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France et politique française - Page 4040

  • De quoi MM. Cambadélis et Reynié sont-ils le nom ?

    Cherchant à trouver à tout prix des « tiraillements » au sein du FN, le site d’Europe 1 se penchait ces dernières heures sur la reconnaissance de l’Etat palestinien votée en une résolution non contraignante par la majorité de gauche à l’assemblée nationale hier. Gilbert Collard (RBM) y était en effet clairement opposé et Marion Maréchal-Le Pen (FN) plutôt favorable  même si elle s’est finalement abstenue en l’état,  au vu de ce texte porté par Benoit Hamon. Devant le  parlement européen, dans une brève allocution mise en ligne sur ce blogue le 26 novembre, Bruno Gollnisch s’est dit pour sa part  favorable à une reconnaissance de cet Etat palestinien pour les raisons invoquées par lui dans son intervention que nos amis internautes peuvent donc (ré)écouter. Une différence d’analyse dont on peut discuter au FN, qui n’est ni une secte, ni un parti de godillots, alors que le conflit israélo-palestinien, sujet sensible s’il en est, est souvent instrumentalisé à des fins plus inavouables.

     Et Europe 1 de citer Le canard enchaîné qui «rappelle ces propos qu’aurait tenu le député Benoît Hamon: il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande. » Musulmans qui se sont aussi massivement détournés du PS et de la gauche, ajouterons nous, depuis l’adoption de la loi en faveur  du mariage homosexuel.

     Voir dans le vote de cette résolution défendue par les députés de gauche (ou du moins la majorité  d’entre eux)  des « préoccupations électoralistes » n’est bien sûr pas du tout délirant. Il faudrait  être a contrario bien naïf pour ne pas les voir à l’œuvre dans cette caricature de parti communautaro-clientéliste qu’est le PS.

     Un Parti socialiste qui lance son énième dispositif-tour de table-table-ronde- réunion- campagne contre le FN avec leurs deux (mauvaises)  secrétaires nationales,  Elsa Di Méo et Sarah Proust; une offensive confirmée par le premier secrétaire  du PS Jean-Christophe Cambadélis, dimanche  lors de l’émission « Le Grand Rendez-vous » (Europe 1 – i-Télé – Le Monde). Ce dernier  a qualifié le  FN de « parti mutant, qui a des propositions par régions » « difficilement saisissable ». Les Français eux, ont plutôt bien saisi…

     L’ancien trotskyste du PCI n’a pas manqué de relayer la petite chanson du moment sur un FN qui serait financé par Moscou, au motif que le banques françaises et européennes sollicitées lui ayant refusé  un prêt, le FN a dû en contracter un auprès d’une banque  russo-tchèque.

     Disons le tout de go, ce qui gêne M.  Cambadélis, ses amis et les autre pontes bruxellois de la classe politique, c’est le fait que le FN défende un projet de coopération étroite entre nations libres européennes incluant la Russie,  c’est-à-dire préfère l’Europe des patries de  Brest à Vladivostock  à l’Europe babélisée et totalitaire de Bruxelles à Washington. Ce que le patron du PS traduit en affirmant sans rire, comme un porte-parole de la Maison blanche ou du Pentagone, que le FN est sous la coupe «de l’adversaire de la  France et de l’Europe des citoyens européens ». Il est bien connu que le trotskysme mène à tout à condition d’en sortir, mais là,  quand même, Camba fait très fort dans l’allégeance…

     Mais le summum du déchainement haineux et mensonger nous a été offert hier par le politologue proche de l’UMP, Dominique Réynié, invité de l’émission d’Yves Calvi  C dans l’air sur France cinq, en compagnie d’une autre politologue, Virginie Martin, du  journaliste-éditorialiste Claude Weill et de Gael  Sliman,  président de  l’institut de sondage  Odoxa.

     Une émission consacrée au FN, aux perspectives qui s’ouvre à lui après son congrès et intitulée « Marine Le Pen veut gouverner », dans lequel M. Reynié s’est particulièrement distingué dans l’outrance.

