Voici encore un phénomène bien français dont il faut parler et dont l'analyse va réserver bien des surprises. Ce sont les contre-coups de la campagne électorale de 2 012 que nous payons douloureusement à présent. Il ne va pas être question du coût financier qui est pourtant incalculable et repose sur de l'argent volé aux citoyens par la force fiscale. Ce coût financier s'envolera de plus en plus car il s'auto-alimente tout seul. L'élection comme le plus souvent s'est jouée à la marge et la course à l'argent s'est accélérée. Les diverses affaires en cours vont peut-être réservé des surprises.
Nous allons analyser les promesses de campagne. Ce fut de part et d'autres un feu d'artifice verbal faisant le pendant du feu d'artifice financier.
Un inventaire impossible
Limitons-nous au candidat Hollande puisque c'est lui qui a gagné le gros lot, mais les remarques seraient les mêmes concernant Sarko son challenger.
Au compteur François Hollande a fait 500 promesses. Voici un rappel très court de quelques-unes
d'entre elles.
Suppression des cumuls intolérables et scandaleux, mariage pour tous, arrêt du matraquage fiscal, manipulations pour sauver à n'importe quel prix la retraite par répartition jugée à tort comme seule valable, renforcement de l'Europe avec une gouvernance économique bien affirmée, équilibre du budget, inversion rapide et programmée de la courbe du chômage, loi de type Florange pour maintenir de la sidérurgie en Lorraine, équilibre des comptes de la sécu qui par nature n'est pas gérée ni gérable depuis ses origines lointaines, retour de la croissance que pourtant l'idéologie socialiste détruit, salut à la compétitivité alors que l'idéologie socialiste la détruit aussi, etc.
La grande calamité des promesses
Bien que moins visibles que les coûts financiers de l'élection déjà signalés, ces promesses forment en tant que telles de vraies calamités. D'abord, le comptage lui-même. Personne ne cache qu'à l'Elysée, voire ailleurs, des fonctionnaires font le comptage à nos frais. Ils les classent en catégories : promesses tenues, en voie de l'être, abandonnées, etc. Le tout alimente les discours du Président et, le cas échéant, les papiers de la grosse presse si solidaire. Il s'ajoute un déluge de lois. Ce n'est pas nouveau, mais la farce ruineuse de ce déluge se trouve renforcée. Bien évidemment, chaque promesse est un engagement de créer une usine à gaz, s'ajoutant aux véritables galaxie que nous connaissons déjà.
Comment expliquer cette calamité
Le feu d'artifice verbal est rempli de contradictions. Une promesse lancée à la légère annule l'autre : dire que l'on va stimuler la croissance alors que le matraquage fiscal continue est un non-sens. S'engager sur le chômage en faisant l'apologie des emplois d'avenir est une gentille farce.
Le nombre des ministres est largement en cause. Chacun pur justifier son statut et sa richesse voudra légiférer écrabouillant l'économie au passage. Que dire de la règle absurde de la parité vraie verrue dans le paysage ?
Les innombrables députés et sénateurs s'agitent aussi pour leur part. La république sondagère n'est pas non plus étrangère à ce mic-mac. Nous sommes en quelque sorte dans un monarchie républicaine et ceux qui la détiennent sont de faux démocrates bien qu'ils s'en défendraient hautement.
Michel de poncins http://libeco.net/Libeco_806.htm
France et politique française - Page 4667
-
Les promesses de campagne
-
Mathieu Géniole, la caricature du bobo méprisant
Dans une tribune publiée sur le Nouvel Obs, Mathieu Géniole ne prend pas de gant pour montrer son mépris à l'égard du peuple :
"Par contre, il y aura une conséquence directe à l'élection d'un candidat FN, et là je m'adresse directement aux électeurs : savez-vous que votre parti ne dépasse pas les 8% d'intentions de vote à Paris et qu'ici on accorde pas la moindre importance aux théories frontistes dans la capitale ? Le résultat de cette complète ignorance est simple : vos villes dirigées par un maire FN seront totalement abandonnées par l'État, et vous n'aurez plus que vos larmes pour pleurer lorsqu'une catastrophe s'y abattra. Regardez bien ce qui se passe à Orange, où règne depuis des années le délicieux Jacques Bompard : le premier régiment de cavalerie, implanté dans la ville depuis 50 ans, va fermer. Une situation catastrophique pour Orange qui perd là une ressource économique fondamentale. Eh bien, chers habitants d'Orange, je suis au regret de vous annoncer qu'à Paris, personne n'est au courant de cette histoire. Tout le monde s'en fout, et vous l'avez bien cherché : démerdez-vous avec votre maire, il va surement trouver une solution miracle. Vous vouliez du FN, vous l'avez. Et maintenant, foutez-nous la paix ! Voilà ce qui vous attend avec l'élection de maires issus du Front national : l'abandon d'une commune par l'État. Dans ces conditions, je souhaite à toutes ces villes qui s'apprêtent à virer fièrement FN de ne pas rencontrer de problème dépassant le cadre des ronds points et du ramassage des ordures, parce que leurs habitants deviendront, pour le coup, de vrais laissés-pour-compte de la République."
