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France et politique française - Page 5080

  • La République des copains et des coquins

    L’honneur perdu d’un préfet et d’un sénateur...

    Le président du conseil général de l’Aube, flashé en excès de vitesse, repart libre après l’intervention du préfet.

    Flashé à 140 km/h par les gendarmes sur une portion de route limitée à 90 km/h, Philippe Adnot, sénateur et président du conseil général de l’Aube repart avec son véhicule après l’intervention du préfet du département Christophe Bay. On ne se mange pas entre gens du même monde…

    NPI

  • Excellente tribune de Christian Vanneste : La gauche liberticide

    En « tançant » l’enseignement catholique, Peillon révèle la nature de la gauche qui sévit dans notre pays. Héritière des Jacobins et de la Terreur, du laïcisme haineux et sectaire de la IIIe République jusqu’à la guerre de 1914-1918, la gauche n’est pas seulement un boulet économique, qui, au nom de la revanche sociale et de la guerre aux riches, tue la croissance et l’emploi, c’est aussi une force qui divise les Français et menace leurs libertés.

    Au nom d’une conception du progrès qui consiste à renverser les traditions et les principes, y compris ceux du bon sens, sur lesquels s’appuie notre société, la gauche a entrepris d’instituer un « mariage » entre personnes du même sexe. Non contente d’imposer une absurde révolution anthropologique à une partie importante des Français qui n’en veut pas, et de refuser un référendum à la majorité qui le souhaite, la gauche entend passer en force en faisant taire les opposants. La stratégie est simple : il s’agit d’ôter toute légitimité à la parole du contradicteur pour que la pensée unique soit effectivement la seule, de gré ou de force. Ce terrorisme intellectuel consiste donc à disqualifier tout adversaire. Ainsi lorsque le Secrétaire général de l’Enseignement catholique demande que le débat sur le « mariage » homosexuel soit suscité dans les établissements de son ressort, le ministre se fait censeur et prétend le lui interdire. Cette attitude est triplement scandaleuse.[...]

    La suite sur NdF

  • De l'homophobie à l'hétérocentrisme

    LA HALDE, cette fameuse Haute Autorité contre les discriminations, doit réellement craindre de sombrer dans le désœuvrement. C'est sans doute pourquoi elle multiplie tous azimuts les études charlatanesques sur les injustices de pacotille salissant selon elle la sacro-sainte République. Si elle s'ennuie trop, nous pourrions fournir à la HALDE quelques pistes de recherches telles : « les homos et le camping », « les homos et le football amateur », « l'homophobie sur l'Ile de Ré » ou, pour changer de registre et cette fois plus judicieusement peut-être, « le racisme contre les blondes (et les blonds) », ou encore « la mise à l'écart par leurs camarades des rouquins au sein des écoles maternelles de la République ».
    Le dernier rapport en date, dirigé par Christophe Falcoz et déjà publié par La Documentation Française (qui a décidément du temps et du papier à gaspiller), ne se distingue pas par sa pertinence puisqu'il est consacré à l'un de ces thèmes caricaturaux, l'homophobie dans l'entreprise, qui constitue, comme chacun le sait, une menace terrible, un prélude angoissant à de futurs massacres fascistes ... Mais derrière les mots anxiogènes, derrière les emphases obligatoires du progressisme tout-puissant se cache une réalité sans démons, sans pogroms et sans victimes. C'est certainement la raison pour laquelle le terme d'homophobie, du reste sémantiquement grotesque, n'est utilisé qu'avec parcimonie par l'auteur qui lui préfère les vocables "novateurs" d'hétérocentrisme ou de microdiscrimination (sic), ou l'expression perverse et kafkaïenne d'« homophobie implicite ». Force en effet est de constater que les divers malheurs mis en exergue par l'enquête sont pour le moins subjectifs, semblant relever d'une sensibilité homo excessivement chatouilleuse.
    La conséquence extrême de cette volonté de trouver une violence même symbolique là où elle n'existe pas est l'illogisme de l'argumentation. « Les enquêtes confirment ( ... ) la faible prise en compte de l'orientation sexuelle dans les politiques RH déjà constatée par la HALDE notamment » avance ainsi l'analyste. Ce qui est une information surprenante dans la mesure où l'on pensait jusque-là que c'était l'inverse qui était considéré comme scandaleux. Désormais, apprend-on, les invertis ressentiraient le besoin de « se dévoiler », d'affirmer leur identité via le coming-out, de répandre la bonne nouvelle autour d'une pizza avec leurs collègues au sein de l'entreprise comme ils le firent auparavant avec Tata, pépé et leurs cousins de gauche dans un petit resto coquet. Dans le même temps, ils prétendent étouffer dans cette société hétérocentriste où régnerait en revanche le « tiers-mondisme intellectuel » et où ils doivent « passer entre les gouttes vitriolées de l'homophobie implicite ». Diable ! Quel dilemme! Comment concilier leur sécurité tout en affirmant leur glorieuse identité ?
    La tâche est rude, d'autant plus que les homosexuels (en particulier ceux interrogés dans cette étude, et, en tout cas, ceux-là) considèrent toutes les critiques qui leur sont faites comme des agressions. 32 % des gays se plaignent des remarques concernant leur coiffure ou leurs accessoires. 40 % ont souffert de celles ayant trait à leur tenue vestimentaire et 26 % pensent avoir été moqués en raison de leurs gestes et attitudes corporels ... On appréciera la gravité du fléau ...
    Lisons le témoignage de l'une des victimes interviewées par notre fin analyste : « Quand on ne s'intéresse ni au foot, ni aux voitures ( ... ) on n'est pas dans ce cercle de subjectivité et on est écarté des promotions. ( ... ) Ces managers ne me trouvent pas assez sociable uniquement parce que je ne m'intéresse pas aux mêmes choses qu'eux. C'est une forme sournoise, car pas déclarée, d'homophobie. » Mais quid des hétérosexuels renforcés que le ballon rond ou les performances des bagnoles à la mode laissent de marbre ? Ne sont-ils pas eux aussi discriminés ? Un homosexuel atteint du VIH se dit constamment enquiquiné par son médecin du travail (catholique précise-t-il). « Un médecin homophobe alors que très tolérant avec les alcooliques qui sont pourtant, affirme-t-il sans sourciller, totalement improductifs ». Où l'on peut parler d'une tolérance à géométrie variable ... Enfin, le rapport insiste sur la situation dramatique vécue par les lesbiennes qui cumuleraient les handicaps sociaux : l'homosexualité et leur statut de femme. Nous n'osons imaginer l'enfer dans lequel évoluent selon la HALDE les lesbiennes noires, obèses et naines. Qui défendra ces malheureuses ?
    François-Xavier ROCHETTE. Rivarol du 11 avril 2008

  • « La démocratie peut-elle devenir totalitaire ? » Actes de l'Université d'été de Renaissance catholique

    En décembre 2012, l'association Renaissance catholique a édité les Actes de sa 17e Université d’été tenue en 2008. Le thème en était : « La démocratie totalitaire ». Ce livre de 406 pages est désormais disponible sous le titre : La Démocratie peut-elle devenir totalitaire ?. F.M.

     A eux seuls, les titres retenus résument l'esprit des organisateurs de ces productions. Pourtant, associer démocratie et totalitarisme s'impose a priori comme un oxymore. Mais une légère lecture en diagonale modifie rapidement cette première réaction.

    La première partie du livre est consacrée aux différentes manifestations de la démocratie à travers les siècles. La deuxième partie montre en quoi notre démocratie française contemporaine glisse insidieusement vers le totalitarisme.

    Une brève évocation de l'intervention de chacun des auteurs devrait permettre de saisir l'essence de leurs propos afin de poursuivre par une lecture soigneuse de chaque texte de ce livre.

    Michel de Jaeghere commence ce livre en comparant « Démocratie athénienne et démocratie moderne ». Alors que le début de son intervention rappelle que le totalitarisme se définit par la prétention de l'Etat à tout régenter, il cite Platon en conclusion pour résumer son message. Ainsi, « ce qui perd la démocratie ce n'est rien d'autre que le désir insatiable de liberté qui conduit les individus à lui sacrifier le bien public. L'habitude de l'égalitarisme donnée par l'égalité politique empoisonne les relations sociales, parce que les hiérarchies naturelles n'y sont plus supportées ni comprises ». Le passage de la démocratie à la tyrannie est alors possible.

    Jacques Trémolet de Villers évoque « Les libertés dans l'ancienne France ». Le début de son texte affirme d'emblée que « Il reste encore beaucoup de choses de la France d'avant dans la France d'aujourd'hui. Et si nous voulons qu'il y ait une France demain, il faudra faire renaître et faire revivre ces libertés de la France d'avant qui sont celles de la France de toujours (…). Cela faisait donc, dans la France d'avant, trois régimes de liberté (…). Pulvériser tous ces corps en individus rendait possible la pulvérisation de toutes ces libertés et la mise en place d'un pouvoir d'Etat agissant à coups de lois et de règlements (…). »

    C'est la période allant de 1789 à 1945 qui intéresse Philippe Conrad avec une question à laquelle répond son texte : « Quelles sont les étapes qui ont permis à la démocratie moderne de s'imposer au XXe siècle comme un rigoureux impératif moral ? » La réponse est dans le titre de son article « L'hégémonie démocratique ». Elle « est aujourd'hui étroitement liée à la prépondérance de la puissance américaine, de “l'empire bienveillant” tel qu'il se désigne lui-même selon la formule de Zbigniew Brzezinski ». La conséquence est alors que : « La démocratie applique depuis très longtemps ce principe selon lequel il ne doit pas y avoir de liberté pour les ennemis de la liberté. Cela, pour la plus grande tranquillité des diverses nomenklatura et classes dirigeantes parasitaires et prédatrices que nous connaissons. Ces classes dirigeantes maintiennent leur pouvoir grâce à un contrôle social et idéologique maximal assuré par les médias. »

    Dans « Les fondements philosophiques de la démocratie moderne », Maxence Hecquart donne quelques repères sur les assises intellectuelles du monde d'aujourd'hui. L'économie lui apparaît comme la référence absolue car : « Seule la matière, le tangible, peut désormais constituer un bien commun. C'est pourquoi le discours de nos politiques est essentiellement économique. » Sa conclusion découle de ce constat: « La démocratie n'est pas le pouvoir du peuple (…). La démocratie moderne n'est intelligible qu'à travers une métaphysique du devenir qui lui donne sa cohérence (…). Elle nie la stabilité des essences et l'ordre du monde, parce qu'elle rejette en définitive l'existence (…) de Dieu. »

    Cette première partie du livre réunissant cinq articles regroupés dans la partie sur : « D'une démocratie à l'autre » se conclut par le texte de Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique. Celui-ci s'intéresse aux relations de « L'Eglise et la démocratie de Pie VI à Benoît XVI ». Il dissocie d'emblée « la démocratie dite classique, qui est un mode, parmi d'autres, de désignation des gouvernants (…), de la démocratie dite moderne, qui prétend être le seul système légitime de gouvernement et qui est devenue aujourd'hui une véritable religion initiatique avec ses dogmes (…). Ce texte très documenté se termine avec un chapitre sur « Benoît XVI et la démocratie » et la dénonciation du relativisme éthique : « Benoît XVI reste fidèle à l'enseignement de son prédécesseur, dénonçant comme lui le relativisme éthique et affinant sa critique de la démocratie moderne par une dénonciation vigoureuse de la dictature du relativisme (…).