     Certes, il est coutumier du fait. Dernier épisode en date, nous évoquions sur ce blogue, les le 18 et 27 novembre, l’enquête à la méthodologie suspecte et pour le moins sujette à caution faite par une officine présidée par Dominique Réynié, Fondapol. Celle-ci  tendait à démontrer que les sympathisants du FN et  électeurs de Marine, (mais aussi dans une moindre mesure les musulmans pratiquants et les électeurs de M. Mélenchon et du Front de Gauche) constituaient la population  la plus « antisémite » ou à tout le moins la plus perméable aux «préjugés antisémites» en France. Une manière de dire que le FN et ses électeurs devaient être maintenus dans le ghetto, n’étaient pas des citoyens éclairés à part entière…

     Hier sur  France cinq, M. Reynié a été encore plus loin. « La Russie de Vladimir Poutine finance des partis nationalistes d’extrême droite pour  déstabiliser» l’UE a-t-il assuré en guise de hors d’œuvre. «Les Russes jouent sur des partis comme Aube dorée en Grèce et le Jobbik en Hongrie, des partis d’extrême droite, racistes, antisémites, violents, (comparaissant) régulièrement devant la justice pour avoir assassiné des personnes. Ce sont d’ailleurs les organisations avec lesquels Marine Le Pen a essayé de créer un groupe au parlement européen. Il y a d’ailleurs des liens entre le FN et le Jobbik,  c’est d’ailleurs Bruno Gollnisch qui s’en occupe ».

     Si les violences entre l’extrême gauche et les partisans d’Aube Dorée ont effectivement conduit au décès d’un militant gauchiste ces derniers mois, il convient d’affirmer que Jobbik, qui était effectivement membre -contrairement à Aube Dorée-  de l’Alliance Européenne des Mouvements Nationaux (AEMN) présidée par Bruno Gollnisch, n’a jamais « comparu devant la justice  pour avoir assassiné des personnes »! En outre,  Marine Le Pen n’a pas pris contact avec Aube Dorée ( !) ni même avec Jobbik pour créer un groupe au parlement  européen, ce que M. Reynié qui suit de prés les activités du FN ne devrait (ne peut) pas ignorer.

     Pourtant, le patron de Fondapol  affirme encore qu’ « il y a des liens entre le FN et Aube dorée donc des néo-nazis, je suis désolé de le dire comme ça, dont le programme est qu’il n’y ait  plus de juifs en Grèce par la méthode violente (…) . Avec ces partis,  le FN a des relations, il arrive au FN  de les inviter à des réunions à Paris ou d’aller les voir. De même  le Fpo (« Parti de la liberté », droite nationale autrichienne, NDLR)  est financé par  la Russie »; Fpo « qui a organisé en 2012 un bal interdit aux juifs, dit des anciens néo-nazis (sic), auquel Marine Le Pen a participé» – cette «qualification» donnée à ce bal  est un gigantesque bobard que Marine a dénoncé plusieurs fois .

     Et Dominique Reynié, d’enfoncer le clou : « ce FN n’a pas changé. On a mené une enquête (« enquête » Fondapol que nous évoquons plus haut, NDLR) sur l’opinion des proches du FN et des électeurs de Marine Le Pen par rapport à tous les autres Français. ,C’est tres spectaculaire  (…), il faut savoir qui sont ces gens là, ils sont restés exactement ce qu’était ce parti à l’origine, c’est un parti raciste, antisémite, à la culture violente, autoritaire qui aujourd’hui nous montre un visage (…) beaucoup plus avenant. Mais le fond est le même, l’histoire de ce parti est là, les réseaux sont là,  les liens avec la Russie », «une puissance étrangère qui finance un parti qui se présente comme un parti aimant plus la patrie que tous les autres mais recevant de l’argent de Poutine». «C’est extrêmement sérieux nous sommes devant des données extrêmement préoccupantes »…

     Est-il possible d’insulter autant  la vérité et les électeurs, adhérents et dirigeants du FN  sans que cela prête à conséquence?  Certainement non affirme Bruno Gollnisch. Libre à chacun d’analyser, d’interpréter, de rechercher les raisons de ce déchainement, mais en toute  hypothèse,  M. Réynié devra  répondre de ses propos …devant la justice?

    http://gollnisch.com/2014/12/03/de-quoi-mm-cambadelis-et-reynie-sont-ils-le-nom/

  • Plus fort que Juppé contre Sarkozy : chiites contre sunnites

    Tout chroniqueur hexagonal qui se respecte doit bien sûr situer le centre du monde à Paris. Il doit aussi considérer, jusqu'en 2017, encore 3 ans, que la seule question qui comptera dans l'univers intergalactique sera de savoir qui aura le privilège de battre Mme Le Pen au second tour d'une élection présidentielle à couper le souffle.