-
Monsanto, du transgène au transgenre par Pierre BÉRARD
Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis et Lecteurs du site,
Les prochaines semaines vont être riches en manifestations qu’il importe de soutenir en y assistant.
• Le 26 octobre se tiendra la 6e Journée de la réinformation organisée par Polémia consacrée à « Faire face à la désinformation publicitaire » de 9 h 15 à 17 h 30, salle Dosnes – Thiers, Place Saint-Georges (Paris IXe), métro : Saint-Georges. Participation : 10 €. Le programme est en ligne sur le site de Polémia.
Pour s’inscrire : polemia1@gmail.com
• Toujours le 26 octobre aura lieu un colloque de l’Alliance sociale des peuples et des pays de France qui traitera de « L’Europe, implosion ou refondation ? » au F.I.A.P. Jean-Monnet (Salle Oslo), 30, rue Cabanis (Paris XIVe) entre 14 h 00 et 18 h 30, métro : Glacière. Participation : 5 €.
Les intervenants seront :
— Alexis Arette « Ici et maintenant »,
— Georges Tartaret « Une approche macro-économique de l’Europe » et « La démographie et l’âme européenne »,
— Bruno Lemaire « Sortir de l’euro : le pour et le contre »,
— Janpier Dutrieux « Les déséquilibres extérieurs contre l’Europe et l’incontournable réforme bancaire et monétaire » ainsi que « Quel avenir pour les P.M.E. et T.P.E. françaises ? »,
— Rémi Bonnevialle « L’apprentissage : un dispositif particulier de l’alternance »,
— Yves Morel « Quel modèle éducatif pour l’Europe ? »,
— Arnaud de Ledinghen « Europe et relations sociales en milieu professionnel »,
— Loeiz Laurent « Six leçons sur le territoire ».
Chaque intervention sera suivie d’un échange avec la salle.
• Le 11 novembre prochain se déroulera la 7e journée nationale et identitaire de Synthèse nationale sur « Face à la répression socialiste : défendons la liberté ! » de 11 h 00 à 18 h 00 à l’Espace Jean-Monnet, 47, rue des Solets, SILIC, à Rungis (R.E.R. C Rungis – La Fraternelle, autoroute A6, sortie Rungis, place de stationnement prévu). Entrée : 10 €.
Il y aura des tables rondes, des conférences, des comptoirs de libraires, d’associations, de mouvements amis, de quoi se restaurer sur place.
Pour tout contact : Synthèse nationale, 116, rue de Charenton, 75012 Paris ou synthesenationale@club-internet.fr
Venez nombreux !
La rédaction d’Europe Maxima
*
**
Monsanto, célèbre multinationale des O.G.M. a reçu récemment la médaille de platine de la « firme la plus L.G.B.T. » (« lesbian – gay -bisexual – transgender »). Un honneur pour la compagnie qui lui a été décerné par la Human Rights Campaign (H.R.C.), relais du lobby gay américain dont le programme communautariste est de déconstruire toutes les normes sociales afin de les abolir. La H.R.C. dispose de puissants sponsors, Monsanto bien sûr, mais aussi Coca-Cola, Starbucks, British Petroleum, Chevron, Shell, American Airlines, Dell, Microsoft, Google, Nike, Booz – Allen – Hamilton, Deloitte, Morgan Stanley, Bank of America, J.P. Morgan, etc. Le fleuron de ces géants de la finance est la mégabanque Goldman Sachs, tellement « too big to fail » qu’elle s’est emparée du pouvoir réel en Europe après l’avoir capté aux États-Unis même. Elle est présidée par Lloyd Blankstein, l’homme qui se prend pour Dieu et qui déclarait tout de go que « gay is good business ».
Fin mai se déroulait sur toute la planète la « Journée internationale contre Monsanto ». Partout des foules se sont rassemblées contre la mainmise de la multinationale de Saint-Louis, Missouri, sur l’agriculture mondiale et la véritable mise en esclavage des paysans convertis en nouveaux serfs. En effet, les semences Monsanto, produites grâce au génie génétique, sont rendues stériles à la deuxième génération et contraignent leurs utilisateurs à l’abonnement obligatoire constituant pour Monsanto une clientèle captive.
Face à ce modèle de capitalisme prédateur se côtoyaient au sit-in de Paris, écolos, altermondialistes et de jeunes partisans de la « Manif pour tous » qui allaient manifester le lendemain, 26 mai, pour la défense de la famille traditionnelle et les droits de l’enfant, contre la gestation pour autrui (G.P.A.) autre manière d’aliéner les pauvres (mais comme l’a soutenu le financier Pierre Bergé, louer son ventre ou louer ses bras, quelle différence ?).
Ce curieux tohu-bohu d’apparence contradictoire étonna beaucoup les manifestants qui ne percevaient guère la logique profonde de leur combat. En effet, les protestataires de la « Manif pour tous » et les protestataires d’un capitalisme devenu plus prédateur que jamais se sont-ils rendus compte qu’ils luttaient contre un « progressisme » qui ne connaît plus de limites et qui veut l’abolition nihiliste de toute norme d’une part, et la renforcement du système de l’argent d’autre part ? comme le montrent bien les parrains de la H.R.C. qui ont attribué à Monsanto une médaille de platine. De toute évidence ceux qui étaient présents à la manif ont continué à se regarder en chiens de faïence, tous voués à leur combat spécifique et incapables de concevoir l’aspect unitaire qu’il recouvrait.
