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France et politique française - Page 4221

  • Hollande avoue qu’il a fait livrer des armes aux djihadistes en Syrie

    François Hollande au « Monde » aujourd’hui : « La communauté internationale porte une responsabilité très grave dans ce qui se passe en Syrie […] Si, il y a un an, il y avait eu une réaction des grandes puissances à la hauteur de l’utilisation [par Bachar Al-Assad] des armes chimiques, nous n’aurions pas été face à ce choix terrible entre un dictateur et un groupe terroriste, alors que les rebelles méritent tout notre soutien. »

    Et quelle était cette « rébellion démocratique » ? Sinon les djihadistes de l’Etat Islamique ?

    « La communauté internationale porte une responsabilité très grave dans ce qui se passe en Syrie », dites-vous, responsabilité d’autant plus grande, Monsieur le Président, qu’il a été prouvé depuis que l’utilisation des armes chimiques incombait non à l’armée de Bachar Al Assad mais à la « rébellion syrienne démocratique »…

    Les renseignements français doivent être en-dessous de tout pour que vous n’en ayez pas été informé…

    http://medias-presse.info/hollande-avoue-quil-a-fait-livrer-des-armes-aux-djihadistes-en-syrie/14324

  • Conjoncture. Elie Cohen : « 2015 sera une année de crise politique »

    La croissance est en panne. Que faire ? Suite de notre série d’entretiens avec des économistes. Aujourd’hui, Élie Cohen, pour qui le gouvernement prend un risque en ne respectant pas ses engagements européens.

    Recueilli par Marc PENNEC.

    CROISSANCE QUI STAGNE, CHÔMAGE PERSISTANT… POURQUOI NOTRE ÉCONOMIE PATINE-T-ELLE ?

    Il y a un an, on tablait sur une reprise économique mondiale pour nous entraîner. Or le premier trimestre a été calamiteux aux États-Unis où la croissance en 2014 n’excédera pas 2 %. Même tendance dans les pays émergents et au Japon. Dans la zone euro, la bonne dynamique allemande marque un certain essoufflement. Enfin, il y a les problèmes propres à la France : effondrement de la construction immobilière, faiblesse des investissements des ménages et de la demande globale, manque d’incitation des entreprises à investir.

    Les réformes réclamées ici et là peuvent-elles relancer la machine ?

    Ces réformes structurelles – protection sociale, fluidification du marché du travail, réduction du millefeuille territorial… – créent de l’incertitude et des oppositions à court terme. Mais les effets sont positifs sur le moyen et long terme comme on l’a observé en Suède, au Canada ou en Australie.

    LES FRANÇAIS ONT-ILS RAISON D’ÊTRE AUSSI PESSIMISTES ?

    Franchement non. Depuis 2007, les différents gouvernements se sont appliqués à préserver le pouvoir d’achat des salariés ainsi que notre modèle social, en espérant que la reprise de la croissance viendrait régler les problèmes de la crise. Dans le même temps, en Grèce, salaires et pensions baissaient de 25 % et en Espagne de 10 %. On n’a pas non plus fait les grandes réformes qui ont produit ces résultats en Allemagne ou dans les pays nordiques. Je ne vois aucun gouvernement de gauche ou de droite dire que la priorité est de réduire les dépenses et déficits publics, en réduisant le pouvoir d’achat des Français au besoin.

    PEUT-ON CONTINUER COMME CELA ?

    Non. En 2015, nous ne tiendrons aucun de nos engagements vis-à-vis des partenaires européens. L’année 2014 aura été une année pour rien. Le gouvernement dira : « Certes, nous ne tenons pas nos objectifs, mais nous avons engagé un plan de réformes structurelles ambitieux. » Ce sera une sorte de troc. Mais j’ai du mal à penser que ce scénario soit couronné de succès. Dire qu’on ne fera pas d’effort supplémentaire, de coupe dans les dépenses publiques, le pouvoir d’achat, parce qu’on n’a pas une majorité politique pour le faire, va entrer en collision avec nos engagements européens.

    DONC, RISQUE POLITIQUE ?

    L’année 2015 sera une année de crise politique plus qu’économique. Parce que nous sommes sur une petite tendance de reprise économique. On est en train de remonter, plus lentement qu’espéré.