    Et pourtant, n'hésitant pas à désobéir aux consignes, essayons de faire diversion en remarquant qu'il se passe des choses dont nos gazettes ne se préoccupent guère.

    En ce moment, Vladimir Poutine est à Ankara en train de négocier un contournement des sanctions occidentales. Il vient de renoncer au pipeline "South Stream"

    En ce moment, le cours du pétrole est en chute libre, beaucoup plus rapide que la diminution du prix du carburant à la pompe.

    En ce moment l'Arabie saoudite, alliée des États-Unis depuis la fondation du royaume en 1932 et celle de l'Aramco en 1933 accélère ce mouvement en augmentant sa production et en bloquant les pressions du cartel constitué de l'Opep et de la Russie. Le gouvernement le plus menacé dans ce scénario semble le Venezuela, foyer du désordre en Amérique latine. Mais d'autres suivront, si la baisse se confirme.

    En ce moment aussi, la guerre millénaire entre chiites et sunnites déchire plus que jamais le proche orient. Aujourd'hui par exemple les chiites iraniens considèrent qu'ils satellisent au moins quatre centres de pouvoirs alliés de Téhéran, du Yémen à la Syrie, en passant par Bahreïn et le sud de l'Irak. Il faudra compter avec les ramifications de cette force. Elle peut, plus que d'autres, résister à la poussée du Califat terroriste d'Abou-Bakr al-Baghdadi, alors même que les États-Unis et Israël perçoivent encore la menace persistante des ambitions nucléaires de l'Iran et le poids de l'héritage de la révolution islamique de 1979.

    Dans la mouvance chiite on ne doit pas oublier non plus les dispersions, les évolutions séculaires et les multiples versions de cette interprétation légitimiste de la foi mahométane.

    Ainsi au Liban, communauté de moindre importance au moment du pacte national de 1943, elle a par sa démographie pris une importance considérable. Avec le Hezbollah, depuis 1982-1985, il s'agit à la fois d'un parti politique et d'une réalité militaire, placé sur la liste des organisations terroristes.

    En Turquie, il en va tout autrement. Sous le nom de câ'feri (en turc) on désigne les adeptes de l'islam chiite iranien, dit "duodécimain". (1)⇓ Ils comptent peut-être 3 ou 4 millions de croyants, plus ou moins assimilés à une petite minorité nationale. Car la principale version du chiisme en Anatolie est constituée par les "alevis-bektachis" qui tiennent Ali pour l'une des trois personnes d'une trinité sacrée, (2)⇓ dont la représentation trône dans toutes leurs cérémonies. Communauté essentiellement pacifique, reconnaissant l'égalité des sexes, ils sont exécrés par les intégristes du sunnisme. dans les années 1970 à 1990 ils furent à plusieurs reprises la cible de persécutions fanatiques. On a pu y voir la main du fameux "État profond" supposé quadriller le pays.

    Pratiquant leur religion dans des lieux de culte distincts, les "cemevi" ils se trouvent aujourd'hui encore pratiquement niés par les autorités instituées du culte, les dizaines de milliers de fonctionnaires de la Direction des affaires religieuses turques, et ses budgets publics étant voués par la constitution de 1982 à l'entretien de l'islam sunnite et de ses mosquées. Or, il est bien possible que cette "minorité" représente 25 ou 30 % de la population. Persécutés par le kémalisme des années 1930, leurs pratiques de l'achoura étant même explicitement interdites par une loi de 1928, objet de pogroms un demi-siècle plus tard, supposés "de gauche", les alévis ont depuis 30 ans essaimé dans tout le territoire à la faveur de l'urbanisation, à Istanbul comme dans l'ensemble de l'Anatolie.

