France et politique française - Page 5094
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Jean Raspail et le Royalisme
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L'immigration, problème social n° 1
De tous nos problèmes sociaux, l'un des principaux est actuellement, qu'on le veuille ou non, celui de l'immigration africaine. Ces immigrés nous arrivent de plus en plus nombreux, de façon plus ou moins régulière. La plupart d'entre ces malheureux s'entassent dans les logements improvisés et insalubres que leur louent de misérables « marchands de sommeil » et où ils sont la proie de maladies qu'on croyait éradiquées, d'où, en plusieurs régions, des hôpitaux engorgés. Beaucoup trouvent à s'employer illégalement, parfois dans des conditions indignes, perturbant par surcroît le monde du travail ; et ceux qui n'y parviennent pas ou s'y refusent dépendent d'assistances diverses dans le meilleur des cas, d'où le déficit accru des régimes sociaux ; ou bien ils survivent autrement, d'où des prisons surpeuplées. Dans nombre d'établissements scolaires, leurs enfants abaissent les niveaux, accroissent la violence et les incivilités, accentuant le développement de l'enseignement privé. Ils offrent aussi un terreau propice aux réseaux d'islamistes fanatiques dont certains versent dans le terrorisme.
On notera au passage que souvent ceux qui ne s'alarment pas de cette immigration grandissante et s'y résignent appelaient naguère à repousser le projet de Constitution européenne au prétexte qu'elle risquait de provoquer une excessive immigration venue de l'Est. Que n'a-t-on entendu sur la menace du « plombier polonais » !
Les démagogues et les utopistes nient l'importance de ce problème social, et ceux de nos responsables qui tentent de l'affronter, même le plus humainement, le plus timidement possible, se heurtent à des oppositions diverses qui les freinent, voire les paralysent. Ainsi, à l'initiative du ministre de l'Intérieur, un projet de loi sur l'immigration, bien modeste, va prochainement venir en débat à l'Assemblée nationale et déjà les critiques fusent. Dans le discours qu'il a prononcé à Nîmes le 9 mai dernier Nicolas Sarkozy l'avait pourtant ainsi justifié :
« Je veux faire entrer dans la loi le principe de l'immigration choisie parce que je ne crois pas à l'immigration zéro, qui est contraire à notre intérêt national, et parce que je ne crois pas non plus que notre idéal d'une nation fraternelle puisse résister encore longtemps à la pression croissante d'une immigration subie, non maîtrisée. »
C'est l'évidence, et c'est un minimum. Mais c'est encore trop et même Ségolène Royal, qui sur d'autres sujets tient souvent un langage de raison, s'est exclamée dans son discours-programme du 20 août à Frangy-en-Bresse :
« Voyez ce qu'organise le ministre de l'Intérieur, l' « immigration choisie ». Mais qu'est-ce que cela veut dire ? On irait piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières en tant que pays colonisés ? Mais c'est insupportable ! »
Cela semble signifier que nous pouvons accueillir les immigrés sans formation et devons refuser ceux qui voudraient exercer chez nous les qualifications qu'ils ont acquises mais ne le veulent ou ne le peuvent pas chez eux. C'est absurde.
De même Nicolas Sarkozy a-t-il raison de vouloir rapatrier les immigrés clandestins que des passeurs sans scrupules avaient persuadés qu'ils trouveraient chez nous l'Eldorado. Raison aussi de proposer d'autres logements aux familles agglutinées, par exemple, dans l'ancienne résidence universitaire de Cachan, squattée depuis trois ans dans des conditions d'hygiène et de sécurité déplorables.
Mais dans ces deux cas des critiques se sont élevées. La CGT a jugé « indigne » l'évacuation du squatt de Cachan et considéré que le ministre de l'Intérieur avait fait « un pas de plus dans l'ignominie ». La Ligue des droits de l'homme a dénoncé la « politique du coup de force qui s'applique contre les sans-papiers, les sans-logis et les exclus ».
N'en doutons pas, la question de l'immigration africaine va constituer, dans plusieurs régions, l'un des enjeux majeurs des prochaines élections présidentielles et législatives. Il serait temps qu'un peu d'humanité et de sagesse se fasse entendre.
Chronique économique, syndicale et sociale
Morvan Duhamel
Polémia
14/09/06Lien permanent Catégories : actualité, France et politique française, immigration, lobby, social 0 commentaire -
Documentaire - L'AF et le Comte de Paris
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CES LOBBIES QUI ÉTOUFFENT LA FRANCE
L'A.F. REÇOIT PIERRE DE VILLEMAREST
« À Lisbonne la Trilatérale a tenu la main de Sarkozy »
Pierre de Villemarest, journaliste professionnel, membre de l’Amicale des Anciens des services spéciaux de la Défense nationale, a rencontré depuis les années cinquante les personnages clefs de l’histoire du XXe siècle. Il a publié depuis 1962 une vingtaine d’ouvrages, notamment sur les services secrets soviétiques. L’ouvrage sur la Trilatérale que présente ci-contre Pascal Nari est le troisième d’une série intitulée Faits et chroniques interdits au public sur toutes sortes de clubs dont celui des Bilderberg. Il dirige depuis trente ans une Lettre d’Information confidentielle qui traite des dessous des événements contemporains avec des correspondants dans une vingtaine de pays. Il a bien voulu à l’occasion de la sortie de son nouveau livre nous accorder cet entretien, dont nous le remercions.
* Centre européen d’Information, La Vendômière , 27930 Cierrey
L’ACTION FRANÇAISE 2000 – Quelle est la spécificité de la Trilatérale par rapport aux autres groupes, Bilderberg, CFR... ? A-t-elle une philosophie propre ? Des moyens d’action particuliers ?
