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France et politique française - Page 5105

  • Le discours clivant, dernier refuge du politique / Faux conflits, vraies fractures (édito 12/2012)

    En guise d’éditorial de notre Lettre de décembre 2012, nous reproduisons (une fois n’est pas coutume) ci-dessous un point de vue de Christophe Boutin, professeur des universités à l’Université de Caen et auteur de nombreux ouvrages, fruits de ses recherches sur les comportements électoraux, la question de la décentralisation et celle des partis politiques. Il a notamment publié chez Stock en 2009, Les grands discours du XXe siècle.
    Dans l’article présenté ci-dessous (prélevé sur le site Causeur.fr), Christophe Boutin se livre à une explication sinon à une exégèse du sens du verbe « cliver » conjugué sous tous les modes et utilisé à bon ou mauvais escient par les commentateurs politiques qui lui donnent généralement une connotation négative.
    Polémia

    Lors de l’élection présidentielle puis pendant la double campagne interne à l’UMP (pour la présidence et l’organisation du parti en courants), un terme est revenu sous la plume des commentateurs, celui de « discours clivant ». Une expression régulièrement invoquée pour dénigrer, car le discours clivant serait politiquement irresponsable et peu à même de proposer des éléments de réponse aux maux dont nous souffrons. Il jetterait au contraire de l’huile sur le feu de nos conflits sociaux, rendant impossible toute « réconciliation » entre les forces en présence. En stigmatisant par exemple telle ou telle catégorie d’une population dont les différences ne font qu’enrichir la France, il séparerait artificiellement des communautés qui ne demandent qu’à vivre en paix. Bref, que l’on se place au niveau politique ou social, le discours clivant serait à l’opposé des règles de fonctionnement d’une « démocratie apaisée », le consensus et la gouvernance, et totalement décalé par rapport aux impératifs du monde moderne.

    Une fois cette constatation faite, la question se pose de savoir qui décide qu’un discours est clivant, et pourquoi.

    Qui ? Essentiellement la classe politico-médiatique majoritaire, puisqu’il s’agit d’une hétéro-définition. Et c’est d’ailleurs le premier élément du « pourquoi » : un discours est décrété clivant dès lors qu’il émerge nettement du bruit de fond médiatique ambiant. Il rompt ce faisant avec un accord tacite censé exister sur ce qui sépare, d’une part, ce qui peut « librement » se dire ou s’écrire et, d’autre part, ce que l’on ne devrait jamais s’autoriser à formuler – et sans doute même pas à penser. Il brise ce pseudo-consensus qui est garanti, en dehors même de toute sanction pénale – même si celle-ci est de plus en plus fréquente -, par une sanction sociale qui interdit l’expression de toute pensée originale. C’est ce qu’avait parfaitement décrit Alexis de Tocqueville évoquant la démocratie américaine : « la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-dedans de ces limites, l’écrivain est libre ; mais malheur à lui s’il ose en sortir » (1). C’est ainsi que dans la France de 2012 on a parfaitement le droit d’être à droite… sous réserve de penser comme la gauche et de le dire haut et fort.

    Pourtant, au vu de l’efficacité de ce type de discours (remontées spectaculaires de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé, place de la motion de la « Droite forte » à l’UMP ou, de l’autre côté de l’échiquier politique, relatif succès de Jean-Luc Mélenchon), on peut penser que nombre de nos concitoyens ne se sentent plus concernés par le village Potemkine médiatique censé représenter les réalités françaises. La majorité ne serait peut-être pas là où on la prétend et le fameux « consensus » bien fragile. C’est d’autant plus vrai que la mièvrerie qui dégouline à longueur d’éditoriaux cache en fait une agression permanente clairement ressentie comme telle par une part grandissante de la population. Ce discours résolument « moderne » est en effet à l’opposé des valeurs traditionnelles du corps social, niant par exemple son histoire ou sa culture. Il n’est certes pas « clivant » par rapport au bruit de fond médiatique, puisqu’il le génère ou s’y complaît, mais il l’est par rapport à un sentiment identitaire sans lequel toute construction politique est impensable, et qu’il n’a pas réussi à éradiquer malgré la tentative de déculturation de notre société.

    L’autre élément de définition du discours clivant vient de ce qu’il précise clairement ce que désire son auteur, mais aussi ce qu’il ne veut pas. Il ose présenter un Autre, c’est-à-dire un choix politique différent, opposé, inconciliable même. L’une de ses caractéristiques essentielles est donc de remplir pleinement le rôle premier du politique selon Carl Schmitt : la distinction de l’ami et de l’ennemi. Or un politique qui se déroberait à cette tâche nierait ce qui fait l’essence même de sa fonction : sa capacité à présenter un vouloir-vivre ensemble qui ne peut s’adresser qu’à un groupe clairement défini et délimité – sauf à être totalement inopérant, réduit à un plus petit dénominateur commun qui ne peut « faire société ». Définir un « ennemi » permet de se construire et d’assumer des choix. Et la démocratie repose sur la nécessaire ritualisation d’un conflit par définition « clivé », et non dans un débat édulcoré entre le même et le même.