    Les fondements intellectuels de la démocratie moderne étant établis par ces auteurs, les six suivants purent développer dans la deuxième partie pourquoi nous vivons « Le totalitarisme démocratique ».

    Martin Dauch voit dans « L'individualisme totalitaire » la cause de tous les dysfonctionnements. Prolongeant le texte de Jean-Pierre Maugendre, il cite le cardinal Ratzinger, devenu pape sous le nom de Benoît XVI, pour qui « l'on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien de définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs ». Ainsi, « l'idéologie démocratique (…) repose sur le principe que toute légitimité s'est incarnée dans l'individu (…). Il ne s'agit pas seulement d'une forme extrême d'égoïsme (…), mais bien de l'émergence d'une idéologie politique qui fait de l'individu la mesure de toute chose ».

    Michel Sarlon-Malassert voit dans cet individualisme le berceau de « La tyrannie de la consommation » à laquelle il oppose la vision de ce qu'il qualifie Les Décroissants dont Serge Latouche, cité, est une des figures connues. Dans le débat avec le public, retranscrit dans le livre, il avance ce qui apparaît comme sa conclusion : « Après avoir été croissante, la production a commencé peu à peu à patiner (…). Tout a changé (…). La proposition est devenue : il faut développer les besoins pour continuer à faire tourner l'appareil de production. »

    J'avoue avoir été indisposé par la lecture du texte, très complet et très technique, du docteur Xavier Dor sur « Les ravages de la culture de mort ». Il y décrit avec détails les mille et une variantes pour faire avorter les femmes. Madame Françoise Dor a cependant conclu dans le débat qu' « il y a une jeunesse tout à fait remarquable, tout à fait militante et que tous les espoirs sont permis ».

    Dans un registre plus accessible et avec humour, Henry de Lesquen détaille ensuite les différentes manifestations de ce qu'il qualifie de « police de la pensée ». Il introduit son propos par le traitement de l'homophobie, mentionnant au passage un bon mot d'Oscar Wilde pour qui « si Adam avait été homosexuel, nous ne serions pas là pour en parler ». Son propos dérive ensuite sur les discriminations que subissent les Français blancs et catholiques face à la volonté des élites de les « caféauliser ». Finalement, c'est, à terme, un statut d'infériorité qu'on cherche à leur imposer. La fin de son texte est un appel à « prendre conscience de la décadence et refuser le désespoir, car la fatalité n'existe pas ».

    Bruno Gollnisch à la fin de l'ouvrage répond à la question : « Qui gouverne en démocratie ? » Sa réponse est limpide : l'Union européenne. Exposant tout à la fois le cadre formel à l'origine de ce constat, mais aussi des anecdotes sur la vie parlementaire au sein de cette institution supranationale, il montre comment tout un ensemble de « pouvoirs » participe à un détournement de la volonté populaire. Face à ces réseaux, il préconise la création d'autres réseaux, tant sur une base nationale qu'internationale. Par des propos prophétiques, il exhorte les lecteurs à « tremper vos mains dans le cambouis, qu'il s'agisse de la politique politicienne ou de tous les autres domaines d'activité dont la reconquête est nécessaire à la renaissance de notre patrie ».

    Enfin, parmi ces textes s'intercale celui de votre serviteur qui avait participé à cette manifestation à la demande du président-fondateur de Polémia. Il put à cette occasion exposer le contenu du livre La Tyrannie médiatique,  Accessoirement, il s’ouvrit à de nouvelles « grilles de lecture ».

    En guise de conclusion à cette recension, Jean-Pierre Maugendre souligne que « L'intérêt de cet ouvrage collectif est de permettre une réflexion quasiment exhaustive sur ce sujet d'une cruciale actualité. En effet, chaque intervenant apporte l'éclairage de sa spécialité et de ses compétences spécifiques, ce qu'une seule personne serait incapable de faire. La formule ainsi élaborée a largement fait ses preuves depuis 20 ans, cet ouvrage étant le quinzième d'une série qui constitue un ensemble sans équivalent pour ceux qui cherchent à réfléchir aux problématiques de notre temps, au-delà du politiquement correct et de la pensée unique. »

    Frédéric Malaval  http://www.polemia.com
    5/01/2013

    Actes de la 17e Université d’été de Renaissance catholique, La Démocratie peut-elle devenir totalitaire ?, Editions Contretemps, nov. 2012, 406 pages.

    Les ouvrages évoqués sont disponibles sur le site de Renaissance catholique

  • Le FN marque des points

    Si Marine Le Pen, Bruno Gollnisch, le FN tout entier voulaient une confirmation du caractère légitime de leur opposition au mariage pour tous, le sondage paru jeudi dans Valeurs actuelles en est une preuve éclatante. Pour 69% des personnes sondées (et comme le  Mouvement national le réclame depuis le départ) , les Français « doivent être appelés à décider par référendum » sur cette question. Dans le détail, aucune différence n’est constatée en fonction de l’âge des personnes interrogées et, autre mauvaise surprise pour le gouvernement, 55% des sympathisants de gauche sont favorables à une consultation référendaire. Cela n’étonnera personne, cette opinion est encore plus largement partagée par les sympathisants de l’UMP (86%) et du FN (84%).

    Face à cette fronde qui se dessine dans le pays réel au sujet de ce projet de loi qui sera examiné le 29 janvier, Vincent Peillon tente de cliver le débat sur une thématique gauche droite, pour tenter de remobiliser le camp des progressistes.

    C’est la raison pour laquelle, avec le soutien de François Hollande, des humanistes du gouvernement ou encore de l’inénarrable Jack Lang, le ministre de l’Education « nationale » a mené en fin de semaine dernière une charge contre l’école libre pour tenter de ressusciter de vieux antagonismes, bien qu’il s’en défende assez maladroitement.

    Dans une lettre adressée aux recteurs,le ministre a appelé à « la plus grande vigilance » autour du débat qui entoure le mariage pour tous dans les écoles catholiques, demandant de la « retenue »  pour éviter la « stigmatisation homophobe ». Toujours volontairement hors sujet, Il demande ainsi aux recteurs de l’informer « au plus vite des incidents éventuels et de toute initiative contraire à ces principes » dans les établissements publics comme privés…

    « Il est hors de question de remettre en cause la neutralité de l’enseignement et le respect des programmes » a réagi le « patron » des établissements catholiques, Eric de Labarre. Certes, « Il n’est pas question d’organiser spontanément des débats dans les classes avec les élèves», «même si, lorsqu’il y a des questions posées par les jeunes et les enfants, le pire c’est évidemment de garder le silence », a-t-il ajouté…

    Un PS qui manœuvre lourdement dans ce débat avec le couteau dans les reins de son aile gauche et de ses alliées d’EELV. Les députés écolo-gauchises Noël Mamère et Sergio Coronado ont accusé samedi dans un communiqué, le gouvernement de « jouer les honteuses » (sic) : « Rarement un gouvernement aura autant louvoyé sur un projet de loi dont il avait pris l’engagement », ont-ils écrit.

    Mais c’est bien une nouvelle fois l’hypocrisie de la très grande majorité des dirigeants de l’UMP dans cette affaire – caciques que nous ne confondons certainement pas avec la bonne foi de leurs électeurs et de leur base- qui est ici la plus écœurante.

    L’ex ministre et actuel député UMP de la Haute-Loire,Laurent Wauquiez, qui avait annoncé lors des dernières législatives qu’il était prêt à voter PS pour faire « barrage » au FN, a dénoncé samedi dans les colonnes du Figaro la « grande manipulation politique» à laquelle se livre M. Peillon, « qui cherche à culpabiliser les chrétiens et à faire croire que l’opposition au mariage homo et à l’adoption est le fait d’une minorité ». « Au lieu d’être le projet de tolérance dont se réclament ses défenseurs, cette réforme est d’abord la réforme du rejet, du mépris et de la haine envers les religions » ; « jamais on n’aurait accepté ces propos (stigmatisant sur les établissements catholiques, NDLR) sur l’islam et sur les juifs » a-t-il affirmé. Quelle audace !

    Si M. Wauquiez se souvient  que les établissements cathos ne scolarisent pas que les enfants des  bobos, soucieux de préserver leurs rejetons d’une mixité qu’ils prônent pour les autres, la montée au créneau de l’ex ministre de l’Education Luc Chatel contre le courrier de Vincent Peillon est toute aussi « paradoxale », pour rester poli.

    Dans le JDD,  il affirme ainsi être « surpris que, d’un côté, on trouve normal d’organiser des débats dans les établissements publics par toutes les associations partenaires de l’Education nationale, sur tous les sujets, sans jamais dans ces cas-là invoquer la neutralité pour les empêcher, et que, de l’autre, on refuse que les établissements privés sous contrat organisent des débats sur l’évolution de la famille et le mariage homosexuel »

    Rappelons ici l’évidence, comme l’a fait Marine en fin de semaine, à savoir que si la famille a «toujours été considérée comme l’ennemi à abattre par les socialistes», «c’est sous le mandat de Nicolas Sarkozy et grâce au ministre Luc Chatel (qui autorisa notamment a diffusion du film de propagande Le Baiser de la lune dans les classes de CM1, CM2, NDLR) que les portes des écoles ont été ouvertes au micro-lobby LGBT afin d’y diffuser auprès de nos enfants la délirante théorie du genre».