    LE TEMPS DES GRANDES CROISSANCES N’EST-IL PAS FINI ?

    Les deux tiers de la croissance dans les pays développés, ce sont des gains de productivité dus au progrès technique. Et je ne crois pas qu’il y ait épuisement de ce progrès. Mais pas question de rester sans rien faire en attendant une reprise mondiale.

    entreprises.ouest-france.fr

    http://fortune.fdesouche.com/351917-conjoncture-elie-cohen-2015-sera-une-annee-de-crise-politique#more-351917

  • Après Marseille, Toulouse… Homicides partout, justice nulle part ?

    Ce n’est que l’escalade de la violence devant le laxisme de la justice.   

    Marseille est citée en exemple par l’Algérie pour les meurtres qui s’y succèdent depuis plusieurs mois. Avec un peu de patience, la police algérienne pourrait également prendre pour exemple la ville de Toulouse qui, depuis plusieurs semaines, tente de rivaliser avec la cité phocéenne.

    Le processus est absolument identique, comme l’origine du problème : le trafic de drogue et les rivalités entre gangs appartenant à des quartiers différents dans le but d’augmenter leur territoire de commercialisation.

    Cela a débuté en décembre 2013 quand le gang du quartier de La Reynerie, dans Le Mirail, a empiété sur le quartier des Izards, jusque-là plaque tournante du trafic de stupéfiants. Pour information, ce quartier classé ZSP (Zone de sécurité prioritaire) était également celui où résidait Mohamed Merah.

    Le 4 décembre, deux hommes en scooter lâchent des rafales de kalachnikov sur les devantures de deux commerces. Le client d’un salon de coiffure est blessé.

    Le 5 décembre, c’est une tentative d’homicide contre l’employé d’une pizzeria.

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  • Financement occulte des partis politiques : commissions et rétrocommissions

    [Même avec la réforme Sapin de 1993], on aurait tort de croire que le financement de la vie politique française – voire, parfois, les financements plus personnels de certains responsables politiques – baigne désormais dans une quasi-transparence. Car à côté des sources franco-françaises presque banales que l’on vient d’évoquer, les coûts toujours croissants des campagnes électorales ont conduit au fil des années – surtout depuis les années 1970 – au développement, voire à l’institutionnalisation d’autres filières illégales de financement bien plus opaques, qui constituent à coup sûr l’un des secrets les mieux gardés de Ve République : celles des « rétrocommissions » liées aux marchés d’exportation. 

         La première, mais pas la moins utilisée, est en quelque sorte ancillaire : elle concerne les exportations françaises (de biens de consommation et d’équipement, BTP et autres) vers les pays de l’Ex-empire français, au Maghreb et en Afrique subsaharienne. On sait les liens quasi familiaux conservés depuis de Gaulle entre les dirigeants français et les potentats chargés de gérer, au mieux moins l’ascendant que certains de ces derniers – tout particulièrement ceux qui ont eu la chance d’hériter de pays riches en pétrole, comme Omar Bongo au Gabon – ont pu acquérir sur des pans importants de la classe politique française en contribuant au financement de ses campagnes électorales, à droite (surtout) comme à gauche. De même, la chronique médiatique a fort peu rendu compte des ressorts financiers profonds qui expliquent souvent la grande sollicitude dont ont fait preuve depuis les années 1980 nombre de responsables politiques de gauche (surtout ?) comme de droite à l’égard des dirigeants autoritaires du Maghreb, qu’il s’agisse du roi Hassan II au Maroc, des généraux algériens ou du général Zine Abbidine Ben Ali en Tunisie (depuis 1987).

         Dans tous les cas, au-delà des classiques et presque « anecdotiques » valises de billets, le mécanisme de base a été le même, banalisé et perfectionné – avec le recours au « paradis fiscaux » – au fil des années : une grande entreprise française, grâce à l’entregent de tel ou tel responsable politique, emporte un marché d’importation (de sucre, de blé, d’usine « clé en main »...) de l’un de ces États du pré-carré. Son prix est surfacturé de 10% à 15% (parfois beaucoup plus), pour payer des commissions qui vont dans la poche des « décideurs » locaux, lesquels en rétrocèderont une partie (les fameuses rétrocommissions) aux divers « intermédiaires », dont ces obligeants responsables de partis politiques français toujours en quête de finances pour tenter de gagner la prochaine élection – et pas toujours insensibles aux cadeaux annexes. Mais de tout cela, la justice française – et moins encore les médias – n’a jamais rien su, tant ce secret est bien gardé, car on parle là, au fil des années, de milliards d’euros. 