    Comment la gouvernance définit et impose ses diktats

    Or la gouvernance actuelle édulcore la confrontation politique quand elle ne l’exclut pas. Loin de permettre au peuple souverain de trancher entre les choix présentés, elle justifie ses diktats par une pseudo nécessité de la modernité, perceptible seulement par quelques rares élites qui auraient dès lors un droit naturel à l’imposer à tous. Et pour faciliter les choses le discours médiatique dominant exclut sans autre procès que d’intention, soit en les niant soit en les caricaturant, les « clivants » et les « politiques » au profit des « modérés » et des « gestionnaires ». Pour souterraine qu’elle soit, cette violence est bien plus dangereuse pour ses victimes potentielles que celle qui peut résulter de l’affirmation politique d’identités contraires. Benjamin Constant avait parfaitement décrit au XIXe siècle le fonctionnement de nos clercs modernes : « Ils discutent, comme s’il était question de convaincre ; ils s’emportent, comme s’il y avait de l’opposition ; ils insultent, comme si l’on possédait la faculté de répondre. Leurs diffamations absurdes précèdent des condamnations barbares ; leurs plaisanteries féroces préludent à d’illégales condamnations » (2).

    Parce que le discours clivant retrouve une nécessité de l’action politique, et parce qu’il rejoint des valeurs qui n’ont pas totalement été éradiquées du corps social, il continuera à séduire une part grandissante de l’électorat… si du moins celui-ci souhaite prendre en main son destin et affirmer ses valeurs. « Se faire des amis, écrivait Montherlant, c’est un devoir de commerçant. Se faire des ennemis, c’est un plaisir d’aristocrate. » Quoi qu’on en dise, la guerre entre les deux visions du monde n’est pas prête de se terminer.

    Christophe Boutin http://www.polemia.com
    Causeur.fr
    11 décembre 2012 

    Les intertitres sont de la rédaction

    Notes :

    1. Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
    2. Benjamin Constant,
    De l’esprit de conquête et de l’usurpatio

  • [Vidéo] Frigide Barjot dénonce la violence et la haine du lobby homosexuel

    Affirmant avoir « l’écoute » du ministère de l’Intérieur suite à sa demande de protection, Frigide Barjot a dénoncé ce vendredi sur I>Télé des « menaces de plus en plus importantes » proférées contre elle.

    L’humoriste catholique a insisté sur le cas de Xavier Bongibault, un jeune homosexuel qui préside le collectif « Plus gay sans mariage » : « il en est à 15 menaces d’agression, une menace de viol plus des agressions véritables » suite auxquelles « il a porté » plainte.

    « Nous portons plainte à chaque fois », explique-t-elle. « Nos meetings ne peuvent pas être tenus correctement », se plaint Frigide Barjot (qui s’estime également « diffamée sur Internet ») : « il y a sans arrêt des interruptions avec des gens qui viennent crierUn hétéro, une balle, une famille, une rafale… »

    http://www.ndf.fr

  • Tous unis contre l’impérialisme : manifestation samedi 2 février 2013

  • Tant qu’il y aura des corsaires…

     Le visage écrasé contre le bitume, les mains solidement maintenues dans le dos sur lesquelles glissait déjà le métal des menottes, Alexandre goûtait une nouvelle fois les bons traitements des forces de l’ordre mandatées par la République française, démocratique et humaniste. Coupable d’avoir déployé une banderole et craqué quelques fumigènes sur le toit d’un édifice public, il allait, une fois encore, connaître de longues heures de garde vue, parqué au milieu des dealers et des détrousseurs de vieilles dames, soumis au mille petites vexations d’une flicaille rendue encore plus odieuse par la conscience vaguement honteuse des basses-oeuvres politiques auxquelles on l’employait.

    Les pinces métalliques volontairement trop serrées, les côtes martelées de petits coups de poings et de coudes, Alexandre eut une pensée amère pour ses « nationaux » qui continuent à brayer « la police avec nous ! » à la moindre occasion et rêvent de képis et de bottes au moment de s’endormir.