    Une théorie du genre dénoncée également avec force par l’ancien ministre de François Mitterrand, Georgina Dufoix, dans le  magazine La Vie, dans lequel elle prend position contre le mariage pour tous et annonce qu’elle ira manifester le 13 janvier. « Si François Hollande avait posé la question suivante: êtes-vous d’accord pour supprimer les mots père et mère du droit civil français et des codes qui régissent la famille, les Français s’y seraient opposés », a-t-elle estimé. « Nos concitoyens n’ont pas compris que derrière le mariage des homosexuels, c’est la théorie du genre qui est insufflée dans la société française. Cette théorie qui vient des États-Unis estime qu’homme et femme sont interchangeables », conclut-elle

    Ce qui ne semble pas choquer M. Chatel outre mesure puisque avec l’aval de Jean-François  Copé, de François  Fillon et consorts, rappelions nous en novembre, il avait   accepté l’enseignement dans les établissements scolaires (et à science-po) de cette fameuse  la théorie du genre (gender), défendue notamment par le lobby homosexualiste et popularisée par l’universitaire gauchiste américaine Judith Butler.

    Un gouvernement UMP qui a financé aussi le groupuscule extrémiste Act Up, celui là même qui avait organisé la promotion du « mariage gay » à Notre-Dame de Paris en 2005, groupuscule auquel la droite au pouvoir a versé de généreuses subventions (125 000 euros par an).

    Alors, certes, Marine a eu raison de rappeler encore que la manifestation du 13 janvier «ne doit pas masquer la double instrumentalisation dont elle est l’objet de la part de l’UMP et du PS, dans le seul but de faire oublier leur proximité idéologique sur la politique d’austérité, de saccage social, de défense de l’ultralibéralisme destructeur tout comme leurs échecs patents dans la lutte contre l’immigration massive, l’insécurité permanente, le chômage de masse et les vagues de délocalisations».

    Mais la présidente du FN a aussi  apporté son « soutien » à  la base militante, aux adhérents frontistes, aux cadres, élus, et électeurs de la droite nationale, populaire et sociale qui défileront dimanche prochain  avec Bruno Gollnisch,   « contre un projet de loi porté par ce qui n’est plus le parti socialiste mais est devenu le parti sociétaliste» -la formule est heureuse.

    Bruno Gollnisch l’a rappelé sur ce blog, les questions dites sociétales, celle du mariage de l’adoption, de la PMA ne sont pas accessoires et secondaires. Elles sont pleinement et entièrement des questions de haute politique. Le sondage que nous évoquions plus haut le prouve, elles sont bien plus ou moins consciemment perçues ainsi par les Français.

    Cette opposition frontale des frontistes à ce projet a suscité de nombreux commentaires dans les medias. Nous entendons ici réagir déjà à deux d’entre eux. Contacté par francetv info, « le politologue Jean-Yves Camus », est-il rapporté, explique qu’ « un homme pourrait tirer profit de l’absence de Marine Le Pen dans les cortèges : Bruno Gollnisch. Lui a toujours tenu des positions claires sur le sujet. Il est hostile à l’union homosexuelle, fidèle à la défense des valeurs traditionnelles, fait remarquer le chercheur. Il pourrait attirer à lui les électeurs du FN qui sont sensibles à cette question.Moralité, conclut-il,  c’est un test important pour Marine. »

    Rappelons à M. Camus que la question ne se pose pas  en ses termes. Il peut certes exister parfois au sein du FN des différences d’analyses, bien normales dans un mouvement politique « adulte », « qui fait vivre le débat ».

    Mais l’ambition de Bruno n’est pas différente de celle de la direction du FN : porter nos idées au pouvoir, ce qui induit nécessairement un travail collectif.  Aussi, il ne cherche pas tant à « attirer à lui les électeurs du FN qui sont sensibles à cette question » , auprès desquels il est déjà connu et apprécié, qu’à attirer les électeurs qui ne votent pas encore FN et/ou qui sont demandeurs d’une ligne forte au sujet de la défense des valeurs traditionnelles.

    Enfin, un autre spécialiste es « extrême droite », Nicolas Lebourg dans un entretien accordé au magazine les Inrocks, affirme qu’«il n’y a que des coups à prendre pour le FN en se lançant dans ce débat (sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, NDLR) ». «Le FN ne va pas marquer des points sur l’homophobie, sa martingale c’est l’anti-immigration. Ils ne vont pas faire de la politique sur une demande sociale homophobe car il n’y a pas la clientèle politique pour ça

    Alors,  rassurons là aussi M. Lebourg. Non,  en effet,  le FN ne va pas marquer de points sur l’homophobie, pour la simple et bonne raison que ce n’est pas de cela dont il s’agit comme il feint de le faire croire ; quand bien même cette revendication du mariage pour tous serait très minoritaire chez les homosexuels.

    Mais a contrario affirme Bruno Gollnisch -http://www.gollnisch.com/2012/12/31/manifestation-du-13-janvier-pourquoi-bruno-gollnisch-y-sera/-  il y a bien une « clientèle politique » désireuse, sans outrances mais avec fermeté, de voir une force politique cohérente défendre la loi naturelle, les valeurs traditionnelles, une éthique de  civilisation.

    http://www.gollnisch.com

  • Crise : nous sommes dans une situation semblable à 1789

    Par Eric Verhaeghe

    Tout prête aujourd’hui à croire que nous vivons, en France comme en Europe, une réaction nobiliaire du même ordre que celle qui avait exaspéré les Français dans les années 1780.

    La réaction nobiliaire est un phénomène simple à comprendre : face à un monde traversé d’innovations technologiques profondes, qui débouchent sur la révolution industrielle, face à une montée sourde de la contestation, notamment due aux inégalités fiscales, l’aristocratie se crispe sur ses privilèges.

     

    Quelques événements symboliques ont jalonné cette histoire d’une réaction sociale profonde avant la Révolution. En 1775, Saint-Germain, ministre de la Guerre, introduit les châtiments corporels dans l’armée et supprime la vénalité des offices. Les roturiers fortunés ne peuvent donc plus acheter de charges d’officiers dans l’armée, puisqu’à cette époque une charge d’officier s’achetait. C’est alors une façon habile d’interdire la promotion sociale dans la troupe, c’est-à-dire la possibilité pour un roturier d’occuper un poste traditionnellement confié à un héritier de la noblesse, et de verrouiller la force militaire en y réservant les places de décision aux seuls aristocrates. En 1781, Ségur durcit par un édit resté fameux les conditions de noblesse à remplir pour accéder aux charges d’officiers. L’armée devient alors le symbole d’un ordre féodal réactionnaire, ce qui explique une grande partie de la fureur révolutionnaire à venir chaque fois que Louis XVI rassemblera des troupes dans ou autour de Paris.

    L’apothéose de la réaction nobiliaire arrive probablement avec la querelle du droit de vote aux États Généraux. Lorsque ceux-ci se réunissent à Versailles, le roi n’a pas tranché sur les modalités de scrutin. Le vote se fera-t-il en une seule assemblée, ce qui donne au Tiers, représentant 95% de la population et la moitié seulement des représentants, une majorité de fait? Ou bien se fera-t-il par ordre, ce qui confère à la noblesse et au clergé une forte prépondérance sur le Tiers ?

    On se souvient que le serment du Jeu de Paume du 6 mai 1789, prêté par les députés du Tiers qui se proclament «députés des Communes», pose à lui seul les bases de la Révolution : les États Généraux ne sont pas une réunion d’ordres, la France n’est pas une juxtaposition de classes sociales qui se côtoient sans se mélanger. La France est une nation où chaque ordre appartient à un tout qui délibère ensemble.

    La réaction nobiliaire incarne le refus de cette vision nationale. Pour la noblesse de l’époque, la France n’est pas un corps où chacun a les mêmes droits. La France possède un ordre où le sommet a des privilèges naturels qui lui interdisent de partager la volonté du peuple.

    UNE DETTE ÉCRASANTE

    L’analogie entre l’Europe d’aujourd’hui et la France des années 1780 est d’autant plus tentante que les deux époques se caractérisent par une même crise de la dette souveraine – une dette si écrasante qu’elle détermine tout choix politique, tout programme de gouvernement, jusqu’à provoquer une situation révolutionnaire.

    Il est difficile de projeter le montant de la dette de la France à cette époque car la France ne disposait pas d’un budget en bonne et due forme. Elle se contentait de suivre l’état du trésor royal. L’argent était levé à mesure que les besoins apparaissaient.

    Il faut attendre 1781 pour que Necker, équivalent du ministre des Finances de l’époque, banquier genevois qui avait un profil au fond assez similaire politiquement à un Dominique Strauss-Kahn, produise un Compte-rendu au Roi synthétisant les grandes données des finances publiques. Comme il s’agit d’une opération de propagande, les chiffres sont faux et font croire aux contemporains que le budget est excédentaire.

    Necker démissionne en mai 1781. Calonne, qui prend le poste en 1783, en a rectifié les chiffres. Le déficit ordinaire est de 70 millions de livres. Avec les dépenses militaires dues au corps expéditionnaire en Amérique, le déficit atteint 200 millions. Les recettes sont d’environ 600 millions de livres. Autrement dit, le déficit annuel se situe autour de 10% du budget total. Il avoisine les 35% si l’on inclut les dépenses de guerre.

    Comme nous ne disposons pas d’un calcul aisé du produit intérieur brut de l’époque, il est là encore compliqué de comparer la situation de la France des années 1780 avec celle d’aujourd’hui. Cela dit, si nous retenons les chiffres élémentaires du budget actuel de la France, nous arrivons à une réalité très similaire à celle de la Révolution Française. Ainsi, avec un déficit annuel compris de 100 milliards d’euros en 2011, pour des recettes situées bon an mal an entre 300 et 350 milliards d’euros, la France des années 2010 souffre d’un besoin de financement de 30% environ de son budget. Elle ne se trouve guère éloignée de ce qu’elle connut dans les années précédant la Révolution.

