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France et politique française - Page 5090

  • Comment l'Action Française imposa le cortège de Jeanne d'Arc

    Le cortège traditionnel d'hommage à Jeanne d'are se déroulera le 13 mai 2012. Une tradition conquise et conservée de haute lutte par les camelots du roi.
    L'année 1909 a été marquée par la béatification de Jeanne d'Arc, le 18 avril, à Saint-Pierre de Rome ; mais pas seulement. C'est aussi le 16 mai 1909 qu'à Paris se déroula « la première fête de Jeanne d'Arc », écrit Maurice Pujo, cofondateur avec Henri Vaugeois de l'Action française, dans son livre Les Camelots du roi (1).
    À l'époque, rappelle Pujo, « Cette fête n'est encore que religieuse et la République maçonnique qui la voit d'un mauvais œil veut du moins la confiner dans les églises. Cependant un caractère populaire lui a été donné spontanément par les Parisiens qui ont pavoisé leurs fenêtres ; ces Parisiens catholiques et patriotes vont individuellement porter des fleurs aux statues de l'héroïne nationale et, dans l'après-midi, ils affluent autour de Notre-Dame où sera prononcé le panégyrique de la Bienheureuse. »
    Or, le même jour, plus d'un millier de royalistes d'Action française se sont réunis pour le banquet annuel de la Saint-Philippe et, après les discours, la plupart des convives se disposent à se rendre à Notre-Dame. Les camelots du roi, fer de lance militant de la jeune Action française, prennent eux aussi la direction de la cathédrale derrière quatre drapeaux français et la bannière de Jeanne d'Arc portée par Lucien Lacour (qui giflera l'année suivante le président du Conseil, Aristide Briand).
    « Tout à coup, poursuit Pujo, sans provocation, sans avertissement, sur le signe d'un monsieur dont le paletot s'est ouvert, une soixantaine d'agents en uniforme et en bourgeois se précipitent sur les drapeaux. Tout le monde se porte à leur défense. »
    S'ensuit, entre camelots et sergots, une violente bagarre. Restés finalement maîtres du terrain, les royalistes reprennent leur marche vers Notre-Dame, « arborant toujours la bannière de Jeanne d'Arc et leurs drapeaux déchirés. » Mais, alors qu'elle arrive sur le parvis de la cathédrale, la colonne est de nouveau chargée par la police et une nouvelle bataille s'engage, au terme de laquelle, écrit encore Pujo, drapeaux et bannière restent aux mains des camelots du roi. Quarante et un de ces derniers, arrêtés au cours de la journée, rejoignent au quartier politique de la Santé les royalistes déjà incarcérés lors de l'affaire Thalamas (2), à la suite de laquelle Maurice Pujo lui-même avait été condamné à plusieurs mois d'emprisonnement.
    Deux autres cortèges de Jeanne d'Arc sont organisés en 1910 et 1911, dans des conditions non moins mouvementées. La manifestation annuelle est finalement autorisée en 1912, et la fête de Jeanne d'Arc devient fête nationale et légale en 1921. Pour parvenir à ce résultat, les camelots du roi avaient cumulé quelque 10000 jours de prison.
    En 1991 comme en 1909
    Cependant, la lutte pour le maintien du cortège traditionnel devait reprendre quelques années après la Première Guerre mondiale: en 1925, Abraham Shrameck, ministre de l'Intérieur du Cartel des gauches, tente de nouveau de l'interdire, sans succès. En 1926, Jean Durand, successeur de Shrameck, met ses policiers sur le pied de guerre : cette fois, « ils » ne passeront pas ! De nouveau, des bagarres s'engagent, les royalistes forcent les barrages et une fois encore, la police renonce. Mais le bilan n'est pas léger : 150 camelots blessés, dont plusieurs grièvement, 118 agents également blessés, 221 manifestants arrêtés...
    Nouvel épisode, quelque... soixante-cinq années plus tard! En 1990, Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur de François Mitterrand, prend prétexte de l'émotion suscitée dans l'opinion par la profanation de tombes juives à Carpentras pour interdire le cortège traditionnel d'hommage à sainte Jeanne d'Arc, sous prétexte de possibles troubles à l'ordre public. Cette année-là, les militants d'Action française se contentent de déployer une banderole sur l'une des tours de Notre-Dame de Paris, en signe de protestation.
    Croyant la partie définitivement gagnée, le ministre réitère l'interdiction en 1991... et s'en trouve mal. Comme par le passé, camelots et étudiants d'AF se heurtent durement aux forces de police et chargent les barrages de CRS, en dépit desquels, place des Pyramides, une gerbe est jetée - plutôt que déposée - devant la statue de la sainte, tandis que pleuvent les coups de matraque, un royaliste, le comédien Jacques Fontan, parvient aussi à poser des fleurs aux pieds de Jeanne, au nez et à la barbe des argousins. Plus de cinquante militants royalistes sont interpellés au cours de cette chaude matinée ; les autres partent s'enfermer dans le Panthéon, Temple de la République, d'où les gardes-mobiles ne parviennent à les déloger qu'au bout de plusieurs heures : une centaine de camelot rejoignent ainsi au « violon » leurs camarades arrêtés dans la matinée. Mais pour le ministre, l'opération se solde par un échec : les médias commentent les événements dans un sens favorable aux jeunes royalistes. Et l'année suivante, le cortège est de nouveau autorisé.
    La tradition se maintient, chaque année : en 2012, le cortège traditionnel partira de la place de l'Opéra, le 13 mai à 10 heures, pour aller fleurir la statue de la place des Pyramides. De quoi s'aérer l'esprit après cette triste présidentielle et parler enfin d'autre chose.
    Hervé Bizien monde & vie  5 mai 2012
    Maurice Pujo, Les Camelots du roi, Paris, Ernest Flammarion, 1933 ; réédité par Les Éditions du Manant, 1989.
    Professeur au lycée Charlemagne. Thalamas avait tenu à ses élèves des propos sur Jeanne d'Arc qui lui avaient valu un blâme du ministre de l'instruction publique. En 1909, il fut autorisé à donner un cours en Sorbonne, sans posséder les titres universitaires suffisants. Après onze semaines de protestations, de perturbations et de bagarres, les camelots du roi le fessèrent sur la chaire indûment occupée.

  • Carnet de route de Christian Vanneste

    « Vendredi 7, au soir, je donnais une conférence au Grand Hotel de Tours, à l’invitation du Cercle Jean Royer. Le thème central en était la liberté d’expression. J’avais d’ailleurs été précédé par Robert Ménard. La rencontre du nom de Jean Royer et du thème me motivaient fortement.