    Entouré d’une armada digne de l’exfiltration d’un chef maffieux sicilien, il fut conduit vers le fourgon grillagé, première étape d’un parcours désormais bien connu. Demain matin, à l’aube, on allait sonner chez ses parents pour retourner la chambre dans laquelle il ne vivait plus depuis des mois, puis on irait saccager pour la forme son studio sous les toits, bien convaincus pourtant de n’y trouver rien de plus que la dernière fois, à savoir rien. Le scénario était bien huilé. Malgré la force de l’habitude, Alexandre ne put contenir un accès d’émoi à l’idée du voisinage de ses parents, sans doute persuadé que ceux-ci avaient engendré un dangereux criminel alors qu’il n’avait ni sang, ni drogue ou argent sale sur les mains mais simplement un drapeau tricolore et un trop grand amour pour celui-ci. Si seulement il avait pu se contenter d’être un « bon fils » comme les autres, un brave garçon qui joue à la playstation, fume du shit, se branle sur youporn et prépare une école de commerce… Mais non, il avait hérité du sang d’une race française qui se bat et se révolte, qui abhorre la tiédeur et la médiocrité et pense que son passage sur terre a d’autre finalité que la jouissance et la consommation. C’était presque plus fort que lui… C’était d’ailleurs cela, bien plus que la portée ou teneur d’actions militantes au fond assez modestes, qui irritait et insupportait tant le pouvoir : son acharnement entêté à les reproduire, à les multiplier. En face de ce jeune homme à la mâchoire carrée et aux larges épaules qui s’était jeté dans la voie où il y tout à perdre avec la même énergie que mettent tous les autres à l’éviter, les sentinelles et les domestiques du système avaient compris qu’ils avaient à faire avec quelqu’un qui ne renoncerait pas, qui ne transigerait pas, qui ne se soumettrait pas… C’était son caractère, peut-être même davantage que ses idées, qui inquiétait les fonctionnaires de la bien pensance et de la résignation aboulique. Un fanatique ? Oui, peut-être… sans doute même, mais de l’espèce la plus dangereuse, celle qui n’est pas mue par la haine mais par l’amour, amour d’une terre et d’un peuple dont son activisme débridé risquait de troubler le sommeil bienheureux gavé de drogues et de mauvaises graisses. En dehors de l’élimination physique ou de l’écrasement socio-économique, on peinait à trouver de solution pour se débarrasser de cette teigne qui, sans cesse, revenait à l’assaut….

    Cette persévérance si peu raisonnable, cette abnégation jusqu’au-boutiste tellement anachronique suscitaient une détestation épidermique d’une rare virulence chez tous ceux qui s’étaient vendus, reniés, trahis pour quelques piécettes et une place au chaud… « Sale merdeux ! » glapissaient les folliculaires, « Petit con ! » reprenaient les élus du bon peuple, « Provocateur ! » rajoutaient les radicaux assagis… Des bordées de noms d’oiseaux venant de toutes parts qui ne pouvaient que le rendre sympathique à tous les coeurs libres et rebelles, même ceux qui peinaient à suivre son positionnement idéologique et regrettaient ses références poussiéreuses et ses slogans parfois simplistes. Car au delà des contingences politiques se crée une confrérie des flibustiers, des insoumis, des idéalistes et des rêveurs qui savent reconnaître sinon LA vérité du moins une parcelle de celle-ci au nombre et à la force des coups que le mensonge lui porte…

    http://zentropaville.tumblr.com/post/37827262274/tant-qui...

  • Une étude indique l’ampleur du remplacement de population à l’œuvre en France

    PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) — L’Institut de veille sanitaire, établissement rattaché au ministère de la Santé, a publié en juillet 2012 une étude montrant le pourcentage de naissances en France concernées par le risque de drépanocytose en 2010.

    Cette maladie génétique a pour particularité de concerner quasi exclusivement les populations extra‑européennes, principalement « originaires des Antilles, d’Afrique noire mais aussi d’Afrique du Nord. »

    La drépanocytose permettrait donc de chiffrer l’ampleur de l’immigration. En 2010, en Ile‑de‑France, par exemple, 60% des naissances étaient considérées à risque (carte ci-dessus). Ces chiffres permettent d’affirmer que 60% des naissances en Ile‑de‑France sont issues de populations extra‑européennes. En comparaison, la précédente étude basée sur les données de 2005 fait état d’un chiffre de 54%, ce qui montre que la proportion de naissances extra‑européennes, déjà énorme, augmente rapidement. Les chiffres des autres régions parlent d’eux‑mêmes. [...]

    Cette étude fournit — partiellement — quelques chiffres fondamentaux de ces fameuses « statistiques ethniques » toujours interdites en France. Ils permettent d’appréhender dans toute son ampleur la réalité effrayante de la substitution démographique actuellement en cours.