PIERRE DE VILLEMAREST – La Trilatérale est née en 1973 sous la tutelle du CFR (Council on Foreign Relations) à l’initiative de David Rockefeller et de son maître à penser Zbigniev Brzezinski. Je raconte dans mon livre comment cette création fut d’abord tenue secrète avant que Rockefeller lui-même avoue en 1991 devant les membres du cercle de Bilderberg en remerciant la grande presse d’avoir respecté les consignes de discrétion pendant des années : « Le monde est maintenant plus sophistiqué et disposé à marcher en direction d’un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est sûrement préférable à l’autodétermination telle qu’elle a été pratiquée durant les siècles passés. »
En fait, la Trilatérale a été créée sous prétexte d’appeler le Japon dans un système mondial qui s’érigerait comme puissance industrielle et commerciale, en vue de coiffer toutes les institutions européeennes et atlantiques et d’orchestrer la marche économique vers le mondialisme.
Mondialisation et mondialisme
L’AF 2000 – N’y a-t-il pas lieu de distinguer entre mondialisme et mondialisation ?
P. de V. – Les trilatéralistes utilisent la phraséologie courante pour cacher leur idéologie, mais il faut en effet distinguer la mondialisation qui est la conséquence fatale des progrès techniques, notamment dans le domaine de la communication, et le mondialisme qui est une doctrine imposée par une coterie élitiste qui impose son explication de notre temps et qui dicte la mondialisation, laquelle est organisée autour de cercles qui existent déjà pour aboutir à une sorte de directoire du monde. La tactique des hommes de la Trilatérale est toujours de multiplier les ponts et les contacts avec toutes sortes d’organismes à l’échelon mondial même si ceux-ci sont apparemment très différents et non liés entre eux tels l’lnstitut Aspen, dont l’origine est franco-germanique, ou encore l’Institut français des relations internationales (IFRI) que dirige Thierry de Montbrial.
Tous ces groupes se rejoignent dans l’idée de parvenir à la destruction des États nations. J’ajouterai les Amitiés France Amérique qui défendent l’idée de remplacer les nations par les régions.
Hégémonie américaine
L’AF 2000 – Peut-on dire de la Trilatérale qu’elle est l’instrument de l’impérialisme américain ?
P. de V. – Le problème se pose toujours entre trilatéralistes de savoir si la direction doit revenir à des groupes géographiques et commerciaux anonymes ou si l’Amérique doit prendre l’organisation en mains. C’est pour le moment l’impasse. Mais il faut noter que Rockefeller (91 ans) et Brzezinski sont toujours le moteur de l’affaire.
Je crois, par ce que j’ai vu et appris de l’intérieur, en parlant avec beaucoup de trilatéralistes, que les Américains pensent d’abord à leurs affaires (les firmes qui font partie de la Trilatérale représentent un poids supérieur à celui du budget des États Unis ; elles sont à même de dicter leurs volontés aux gouvernements américains. C’est bien la marche vers l’hégémonie capitaliste américaine.
L’AF 2000 – Pourtant la Trilatérale s’est souvent lourdement trompée. Par exemple - vous le dites dans votre livre - en ne prévoyant pas l’effondrement du communisme... Comment un organisme qui commet tant d’erreurs peut-il être aussi dangereux ?
P. de V. – La Trilatérale s’est trompée plusieurs fois dans ses prévisions et ses constatations ont éludé bien des problèmes. Ses textes sont sur le modèle des sociétés fabiennes : dans un même numéro des Affaires internationales on peut trouver la thèse et l’antithèse voire toutes sortes de contradictions. Les hommes de le Trilatérale n’ont pas su prévoir la chute du Mur de Berlin ni ses conséquences, pas plus qu’ils n’ont deviné qu’à côté du Japon émergeraient l’Inde et le Chine. Cela montre les limites de ces prévisionnistes. Ils n’en sont pas moins dangereux, car ils savent manipuler l’opinion à travers le commerce et les monnaies. Ils ont voulu l’euro, cette monnaie artificielle déjà préconisée par les Bilderberg ; aujourd’hui le secrétaire d’État au Trésor, H. Paulson, membre du CFR, peut en réalité coiffer l’économie de l’Europe occidentale.
Ils entretiennent aussi la crise artificielle du pétrole ; ils veulent que les puissances pétrolières qu’ils coiffent réduisent leurs livraisons par peur d’avoir à épuiser leurs réserves ; ils arguent de cela pour laisser monter les prix. On se trouve ainsi à la merci d’un groupe de direction qui prend sur lui d’influencer la politique mondiale à travers les enjeux économiques.
En route pour le mondialisme
L’AF 2000 – Quelle influence joue la Trilatérale dans la construction dont rêvent certains d’une Europe fédérale ?
P. de V. – Une certain nombre de ses membres appartiennent au groupe euro-atlantique des Bilderberg qui a tant contribué à lancer l’idée européenne, en liaison avec les comités d’action Jean Monnet, lesquels étaient financés avec parfois des rallonges par les Américains. Alors quand François Hollande dans Le Monde du 16 septembre 2004 revendique pour les socialistes la paternité des cinq ou six traités européens, on sait qui finançait. La Trilatérale a suggéré le texte “simplifié” et a tenu la main de Nicolas Sarkozy en posant le principe qu’on allait voter non par référendum mais seulement au Parlement. Car ils savent bien que d’instinct l’opinion voit quelque chose de louche dans l’affaire européenne, et redoute la catastrophe à plus ou moins long terme. Or, dans le traité “simplifié” il y a des signes inquiétants : si l’on a supprimé les symboles on n’en a pas moins gardé une espèce de ministre des Affaires étrangères avec une centaine d’ambassadeurs à travers les monde. On assistera donc bien à la soumission de la France à des étrangers.
L’AF 2000 – Les Français faisant partie de la Trilatérale puisent-ils dans cette participation au moins quelques bénéfices économiques pour notre pays ?