         Il en va (presque) de même pour la seconde forme de rétrocommissions, celles liées aux grands marchés passés avec des États étrangers – et là, bien au-delà des seuls États de l’ex-Empire colonial – par les entreprises françaises dites « de souveraineté » (dans les secteurs de la défense, de l’aéronautique, de l’énergie, du génie logiciel, etc., dont les exportations sont étroitement contrôlées par le gouvernement français). Le problème est double. Le premier tient au fait que la plupart des entreprises françaises, en passant des contrats à l’étranger, doivent verser des commissions, le plus souvent parfaitement légales, quand elles rémunèrent le travail effectif d’un agent commercial facilitant un contrat. En 2000, une convention de l’OCDE, ratifiée par la France, a fort justement limité le montant de ces commissions à 5% de la valeur du contrat, en interdisant formellement qu’elles soient versées à un agent de l’État concerné, dirigeant, élu ou fonctionnaire. Le problème, c’est que les entreprises « de souveraineté » ne traitent, directement ou indirectement, qu’avec ces personnes et que, de ce fait, le contrôle est en pratique impossible. Avant la signature de la convention OCDE, le ministère des Finances devait autoriser ces versements, qui atteignaient parfois des montants dépassant 20% de la valeur du contrat, pour que les entreprises vendeuses puissent les déclarer dans leurs frais généraux. Mais depuis la naissance de la Ve République, aucune de ces autorisations – où figurent en principe les noms des bénéficiaires – n’est jamais sortie des coffres-forts des Finances, « secret-défense » oblige... 

         Le second problème, c’est que ce sont justement ces contrats-là qui font le plus facilement l’objet de rétrocommissions en faveur de personnalités françaises – beaucoup moins souvent à des partis politiques –, qui bénéficient ainsi de « retours » vers par l’agent corrompu du pays acheteur. Typiquement, le corrompu étranger touche de la part de l’entreprise vendeuse une commission occulte majorée – 15% au lieu de 10%, par exemple, charge à lui de reverser 5% en France. Aucune affaire de ce type n’a été jugée depuis 1958, mais c’est exactement ce type de commissions illégalement reversées en France que cherchent à débusquer depuis 1997 les magistrats sur l’affaire des frégates de Taïwan. La pratique n’a pas cessé depuis la signature de la convention OCDE par la France. Elle est seulement devenue plus difficile à mettre sur pied. Et on doit à la vérité dire que ce problème touche tous les grands pays, sans exclure ni les États-Unis ni aucun grand pays européen. 

         De la même manière, les assurances garanties par l’État couvrant ce qu’il est convenu d’appeler le « risque pays » ne sont pas une exclusivité française. En France, cette activité est une spécialité de la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), aujourd’hui filiale du groupe Natixis. Et sans qu’aucune affaire sérieuse ait jamais émergé publiquement, elle cache de nombreux lièvres. Classiquement, une entreprise cherchant à passer un contrat à l’étranger prend une assurance, afin de couvrir le risque qu’elle prend en vendant à une État ou une entreprise étrangère à la solvabilité incertaine. Dans ce cas, la Coface sollicite la garantie de l’État, dont elle peut ensuite faire bénéficier son client. Si le contractant avec lequel ce dernier est en affaire se révèle insolvable, alors il se retourne vers l’État français, qui honore les engagements du partenaire étranger défaillant. 

         Rien là que de très ordinaire. Mais le mécanisme est propice aux abus, car il peut aussi servir à dissimuler des rétrocommissions versées par des dirigeants de pays amis, qui n’ont jamais eu un sou vaillant pour payer leur achat, ou avec lesquels il avait été convenu par avance qu’ils ne paieraient rien, l’entreprise française concernée sachant dès le départ qu’elle se retournerait vers l’État – ce qui permettrait ainsi de financer, sur fonds publics, les besoins des politiques français bénéficiaires des rétrocommissions. 