    Ce phénomène se constate partout ailleurs en Europe de l’Ouest. Le Royaume‑Uni, par exemple, présente une situation proche de la France. Selon le dernier recensement, en 2011, le pays compte 7,5 millions d’immigrés, en forte hausse en 10 ans, soit 13% de la population. Enfin, moins de 45% des Londoniens sont des Blancs de souche britannique. Ils sont devenus minoritaires dans leur propre capitale…

    Cette immigration massive à un coût non moins massif… Plusieurs travaux ont été effectués sur la question, notamment par la Fondation Polémia, ou par Jean‑Paul Gourévitch pour Contribuables associés, dans une étude intitulée Le vrai coût de l’immigration. Cette dernière montre que l’immigration représente un coût net de plus de 17 milliards d’euros pour la France. Cela signifie que le coût de l’immigration régulière et irrégulière, des politiques d’intégration, des investissements publics en écoles ou en logements, de sécurité, est nettement supérieur à la plus value apportée au PIB par le travail des immigrés.

    Crédit carte Une : Institut de veille sanitaire, via Fdesouche.

    http://fr.novopress.info

  • ARNAUD GUYOT-JEANNIN « Le bien commun doit l’emporter »

    Journaliste et essayiste, Arnaud Guyot-Jeannin a dirigé les ouvrages collectifs Aux sources de l’erreur libérale (1999) et Aux sources de la droite (2000) dans la collection "Vu autrement" aux éditions de L’Âge d’Homme. Les questions portant sur l’argent, l’écologie, le libéralisme, le socialisme, le travail, etc., y étaient abordées dans une perspective résolument anticonformiste. Le 27 novembre dernier, il a même consacré son "Libre Journal des enjeux actuels" sur Radio Courtoisie à « la nécessité des luttes sociales » face à la libéralisation du travail du dimanche, à la retraite à soixante-dix ans, à la privatisation de la Poste, etc. L’Action Française 2000 l'accueille avec plaisir une nouvelle fois dans ses colonnes…
    L'Action Française 2000 - "Travailler plus pour gagner plus" : cette consigne de M. Sarkozy, qui va maintenant jusqu'à remettre en cause le repos dominical, n'est-elle pas le signe d'une conception nouvelle et bien peu catholique, du travail ?
    Arnaud Guyot-Jeannin - Elle n'est pas "nouvelle" et avant d'être "peu catholique", cette consigne est surtout bien peu humaine en vérité. Il est impératif que la fameuse common decency ou décence ordinaire, préconisée par Georges Orwell et reprise par Jean-Claude Michéa de nos jours, se déploie dans la vie quotidienne des individus, des communautés et des peuples.
    Des catholiques sociaux déterminés
    Je rappelle qu'il a fallu attendre le vote de la loi Lerolle du 13 juillet 1906 pour abroger le travail dominical. En effet, le XIXe siècle avait connu une exploitation inhumaine et une misère sociale effrayantes. L'État centralisé, complice du plouto-capitalisme, avait favorisé une industrialisation massive et un déracinement social et géographique sans précédent. Heureusement, face à ce processus de désintégration nationale, provinciale et sociale se dressèrent des penseurs et députés catholiques sociaux attachés à défendre le génie populaire et les socialités primaires de la France traditionnelle.
    L'AF 2000 - Pouvez-vous rappeler quelques lois pour lesquelles les catholiques sociaux ont milité au XIXe siècle et au début du XXe ?
    A.G.-J. - Bien sûr. Dès le 21 mars 1841, la loi Montalembert a proscrit le travail des femmes et des enfants dans les manufactures. Le 7 juillet 1891, Albert de Mun a proposé la suppression du travail de nuit pour les femmes et les enfants. Le 29 octobre 1892, le même député s'est engagé en faveur de la limitation du temps de travail. La future loi de Martine Aubry sur les 35 heures en représente le très pâle reflet, car elle ne vise pas l'amélioration des conditions de travail, mais une meilleure intégration à la société productiviste et au marché du travail qui sert exclusivement les intérêts du capital.
    On doit encore aux catholiques sociaux plusieurs propositions de loi sur la retraite et notamment sur les retraites ouvrières, en 1910 par exemple ; elles doivent être mentionnées au moment où le gouvernement Sarkozy-Fillon légifère en faveur de la retraite à soixante-dix ans. Et pourquoi pas, jusqu'à soixante-quinze ans, à l'instar des États-Unis, modèle préféré du chef de l'État ?
    Démesure
    Au total, une centaine de lois et propositions de lois ont été défendues avec détermination par les catholiques sociaux et les Cercles catholiques d'ouvriers (1871) dont les initiateurs s'appelaient Maurice Maignen, René de La Tour du Pin et Albert de Mun. Sans oublier l'influence pontificale à travers l'encyclique sociale Rerum Novarum (1891) rédigée par Léon XIII !
    L'AF 2000 - N'est-ce pas en fait sur la conception de l'homme lui-même que Nicolas Sarkozy et les libéraux se séparent de ces catholiques sociaux ?
