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France et politique française - Page 4183

  • Une population peut être chassée ou se voir remplacée par une autre

    Extrait du discours prononcé par le Général Lalanne-Berdouticq (ancien commandant du 3ème REI (Régiment Étranger d’Infanterie) et ancien chef du BDL (Bureau De Liaison) de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban), lors de la clôture d'une récente session de l'IHEDN :

    "Méfions-nous du prêt à penser. Il est presque toujours faux et ordonné à des fins peu recommandables.

    Non le Kosovo n’est pas meilleur après la campagne qu’y ont conduite les alliés en 1999, montée suite à une incroyable guerre d’intoxication médiatique diabolisant les Serbes et présentant les Albanophones comme des anges persécutés…

    Il en résulta la fondation du premier pays presque totalement mafieux du continent européen, dont la population originelle, serbe, a été sans pitié chassée de chez elle dans le silence des médias ; ses monastères détruits et ses maisons incendiées.

    Non l’Afrique d’aujourd’hui ne vit pas mieux que du temps de la colonisation, à commencer parce que l’esclavage (personne ne le dit) et les massacres ethniques sont repartis de plus belle et que bien des États officiellement constitués sont en faillite aussi bien financière que politique.

    Non la Libye d'aujourd'hui n'est pas meilleure que celle d'hier, puisque au demeurant elle n'existe tout simplement plus, et que son tyran a été remplacé par d'autres, en plus grand nombre.

    Non la démocratie occidentale n’est pas applicable à tous les continents et à tous les pays. D’abord parce que ce n’est pas un système unique (voyez comme la nôtre est différente de celle des États-Unis ou d’Israël, ou bien encore de la Grande-Bretagne) ; ensuite parce que ce système politique ne peut s’épanouir qu’au sein de peuples voyant la personne comme un individu et non comme une partie d’un tout (société personnalistes contre sociétés holistiques)…

    Dans les grandes questions du monde n’oublions jamais de considérer le paramètre démographique. Il est capital et le silence des médias et des analystes sur ces sujets en dit long sur l’aveuglement – qui ne peut qu’être volontaire – de nos élites autoproclamées.

    Ainsi, quel est l’avenir de l’Allemagne, qui aura perdu sept millions d’habitants en 2030 et se verra peuplée en grande partie de ressortissants d’origine turque ? Sera-t-elle-la même ?

    On sait que l’islam confond la sphère publique et la sphère privée en refusant absolument de distinguer "Dieu" et "César". Or, cette distinction est à la base même des systèmes démocratiques.

    Enfin, oublie-t-on qu’une population peut être chassée de chez elle, ou se voir remplacée par une autre, les autochtones se retrouvant alors comme étrangers sur leur propre sol ?

    Sans remonter à la diaspora juive du premier siècle, pensons aux Coptes d’Égypte, aux chrétiens de Turquie et d’Asie (20% de la population en 1900 alors qu’ils sont aujourd’hui 0,02%, soit mille fois moins) ou bien encore aux Serbes du Kosovo, déjà cités (90% de la population en 1900 et moins de 10% aujourd’hui) !

    Hors les idéologues, qui peut être assuré qu’en France, nous sommes à l’abri de tels phénomènes ?

    Refuser d’examiner la question sous couvert de mots en -isme est singulièrement irresponsable.

    Or, entendons nous que l’on pose cette question ? – Non !"

    Michel Janva

  • Ebola : les pays africains ferment leurs frontières, pas nous

    Tandis qu’au Kenya, où aucun cas d’Ebola n’a été référencé, le ministre de la Santé James Macharia – dans un souci de santé publique – prend la décision de suspendre l’entrée sur le territoire des voyageurs en provenance de Guinée, de Sierra Leone et du Liberia infectés par le virus, tandis que le Koweït, l’Arabie saoudite et la Libye ferment leurs frontières, la Cour européenne annonce la suspension des vols de retour des immigrés arrivant d’un pays où sévit l’épidémie. Autrement dit : le gouvernement kenyan et les pays arabes s’attachent à protéger leurs populations, alors que la Cour européenne expose les nôtres au contact d’immigrés illégaux potentiellement à risque !

    Déroutante est la raison invoquée par l’agence FRONTEX (chargée de la coopération inter-pays sur les frontières extérieures de l’Union européenne) : la suspension pourrait durer plusieurs mois selon les prévisions des experts. « Jusqu’à ce que nous ayons l’assurance que l’épidémie est sous contrôle, l’agence n’organisera pas de vols de retour vers ces pays », a averti le directeur adjoint de l’agence.