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    J’ai toujours ressenti beaucoup d’admiration pour cet homme, solide, indépendant, courageux et volontaire. Gaulliste par les idées et non par les calculs, il avait été délégué du RPF en Indre-et-loire, et Ministre de Georges Pompidou, sous les gouvernements Mesmer. Il n’avait pas, après le RPF,  appartenu aux partis qui se réclamaient du gaullisme mais avait soutenu en 1999 et en 2002 Philippe de Villiers et Jean-Pierre Chevènement : un gaulliste de conviction, défenseur d’une Nation souveraine, plutôt qu’un utilisateur cynique de la Croix de Lorraine, prêt à faire le contraire de ce que ce symbole exige à l’évidence. J’avais eu l’occasion de travailler à ses côtés durant mon premier mandat parlementaire. Il présidait un groupe consacré à la défense du commerce indépendant, lequel avait joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la loi Raffarin pour accroître les contraintes, notamment urbanistiques, liées à l’ouverture des grandes surfaces, dans la ligne de la loi Royer de 1973. Certaines biographies soulignent son profil conservateur, voire réactionnaire : un homme bien, en somme, et aujourd’hui, un visionnaire. Je me souviens de sa difficile campagne de 1974, alors qu’il défendait l’idée d’un redressement moral, dans le climat délétère d’après 1968, et qu’il dénonçait les dérives d’une pornographie envahissante. C’était l’époque où un certain nombre d’hommes politiques, et de têtes vides du show-bizz revendiquaient la prétendue libération à outrance, et, par exemple celle de la pédophilie. Stigmatisé comme partisan de l’Ordre Moral, ses réunions étaient violemment chahutées par les troupes de choc du désordre immoral. Il y a toujours des imbéciles, qui, de peur de rater une mode, vont trouver que c’est mieux. Il avait donc droit aux « femen » de ce temps. L’intolérance des prétendus tolérants est une malheureuse et pesante tradition française.

    C’était le fil conducteur de mon intervention. Je rappelais en introduction la grande illusion des Français sur eux-mêmes. Ils se croient le pays fondateur des Droits de l’Homme, celui de la liberté de pensée, le pays voltairien par excellence. Les Droits de l’Homme sont essentiellement d’origine anglo-saxonne, et la déclaration de 1789 reprend les idées inscrites auparavant dans les constitutions des Etats Américains qui se sont libérés grâce à l’intervention de la Monarchie française. Elle a simplement le mérite de les systématiser et de leur donner un caractère universel. Trois remarques s’imposent toutefois. D’abord, en matière de liberté d’expression, le premier amendement à la Constitution Fédérale des Etats-Unis instaure une liberté d’expression absolue quand la française évoque les abus qui peuvent être réprimés, ouvrant la boîte de Pandore des restrictions. En second lieu, Burke, dans ses réflexions sur la Révolution a, dés le début de celle-ci, mis en garde contre ses dérapages. La  violence, les massacres, la terreur ont, certes connu leur apogée en 1792-1794, mais étaient présents dès l’origine avec les meurtres de Juillet et d’Octobre 1789. Enfin, la fameuse formule de Saint-Just, selon laquelle, « il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté » annonce la dérive totalitaire de la Révolution qui servira de modèle aux marxistes, et qui consiste à penser et à accomplir le schéma suivant lequel la démocratie n’est pas l’alternance d’une diversité politique reconnue, mais la marche à gauche, le sinistrisme inéluctable, non par la victoire intellectuelle des idées, mais par l’élimination des adversaires.

    Cette dérive typiquement française est toujours à l’oeuvre dans un pays marqué par la présence d’une droite de plus en plus décérébrée, et d’une gauche ancrée dans une idéologie marxisante dans la forme sinon dans le contenu. C’est ainsi que malgré l’apparente alternance se sont développées des législations restrictives de la liberté d’opinion. Avec le soutien d’une presse qui vote au moins à 80% à gauche, et qui trahit à l’évidence sa mission, une pensée unique a déterminé un politiquement correct, qui permet de disqualifier et d’exclure ceux qui ne s’y soumettent pas ou de les faire taire sous la pression du terrorisme intellectuel. On ne discute pas les idées, on « flingue » les hommes qui les portent. Les moyens employés sont ceux du totalitarisme : on oblige à parler une certaine langue pour contraindre à penser d’une certaine manière. Orwell et Klemperer ont analysé tous deux ce procédé. On passe de la langue novatrice qui est le privilège de l’humanité à une utilisation réflexe du langage suscitant réactions et amalgames. Le « crime-pensée » d’Orwell, c’est-à-dire l’hérésie de l’Inquisition ou le déviationnisme des tribunaux politiques,sont devenus aujourd’hui successivement le fascisme, englobant toute la vraie droite, puis le racisme ou xénophobie, stigmatisant le moindre patriote, et maintenant l’homophobie désignant à la vindicte publique celui qui ose défendre une idée conservatrice de la famille. Les tribunaux chargés de la répression ne sont pas exceptionnels, ce sont ceux de la République. Leurs armes sont les lois liberticides qui ont instauré une lecture unique de l’histoire sous peine de poursuites et une discrimination positive en faveur de de certaines « communautés », de leurs membres et des lobbys activistes qui prétendent défendre leurs intérêts : lois mémorielles donc et lois créant paradoxalement une inégalité entre les Français au nom de leur dignité qu’on croyait par définition égale entre tous les hommes et tous les citoyens. Certes, ces lois sont apparemment différentes : la loi Gayssot réprime la contestation d’une décision judiciaire quand la loi Taubira demande qu’on enseigne une vision pour le moins parcellaire et univoque de l’histoire avec le risque de se retrouver devant les tribunaux, si on la conteste. La protection du handicap, de l’appartenance religieuse ou de l’orientation sexuelle se présente comme une intention unique : elle ne l’est pas dans la mesure même où un état objectif, un comportement intime et une pensée qui, éventuellement condamne sévèrement ce dernier, ne peuvent être envisagés de la même manière. J’observe que ma Proposition de Loi sur la reconnaissance de l’Holodomor, le génocide par la faim que Staline a fait subir aux Ukrainiens n’a pas reçu le soutien de l’Assemblée, ni même celui du groupe UMP. C’est normal, les victimes de la gauche, comme les Vendéens, par exemple, sont réputés de droite et sont donc, de fait, dans le camp des coupables. La logique est totalement absente dans cette course folle en sens unique vers un mur, celui de la prison où l’on veut enfermer la réflexion, le bon sens, le goût de la vérité et ce pilier central de la dignité humaine qui est la liberté de penser et d’exprimer son opinionIl est inutile de préciser que la presse locale n’a pas jugé bon de couvrir ma conférence et qu’une poignée d’opposants manifestait pour contester le droit à la parole du « facho », double preuve involontaire de la justesse de mes propos. »

    Christian Vanneste.   http://www.voxpopuliturone.fr/

  • La « Femen », gueuse du 21ème siècle

     

    La rue appartient (toujours) à ceux qui y descendent

    Alors que les mauvaises nouvelles pleuvent sur nos portefeuilles comme les sauterelles sur l’Egypte antique, on pourra tout de même se réjouir de la mobilisation du pays légal contre le projet de déstructuration de la société, perfidement appelé « mariage pour tous ».