    Certes donc on doit se préoccuper de la survie des chrétiens du proche orient, mais la question de la liberté religieuse englobe aussi, ou plutôt elle englobera de plus en plus, dans les pays à majorité, ou plutôt à islam d'État, sunnite, la question des droits des communautés chiites, des alévis, des confréries, dissoutes par Kémal et ouvertement menacées par Erdogan dans ses discours de la campagne présidentielle de 2014. En fait, contrairement à l'idée reçue selon laquelle la république turque aurait introduit les principes occidentaux de "la laïcité", laquelle suppose au moins la liberté de conscience et de culte – c'est le point essentiel affirmé aussi bien par le "Bill of Rights" américain du XVIIIe siècle que par la loi de séparation française de 1905 – la constitution turque est obsédée par la question de l'unité nationale.

    Sa prétendue "laïcité" pourrait ainsi faire sienne, horresco referens, la fière devise qui aboutira à la révocation de l'édit de Nantes "une foi, une loi, un roi".

    Il se trouve qu'un épisode récent, autour des tentatives de "repentance" de l'État à propos des massacres de 1937-1938 dans la région appelée alors Dersim, et aujourd'hui Tunceli, dont la particularité est d'être à la fois kurde et alévie, montre que le rapport de forces politique a évolué et évoluera encore. Mis, par le premier ministre Davutoglu, au défi de s'y rendre, le chef du parti nationaliste MHP Devlet Bahceli a voulu crânement y organiser un meeting. Il a dû rebrousser chemin ce 28 novembre.

    Oui, cet antagonisme entre sunnites et chiites, qui remonte à l'an 61 de l'Hégire, 680 de l'ère chrétienne, à la bataille de Kerbala, où les omeyyades l'emportèrent sur les descendants d'Ali, peut sembler à certains plus durable et plus significatif, que les débats internes de la droite que notre gauche française, la plus intelligente du monde pour sûr, persiste à appeler "guerre des chefs" en référence à cette grande création culturelle hexagonale du XXe siècle, "Astérix le Gaulois".

    JG Malliarakis  http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1) C'est à dire reconnaissant la chaîne des Douze imâms descendants du Prophète, le 12e étant "occulté" depuis le IXe siècle cf. Lammens "L'Islam coyances et institutions" pp.144-145. ⇑

    2) cf. Lammens "L'Islam coyances et institutions" pp. 168 et suivantes. ⇑

  • Les « zadistes » de Notre-Dame-des-Landes, nouveaux djihadistes verts ?

    Un cap est franchi avec le climat de peur savamment entretenu par des milices dangereuses.

    Patrice Valentin, directeur de Dervenn (entreprise spécialisée en conseil d’ingénierie écologique), s’exprimait au micro de France Info en ces termes : « Ça n’est pas la première fois que l’on reçoit des lettres de menaces. Il y a un site sur lequel on est cité comme étant une cible en appelant tout le monde à venir perturber la vie de l’entreprise et en nous menaçant de faillite. L’objectif des opposants est de créer un climat de peur pour que personne ne réponde. Pour moi, cela s’appelle du terrorisme. » Les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dévoilent ainsi une face obscure, qui n’est pas loin de rappeler des méthodes que l’on croyait disparues depuis les années 1970, celles des groupes terroristes Action directe ou des Brigades rouges.

    Déjà, les méthodes des militants « antifas » qui ont protesté à Toulouse et à Nantes étaient assimilables à une forme de para-terrorisme mais là, un cap est franchi avec le climat de peur savamment entretenu par des milices dangereuses.

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  • [FIN DE VIE] Lancement du collectif Soulager Mais Pas Tuer

    Soulager mais pas tuer est un mouvement unitaire qui rassemble des professionnels et des usagers de la santé, tous engagés pour protéger la France de la dérive euthanasique. Il se lance aujourd’hui à travers toute France, lors de conférence de presse, happening ou scénographies.

    Plusieurs causes à cela : le le plan national de développement des soins palliatifs 2008-2012 qui n’a pas été reconduit, l’annonce d’une nouvelle loi « Fin de Vie » en 2015. [...]

