Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 4663

  • Cancer de l’assistanat ? Non, de la pauvreté

    Bonnets rouges des Bretons en colère, plans sociaux en rafale, palinodies fiscales en cascade, cafouillages gouvernementaux, plans sur la comète d’un éventuel remaniement, sondages toujours plus abyssaux pour le chef de l’État (21% de confiance dans le dernier baromètre de TNS-Sofres), sans parler des ignobles injures racistes à l’encontre de la ministre de la justice, Christiane Taubira : l’actualité nationale est plongée dans un maelström que plus personne ne semble capable de maîtriser.

    Au point d’effacer, dans l’instant même où elles apparaissent, les images les plus fortes. Celle par exemple – c’était le 10 octobre… autant dire une éternité -, de cette chômeuse mulhousienne, Isabelle Maurer, qui cloua littéralement sur son siège Jean-François Copé, lors de l’émission « Des paroles et des actes » de France 2. En dix minutes – avec l’énergie non pas du désespoir mais de la dignité -, elle raconta cinquante ans de galères, de précarité, de rage de s’en sortir avec les 470 euros par mois du RSA et de maigres petits boulots. En dix minutes saisissantes, elle fit entendre la voix des « pauvres », contre tous ceux qui les accusent de vivre en assistés, aux crochets des aides publiques : « On survit avec le peu qu’on ose nous donner. Bientôt, on pourra plus se payer un morceau de savon pour se laver, et faut encore que je dise merci ! »

    Les pauvres ? L’Observatoire des inégalités vient de leur consacrer une note qui, derrière la sécheresse des chiffres, dresse le profil de cette France taraudée par l’angoisse du lendemain.

    En 2011, l’on comptait 4,9 millions de pauvres, soit 8 % de la population, si l’on retient le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian (soit 814 euros mensuels pour une personne seule ou 1 709 euros pour un couple avec deux enfants). Mais ce chiffre double pratiquement quand on retient le seuil de 60 % du revenu médian (977 euros de revenus mensuels pour une personne seule, 2 052 euros pour un couple avec deux enfants) : dans ce cas, l’on compte 8,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, soit 14,4 % de la population.

     

    Quel que soit le seuil retenu, ces chiffres confirment, selon cet observatoire, le « changement historique » enregistré depuis une dizaine d’années : si la pauvreté avait baissé entre les années 1970 et la fin des années 1990, elle est nettement repartie à la hausse depuis, et en particulier depuis 2008 : « Entre 2002 et 2011, le nombre de personnes pauvres au seuil de 50 % a augmenté de 1,2 million (+ 31 %) et le nombre au seuil de 60 % a progressé de 1,3 million (+ 18 %). »

    Encore ces chiffres ne couvrent-ils pas les années 2012 et 2013. Or, elles n’ont pu qu’accentuer la tendance si l’on tient compte de la forte crue du chômage depuis deux ans. A titre indicatif, le nombre des chômeurs de longue durée (plus d’un an) qui viennent le plus souvent grossir les rangs des pauvres, a dépassé 2,1 millions de personnes en septembre 2013, en progression de 14 % en un an…

    Double peine

    Tel est l’état des lieux, accablant dans un pays certes en sérieuse difficulté, mais qui reste l’un des plus riches du monde. D’autant plus accablant même qu’il n’empêche pas certains à droite (et des médias prompts à leur emboîter le pas) de dénoncer le « cancer de l’assistanat », voire les pauvres eux-mêmes.

    C’est tout l’intérêt d’un petit ouvrage réalisé par ATD Quart Monde (En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, Les Éditions de l’Atelier, 188 p., 5 €) de répliquer aux dizaines de poncifs en vogue.

    « Les pauvres font tout pour profiter au maximum des aides » ? Faux. Un grand nombre des personnes éligibles aux différentes aides n’en font pas la demande : 50 % pour le RSA, 68 % pour le tarif de première nécessité d’EDF, 50 % à 70 % pour les tarifs sociaux dans les transports urbains… « Les pauvres sont des fraudeurs ». Faux.

    Pour 60 millions d’euros de fraude au RSA détectés en 2009, l’on comptait plus de 200 millions de travail non déclaré par les entreprises, 370 millions de fraude douanière et 2,5 milliards de fraude fiscale détectée… « Les pauvres ne paient pas d’impôts ». Encore faux. S’ils échappent à l’impôt sur le revenu, ils sont soumis à la plupart des autres, notamment la TVA et la CSG ; le taux d’imposition des 10 % de Français les moins riches est d’environ 40 %. « On peut gagner plus avec le RSA qu’avec le SMIC ». Toujours faux. Exemples précis à l’appui, ATD Quart Monde démontre que « si l’on galère avec le SMIC, on galère encore plus avec le RSA ».