    Deux manifestations récentes destinées à protester contre la dénaturation d’un des fondements de notre civilisation, nous donnent quelque raison d’espérer. Tout n’est peut-être pas tout à fait fichu en notre « doulce France » et le pays réel sait encore, parfois, penser droit. Nous verrons bientôt si ce gouvernement d’invertis et de prévaricateurs continuera à promouvoir les idées malsaines qu’une minorité agissante tente d’imposer.

    Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort…

    Le culbuto louvoyant qui fait office de président, a « normalement » cédé au diktat d’associations militantes gays, celles-ci n’ayant pas supporté l’option « clause de conscience » accordée aux maires de France (pauv’ ‘tites choupettes, elles en étaient toutes retournées…). Nous voilà obligé de battre le pavé parisien en janvier prochain (à défaut de battre autre chose…). Cela confirme que nous avons bien un président normal, tout ce qu’il y a de plus normal dans la normalitude la plus aboutie en social-démocratie : normalement couard.

    De bon matin, écoutant la revue de presse d’une radio périphérique, je retenais cette remarque liée à la forte mobilisation des familles les 17 & 18 novembre derniers : le journaliste pressentait à demi-mot, des lendemains compliqués pour le pouvoir en place. Il mettait en parallèle les manifestations de novembre et celles qui eurent lieu lors du projet de Pacs en 1999. Il relativisait ainsi certains commentaires sur la prétendue faible mobilisation contre ce projet de mariage pour tous. Certains comparaient en effet les 100 000 manifestants de samedi aux 100 000 manifestants de la grande manif de 1999. Sauf que, les 100 000 courageux de 1999 arpentaient en fait pour la seconde fois le pavé parisien ! Nuance. Le premier défilé du 07 novembre 1998 n’avait rassemblé lui, que 10 000 courageux piétons. Il faut donc comparer ce qui est comparable…

    Politique fiction : si nous appliquons le même coefficient multiplicateur à la prochaine manifestation, nous serons près d’un million dans la rue le 13 janvier prochain ! Chiche ? Cela pourrait raviver les souvenirs d’un certain 24 juin 1984, quand le pays réel a mis en échec le projet Savary et fait tomber le gouvernement du gros rougeaud de Lille (Note pour mon biographe attitré : la manifestation de Versailles fut mon premier acte de militantisme à l’AF !). Vivement le 13 janvier !

    Comment dit-on « gueuse » en ukrainien ?

    femen, gueuseQuant aux « incidents » et autres « incivilités » dont auraient été victime les pseudos femelles, mais vraies activistes ukrainiennes stipendiées de Femen, les images diffusées par les médias parlent d’elles-mêmes : un groupuscule de harpies provocatrices suintant la haine, la haine du mâle, la haine de la famille, la haine des chrétiens, le tout avec la triste exhibition de ces corps de pauvres goules frustrées.

    Ces « choses » suaient la haine. La haine des autres certes, mais aussi dans un certain sens, la haine d’elles-mêmes, hystériquement jalouses des visages radieux de ces familles portant leurs enfants sur les épaules ou poussant leurs bébés dans les landaus. Soyons charitables et plaignons ces pauvres hères qui ne seront jamais tout à fait heureuses de leur condition. Donnez-leur tout ce qu’elles réclament : Pacs, mariage, enfants adoptés ou PMA, que sais-je encore, elles trouveront toujours de quoi revendiquer pour compenser leur état de larve hédoniste et égoïste.

    Peut-on raisonnablement considérer ces harpies comme des symboles de la féminité et de la défense du sexe faible ? Cela serait faire offense à nos chères jouvencelles et petits trottins. N’avions-nous pas là plutôt, la représentation en chair et en os de notre bonne vieille gueuse, celle qu’à l’AF nous souhaitons pendre au premier lampadaire venu ? D’ailleurs, au lieu de s’affubler d’un voile de religieuse, elles auraient pu porter le bonnet phrygien pour être plus conforme à leur genre. Le portrait eut alors été complet : la république enfin matérialisée ! La gueuse en chair et en os, personnalisée par des grognasses ivres de fureur et de fanatisme.

    Les tricoteuses jacobines de 1793 qui accompagnaient vers l’échafaud, insultaient et crachaient sur les innocentes victimes de la Terreur, devaient bien ressembler à ces gorgones frustrées.

    Leur courage n’étant pas celui des Amazones de la mythologie grecque, les vipères de la bande à Fourest ne sont que des minables rebelles en peau de gougnotte.

    Leurs seins à l’air ? Whaou, quelle audace !

    Franchement, des poitrines nues, même les enfants de chœur de Saint Nicolas du Chardonnet et l’ensemble de nos chers bambins en reluquent à foison : que ce soit près du club Mickey sur les plages de la Baule, dans les publicités pour des bains douches, les parfums ou les gels intimes ! Pourquoi ne pas plutôt sortir dans le plus simple appareil, hein, histoire de faire dans la vraie provoc’ bien graveleuse ? En s’affichant nues comme l’Eve du premier jour, elles auraient offert à nos chérubins un cours de SVT plus instructif que la dissection d’une innocente grenouille par un prof acariâtre (SVT, pour Science et Vie de la Terre ; le cours de science nat’ pour les anciens ! Mais ne nous méprenons pas quand même, je n’ai pas dit qu’il fallait disséquer les « Femen », non plus. Pas d’amalgame, ni de raccourcis trop rapides). Raté donc pour cette fois, elles ont de ces pudeurs les cocottes, finalement…

    Allez les moukères, on s’revoit le 13 janvier ?

    Mobilisez-vous !