Le système avance sur deux jambes. L’une est le marché, l’autre est la déconstruction de toute les norme commune. La logique du capital se fraie d’autant plus facilement son chemin que les peuples qu’elle conquiert sont déracinés et ont perdu toute mémoire. Jean-Claude Michéa l’a amplement démontré après Marx lui-même. Tant que nous en resterons à une contestation partielle du Système, les uns approuvant la loi d’airain du marché mondial et critiquant la déconstruction, les autres saluant toute déconstruction comme une victoire alors qu’ils contestent la logique du marché, Warren Buffett l’un des hommes les plus riches du monde et l’un des V.I.P. de l’oligarchie pourra continuer à se prévaloir d’une guerre de classes que seule sa classe gagne puisque les autres ne la pratiquent pas, inconscients qu’ils sont des enjeux colossaux que comporte son issu.
Il faut sortir de cette hémiplégie. Et le temps presse !
Pierre Bérard http://www.europemaxima.com/
• D’abord mis en ligne sur La Droite strasbourgeoise, le 23 juillet 2013.
-
La Manif pour tous lance son « Grenelle de la famille »
PARIS (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation) - La Manif pour tous est « extrêmement inquiète » de ce que prépare Dominique Bertinotti dans son « projet de loi Familles ». Ludovine de la Rochère a donc annoncé, vendredi le lancement du « Grenelle de la famille ». Il se composera en forums thématiques dans six provinces, plus de quarante experts donneront leurs avis. Plusieurs projets seront débattus avec le grand public sur un site Internet dédié. Le lancement de ce Grenelle est prévu mercredi prochain à Bordeaux.
Pour appuyer cette annonce, samedi se déroulait la 2e « journée du port du sweat »
N’en déplaise à Madame Bertinotti, le mouvement n’est pas éteint, et comme le dit si bien Albéric Dumont, coordinateur de la Manif pour tous : « Un rien pourrait nous faire repartir ». Ainsi samedi, on pouvait voir, en plus du jaune automnal, devant les mairies, les préfectures, le ministère de la famille, les couleurs rose et bleu de la Manif pour tous. Une manière de rappeler au Conseil constitutionnel – qui doit rendre prochainement une décision sur la clause de conscience des maires – que les manifestants sont toujours présents.http://fr.novopress.info/142169/la-manif-pour-tous-lance-son-grenelle-de-la-famille/
-
La caisse noire de l’UIMM servait à financer des syndicats “par tradition”
Certains des retraits en liquide inexpliqués de la caisse noire de l’UIMM ont bien servi à financer des syndicats. Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien patron de l’organisation, l’a confirmé à la justice ce 14 octobre.

Denis Gautier-Sauvagnac va-t-il enfin parler? A l’ouverture de cette deuxième semaine de procès des caisses noires de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), son ex-patron a commencé à dévoiler des informations, ce 14 octobre.
Le prédécesseur de Frédéric Saint-Geours à la tête de la plus puissante fédération du Medef a confirmé devant le tribunal correctionnel de Paris que les syndicats étaient bien les bénéficiaires des enveloppes d’argent liquide.
Le nom des bénéficiaires reste un mystère
La justice s’intéresse à des retraits en liquide entre 2000 et 2007, de plus de 16 millions de la caisse de l’UIMM, dotée de centaines de milliers d’euros grâce aux cotisations des entreprises adhérentes et censée servir à leur apporter “un appui moral et matériel” en cas de conflit du travail.Le juge d’instruction chargé de l’enquête présume que des enveloppes ont été distribuées à certains syndicats. Denis Gauthier-Sauvagnac a bien évoqué une “tradition de l’UIMM depuis des décennies d’apporter son concours financier à des organismes qui participent à notre vie sociale“. Mais il refuse toujours de dévoiler les noms des bénéficiaires de ces dons.
-
Jacques Bompard interpelle par l'absurde le ministère des droits des femmes
Les méfaits de la théorie du genre gagneraient aujourd'hui à être davantage exposés au grand public. C'est fort de cette certitude et conscient du temps et des fonds publics alloués par les locataires du pouvoir que Jacques Bompard député maire d'Orange a voulu interpeller le ministère public.
Dans ses questions 29006, 29011 29012 et 29013 il a ainsi voulu montrer à Mme le ministre délégué au droit des femmes combien cette action excluait le sens commun de son analyse. Ainsi il rappelait que 90,7% des aides-soignants sont des femmes. Comme 86,6% des sages-femmes et plus généralement 76,6% du personnel hospitalier. De là à considérer que les descendantes d'Eve possèdent quelque prédispositions à l'empathie il n'y a qu'un pas. Le ministre délégué ne semble ainsi pas comprendre l'ironie du président de la ligue du Sud quand il déclare:
"Il lui demande si le Gouvernement entend changer le nom réactionnaire et rétrograde de la profession de sage-femme et prendre des mesures pour y favoriser la parité."