P. de V. – Ils obtiennent parfois quelques coups de pouce quand une firme a besoin d’aide, mais cela n’est pas calculé. En fait, ils y a à peu près quinze Français sur trois ou quatre cents trilatéralistes. Certains sont des passionnés du système mondialiste. Beaucoup sont seulement des opportunistes, sans grandes convictions. Je pense à Michel Crépeau, qui fut maire de La Rochelle, que j’ai interpellé un jour lors d’une réunion et qui m’a confié, à part, qu’ayant été chercher pour sa ville une aide aux États-Unis sur les conseils de Paul Delouvrier, directeur d’EDF et l’un des tout premiers trilatéralistes français, il en était revenu fort déçu et méfiant au sujet des antennes de la Trilatérale. Un petit groupe de personnes dirige tout. Donc les membres un peu trop tièdes sont vite détectés et leur mandat n’est pas renouvelé. Ils sont alors pour longtemps écoeurés d’avoir participé à de telles parlotes. D’autres se plaisent en revanche à siéger dans un club international, aussi mondain qu’artificiel.
L’art de piéger même sans convaincre
L’AF 2000 – Raymond Barre, ancien Premier ministre français, qui vient de mourir, était un trilatéraliste de haut niveau...
P. de V. – Certes, mais ces trois dernières années, il s’était aperçu de son erreur et se montrait beaucoup moins ardent, ce que Simone Veil lui a reproché...
L’AF 2000 – On ne peut pas à proprement parler accuser la Tilatérale de “complot” ; alors où réside la force de cet organisme ?
P. de V. – La grande discrétion des médias à son égard contribue évidemment à renforcer son influence sournoise. Je dois déplorer aussi que les journalistes lucides et qui recueillent des informations agissent trop souvent chacun de leur côté et se citent rarement les uns les autres. Car il importe de mettre à jour la tactique des hommes de la Trilatérale qui consiste, à l’instar des sociétés fabiennes, à convaincre avec patience, par imprégnation des idées, de la politique et de l’économie d’un pays, puis à piéger ceux qui ne pensent pas comme eux en les contournant afin d’arriver même sans les convaincre à les persuader qu’ils ont intérêt à s’arranger avec eux...
Propos recueillis par Michel FROMENTOUX L’Action Française 2000 du 15 au 28 novembre 2007 -
Le Père Noël et la croissance.
Tout le monde, ces jours-ci a envoyé à tout le monde des vœux de Noël et de Nouvel An. Cette charmante habitude, à peine polluante de nos boîtes aux lettres amène le chroniqueur à surenchérir ce matin.
Je souhaite donc sincèrement à tous mes lecteurs, mais aussi à tous nos concitoyens et à tous nos cocontribuables une meilleure prospérité, un plus grand bonheur et, pourquoi pas, deux doigts supplémentaires de spiritualité, dans ce monde matérialiste et consommatique.
Certains de ces vœux peuvent prendre une dimension concrète. Je note par exemple que l'Église de Grèce, offre les terres cultivables dont elle dispose à tous les citoyens désireux de créer une entreprise agricole. Évidemment l’Église de France dont pratiquement tous les biens ont été volés en 1905 ne peut pas suivre cet exemple donné à l'occasion du message de Noël de son archevêque primat Mgr Iéronymos.
Et ceci n'empêchera pas que les reliquats religieux demeureront, même le jour de Noël, systématiquement décriés par tous les anticléricaux que compte l'occident. En ce 25 décembre, tenté de pousser la porte d'un marchand de journaux j'y vois une grande affiche de réclame pour la revue "Ça m'intéresse Histoire" qui titre à propos du "Vatican : 1 500 ans de complots et de trahisons". Le mois précédent, c'était : "Les secrets de l'Inquisition". Sous-titre de la revue : "explorer le passé pour comprendre le présent". Dois-je préciser que je ne suis pas entré, que je n'ai rien acheté ?
On peut quand même se féliciter d'avoir appris, le 24 décembre (1)⇓ que 136 parlementaires viennent de s’engager à défendre les chrétiens d’Orient. Je constate hélas que cette excellente initiative, venant de Madame Véronique Besse, députée de la Vendée, et Lionnel Luca, élu des Alpes-Maritimes, n'a guère encore prospéré dans les rangs de la majorité.
La diplomatie française a renoncé à ce qui faisait autrefois sa spécificité, sa noblesse, et aussi, au bout du compte, sa force de rayonnement : la protection des minorités chrétiennes du proche orient. Laïcisme oblige désormais, y compris lorsque la menace vient des pires adversaires de la laïcité : les extrémistes se réclamant de la loi coranique. (2)⇓
Les accapareurs de l'État central parisien, ou plus exactement la classe politique, ne savent se montrer généreux qu'aux frais et au détriment de la société civile. On menace par la voix de Mme Duflot de réquisitionner 44 locaux appartenant à 30 propriétaires privés. Ceci, d'ailleurs ne pourra prendre effet qu'à la fin des frimats quand cela se révélera par conséquent strictement inutile à ceux dont la détresse hivernale sert de prétexte.
Nos souhaits de prospérité pour l'année à venir ne devraient pas s'appliquer seulement à quelques-uns : ils concernent tous les Français, et même soyons modernes, tous les ressortissants de la Zone Euro. La déprime généralisée de notre espace économique, qu'on nous annonce pour 2013 ne risque-t-elle pas en effet de rejaillir sur les performants sous-traitants chinois menacés de s'effondrer si occidentaux cessaient de les faire travailler.
Toutefois un bémol s'impose, et même plusieurs, qui limitent les proclamations officielles si généreuses en matière de solidarité mondiale.
Dans le réel, on peut le révéler : le Père Noël n'existe pas.
Seul compte l'effort de chacun. Plein d'espoir dans le caractère rationnel de ses camarades de l'Hexagone : l'ancien chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schrôder vient ainsi de déclarer : "À mon avis, la France va finir par se convaincre qu'on ne peut pas toujours faire de la politique en faisant fi des nécessités économiques". (3)⇓ Curieusement Le Figaro reprenait le jour même l'info en jugeant que "Schröder critique encore la France", à quoi un de ses lecteurs réplique que "M. Schröder ne critique pas La France, mais la politique irresponsable de Hollande et sa clique de bons à rien et mauvais en tout" (4)⇓
Ce qu'on appelle en termes macroéconomiques "la croissance", l'élévation de la richesse produite dans chaque pays, cela résulte des initiatives des individus, cela vient des entreprises c'est-à-dire aussi des contrats de travail fondés sur l'échange libre, d'une meilleure allocation de capital et au bout du compte des accroissements de productivité. L'État peut certes jouer aussi un rôle, notamment celui de frein, de prélèvement, de tout ce que Frédéric Bastiat appelle des "dissonances" (5)⇓.