    Dans son dernier ouvrage (Cela devient cher d’être pauvre, Stock, 212 p., 12,5 €), Martin Hirsch y ajoute une autre dimension. L’ancien haut-commissaire aux solidarités actives démonte minutieusement le mécanisme de la « double peine » dont sont victimes les plus modestes : non seulement la part de leur budget consacrée aux dépenses contraintes (logement, chauffage, téléphone, assurance…) a pratiquement doublé en vingt-cinq ans, mais ils payent ces dépenses plus cher que la majorité de la population ; le montant de ces surcoûts, particulièrement marqués pour la santé et le crédit, « représente 6 % à 8 % des revenus des ménages les plus pauvres », selon M. Hirsch.

    Et il conclut : « Au-delà de la question morale que posent les conditions de vie des plus modestes, l’aggravation de la pauvreté est une menace pour la cohésion de la société tout entière. Les signes avant-coureurs du point de rupture sont le populisme, le pessimisme et l’intolérance. » Nous n’en sommes pas loin.

    Le Monde

    http://fortune.fdesouche.com/332231-cancer-de-lassistanat-non-de-la-pauvrete#more-332231

  • Encore 9 % de Français satisfaits ? Vite, des noms !

     

    Encore 9 % de Français satisfaits ? Vite, des noms !
    Ce qu’il y a d’étonnant dans le sondage du Journal du Dimanche réalisé par l’IFOP, c’est moins le chiffre de 91 % de Français réclamant un changement – de politique et de méthode avant même tout remaniement ministériel – que les 9 % de sondés estimant que tout va bien et que le Président ne doit rien changer.

    9 %, encore ! Mais qui peuvent-ils bien être, ceux qui trouvent ainsi leur compte dans l’augmentation inexorable du chômage, de l’insécurité, de la paupérisation chaque jour plus visible, de la vision chaque heure plus angoissante de l’avenir ?

    Qui aurait cru, tout de même, que les fabricants de bonnets rouges étaient si nombreux ? On ne parle pas de ceux qui les ont coiffés samedi dernier, ceux-là étaient mécontents, forcément… Non, seuls ceux qui les vendaient ont pu légitimement estimer que le changement promis par le candidat Hollande avait bel et bien porté ses fruits sonnants et trébuchants. Pour eux, en tout cas.

    Mais qui d’autre ? Quelques milliers de crapules libérées de prison par Christiane Taubira, peut-être, et quelques dizaines de milliers d’autres qui, grâce à ce fameux changement assumé de la Hollandie, peuvent espérer éviter plus tôt que tard la case prison…

    Ce ne sont pas les homosexuels – femmes, hommes ou sans opinion – qui peuvent en tout cas ainsi grossir cette armée de joyeux sondés pour qui tout va si bien. Outre qu’à peine 6 % de la population est concernée, on a bien vu qu’une grande partie ne goûte guère l’idée de passer un jour devant le maire.

    À gauche, ça renâcle de toutes parts… Les derniers communistes mendient au Parti socialiste une alliance chaque fois plus humiliante pour conserver quelques mairies rémunératrices, tandis que leur chef en CDD, Jean-Luc Mélenchon, tente par tous les moyens de les en empêcher…

    Au Parti socialiste, on ne parle plus de courants, mais plutôt de vents contraires qui font échouer tous leurs candidats sur les récifs du premier tour de chaque élection partielle. À droite, l’UMP n’en finit pas d’attendre, à chaque fois qu’un non-lieu est prononcé en sa faveur, le retour de Nicolas Sarkozy, alors que Nestor (l’ex-majordome de Matignon cinq ans durant) n’en finit plus de se disputer avec Jean-François Copé dont on ne peut s’empêcher de penser qu’il ferait mieux de postuler pour un rôle dans « La Vérité si je mens ! IV » plutôt que de s’obstiner à vouloir faire président.

    Par charité, oublions les malheureux qui ont cru un jour dans Europe Écologie Les Verts, et les partisans de Jean-Louis Borloo et de François Bayrou que les doigts d’une main suffisent amplement à compter…

    Le Front national ? Mais n’importe quel sondage, même le plus défavorable, estime ses électeurs à près de 20 %… Ce n’est pas eux non plus !

    Mais par Belzébuth, Jaurès et Mitterrand, qui sont donc ces 9 % de ravis de la politique de François Hollande ? C’est sans doute ce qui doit le plus dérouter le Président, dans son bureau de l’Élysée. À moins qu’il ne lise Nietzsche, pourquoi pas ! Il pourrait y découvrir que « l’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence, c’en est plutôt une condition ».
  • Alliance VITA refuse le fatalisme sur l’avortement

    Communiqué d'Alliance Vita :

    "Un rapport public, commandité par la ministre du droit des Femmes et remis aujourd’hui, prône des évolutions législatives radicales en matière d’IVG. Alliance VITA, dont le service d’écoute SOS Bébé aide chaque année 1500 femmes ou couples confrontés à des problématiques liées à la grossesse, s’interroge sur la profonde méconnaissance de la réalité vécue par les femmes que manifestent ces préconisations – particulièrement la suppression du critère de détresse et du délai de réflexion d’une semaine, prévus par la loi.