    A.G.-J. - Assurément, la formule de Nicolas Sarkozy, "travailler plus pour gagner plus", s'inscrit dans la dynamique quantitative de la démesure capitaliste du "toujours plus" : toujours plus d'argent, toujours plus d'objets, toujours plus de consommation, toujours plus de travail, etc. L'homme y est envisagé comme un numéro-matricule du système marchand postdémocratique, ce système où la valeur travail et la valeur marchande se confondent au détriment de la valeur d'usage.
    Bien sûr, Nicolas Sarkozy n'est qu'un symbole fort de ce système mondialisé. Mais les symboles sont importants en politique. D'autant plus que la formule sarkozyenne du "travailler plus pour gagner plus" a finalement comme résultat pour les salariés de travailler plus pour gagner moins. Et même de travailler moins bien en raison d'un cadre général de travail de plus en plus inhumain.
    Face à une telle régression sociale et environnementale, mais plus largement civilisationnelle, il faut opposer un vrai modèle alternatif, où écologie sociale et économie solidaire réactivent le sens des responsabilités ordonnées et partagées dans un cadre de vie qui n'exclut pas un peu de flânerie. Tout est une question d'éthique, de politique et de mesure ! Le bien commun doit l'emporter sur un utilitarisme marchand, vecteur de modes de management délétères entraînant une course effrénée à la productivité et un stress épouvantable qui causent de la souffrance au travail.
    En résumé : Sois cool et tais-toi !
    L'AF 2000 - Comment se manifeste aujourd'hui cette "souffrance au travail" ?
    A.G.-J. - 53 % des Français disent souffrir dans leur activité professionnelle. Plusieurs centaines de cadres se suicident chaque année dans notre pays. Le harcèlement actionnarial et patronal va de pair avec une idéologie de la performance qui prône les mêmes formules commerciales de techno-centres entrepreunariaux - plus chaleureusement appelés les entreprises copains - : Il faut faire plus, toujours plus ! L'open space établit une dictature du bonheur qui provoque un malheur intériorisé chez le salarié. De nouvelles formes de domination d'un post-libéralisme sympa et meurtrier se mettent donc en place. Sois cool et tais-toi ! Dans de plus en plus d'entreprises, le tutoiement et l'appellation de son patron par ses initiales sont obligatoires. L'obligation de résultat est le seul paramètre qui compte dans un cadre décloisonné où les relations sont fluides et opérationnelles ! Le patron est à la fois un GO en apparence et un serial killer en fin de mois. Nous ne sommes pas loin de la description de la World compagny moquée par Les Guignols de l'Info. Comment voulez-vous que la valeur travail ne soit pas décrédibilisée dans une société où le travail n'a plus de valeur ?
    Au métier qualifié, enraciné, sédentaire et humanisé a succédé - à partir du milieu des années soixante-dix - un travail découpé, parcellarisé, nomadisé et globalisé. Au métier organique a fait place un travail mécanique. Une besogne machinale et anonyme qui foudroie les cadres, les cadres moyens et les secrétaires de direction qui tombent en dépression. N'oublions jamais que la France est le premier pays au monde - avant les États-Unis - à utiliser des calmants et des anxiolytiques. Sarkozy est-il de mèche avec les laboratoires pharmaceutiques ? Plaisanterie mise à part, le constat s'impose à nous : le travail tue de plus en plus. La société positive du travail s'avère négative. Il s'agit là d'une société anxiogène et mortifère.
    L'AF 2000 - En ce qui concerne la nouvelle mesure sur le travail le dimanche, le texte qu'a présenté le gouvernement n'est-il pas beaucoup plus minimaliste qu'au départ ?
    A.G.-J. - Certes, mais Nicolas Sarkozy va faire passer habilement sa loi en insistant sur la notion de "volontariat" et de "liberté" du travailleur comme du consommateur. De façon évidente, les réfractaires au travail dominical seront immédiatement mal vus et mal notés. Le conditionnement négatif ambiant les poussera vite à revoir leur décision. Avec une telle liberté surveillée, je parie même que beaucoup d'entre eux seront dissuadés de recourir à un tel choix hypocrite et préféreront travailler bien gentiment le dimanche au détriment de leurs autres activités. Puis Nicolas Sarkozy s'occupera des aménagements nécessaires à la généralisation progressive du travail dominical, toujours au nom de la volonté, de la liberté et du marché pour tous... Mais en réalité, au détriment de l'ensemble des salariés et au profit - c'est le cas de le dire - des grosses fortunes dont il est l'ami !
    Liberté sous surveillance
    La question reste posée : les Français doivent-ils consommer à tout prix, tous les jours, tout le temps, y compris le dimanche ? Allons-nous devenir un peuple de salariés et de consommateurs ?