         Très au fait de ce sujet, l’ancien banquier et ex-ministre du Budget Henri Emmanuelli est le seul à avoir mis les pieds dans le plat, sans que cela ait provoqué autre chose qu’un quasi-coma médiatique : lors de la présentation du budget 2004 à l’Assemblée nationale, il a pourfendu cette pratique fort contestable des « annulations Coface », chiffrées pour 2003 à plus de 700 millions d’euros, et estimées à plus d’un milliard d’euros en 2005. Cette pratique représenterait 46% des annulations de dettes consenties par la France au pays du Sud : « Par une politique systématique de soutien à l’exportation et à l’investissement des entreprises françaises dans certains pays en développement, l’État a alourdi la dette publique des pays destinataires de ces investissements, via le mécanisme de la contre-garantie souveraine. Ce type de dettes n’a que très peu servi le développement des pays du Sud, mais plutôt servi les intérêts de certaines entreprises françaises, qui ont pu ainsi exporter et investir de manière indue. » Et renvoyer sans aucun doute un grand nombre d’ascenseurs, aurait-il pu ajouter. 

    Renaud Lecadre, Histoire secrète de la 5ème République

    http://www.oragesdacier.info/2014/08/financement-occulte-des-partis.html

  • Le FN demande la suppression de l’aide médicale d’état (AME)

  • La mère de toutes les histoires d’affairisme : les lycées d’Île-de-France

    L’affaire des lycées d’Île-de-France devait être la mère de toutes les affaires, une « affaire monstrueuse, la plus grosse affaire de financement politique jamais jugée en France », selon l’accusation. Songez plutôt : l’ensemble des partis, Verts et Front National exceptés, tous unis pour ponctionner le marché de la rénovation des lycées franciliens, portant sur 24 milliards de francs. Entre 1990 et 1995, le RPR, le PR, le CDS, le PS et le PCF ont collectivement perçu quelque 200 millions de francs de « dons » d’entreprises souvent bénéficiaires de cet énorme marché – il faut dire que le Parlement avait adopté dans une belle unanimité, le 15 janvier 1990, une loi autorisant les personnes morales à prendre part au financement de la vie politique, avant de revenir en arrière en 1993 et en 1995. 

         La région Île-de-France est alors sous la présidence du RPR, Pierre-Charles Krieg puis Michel Giraud, mais feu vert est donné aux trésoriers des différents partis pour partir à la pêche aux dons d’entreprises. A chacun ses méthodes, recensées dans l’ordonnance de renvoi en correctionnelle. Jésuitique, comme Gérard Peybernes, en charge de l’association de financement du PS : « Lors de notre dernier entretien, vous avez eu l’amabilité d’accepter le principe de faire un don... » Poétique, comme Louise-Yvonne Casetta, intendante du RPR : « Sœur Anne attend et ne voit rien venir... » Administrative comme Jean-Pierre Thomas, trésorier du PR : « Vous êtes en retard par rapport aux cotisations que vous me devez. » Discrète au PCF, qui échappe encore aux poursuites. Plaintive au CDS, comme en témoigne Michel Elbel, leader des centristes au conseil régional, à la barre du tribunal : « Le RPR et le PS ramassaient tout, le CDS ne savait pas faire. Nous étions toujours rabaissés aux élections, car arrivant les poches vides. » Bon prince, feu le président Krieg lui glisse un jour une enveloppe contenant un million de francs, avec ce petit mot d’encouragement : « Il y a de l’argent, on a pensé à vous. » 

         Au printemps 2005, le procès pèche par son casting. Gérard Longuet, ancien président du PR, est le seul chef de parti sur le banc des accusés. Il hurle à la face du tribunal : « Où sont mes partenaires ? Où est le président du RPR ? Où est le président du PS ? » Ce coup de gueule lui vaudra une relaxe. Seuls les habituels soutiers du financement politique doivent répondre de leurs actes. Louise-Yvonne Casetta, dite la « cassette du RPR », en est à son troisième procès. Elle dénonce la « lâcheté des hommes au-dessus [d’elle] ». Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à Matignon comme à la Mairie de Paris, puis ministre de la Coopération du gouvernement Balladur, est le seul ténor à la barre. 