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  • La réalité des entreprises françaises, ce n’est pas le CAC40, mais les PME

    De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

    4"Les syndicats patronaux appellent, cette semaine, à une grande mobilisation pour libérer l’entreprise. Cela suscite, pour l’heure, une indifférence goguenarde des médias, quand ce n’est pas un cri d’indignation devant « ces patrons qui en veulent toujours plus ». Il est certain que les patrons ont, en France, l’image de nantis qui ne cessent de demander des baisses de charges, se gavent de dividendes et refusent toute hausse de pouvoir d’achat à leurs salariés. Cette image est principalement due au quasi monopole de l’extrême gauche au sein des « grands » médias. Toutes les enquêtes montrent que les journalistes votent massivement à gauche ou à l’extrême gauche. L’une des dernières enquêtes, réalisée par Robert Ménard en 2012, avait montré que 74 % des journalistes interrogés avaient voté Hollande au deuxième tour de la présidentielle. Ils avaient même été 19 % à voter Mélenchon au premier tour, plus que pour Sarkozy (18 %).

    Mais l’imprégnation des idées marxistes n’est pas seule en cause. Il faut aussi dire et redire que la réalité des entreprises françaises, ce n’est pas le CAC40, mais les PME : 99 % des entreprises françaises sont des PME (moins de 250 salariés) et 92 % des TPE (moins de 10 salariés). Il existe bien des différences entre les multinationales et les TPE. La principale, c’est que presque toutes les multinationales sont gérées par des salariés qui ne sont pas responsables de leurs échecs, contrairement aux « vrais » patrons. En la matière, rappelons l’exemple caricatural de Jean-Marie Messier, pur produit de l’oligarchie technocratique qui s’était retrouvé à la tête d’un immense groupe privé, Vivendi, sans avoir jamais montré la moindre aptitude à diriger une entreprise et avait entraîné son groupe dans une course folle au gigantisme, avant de l’abandonner criblé de dettes.

    Autre différence de taille, les multinationales ont toutes sortes de collaborateurs aptes à saisir les aubaines réglementaires ou fiscales. En conséquence, les innombrables « aides aux entreprises » servent principalement à de grosses sociétés qui emploient de moins en moins de personnes en France et y paient fort peu d’impôt puisque leurs bénéfices sont majoritairement à l’étranger. Tout alourdissement des charges nous approche ainsi un peu plus d’une situation où les petites entreprises auront disparu. Cette situation serait catastrophique pour l’emploi et la cohésion sociale. Elle serait même sans doute insurrectionnelle. Ce qui explique la convergence d’intérêts entre les grands groupes et l’extrême-gauche (je rappelle que les mouvements révolutionnaires du XXe siècle, qu’ils soient national-socialistes ou marxistes-léninistes, et maintenant islamistes radicaux, ont tous été largement financés par des magnats de Wall Street ou de la City).

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  • Pourquoi autant de catholiques sont-ils des anti-libéraux économiques primaires ?

    Franck Abed répond à Enquête et Débat sur le libéralisme. Extraits choisis :

    "L’Eglise condamne le libéralisme, pourquoi le fait-elle, de quand cette condamnation date-t-elle, et s’agit-il du libéralisme économique cher à Tocqueville ou encore Chateaubriand, qui étaient catholiques ?

    ALe libéralisme est un terme aujourd’hui un peu fourre tout, à l’instar du mot de droite.Beaucoup utilisent ces deux notions sans être des libéraux ou de droite, d’où les énormes confusions qui en ressortent. Dans les discussions que je peux avoir avec des amis, des collègues, des gens qui me croisent dans la rue, il apparaît que Sarkozy, un exemple parmi d’autres, passe pour être un ultralibéral, lui qui n’a cessé d’intervenir dans l’économie souvent de manière catastrophique et de nationaliser… Autant dire que le travail de formation intellectuelle qui nous attend est énorme.