    En 2010, le déficit avait atteint 136 milliards d’euros, soit près de 40% des dépenses. Ce chiffre était bien plus lourd que ce que connaissait la France avant 1789.

    Comble d’ironie, le financement de ce déficit se heurtait déjà aux difficultés que nous connaissons. En effet, la monarchie ne disposait pas d’une banque centrale susceptible de lui faire des avances ou des prêts à bas taux. Louis XVI était en permanence obligé de lever des fonds auprès des banquiers privés ou des épargnants, à des taux élevés. Ces créanciers de l’État disposaient ainsi d’un véritable levier sur le contenu des politiques à mener.

    Les Anglais s’étaient doté d’un dispositif inverse. Le Trésor royal pouvait emprunter auprès de la Banque d’Angleterre, qui était un «prêteur en dernier ressort», comme on dit, ce qui n’est pas le cas de la Banque Centrale Européenne actuelle. Grâce à ce système très peu libéral, au fond, très étatiste, la couronne anglaise pouvait supporter des déficits bien plus lourds que celui de la France.

    Toujours est-il que la dette souveraine de la France avant 1789 devient si obsédante qu’elle détermine l’ensemble de la politique royale dans les années 1780. Elle explique la valse des ministres de l’époque : Necker, Joly de Fleury, Calonne, Brienne, puis à nouveau Necker, tentent tous de juguler un déficit qui se révèle totalement hors de contrôle. Dès cette époque, la seule mission du Roi est de satisfaire ses créanciers. L’Ancien Régime meurt, parce qu’il ne peut plus faire de choix politique en dehors de cette contrainte.

    L’INJUSTICE FISCALE

    Une grande partie du débat de cette époque porte sur l’augmentation des recettes budgétaires. L’Ancien Régime est alors prisonnier d’un système fiscal obsolète, dont le principal inconvénient est d’être injuste, c’est-à-dire de frapper très inégalement les Français, et de singulièrement peu taxer les plus riches ou les nobles, tout en accablant les plus pauvres. « Quoique l’inégalité, en fait d’impôts, se fût établie sur tout le continent de l’Europe, il y avait très peu de pays où elle fût devenue aussi visible et aussi constamment sentie qu’en France », écrit Tocqueville.

    De fait, plus aucun Français ne trouve de légitimité au système fiscal de cette époque.

    L’imposition directe, par exemple, reposait surtout sur la taille.

    Dans les pays de taille personnelle, le revenu imposable était simplement présumé. Le Conseil d’État fixait chaque année un objectif de recettes à atteindre, et les intendants du Royaume, sorte de préfets et de trésoriers payeurs mélangés, devaient simplement «faire leur chiffre». Un système en cascade descendait jusqu’au collecteur de la paroisse, qui estimait la capacité contributive des habitants du village au vu d’un certain nombre d’apparences, de signes extérieurs de richesses, dirions-nous. Il décidait alors du montant que chaque habitant paierait pour atteindre le chiffre fixé nationalement. Cette technique rudimentaire de détermination de l’impôt, qui explique facilement qu’encore aujourd’hui les Français aiment le secret sur tout ce qui touche à leurs revenus et la discrétion quant à leur patrimoine, était évidemment porteuse d’injustice et de mécontentement.

    Dans les pays de taille réelle, l’estimation des revenus reposait sur des déclarations et des valorisations très partiales du foncier, favorables aux nobles propriétaires de longue date. Là aussi, l’impôt était vécu comme injuste, avec de fortes exemptions, des assiettes étroites et des taux élevés pour ceux qui étaient assujettis.

    Dès cette époque, traîne l’idée qu’un impôt universel serait bien plus juste et bien plus rentable que ce vieux système impopulaire et inapproprié aux réalités du temps. L’Ancien Régime fourmille alors d’experts économiques, notamment physiocrates, qui proposent des réformes fiscales radicales destinées à améliorer les finances du royaume.

    Le Trosne, par exemple, publie à Bâle en 1779 un traité intitulé De l’Administration provinciale et de la Réforme de l’Impôt, qui préconise la création d’un impôt universel. De façon assez significative, l’ouvrage est interdit de diffusion en France par le Garde des Sceaux, avant que sa réédition de 1788 ne soit autorisée, ce qui montre bien comment, sous le poids de la crise financière, l’Ancien Régime évolua rapidement, y compris dans ses fractions les plus conservatrices.

    Le plus célèbre des défenseurs de l’impôt universel, à cette époque, fut probablement le père de Mirabeau. On a trop souvent oublié aujourd’hui que le Mirabeau qui fut l’un des principaux acteurs des premières années révolutionnaires, attaché à une monarchie constitutionnelle, fut le fils d’un économiste appartenant au mouvement physiocrate. Le comte Victor Riqueti Mirabeau avait écrit une Théorie de l’Impôt, parue en 1760, c’est-à-dire près de 30 ans avant une Révolution qui proclama le principe de l’universalité et de la progressivité de l’impôt dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Il y écrit notamment : «L’État a besoin d’une multitude de services méchaniques, et les ouvriers ont besoin de subsistance. Cette subsistance doit être fournie par l’universalité des sujets, puisqu’elle est employée au service de tous.»

    Ces quelques exemples sont assez intéressants, car ils montrent que les débats qui agitent aujourd’hui les pays industrialisés sur les politiques fiscales ne sont guère des nouveautés. La question de l’universalité de l’impôt est au fondement du corps social. Celui-ci est légitime, dans la mesure où il offre à tous des services auxquels tous ont contribué à due proportion de leurs capacités.

    Ce débat constant a systématiquement marqué les périodes révolutionnaires. Dans la France de 1789, la Révolution intervient d’abord parce que la monarchie se révèle incapable de réformer équitablement l’impôt.

    UN ÉTAT IRRÉFORMABLE

    Dès 1760, le comte Mirabeau parle des Français comme de « sujets étouffés sous tant d’entraves d’un fisc usuraire et ruineux ». Avant même l’accession de Louis XVI au pouvoir, les contemporains ont une conscience aiguë des déséquilibres profonds qu’un organisation administrative inadaptée et obsolète crée sur l’économie française.

    Déjà la France se caractérise par un imposant appareil administratif qui tient le pays et le dirige à son profit.

    Là encore, la lecture de Tocqueville ne manque pas d’éclairer les circonstances d’un débat encore très contemporain : « Ce qui caractérise déjà l’administration en France, c’est la haine violente que lui inspirent indistinctement tous ceux, nobles ou bourgeois, qui veulent s’occuper d’affaires publiques, en dehors d’elle. Le moindre corps indépendant qui semble vouloir se former sans son concours lui fait peur ; la plus petite association libre, quel qu’en soit l’objet, l’importune ; elle ne laisse subsister que celles qu’elle a composées arbitrairement et qu’elle préside. Les grandes compagnies industrielles elles-mêmes lui agréent peu ; en un mot, elle n’entend point que les citoyens s’ingèrent d’une manière quelconque dans l’examen de leurs propres affaires ; elle préfère la stérilité à la concurrence. Mais, comme il faut toujours laisser aux Français la douceur d’un peu de licence, pour les consoler de leur servitude, le gouvernement permet de discuter fort librement toutes sortes de théories générales et abstraites en matière de religion, de philosophie, de morale et même de politique. »

    Cette citation frappe par son étonnante actualité. La machine administrative de l’Ancien Régime, comme celle que nous connaissons aujourd’hui, semble flotter dans une apesanteur temporelle, comme si son coût, son activité, ses décisions, se déterminaient indépendamment des contraintes qui pèsent sur la société qu’elle encadre. Et, pourvu que l’opinion n’interfère pas dans ce bel ordonnancement, elle est libre de développer les théories de son goût. L’essentiel est que le cours de l’État ne s’en trouve pas interrompu.

    Comme de nos jours, l’Ancien Régime connaît pléthore de tentatives de réformes qui portent toutes sur des débats actuels : la libre concurrence, la place de la réglementation, la flexibilité des marchés, les rigidités de toutes sortes, mais aussi le rôle de l’industrie et la place de la production nationale.

    Dans l’Encyclopédie, rédigée en 1758, par exemple, l’article «Grains» signé de François Quesnay, économiste physiocrate, écrit : «Depuis longtemps les manufactures de luxe ont séduit la nation ; nous n’avons ni la soie ni les laines convenables pour fabriquer les belles étoffes et les draps fins ; nous nous sommes livrés à une industrie qui nous était étrangère ; et on y a employé une multitude d’hommes, dans le temps que le royaume se dépeuplait et que les campagnes devenaient désertes.»

    La proposition des physiocrates, à l’époque, consiste à centrer l’économie nationale sur son avantage comparatif. Il faut que la France se consacre à ce qu’elle sait le mieux faire : l’agriculture, et qu’elle abandonne l’industrie, cause d’importations de matières premières qui déséquilibrent la balance commerciale.

    Quesnay se fait également l’avocat de la liberté du commerce et de ses vertus économiques : «La France pourrait, le commerce étant libre, produire abondamment les denrées de premier besoin, qui pourraient suffire à une grande consommation et à un grand commerce extérieur, et qui pourraient soutenir dans le royaume un grand commerce d’ouvrages de main-d’œuvre.» L’idée est simple : grâce au libre-échange, la France pourrait exporter massivement ses produits agricoles, et importer la production industrielle qu’elle n’assurera plus elle-même. Il s’agit bien d’une organisation internationale du travail dans laquelle la France n’aurait pas besoin d’être industrialisée, puisque d’autres qu’elle pourraient produire moins cher.

    On le voit, les débats de l’époque ne sont pas, par leur nature, très éloignés des considérations qui ont amené les pays occidentaux à laisser la Chine entrer dans l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ils ne sont pas très éloignés non plus de ceux qui ont conduit la France à abandonner sa production industrielle durant les trente dernières années.

    Lorsque Turgot, l’un des disciples de Quesnay, est nommé par Louis XVI, en 1774, Contrôleur général, équivalent de directeur du Budget, sous l’autorité du ministre Maurepas, il plaide sans surprise pour la libéralisation des marchés agricoles, en particulier pour un libre commerce du grain. Il préfigure en quelque sorte la conception économique néo-libérale comme réponse à la crise.

