadrement comme une entrave à son accès » [1]. Saluons au passage Jean-Christophe Fromentin de l’UDI et les cinq députés de l’UMP qui ont refusé, avec courage,après ce morceau d’éloquence parlementaire que fut le discours de Jacques Bompard, de se faire les complices de cette mascarade pourtant co-signée par leurs partis et fondée sur cette « culture du déchet  » régulièrement dénoncée par le pape François.

    Nous ne nous lasserons jamais de le répéter : la question d’ordre anthropologique conditionne les autres questions. Et c’est la force du comte de Paris et du Prince Jean, véritables héritiers de la tradition nationale, de l’avoir compris. Le « politique d’abord » s’inscrit dans une nécessaire restauration des valeurs qui doit accompagner la lutte pour la renaissance de la France. L’Action française n’a jamais séparé les combats. Elle est aux côtés de tous ceux qui le comprennent.

    François Marcilhac - L’AF 2898

    [1] Déclaration à Présent du 1er décembre 2014

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Editorial-de-L-AF-2898

  • La France, « défoncée » à la dépense publique improductive !

    Elle n’emprunte pas pour investir mais pour fonctionner, notamment pour entretenir une fonction publique d’un emploi sur cinq.

    Certains ferment des cadenas le long des ponts en se jurant un amour éternel, les patrons de PME qui défilaient munis de cadenas à Paris et à Toulouse souhaitaient au contraire qu’un geste d’amour des pouvoirs publics les ouvrent afin de desserrer l’étreinte réglementaire, fiscale et sociale qui les empêche d’investir et de croître… Alors ils demandent aux fonctionnaires et aux élus de revoir trois copies rédigées en méconnaissance de la réalité vécue.

    – Il est impossible à certaines petites entreprises, en raison de leur type d’activité, d’embaucher des salariés pour un minimum de 24 heures par semaine.

    – La complexité de la mise en œuvre du compte pénibilité pour la retraite est d’une gestion trop lourde pour des patrons qui préfèrent se consacrer à la marche de leur entreprise plutôt qu’à la paperasse administrative, laquelle justifie au contraire le surnombre des emplois publics.

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