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  • Grandeur et décadence de la presse écrite

    La décadence de la presse écrite n’est pas quelque chose de nouveau. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Par Jabial.

    imgscan contrepoints843 presse médiasLe premier journal imprimé au monde, à diffusion purement locale, a été lancé en 1605 à Strasbourg. Pour être honnête, la France ne peut pas pour autant en revendiquer la paternité. En effet, ce journal était en langue allemande, et pour cause : cette ville appartenait à l’époque au Saint-Empire Romain Germanique. Strasbourg était encore Germanique quand la célèbre Gazette, le premier journal français, débuta sa parution par privilège royal en 1631. Auréolé d’un statut quasi-officiel sous l’Ancien Régime, il allait survivre trois siècles, connaissant la déchéance de devenir la feuille d’opinion des royalistes, avant de disparaître définitivement en 1915. Entre temps, d’autres périodiques avaient pris le relais.

    L’époque héroïque du journalisme français

    Censurée de Louis XIV à Napoléon, puis de nouveau pendant les périodes de conflits, la presse française a connu une époque héroïque dont il subsiste encore des vestiges qui sont brandis glorieusement, tels les reliques d’un saint mort depuis longtemps. On peut citer le Canard Enchaîné, né en réaction à la propagande pendant la Grande Guerre, mais qui vit aujourd’hui d’informateurs bien placés plus que d’enquêtes longues et coûteuses, tant il est vrai que ce rôle-là de la presse a été tristement abandonné. Comment en sommes-nous arrivés là ?

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  • Philippe de Villiers: « L’Europe est devenue la cinquante et unième étoile du drapeau américain. »

    Philippe de Villiers de retour de Yalta en Russie où il a rencontré Vladimir Poutine pour un accord de plusieurs implantations de parcs d’attraction culturels de style Puy-du-Fou, a donné une interview à Figarovox, dont voici les principaux extraits:

     « l’avenir de l’Europe ne doit pas s’écrire sur le continent américain, mais sur le continent européen. L’Europe ne peut pas se faire sans la Russie. Il a cité l’expression du général de Gaulle, «l’Europe de l’Atlantique à l’Oural», une Europe de forme confédérale qui respecte les souverainetés. »

    « Je n’ai fait que répéter ce que j’entends tous les jours autour de moi en France dans les milieux populaires, cette phrase qui revient dans la bouche des gens de bon sens: «Il faudrait aujourd’hui en France un gars comme Poutine à la place de Hollande!».

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  • Comment entretenir une action régulière pour ne rien lâcher ?


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    Après des manifestations et des veillées, la lassitude nous guette…Comment l’amitié permet-elle de tenir ?

    Jean Ousset dans son livrel’Action au chapitre III de la cinquième partie, « Notes pour l’action individuelle »(p. 247 à 264), propose 40 notes pour une action efficace à ce niveau d’action personnelle dont nous avons pu mesurer la pertinence ces derniers mois. A relire quand les  vacances nous donnent l’occasion de … préparer la rentrée. Extraits des notes 18 à 20 :

    Déjà parcourus les semaines précédentes ….. 

    1. Des hommes décidés à agir
    2. L’entente d’un petit nombre d’amis
    3. Parlez de notre travail
    4. Pas de fausse discrétion
    5. Pas de fausse politesse
    6. Cependant, la vérité n’est pas une matraque...
    7. Le courage d’être vrais
    8. Pas de vains scrupules
    9. L’art de convaincre
    10. Parler simplement
    11. Se méfier des cérébraux
    12. Travailler
    13. Noyau mou = pépin
    14. Il faut oser
    15. Diffuser les ouvrages
    16. Ecrivez à vos amis
    17. Faites souscrire

    18. L’animation 

    Normalement - car il est des circonstances où un militant très rayonnant est condamné à rester solitaire (celui par exemple qui voyage beaucoup) - normalement, l’animation de petits groupes, cercles ou cellules est le fruit naturel de l’action individuelle, entretenue régulièrement.