    Mais, sous le coup d’une mauvaise récolte, les prix explosent et la population se révolte contre un système qui permet aux producteurs de vendre leurs grains sur les marchés les plus rémunérateurs, au détriment de l’approvisionnement local. La «guerre des farines» commence, qui mine le régime et maintient pour longtemps l’idée que l’ouverture des marchés est une décision suspecte.

    En 1776, Turgot obtient du Roi la suppression des jurandes, c’est-à-dire des corporations d’Ancien Régime. Il s’agit cette fois, dirions-nous aujourd’hui, de flexibiliser le marché du travail. Les Parlements, organes consultatifs et juridictionnels territoriaux de l’époque, s’y opposent, et le Roi est obligé d’imposer la mesure par la force. Turgot est renvoyé l’année suivante.

    Ces quelques rappels montrent comment la France des années 1780 compte déjà un parti de la libéralisation, et comment elle hésite à en reprendre les thèses. De temps à autre, le pouvoir accepte de réformer, puis la coalition des conservatismes et les révoltes populaires obligent à revenir arrière. La réforme est impossible. Et le gouffre inévitable.

    LA CRISE DE LA REPRÉSENTATIVITÉ

    Dans le même temps où le pouvoir royal se révèle incapable de prendre les décisions politiques nécessaires pour juguler la dérive financière, il s’enferme dans une profonde crise de représentativité, qui tient à la fois à des bouleversements structurels longs et à la versatilité de Louis XVI.

    Ainsi, alors que, dès les premières années de son règne, il a rétabli le pouvoir ancien des Parlements, assemblées territoriales conservatrices s’il en fût, Louis XVI prend une disposition carrément inverse en 1787. Sous l’influence de Calonne, il décide la mise en place des assemblées locales , concurrentes de fait des Parlements, dont le rôle principal devait être de répartir les impôts. Ces assemblées sont structurées sur trois niveaux. Le niveau communal est élu au suffrage censitaire. Les assemblées de district sont élus au suffrage indirect par ordres. Les assemblées provinciales sont élues là aussi au suffrage par ordres, par les assemblées inférieures. Les élections sont alors prévues pour 1790, et, dans l’attente, le roi en nomme les membres.

    En 1789, la moitié des assemblées s’est réunie au moins une fois. Le pays prend goût à une représentation locale qui ressemble curieusement aux trois niveaux d’administration que nous connaissons bien dans la France d’aujourd’hui, et qui se sont renforcés avec la décentralisation : la commune, le département, la région. Pour la monarchie, le pari est risqué et apparaît comme celui de la dernière chance. Faute de pouvoir convaincre les Français, et surtout la partie la plus conservatrice de ceux-ci, les «privilégiés», de la nécessité des réformes, le pouvoir cherche à contourner les institutions traditionnelles pour faire émerger une autre opinion.

    Mais la réforme n’a guère le temps de se mettre en place. À l’été 1788, Louis XVI décide de convoquer les États Généraux pour adopter les mesures radicales dont le pays a besoin pour se sortir de la crise.

    Ici encore, le lecture de Tocqueville nous éclaire utilement sur les conditions dans lesquelles l’Ancien Régime s’est effondré. «Au moment où la Révolution survint, on n’avait encore presque rien détruit du vieil édifice administratif de la France ; on en avait, pour ainsi dire, bâti un autre en sous-œuvre.» Pendant plusieurs décennies, les réformes administratives se sont succédées pour tenter de trouver d’improbables solutions à la crise. Mais le pouvoir n’a jamais été assez légitime pour réformer l’existant, de telle sorte que le royaume ressemble alors à un patchwork institutionnel composé de strates successives de décisions qui s’ajoutent sans jamais retrancher.

    Dans cet univers illisible, une rupture est introduite entre le monde des gouvernants, majoritairement nobles, c’est-à-dire destinés dès la naissance à occuper des responsabilités, et le reste du corps social, qui philosophe mais n’administre pas ni ne décide. « À mesure, en effet, que le gouvernement de la seigneurie se désorganise, que les états généraux deviennent plus rares ou cessent, et que les libertés générales achèvent de succomber, entraînant les libertés locales dans leur ruine, le bourgeois et le gentilhomme n’ont plus de contact dans la vie publique. Ils ne sentent plus jamais le besoin de se rapprocher l’un de l’autre et de s’entendre ; ils sont chaque jour plus indépendants l’un de l’autre, mais aussi plus étrangers l’un à l’autre. Au XVIIIe siècle cette révolution est accomplie : ces deux hommes ne se rencontrent plus que par hasard dans la vie privée. Les deux classes ne sont plus seulement rivales, elles sont ennemies.»

    La toile de fond de l’Ancien Régime, c’est cette fracture entre le pouvoir et le peuple, notamment avec cette classe moyenne qui disserte, qui réfléchit, qui se réunit, mais qui est exclue des décisions, simplement par défaut de démocratie. Il n’y a pas de répression, il n’y a pas de contestation directe. La réalité est beaucoup plus banale : les deux mondes coexistent sans se rencontrer, sans se mélanger, sans se voir. L’Ancien Régime fonctionne selon un système de ghetto. Il y a la Cour à Versailles, et le peuple à Paris. Les nobles ont leurs quartiers, les roturiers en ont d’autres.

    Il est évidemment difficile de donner une représentation de notre société plus actuelle que celle-là. Éric Maurin, dans Le ghetto français, en donne un formidable aperçu, en évoquant notamment la «société de l’entre-soi». On y lit notamment: «le marché résidentiel est peut-être le lieu où se révèlent aujourd’hui, dans leur plus cruelle netteté, les nouvelles lignes de fracture de notre société, et notamment la rupture entre les classes moyennes et les élites.»

    LE GRAND IDÉAL DES LUMIÈRES

    Dans ce contexte d’implosion politique, un événement fondateur modifie radicalement le cours de l’histoire et ouvre les portes de la Révolution : l’apparition des Lumières, et de sa grande revendication idéale d’un accès libre au savoir et à la connaissance.

    L’histoire de ce mouvement, et ses grandes figures, sont suffisamment connues pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir.

    Ce qui est intéressant, en revanche, c’est de noter les circonstances sociales et politiques qui entourent la diffusion des Lumières.

    La France fourmille alors d’une multitude de sociétés de pensée, d’académies, de clubs, qui mènent le débat scientifique et politique. Ce point est important, car l’effondrement de l’Ancien Régime tient largement à son incapacité à mener dans la sphère publique, dans l’espace de décision officielle, les délibérations nécessaires à sa réforme. Celles-ci sont privatisées, en quelque sorte, confiées à des structures autonomes, sans légitimité politique autre que la libre adhésion de leurs membres. L’origine de ces associations est essentiellement philosophique, voire épistémologique. Leur objet est de promouvoir une connaissance scientifique émancipée des préjugés religieux. L’observation de la nature y règne, affranchie de la révélation et de la foi.

    Jean-Jacques Rousseau acquiert ainsi une grande notoriété en répondant à deux concours organisés par l’Académie de Dijon. En 1750, il obtient le premier prix grâce à son Discours sur les Sciences et les Arts. En 1755, il y produit le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Les sociétés scientifiques participent donc, dès le milieu du siècle, à l’affirmation d’une pensée rationaliste, y compris dans le domaine politique, libre de toute subordination à la pensée officielle.

    L’Ancien Régime consomme le divorce profond entre les décideurs et les sujets du royaume. Non seulement il existe une dissociation physique entre l’élite investie des responsabilités qui vit dans ses quartiers, ses espaces, différents des espaces communs, mais, intellectuellement, aucun échange officiel ne se noue entre ces deux mondes. Pour imaginer les réformes, il faut s’inscrire dans une société, une association ou un think tank dirions-nous aujourd’hui.

    Nous tenons un premier indice de l’actualité étrange de cette grande évolution de pensée qu’a incarnée la philosophie des Lumières. D’un côté, une pensée unique, catholique, monarchiste, courtisane, qui ne tolère aucun débat, aucune remise en cause. De l’autre, des sociétés qui s’agitent et bouillonnent en marge du pouvoir, en professant des idées dont l’essence est révolutionnaire, et en proclamant un droit à penser et à connaître sans intervention du pouvoir politique.

    Il faut attendre l’arrivée de l’Internet pour retrouver une telle ferveur et une telle aspiration à la liberté du savoir vis-à-vis des préjugés des gouvernements. Car dans la revendication des groupes ou groupuscules dont certains, comme Wikileaks, sont emblématiques, on ne trouve pas autre chose que ce souffle historique des Lumières qui exige impérieusement le droit de savoir sans aucun préjugé, le droit d’accéder aux connaissances et de les transmettre sans aucune censure, fût-elle purement commerciale.

    Le défi qui attend nos sociétés dans les années à venir est tout entier contenu dans ce mouvement. Cette révolution technologique qu’est la numérisation, dont l’une des premières réalisations fut de constituer une encyclopédie citoyenne en ligne appelée Wikipédia, donnera-t-elle à l’esprit humain l’occasion d’une nouvelle affirmation libre comme les Lumières en donnèrent l’occasion ? Ou bien les mesures de police et de surveillance contre l’Internet décrétées un peu partout dans le monde triompheront-elles de ce grand élan amoureux des libertés publiques ?

    Economie Matin  http://fortune.fdesouche.com

  • Affront fait au pays auto-proclamé des devoirs du contribuable

    Affront fait au pays auto-proclamé des devoirs du contribuable Le 21 décembre dernier, on a échappé à la fin du Monde. On n’avait malheureusement pas échappé à toutes les « catastrophes ». Ne venait-on pas de prendre celle de l’annonce du départ de Gérard Depardieu de la France en pleine figure ? Bon, mais c’était alors simplement outre-quiévrain. Une simple histoire belge, en quelques sortes. Généralement, elles sont ou se veulent drôles ; celle-ci était simplement grinçante dans un pays où l’on ne plaisante guère, plus qu’ailleurs et pour cause ! avec la fiscalité.

    D’autant que le « cas Depardieu » n’était qu’un de plus : périodiquement, un « riche », voire surtout très riche, décide d’aller poser ses valises en un lieu plus propice à sauvegarder ses économies gagnés à la sueur de son front ou pas d’ailleurs. Il le fait généralement en catimini, même si peu échappe à la sévère vigilance des médias qui n’aiment rien moins que de les livrer aussitôt en pâture à l’opprobre citoyenne.