Un pas que Mme Najat Vallaud-Belkacem refuse totalement, prisonnière qu'elle est de la théorie du genre puisque sa réponse du 23 juillet nous indiquait : "La lutte contre les stéréotypes genrés, dès l'école, est une priorité de la ministre des droits des femmes." Elle ajoute, comble du ridicule vue les situations évoquées: "La mixité, dans l'ensemble des métiers, et à tous les niveaux hiérarchiques reflète l'égalité des sexes." Pire dans la page 7831 du Journal Officiel elle nous apprend que le gouvernement déconstruit la réalité:
"La suppression des connotations genrées dans l'ensemble des fiches métiers est en cours."
Mais rassurez-vous, la théorie du genre n'existe pas. Monsieur Jacques Bompard attend également une réponse du gouvernement suite à sa question 39571 concernant la composition du Conseil Consultatif national d'éthique.
M. Jacques Bompard attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur le renouvellement du Comité consultatif national d'éthique. Les dernières nominations du CCNE voient la disparition de ses membres religieux. L'ensemble des autorités religieuses, comme toutes les personnes soucieuses de pluralisme, de démocratie et de libertés sont non seulement surprises mais furieuses de la mise à l'écart du monde religieux. En effet, il est partie prenante de la notion même d'éthique. Des personnalités proches de la gauche ont été nommées. Consulter ses amis ne nécessite pas l'existence ou la maintenance de structures onéreuses et permanentes. Il lui demande d'arrêter de croire que les Français peuvent se laisser manipuler par de tels procédés.
-
Europe, es-tu là ? Par Louis-Joseph Delanglade
Le tout récent sondage plaçant le Front National de Mme Le Pen en tête pour les prochaines élections européennes (24% contre 22 pour l’U.M.P. et 19 pour le P.S.) affole les rédactions et les états-majors politiciens. La France risque, selon eux, d’être le principal pourvoyeur en « eurodéputés eurosceptiques ». Beau paradoxe, en effet. Mais, outre que le contexte national explique en grande partie la poussée du F.N., l’« euroscepticisme » fleurit un peu partout sur le vieux continent, de la Grèce au Danemark et de la Hongrie à la Grande-Bretagne. Au vrai, on se demande même comment il pourrait en être autrement.
Sur le papier, l’« Europe » est la première puissance mondiale dans les domaines économique et intellectuel. Dans la réalité, ce n’est qu’une association hétéroclite et cacophonique de boutiquiers. Cornaquée par une commission, à raison d’un commissaire par Etat membre, les mesures qu’« elle » prend le sont toujours (en tout cas, paraissent toujours l’être) au détriment de tel(s) ou tel(s) et sont très mal perçues par les opinions publiques.
D’aucuns – avec M. Guetta comme porte-parole militant sur France Inter - considèrent que, pour se sauver, cette « Europe » doit s’affirmer davantage dans tous les domaines en harmonisant les diverses politiques fiscale, militaire, industrielle…; et que, surtout, la zone euro doit se transformer en union politique avec un « vrai » parlement, un « vrai » gouvernement et un chef de l’Etat. Bref, il faudrait abolir les actuelles entités nationales (devenues, dès lors « provinciales » - avec même des regroupements transfrontaliers) au profit d’une impossible Europe supranationale.
Là où les choses coincent en effet, c’est que le politique viendrait couronner un ensemble de démarches qui lui seraient antérieures. On ne voit donc pas très bien qui pourrait initier lesdites démarches, tant les intérêts nationaux restent divergents. Ne serait-ce pas le contraire qu’il faudrait envisager, c’est-à-dire commencer par une « union » politique ? Mais, nouveau problème, cette « union » peut-elle se décréter ? Qui ou qu’est-ce qui va « faire » l’Europe. Il paraît de toute façon peu probable que les grands pays moteurs (Allemagne et France au premier chef) acceptent de se fondre dans la masse.
On se rappelle comment De Gaulle se gaussait en 1965 des « cabris » européistes. On se souvient moins que, dès 1953, il donnait à sa pensée politique la forme d’un véritable syllogisme : la politique n’est rien d’autre que l’art des réalités ; la réalité c’est que l’Europe se compose de nations ; c’est donc à partir de ces nations qu’il faut organiser l’Europe.
Rien à objecter, sauf à être un « cabri » ou à cultiver le phantasme d’un empire au bois dormant.
-
Echec aux ronchons ! La France, le pays qui donne du sens
Dénigrer la France est un sport anglo-saxon… que beaucoup de Français pratiquent. Ce qui leur vaut un coup de gueule de Jean-Yves Le Gallou qui montre dans cet article cueilli sur Nouvelles de France que la France est le pays qui donne du sens en entrant en dissidence contre l’idéologie unique : exception culturelle, contestation du « mariage gay », naissance et essor du premier mouvement populiste européen, critique de la mondialisation, intensité des débats ; la France est le pays idéologique par excellence. C’est ici plus qu’ailleurs que le présent est mis en examen et que le futur se construit.
Polémia
Halte au « french bashing » ! La France, le pays qui donne du sens
Le French bashing est à la mode : chez les Anglo-Saxons, bien sûr, mais aussi parmi les élites libérales françaises qui déplorent, non sans raison, les excès réglementaires et fiscaux de notre pays. Mais il ne faut pas oublier que la France, si irritante soit-elle parfois, c’est aussi le pays qui donne du sens.