    Cet épiphénomène poitrinaire étant évacué, il reste que la rue ne s’est visiblement pas assez mobilisée, car le pouvoir semble rester sourd face à la montée de la protestation. Protestation qui s’étend bien au-delà de la sphère catho-loden-mantille en dentelle, soit dit en passant : outre les représentants de l’Eglise de France, des Rabbins, des recteurs musulmans, des pédiatres, une bonne partie du milieu associatif de l’enfance et de l’adoption, des psychologues et même des intellos de gôche comme Sylviane Agacinski, évoquent de très probables perturbations pour des enfants privés de parents de sexe différent. Ça commence à chiffrer.

    Alors devant les menées de ces organophosphorés* qui attaquent notre civilisation, une seule option : tous à la manif le 13 janvier prochain !

    Addendum : Le « tous » en question dans « mariage pour tous » n’ayant pas été vraiment explicité, cela laisse de la marge dans l’interprétation : mariage à 3 (le Brésil et les Pays-Bas ont déjà légalisé une union de ce type) ? À 4 ? Plus si entente ? Avec ses propres enfants, son frère et/ou sa sœur, son père, sa mère (« …ho ho, ce serait le bonheur… ») ? Avec une personne déjà mariée ? Entre votre voisine Alyson et son bichon maltais, Karim et son Pit Bull ? Entre humains et vénusiens (Raël, si tu me lis…)?

    Tout cela donne le tournis et laisse augurer de croustillantes épousailles dans les années à venir. On ne remerciera jamais assez les socialistes, écolos et autres progressistes de tout poil, pour promouvoir de telles avancées sociologiques.

    Le seul truc qui me chiffonne un tantinet, c’est que je ne vois pas bien quelles nouvelles bonnes idées nos esprits éclairés vont pouvoir sortir de leur chapeau recyclé et écolo-responsable. Le cannibalisme pour tous (ben quoi, c’est bio, non ?) ? La coprophilie expliquée aux enfants ? Les sacrifices humains pour calmer les esprits de la Terre ?

    (*) Organophosphorés : substances hautement toxiques qui attaquent le système neurologique

    http://soudarded.hautetfort.com/

  • Vos impôts servent aussi à payer… les vacances au ski de la racaille

    et voici ce que ça donne :

  • Bilan 2012 : ethnicisation des clivages politiques et post-démocratie

    Même si l’on a échappé à la fin du monde, l’année 2012 s’achève dans l’inquiétude, la morosité, voire le dégoût, pour la majorité de nos concitoyens. Retour sur une année remarquable à plus d’un titre. Le bilan de Michel Geoffroy.
    Polémia

    1/L’ethnicisation des clivages politiques : l’immigration, boulet politique

    2012 a vu la réélection de B. Obama qui n’a recueilli aux Etats-Unis que 39% du vote des électeurs blancs ; par contre, il a mobilisé le vote des Afro-Américains et des Hispaniques. En France, F. Hollande a été élu alors qu’il ne rassemblait ni la majorité des inscrits ni celle des votants ; par contre, il a bénéficié à 86% du vote des électeurs musulmans et, à une majorité écrasante, des voix des électeurs outre-mer.

    La similitude des deux processus signifie que la grande substitution de population européenne initiée par l’oligarchie avec l’immigration de peuplement a commencé en 2012 à exercer des effets politiques nationaux d’envergure et manifestement durables.

    Aux Etats-Unis comme en France, l’élément fondateur de l’identité nationale –que ce soient les descendants des colons « wasp » ou les Français de souche – est en décroissance numérique, à la différence des « minorités » ethniques : cela commence à se traduire politiquement.

    En France, la gauche a misé sur l’immigration pour asseoir son assise électorale et elle entend exploiter au maximum ce filon ; d’où sa volonté de faire aboutir son projet d’ouverture des élections locales aux étrangers et, bien sûr, son attitude systématiquement laxiste sur la question des migrations.

    Les élus locaux « républicains » avaient déjà compris la nécessité de courtiser le vote musulman, ce qui s’est traduit notamment par leur attitude bienveillante vis-à-vis de la construction de mosquées. En retour, la France immigrée vote pour la gauche, c’est-à-dire pour plus d’immigrés.

    L’immigration n’est donc plus seulement un boulet économique et social. 2012 démontre qu’elle devient aussi un boulet politique dont le poids électoral ne se limite plus au niveau local mais pèse désormais sur les scrutins nationaux. Masse de manœuvre économique du patronat, l’immigration devient aussi la masse de manœuvre électorale de l’oligarchie pour contrer la révolte européenne qui vient.

    Bonne année 2012 aux Français de souche !

    2/La progression de la menace islamiste

    Les assassinats commis en mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse ont porté sur la place publique une autre réalité que l’oligarchie s’efforçait de cacher : celle de la gravité de la menace islamiste en Europe.

    Dans le cas Merah, en effet, tout a été fait par le système médiatique pour brouiller la perception des choses.

    On a d’abord tenté d’orienter les esprits vers la piste de l’attentat raciste commis, bien sûr, par la terrible « extrême droite », jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de cacher le nom de l’assassin. Pas de chance ! Les médias nous ont alors dit, comme à l’habitude en pareil cas, qu’il ne fallait pas faire d’amalgame car il s’agissait du geste « incompréhensible » d’un isolé. Puis on nous a dit que Merah avait subi la mauvaise influence de son milieu familial. Puis on a découvert qu’il avait des contacts réguliers avec la mouvance islamique. On sait aujourd’hui que la sûreté française le surveillait, manifestement pas assez, pour cette raison. Bref, que le gentil garçon amateur de voitures rapides, était un terroriste potentiel qui est passé à l’acte.

    Le gouvernement Aznar avait lui aussi essayé de cacher l’identité des auteurs de l’attentat islamiste de Madrid de 2004 et il a perdu sa majorité pour cela. En France comme en Espagne, l’oligarchie qui ne cesse de prétendre que l’immigration est une chance et que la suppression des frontières est un progrès des droits de l’homme, s’efforce en contrepartie de dissimuler la réalité de l’islamisme qui en découle, comme la nuée porte l’orage. Mais les faits, comme Merah, sont têtus.

    Tout comme le sont les Printemps arabes, également salués par l’oligarchie qui y voyait le triomphe de ses « valeurs » et de la démocratie ; mais la fin des méchants « dictateurs », comme en Iran, signifie l’arrivée au pouvoir des islamistes, cette fois plus près de chez nous.

    Bonne année 2012 aux habitants de Toulouse et à tous les riverains de la Méditerranée !

    3/La post-démocratie en marche

    2012 marque aussi une nouvelle progression vers l’instauration de la post-démocratie en France.