Dans un article récent fort éclairant Charles Gave, s'appuyant notamment sur l'exemple du Canada dans les années 1990 conclut par le schéma suivant : "– Oui, c’est bien la croissance du poids de l’État qui fait ralentir l’économie. – Oui, faire reculer l’État c’est organiser sous les deux années suivantes le retour de la croissance." (6)⇓
Même en France par conséquent, l'État pourrait ainsi faire du bien en rendant le tribut national plus léger (7)⇓.
Il ne saurait en revanche sans un tel effort, détourner sur le territoire qu'il administre les courants d'échanges bienfaisants qui se manifestent dans le reste du monde, encore moins en décréter l'accaparement.
Ce dernier espoir, totalement naïf et illusoire, celui d'une reprise dans l'Hexagone, ou d'ailleurs dans l'Eurozone contaminée par des tares analogues aux nôtres, sans les mesures courageuses de diminution effective des dépenses démagogiques auxquelles s'accroche la classe politique, voilà ce qui explique les mensonges, errements, obstinations à propos des prévisions ministériels pour l'année 2013.
Ces hyperlaïcistes qui affectent l'incroyance, mais croient secrètement à l'horoscope et aux chiromanciennes, ne maintiennent donc qu'un seul culte public : celui du Père Noël.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
Apostilles :
- cf Pierre de Bellerive in "Nouvelles de France"⇑
- On gagne sans doute à ne pas utiliser les mêmes mots pour désigner "l'islamisme" radical, voire terroriste, et la religion musulmane, le "laïcisme" et la laïcité. Reste quand même à définir les frontières respectives de ces concepts.⇑
- Entretien publié par Burkhard Ewert"Neue Osnabrücker Zeitung" 24 décembre le sous le titre "Schröder : Vergebung ist nicht nur an Weihnachten nötig".⇑
- cf ses "Harmonies Sociales", titre posthume donné aux chapitres qui complètent et explicitent ses "Harmonies Économiques".⇑
- L'article était en ligne le 24 décembre à 12 h 54. Réaction du lecteur "Voyageur2" le 24 décembre à 17 h 55. ⇑
- publié dans "Contrepoint" le 23 décembre.⇑
- Tel est le but que l'on doit assigner à la "Libération fiscale" dont je me suis permis d'esquisser une doctrine et un programme en fonction d'un étaut fiscal 2012 qui se vera encore aggravé en 2013.⇑
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Qui restera pour payer les fameux 75 % d’impôts?
N’ayez plus peur, au 1er juin 2012 ils sont déjà partis !!
La liste des 44 familles françaises les plus riches exilées en Suisse (avec estimation de leur fortune en euros, selon le mensuel suisse Bilan )- Famille Wertheimer (Chanel) : de 3,2 à 4 milliards
- Famille Castel (vins et spiritueux) : de 3,2 à 4 milliards
- Famille Primat (Schlumberger) : de 1,6 à 2,5 milliards
- Benjamin de Rothschild (Groupe Rothschild) : de 1,6 à 2,5 milliards.
- Famille Peugeot (PSA) : de 1,2 à 1,6 milliard
- Famille Lescure (Seb, Tefal, Rowenta, Krups, Moulinex, Calor) : de 1,2 à 1,6 milliard
- Famille Bich (Bic) : de 1,2 à 1,6 milliard
- Famille Mimran (Compagnie sucrière sénégalaise) : de1,2 à 1,6 milliard
- Héritiers Louis-Dreyfus (Groupe Louis-Dreyfus, OM) : de 815 millions à 1,2 milliard
- Claude Berda (fondateur d’AB Prod) : de 815 millions à 1,2 milliard
- Paul-Georges Despature (Damart) : de 815 millions à 1,2 milliard
- Famille Murray : de 815 millions à 1,2 milliard
- Nicolas Puech (Hermès) : de 815 millions à 1,2 milliard
- Familles Defforey et Fournier (Carrefour) : de 650 à 730 millions
- Famille Zorbibe (Lancel) : de 400 à 490 millions
- Roger Zannier (Z, Kenzo, Kookaï, Oxbow, Chipie) : de 400 à 490 millions
- Famille Lejeune (Seita) : de 325 à 400 millions
- Philippe Jabre (Jabre Capital Partners) : de 325 à 400 millions
- Famille Harari : de 325 à 400 millions
- Famille Taittinger (champagne) : de 325 à 400 millions
- Alexandra Pereyre de Nonancourt (champagne Laurent-Perrier) : de 245 à 325 millions
- Denis Dumont (Grand Frais) : de 245 à 325 millions
- Michel Lacoste (Lacoste) : de 245 à 325 millions
- Georges Cohen (Groupe Sogeti) : de 245 à 325 millions
- Nicole Bru-Magniez (laboratoires UPSA) : de 165 à 245 millions
- Michel Reybier (Cochonou, Aoste, Justin Bridou) : de 165 à 245 millions
- Alain Duménil (Acanthe Développement) : de 165 à 245 millions
- Serge Kampf (Capgemini) : de 165 à 245 millions
- Bruno Moineville (Réseaux câblés de France) : de 165 à 245 millions
- Antoine Zacharias (Vinci) : de 165 à 245 millions
- Hugues de Montfalcon de Flaxieu (Maxiris) : de 165 à 245 millions
- Christian Picart (Buffalo Grill) : de 165 à 245 millions
- Jean Pigozzi (Simca) : de 165 à 245 millions
- Michèle Bleustein-Blanchet (Publicis) : de 165 à 245 millions
- Thierry Roussel (?) : de 165 à 245 millions
- Daniel Hechter (Hechter) : de 80 à 165 millions
- Philippe Hersant (groupe Hersant Média) : de 80 à 165 millions
- Paul Dubrule (Accor) : de 80 à 165 millions
- Jean Louis David (Coiffure) : de 80 à 165 millions