Le vote de la loi sur le « mariage gay », imposé dans tout l’Occident par les officines politiquement correctes et Hollywood, cela a pris trois heures au parlement néo-zélandais ; guère davantage à Bruxelles et à Amsterdam. Pas si simple à Paris ! Un an de débats philosophiques, six mois de débats parlementaires, plus d’un million de manifestants dans les rues et une mobilisation qui ne faiblit pas. En France on ne change pas de civilisation en catimini !
Et pour les Français l’ouverture des magasins le dimanche ce n’est pas seulement une question économique. C’est aussi un choix de société. D’autres valeurs que les intérêts marchands doivent être mis dans la balance. Là aussi on débat, là aussi on cherche le sens.
C’est aussi la raison pour laquelle la construction d’éoliennes et la prospection des gisements de gaz de schiste se heurtent à de fortes oppositions. La singularité et la richesse de la France, c’est la beauté séculaire de ses paysages qu’il convient de protéger des dévastations contemporaines.
Ce rapport à la nature, à la terre, aux paysages se trouve aussi dans la persistance, là aussi très française, du monde de la chasse : plus de 1.200.000 licenciés, record d’Europe, mais aussi et surtout plus de 40 modes de chasse différents, toujours vivants, toujours pratiqués, singulière alliance, de nature, de culture et de tradition.
« Il ne faut pas oublier que la France, si irritante soit-elle parfois, c’est aussi le pays qui donne du sens. »
La France c’est aussi la volonté de sauvegarder son exception culturelle. Non sans un certain humour (involontaire), artistes et acteurs défendent pour eux une préférence nationale qu’ils refusent aux autres… Mais l’exception culturelle, c’est plus que cela, c’est, depuis les accords Blum/Byrnes de 1946, une volonté française de résistance à l’ordre hollywoodien du monde.
La France, c’est aussi une terre de dissidence pour le meilleur et/ou pour le pire selon les points de vue. Dissidence historique, avec le courant révisionniste de Robert Faurisson poussant la France, d’abord, puis à sa suite tous les pays européens, à se doter de législations répressives conduisant à poser la question – cruciale – de la liberté d’expression et de ses limites.
Dans un tout autre domaine, dissidence religieuse cette fois, avec la contestation de Vatican II et la défense de la tradition catholique avec Monseigneur Lefebvre. Un vif débat théologique, là encore, né en France et qui n’est pas près de s’éteindre.
Enfin, en matière politique, la France a aussi innové en disposant depuis trente ans du premier et souvent du plus puissant parti populiste d’Europe : un Front national qui, quoi qu’on en dise, a aussi présenté dès l’origine le populisme le plus intellectuellement construit : sur l’immigration, dès 1983/1985, avec la promotion de la préférence nationale et l’élaboration d’un discours identitaire ; sur l’indépendance nationale et la souveraineté, dès 1990/1992, avec le refus de la guerre du Golfe et l’opposition au Traité de Maastricht ; sur la critique de la mondialisation – dans la lignée du Prix Nobel Maurice Allais – avec, dès 1993, la condamnation des accords libre-échangistes du GATT.
De Gaulle est mort. Ceux qui s’en prétendent ses héritiers l’ont trahi. Mais la France reste plus que d’autres pays réfractaire à l’américanisation du monde. Mieux que d’autres, elle résiste au bulldozer de la globalisation. Pays idéologique par excellence, c’est dans ses chaudrons intellectuels et politiques que se cristallise le non à la mondialisation et à l’indifférenciation et que se dessine le monde qui vient.
Jean-Yves Le Gallou, 9/10/2013
http://www.polemia.com/echec-aux-ronchons-la-france-le-pays-qui-donne-du-sens/Nouvelles de France – Halte au French bashing ! La France, le pays qui donne du sens
-
Cantonale à Brignoles : Bruno Gollnisch réagit à la victoire de Laurent Lopez
-
La folle stratégie de la paupérisation
Au moment précis où le pouvoir d’achat enregistre un effondrement historique et où le chômage atteint des sommets, le gouvernement fait le choix de concocter un budget pour 2014 qui accable les ménages de prélèvements injustes. Au bout de cette stratégie détestable, un paysage social dévasté, avec 10 millions de pauvres.
Dans l’univers doctrinal des socialistes, le terme de « paupérisation » n’a jamais eu très bonne presse. Qui ne se souvient par exemple des vives critiques de Jean Jaurès contre ce concept qu’il jugeait ambigu ? Dans un texte célèbre intitulé Questions de méthode 3, qu’il adresse à son « cher Péguy » le 17 novembre 1901 pour y être publié dans Les Cahiers de la quinzaine, il raille le catastrophisme de Marx et plus encore celui de Engels et leurs jeux sémantiques autour de la « paupérisation relative » et de la « paupérisation absolue ».
En clair, ce vocable de « paupérisation » a longtemps constitué l’une des lignes de démarcation à gauche, entre un courant révolutionnaire persuadé que le capitalisme courait à sa propre perte, et un courant réformiste pensant qu’il pouvait être aménagé et partisan d’une politique audacieuse de réforme. À gauche, le mot de « paupérisation » a donc longtemps fonctionné comme un chiffon rouge.