    Ce régime repose sur un credo simpliste et destructeur :

    • -les droits de l’homme comme le point de vue des minorités l’emportent en toute chose sur ceux des citoyens car il ne faut pas que la majorité les « discrimine » ;
    • -l’économie, c’est-à-dire le gouvernement des choses, doit succéder à la politique, c'est-à-dire au gouvernement des hommes ;
    • -le juge doit l’emporter sur le législateur.

    Ce qui signifie qu’en post-démocratie le verdict des banques, des médias et des juges importe plus que les préférences majoritaires des électeurs, a fortiori des électeurs autochtones.

    Cela induit un divorce de plus en plus profond entre le pays réel et le pays légal.

    C’est pourquoi les initiatives de la nouvelle « majorité » socialiste heurtent de front l’opinion majoritaire des autochtones : fiscalisme, écologisme, mariage et adoption homosexuels, droit de vote des étrangers aux élections locales, laxisme pénal, mesures en faveur des Roms et des immigrants, etc. Car ces initiatives, qui s’analysent comme une violence faite au corps social, répondent aux souhaits des minorités actives et de l’oligarchie financière, mais pas de la majorité du peuple français. Car en post-démocratie les minorités font la loi.

    Pendant longtemps les Français sont restés passifs face à l’avènement de la post-démocratie, parce que la société de consommation rendait celle-ci aimable. Mais aujourd’hui que la pénurie et la précarité s’installent avec la non-croissance et le chômage structurel, il en va autrement. On ne rit plus et la révolte, lentement, se propage dans le corps social.

    Pas étonnant que l’image de l’exécutif se dégrade encore plus rapidement que sous la présidence Sarkozy !

    Un nombre croissant d’intellectuels qui n’hésitent pas à courir le risque de la diabolisation marquent aussi leurs distances vis-à-vis d’un tel système. Cela veut dire que la glaciation idéologique qui accompagnait la mise en place du système oligarchique a cessé. Comme en URSS autrefois, le système ne fait plus rêver : il ne repose plus que sur la contrainte pour le plus grand nombre et sur l’intérêt pour une petite minorité qui est aux commandes de l’appareil.

    On sait qu’une telle combinaison dure rarement.

    Bonne année 2012 à tous les démocrates !

    4/L’incroyable nullité de la droite française

    La gauche française doit sa victoire cataclysmique de 2012 au rejet de la personne de N. Sarkozy et au fait que la droite se trouve coupée artificiellement en deux : entre une droite qui se prétend « républicaine » et une droite populiste et diabolisée par le système. Alors que la gauche s’unit toujours le temps des élections.

    Comme l’a bien montré le débat sur la reconnaissance du vote blanc, la « majorité » gouvernementale socialiste est en réalité minoritaire en voix dans le pays. Alors que l’opinion des Français autochtones évolue de plus en plus à droite, ce qu’illustre d’ailleurs le succès de la motion de la Droite forte à l’UMP (28% des suffrages), la gauche cumule finalement tous les pouvoirs politiques en France aujourd’hui. Et F. Hollande, personnalité peu charismatique, qui se targuait d’ailleurs significativement lors de la campagne de 2012 de sa « normalité », se trouve donc élu président de la République.

    On aurait pu penser que l’échec de 2012 aurait donné à réfléchir au sein des appareils de la droite « républicaine ». Hélas, non contente de s’en tenir à une tactique digne du sapeur Camember – qui se jetait à l’eau pour éviter la pluie – consistant à diaboliser le Front national tout en prétendant séduire ses électeurs par des promesses verbales, l’UMP vient au surplus de se diviser elle-même. Car à droite la division est une seconde nature.

    L’année 2012 restera marquée par une incroyable guerre des chefs à l’UMP. En quelques jours et en direct, tout un personnel politique qui tenait le haut des médias a laissé apparaître son triste visage : des politiciens attachés à leurs places, incapables de faire passer l’intérêt général avant leurs ambitions, incapables de s’entendre sur une stratégie.

    Mais, au-delà du spectaculaire, cette implosion exprime la volonté obtuse des états-majors de la droite de tout faire pour empêcher la constitution d’une large union incluant la droite populiste, qui serait seule capable de battre la gauche.

    La crise de l’UMP illustre enfin le divorce croissant entre les états-majors des partis du système, les militants et les électeurs de droite. Le divorce tient au fait que les états-majors refusent ce que la base réclame de plus en plus ouvertement. Il provient aussi du fait que les électeurs de droite en ont assez de voter pour des hommes qui se prétendent de droite et qui en réalité pratiquent une politique de gauche.

    Bonne année 2012 aux gentils électeurs de droite qui votent pour ces gens-là !

    5/ Pendant le spectacle, la zone euro s’enfonce dans la crise

    Les psychodrames politico-médiatiques, ou l’agitation autour des réformes « sociétales » du gouvernement Ayrault, peinent de plus en plus à occulter que la crise économique et financière continue de plus belle. A la différence des années Sarkozy, on continue de couler, mais cette fois dans un épais silence « normal ».

    On a une fois de plus consenti de gros efforts pour sauver la zone euro, c’est-à-dire la zone mark, comme si la monnaie unique constituait une fin en soi. Pour l’oligarchie sans doute, mais pas pour les peuples européens !

    Car la zone euro reste un espace économique hétérogène, donc fragile, caractérisé par une faible croissance et un fort taux de chômage en tout cas dans sa partie sud, car tout a été sacrifié à la stabilité des prix et à l’ouverture des frontières économiques. Parce que le système économique occidental s’organise désormais au bénéfice des prêteurs, donc des banques, alors qu’auparavant il bénéficiait aux emprunteurs, ce qui a favorisé la croissance dans la seconde moitié du XXe siècle.

    Or les prêteurs tiennent à ce que les Etats remboursent leurs prêts : voilà ce que recouvre en réalité la question des « dettes souveraines »: les banques veulent faire rendre gorge aux Etats à qui on a interdit, par dogmatisme, de monétiser leur dette, c'est-à-dire de faire évoluer son prix. Ce système fait désormais mentir le vieil adage européen « Qui paye ses dettes s’enrichit ». Nos ancêtres tenaient les prêteurs en suspicion et ils avaient bien raison !

    Le sort tragique de la Grèce ne doit pas faire oublier que le taux de chômage atteint 25% au 3e trimestre en Espagne, que celui de la France ne diminue pas ou qu’un changement de premier ministre en Italie fait trembler les marchés, c'est-à-dire l’euro, et que cela fait maintenant cinq ans que les responsables politiques déclarent « sauver » l’euro tous les trois mois : c’est fou comme cette monnaie nous rend plus forts !