- Maurice et David Giraud (Pierre & Vacances) : de 80 à 165 millions
- Eric Guerlain (Christian Dior) : de 80 à 165 millions
- Famille Ducros (Ducros) : de 80 à 165 millions
- Jérôme DeWitt (horlogerie) : de 80 à 165 millions
- Dominique Frémont (Mauboussin) : de 80 à 165 millions …Les Sportifs
Jean Alesi, réside en Suisse
Marion Bartoli, réside en Suisse
Julien Benneteau, réside en Suisse
Arnaud Boetsch, réside en Suisse
Arnaud Clement, réside en Suisse
Nicolas Escudé, réside en Suisse
Guy Forget, réside en Suisse
Richard Gasquet, réside en Suisse
Jean-Claude Killy, réside en Suisse
Henri Leconte, réside en Suisse
Sébastien Loeb, réside en Suisse
Paul-Henri Mathieu, réside en Suisse
Gaël Monfils, réside en Suisse
Christophe Moreau, réside en Suisse
Amélie Mauresmo, réside à Genêve en Suisse
Stéphane Peterhansel, réside en Suisse
Cédric Pioline, réside en Suisse
Alain Prost, réside en Suisse
Fabrice Santoro, réside en Suisse
Florent Serra, réside en Suisse
Gilles Simon, réside en Suisse
Jo-Wilfried Tsonga, réside en Suisse
Vincent Rives, réside en Irlande
Jean-Philippe Gatien , réside au Delaware aux Etats UnisArtistes : Chanteurs
Charles Aznavour, réside en Suisse
David Hallyday, réside en Suisse
Johnny Hallyday, réside en Suisse
Patricia Kaas, réside en Suisse
Florent Pagny, réside en Patagonie (Argentine)
Michel Polnareff, réside aux Etats-Unis
Marie Laforêt, résidente et citoyenne suisseActeurs
Daniel Auteuil, réside en Belgique
Emmanuelle Béart réside en Belgique
Laetitia Casta, réside au Royaume-Uni
José Garcia, réside en Belgique
David Habibi, réside au Canada
Alain Delon, résident et citoyen SuisseAuteurs
Christian Jacq, réside en Suisse
Marc Levy, réside au Royaume-Uni
Michel Houellebecq, réside en Espagne (en Irlande auparavant)Patrons & actionnaires
Jacques Badin (Carrefour) réside à Bruxelles en Belgique
Thomas Bata (marque de chaussures Bata) réside en Suisse
famille Baud (dont Jean Baud), (marques Franprix et Leader Price, 2 à 3 milliards de CHF), résident en Suisse
Lotfi Belhassine, président d’Air Liberté, réside en Belgique. Il a fui la France car l’ISF représentait 93% de ses revenus
Claude Berda, AB Groupe, réside à Cologny en Suisse
Des membres de la famille Bich (Groupe Bic) résident en Suisse
Michêle Bleustein Blanchet, une des héritiêres de Publicis, réside à Cologny en Suisse
Corinne Bouygues, réside à Genêve en Suisse
Pierre Castel, PDG du groupe Castel Frêres propriétaire des eaux Cristalline, Vichy Célestins et Saint-Yorre, réside prês du Lac Léman en Suisse
Des membres de la famille Mulliez (propriétaire de Auchan, Décathlon, Mondial Moquette, Norauto et Kiabi), résident en Belgique
Georges Cohen, informatique et armement, réside en Suisse
Bernard Darty, fondateur de Darty, réside en Belgique
Jean-Louis David, fondateur des salons de coiffure éponyme, réside en Suisse
Des membres de la famille Defforey, à l’origine de la société Carrefour, résident en Belgique
Des membres de la famille Despature (dont Paul-Georges Despature), propriétaire des marques Damart et Somfy, résident en Suisse et en Belgique.
Paul Dubrulle, co-créateur du Groupe Accor et ancien sénateur-maire de Fontainebleau, réside à cologny en Suisse
Des membres de la famille Ducros résident à Cologny en Suisse
Pierre-François Grimaldi (iBazar), réside en Belgique
Eric Guerlain réside en Grande-Bretagne
Daniel Hechter, créateur réside en Suisse
Philippe Hersant, groupe Hersant réside en Belgique
Philippe Jaffré, ancien président d’Elf
Robert Louis-Dreyfus réside à Zurich en Suisse.
Des membres de la famille Mimram (dontJean-Claude Mimram), résident à Gstaad en Suisse.
Des membres de la famille Nonancourt, propriétaire des champagnes Laurent-Perrier, résident en Suisse.
Denis Payre, fondateur de Business Objects, réside en Belgique ou il a démarré une nouvelle société, Kiala, qui a embauché 100 personnes
Des membres de la famille Peugeot (entre 5 et 6 milliards de CHF), résident en Suisse.
Jean Pigozzi, héritier des voitures Simca, réside en Suisse.
Michel Reybier, ancien PDG de Justin Bridou, réside en Suisse
Jacques Tajan, ancien premier commissaire-priseur de France, réside en Belgique
Des membres de la famille Wertheimer, héritiers de Chanel, résident à Cologny en Suisse
Antoine Zacharias, ancien PDG de Vinci, réside à Genêve en Suisse
Roger Zannier, à la tête de Kookaï ou Absorba, réside à Cologny en Suisse
Alain Ducasse, cuisinier, a troqué sa nationalité française pour rejoindre Monaco -
Pierre Jovanovic : “Nous avons pris le chemin de la Grèce”
Pierre Jovanovic, de retour de reportage en Grèce (décembre 2012), partage avec Media-Investigation cette expérience qu’il compare avec la situation française.
Il considère cette nation, que l’on détruit, comme un laboratoire pour le reste de l’Europe en tirant des conclusions dépassant le seul destin européen puisqu’elle sera, d’après lui, intégrée dans quelques années aux États-Unis avec une monnaie commune.