    On assiste alors à des déclarations paniquées des intéressés, jurant que ce n’est pas pour des raisons fiscales qu’ils désertent – ou tentent de déserter – notre cher hexagone, mais pour la beauté des paysages et la douceur des climats du nouveau pays de leur choix. Certains rebroussent chemin, honteux qu’on ait pu les soupçonner de quelque ladrerie de leur part. Les autres font le « gros dos » en attendant que l’orage médiatique se tasse et se font oublier, ce qui s’avère assez rapide généralement.

    Mais avec Gérard Depardieu, point de repentance, point de honte, point de retour (du moins immédiat) après le coup de sifflet des sourcilleux gardes-chiourme du politiquement correct : s’il part, c’est pour ne pas se faire plumer. Il le dit haut et fort et quand un Premier ministre sort de sa torpeur habituelle en le traitant de « minable », l’acteur enfile son costume d’Obélix pour le catapulter illico, d’un énorme coup de sa panse éléphantesque, dans les airs.

    Le « minable » s’est rebiffé, tel que l’a si bien écrit Dominique Jamet dans sa chronique hebdomadaire du site Boulevard Voltaire.(1)

    La suite est encore plus « hénaurme » ! Le président russe Wladimir Poutine a signé un décret lui accordant la nationalité russe et l’acteur l’a remercié dans une lettre ouverte en déclarant son amour pour la Russie, son admiration pour la démocratie au pays des Ivans et pour son président exemplaire.

    La France, pays auto-proclamé des Droits de l’Homme, n’en revient pas d’autant d’insolence.

    Le gouvernement français n’en finit plus, lui, de lécher toutes les gouttes du calice jusqu’à la lie. Il a l’habitude, notez : l’année passée, il avait déjà dû ingurgiter la fin des hauts fourneaux de Florange. En moins d’une année de règne, il frôle la cuite sévère. Messieurs Hollande et Ayrault ont dû fêter Noël à l’Alka-selzer.

    Mais avaler la pilule et surtout la faire passer ensuite aux électeurs, nos politiciens en ont l’habitude. C’est même là où ils excellent le plus.

    Plus rude est l’affront pour les tenants du politiquement correct qui ont l’habitude, eux, d’être crains et obéis au doigt et à l’œil, le petit doigt sur la couture, à la moindre sommation de repentance de leur part…

    D’autant que l’opinion publique ne semble pas vraiment condamner l’acteur. Au contraire… La France d’en bas, celle qui est non seulement aussi majoritaire que trop silencieuse, qui se « lève tôt » et crache sans cesse au bassinet des dépenses publiques et de l’assistanat généralisé, ne se montre guère vindicative contre la star du 7e Art.

    Il y a ceux qui lui pardonnent tout parce que c’est un artiste qui les fait rêver et qu’il faut accepter, comme l’écrit encore Dominique Jamet que « le mérite, ou le talent d’un homme, le prestige ou le rayonnement appellent des ménagements particuliers », ceux qui espèrent qu’après ce « couac » fiscal, les socialistes cessent, au moins momentanément, leurs folles augmentations d’impôts, ceux qui suivent encore le bon sens populaire et se disent qu’en tout état de cause, il vaudrait mieux retenir pour leur propre confort un richissime Gérard Depardieu que laisser entrer en France des dizaines de milliers d’Affamés du Tiers-Monde supplémentaires chaque année… et il y a les 2,8 millions de personnes au chômage(2) qui, de toute façon, ne voient pas ce que le départ de Gérard Depardieu va changer à leur sort…

    Mais « l’affaire Depardieu » semble désormais ouvrir une nouvelle boîte de pandore, au-delà des basses considérations fiscales, puisque Brigitte Bardot menace à son tour de demander la nationalité russe à Wladimir Poutine dans l’espoir de sauver deux éléphantes du cirque Pinder risquant d’être euthanasiées.

    Et Brigitte Bardot, qu’on l’apprécie ou non, n’est pas n’importe qui : icône par excellence du cinéma français, star mondiale, égérie et muse des plus grands artistes de l'époque, emblème de l'émancipation des femmes et de la liberté sexuelle, grande prêtresse mondiale de la défense des animaux… elle fut aussi la représentation de la « Marianne » qui orna un temps les Mairies françaises… et c’est elle aussi qui fit reconnaître à Charles De Gaulle, en 1968, qu’elle rapportait autant de devises que Renault à la France.

    Non, ce n’est pas rien et surtout quand elle déclare à propos du président russe : « Je lui trouve beaucoup d'humanité. À chaque fois que je lui demande quelque chose, en principe, il me l'accorde. Il a fait plus pour la protection animale que tous nos présidents successifs. »

    La France, il est vrai, est davantage connue pour faire plus pour la protection des clandestins que pour la cause animale…

    Brigitte Bardot fait du chantage, certes, incontestablement… et pourquoi pas !

    Le changement, c’est pour quand, au fait ?

    Philippe Randa http://www.voxnr.com

    notes :

    (1) www.bvoltaire.fr.

    (2) http://www.insee.fr « Pour la France métropolitaine, avec 2,8 millions de personnes au chômage, le taux de chômage s’élève à 9,9 %. Il est en hausse de 0,1 point par rapport au deuxième trimestre 2012 révisé, après une progression de 0,2 point par rapport au trimestre précédent.

    Plus généralement en France métropolitaine, 3,6 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaitent travailler, qu’elles soient ou non disponibles dans les deux semaines pour travailler et qu’elles recherchent ou non un emploi… »

  • L'impact macro-économique de l'immigration

    Introduction

    A côté des coûts budgétaires, que l’on pourrait qualifier de micro-économiques, bien caractérisés par des écritures comptables inscrites dans un budget – ce qu’ont fait avec talent nos intervenants précédents – on peut identifier des coûts macro-économiques, diffus, quasi invisibles car noyés dans la masse, qui se reflètent dans les agrégats macroéconomiques de la France ou dans la comptabilité nationale ; mais qui existent bien quand même.

    Les immigrés constituent désormais un segment important de la population française, soit 12,6% de la population totale Or, quand une large partie de la population change sous l’effet d’une immigration rapide, intense et prolongée –c’est le cas de la France –, on peut imaginer aisément que cette nouvelle population d’immigrés, et de leurs descendants, va exercer une influence significative, d’une part, sur les divers agrégats macro-économiques : consommation, épargne, investissement, qui constituent le produit national, et, d’autre part, sur les grands équilibres économiques qui conditionnent son évolution : endettement, chômage, niveau des salaires, productivité ; sans compter le coût des biens sociaux majeurs que sont la santé, l’éducation et le logement.

    I

    L’immigration et les grands agrégats économiques

    1°/ Immigration et consommation

    Que les immigrés contribuent à la production des biens et des services de la nation est indéniable. Toute la difficulté est de savoir combien.

    • A/ La contribution des immigrés à la production

    La seule façon de mesurer la contribution des immigrés aux ressources est de prendre en compte le total cumulé de leurs salaires. En supposant, ce qui est admis, que le salaire moyen des immigrés est de 15% inférieur au salaire moyen en France, cela donne, en cumulé, pour 2,6 millions d’immigrés au travail, environ 37 milliards d’euros sur un total de PIB 1.933 milliards (à prix courants). Il faut y ajouter les impôts et charges sociales qui, selon la comptabilité nationale, représentent 50% des rémunérations, soit 18,5 milliards, ou encore 55,5 arrondis à 56 milliards au total.

    • B/ La consommation des ménages immigrés

    La consommation, faute d’épargne significative des immigrés, pourrait être évaluée au montant cumulé des salaires, soit 37 milliards. La consommation des ménages dans les comptes nationaux atteint 1.084 milliards d’euros. La part des immigrés, 10% de la population, devrait donc atteindre 10% de ce total, soit 108 milliards. La différence entre ces deux chiffres, soit 71 milliards, laisse un peu perplexe. Comment cette consommation est-elle financée ?

    Il faut supposer que ce soit, en partie, les prestations sociales reçues par les immigrés à divers titres, calculées selon certaines sources à 58,6 milliards, qui permettent de financer cette consommation. A ce chiffre s’ajouterait le montant de la fraude, de la délinquance et du travail au noir, estimé à 13,6 milliards (sans doute bien davantage). Ce qui, avec 72 milliards, permet de retomber à peu près sur nos pieds.

    Il en ressort que les immigrés reçoivent à peu près deux fois plus qu’ils ne produisent et que la communauté immigrée vit largement de l’aide sociale et d’activités hors marché. Ce qui, à vrai dire, n’a rien de bien surprenant.

    • C/ La contribution des immigrés à la croissance

    Dans ce contexte, il nous reste un dernier devoir à accomplir, à savoir à tordre le cou à ce « canard » persistant, véhiculé par une gauche à la conscience troublée, que « les immigrés sont indispensables à la croissance et qu’ils vont payer pour nos retraites ».

    Regardons plutôt ce que disent des chercheurs sérieux, à l’étranger. Aux USA, les travaux de George Borjas, qui fait autorité en la matière, ont démontré de façon irréfutable que le gain annuel procuré par les immigrés était infime : moins de 0,1% du PIB par an. Même son de cloche en Angleterre où les études menées à la demande de la Chambre des Lords (en 2008, citée par Michèle Tribalat) parviennent à des résultats identiques : l’apport économique dû à l’immigration est quasi nul, 0,1% du PIB. Les enquêtes conduites aux Pays-Bas sont également sans équivoque : le PIB global augmente un peu, certes, mais le PIB par habitant, celui qui mesure le niveau de vie, diminue.

    L’enseignement principal de ces travaux est que le gain obtenu par le travail des immigrés va aux immigrés eux-mêmes mais nullement à la population d’accueil qui est perdante dans l’affaire.

    C’est ce que le simple bon sens aurait déjà donné : l’immigration a un effet d’appauvrissement sur l’ensemble de la population d’accueil, bien que les immigrés eux-mêmes recueillent largement les bénéfices de leur situation.

    En France, bien entendu, c’est l’ « omertà » : on ne veut pas savoir.