Et pourtant, oubliant ces querelles anciennes, comment aujourd’hui ne pas l’utiliser de nouveau ? C’est assurément celui qui résume le mieux les tendances à l’œuvre actuellement dans la société française, en même temps que les effets induits par la politique économique et sociale conduite par François Hollande. Car c’est le paradoxe de la politique socialiste : loin de limiter les effets de la crise sur la situation des catégories sociales les plus modestes, et notamment sur leur pouvoir d’achat, elle va contribuer à les renforcer sensiblement.
Pour tout dire, François Hollande a choisi une politique de l’offre qui avantage les entreprises et qui risque d’accentuer les tendances à la paupérisation. Pour en trouver la confirmation, il suffit de se référer aux statistiques publiques les plus récentes, celles publiées ce mercredi soir par l’Insee dans son dernier « Point de conjoncture » ou encore celles qui figurent dans plusieurs documents publiés en annexe du projet de loi de finance pour 2014 et qui n’ont pas profité jusqu’à présent de la publicité qu’ils méritaient.« L’éclaircie se confirme » : dès son titre, la note de l’Insee suggère que la conjoncture s’améliore lentement. Soulignant que l’activité se redresse dans la plupart des économies avancées, dopant d’autant la demande étrangère adressée à la France, et relevant que « le climat des affaires, qui avait commencé de se redresser dans l’industrie au printemps, s’améliore désormais dans tous les secteurs », les statisticiens laissent à penser que le pire de la crise est peut-être derrière nous.
Mais ce moindre pessimisme, il faut tout de suite le tempérer pour plusieurs raisons. D’abord, cette amélioration est singulièrement ténue. La croissance (du produit intérieur brut) resterait nulle (0 %) au troisième trimestre de 2013 avant de progresser légèrement au quatrième (+ 0,4 %). Au total, la France continuerait donc de barboter depuis deux ans dans une croissance toute proche de zéro, avec une activité nulle en 2012 (0 %) et en hausse infime en 2013 (+ 0,2 %).
Ce mercredi soir, le ministre des finances Pierre Moscovici se rengorge de ce + 0,2 % de croissance attendu pour 2013 et souligne que c’est bien au-dessus du… + 0,1 % escompté par le gouvernement. Mais tout cela est dérisoire ! La vérité, c’est qu’après une longue période de croissance zéro, la France entre très lentement dans… une croissance molle !
Ces prévisions ont pour horizon la fin de l’année et n’évoquent pas les tendances probables de l’économie pour l’année 2014. Mais elles permettent de mieux comprendre pourquoi le gouvernement a construit son projet de loi de finances pour 2014 sur des hypothèses économiques qui ne sont pas franchement optimistes, puisque la croissance resterait très modeste, à + 0,9 % sur l’ensemble de l’année.
Pas d’inversion de la courbe du chômage !
Ce moindre pessimisme, il faut aussi le relativiser pour une autre raison : ce regain de croissance est si faible qu’il est, à l’évidence, insuffisant pour redresser une conjoncture sociale qui, elle, reste gravement détériorée. C’est vrai d’abord sur le front du marché du travail. L’Insee passe d’abord en revue l’emploi et ses constats ne sont guère rassurants : « Du fait de la faiblesse passée de l’activité, l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles a de nouveau nettement reculé au deuxième trimestre (- 35.000). Sous l’effet du retour de la croissance, la baisse de l’emploi marchand s’atténuerait progressivement au second semestre (- 24.000 puis – 7.000).
Avec notamment la montée en charge des emplois d’avenir (21.500 ont été signés au premier semestre, pour une cible de 100.000 en 2013), le nombre de bénéficiaires d’emplois aidés augmenterait nettement dans le secteur non marchand au second semestre. Au total, après quatre trimestres de recul, l’emploi total progresserait aux troisième et quatrième trimestres, avec 10 000 puis 28 000 créations nettes d’emplois. »
Ces niveaux seraient donc tout à fait insuffisants pour faire refluer le chômage. C’est ce qu’établit ensuite l’Insee : « Le taux de chômage s’est établi à 10,9 % de la population active en moyenne au deuxième trimestre 2013 (10,5 % en France métropolitaine), en hausse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent. En moyenne trimestrielle, le chômage poursuivrait sa hausse au troisième trimestre, à 11,0 %, avant de se stabiliser au quatrième trimestre. »
Autrement dit, le chômage va rester en France à un niveau historiquement élevé. Et le chef de l’État, qui avait promis une inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, va devoir avouer qu’il n’y est pas parvenu – ou qu’il n’a pas pris les mesures adéquates à cette fin. Car l’Insee ne laisse rien présager en ce sens.
Plus grave, cette stabilité du chômage à un niveau historique se cumulerait à une situation très dégradée du pouvoir d’achat. Voici en effet ce qu’en dit l’Insee : « Le pouvoir d’achat des ménages reculerait légèrement au second semestre 2013 (- 0,1% puis – 0,2 % aux troisième et quatrième trimestres).
Ce repli tiendrait en grande partie au regain d’inflation et à la vigueur des impôts sur le revenu et le patrimoine. Les mesures votées pour 2013 induisent en effet des hausses de prélèvements de l’ordre de 1,1 point de revenu des ménages sur l’année dont environ la moitié, notamment celles relatives aux impôts sur le revenu et sur la fortune, affecterait le revenu des ménages au second semestre.