“Tout ceci va se terminer dans une guerre civile” s’exclame-t-il tout en proposant quelques conseils pour se prémunir.
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Qui s'opposera aux pollutions de l'extrême-gauche ?
Certains, à droite et au centre, constatent avec plaisir, voire appuient les progrès des formations de l'extrême gauche, censées conquérir une part de l'électorat du Parti socialiste et compromettre les chances de celui-ci de revenir au pouvoir rendant ainsi la monnaie de leur pièce à ceux qui, à gauche, aidaient naguère l'extrême droite pour freiner l'avance du RPR et de l'UDF. Au-delà de ces médiocres considérations tactiques, a-t-on assez mesuré la nocivité des courants gauchistes qui, de nos jours, polluent de plus en plus notre société tout entière ?
Le mouvement social est à présent grandement influencé par l'Union syndicale Solidaires, notamment les syndicats SUD, ainsi que par la FSU, le Parti des travailleurs à FO, les communistes orthodoxes de la CGT que Bernard Thibault ne contient pas Et sur la vie politique pèsent de façon accrue les Alternatifs, ATTAC, le MRAP, les proches de José Bové, les mouvements gauchistes comme Droits devant, Droit au logement sans compter les partis trotskistes et les restes du Parti communiste. Ce ne sont là que des groupuscules, dira-t-on, leur influence sur les électeurs est marginale, ils rivalisent, se déchirent et n'ont aucune chance d'accéder à de grandes responsabilités.
Sans doute, mais lorsqu'on mesure l'ampleur des perversions idéologiques dont ils imprègnent notre vie sociale et politique, on comprend la paralysie qui affecte celle-ci.
Même les moins révolutionnaires, les plus réformistes de nos responsables syndicaux, pour ne pas se couper d'une partie de leurs troupes se forcent à tenir un langage intransigeant et à adopter des positions radicales dont ils connaissent la vanité, ce qui, de plus en plus, perturbe le dialogue des partenaires sociaux et paralyse la négociation, entrave le paritarisme.
Quant aux politiques, c'est pire. Les 300 pages de motions que les socialistes ont publiées les 24 et 25 septembre sont à cet égard confondantes : on veut « étendre les 35 heures » aux petites entreprises, les « généraliser » car là où on les a appliquées, elles « ont permis la création de 400 000 emplois » ! Il faut augmenter les impôts, instituer une « taxe écologique », une « taxe sur les transactions financières », une « cotisation de solidarité », fusionner l'impôt sur le revenu avec la CSG qui deviendrait ainsi progressive sans compter la pénalisation des communes ne construisant pas assez de logements pour les immigrés, la réétatisation d'EDF et de GDF, la nationalisation de la distribution de l'eau, l'abrogation des lois votées pour sauver le régime de retraites
Comme les Communistes et les Verts ne voudront pas être en reste sur les Socialistes, cela nous promet de belles propositions pour les mois à venir, alors que nous entrons en période électorale. Et de singulières initiatives quand une alternance politique interviendra !
Mais la contagion des débordements gauchistes ne se limite pas là. Elle atteint aussi les Centristes, dont par exemple le candidat, lors de l'élection législative partielle de Lille, expliquait qu'il fallait s'unir et se dresser face « au cannibalisme effréné du capital » ceci pour ne rien dire de propos récents de François Bayrou Même le président de la République a trouvé dans les publications de l'ultra-gauche son idée saugrenue d'instituer une taxe supplémentaire sur les billets d'avion pour financer le développement des pays du tiers-monde, alors que c'est de corruption et de guerres civiles qu'ils souffrent surtout.
Tous, parmi nos responsables, affirment vouloir réformer ce qui doit l'être pour stimuler la croissance économique, accroître l'emploi, améliorer la vie sociale, la santé, l'éducation, la formation professionnelle, l'environnement Louables intentions, qui ne pourront toutefois se concrétiser que si, au préalable, on a eu le courage de dénoncer les sophismes dont les ultra-gauchistes nous assaillent et de s'opposer ouvertement à ceux qui les colportent.
Morvan Duhamel
« Chronique économique, syndicale et sociale »
© POLEMIA
10/2005 -
Qui sont les salariés en France ?
En 2011, 21,5 millions de personnes ont été salariées par une entreprise à un moment de l’année en France. L’Acoss (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) a entrepris de réaliser une radiographie des salariés du secteur privé grâce aux statistiques des Urssaf.
Sont recensés parmi les 21,5 millions cités plus haut toutes les relations salariées entre un travailleur et une entreprise : CDI, CDD, intérim, etc. Les stages ne sont donc pas pris en compte.
L’étude en question se concentre sur 17,7 millions de contrats effectivement en cours à la fin de l’année 2011. En clair, un CDD de trois mois entre mars et juin n’est pas décompté, alors qu’un CDI ou un CDD de 6 mois entre novembre et avril l’est.
- Comment travaillent les salariés ?
Le cas des salariés qui cumulent plusieurs employeurs est loin d’être marginal, puisqu’ils concerne un cinquième des salariés. [...]
- 84,1 % de salariés en CDI
Parmi ces 17,7 millions de salariés, 84,1 % sont en CDI, alors que ce type de contrat ne représente que 16 % des nouvelles embauches dans l’année ; 10,1 % sont en CDD, 3,6 % sont en intérim.
Les données compilées par l’Acoss permettent également de connaître la répartition par secteur de ces salariés. Avec 17 %, le secteur “Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles” est le principal employeur du privé, suivi, avec 10,2 % des salariés, du secteur “activités de services administratifs et de soutien”. Ce sont les “industries extractives” qui ferment la marche, avec 0,1 % de l’emploi salarié.
- Secteurs masculins et secteurs féminins
Les femmes représentent 43,9 % des salariés du privé. Sans surprise, les domaines où l’on compte le plus de femmes sont ceux de la santé, de l’action sociale, ainsi que les agences de voyage. Mais ces secteurs représentent ensemble moins de 10 % des salariés.
