France et politique française - Page 4323
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Élections européennes : soirée de victoire du Front national
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I-Media : la télé est le meilleur baby-sitter !
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Le projet collectif comme substitut à la désétatisation de la sécurité
Du point de vue collectif, les diverses formes de régionalismes, de séparatismes et de souverainismes qui fleurissent, depuis la fin du 20ème siècle, dans les sociétés européennes, tendent à indiquer que la notion d’autonomie est aussi en train de faire son chemin sur notre continent alors qu’on assiste à l’automne de ce dernier avatar de l’Etat moderne qu’est l’Union européenne. Sous l’écorce supraétatique, ces sociétés se détachent et se recomposent à leur échelle propre. Elles cherchent une cause, un projet apte à les mobiliser et, dans la plupart des cas, celui-ci est synonyme de « fermeture » (séparatisme, souverainisme) afin de retrouver des repères, de se réapproprier son histoire pour faire face au formatage imposé par la mondialisation. Il est d’ailleurs frappant de constater que plusieurs de ces sociétés sont de véritables moteurs économiques au niveau européen, ceci tendant à indiquer le besoin d’un projet collectif fort (au niveau local) pour pouvoir se positionner à l’échelle globale.
Autrement dit, un tel projet vise en quelque sorte à la constitution d’une zone autonome temporaire (TAZ) propice à la récréation d’un sentiment d’appartenance, d’une motivation. Au niveau de l’individu, la démarche est moins aisément perceptible. Il faut recourir à la métaphore cinématographique (Fight Club, Matrix) pour essayer d’appréhender le phénomène : derrière les i-pods, derrière les codes vestimentaires, derrière les familles sans père, derrière la figure du mâle doux se profile le retour de l’idéal masculin (force, honneur, courage), en l’occurrence celui qui refuse le politiquement correct, l’abandon de la personnalité et ce que Heidegger dénomme la réquisition de la technique (Gestell). Dans nos sociétés d’ailleurs, ces individus intègrent souvent les métiers de la sécurité – autrement dit les « sociétés d’hommes » – pour tenter d’y retrouver les valeurs qu’ils recherchent.
Dans le cas qui nous occupe ici on peut donc parler d’un projet collectif fondé sur l’autonomie et la réappropriation de son histoire pour faire pièce au nivellement du nouveau pouvoir global et des normes imposées par celui-ci sans égard aux différentes identités. Dans ce projet, l’autodéfense (légitime défense) est concomitante de l’autonomie, selon le principe : pas d’autonomie sans protection, non pas imposée « par le haut », de manière mafieuse, mais assumée en copropriété comme un bien commun géré par les citoyens eux-mêmes. La légitimité peut ainsi se reconstituer autour de ces deux notions – celle d’autonomie et celle de légitime défense – à savoir les deux exigences de base de tout groupe structuré de manière collective.
Bernard Wicht, Europe MadMax demain ? Retour à la défense citoyenne
http://www.oragesdacier.info/2014/05/le-projet-collectif-comme-substitut-la.html
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Séisme finalement très cool à la télé !
25 points de suture plantés dans les gorges chaudes des commentateurs.
Il y a d’abord eu ce cinéma. De 18 à 20 heures, ce fatidique 25 mai, tous les journalistes durent gloser à l’infini sur le seul malheureux chiffre disponible : celui de l’abstention. Il fallait respecter la sainte loi de l’estimation des 20 heures. Un son de cloche sépulcral retentit alors : le FN faisait exploser le fameux plafond de verre des 20 %, objectif inespéré depuis les années 90.
25 points de suture plantés dans les gorges chaudes des commentateurs. On imaginait alors Jean-Michel Aphatie la tête enfoncée dans son bol de cassoulet. Mais pas de traces de Jean-Michel !
On dut se contenter de Michaël Darmon (i>Télé), ce dernier nous racontant sur le ton soporifique et enrhumé qui le caractérise que le vote FN, en réalité, ne servait à rien. Soit !
Peu avant le choc des premiers résultats, dans la même veine arrogante, on avait déjà pu voir la rock star Audrey Pulvar, sur i>Télé, se lancer dans un pénible discours, très partisan, où elle tentait d’expliquer pourquoi le FN « en cas de victoire » ne « ferait pas grand-chose ». En gros, les électeurs du FN étaient de parfaits glandus qui n’avaient rien compris au scrutin….
Néanmoins, soyons justes, ces cas ne furent qu’exception. Pendant toute la soirée, les journalistes ont littéralement recadré, parfois sévèrement, les ténors de l’UMP qui tentaient de nier la terrible réalité de la défaite. On le voyait notamment avec Gérard Longuet décrivant l’UMP comme quasi victorieuse : « Le FN n’est plus à 15 % , il est à 25 ! », répliqua Olivier Galzi (i>Télé). Plus tôt dans la soirée, sur la même chaîne, Léa Salamé avait retoqué Thierry Mandon du Parti socialiste, pour qui « les Français veulent en fait plus d’Europe, et ne veulent pas de repli ». « Mais c’est le FN qui a gagné ! », répondit la belle, souriant à pleines dents. La présentatrice ne semblait guère émoussée par le « séisme ».