    Nous disons bien : action individuelle car, malgré l’existence de groupes, cercles ou cellules, ces derniers n’en dépendent pas moins d’une animation purement individuelle. Rien d’organique au sens institutionnel du mot. Que la pression amicale du responsable fléchisse ou disparaisse, lesdits groupes, cercles ou cellules s’étiolent ou meurent. Parce qu’ils ne dépendent réellement que du zèle d’un seul. D’où le classement que nous en faisons au premier degré [d’une action individuelle] ; réservant pour le second degré de l’action l’étude des groupes, mouvements ou organismes ayant une existence plus institutionnelle, une assise plus collective. Moins dépendante, en un mot, de l’impulsion d’un simple individu.

    19. Efficacité des groupes, cercles, cellules

     Le bienfait de ces groupes, cercles, cellules du premier degré est qu’ils ne dispensent pas de l’effort personnel, de la réflexion solitaire, tout en offrant l’avantage d’écarter les périls de l’isolement. Ils sont enfin les éléments indispensables, les antennes rêvées d’une action vraiment « capillaire ». La doctrine y est assimilée d’une façon vivante, au cours de discussions familières. Ce qui aurait échappé à celui-ci se trouve mis en lumière par celui-là.

    On y prend l’habitude de parler avec une relative aisance de la doctrine appliquée aux questions sociales et politiques. On y prend conscience de l’intérêt qu’elles peuvent susciter. L’initiative personnelle peut y garder sa liberté tout en bénéficiant des avantages d’un travail où l’on se sent moins seul, où l’on se sent plus fort. Le découragement y est moins brutal.

    20. La cellule, pépinière de futurs chefs

    On ne doit jamais perdre de vue que le travail en cellule est le fondement, la grande réserve, la formule du plus sûr rendement. Bien se dire qu’on n’a jamais vu d’état-major remporter victoire sans troupes. Or, c’est un fait que de notre côté les travaux d’état-major sont ordinairement plus prisés que les soins apportés à la formation d’une troupe, pépinière de futurs chefs.

    Nous appelons « cellules » la normalisation de relations amicales. Un groupe d’amis se retrouvant, aussi assidûment que possible pour s’enrichir en commun par un approfondissement doctrinal stimulé et orienté par des publications « ad hoc » : tel est le mode d’organisation idéal.

    Et qu’on se garde bien de caporaliser, d’enrégimenter, sous prétexte d’unité. Le tout premier besoin est que les idées passent, que le plus grand nombre possible de personnes - et les plus variées aussi - soient atteintes.

    Ainsi chacun doit pouvoir susciter d’autres cellules aux quatre coins de France et du monde. Deux cellules de la même ville, de la même rue, peuvent (à la limite) s’ignorer sans inconvénients, et être en relations suivies avec d’autres cellules éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. N’est-ce point là un phénomène continuel et très normal des relations amicales, familiales ou professionnelles ?

    Autrement dit, chacun peut susciter une cellule ou un cercle aux antipodes et l’animer (par correspondance ! le cas existe) en n’ayant besoin pour toute autorité que de celle de son propre zèle et de sa résolution.

    Ainsi pourrons-nous voir le développement de réseaux qui auront toute la force et la souplesse de la vie.

    A suivre …la semaine prochaine…

    Lire et télécharger dans son intégralité l’Action au chapitre III de la cinquième partie, « Notes pour l’action individuelle » dans l’Action de Jean Ousset. Pour rejoindre une initiative qui corresponde à vos « talents » contacter le service d’information d’IchtusCe livre l’Action de Jean Ousset est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l'action culturelle, politique et sociale à la lumière de l'enseignement de l'Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l'encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l'amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l'amitié en est aussi le chemin.

    Le Salon Beige

  • Hollande avoue qu’il a fait livrer des armes aux djihadistes en Syrie

    François Hollande au « Monde » aujourd’hui : « La communauté internationale porte une responsabilité très grave dans ce qui se passe en Syrie […] Si, il y a un an, il y avait eu une réaction des grandes puissances à la hauteur de l’utilisation [par Bachar Al-Assad] des armes chimiques, nous n’aurions pas été face à ce choix terrible entre un dictateur et un groupe terroriste, alors que les rebelles méritent tout notre soutien. »

    Et quelle était cette « rébellion démocratique » ? Sinon les djihadistes de l’Etat Islamique ?