Sur l’ensemble de l’année 2013, les prélèvements effectifs ralentiraient nettement, ce qui, conjugué à la baisse de l’inflation, permettrait au pouvoir d’achat des ménages de progresser à nouveau (+ 0,5 % après – 0,9 % en 2012). »
Mais cette évaluation du pouvoir d’achat des ménages est trompeuse, car elle est calculée en proportion de ce que les économistes appellent le revenu disponible brut des ménages. Or, les évolutions démographiques contribuant à une hausse du nombre des ménages, le revenu disponible brut peut augmenter sans que pour autant le pouvoir d’achat réel des ménages suive le même mouvement. Pour corriger cet écart entre ce que disent les statistiques et ce que peuvent ressentir les ménages, les statisticiens ont donc inventé d’autres modes du calcul du pouvoir d’achat, qui rendent mieux compte du ressenti des ménages: le pouvoir d’achat par unité de consommation (en clair, hors effet démographique), ou le pouvoir d’achat du revenu arbitrable par unité de consommation. Ce dernier indicateur (en voici la définition exacte 3) est le bon car il donne la véritable évolution du pouvoir d’achat des ménages, hors des dépenses inéluctables de long terme comme le logement.
Or les évolutions réelles du pouvoir d’achat ont ces derniers mois été bien plus catastrophiques que ne l’ont souvent laissé transparaître les statistiques sur le revenu disponible brut des ménages. On peut en prendre la mesure dans un tableau très éclairant inséré dans le tome 2, celui consacré aux annexes statistiques, du traditionnel Rapport économique et financier, qui est chaque année publié en même temps que le projet de loi de finances.
Effondrement historique du pouvoir d’achatLe grand intérêt de ce document, c’est qu’il montre donc que 2012 a été, sur une longue période, l’une des années les plus catastrophiques que les Français aient jamais vécues, avec une chute de 0,9 % du pouvoir d’achat du revenu disponible brut, ce qui est sans précédent dans la période contemporaine, sauf en 1984 (- 1,1 %), l’année où le pouvoir d’achat des Français s’est effondré du fait du plan d’austérité pris l’année précédente, lors du célèbre tournant de la « rigueur ».
Mais cette baisse de – 0,9 % est donc elle-même trompeuse, car la situation réelle des ménages a été plus dégradée. Le tableau fait en effet apparaître que ce même pouvoir d’achat par unité de consommation a baissé de – 1,5 % en 2012, ce qui est encore sans précédent depuis 1984 (- 1,9 %) ; et dans le cas du pouvoir d’achat du revenu arbitrable par unité de consommation, l’effondrement a même atteint – 2,7 %, ce qui est toujours sans précédent depuis 1984 (- 3,1 %).
Du même coup, on comprend mieux la fragilité des indications dont on dispose pour 2013. Si l’Insee évoque une hausse possible de + 0,5 % du pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages sur l’ensemble de l’année, cela suggère que le pouvoir d’achat par unité de consommation a vraisemblablement encore baissé, et même beaucoup dans le cas du pouvoir d’achat arbitrable.
Et pour 2014, la tendance ne s’annonce guère plus favorable. Dans des hypothèses qui, par construction, sont toujours optimistes, le gouvernement escompte une hausse du pouvoir d’achat du revenu disponible brut de seulement 0,8 %. Autrement dit, le pouvoir d’achat réel, quel que soit l’indicateur de mesure choisi, devrait accuser au mieux une stagnation, au pire une régression.
En clair, même si les effets économiques de la crise s’estompent, le pouvoir d’achat des ménages aura passé trois années détestables, en 2012, 2013 et sans doute 2014. Et l’alternance n’y aura pas changé grand-chose. On peut même dire les choses de manière plus brutale: la politique économique socialiste aura grandement contribué à déprimer le pouvoir d’achat, au lieu de le relancer.
Les premiers signes en sont venus sitôt l’élection présidentielle passée. Choisissant de conduire une politique salariale restrictive, aussi bien dans le privé (avec le Smic qui n’a pas bénéficié de coup de pouce) que dans le public (avec un gel de la revalorisation du point d’indice), dans la droite ligne de ce que Nicolas Sarkozy avait fait auparavant, le gouvernement socialiste a, de surcroît, multiplié les cadeaux aux entreprises, en les faisant financer par les ménages. Et c’est cette immense politique de transferts de charges sociales ou fiscales des entreprises vers les ménages qui s’accélère avec le projet de loi de finances pour 2014.
C’est sans doute l’aspect le plus choquant de ce projet de budget que le gouvernement vient de présenter : pour financer ses immenses cadeaux aux entreprises, à commencer par les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt, offerts sans la moindre contrepartie, c’est-à-dire avec le risque de susciter seulement des effets d’aubaine, le gouvernement a fait le choix de ponctionner les ménages au moment précis où leur pouvoir d’achat a accusé une dépression continue pendant trois années consécutives dans des proportions quasi inégalées depuis presque un demi-siècle.
Il serait donc imprécis de dire qu’avec François Hollande, les socialistes ont définitivement abandonné la « politique de la demande » pour se rallier à une « politique de l’offre », d’inspiration néolibérale. Pour dire plus précisément les choses, ils privilégient l’offre… en piétinant la demande ! Ils multiplient les cadeaux aux entreprises, au risque d’une paupérisation accrue des ménages les plus fragiles.