    Les dettes publiques proviennent aussi du fait que les finances des Etats explosent sous le poids des dépenses sociales, lesquelles ont deux sources principales : le chômage et l’immigration de peuplement. Or sur ces deux causes les gouvernements ne peuvent agir, par dogmatisme néo-libéral et à cause du politiquement correct.

    La zone euro se trouve donc contrainte de mener une politique déflationniste qui ne dit pas son nom : diminuer les dépenses publiques, limiter les salaires et les pensions, augmenter les impôts sur les ménages pour « redresser les comptes publics » mais les diminuer sur les entreprises pour assurer leur « compétitivité » dans une économie sans frontières.

    On sait qu’une telle politique, au demeurant contradictoire et qui ne s’attaque pas aux causes mais seulement aux effets, produit rarement de bons résultats. Ce fut justement la politique conduite par les démocraties dans les années 1930 en Europe.

    Bonne année 2012 à tous les banquiers et à leurs employés : politiciens, publicitaires, journalistes !

    Michel Geoffroy  21/12/2012 http://www.polemia.com

  • Michel Déon et l'Action française

    Quelques semaines après la parution d'une édition corrigée des Poneys sauvages, Michel Déon a bien voulu nous accorder un entretien où il évoque, plus particulièrement, ses liens avec l'Action française.
    L'Action Française 2000 – Quel intérêt présente encore pour vous le combat d'Action française, et où placez-vous l'oeuvre maurrassienne dans le débat contemporain ?
    Michel Déon – Guillaume Bourgeade vient de publier un travail du plus grand intérêt sur les origines romantiques de Maurras – c'est-à-dire tout le contraire de ce qu'il a été ensuite. Maurras a beaucoup "piqué" à Schopenhauer... C'est cela qui intéresse, et non la fête des rois ou le bal des débutantes à L'Hay-les-Roses ! Il faut entrer dans le débat universitaire, rompre avec les images d'Épinal. Vous ne constituerez bientôt même plus une chapelle, mais une sacristie – le fond d'une sacristie. Pardonnez-moi, mais je tiens à être sincère avec vous. Un jour, un chercheur de la Queen University de Belfast m'a écrit car il préparait une conférence sur André Chamson et Robert Brasillach. À présent, il en prépare une autre sur Maurras, c'est venu comme ça ! Peut-être un peu par réaction...C'est évident : dès qu'on l'installe un peu partout, la démocratie, c'est le désordre, le chaos financier et économique et, au final, la guerre.
    Ce que je voudrais, c'est la république, dans le sens romain du mot : aristocratique – une oligarchie intelligente. J'en suis arrivé là... Mais la politique, ou la philosophie politique, a commencé pour moi quand j'allais m'instruire 33 rue Saint-André-des-Arts, là où ma fille a maintenant ses bureaux, et qui était le lieu intellectuel de Paris par excellence : l'Institut des étudiants d'Action française.
    Vous avez eu pour parrain François Perrier, le futur comédien...
    François était l'un des rares boursiers du lycée Janson de Sailly. Je me suis lié avec lui. Il lisait L'AF. Cela dans les années 1933-1934. Mon père aussi lisait L'AF ; et Maurras, et Bainville. Le 7 février 1934 au matin, nous étions émus, nous savions qu'il s'était passé quelque chose... François me dit : « tu as compris maintenant » et me tendit ma carte de lycéen d'Action française. C'est lui qui m'a inscrit.
    Le premier texte que j'ai lu de Maurras fut L'Avenir de l'intelligence. Il faut dire que tous ses livres étaient dans la bibliothèque de mon père. J'ai découvert ensuite des ouvrages un peu anecdotiques : Au signe de Flore, Quatre nuits de Provence (très joli) ; puis évidemment Anthinéa. J'aime beaucoup La Musique intérieure, offert par ma mère lorsque j'ai eu seize ans.
    La première fois que j'ai vu Maurras, ce fut probablement lors d'une expédition du dimanche, lorsque nous prenions le train et que nous partions, trois cents ou quatre cents galopins, pour Saint-Germain-en-Laye. Nous allions écouter Maurras et sans doute faire la claque ! On chantait la Royale dans les gares pour impressionner le personnel de la SNCF, en plein Front populaire. Les discours de Maurras étaient audibles, mais un peu trop "intello". Je me souviens d'une réunion à la Mutualité où Daudet parlait après lui. Tout le monde sait qu'il était meilleur... Lorsqu'il prenait la parole, c'était la drôlerie, l'improvisation, le mot qui claquait – le bonheur ! Évidemment, la surdité coupait Maurras du monde.
    Comment êtes-vous devenu secrétaire de rédaction de L'Action Française ?
    J'appartenais à l'armée d'armistice – celle de 100 000 hommes, d'après Rethondes. J'ai rencontré François Daudet qui m'a invité à rédiger un article sur cette armée dont on connaissait mal le rôle : elle était déployée sur la ligne de démarcation, dans les gares... Cet article, je l'ai signé Miles, et il a paru à Lyon où était repliée L'AF, comme beaucoup d'autres journaux. J'avais écrit deux grands articles, dont le second n'a pas été publié parce que j'y faisais l'éloge de De Lattre, qui venait d'être arrêté – le poids de la censure, évidemment. Démobilisé, j'ai remplacé à L'AF Jacques Durand, un type très bien, en novembre 1942, au moment de l'occupation de la zone sud.
    Le secrétaire de rédaction écrit des articles s'il le veut, mais c'est lui, surtout, qui récolte la copie de tous les rédacteurs, puis qui la prépare, cherche le titre, organise la mise en page. À Lyon, le journal d'AF était très réduit. Étaient présents Auphan, Noël Boyer, puis, en 1943, Roger Joseph, qui était aussi secrétaire de rédaction. Je m'occupais particulièrement de la copie de Maurras et des éditoriaux voisins. Le tirage était très limité. Il fallait inclure des articles obligatoires. À l'AF, on trichait en les plaçant en tout petits caractères ! L'encre de l'Occupation bavait toujours un peu... Avec un peu de chance, ils en devenaient illisibles.