    Pour Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute de VITA : « Les femmes que nous aidons ont besoin d’être respectées dans ce qu’elles vivent et ressentent. Or, ces propositions sont en profond décalage avec la réalité : l’IVG est une expérience qui demeure difficile  pour beaucoup de femmes. Les femmes confrontées à une grossesse imprévue nous disent souvent qu’elles ont eu besoin de temps, d’écoute et de soutien pour dépasser la panique et la précipitation ; et pour résister aux pressions, souvent masculines. Plutôt que de se soumettre à l’avis univoque de structures telles que le Planning familial qui ose prétendre que l’IVG ferait « partie du parcours des femmes » et qu’il ne faut « pas en faire un drame », le gouvernement devrait travailler à une véritable prévention de l’avortement, à l’aide aux femmes enceintes en difficulté et à l’écoute de celles qui vivent douloureusement les suites de l’IVG.  

    Alliance VITA conteste la légitimité du Mouvement français pour le planning familial (MFPF), organisme auquel le gouvernement semble avoir délégué sa politique sur l’IVG, alors que cette association militante ne cesse de prôner l’avortement comme solution à toute grossesse imprévue ou difficile, y compris par des filières clandestines d’avortement hors délai à l’étranger.

    Rappelant que le MFPF ne gère heureusement qu’une minorité des centres de planification et des services d’accueil des femmes enceintes, VITA demande qu’avant toute évolution de la législation sur ce sujet de société majeur :

    -soit organisé un réel débat qui ne soit pas confisqué par les « experts » liés au MFPF ;

    -soient publiquement auditionnées les responsables de son service d’aide aux femmes SOS Bébé.

    Pour mémoire, le sondage IFOP commandité par VITA auprès de 1000 femmes montre à quel point les préconisations du rapport sont en décalage avec leurs attentes."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Jacqueries, rébellions, révolution : quelle forme finira par prendre la révolte des Français ?

    Par Serge Federbusch

    C’est une révolte ? Non sire, c’est une ralbolution !“. Si l’écotaxe cristallise tous les mécontentements, les vraies raisons de la révolte grandissante des Français sont plus profondes.

    1 – C’est une révolte ? Non sire, c’est une ralbolution !

    L’écotaxe n’est évidemment qu’un abcès de fixation. Les vraies raisons de la révolte grandissante des Français ont pour noms récents la Redoute, Fagor, Cristal d’Arques, Alcatel, Michelin, Fralib, Electrolux et Gad. Altares, société spécialisée dans la collecte d’informations sur les entreprises, a recensé au troisième trimestre 13 140 procédures collectives (sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires d’entreprises) avec 52.700 emplois directs menacés.

    Mieux vaut ne pas parler de leur impact indirect, sur le commerce, les revenus des familles, etc. Et il s’agit de vrais emplois, pas des cataplasmes dont Mou-Président espère une cosmétique et purement transitoire “inversion de la courbe du chômage“. Cette incantation a du reste tendance à se faire discrète ces derniers temps dans les services de communication du pouvoir. Les jobs bidons et subventionnés ne sont même pas capables de faire illusion quelques semaines !

    La vraie question est donc : quel chemin prendra la rébellion qui vient ?

    Les échauffourées bretonnes font pour le moment penser aux jacqueries médiévales qui perdurèrent jusqu’au 18ème siècle. Elles ont un caractère régional, sont plutôt ancrées dans les zones rurales et dirigées contre la cherté de la vie, la difficulté à joindre les deux bouts, la noblesse protégée – sous sa forme actuelle c’est à dire la fonction publique et les élus à vie – et, surtout, les impôts et octrois mis en place par l’État.

    L’écotaxe est le nouveau nom de la gabelle. Les foules défilantes en ont d’ailleurs conscience lorsqu’elles revêtent le bonnet rouge qu’arborèrent leurs lointains prédécesseurs. La France que l’Enfumeur(*) nous prédisait apaisée est en pleine régression historique et sociale, conséquence de son déclin économique.

    Pour que la jacquerie devienne révolte, il faut qu’elle se “nationalise”, qu’elle se transforme en contestation générale du pouvoir.

    Des premiers bonnets rouges ont été signalés en région parisienne, signe d’un début de contagion. Les portiques d’Ecomouv risquent de devenir les portes d’entrée de la maladie, comme on dit en épidémiologie. Un d’entre eux a été incendié dans les Landes. La révolte en progression doit également, pour peser, fédérer des intérêts divers, ne pas se limiter aux agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et autres petits entrepreneurs.

    Elle se nourrira quoi qu’il arrive du discrédit de la classe dirigeante. La grande jacquerie de 1358 fut attisée par les déboires de la noblesse d’épée, après les défaites de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356. La sourde colère actuelle est le fruit des défaites de Maastricht (1992) et Lisbonne (2007) qui ont ouvert les marchés français au grand vent de la concurrence internationale tout en leur imposant une monnaie, l’euro, qui les handicape gravement par sa surévaluation. La classe dirigeante française a failli à ces deux occasions. Elle commence à en payer le prix.