         Tout le monde se demande si l’homme, replié dans le monde des affaires (vice-président du groupe Bolloré, après avoir autrefois travaillé chez Eiffage et la Générale des eaux), va mettre en cause son ancien mentor. Pour l’amadouer avant le procès, on lui a proposé une position éligible au Parlement européen, où l’immunité est à toute épreuve. Le « soldat Roussin » n’a pas besoin de ça. Mis à part quelques allusions – « Il se trouve que mon patron, maire de Paris, dirigeait également un parti politique » –, il ne lâche rien. Michel Roussin s’est retrouvé paradoxalement en première ligne, bien que n’exerçant aucune responsabilité officielle, pour avoir contribué à évincer Jean-Claude Méry des circuits de financement : « J’étais l’homme que l’on pouvait solliciter pour exposer des problèmes. Personne ne faisant le ménage, c’est moi qui l’ai fait. » Le 26 octobre 2005, le tribunal condamne les quarante-sept prévenus à un total de cinquante ans de détention avec sursis. Seul Jean-François Donzel, dissident écologiste opportuniste, est condamné à un an de prison ferme – une première en matière de financement de parti politique (et là encore, Donzel a fait appel). Donzel avait un peu abusé : bénéficiaire aussi bien de fonds secrets du gouvernement Bérégovoy que du gouvernement Balladur, une partie avait atterri sur son compte personnel en Suisse. 

         Rideau. La justice est passée, les politiques honorent leurs martyrs. A gauche, Henri Emmanuelli a retrouvé en février 2000 son fauteuil de député et son poste de président du conseil général des Landes ; à droite, Alain Juppé campe l’homme du recours après son exil d’un an au Québec en 2005-2006. Pierre Méhaignerie, président de la commission des finances à l’Assemblée, et Jacques Barrot, commissaire européen aux Transports, font comme si rien ne s’était passé. Certes, la justice leur a délivré de rudes leçons d’éducation civique : « La généralisation des pratiques de financement des partis politiques ne peut justifier ces comportements délictueux, manifestant ainsi un mépris total de la morale civique » (jugement de première instance de l’affaire Urba) ; « Il y a un pacte républicain, on y adhère ou on n’y adhère pas » (réquisitoire de l’affaire des HLM de Paris). 

         Mais, unanimement, les leaders politiques jurent qu’il s’agit d’une période révolue, liée à l’absence de législation particulière sur le financement des partis. Après avoir autorisé les dons de personnes morales en 1990, la loi a fini par les bannir complètement, le 19 janvier 1995. Il faut dire que la publication de ces « dons » au Journal Officiel, prévue par la loi du 29 janvier 1993, avait un effet désastreux : on y retrouvait tous les attributaires de marchés publics, toujours les mêmes. Me Hervé Temime, avocat de Michel Giraud, ironise : « Arrêtons de parler de la philanthropie bien connue de l’entreprise citoyenne, contribuant au financement de la vie publique à la seule condition de ne pas obtenir un marché... C’est idiot. » La loi de 1995 va droit au but : les partis vivent désormais de subventions publiques payées par le contribuable national, et non plus par le contribuable local qui devait surpayer certains marchés. 

         Anne-José Fulgéras, ancienne spécialiste des affaires financières au parquet de Paris, a quitté la magistrature en 2000 pour se reconvertir, au sein du cabinet Ernst & Young, dans la « prévention des risques pénaux des dirigeants ». Avant de jeter la robe, requérant dans un de ces dossiers « qui traite d’une période que l’on souhaite révolue », elle achève son propos par une « série de questions » : « Pourquoi les entreprises versent tant d’argent aux partis politiques ? Pour quelles contreparties réelles ou supposées ? Pourquoi de tels circuits occultes ? Est-on sûr que ces questions ne sont plus d’actualité ? Notre démocratie a trop longtemps souffert de cet illégal toléré. Et puis toléré par qui ? » Pour Anne-José Fulgéras, le « schéma est simple : à la tête, des hommes mus par une ambition politique personnelle, louable, mais confrontés à la trivialité du financement. La solution : s’en remettre à un militant acceptant de se salir les mains et ayant le bon goût de ne pas en parler aux têtes couronnées, les maintenant dans une apparente et bienséante irresponsabilité ». 

         Aucune des lois successives (1988, 1990 et 1995) réglementant le financement des partis politiques n’a véritablement mis fin aux dérives. Mais une autre y a grandement contribué : la loi Sapin en 1993, du nom de ce ministre rocardien des Finances sous le gouvernement Bérégovoy, qui proscrit l’intervention d’intermédiaires dans les marchés publics. Exit les Urba, Gifco et autres Méry. 