    « La communauté internationale porte une responsabilité très grave dans ce qui se passe en Syrie », dites-vous, responsabilité d’autant plus grande, Monsieur le Président, qu’il a été prouvé depuis que l’utilisation des armes chimiques incombait non à l’armée de Bachar Al Assad mais à la « rébellion syrienne démocratique »…

    Les renseignements français doivent être en-dessous de tout pour que vous n’en ayez pas été informé…

    http://medias-presse.info/hollande-avoue-quil-a-fait-livrer-des-armes-aux-djihadistes-en-syrie/14324

  • Conjoncture. Elie Cohen : « 2015 sera une année de crise politique »

    La croissance est en panne. Que faire ? Suite de notre série d’entretiens avec des économistes. Aujourd’hui, Élie Cohen, pour qui le gouvernement prend un risque en ne respectant pas ses engagements européens.

    Recueilli par Marc PENNEC.

    CROISSANCE QUI STAGNE, CHÔMAGE PERSISTANT… POURQUOI NOTRE ÉCONOMIE PATINE-T-ELLE ?

    Il y a un an, on tablait sur une reprise économique mondiale pour nous entraîner. Or le premier trimestre a été calamiteux aux États-Unis où la croissance en 2014 n’excédera pas 2 %. Même tendance dans les pays émergents et au Japon. Dans la zone euro, la bonne dynamique allemande marque un certain essoufflement. Enfin, il y a les problèmes propres à la France : effondrement de la construction immobilière, faiblesse des investissements des ménages et de la demande globale, manque d’incitation des entreprises à investir.

    Les réformes réclamées ici et là peuvent-elles relancer la machine ?

    Ces réformes structurelles – protection sociale, fluidification du marché du travail, réduction du millefeuille territorial… – créent de l’incertitude et des oppositions à court terme. Mais les effets sont positifs sur le moyen et long terme comme on l’a observé en Suède, au Canada ou en Australie.

    LES FRANÇAIS ONT-ILS RAISON D’ÊTRE AUSSI PESSIMISTES ?

    Franchement non. Depuis 2007, les différents gouvernements se sont appliqués à préserver le pouvoir d’achat des salariés ainsi que notre modèle social, en espérant que la reprise de la croissance viendrait régler les problèmes de la crise. Dans le même temps, en Grèce, salaires et pensions baissaient de 25 % et en Espagne de 10 %. On n’a pas non plus fait les grandes réformes qui ont produit ces résultats en Allemagne ou dans les pays nordiques. Je ne vois aucun gouvernement de gauche ou de droite dire que la priorité est de réduire les dépenses et déficits publics, en réduisant le pouvoir d’achat des Français au besoin.

    PEUT-ON CONTINUER COMME CELA ?

    Non. En 2015, nous ne tiendrons aucun de nos engagements vis-à-vis des partenaires européens. L’année 2014 aura été une année pour rien. Le gouvernement dira : « Certes, nous ne tenons pas nos objectifs, mais nous avons engagé un plan de réformes structurelles ambitieux. » Ce sera une sorte de troc. Mais j’ai du mal à penser que ce scénario soit couronné de succès. Dire qu’on ne fera pas d’effort supplémentaire, de coupe dans les dépenses publiques, le pouvoir d’achat, parce qu’on n’a pas une majorité politique pour le faire, va entrer en collision avec nos engagements européens.

    DONC, RISQUE POLITIQUE ?

    L’année 2015 sera une année de crise politique plus qu’économique. Parce que nous sommes sur une petite tendance de reprise économique. On est en train de remonter, plus lentement qu’espéré.

    LE TEMPS DES GRANDES CROISSANCES N’EST-IL PAS FINI ?

    Les deux tiers de la croissance dans les pays développés, ce sont des gains de productivité dus au progrès technique. Et je ne crois pas qu’il y ait épuisement de ce progrès. Mais pas question de rester sans rien faire en attendant une reprise mondiale.

    entreprises.ouest-france.fr

    http://fortune.fdesouche.com/351917-conjoncture-elie-cohen-2015-sera-une-annee-de-crise-politique#more-351917

  • Après Marseille, Toulouse… Homicides partout, justice nulle part ?

    Ce n’est que l’escalade de la violence devant le laxisme de la justice.   

    Marseille est citée en exemple par l’Algérie pour les meurtres qui s’y succèdent depuis plusieurs mois. Avec un peu de patience, la police algérienne pourrait également prendre pour exemple la ville de Toulouse qui, depuis plusieurs semaines, tente de rivaliser avec la cité phocéenne.