    Mais ces accès de brutalité populaire, qui voient les équipements publics vandalisés et les représentants locaux du pouvoir malmenés, peuvent-ils se transformer en une révolution en bonne et due forme ?

    Ce qui caractérise le processus révolutionnaire, par rapport aux jacqueries et révoltes ordinaires, est d’abord qu’il est précédé d’un travail idéologique, d’un soubassement théorique dont l’ambition est d’offrir une véritable alternative au pouvoir en place, un ordre nouveau en quelque sorte. Ce fut le rôle des philosophes des Lumières dans la France du 18ème siècle ou des marxistes cent ans plus tard.

    L’opposition est encore aux balbutiements de cette entreprise intellectuelle. Elle est tiraillée entre critiques libérales de l’État, mots d’ordre protectionnistes et réflexes conservateurs. Que l’économie française ne puisse s’abriter plus de deux ou trois ans derrière de nouvelles barrières sans sombrer dans la sous productivité et l’inflation galopante est certes problématique. Mais l’essentiel n’est pas d’être convaincant, c’est d’être fédérateur. Les victimes de l’ordre européen sont en passe d’être majoritaires en France. D’une manière ou d’une autre, ce mouvement trouvera sa traduction idéologique, probablement dans la contestation de la représentation politique et l’exigence de démocratie directe.

    Il manquera alors un dernier ingrédient, indispensable à toute révolution : que les forces protestataires se fédèrent, d’où qu’elles viennent, contre les maîtres du moment. Que, comme sur la barricade peinte par Delacroix, le peuple, l’étudiant, l’artisan se retrouvent. C’est là que le bât révolutionnaire blesse encore.

    Pour l’heure, la “ralbolution” progresse en ordre dispersé. Le meilleur allié du pouvoir s’appelle Jean-Luc Mélenchon. Il ne peut s’empêcher de ressortir le préchi-précha gauchiste sur le fait que la révolte bretonne serait téléguidée par un petit patronat revanchard. Il défile dans son coin, fustigeant les chouans et leurs croyances. Il est isolé mais il divise, jouant le rôle d’idiot utile du hollandisme qu’il avait déjà incarné lors de la dernière élection présidentielle. On peut également faire confiance à Sa Normalité élyséenne pour tenter d’affaiblir le mouvement de contestation en le noyant dans les méandres des tables rondes et autres processus de concertation, usines à parlote dont le parti socialiste détient les brevets.

    Cependant, la persistance de la crise économique et des difficultés budgétaires peut finalement coaliser les forces de contestation, comme elles le firent sous Louis XVI et Necker. Le pouvoir n’ayant plus la moindre marge de manœuvre pour augmenter les impôts et n’ayant pas le courage de s’attaquer aux dépenses, est frappé de tétanie. Après l’écotaxe, dans quelques semaines, quelques mois, un prétexte quelconque, une mesure vénielle mettra à nouveau le feu aux poudres. Si ce n’est, à plus long terme, l’euro qui ne finisse par s’effondrer, semant le chaos dans l’économie.

    Faisons confiance à François Hollande : il finira bien par trouver l’équivalent de la convocation des États généraux pour précipiter la fin du nouvel ancien régime…

    2 – L’horizon fuyant du déficit

    La Commission de Bruxelles, qui préfère ne pas voir que la hausse actuelle de l’euro va anéantir le timide début de reprise en Europe, est en tout cas pessimiste sur les chances de la France de passer en dessous des 3% de déficit public en 2015. Il sera selon elle d’au moins 4,1% du PIB cette année, 3,8% l’an prochain et 3,7% en 2015, très éloigné donc du chant des sirènes entendu depuis le pédalo présidentiel.

    Dans ces conditions, la remontée des taux d’intérêt deviendra insupportable et la croissance de la dette publique ingérable. Tout ce qu’il faut pour justifier que la Commission, forte des nouveaux pouvoirs qui lui ont été conférés, demande au gouvernement français de réécrire son budget. Le grand problème de cette forme d’Europe est qu’elle ne parvient à étendre son pouvoir que sur les décombres des États membres.

    3 – Senatus Consulte

    100 % des sénateurs ont voté contre un projet de loi du gouvernement socialiste et pas le moindre puisqu’il s’agit de la réforme des retraites ! Comment disait-il déjà ? Une démarche d’écoute, consensuelle et apaisante.

    Après tout, l’unanimité contre soi, c’est une façon de faire consensus. Il faut dire qu’au Sénat, on prend sa retraite très tard.