    2°/ Incidence de l’immigration sur l’investissement et le commerce extérieur

    Pour l’investissement, la réponse est simple : les immigrés épargnent peu ou pas et ne peuvent contribuer en aucune façon à la formation de capital fixe.

    Pour le commerce extérieur, c’est une autre affaire. Certes, on se doute bien que les immigrés ne peuvent apporter de contribution, même minime, aux exportations. Mais il y a un lien direct entre importations et consommation des ménages. Avec une consommation de 108 milliards, et un marché de 7 à 8 millions de consommateurs nouveaux, l’incidence des ménages immigrés sur les importations doit être sensible.

    Nos importations, composées aux trois quarts de pétrole et de produits manufacturés ont atteint 537 milliards en 2010. L’application de la règle de proportionnalité donnerait donc un montant de 54 milliards imputables aux produits importés au bénéfice des immigrés.

    Avec un déficit commercial de 71 milliards, on pourrait en déduire que la consommation de la communauté immigrée, sans contrepartie productive significative, suffirait à justifier une large part du déficit commercial de la France. On verra plus loin que l’on pourrait en dire autant du déficit budgétaire.

    En ce qui concerne la balance des paiements maintenant, on observera des transferts annuels de l’ordre de 5 milliards, le cinquième du total des transferts courants. On observera avec chagrin que ces transferts ne servent pas à financer l’investissement et le développement comme on pourrait le souhaiter mais servent simplement de soutien alimentaire au bénéfice des familles restées au pays.

    II

    L’immigration et les grands équilibres économiques

    1°/ Immigration et chômage

    En septembre 2011, la France comptait 4.176.000 chômeurs, 4.442.000 avec les DTOM, plus de 10% de la population active. Comment mesurer l’incidence de l’immigration sur ce total ?

    Les difficultés d’insertion d’une population, peu ou pas qualifiée, sur un marché du travail déjà saturé sautent aux yeux. Avec un taux de chômage de 13,2%, sur les trois millions d’immigrés que compte la population active, 2,6 millions d’immigrés seulement auraient un emploi, 400 000 seraient au chômage.

    En fait, pour ce qui concerne l’immigration légale, trois solutions se présentent :

    1.  ou bien les immigrés ne trouvent pas d’emplois et sont donc au chômage ;
    2.  ou ils trouvent des emplois, mais poussent les natifs vers le chômage ;
    3. ou ils trouvent bien des emplois, mais ce sont des emplois aidés, donc qui coûtent cher à l’Etat.

    En conséquence, en termes de coûts :

    • - Le coût des immigrés au chômage serait de 3,4 milliards.
    • - Un emploi jeune sur quatre bénéficie d’une aide de l’Etat qui prend en charge environ 70% des coûts, soit, pour 450.000 contrats, un coût budgétaire de 4,2 milliards d’euros.
    • - Mais le plus important est ailleurs : le coût des natifs chassés par éviction vers le chômage peut être estimé à 22 milliards (à 700 euros par mois, soit 8.500 euros par an, pour 2,6 millions de nouveaux chômeurs natifs).

    Le total de ces trois rubriques s’élève donc à 29,6 milliards d’euros.

    En d’autres termes, en période de sous-emploi chronique et de quasi-stagnation économique – c’est le cas depuis 10 ans et plus –, l’immigration, quelle soit légale ou non, exerce directement ou indirectement un effet fortement négatif sur les chiffres du chômage et sur les charges budgétaires.

    2°/ Immigration, salaires, productivité et désindustrialisation

    C’est en quelque sorte le corollaire du cas de figure précédent. L’immigration a, de toute évidence, tendance à tirer vers le bas le niveau moyen des salaires. C’est ce que démontrent abondamment les enquêtes menées à l’étranger, notamment celle de la Chambre des Lords en Angleterre en 2008 (déjà citée par Michèle Tribalat). Aux Etats-Unis, George Borjas, qui fait référence en la matière, a démontré que les salaires des immigrés, notamment les moins qualifiés, exercent un effet négatif d’environ 7% sur le niveau des salaires. On préfère évidemment ne pas trop savoir.

    En France on estime le niveau moyen des salaires des immigrés environ inférieur de 15% à celui des natifs, et cela d’autant plus que la grande majorité des immigrés travaillent dans le secteur des services à faible rémunération et à faible productivité : services domestiques (les nounous), restauration et hôtellerie, services de nettoyage, construction, etc.

    Tout cela entraîne des conséquences très sévères sur l’économie française.

    La première concerne l’investissement productif des entreprises dont on constatera avec inquiétude une lente dérive à la baisse depuis 10 ans. Cela se comprend. Devant une main-d’œuvre abondante et bon marché, l’entrepreneur aura naturellement avantage à substituer du travail au capital, à recruter du personnel à bas coût plutôt qu’investir. Et c’est bien ce que l’on constate. Les dépenses d’investissement en France prennent un sérieux retard, non seulement par rapport à l’étranger, mais aussi par rapport aux performances des années précédentes. De ce déclin tendanciel témoigne aussi la baisse des projets d’investissement industriels constatée ces dernières années.

    On assiste donc à une baisse de l’investissement productif privé mais aussi à une tendance à la désindustrialisation de notre pays. L’industrie ne procure plus que 14% de la richesse nationale contre 22% pour la moyenne européenne et 30% pour l’Allemagne. Depuis les années 1980, l’emploi industriel a chuté de 2 millions, de 350.000 postes depuis 2 ans. L’immigration a certainement eu une incidence sur ce phénomène. En France, à ce rythme, on ne fabriquera plus d’avions ou de TGV mais on construira des logements sociaux.

    Dernière conséquence, souvent ignorée, et non des moindres, l’effet sur la productivité du travail en France. Chacun sait de quoi il retourne. C’est, en gros, la production tirée d’une quantité donnée de facteurs de production, le travail au premier chef. La productivité reflète le progrès technique. Si la productivité horaire en France apparaît à peu près satisfaisante, sous l’effet du chômage bien sûr, la productivité par salarié, la seule qui a un sens, en vérité, accuse un net déclin, non seulement par rapport à l’étranger (USA, Europe) mais aussi par rapport aux tendances passées, par manque de qualification et de motivations. Sous l’effet d’une immigration de masse, la France est donc tout doucement en train d’emprunter le chemin qui mène au sous-développement économique.

    3°/ Pour terminer, on peut estimer que le coût du surendettement des ménages immigrés s’élève à 2,5 milliards.

    III

    Regards croisés sur trois coûts sociaux majeurs sous estimés

    Que les immigrés soient de grands consommateurs de biens sociaux est une évidence que peu de monde se hasarde à nier. On ne peut manquer de se réjouir de cette générosité institutionnelle en progression constante, qui contribue sans doute à la paix sociale, pour un temps. Le malheur veut qu’elle ait un coût. Cette consommation à caractère social porte notamment sur ces trois secteurs majeurs que sont l’éducation, la santé et le logement.

    1°/ L’éducation nationale

    Chacun reconnaît la dégradation, grandissante, de notre système scolaire. Certes, des réformes, inutiles ou ineptes, sont passées par là, qu’il s’agisse de la méthode globale ou du collège unique, toujours dénoncées, jamais corrigées. Mais il y a un autre facteur majeur, rarement évoqué : l’immigration.

    L’éducation nationale coûte de plus en plus cher, pour de moins en moins de résultats, et d’ailleurs moins d’élèves (sauf d’enfants d’immigrés). Le budget de l’éducation nationale croît d’année en année, près de 61 milliards en 2011, une augmentation de 2% par rapport à l’année précédente.

    Mais comment ne pas établir aussi un lien de causalité manifeste entre le dépérissement du système scolaire et l’obligation faite à nos écoles d’accueillir des enfants d’immigrés toujours plus nombreux ? Leur place dans la population scolaire est passée de 14% à 16%, et maintenant près de 18%, en raison d’une fécondité deux à trois fois supérieure à la nôtre, celle des natifs. A cela s’ajoute une concentration très forte dans certaines zones, plus de 60 à 80% selon Michèle Tribalat, précisément celles qui sont le centre de violences permanentes dans les filières techniques, les lycées professionnels, ceux qui accueillent le plus d’immigrés.

    « Deux tiers des échecs scolaires concernent les enfants d’immigrés », a déclaré Claude Guéant, à la grande indignation des bien-pensants. C’est peut-être exagéré. Mais ce qu’il y a de sûr c’est que le taux d’échecs scolaires des enfants d’immigrés est le double de celui des autres enfants et que les enfants immigrés sortent deux fois plus souvent que les autres du système scolaire sans aucune qualification.

    En fait, l’afflux non maîtrisé d’enfants d’immigrés venant de familles déshéritées dont beaucoup maîtrisent mal la langue française provoque la saturation puis la décrépitude de l’ensemble d’un système scolaire largement plus inadapté à cette mission, quoi qu’on fasse.

    Comment calculer le coût social phénoménal résultant d’une situation de ce genre, à savoir une éducation au rabais dispensée aux enfants, tous les enfants de France, qu’ils soient ou non issus de la population immigrée ? Tout à l’heure, on a estimé à 1 milliard environ les coûts spécifiques du système scolaire liés à l’immigration. Je crois que cette évaluation est notoirement sous-estimée. Pour ma part, je pense qu’il faut, une fois de plus, appliquer la règle de proportionnalité : si les enfants d’immigrés forment 18% de la population scolaire, les coûts supplémentaires dus à l’immigration (18% de 61 milliards d’euros) peuvent être évalués à 11 milliards d’euros.

    2°/ Immigration et dépenses de santé

    Les dépenses de santé liées à l’immigration méritent que l’on s’y attarde. Car ce sont des coûts très importants qui sont en jeu ici et pour lesquels, par chance, l’on dispose d’informations statistiques, donc relativement sûres.

    Pour les immigrés clandestins, estimés à plus d’un demi-million, les statistiques de l’Aide médicale d’Etat affichent plus de 200.000 consultations par an pour un coût de 600 millions par an, soit plus de 30% du budget du ministère de la Santé.

    Mais l’essentiel est ailleurs, avec la CMU, la Couverture médicale universelle, complétée par la CMUC, complémentaire instituée en 1999 par Martine Aubry (laquelle s’affirme décidément, avec les 35 heures, comme un des grands fossoyeurs de l’économie française). On sait que, sous conditions de ressources minimales, ces deux systèmes permettent un remboursement à 100% des soins de santé, notamment des soins hospitaliers, les plus coûteux.