    Pour des raisons humaines, sociales, familiales, amicales, religieuses, le repos dominical demeure essentiel. Il représente un jour de partage et sert à resserrer les liens entre les personnes et leur environnement. Moins de travail ne signifie pas "plus de travail". Le travail est un moyen en vue de subvenir à ses besoins, pas une fin en soi. Les partisans de la sanctification par le travail - qui comptent de nombreux chrétiens conservateurs et progressistes devraient faire cette nuance de taille. « Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat » proclame hiérarchiquement l'Évangile selon saint Marc (2, 23-28). Ralentir les cadences de travail et décélérer les activités économiques en termes de production et de consommation ne signifie pas abolir le travail. Décroître n'est pas synonyme de récession. Une décroissance soutenable ne peut qu'être volontaire, tandis que notre récession économique et sociale ne l'est pas. C'est la décroissance qui peut empêcher de nouvelles crises. Pour cela, encore faut-il rompre avec la logique du capitalisme. La seule alternative politique et civilisationnelle réside aujourd'hui dans la pratique d'une décroissance de la production, de la consommation et du travail permettant de produire moins, consommer moins et travailler moins pour travailler bien et vivre mieux
    L'AF 2000 - Peut-on donc envisager de travailler autrement ? Que pensez-vous du "dividende universel" préconisé à une époque par Christine Boutin ?
    A.G.-J. - D'abord, je remarque que Christine Boutin ne le préconise plus depuis qu'elle est ministre du Logement. D'ailleurs, comment le pourrait-elle dans un gouvernement dont l'hyperprésident représente la droite bling-bling ? Le "dividende universel" appelé aussi "revenu social inconditionnel", "revenu d'existence" ou encore "revenu universel de citoyenneté" représente des allocations populaires responsabilisantes, intégratrices et solidaires. André Gorz, Yoland Bresson ou encore Alain Caillé, le directeur du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS) ont travaillé sur leur possible mise en pratique dans la société française.
    Le "dividende universel"
    Leur théorie pratique vise à réduire le temps de travail en obtenant un revenu inconditionnel d'inclusion sociale - et non d'exclusion comme le RMI et le RSA, tous deux conditionnels - pour chaque membre de la communauté nationale. Dans une société où le travail est considéré comme pénible et surplombant, où la désaffiliation sociale et familiale engendre l'anomie, où les pauvres se comptent par millions et où le chômage n'est plus seulement conjoncturel, mais structurel, ne faut-il pas permettre à chacun de libérer un peu de temps pour ses activités familiales, amicales, paroissiales, culturelles, sportives etc., tout en vivant décemment ? Poser la question, c'est y répondre. L'établissement du "dividende universel" - perçu de la naissance à la mort par chaque personne - rompt avec la société du tout travail et du travail salarié. Il faut pouvoir travailler et gagner sa vie au minimum sans se voir astreint automatiquement à occuper un poste de salarié dans une société salariale. Avec l'essor des réseaux et de la mondialisation-fragmentation tribale, l'avenir n'est plus au salariat. Précisons que le montant du revenu doit être ni trop élevé pour éviter l'assistanat, ni trop bas pour ne pas engendrer la précarité.
    L'AF 2000 - La crise actuelle ne marque-t-elle pas la défaite du libéralisme ? N'est-il pas temps de remettre en cause le capitalisme lui-même ?
    A.G.-J. - La crise financière mondiale était prévisible. En effet, en 1945, la signature des accords de Yalta a permis de livrer l'Europe et une grande partie du globe au communisme soviétique et au capitalisme américain. Plus de quarante ans après, le mur de Berlin s'est effondré et l'Union soviétique s'est désintégrée. Le communisme disparaissait à l'Est ! Le capitalisme se retrouvait alors seul dans un monde unipolaire dominé par les États-Unis. Seulement, il ne pouvait plus instrumentaliser les tares de son ennemi de la Guerre froide pour légitimer son système. Il trouvait alors un diable de rechange : l'islamisme. Mais cela ne suffit pas ! Les crises économiques et géopolitiques américaines éclataient peu après. La volonté de puissance marchande et la démesure guerrière des États-Unis aboutissaient à une récession interne doublée d'une grande méfiance des États et des peuples sur le plan externe.
    Le mur de l'argent
    La loi de la jungle néolibérale ne peut présider justement et durablement au destin d'une puissance. Le capitalisme se fonde sur l'accumulation du capital et du profit. Il porte l'excès en lui. « La monnaie créée ex-nihilo » pour reprendre l'expression de Maurice Allais, la spéculation des échanges monétaires virtuels et la dématérialisation planétaire de l'argent, ne peuvent que mener à d'autres fuites en avant suivies de crises préjudiciables aux sociétés occidentales de marché. Ces autres crises financières vont survenir parce que le système de l'illimité ne peut survivre dans un monde qui connaît nécessairement des limites. Le mur de l'argent chutera alors à son tour. Le système capitaliste américanocentré explosera comme sa bulle. Le capitalisme est né du système de l'argent, il mourra du système de l'argent.
    PROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL FROMENTOUX L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 18 au 31 décembre 2008