    Atlantico.fr

    (*) Titre du livre de Serge Federbusch (Ixelles éditions, 2013).

    http://fortune.fdesouche.com/332163-jacqueries-rebellions-revolution-quelle-forme-finira-par-prendre-la-revolte-des-francais

  • Les collabos donnent de la voix

    chassealhomme.jpgL’extrême gauche manifestait hier en fin d’après-midi à Champigny (Val-de-Marne) aux abords de la salle où  un Jean-Marie Le Pen en grande forme était  venu soutenir le lancement de la campagne de la liste municipale menée par Jean-Marie Rougier. Le PC, le Parti de Gauche, le NPA, la CGT,  Solidaires et Snuipp avaient raclé les fonds de tiroir pour réunir péniblement environ 200 de leurs salariés, permanents et cadres  pour  beugler des slogans haineux, dénier aux Français le droit de voter pour l’opposition nationale. Le sénateur et président communiste du conseil général,  Christian Favier, élu dans la ville de Champigny, a pris la parole pour se féliciter  à cette occasion de la  poursuite de l’immigration à haut débit  et exiger   «la régularisation de tous les sans-papiers (clandestins) ». Au moins les choses sont claires…

    Une extrême gauche qui tente de se refaire une santé électorale en tentant de capitaliser sur la campagne anti FN menée actuellement par le gouvernement et l’UMPS.  Avec le soutien  des médias qui se saisissent  de quelques faits divers  et de propos bien  évidemment condamnables pour manier l’amalgame,  culpabiliser les Français en assénant que la volonté de défendre son identité et le refus de la submersion migratoire participent d’un insupportable racismeRien de nouveau sous le soleil, « ils » nous font le coup  régulièrement depuis trente ans,  à chaque fois le Front National  est porté par une dynamique importante. 

    Un racisme nous l’avons  dit, dont les  premières victimes dans notre pays, dans l’indifférence quasi  générale de nos élites négationnistes, sont bien  pourtant,   et dans leur écrasante majorité,  les Français de souche européenne. Ces derniers sont pourtant invités à faire profil bas.

    Invité hier soir de l’émission C dans l’air sur France 5  consacrée au débat du moment - »la France est-elle raciste?- »le très contesté et contestable Patrick  Lozés, ancien président du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) avant d’en être écarté -voir notre article en date du 30 novembre 2011-  en a fait l’aveu implicite. Il a ainsi suggéré d’en finir avec ce qu »‘il appelle la »catho-laïcité » , à savoir dans son esprit la prééminence culturelle qui est (encore) accordée au catholicisme dans la société française. Au nom de la lutte contre les discriminations bien sûr…

    Soucieux de se rappeler au bon souvenir (?) des Français, l’ex ministre centriste de la Défense,  Hervé Morin , qui a rallié avec  sa coquille ville Nouveau Centre,    l ‘UDI  de Jean-Louis Borloo,  a tenu à apporter sa contribution  au lynchage médiatique des Français qui se tournent vers le Front National.

    Jusqu’alors le très opportuniste  M. Morin ne s’était guère signalé que par ses appels à voter en faveur de la gauche contre les candidats nationaux lors des derniers scrutins. Son seul  autre titre de gloire  constate Bruno Gollnisch,  fut d’avoir prestement obéi  aux ordres du lobby atlantiste qui,  en 2009,  demanda et obtint  la tête du   géopoliticien Aymeric Chauprade, enseignant au Collège Interarmées de Défense (CID) , car  coupable d’avoir énoncé un certain nombre de vérités sur « l’allié américain », ses objectifs et ses méthodes…

     Hier,  Hervé Morin  a donc fait un petit coup marketing en expliquant sur RFI que la « proposition politique » du Front National est   »folle » et « nationale-socialiste. C’est-à-dire plus collectiviste que Mélenchon et d’un patriotisme mortel ». Comme on soulignait qu’il évoquait  clairement le parti nazi, Morin, a insisté : « oui, c’est un parti national-socialiste ».

    M.  Morin  ne se grandit  pas  en  diffamant  effrontément le FN,  ses électeurs  et en mettant ces pas  dans ceux des agités du bocal  les plus extrémistes du combat contre l’opposition nationale. Sur son blog  Ivan Rioufol,  note avec raison que ce dernier « chausse de vieux sabots » et   »surtout laisse voir son désarroi« . « Si le FN est un parti nazi comme il le suggère alors il faut l’interdire. » Et il le serait depuis belle lurette si tel était le cas!

    L’éditorialiste du Figaro relève plus largement que « la campagne antiraciste menée par le gouvernement  suggère une généralisation (du racisme, NDLR) or cet amalgame ne peut être perçu que comme une insulte par le nouvel (et ancien! NDLR)  électorat frontiste »;  » rien ne permet de dire a priori qu’il est plus raciste qu’un autre ». « Les grandes âmes sont les meilleures alliées de Marine Le Pen qui par leur négation des évidences laissent apparaître (Marine) comme celle qui dit des vérités interdites »,   » comme une victime du sectarisme ». « Il n’est pas sain conclut-il,  de laisser le FN sans concurrents répondre au désarroi des gens ». Il n’est surtout pas sain de banaliser un totalitarisme mort et enterré depuis longtemps pour maintenir à  flot les gamellards du Système,  les collabos du  totalitarisme mondialiste, vaste machine  à tuer les peuples.

    http://www.gollnisch.com/2013/11/08/les-collabos-donnent-de-la-voix/

  • Mieux vaut porter un niqab qu'un sweat de la Manif pour tous

    Trois nuits d'émeutes à Trappes, dans les Yvelines, en juillet. A l'origine, un jeune homme, Michaël Khiri, s'oppose violemment au contrôle d'identité de sa femme, qui est intrégalement voilée (ce que la loi interdit dans l'espace public). Il aurait été jusqu'à tenter d'étrangler l'un des policiers. Le tribunal correctionnel de Versailles vient de le condamner à trois mois de prison avec sursis et 1 000 euros d'amende.