    Le processus est absolument identique, comme l’origine du problème : le trafic de drogue et les rivalités entre gangs appartenant à des quartiers différents dans le but d’augmenter leur territoire de commercialisation.

    Cela a débuté en décembre 2013 quand le gang du quartier de La Reynerie, dans Le Mirail, a empiété sur le quartier des Izards, jusque-là plaque tournante du trafic de stupéfiants. Pour information, ce quartier classé ZSP (Zone de sécurité prioritaire) était également celui où résidait Mohamed Merah.

    Le 4 décembre, deux hommes en scooter lâchent des rafales de kalachnikov sur les devantures de deux commerces. Le client d’un salon de coiffure est blessé.

    Le 5 décembre, c’est une tentative d’homicide contre l’employé d’une pizzeria.

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  • Financement occulte des partis politiques : commissions et rétrocommissions

    [Même avec la réforme Sapin de 1993], on aurait tort de croire que le financement de la vie politique française – voire, parfois, les financements plus personnels de certains responsables politiques – baigne désormais dans une quasi-transparence. Car à côté des sources franco-françaises presque banales que l’on vient d’évoquer, les coûts toujours croissants des campagnes électorales ont conduit au fil des années – surtout depuis les années 1970 – au développement, voire à l’institutionnalisation d’autres filières illégales de financement bien plus opaques, qui constituent à coup sûr l’un des secrets les mieux gardés de Ve République : celles des « rétrocommissions » liées aux marchés d’exportation. 

         La première, mais pas la moins utilisée, est en quelque sorte ancillaire : elle concerne les exportations françaises (de biens de consommation et d’équipement, BTP et autres) vers les pays de l’Ex-empire français, au Maghreb et en Afrique subsaharienne. On sait les liens quasi familiaux conservés depuis de Gaulle entre les dirigeants français et les potentats chargés de gérer, au mieux moins l’ascendant que certains de ces derniers – tout particulièrement ceux qui ont eu la chance d’hériter de pays riches en pétrole, comme Omar Bongo au Gabon – ont pu acquérir sur des pans importants de la classe politique française en contribuant au financement de ses campagnes électorales, à droite (surtout) comme à gauche. De même, la chronique médiatique a fort peu rendu compte des ressorts financiers profonds qui expliquent souvent la grande sollicitude dont ont fait preuve depuis les années 1980 nombre de responsables politiques de gauche (surtout ?) comme de droite à l’égard des dirigeants autoritaires du Maghreb, qu’il s’agisse du roi Hassan II au Maroc, des généraux algériens ou du général Zine Abbidine Ben Ali en Tunisie (depuis 1987).

         Dans tous les cas, au-delà des classiques et presque « anecdotiques » valises de billets, le mécanisme de base a été le même, banalisé et perfectionné – avec le recours au « paradis fiscaux » – au fil des années : une grande entreprise française, grâce à l’entregent de tel ou tel responsable politique, emporte un marché d’importation (de sucre, de blé, d’usine « clé en main »...) de l’un de ces États du pré-carré. Son prix est surfacturé de 10% à 15% (parfois beaucoup plus), pour payer des commissions qui vont dans la poche des « décideurs » locaux, lesquels en rétrocèderont une partie (les fameuses rétrocommissions) aux divers « intermédiaires », dont ces obligeants responsables de partis politiques français toujours en quête de finances pour tenter de gagner la prochaine élection – et pas toujours insensibles aux cadeaux annexes. Mais de tout cela, la justice française – et moins encore les médias – n’a jamais rien su, tant ce secret est bien gardé, car on parle là, au fil des années, de milliards d’euros. 