Lors de la présentation la semaine passée du projet de loi de finances pour 2014 (lire Radiographie d’un budget de droite), sans doute avait-on eu du mal à prendre la mesure exacte de tous les transferts engagés par le gouvernement des entreprises vers les ménages. Car, dans un bel exercice de langue de bois, Bercy avait communiqué sur le projet de budget, et notamment sur les mesures fiscales envisagées, mais sans présenter de tableau d’ensemble permettant de chiffrer le total des efforts demandés aux ménages.
Mais avec le recul, on y voit un petit plus clair. Dans le tome 1 de ce même Rapport économique et financier, on trouve ainsi un tableau très éclairant, qui présente enfin une vision d’ensemble des mesures fiscales.
La pauvreté explose
Dans ce tableau, on découvre ainsi que les ménages auront des rafales d’impôts nouveaux à payer en 2014. En particulier, près de 5,9 milliards d’euros seront à leur charge au titre de ce que Bercy, sans doute par goût de la provocation, a classé dans une rubrique dénommée « Pérenniser notre modèle social ».
Il est en effet prévisible que toutes les charges qui y figurent seront à la charge des ménages, y compris la hausse des cotisations de retraite employeurs, puisque l’on sait que les entreprises bénéficieront d’une compensation intégrale de cette ponction, par le biais d’une réforme du financement de la branche famille qui sera à la charge… des ménages !
Pour éclairant qu’il soit, ce tableau ne donne toutefois qu’une idée encore approximative des transferts qui seront engagés au profit des entreprises et au détriment des ménages. Car il se borne à ne présenter que sur une ligne agrégée les premiers crédits d’impôts consentis aux entreprises dans le cadre du « choc de compétitivité » et les hausses de TVA qui ont été décidées pour financer partiellement le dispositif. Résultat, on découvre que l’effet net du Crédit d’impôt compétitivité (CICE) et de la TVA équivaudra à un allègement net de 3,8 milliards d’euros.
Présenté de cette manière, le mouvement de bascule qui va avoir lieu est proprement incompréhensible. Car on sait ce que sera le véritable transfert: à terme, les entreprises vont pouvoir bénéficier de crédit d’impôt de 20 milliards d’euros, et ce cadeau sera financé par un relèvement au 1er janvier de 19,6 % à 20 % du taux normal de TVA et de 7 % à 10 % du taux intermédiaire, le taux réduit devant, lui, baisser de 5,5 % à 5 %. Soit, au total, une hausse de la TVA qui pèsera sur les ménages à hauteur 5,2 milliards d’euros en 2014 – somme qui viendra donc s’ajouter aux 5,9 milliards d’euros déjà évoqués.
En somme, le gouvernement va imposer aux ménages une année 2014 très difficile, alors même qu’ils ont déjà vu leur pouvoir d’achat s’effondrer en 2012 et dans une mesure moindre en 2013. Et soit dit en passant, le débat budgétaire s’annonce sous de sombres auspices puisque le gouvernement a laissé dès à présent entendre qu’il ne ferait aucune concession importante. À l’aile gauche du parti socialiste, qui préconise par exemple d’introduire un peu de progressivité dans la Contribution sociale généralisée (CSG), il a été ainsi répondu qu’il n’en était pas question. Résultat : le débat risque de donner lieu seulement à de dérisoires petits tours de passe-passe.
On sait que le Parti socialiste est à la recherche d’une mesure sociale forte, pour tenter de rééquilibre ce projet de budget très ancré à droite. Mais on sait aussi comment cette mesure forte pourrait être financée : par l’annulation de la baisse de 5,5 % à 5 % du taux réduit de TVA, ce qui générerait une économie de 750 millions d’euros. En clair, le geste symbolique au profit des ménages modestes pourrait être financé par… les ménages modestes eux-mêmes, qui seraient les premiers frappés par cette mesure de gel du taux minoré de TVA.
On comprend donc qu’il n’y a nul excès à pointer un risque de paupérisation accrue en France. Car, déjà, les dernières statistiques disponibles étaient très préoccupantes : selon une étude récente de l’Insee, elles faisaient apparaître que le nombre de pauvres avait atteint 8,7 millions de personnes en France en 2011.
Compte tenu de l’envolée historique du chômage tout au long des années 2012 puis 2013, et de l’effondrement du pouvoir d’achat, il n’est donc pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’on est malheureusement en route pour franchir la barre des 10 millions de pauvres. Par la faute de la crise. Par la faute, tout autant, de la politique économique choisie par les socialistes, qui ne se différencie guère de celle suivie par Nicolas Sarkozy.
Qu’importent donc les vieilles polémiques d’antan et les mises en garde de Jean Jaurès contre le catastrophisme d’Engels. Car en vérité, les socialistes d’aujourd’hui ont perdu le fil de cette longue histoire et ont déserté le camp de la réforme. Les voilà qui font même la politique du camp d’en face.
Jean Jaurès, réveille-toi…
http://fortune.fdesouche.com/327881-la-folle-strategie-de-la-pauperisation#more-327881