    Michaël Khiri n'est pas Nicolas Bernard-Buss, arrêté arbitrairement après avoir participé à l'accueil de François Hollande devant M6. Ce dernier avait été condamné en première instance à 4 mois de prison dont 2 fermes, avec mandat de dépôt. En appel, après avoir croupi 20 jours à Fleury-Mérogis, il a écopé de 3 000 euros d'amende, la moitié avec sursis. Sans qu'aucune infraction n'ait été prouvée.

    Addendum :

    Une information judiciaire pour "incitation à la haine et à la discrimination raciale" a été ouverte contre l'un des policiers qui a participé à l'arrestation de Michaël Khiri. Le motif ? Il aurait posté sur son compte Facebook une photo représentant une femme en niqab devant une mosquée, sous un ciel éclatant, le tout agrémenté du logo de Trappes et de ces mots : "la douceur de vivre". La photo viendrait du groupe "les femmes blanches sont les plus belles".

    Harry Roselmack et Christiane Taubira veulent nous prouver que le racisme progresse en France ? Nous voilà convaincus.

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • [Éditorial de L'AF 2873] CRISE DE RÉGIME

     

    « La France, spontanément, n’aime pas la démocratie. Elle ne se complaît que dans l’autorité tempérée par l’anarchie. De nouveau les grenouilles demandent un roi. Voilà deux cents ans que cela dure. » Ce n’est pas nous qui le disons, mais Jacques Julliard, dans son éditorial du dernier Marianne [1].

     

    Certes, comme s’il avait peur de la vérité très maurrassienne qu’il venait de formuler, il lui fallait bien la tempérer par un jugement hautain sur ses compatriotes — De Gaulle les traitait bien de « veaux ». Qu’importe ? Ce n’est pas en se retranchant de ses concitoyens pour mieux les mépriser qu’on devient La Fontaine, et l’aveu lui a bel et bien échappé : la France, depuis le « suicide » (Ernest Renan) du 21 janvier 1793, n’a toujours pas résolu le problème du pouvoir et les Français n’ont toujours pas fait leur deuil du roi. C’est un aveu d’une violence et d’une panique inouïes si on veut bien considérer qu’il sort de la bouche d’une de ces icônes journalistiques qui ont l’habitude de verser, chaque semaine, à leurs lecteurs des soupes tièdes de lieux communs politiquement corrects visant à les désespérer de tout changement possible. Du reste, on ne se refait pas, puisqu’il considère toujours «  François Hollande comme le meilleur compromis politique et social qui se puisse trouver dans un pays confronté à la plus grave dépression nerveuse qu’il ait traversé depuis 1940 ». Comme si un pays qui se trouve dans une telle situation pouvait trouver remède dans un « compromis social et historique » qui n’est que la cote mal taillée de différents courants politiciens. Pourtant le constat est juste : oui, « il n’y a plus de gouvernement en France ».

    Maurrassien, Jacques Julliard ? Ses propos, en tout cas, le sont et peu importe que ce soit à son corps défendant : ils n’en sont que plus percutants. Certes, la formule « l’autorité tempérée par l’anarchie » n’est, on le sait, textuellement pas plus de Maurras que « la monarchie, c’est l’anarchie plus un », qu’on lui prête souvent. Mais ces deux formules traduisent maladroitement cette vérité politique conforme à mille ans de monarchie capétienne et qui fut au fondement du rejet par Maurras de l’imposture de la démocratie représentative : « l’autorité en haut, les libertés en bas ». D’un côté, non pas l’anarchie, effectivement, qui se termine toujours en tyrannie, mais les libertés les plus larges laissées au pays réel, appelé à se gouverner lui-même pour ce qui le regarde directement, et, de l’autre, une autorité régalienne absolue, au sens d’indépendante, de non soluble dans les intérêts privés, dans l’oligarchie, et dont l’objet est le bien commun. Or, aujourd’hui, à qui les Français ont-ils affaire, alors même qu’ils se trouvent dépossédés de leur autonomie par le Moloch européen comme jamais ils ne l’avaient été par la république jacobine elle-même ? A personne, justement, si ce n’est à un semble-roi qui n’a même plus la dignité de faire semblant de régner.