         Il en va (presque) de même pour la seconde forme de rétrocommissions, celles liées aux grands marchés passés avec des États étrangers – et là, bien au-delà des seuls États de l’ex-Empire colonial – par les entreprises françaises dites « de souveraineté » (dans les secteurs de la défense, de l’aéronautique, de l’énergie, du génie logiciel, etc., dont les exportations sont étroitement contrôlées par le gouvernement français). Le problème est double. Le premier tient au fait que la plupart des entreprises françaises, en passant des contrats à l’étranger, doivent verser des commissions, le plus souvent parfaitement légales, quand elles rémunèrent le travail effectif d’un agent commercial facilitant un contrat. En 2000, une convention de l’OCDE, ratifiée par la France, a fort justement limité le montant de ces commissions à 5% de la valeur du contrat, en interdisant formellement qu’elles soient versées à un agent de l’État concerné, dirigeant, élu ou fonctionnaire. Le problème, c’est que les entreprises « de souveraineté » ne traitent, directement ou indirectement, qu’avec ces personnes et que, de ce fait, le contrôle est en pratique impossible. Avant la signature de la convention OCDE, le ministère des Finances devait autoriser ces versements, qui atteignaient parfois des montants dépassant 20% de la valeur du contrat, pour que les entreprises vendeuses puissent les déclarer dans leurs frais généraux. Mais depuis la naissance de la Ve République, aucune de ces autorisations – où figurent en principe les noms des bénéficiaires – n’est jamais sortie des coffres-forts des Finances, « secret-défense » oblige... 

         Le second problème, c’est que ce sont justement ces contrats-là qui font le plus facilement l’objet de rétrocommissions en faveur de personnalités françaises – beaucoup moins souvent à des partis politiques –, qui bénéficient ainsi de « retours » vers par l’agent corrompu du pays acheteur. Typiquement, le corrompu étranger touche de la part de l’entreprise vendeuse une commission occulte majorée – 15% au lieu de 10%, par exemple, charge à lui de reverser 5% en France. Aucune affaire de ce type n’a été jugée depuis 1958, mais c’est exactement ce type de commissions illégalement reversées en France que cherchent à débusquer depuis 1997 les magistrats sur l’affaire des frégates de Taïwan. La pratique n’a pas cessé depuis la signature de la convention OCDE par la France. Elle est seulement devenue plus difficile à mettre sur pied. Et on doit à la vérité dire que ce problème touche tous les grands pays, sans exclure ni les États-Unis ni aucun grand pays européen. 

         De la même manière, les assurances garanties par l’État couvrant ce qu’il est convenu d’appeler le « risque pays » ne sont pas une exclusivité française. En France, cette activité est une spécialité de la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), aujourd’hui filiale du groupe Natixis. Et sans qu’aucune affaire sérieuse ait jamais émergé publiquement, elle cache de nombreux lièvres. Classiquement, une entreprise cherchant à passer un contrat à l’étranger prend une assurance, afin de couvrir le risque qu’elle prend en vendant à une État ou une entreprise étrangère à la solvabilité incertaine. Dans ce cas, la Coface sollicite la garantie de l’État, dont elle peut ensuite faire bénéficier son client. Si le contractant avec lequel ce dernier est en affaire se révèle insolvable, alors il se retourne vers l’État français, qui honore les engagements du partenaire étranger défaillant. 

         Rien là que de très ordinaire. Mais le mécanisme est propice aux abus, car il peut aussi servir à dissimuler des rétrocommissions versées par des dirigeants de pays amis, qui n’ont jamais eu un sou vaillant pour payer leur achat, ou avec lesquels il avait été convenu par avance qu’ils ne paieraient rien, l’entreprise française concernée sachant dès le départ qu’elle se retournerait vers l’État – ce qui permettrait ainsi de financer, sur fonds publics, les besoins des politiques français bénéficiaires des rétrocommissions. 

         Très au fait de ce sujet, l’ancien banquier et ex-ministre du Budget Henri Emmanuelli est le seul à avoir mis les pieds dans le plat, sans que cela ait provoqué autre chose qu’un quasi-coma médiatique : lors de la présentation du budget 2004 à l’Assemblée nationale, il a pourfendu cette pratique fort contestable des « annulations Coface », chiffrées pour 2003 à plus de 700 millions d’euros, et estimées à plus d’un milliard d’euros en 2005. Cette pratique représenterait 46% des annulations de dettes consenties par la France au pays du Sud : « Par une politique systématique de soutien à l’exportation et à l’investissement des entreprises françaises dans certains pays en développement, l’État a alourdi la dette publique des pays destinataires de ces investissements, via le mécanisme de la contre-garantie souveraine. Ce type de dettes n’a que très peu servi le développement des pays du Sud, mais plutôt servi les intérêts de certaines entreprises françaises, qui ont pu ainsi exporter et investir de manière indue. » Et renvoyer sans aucun doute un grand nombre d’ascenseurs, aurait-il pu ajouter. 

    Renaud Lecadre, Histoire secrète de la 5ème République

    http://www.oragesdacier.info/2014/08/financement-occulte-des-partis.html