    Maurras avait un chauffeur à Lyon, et un policier armé pour le protéger des attentats. Un soir, la voiture a été mitraillée très sérieusement, et le chauffeur blessé assez gravement. Maurras n'était pas dans la voiture, mais il a fallu désigner un nouveau chauffeur. Autant vous dire qu'on trouvait peu de volontaires ! J'ai dit alors à Auphan : « Écoutez, moi je peux le faire, aller chercher le patron, je conduis depuis l'âge de dix-huit ans. » Les trois derniers mois, j'ai donc fait la navette pour l'amener au journal. Le matin, j'allais tôt au journal voir les dépêches tombées, avant huit heures. Ensuite, j'allais le chercher vers 10 h 30 – 11 heures. J'entrais dans son appartement, m'approchais du lit. Je le voyais dormir. Je le réveillais en lui touchant le bras, car le bruit, bien sûr, ne le dérangeait pas (il ne prenait pas conscience des bombardements à Lyon). Il était là, dans son lit, en chemise de nuit, la barbe en pointe. Je suis resté longtemps car je l'aimais bien... Mon père était mort en 1933... Cela a dû jouer dans mon attachement.
    Maurras déjeunait parfois avec nous, mais rarement. On ne parlait pas politique : il récitait des poèmes. Il n'était pas un homme de table ou de banquet. Ce n'est jamais facile quand on n'entend pas bien. On prend la parole tout le temps, ou bien on se tait et on reste dans son coin. Mais de lui se dégageait toujours du charisme.
    La dernière fois que je l'ai vu, c'était en le reconduisant du journal jusqu'à chez lui, et je lui ai dit : « Monsieur, vous avez là une femme, chez vous, qui s'occupe très bien de vous, ne sortez pas dans la rue, s'il vous plaît, j'ai des ordres précis de M. Pujo. » Il ne m'a, bien sûr, pas répondu, et m'a simplement donné l'accolade. Je suis rentré au journal, où il avait oublié un dossier. Je le lui ai rapporté aussitôt en voiture. Lorsque je suis arrivé devant chez lui, il était dans la rue ; il allait voir son ami Rambaud. J'ai pris un air accablé et je lui ai dit « Rentrez ! » Je l'aimais bien, et il m'aimait bien.
    L'intérêt de l'Action française, je le dis après coup et avec le recul de l'histoire, aurait été de cesser la publication en juin 1940. Un type comme Bainville aurait procédé ainsi. Bainville connaissait trop l'Allemagne pour deviner le statut fragile donnée à la France vaincue. Le grand désastre de l'Action française, c'est la mort de Jacques Bainville en 1936. Au nom de l'Académie française, c'est d'ailleurs moi qui ai eu l'honneur de poser la plaque sur sa maison natale à Vincennes.
    Après avoir travaillé à L'AF, n'était-il pas difficile de faire carrière à Paris, ou vous êtes arrivé à l'été 1944 ?
    Un journaliste qui s'était trouvé à Lyon et qui était revenu lui aussi à Paris, Lionel Hart, un type très bien, m'a proposé de travailler dans un magazine, Radio 44, qui annonçait tous les programmes de radio, et proposait en plus quelques articles. J'ai dit oui, cela ne me paraissait pas trop compliqué. Quelques jours après mon arrivée dans la capitale, j'ai donc été recruté.
    À la mort de Maurras, en 1952, je travaillais à Match. J'avais une voiture de sport... J'avais proposé à Laudenbach d'aller nous recueillir à Tours sur sa dépouille. Le matin, la radio annonçait la neige, le verglas. Nous avons donc pris le train, où nous avons trouvé Bernard Grasset et un type très curieux, qui s'appelait Michel Mourre et qui, un an auparavant, vêtu d'une bure, était monté en chaire à Notre-Dame, un peu avant l'office, pour crier « Dieu est mort ». Mais lui aussi était maurrassien ! Bien des années plus tard, c'est moi qui ai prononcé le discours sur la tombe de Roquevaire lors du rachat du Chemin de Paradis par la mairie de gauche de Martigues pour un franc symbolique. Une vraie fidélité, assurément !
    Peut-on dire que vous êtes le dernier maurrassien de l'Académie française, notamment après la mort de Jean Dutourd ?
    Ce n'est pas que d'être désigné comme maurrassien me déplaise ou me dérange – au contraire même. Je cherche simplement à retrouver à l'Académie ceux qui ont lu Maurras. Probablement Jean-Luc Marion, le philosophe, qui était un disciple de Boutang, même s'il le renie un peu maintenant. Il n'était peut-être pas royaliste, mais un peu maurrassien. En revanche, Dutourd n'était pas maurrassien, il faut récuser cela. Ronchon, si vous voulez ! Très intelligent, très au fait des choses, un bon écrivain. Mais demeure un élément incompatible : son gaullisme frénétique. Pour moi, les choses ne sont pas si simples... Pour Dutourd, ce n'était pas une posture mais un choix sincère. Il était l'auteur d'un opuscule, Moi et De Gaulle, dans lequel De Gaulle lui disait que lui, Dutourd, avait tout compris de la France de l'Occupation en rédigeant Au bon beurre. Je pense, pour ma part, que La Traversée de Paris de Marcel Aymé recèle bien plus d'acuité que le livre du regretté Jean. Nous nous échangions de petites piques, des vers boiteux, des réflexions comme ça, comme deux collégiens qui s'ennuient !
    Quelles sont vos dernières lectures, les ouvrages que vous aimeriez conseiller ?
    Parmi mes lectures récentes, je vous recommande le Brasillach de Philippe Bilger, l'avocat général de la cour d'appel de Paris, auteur d'une réflexion tout à fait intéressante sur le procès de Robert Brasillach. Par ailleurs, je viens de terminer une biographie de Malaparte, par une un ambassadeur italien à l'Unesco qui écrit en français ; son livre de 600 pages est remarquable. Enfin, je vous conseille l'Ignace de Loyola de François Sureau, un formidable ouvrage.
    Propos recueillis par Marc Savina L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 17 février au 2 mars 2011

  • Cette gauche qui me fait peur

    Je n’en peux plus. Comme beaucoup d’entre vous, j’en suis sûre. Chaque jour ou presque, une déclaration, une prise de position, un slogan me déchirent les entrailles. C’est Pierre Bergé qui me lance au visage : « Moi je suis pour toutes les libertés.

    Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? » Vous avez bien lu…

    Mais ce méchant homme – on se souvient de la bile qu’il déversa sur le Téléthon – n’est pas seul. Elisabeth Badinter vole à son secours. Avec ses mots à elle, mais qu’est-ce que ça change ? Elle trouve, elle aussi, qu’on ne va assez loin avec le mariage gay, l’adoption gay, la procréation médicalement assistée pour les lesbiennes. Elle voudrait qu’on légalise la gestation pour autrui. Et a même dégoté une « gestatrice » pour expliquer : « A part ma propre famille, rien ne m’a autant valorisée dans ma vie. » Je préfère ne rien savoir de sa vie…

    Mais il y a pire encore. Cette affiche brandie par un gamin lors de la manif pour le mariage homo. Avec ce slogan qui me répugne : « Bite dans le cul ou pas, on veut l’égalité des droits. » Ça me rend malade pour ce gamin qui voit s’esclaffer les hommes autour de lui. À croire que certains n’aiment les enfants que dans leur lit. [...]

    Emmanuelle Duverger - La suite sur Boulevard Voltaire

    http://www.actionfrancaise.net

  • L’arnaque de l’impot sur le revenu

    Le professeur Etienne Chouard rappelle rapidement et efficacement à quoi sert l’impôt sur le revenu et qui décide de la politique monétaire…

  • « La fabrique du crétin : la mort programmée de l'école »

    L’école, parlons-en : les collégiens sont dans la rue, poussés par certains de leurs professeurs ; ils disputent le premier rang dans les défilés protestataires aux gros bras des syndicats professionnels. Sous la direction d’équipes d’animateurs, des enfants d’écoles primaires travaillent sur le thème de la revendication, l’opération consistant à apprendre aux petits à organiser des manifestations, à adhérer à un « syndicat de revendication de l’enfant », à obtenir une carte de militant, à fabriquer des banderoles et à formuler des revendications (voir http://www.soseducation.com).
    En même temps, on s’étonne que les enfants ne sachent plus lire ni écrire ni surtout penser. Le constat est terrible, mais ses causes sont moins obscures qu’on veut bien le dire. « Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d’années ce qui fut l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. » Les responsables ? Les politiques, les professeurs, les parents, les syndicats de l’enseignement, les programmes ? Sans doute tous à la fois ; mais une chose est certaine : la « Nouvelle Pédagogie a fait ses preuves » : l’école a cessé d’être le moteur d’un ascenseur social défaillant.
    Jean-Paul Brighelli, professeur de lettres, normalien, agrégé des lettres, analyse avec lucidité cette école de la réussite devenue souvent l’école de l’échec programmé, et donne des solutions pour une école de demain. Il le clame dans deux livres :

    La fabrique du crétin : la mort programmée de l'école, pamphlet dénonçant les dérives de l’école actuelle ;
    A bonne école, un livre de propositions.

    Ces deux ouvrages, le premier paru en août 2005, le second en avril 2006, recueillirent un réel succès mais ne plurent pas à tout le monde, notamment dans le milieu des enseignants, au point tel que bon nombre de confrères de l’auteur se sont empressés de faire circuler une pétition pour demander son exclusion du jury du Capes. « Plusieurs membres de ce jury, particulièrement ceux de l’épreuve didactique (pédagogie, NDLR), ont exprimé leur difficulté à siéger dans un concours qui l’hébergeait », a indiqué J.-P. Brighelli sur son blog (bonnetdane.midiblogs.com). L’Alma mater a aussi ses « Fouquier-Tinville » et les belles âmes de l’Education nationale ont eu raison du collègue qui osait résister à la « pensée unique pédagogique ». Le 10 mai, il a été « débarqué » du jury du Capes de Lettres modernes pour « délit d’opinion », comme il l’affirme lui-même sur son blog : « Le président du jury, Alain Pagès, flanqué du vice-président, l’inspecteur général Jean Jordy, m’a interrompu au milieu du classement des copies que nous venions de ramener à Tours, centre du concours. Il y avait apparemment urgence. »
    Pour rester dans la ligne, le ministre de l’Education, Gilles de Robien, a demandé immédiatement une enquête sur le « cas » Brighelli.
    L’enseignant a reçu le soutien de l’association « S.O.S. Education » (http://www.soseducation.com), qui compare son sort à celui de Laurent Lafforgue, ce célèbre mathématicien, médaille Fields 2002, qui, nommé par le président de la République, a été contraint de démissionner du Haut Conseil de l’éducation en raison des vives critiques qu’il avait formulées sur les orientations prises par le HCE
    (http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=11288&cat_id=22).
    On apprend, aujourd’hui même, que Jean-Paul Brighelli, lui, a été réintégré au sein du jury du Capes de Lettres modernes dès le 12 mai, sur décision du ministre. Son communiqué, passé sur son blog, se termine d’une façon assez inattendue :

    « Hasta la victoria siempre ! », lance-t-il.

    N’était-ce pas le cri de guerre lancé par Che Guevara à Cuba et dans les pays de l’Amérique latine victimes de la guérilla ? Faut-il relier la mansuétude des hautes instances de l’Education nationale à une apparente sympathie de Jean-Paul Brighelli pour la pensée marxiste ou, plus simplement, envisager que la décision du ministre de réintégrer sous 48 heures l’exclu dans le jury du Capes a été prise dans le respect du droit pour couper court à toute initiative éventuelle de la part d’étudiants qui exigeraient l’annulation du concours pour changement de composition de jury ?

    René Schleiter © Polémia
    15/05/06

  • Antichristianisme du gouvernement : de plus en plus grossier et idiot

    Le gouvernement socialiste est un habitué des attaques contre la seule religion catholique : rappel constant à la loi de 1905 tandis que les musulmans sont choyés et que Paris a droit à sa menorah géante pour « Noël » ; innombrables émissions et documentaires de la télévision publique à charge contre le catholicisme tandis que tous les politiciens se bousculent au dîner du CRIF et que des terrains de l’Etat sont cédés à prix sacrifiés pour que les mahométans puissent construire leurs mosquées à moindre coût, etc.
    Aujourd’hui, les ministres socialistes, obéissant à la même « logique », prennent le prétexte de la lutte pour le mariage homosexuel pour se défouler sur la religion catholique, alors que les responsables juifs et musulmans se sont également positionnés contre.

    Après, notamment, le ministre Cécile Duflot qui réclame la réquisition des biens de l’Eglise catholique en France, c’est le ministre Michèle Delaunay qui s’est distinguée hier en commettant une déclaration anticatholique grave (voir image ci-dessus), prouvant ainsi, une fois de plus, que le gouvernement actuel n’est pas celui de tous les Français mais celui d’une caste ne représentant qu’elle-même et dirigée contre le catholicisme, c’est-à-dire contre la colonne vertébrale de la France qui, n’en déplaise, existe depuis 496 et non 1789.

    De ce fait, rarement un gouvernement n’aura autant mérité la qualification d’anti-Français.

    Source PDF 14

    http://www.contre-info.com/