  • LA SNCF OU LE RAIL VERS LA PAUPERISATION

    Un fait récent est intervenu pour montrer comment le mammouth SNCF contribue activement à la paupérisation de la France et des Français.
    La France et l'Italie ont signé le lundi 3 décembre 2012 à Lyon un accord pour la réalisation du projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Le coût est estimé à 12 milliards d'euros au maximum. Le président François Hollande et le chef du gouvernement italien Mario Monti étaient présents. Cette énorme masse d'argent serait supportée par la France, l'Italie et la CEE.
    Lancée lors d'un sommet franco-italien en 1991, cette ligne entrera sans doute en service en 2028-2029. Selon ses concepteurs, cette "autoroute ferroviaire", combinant fret et trafic voyageurs, devrait permettre d'ouvrir à terme la route à au moins un million de camions par an et de raccourcir le trajet Paris-Milan à un peu plus de 4 heures contre 7. Elle comporterait le plus grand tunnel ferroviaire du monde.

    LES AVANTAGES SUPPOSES
    Les avantages supposés de ce projet sont très largement inférieurs aux aspects négatifs ce qui justifie le titre de ce flash.
    Laissons de côté la ronde des ordinateurs qui tournant comme des fous peuvent toujours prouver que les PIB des deux pays augmenteront. Ces ordinateurs ultra-puissants sont manipulés par les politiques promoteurs du projet et crachent ce que ces politiques leur demandent.
    Il nous est dit que l'on gagnerait du temps. Or chacun doit s'arranger à gérer le temps dans la liberté et, en particulier, les entreprises aussi. On ne voit donc pas du tout comment ce gain de temps peut favoriser la richesse générale.
    Un argument mis en avant est que les activités de Lyon, Turin et Milan se renforceront mutuellement par leurs échanges accrus pour former un vaste ensemble. Louis XIV en plaçant son petit-fils sur le trône d'Espagne avait dit qu'il n'y avait plus de Pyrénées. Sur le plan économique cela ne marche pas comme cela. Les activités d'industrie et de services se développent fort bien de part et d'autre des Alpes ; nier arbitrairement l'existence de ces montagnes n'ajoutera rien à la richesse générale.
    LES ASPECTS NEGATIFS
    Côté négatif les arguments sont largement plus importants.
    Il est certain que le coût maximum avoué de 12 milliards d'euros sera largement dépassé. L'exemple du tunnel sous la Manche est dans toutes les mémoires. Les lobbies des travaux publics et des banquiers minorent toujours les dépenses pour à contrario favoriser le rentabilité ; les coups de pouce sont faciles et nombreux. Ensuite les incertitudes sont abondantes. Malgré toutes les analyses géologiques il y aura forcément des inconnues dans ces profondeurs. La secte des écolos va s'activer ; plusieurs chantiers d'autoroutes ont été arrêtés des mois pour gérer la découverte d'espèces prétendument menacées.
    Il faut enfin ajouter un chiffre inconnu et gigantesque représentant les travaux de part et d'autre du tunnel : expropriations, chamboulement des vallées, élargissement des routes existantes pour le passage des engins.
    La dépense totale quel que soit son chiffre se traduira par des impôts ou de l'endettement public générateur de paupérisation.
    LA COUR DES COMPTES
    Pour illustrer et confirmer tout cela il faut se référer à un rapport de la Cour des comptes en 1997. Personne, certes, ne discute les immenses agréments offerts par ces TGV aux voyageurs qui voient défiler à toute allure la campagne à bord des magnifiques jouets. Mais les faits sont là. Le rapport sur « La réforme ferroviaire de 1997 » a démontré que les TGV sont largement à la source de la ruine de la SNCF. Ce rapport dénonce « Le lourd endettement de la SNCF induit principalement par les investissements considérables effectués pour construire et équiper les lignes nouvelles à grande vitesse ». Étant donné les chiffres, l'importance de ces dettes contribue à l'endettement abyssal de la nation toute entière, car, pour les analystes honnêtes, il n'y a pas de distinction à faire entre les dettes de la SNCF et les dettes globales de la nation (en visant la SNCF, nous englobons le Réseau Ferré de France ou RFF car tout est imbriqué). L'effet de ruine est patent, compte tenu des charges massives des intérêts et de la multiplication abusive sur trente ans de la construction des TGV. La paupérisation du pays en est la conséquence et, comme il est de règle, cette paupérisation frappe particulièrement les plus faibles.
    Maintes explications existent : les caprices politiques des élus, le règne des ingénieurs à la SNCF, le culte absolu de la dépense publique au niveau national et européen. Au bout de la chaîne il y a cette paupérisation dont le mammouth SNCF est largement responsable avec il est vrai d'autres mammouths.
    DE L'OPTIMISME
    Devant cette déroute l'observateur attentif est conduit, finalement, à de l'optimisme. Les divers mammouths et autres causes de ruine reflètent la philosophie du Tout-Etat imposée cruellement par les gouvernements de toutes tendances, réelles ou apparentes, depuis des décennies.
    Inversement elle montre que la route de la liberté et de la prospérité est grande ouverte. Il faut que quelqu'un de crédible l'emprunte. Cette personnalité peut-elle sortir des urnes ? Plusieurs pays et non des moindres y sont parvenus. Alors pourquoi pas ici ?
    MICHEL de PONCINS http://libeco.net