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Claude Guéant placé en garde à vue
Rien ne va plus à l'UMP. Au lendemain de la défaite aux européennes, l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant a été placé ce matin en garde à vue dans le cadre de l'affaire Tapie.
Les enquêteurs devraient interroger leur ancien patron à l'Intérieur sur son rôle dans la décision de recourir à l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais, dans celle de ne pas contester la sentence, et dans la fiscalité jugée avantageuse appliquée à l'indemnité de plus de 400 millions d'euros octroyée en 2008 à Bernard Tapie.
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Les 6 leçons du scrutin
D'Eric Martin sur Nouvelles de France :
"1° Le PS s’effondre, passant sous la barre des 14%. En prenant en compte l’abstention (56,5%), de 6% des Français en âge de voter ont choisi le parti du Président de la République et du Premier ministre… De quoi dissoudre l’Assemblée et y instaurer la proportionnelle, comme le réclamaient dimanche soir Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen ? François Bayrou pose le problème en ces termes : « Le PS et l’UMP ont 95% des sièges à l’Assemblée et au Sénat
moins. Ce soir, ensemble, ils font moins de 35%. Cela ne peut plus durer. »
2° Le FN réalise un score historique aux élections européennes, et même tout court (25,4%), bénéficiant d’un positionnement anti-UE cohérent (à la différence de l’UMP), d’une dynamique réelle et de l’absence d’un candidat souverainiste d’envergure comme Philippe de Villiers/Charles Pasqua. Faits nouveaux : l’Île-de-France, le Centre, l’Ouest et le Sud-Ouest voient le parti de Marine Le Pen enregistrer des scores très élevés. [...]
3° L’UMP ressort terriblement affaiblie du scrutin et plus divisée que jamais [...].
4° Avec 3,7%, Nicolas Dupont-Aignan améliore sensiblement son score de 2009 (1,8%) mais reste loin de Philippe de Villiers en 1999 ou en 2004. Comment ne pas y voir un problème de charisme [...]
5° Le NPA s’effondre, passant de 4,9% à 0,3% en 5 ans [...]
6° Avec 0,5% au niveau national, Force Vie échoue à convaincre, malgré une campagne innovante (soutiens d’Alain Delon et du Premier ministre hongrois Viktor Orban) et de bonne qualité. Son positionnement sur l’UE n’a pas été compris et beaucoup d’opposants à la dénaturation du mariage auront sans doute préféré « voter utile » en choisissant le FN."
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Les députés européens du Front national
Nord-ouest : Marine Le Pen, Steeve Briois, Mylène Troszynski, Nicolas Bay,Sylvie Goddyn
Ouest : Gilles Lebreton, Joëlle Bergeron
Est : Philippe Philippot, Sophie Montel, Jean-François Jalkh, Dominique Bilde
Sud-Ouest : Louis Alliot, Joëlle Melin, Edouard Ferrand
Sud-Est : Jean-Marie Le Pen, Mareie-Christine Arnautu, Bruno Gollnisch, Mireille D'Ornano, Dominique Martin
Massif Central : Bernard Monot, Jeanne Ponthain
Île-de-France : Aymeric Chauprade, Marie-Christine Boutonnet, Jean-Luc Schauffhauser
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L'onde de choc d'un 21 avril européen
L’éditorial d’Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro- Le FN s’impose, lors d’un scrutin national, comme le premier parti de France. Le parti de Marine Le Pen campait aux portes du système - dont il n’avait forcé les défenses que par effraction le 21 avril 2002. Dimanche, pour la première fois, il l’a dominé.
Ce n’était, paraît-il, qu’un mauvais moment à passer. Une formalité pénible qu’on allait prestement « enjamber » avant de revenir aux affaires courantes. Tout avait été prévu, annoncé, anticipé : l’abstention forte ; la percée, chez nous, du Front national et, partout, celle des partis europhobes ou eurosceptiques ; la déculottée des socialistes français et l’humiliation de l’UMP. Mais voici que les résultats tombent, et c’est le choc ! L’orage est là ; le ruisseau qu’on croyait pouvoir sauter à pieds joints se révèle un torrent furieux, qui charrie, pêle-mêle, l’indifférence, l’inquiétude et la colère. Tout à coup, on prend conscience qu’en France comme en Europe, l’onde de choc de ce « 21 avril européen » n’a pas fini de produire ses effets.
Bien sûr, pour se rassurer, on invoquera la faiblesse de la participation qui relativise la portée de l’élection. On parlera de « vote défouloir ». On maudira la crise économique. On dressera la liste de tous ces partis qui, triomphateurs aux européennes, se sont brutalement dégonflés au scrutin suivant. Tout cela n’est pas faux : en politique, rien n’est écrit, et surtout pas qu’une victoire en entraîne automatiquement une autre. Mais le contraire n’est pas écrit non plus... [...]