    Le roi, le semble-roi de la république est nu, désormais. Le peuple a enfin compris que Monsieur Bricolage est pieds et poings liés à une oligarchie dont il n’est que le courtier honteux : comment le leur cacherait-il, après avoir ouvertement trahi ses promesses de maîtriser une « finance » qu’il n’a fait profession électorale de haïr que pour mieux la servir, une fois arrivé aux affaires — quelle loi bancaire adoptée ? Le peuple a enfin compris que son président normal n’imposera aucune politique de croissance ni à une Europe autiste ni à une Allemagne triomphante, parce qu’il partage avec toute la classe politique française le même syndrome munichois de soumission aux faux dogmes du libre-échange absolu, que l’Europe est la seule à pratiquer, et de la monnaie unique salvatrice — quelle renégociation du traité budgétaire ? Le peuple a enfin compris que cet éternel premier secrétaire, qui dirige l’Etat comme il dirigeait naguère le parti socialiste, est plus à même d’imposer manu militari, sous le diktat de lobbies, des ruptures anthropologiques à un pays qui n’en veut pas que de préparer les réformes sociales, économiques ou éducatives dont les Français ont besoin — de l’école aux retraites, en passant par la réindustrialisation du pays, quelles mesures d’ampleur ?

    Le rejet justifié de Sarkozy avait été celui d’un président cynique, vulgaire et brouillon, aussi servile envers les intérêts étrangers, notamment américains, que menteur ou incompétent en matière de chômage, de sécurité ou d’immigration. C’est pourquoi si, pour nos compatriotes, Hollande représentait un pis-aller, pour le pays légal il était l’une des dernières chances de faire avaler aux Français que le système demeure le cadre incontournable de la résolution de leurs problèmes. Or nos compatriotes perçoivent de plus en plus que la vérité de la démocratie a toujours été l’oligarchie, c’est-à-dire le règne arrogant d’un argent apatride et décomplexé, et que cette oligarchie en est arrivée à une étape décisive de sa tentative d’asservissement des peuples : après les avoir privés de leur indépendance nationale et de leur souveraineté politique, monétaire et budgétaire, les livrer à un précarité structurelle sur les plans économique, social, familial et culturel, qui les rend dépendants de politiques d’assistance, les privent de leur dignité et de leurs repères et les détournent de toute citoyenneté réelle. Il en est ainsi d’une politique immigrationniste qui vise à la fois à peser sur les salaires et à dissoudre les nations historiques dans un magma communautariste qui les livre déjà à la violence interethnique — l’attaque récurrente contre les fêtes chrétiennes n’est pas innocente —, ou de la déstructuration anthropologique de la société. Oui, la civilisation est bien engagée dans cette lutte à mort contre l’oligarchie universelle que Maurras prédisait peu avant de mourir.

    Le climat est malsain pour le pays légal. Changer de personnels ne servirait à rien : les maux se nomment Europe supranationale, oligarchie apatride, règne des partis. Faut-il se réjouir de cette crise de régime qui se dessine de plus en plus précisément à l’horizon ? Il faut surtout préparer l’avenir. Tous les patriotes doivent taire leurs divergences, dont la futilité criminelle éclate devant la gravité des enjeux. Ne manquons pas les premiers grondements de la révolte qui sourd. Le sursaut breton — bientôt national ? — contre l’écotaxe n’est qu’un des plus bruyants symptômes du refus de plus en plus radical d’un Etat aussi impuissant à résoudre les problèmes que spoliateur. Les Français n’en peuvent plus. Il faut se tenir prêt à donner un sens à leur colère légitime.

    François Marcilhac - L’AF 2873

    [1] Marianne n°863 du 2 au 8 novembre 2013

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Editorial-de-L-AF-2873-CRISE-DE

  • Menace sur la liberté de conscience des médecins

    Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) remet jeudi au gouvernement ses propositions pour un meilleur accès des femmes à l'avortement, afin que l'avortement devienne "un peu plus un droit comme un autre". Le HCEfh doit émettre une trentaine de recommandations. Il suggère par exemple la suppression de la notion de "détresse" du code de la santé publique, texte qui autorise l'avortement pour "la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse", et du délai obligatoire de réflexion d'une semaine entre les deux premières consultations avec un médecin avant un avortement.

    Le rapport proposeaussi l'autorisation de pratiquer l'avortement par aspiration sous anesthésie locale en centre de santé ou maisons médicales.

    Ce matin sur Europe 1, il a aussi été question de supprimer la clause de conscience qui permet actuellement aux médecins de refuser de pratiquer un avortement.

    N'oubliez pas le 19 janvier 2014 : c'est la Marche pour la vie.

    Michel Janva

  • "Euthanasie", "suicide assisté", "euthanasie palliative" : même combat

     

    Dans la Nef, Pierre-Olivier Arduin, directeur de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, passe en revue les trois options que pourrait proposer le CCNE en vue de légaliser l'euthanasie. La dernière, particulièrement pernicieuse, nous appelle à être vigilants.