    Dans notre époque moderne, le terme liberté signifie souvent licence et permissivité. Ce n’est pas du tout cela dont il s’agit quand j’évoque le terme liberté.Je renvoie à l’encycliqueLibertas praestantissimumécrite par Léon XIII le 20 juin 1888. Celui-ci nous explique plusieurs idées essentielles que je résume bien sommairement. Tout d’abordla liberté, bien comprise, repose sur des valeurs morales, le bien et la vérité. Les modernes et les gens de gauche pensent que la liberté repose sur la volonté propre des individus, indépendamment de toutes contraintes. Ensuite, la liberté d’une action, d’une idée doit impérativement tendre vers le bien, mais non pas vers le bien d’un homme, cela signifierait qu’il y aurait autant de bien que d’hommes (et là nous tombons dans le relativisme), mais vers le bien subordonné au droit naturel. Pour cette notion de droit naturel, je renvoie aux travaux de Saint-Thomas d’Aquin. Enfin, la liberté ne se veut pas le corollaire de l’action humaine consistant à faire ce que l’individu veut, quand il veut. Au contraire, la liberté ne doit jamais être déconnectée, si je puis dire, de la raison et de la recherche du bien entre les gens de bonnes volontés. La liberté est nécessaire à l’épanouissement de l’homme ici-bas et toute volonté arbitraire de retirer cette liberté ne peut se faire sans dégâts. Pour être clair, l’Eglise a condamné et condamne, le relativisme philosophique, moral et intellectuel, ainsi que toutes initiatives humaines détachées de la raison, niant ou combattant l’ordre naturel.

    L’Eglise n’a jamais condamné la libre entreprise ou la liberté scolaire. Elle n’encourage pas non plus les systèmes économiques prétendument « libéraux », car ceux-ci cachent en réalité des doctrines prêchant l’exploitation délibérée de l’homme par l’homme. J’encourage également les lecteurs de votre site, en plus de lire l’encyclique susnommée, d’étudier sérieusement Immortale Dei, du 12 mai 1885. [...]

    Pourquoi autant de catholiques français sont-ils aujourd’hui des anti-libéraux économiques primaires, alors que la puissance d’une nation vient notamment de son dynamisme entrepreneurial et donc libéral ?

    La réponse est très simple. Beaucoup de catholiques le sont plus par habitude que par démarche intellectuelle, réfléchie et raisonnée. Ils le sont par atavisme familial ou par confort… De même, nombre de catholiques ignorent les fondements de leur religion et sont amenés à tenir des propos, qui, sans qu’ils le sachent, sont condamnées par Notre Sainte Mère l’Eglise. Disons les choses clairement, toute notre société penche à gauche voire à l’ultra gauche. Regardez le jeu politique, combien y a-t-il de partis de droite au niveau national en France ? Zéro. Les catholiques dans une large mesure, ne vivent pas en autarcie, et ne sont donc pas épargnés par la pente gauchiste que prend notre pays depuis des années. En France les grands médias, les partis politiques et les syndicats dominants sont tous exclusivement de gauche voire d’extrême gauche. Etant donné leurs influences néfastes dans notre société, dues à des moyens financiers et humains conséquents, il est évident que les Français peuvent difficilement résister à cette propagande gauchiste sans volonté, et surtout sans formation intellectuelle digne de ce nom. Pour s’en sortir, il est important de militer à temps et à contre temps pour défendre à la fois les libertés qui aujourd’hui sont réduites comme peau de chagrin et les principes qui permirent à la France d’être le phare du monde…"

    Michel Janva

  • UMP : le strapontin vide…

    Nicolas Sarkozy s’est attelé à la lourde tâche de rassembler les membres épars de l’UMP, ce grand cadavre à la ramasse, ce qui n’a rien d’évident.

     

    Sitôt proclamé vainqueur, sans perdre une minute – ce qui est bien dans son style – et conformément à l’un des engagements qu’il avait pris pendant sa campagne – ce qui n’était pas écrit d’avance –, Nicolas Sarkozy s’est attelé à la lourde tâche de rassembler les membres épars de l’UMP, ce grand cadavre à la ramasse, ce qui n’a rien d’évident. L’heure n’est-elle pas venue, pour reprendre sa formule, de « jouer collectif » ?

    Le président tout neuf d’un parti qui l’est moins s’est donc empressé de tendre la main à tous ceux qui voudraient bien la prendre, et en particulier aux quatre anciens Premiers ministres issus de son mouvement. Rien de plus judicieux, de plus positif et de plus apaisant, en apparence, que sa proposition de constituer au sommet du supposé « premier parti d’opposition » une sorte de « comité des sages » dont ces quatre personnages, a priori qualifiés, expérimentés, respectables, en tout cas les plus anciens dans le grade le plus élevé, auraient été le noyau dur.

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