La suite sur Le Figaro
http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-onde-de-choc-d-un-21-avril
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Au sujet du souverainisme en tant que mort de l'Europe: une réponse à Yann Louarn
Il est des termes qui aujourd'hui ont une connotation nécessairement péjorative. Chacun c'est que « fasciste » ou « extrême droite » sont devenus des injures, donc sans contenu objectif. Or, dans un cas comme dans l'autre, il y a devoir d'inventaire, justement objectif, à pratiquer. Il est bien peu d'idéologie politiques dans l'histoire politique humaine qui soient exclusivement toute blanche ou toute noire. N'existent donc que des nuances de gris, du plus foncé au plus clair.
Aujourd'hui ce sont les termes de « souverainisme » et de « populisme » qui sont le plus souvent fustigés. Il y a là contradiction majeure puisque depuis plusieurs décennies, les pays constituant l'Europe voient justement leur souveraineté reculer au profit justement de l'Europe de Bruxelles. Quant au populisme, il n'est autre que la célébration du suffrage universel, dont il n'est pas inutile de constater qu'il est de plus en plus contesté, justement par ceux qui prétendent se référer aux libertés fondamentales ou au droit des Peuples à disposer d'eux mêmes.
Quant à la notion d'Europe, elle est aujourd'hui un terme fourre-tout au point que chacun peut en avoir sa propre définition. Lorsque Yann Louarn voit dans le souverainisme la mort de l'Europe, encore faudrait-il savoir ce qui est évoqué. Si c'est pour spécifier l'Europe de Bruxelles, c'est en effet très probablement le cas. Il appert qu'aujourd'hui que c'est la lutte la plus efficace contre cette Europe dont les Français sont de plus en plus nombreux à ne plus vouloir.
Evoquer une Europe différente de celle d'aujourd'hui, ce serait la cacophonie assurée, chacun défendant sa propre conception de l'Europe. En revanche, s'arc-bouter sur le fait national est consensuel dans la lutte contre Bruxelles (l'idee souverainiste est majoritairement le même principe pour tous les pays constituants l'Europe.
Il ne s'agit pas d'être essentiellement jacobien, mais aujourd'hui de s'arc-bouter sur la Patrie, afin de protéger ce qu'il nous reste. Même un régionaliste se doit de comprendre que le fait régional est mise en exergue par Bruxelles afin de casser au mieux les Etats-nations. Par voie de conséquence, pour des raisons tactiques, ne reste aujourd'hui que la voie souverainiste pour freiner l'Europe de Bruxelles.
Quant à affirmer que le souverainisme sera le suicide de l'Europe, il serait bon de spécifier que c'est la mort d'une certaine Europe dont il s'agit : celle d'aujourd'hui justement. Or, cette Europe ne l'est que géographiquement. De par ce qu'elle ait, elle représente l'importation du modèle américain, qui n'est justement pas conforme à l'esprit européen. Ce n'est donc pas le souverainisme en ce qu'il est qui détruit l'Europe telle qu'elle est réellement, mais une de ses caricatures.
Nulle incompatibilité entre le fait d'être à la fois souverainiste et européen . C'est d'une certaine forme de souveraineté d'Europe comme de souveraineté dont il est simplement question.Philippe Delbauvre
http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EupEppEAkZIBvEwMPk.shtml
Yann Louarn : Le souverainisme, un suicide pour L'Europe - Une tribune libre de circonstance
http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EuppAFluVpqkvmrKXf.shtml -
Le Front National gagne son pari européen en arrivant premier en France
Pour la première fois, le Front national arrive en tête en France d’un scrutin national avec environ 25% des suffrages, soit près de 5 points de points de plus que l’UMP. Le PS ne rassemble que 14,7% des suffrages, selon les premières estimations.
Pour le Front National, c’est le grand soir. Le parti fondé par Jean-Marie Le Pen arrive en tête, et largement, du scrutin européen avec environ 25% des suffrages selon les estimations. En 2009, le FN était à 6,4%... L’UMP vient ensuite avec 20,3%, puis le PS, le parti du gouvernement, avec... 14,7%, soit un score quasi aussi faible que celui de 1994, quand la liste était menée par Michel Rocard.

C’est un véritable séisme... même s’il se profilait, tant le dépit règne dans le pays, surtout parmi les milieux populaires totalement désorientés par la politique "de l’offre" menée par François Hollande. Mais une chose est certaine, Marine Le Pen est en passe de réussir sa stratégie de dé-dibolisation du FN. Les digues craquent. Les lendemains vont être très difficiles pour le PS et l’UMP.
Profond trouble au PS [...]
La suite sur La Tribune
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Le-Front-National-gagne-son-pari