    Renaud Lecadre, Histoire secrète de la 5ème République

    http://www.oragesdacier.info/2014/08/la-mere-de-toutes-les-histoires.html

  • Les leçons de Bouvines

    De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

    "Le 27 juillet dernier, nous fêtions le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines, première grande victoire « nationale » – ou, plus exactement, victoire qui vit la naissance de la nation française – obtenue par l’alliance de Philippe Auguste, de sa chevalerie, et de ses communes. Il est tout à fait remarquable que cette éblouissante victoire n’ait pratiquement pas été commémorée par la « France officielle ». En dehors des élus locaux, Bouvines ne reçut, le 27 juillet 2014, comme personnalités, que l’évêque du lieu et le duc d’Anjou, lointain successeur de Philippe Auguste. Ni François Hollande, ni Manuel Valls, ni, à ma connaissance, aucun ministre, n’ont daigné participer aux festivités.

    Il faut dire que les leçons de Bouvines ne doivent guère réjouir ces dévots de la repentance, du grand remplacement et de l’anti-France. La première leçon de Bouvines, c’est l’importance pour la France du chef de l’État. Bouvines, c’est d’abord Philippe Auguste. On comprend que François Hollande hésite à se mesurer à Philippe II et, pour tout dire, il y a si longtemps que la France n’a pas connu d’homme d’État que l’on comprend que la France officielle boude Bouvines. On chantait naguère : « Les rois ont fait la France ; elle se défait sans roi. » François Hollande à Bouvines aurait illustré cette thèse jusqu’à la caricature : alors que Philippe Auguste a considérablement agrandi le territoire national, personne n’a plus amoindri l’influence française que François Hollande. Historiquement, la France a été constituée par son chef. Beaucoup de pays ont une autre histoire, mais, chez nous, le chef de l’État est la clé de voûte de la société. Cela est vrai dans les succès, comme avec Philippe Auguste. Cela est, hélas, vrai aussi dans la décadence, comme aujourd’hui…

    La deuxième leçon de Bouvines, c’est que le chef de l’État n’est suivi par les Français que s’il respecte leurs libertés (c’est d’ailleurs l’étymologie du mot « français »). Chacun sait que ce qui fit la différence à Bouvines, ce furent les milices communales qui venaient librement prêter main forte au roi. Là non plus, François Hollande n’aurait sans doute pas été à son aise aux commémorations. Car l’une des raisons majeures de la dissolution de la France, c’est le rejet totalitaire de toutes les sociétés autonomes. Il devrait être pourtant évident qu’un Alsacien ne se gouverne pas comme un Breton ou un Corse. Mais, pour les jacobins qui nous gouvernent (si mal), il ne faut voir qu’une tête – quitte à couper toutes celles qui dépasseraient. Un État fort peut s’allier avec les libertés les plus variées et les plus vastes, au sein de ce que l’on appelait naguère la « société organique ». Aujourd’hui, un État impotent prétend intervenir partout. Individualisme et étatisme asphyxient la société française. Toute initiative est sévèrement réprimée et le civisme agonise. Alors que le jeune Hugo, qui s’est interposé lors du braquage de Dolomieu et l’a payé de sa vie, aurait dû être considéré comme un héros, c’est tout juste si on ne nous le présente pas comme un fauteur de troubles à cause duquel de sympathiques jeunes gens vont se retrouver bêtement en prison ! Et je ne dis rien ici de l’État-providence qui a presqu’entièrement fait disparaître toutes les solidarités naturelles, à commencer par les liens familiaux.

    Enfin, une troisième leçon de Bouvines ne risque pas de plaire à M. Hollande et à ses amis: c’est le rôle trop souvent anti-français de l’oligarchie. En 1214, cela se traduisait par le fait qu’un certain nombre de grands barons combattaient dans le camp de l’empereur germanique et du roi d’Angleterre contre le roi de France. En 2014, cela se traduit par le fait que l’oligarchie politique, financière ou médiatique méprise copieusement la France et les Français, les ruine, les désarme, les force à cracher sur leur histoire glorieuse et à accepter des populations de plus en plus rétives à toute intégration… En un mot, aujourd’hui comme hier, l’oligarchie fait trop souvent la politique de l’anti-France.