Dans les secteurs les plus importants, la répartition est plus paritaire, avec 49 % de salariées dans le commerce et 46 % dans les services administratifs. L’exception vient du secteur industriel, qui représente 18 % des salariés et ne compte que 28 % de femmes.
Sans surprise non plus, les secteurs les plus masculins sont ceux de la construction et de l’industrie.
Par ailleurs, 74 % des intérimaires sont des hommes. Cette dissymétrie homme-femme s’explique sans mal, les secteurs faisant le plus appel à la main d’oeuvre en intérim étant la construction et l’industrie, qui sont “structurellement moins féminisés”, pointe le rapport de l’Acoss.
Les femmes sont en revanche sur-représentées dans les emplois en CDD (53,1 %) ; lesquels emplois sont, pour 34 % d’entre eux, à temps partiel.
- L’emploi des jeunes
L’hôtellerie-restauration est un secteur jeune. Quelque 44,7 % des salariés y ont moins de 30 ans ; ce taux grimpe même à 47,4 % si l’on considère la seule restauration, alors que ces jeunes ne représentent qu’un salarié sur trois dans l’ensemble.
Le secteur de la restauration, qui représente plus de 4 % du total des salariés, n’est pas aussi précaire qu’on le croit. 83,10 % des salariés sont en CDI, soit le même ordre de grandeur que le reste des salariés. En revanche, avec 62,1 % des salariés à temps partiel, il se place dans les secteurs où les temps-pleins sont les moins nombreux.
L’étude de l’Acoss ne distingue pas les missions d’intérim par secteur, si bien que le secteur du travail temporaire est celui qui compte le plus de jeunes, avec 48 % de moins de 30 ans, dont près de trois-quarts sont des hommes. A l’opposé, les secteurs comptant le moins de jeunes salariés sont ceux de l’administration publique (12,2 %), de l’habillement (14,7 %) ou de l’industrie pharmaceutique (15,2 %) pour ne citer que les premiers.
C’est dans l’industrie lourde et dans la construction que les emplois sont les plus stables. De l’autre côté, c’est le service administratif, l’art et les spectacles, l’éducation et l’hôtellerie qui comptent le moins de contrats à durée indéterminée. Les CDD concernent principalement les jeunes et les femmes. Les femmes représentent 53 % des CDD, alors qu’elles constituent 44 % des salariés.
Retrouvez l’ensemble des chiffres de l’étude dans l’article du Monde.
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Eric Anceau : « La trahison des élites »
Eric Anceau est un historien français, maître de conférence à Paris IV-La Sorbonne et enseignant à Sciences-Po, spécialiste du Second Empire et des élites en France de 1815 à nos jours. Il a notamment écrit une biographie de référence de Napoléon III. (NDLR)
« Aujourd’hui, l’élite est en complet déni de la réalité et en totale incapacité de proposer une issue raisonnable à la crise dans laquelle elle a largement contribué à précipiter le pays.»
« Que les élites dirigeantes puisent leur légitimité dans la tradition, le charisme ou la légalité, selon la typologie bien connue proposée par Max Weber (1919), elles doivent savoir gérer les crises qui, périodiquement, frappent les sociétés dont elles ont la charge pour se maintenir au pouvoir. Faute de l’avoir compris, la noblesse française, crispée sur ses privilèges et désireuse d’en obtenir davantage, a tout perdu en ouvrant, entre 1787 et 1789, la boîte de Pandore d’un réformisme incomplet parce qu’exclusivement destiné à lui profiter.
Depuis, le rôle de nos élites est plus complexe. Au travers de quinze changements de régimes, elles sont restées au pouvoir sous divers avatars dans le cadre d’une démocratisation relative mais réelle et au prix de concessions importantes. Dans sa fresque monumentale, La Responsabilité des dynasties bourgeoises (1943-1973), Beau de Loménie présentait l’extraordinaire capacité des mêmes familles et des mêmes réseaux à se maintenir au sommet, en dépit d’effondrements nationaux dont ils étaient, en grande partie, responsables, et qui s’étaient payé à chaque fois par l’occupation et le démembrement du territoire : 1815, 1870, 1940 ! Caricatural dans ses détails – l’auteur relayait par exemple le « mythe des deux cents familles » –, le tableau présentait un fond de vérité. Au cours des Trente Glorieuses, ces mêmes élites n’en ont pas moins défini une nouvelle politique sociale, construit une industrie moderne et animé, à partir de 1958, sous la direction du général de Gaulle, un régime qui a fait rayonner la France. Lorsque mourut Beau de Loménie en 1974, sa fresque semblait décrire un passé révolu.
En 1960, Raymond Aron lui-même évoqua une démocratie libérale chimiquement pure et préservée de tout péril majeur par le contrôle que des catégories dirigeantes différenciées exerçaient les unes sur les autres. Il n’occultait cependant ni les menaces, ni les limites qui pesaient sur le régime selon son cœur. L’un de ses collègues d’outre-Atlantique, Charles Wright Mills n’avait-il pas publié quatre ans plus tôt The Power Elite dans lequel il décrivait, force chiffres et exemples à l’appui, la collusion entre le monde politique, les magnats du capitalisme financier et le lobby militaro-industriel qui menaçait l’essence de la démocratie américaine ? De fait, la France ne fut pas épargnée.
En 1977, Pierre Birnbaum dénonçait dans Les Sommets de l’État, l’interpénétration de la politique et de l’administration. Le phénomène ne fit que s’accélérer au cours des décennies suivantes, au point que désormais la classe politique, la haute fonction publique, le grand patronat industriel, le monde de la finance et de nombreux journalistes travaillant pour les médias mainstream ne composent plus qu’une seule élite. Le clivage gauche-droite hérité de 1789 est devenu secondaire. Une véritable oligarchisation du pouvoir est même en cours. Le népotisme actuel dépasse celui qu’ont connu nos défuntes monarchies. Comme l’ont montré maints ouvrages récents dont les enquêtes édifiantes de Sophie Coignard et Romain Gubert, L’Oligarchie des incapables et de Noël Pons, La Corruption des élites, ce phénomène s’accompagne d’un dévoiement de l’expertise et de multiples conflits d’intérêts.