     

    "Sur l’échiquier de la fin de vie, François Hollande, lentement mais sûrement, avance ses pièces, bien décidé à renverser le dernier pilier moral encore en vigueur dans notre société : l’interdit fondateur de donner intentionnellement la mort à un malade. Contrarié par l’avis que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) lui a rendu cet été, lequel s’est opposé à toute forme de dépénalisation de l’euthanasie ou du suicide médicalement assisté, le chef de l’État a remanié de fond en comble cette instance en septembre pour n’y placer que des personnalités acquises à sa cause. Un coup de maître quand on sait que c’est justement le CCNE qui va lancer en ce mois de novembre les premiers États généraux sur la fin de vie et sélectionner les « experts » chargés de « former » pendant quatre week-ends une trentaine de citoyens tirés au sort avant d’en tirer un énième rapport. Autant dire que le CCNE, seul aux commandes pour organiser les débats et piloter la rédaction du futur avis des États généraux, est juge et partie dans cette affaire. Pour la première fois, le CCNE pourrait ainsi publier un texte qui contredirait frontalement le précédent à moins de six mois d’intervalle, faisant apparaître en pleine lumière le relativisme moral qui gangrène son travail de réflexion depuis sa création en 1983.

    Trois options législatives sont en lice pour inspirer la rédaction du futur projet de loi que François Hollande a promis de présenter début 2014.

    La première, soutenue en France par les responsables politiques les plus radicaux de la majorité, consisterait, à la manière du Luxembourg en 2009, à copier le dispositif à l’œuvre depuis 2002 aux Pays-Bas et en Belgique. Dans ces pays, l’existence d’une « souffrance physique ou psychique insupportable », pourvu qu’elle soit exprimée par une personne consentante, soit de vive voix soit par le biais d’une directive anticipée, entraîne une obligation positive de l’État de mettre tout en œuvre pour rendre effective l’euthanasie. Ce modèle peut-il vraiment s’imposer chez nous alors même qu’il est critiqué par des études scientifiques en raison des dérives constatées ? Augmentation des « euthanasies sauvages » passant outre à la volonté des patients ou perpétrées à la demande de familles, euthanasies couplées à des prélèvements d’organes, multiplication des injections létales pour souffrance psychologique dont le dernier exemple en date a défrayé la chronique, celui d’un Belge « transgenre » se sentant prisonnier de son corps après une opération ratée de changement de sexe. On observe le même phénomène inquiétant de banalisation aux Pays-Bas comme en témoigne l’histoire de ce Hollandais de 80 ans, supporter de l’Ajax d’Amsterdam, qui s’est vu offrir par le club une place dans la tribune royale pour assister à un match parce que son euthanasie était programmée la semaine suivante. Après le « protocole de Groningen » de suppression des nouveau-nés handicapés toléré par les pouvoirs publics aux Pays-Bas, le Sénat belge vient d’entamer la discussion sur l’extension de sa loi aux mineurs, conforté par une population qui approuve à 75 % ce projet. La France peut-elle accepter de rendre légal un dispositif qui montre à l’évidence, chez nos voisins, qu’il est devenu incontrôlable en moins d’une décennie ?

    La seconde option, celle du suicide médicalement assisté, est d’autant plus dangereuse qu’elle fait son chemin dans les esprits depuis que le rapport Sicard de décembre 2012 a semblé lui entrouvrir la porte. À l’instar des États américains de l’Oregon, du Montana et de Washington, il s’agirait de donner le droit à un malade d’obtenir de son médecin l’ordonnance d’un « médicament » à s’auto-administrer à son domicile au moment qu’il choisit. Certains médecins ont estimé qu’il s’agissait d’une « piste valable » qui les libérerait d’un acte reposant entièrement sur le malade (La Vie, 20 décembre 2012). Ce qui est bien sûr faux, le suicide médicalement assisté n’étant qu’une forme singulière d’euthanasie où l’action posée par le médecin – fournir des produits létaux à son malade – se rapporte à la même intention criminelle de provoquer sa mort.

    Enfin, la troisième évolution qui se dessine, pernicieuse par la présentation « acceptable » qui en est faite depuis plusieurs mois, pourrait rallier de nombreux élus peu au fait des questions de fin de vie et embrouiller un peu plus les esprits des Français. C’est ce que certains éthiciens comme Véronique Fournier appellent l’« euthanasie palliative » (Libération, 9 septembre 2013). La directrice du centre d’éthique de l’hôpital Cochin milite en faveur de cette « aide médicalisée provoquant la mort en douceur en s’inspirant du savoir-faire des soins palliatifs ». Peu de spécialistes ont noté que l’idée d’une « accélération délibérée de la survenue de la mort », à l’aide de cocktails sédatifs notamment, était déjà au cœur du rapport de la commission Sicard. S’il devait être reconnu, ce principe qui demande aux médecins d’assumer l’intention de tuer, blesserait mortellement une déontologie médicale inchangée depuis Hippocrate."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/