    Les études ont montré que le coût de soins ainsi gratuits était d’environ 13% supérieur au coût moyen de soins hors CMU et provoquaient une augmentation de 20% du volume des consultations. Ce qui n’est guère surprenant. La gratuité a toujours cet effet-là. Observons que cette surconsommation médicale des immigrés souvent en quête de placebos est d’ailleurs attestée par le témoignage de nombre de jeunes médecins installés en grande banlieue parisienne.

    En 2007, la CMU concernait 1,5 million de personnes bénéficiaires et la CMUC, avec l’Outre-Mer, 4,5 millions, soit, au total, 6 millions de bénéficiaires. Il s’agit souvent d’une population jeune, féminine et urbaine. Il est logique de penser que sur les 7 à 8 millions d’immigrés dont les ressources sont modestes, une grande majorité sont inscrits à l’un ou l’autre de ces deux régimes.

    Par ailleurs, le coût moyen annuel par tête, un secret d’Etat bien gardé, était estimé à environ 1.000 euros en 2006. Combien aujourd’hui ?

    Dès lors, le coût total du bilan santé de l’immigration s’établit à près de 6 milliards d’euros par an. Il s’alourdit, avec des flux migratoires de 250.000 par an, d’environ 250 millions d’euros chaque année.

    3°/ Le logement

    • a) La location

    Les immigrés sont en majorité locataires à hauteur de 75% (90% chez les immigrés d’origine africaine). Ils occupent 70% des logements dits sociaux à loyer faible ou modéré.

    Par ailleurs, 50% des loyers (charges comprises) sont couverts par les aides au logement. Le loyer médian s’élève à 430 euros, soit 5.160 euros par an.

    Pour 1.370.000 ménages d’immigrés en location, le total représente donc 7 milliards d’euros. Enfin, on estime qu’un locataire sur 3 connaît des difficultés de paiement ou ne paie pas.

    Dés lors, le coût, pour la collectivité, du logement des immigrés est de 50% du total des loyers, soit 3,5 milliards pour les aides et 1/3 pour les impayés soit 2,3 milliards, soit 5,8 milliards au total.

    A cela s’ajoute naturellement le coût de la rénovation urbaine dans le cadre de la politique de la Ville, soit 21 milliards sur 5 ans ou encore 4 milliards par an.

    Le coût du logement des immigrés frôle donc 10 milliards d’euros par an.

    • b) La construction de logements sociaux

    Elle fait l’objet d’une demande pressante et permanente. Il n’y aura jamais assez de logements sociaux.

    En 2010, l’Etat aura aidé au lancement de 131.000 chantiers, contre un rythme de croisière de 100.000 par an.

    A un prix moyen de construction TTC de 1.820 euros au m2, en 2007 le prix unitaire moyen d’un logement de 80m2 ressort à 145.600 (arrondi à 150.000 euros). Ce qui donne un coût annuel de construction de logements sociaux d’environ 20 milliards par an couvert par les financements de l’Etat ou des collectivités territoriales.

    4°/ Bilan des coûts

    1. Il convient à ce stade d’additionner les coûts sociaux :

    • logement : 30 milliards
    • santé : 6 milliards
    • éducation :11 milliards

    soit au total 47 milliards.

    2. Mais il faut y ajouter les coûts du maintien de l’ordre : 5,7 milliards, et celui des fraudes et de la délinquance : 13,6 milliards, du surendettement : 2,5 milliards et du chômage : 29,6 milliards, soit 51,4 milliards.

    3. A ces coûts il convient d’ajouter les prestations sociales reçues par les immigrés (retraites, famille, vieillesse, allocations diverses), soit 30,3 milliards.

    4. Nous arrivons ainsi à un chiffre de 128,7 milliards, dont il faut néanmoins défalquer la contribution des immigrés à la production de richesses, évaluée à 55,5 milliards, ce qui laisse un solde net de 73,3 milliards.

    Au total, les coûts nets directs ou indirects de l’immigration s’élèveraient ainsi à 73,3 milliards d’euros.

    5°/ Immigration et endettement de l’Etat

    En conclusion, la conséquence de tout ce qui précède est : l’endettement de la France, qui a fait couler tant d’encre et qui a manqué de pousser notre pays à la banqueroute.

    Qu’il y ait une corrélation étroite entre immigration et endettement public ne fait guère de doute.

    C’est ce que nous apprend le rapprochement des séries statistiques du déficit et de l’endettement. Car, quel que soit le chiffre final du coût de l’immigration qui ressortira de nos travaux en fin de journée, cette immigration est, qu’on le veuille ou non, financée en totalité ou en partie par le déficit budgétaire, 85 milliards d’euros, lequel alimente l’endettement de la France, 1.646 milliards d’euros (85% du PIB), dont on a tant parlé et si tardivement. Non seulement il nous a coûté notre cher triple A, mais il sera payé par nos enfants et nos petits-enfants. Financer par l’emprunt une immigration largement composée d’inactifs et d’assistés sociaux, et cela en pleine crise économique et financière, il n’y a qu’en France que l’on voit cela.

    Conclusions

    La France connaît depuis plusieurs années un appauvrissement tendanciel. Le revenu par habitant plafonne depuis dix ans et recule depuis six ans. C’est le prix de la crise, d’un mauvais management de l’économie mais aussi d’une immigration excessive. L’immigration n’enrichit pas, elle appauvrit.

    Si les réformes de restrictions budgétaires retenues par le gouvernement sont mises en pratique, ce qui reste à voir, l’immigration, au lieu d’être payée par l’emprunt, sera payée par nos impôts. Ce qui est déjà un mieux. Mais il serait mieux encore de la ramener à un niveau proportionné aux capacités d’intégration ou d’assimilation de la France.

    Mais ceci est une autre histoire…

    Yves-Marie Laulan Polemia
    Colloque de l’Institut de géopolitique des populations
    16/02/2012

  • Najat Belkacem, du Maroc au PS

    Najat Belkacem, actuelle ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, était jusqu’au début de la campagne présidentielle, membre appointé du Conseil de la communauté marocaine de l’étranger, directement nommée par le Roi du Maroc, Mohamed VI.
    Une appartenance aux institutions d’un régime qui ne colle pas vraiment avec les leçons de morale socialistes sur la démocratie, le droit des femmes, la laïcité et la tolérance qu'elle prétend donner. Mais carrière oblige. Et la France dans tout cela ?... Bof ! C’est le cadet des soucis de Belkacem.
    Najat Vallaud-Belkacem, née Najat Belkacem le 4 octobre 1977 à Beni Chiker au Maroc.
    Elle est conseillère générale socialiste, nommée le 16 mai 2012 ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, dont elle est la benjamine.
    En 2007, elle est porte-parole de Ségolène Royal pour l'élection présidentielle, puis de nouveau en mars 2009 en vue de la primaire présidentielle socialiste de 2011.
    Le 16 novembre 2011, François Hollande, candidat du PS pour l'élection présidentielle de 2012, la nomme porte-parole de sa campagne présidentielle.
    Depuis 2008, elle est conseillère municipale de Lyon.
    Elle a ainsi défendu les intérêts du Maroc de décembre 2007 à décembre 2011, au sein du Conseil de la communauté marocaine de l’étranger. Le journaliste marocain Thami Afailal définit d’ailleurs ce Conseil comme un « organisme qui est le Soviet suprême du Makhzen chargé de garder à l’œil les résidents marocains à l’étranger afin qu’ils gardent éternelle fidélité au régime et n’arrêtent pas d’envoyer chaque année les « flouss » qui maintiennent à flot le régime ».

    Qu’à cela ne tienne… Pour donner le change, Najat Belkacem explique que ce Conseil « s’exprime d’abord sur les sujets dont il est saisi par Sa Majesté en faisant valoir un point de vue de Marocains de l’étranger ». On notera au passage l’expression « Sa Majesté », pour parler de SON souverain.

    Au sein même de la gauche, les militants sont gênés par cette proximité de la « gôche » française avec le régime du monarque marocain. La vidéo qui suit montre ainsi la colère d’une jeune marocaine qui s’exprime lors d’un meeting des Verts pour dénoncer le régime de Mohamed VI, ses méthodes et l’accueil chaleureux de ses représentants par les partis de gauche français.

    Écoutez cette jeune femme victime du régime avec lequel Najat Belkacem a fièrement collaboré. Une belle charge également contre l’islam.
     
    En tribune, les responsables Verts sont gênés par l'attitude de la salle...

  • Benoît XVI : « L’approbation des idées les plus répandues n’est pas un critère auquel nous nous soumettons »

    Hier, à l’occasion de la fête de l’Épiphanie au cours de laquelle il a ordonné quatre nouveaux archevêques, Benoît XVI a condamné l’agnosticisme actuel, qui domine dans de nombreux pays, et ses attaques envers l’Église et la Foi. Il a souligné que « l’agnosticisme qui règne aujourd’hui a ses propres dogmes et est extrêmement intolérant vis-à-vis de tout ce qui pourrait le remettre en question, ainsi que des critères qu’il emploie« .

    Le Pape a rappelé alors que le chrétien ne devait pas plier devant l’idéologie dominante : « Celui qui vit et proclame la foi de l’Église est par de nombreux aspects en décalage avec la pensée dominante. L’approbation des idées les plus répandues n’est pas un critère auquel nous nous soumettons« , a-t-il déclaré. Rappelant ainsi les évêques à leur charge pastorale « En conséquence, il est particulièrement urgent pour un évêque aujourd’hui d’avoir le courage de contredire l’état d’esprit dominant. Il doit être courageux« , a-t-il conclu.

    N’est-il pas nécessaire en effet que Rome rappelle à ceux qui ont juridiction sur les âmes que le chrétien, qui est dans le monde mais qui n’est pas du monde, doit se soucier davantage sur la terre du regard de Dieu que de celui des hommes, fussent-ils les grands de ce monde ? Car la Foi, dont l’Église est dépositaire, ne se négocie pas et ne peut faire l’objet d’aucune tergiversation : elle se transmet sans altération.

    http://www.contre-info.com/