Aujourd’hui, l’élite est en plein rejet du passé, en complet déni de la réalité et en totale incapacité de proposer une issue raisonnable à la crise dans laquelle elle a largement contribué à précipiter le pays. Revenons brièvement sur cette trahison, au sens où l’élite manque à l’immense responsabilité dont elle est investie.
Depuis la Révolution, les élites ont réussi à se perpétuer au pouvoir parce qu’elles ont su ajuster notre modèle d’État-nation aux transformations du monde, aux crises intérieures et aux périls extérieurs. Après la Première Guerre mondiale, certains avaient cherché à encourager le dialogue direct des associations internationales et des régions par-dessus les États, lors de la Conférence de Versailles, mais ils avaient échoué devant l’opposition des gouvernements. L’avènement des États-Unis en tant que superpuissance changea la donne après 1945. Nul n’ignore le rôle que ceux-ci jouèrent dans la construction européenne lors de la Guerre froide.
Le discours sur la péremption des États-nations de la Vieille Europe, d’abord limité à quelques cercles atlantistes, à la Conférence Bilderberg et à la Trilatérale a fini par gagner Bruxelles, Luxembourg, Francfort et Paris. Il est devenu le discours dominant de l’élite. L’universalisme français né durant les Lumières et développé par la Révolution missionnant la Grande Nation pour le propager à travers le monde a été transformé en un cosmopolitisme dissolvant. De façon improbable il y a encore trente ans, le néolibéralisme, la démocratie-chrétienne et le gauchisme libertaire finissent par se retrouver dans une forme de pensée unique post-nationale. Nombre de « féodaux » à la tête de nos régions attendent impatiemment le moment proche où ils vont bénéficier de la gestion des fonds structurels.
Le peuple qui conserve son attachement à l’État-nation, à la démocratie et à la République est qualifié au mieux de poujadiste, au pire de nationaliste
Déjà méprisé, le peuple qui conserve son attachement à l’État-nation, à la démocratie et à la République est qualifié au mieux de poujadiste, au pire de nationaliste, alors même que le printemps arabe et l’émergence de puissances comme la Chine, l’Inde ou le Brésil soulignent la vitalité des États-nations. Ainsi que Renan l’écrivait : « L’existence des nations est la garantie de la liberté qui serait perdue si le monde n’avait qu’une loi et qu’un seul maître ».
Des discours exclusivement passéistes et radicaux apportent de l’eau au moulin de l’élite, mais ne suffisent pas à éradiquer le patriotisme, comme la victoire du « non » au référendum de 2005 l’a montré. Une grande partie de l’élite partage donc le vœu formulé par l’universitaire américain Bryan Caplan dans The Myth of the Rational Voter (2008) : il faudra bien remplacer la démocratie par le marché, puisque le peuple est ignare mais indispensable à la consommation. L’ère post-démocratique annoncée par Jürgen Habermas, Hubert Védrine ou Emmanuel Todd est peut-être proche.
S’ajoute le complet déclin du sens du service public et désintéressé face au libéralisme-libertaire du gagner-toujours-plus-pour-jouir-davantage. Le culte de l’argent et les rémunérations disproportionnées ont progressé au cours des dernières années, en raison de la financiarisation de l’économie et de l’impuissance à établir des contrôles et des freins efficaces. Comme Christopher Lasch l’a montré dans La Révolte des élites et la trahison de la démocratie (1994), il n’est pas surprenant que l’élite qui démissionne de son rôle historique pour défendre ses privilèges et ses intérêts particuliers impose la règle de la non-règle, entonne l’hymne de la pluralité et ne soit guère disposée à lutter contre une tendance d’une partie de nos compatriotes à se penser non en citoyens appartenant à une même république, mais en individualités relevant de communautés.
Les médias qui avaient joué un rôle essentiel dans l’affirmation de la nation et dans l’épanouissement du vivre-ensemble ont promu de faux maîtres à penser dans le cadre d’une « société du spectacle » et d’un « festivisme » dénoncés par Guy Debord et par Philippe Muray.
Au vrai, une forme de schizophrénie française amène notre élite à osciller entre la confiance aveugle en elle-même et la haine de soi, telle que définie en 1930 par Theodor Lessing et qui s’applique si bien à nombre de nos dirigeants conscients de leur impuissance. L’instinct grégaire, le conformisme et l’incapacité à penser la complexité internationale amènent l’élite, d’une part, à s’en remettre à la fraction d’entre elle – les financiers – la plus en phase avec la mondialisation et accessoirement qui maîtrise l’usage de l’anglais, à défaut d’avoir su prévoir et vaincre la crise et, d’autre part, à rejeter tous ceux qui pensent différemment.
Notre seul prix Nobel d’économie, Maurice Allais, mort en 2010, n’était plus invité nulle part, parce qu’il avait eu le malheur de dénoncer le dogme du libre-échange. La formation élitaire à la française porte ici une part de responsabilité comme de nombreuses études l’ont montré depuis une trentaine d’années.
Tout concourt donc à amener l’élite à s’exonérer de la mission qui lui incombe : penser la France telle que son histoire l’a faite, telle qu’elle est et telle qu’elle devrait être, ni figée dans son passé, ni soumise à une réformite aiguë mal pensée et destructrice, mais réformée raisonnablement, stratégiquement et courageusement, pour continuer de tenir un rang dans le monde de demain. La situation actuelle présente quelque analogie avec 1788 et nos dirigeants doivent prendre garde, car comme l’écrivit Vilfredo Pareto en 1916, « l’histoire est un cimetière d’élites ».
Ils doivent retrouver au plus vite l’intelligence du cours des choses dans cette crise qui n’est pas seulement politique, économique et sociale. Elle risque de les emporter et notre civilisation avec eux. Le grand philosophe de l’histoire, Arnold J. Toynbee nous a prévenus : « Les civilisations ne meurent pas assassinées. Elles se suicident. »