    Ces leçons de Bouvines doivent effectivement être douloureuses à entendre pour « nos » dirigeants. Mais, si les Français ne les entendent pas, ils risquent fort d’assister à une quatrième leçon :la France peut très bien disparaître. Sans l’énergie de Philippe Auguste, sans le dévouement de sa chevalerie, et sans l’enthousiasme de ses peuples, elle aurait été submergée en 1214. Sans un vrai homme d’État, capable de nous rendre nos libertés et de défendre l’intérêt général par-delà tous les intérêts oligarchiques, elle peut très bien disparaître en 2014…"

    Michel Janva

  • [Revue de presse] Vu de gauche numéro 1 : Jaurès, sport, décroissance, théorie du genre

    Dans le droit fil des travaux entrepris par le Grece pendant plusieurs décennies, il nous semble toujours aussi important d’envisager le réel sans œillères idéologiques. Notre vision du monde doit pouvoir se nourrir de positions en apparence antagonistes et s’affiner en se confrontant à elles. C’est un fait : les questions de fond ont déserté l’arène politique. Loin des (trop) superficielles querelles politiciennes, qui emploient le plus souvent l’invective et la reductio ad hitlerum (y compris dans notre propre famille), nous tranchons pour un travail des idées dans la sérénité et le sérieux. Ce travail d’actualisation des concepts et analyses qui sont nôtres a pour principal souci de pouvoir s’inscrire dans le réel. Nous rejetterons donc, autant que faire se peut, les réflexions absconses et les jargons en tous genres. Le crayon en main, disséquant et annotant, mâchonnant et méditant, nous préparons les victoires sémantiques, idéologiques et politiques de demain.

    Chaque mois, Novopress vous propose une courte synthèse du meilleur et du pire de la presse de gauche. Pas la gauche caviar, amie de la finance, façon Nouvel Obs. Pas la gauche Beaubourg ou Télérama. Bienvenue dans cette gauche où soufflent encore l’espérance révolutionnaire et la défense d’un peuple encore vivant. Bonne découverte de ses richesses … et de ses contradictions.

    Revue de presse réalisée par Pierre Saint-Servant

    Quand la gauche cherche ses racines et retourne à Jaurès

    politis-jauresLes deux dernières échéances électorales ont vu l’effondrement du pouvoir socialiste, pourtant solidement implanté et malgré le soutien conjoint de l’Education nationale et du pouvoir médiatique. Cette débâcle n’a pas touché que le Parti socialiste (ramené à moins de 14 %) mais toute la gauche, du Front de Gauche (6,61 %) au Nouveau Parti anticapitaliste (0,39 %). Etourdie par ce choc électoral, la gauche doit également composer avec une équipe au pouvoir qui développe une politique clairement libérale-libertaire, bien loin des aspirations des classes populaires et moyennes (fonctionnaires compris). Comment ne pas s’interroger alors sur l’identité de la gauche ? « La notion est fragile, en plus d’être relative. Etre à la gauche de Sarkozy – ce qu’on peut à la rigueur concéder au gouvernement actuel – suffit-il à être “de gauche” ? », s’interroge Denis Sieffert dans son édito du hors-série de Politis consacré aux « Grands Débats de la gauche depuis Jaurès ». On comprend facilement son interrogation !

    Il n’est pas inintéressant de revenir à Jaurès. Quoique l’on pense du personnage, il fait partie de ces intellectuels qui, à l’égal de Maurras ont façonné en profondeur les luttes politiques françaises. Et le Jaurès qui constate en 1893 que « la puissance de l’argent [a] réussi à s’emparer des organes de l’opinion et à fausser à sa source, c’est-à-dire dans l’information publique, la conscience nationale (…) qu’un Etat nouveau, l’Etat financier, a surgi dans l’Etat démocratique, avec sa puissance à lui, ses ressorts à lui, ses organises à lui » sonne encore juste en 2014. Nous ne partageons pas cependant l’analyse de Jérôme Pellissier qui dans son article “Jaurès et la République sociale” évoque à propos de la Révolution française, la puissance « d’un grand peuple voulant se diriger lui-même ». Là où nous voyons une insurrection organisée et pilotée par une partie de la bourgeoisie, œuvrant à une véritable transformation anthropologique, avec le soutien actif de puissances étrangères(1).

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  • La France en risque de cessation de paiement

    Selon l'ex-ministre du Budget Valérie Pécresse :

    "Nous empruntons aujourd'hui à peu près 360 milliards d'euros par an à court et à long terme". "Si les taux d'intérêt remontent d'un point, cela veut dire que cela nous fera 3 milliards de dépenses de plus. De 2 points ? 7 milliards. Sur le long terme, la dette est une épée de Damoclès" avec "le risque de ne plus pouvoir financer les service publics auxquels nous sommes attachés".

    Michel Janva

  • "Un des résultats du féminisme a été de rendre difficile, voire impossible, la relation avec les hommes."

    On lisait voici quelque temps dans Le Point : "Être homme aux États-Unis, c'est être condamné à vivre avec la mauvaise conscience de l'oppresseur, responsable de tous les maux de l'humanité." Outre-Atlantique, le malaise dans les rapports entre les sexes engendre une violence réactive contre les femmes, mais aussi des représentations pathologiques à base d'hypervictimisation ou d'hypervirilité. Elisabeth Badinter rappelait elle-même que le féminisme américain a fleuri sur le terreau "d'un puritanisme radical qui rend quasi impossible l'appréhension tranquille de son corps, et du corps de l'autre. Il traduit une peur particulièrement forte des hommes en face des femmes (parallèlement à la puissance de la figure maternelle), et leur incapacité à surmonter cette peur ne pouvait que déboucher sur la guerre des sexes".

          Guerre des sexes ? Choderlos de Laclos évoquait déjà, en son temps, "l'état de guerre perpétuelle qui subsiste entre les femmes et les hommes". On n'en est peut-être pas encore là, mais le fait est que les rapports hommes-femmes deviennent de plus en plus difficiles. Un sondage Sofres réalisé en mars 2012 révèle que pour 36% des hommes les relations hommes-femmes sont devenues ces dernières années plus dures, plus difficiles pour 42%, plus conflictuelles pour 47%.

         "Un des résultats du féminisme, estime Julia Kristeva, a été de rendre difficile, voire impossible, la relation avec les hommes." Valeurs masculines et féminines étaient auparavant perçues comme complémentaires. Désormais, elles s'opposent, se dressent les unes contre les autres, quand elles ne sont pas simplement niées. La différence homme-femme se transforme en un différend, où les aspirations psychiquement et symboliquement sexuées sont régulièrement déçues.

         Le changement des règles du partenariat sexuel laisse beaucoup d'hommes désorientés. Ils acceptent volontiers d'avoir des relations "d'égalité", mais savent rarement ce que cela signifie. Ils hésitent à s'engager, recherchent des liaisons éphémères, refusent de faire des plans d'avenir. Les femmes, de leur côté, veulent bénéficier d'un engagement durable de la part de leur partenaire tout en conservant leur "autonomie". C'est la quadrature du cercle. La recherche d'égalité se heurte à la profonde dissymétrie existant entre les sexes. L'une des causes majeures du malaise entre les sexes, et de la difficulté qu'ils éprouvent à communiquer, est le fait qu'ils ne parlent pas la même langue, n'aspirent pas aux mêmes choses, les femmes utilisant souvent un langage de relation et d'intimité là où les hommes emploient un langage d'indépendance et de statut. Le refus de prendre en compte ce type de différences aggrave les choses. Dans le passé, on l'a vu, il n'y a jamais eu de société humaine qui ait assigné aux hommes et aux femmes les mêmes fonctions ou les mêmes rôles sociaux. Le fait que les sociétés occidentales soient les premières à évoluer dans cette direction est l'une des sources profondes de la disharmonie entre les sexes et de leur mutuelle incompréhension : chaque sexe attend de l'autre sexe autre chose que ce qu'il peut lui donner. Ce qui est difficilement supportable car, si les règles ont changé, la psychologie de chaque sexe, telle que l'évolution l'a façonnée, n'a elle pas changé. Le sentiment se répand alors que chaque sexe usurpe les fonctions de l'autre, et que chacun d'eux doit faire face à une hostilité qui n'a pas lieu d'être.

    Alain de Benoist, Les démons du Bien

    http://www.oragesdacier.info/2014/08/un-des-resultats-du-feminisme-ete-de.html