  • "Rues barbares" de Piero San Giorgio et Vol West

    Comment survivre en ville ?

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    La planète est au bord de l’abîme. La mondialisation débridée et la globalisation qu’elle engendre nous précipitentdans une période d’accélération et de convergence de problèmes considérables. Crises économiques, politiques et sociales, dérèglements climatiques, surpopulation, pénurie de pétrole et de matières premières, dettes colossales des Etats, périls alimentaires et sanitaires, l’effondrement de toute vie « normale » menace à tout instant. Le chaos, temporaire ou de longue durée prendra le plus grand nombre d’entre nous au dépourvu, et la majorité de la population mondiale qui vit dans les villes, se retrouvera plongée dans un environnement de violence, sans pitié, piégée dans de véritables rues barbares livrées aux révoltes, aux guerres et à la famine.

     

    La survie, en cas de crises majeures, est une préoccupation quotidienne  pour Piero San Giorgio, auteur du bestseller « Survivre à l’effondrement économique », et Vol West, auteur du blog « Le Survivaliste ». Ils nous proposent dans ce livre de partager leur réflexion, leurs expériences et leur savoir-faire sur ce sujet.

     

    Eau, nourriture, hygiène, défense, lien social… Comment se préparer aux conditions extrêmes   d’un anéantissement de la « normalité ». Vous saurez tout sur la mise en place d’une véritable Base Autonome Durable urbaine pour augmenter vos chances de survie ! Si vous ne lisez pas ce livre, nous ne donnons pas cher de votre peau de citadin ! Etes-vous prêts ? Attachez vos ceintures, enfilez votre gilet pare-balles, c’est parti !

    "Rues barbares" est disponible dans notre boutique

  • PMA : Hollande a tombé le masque

    PMA : les opposants choqués par les propos de Hollande

    Dénonçant les risques pour les enfants, ils se disent très motivés pour la manifestation du 13 janvier.

    L’imbroglio au sein du gouvernement, engendré par la possible ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes, apporte de l’eau au moulin des opposants au « mariage pour tous », plus que jamais renforcés dans leur conviction et leur mobilisation. « Il n’en fallait pas plus pour décider les hésitants à venir en nombre à la grande manif du 13 janvier », réagissent les organisateurs de la « Manif pour tous », qui réunira à Paris tous les opposants au projet.

    La PMA pour les homosexuelles, exclue du projet de loi, est revenue à la surface de ce dossier brûlant avec un encouragement de la Chancellerie. C’est en tout cas ce qu’a fait valoir la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, qui a prêté mercredi à la ministre de la Justice, Christiane Taubira, un pas en avant vers l’ajout de cette mesure dans le texte de loi. Devant la confusion régnante, et après un démenti de la Chancellerie, François Hollande - qui est contre cette mesure « à ce stade » - a finalement lâché que le Parlement décidera « souverainement ».

    À l’Élysée, on reconnaissait jeudi que la question de la PMA « suscite beaucoup d’inquiétude et d’animosité » et que le mieux, conformément à ce qu’a toujours dit le gouvernement, serait d’examiner la question de la procréation médicalement assistée dans une autre loi qui viendrait plus tard. « Introduire la PMA par amendement serait le meilleur moyen d’affaiblir un engagement fort de François Hollande », estime un responsable de la majorité.

    Choqués mais peu surpris, les opposants au « mariage pour tous » estiment que la boîte de Pandore est ouverte. « Le mariage, l’adoption, la PMA, et puis quoi après ?, interroge Jérôme Brunet, président de l’Appel des professionnels de l’enfance. Les hommes trouveront injustes que seules les femmes puissent avoir des enfants, donc ils demanderont la gestation pour autrui (GPA) ? C’est un boulevard pour la GPA, un cataclysme pour la filiation. » « Pour l’humanité et la civilisation », ajoute Bénédicte, pédiatre mobilisée pour la manif du 13 janvier.

    « Surenchére des revendications »

    Pour le collectif des Maires pour l’enfance, qui rassemble près de 18 000 élus opposés au projet de loi, « les enfants ne sont pas des objets à revendiquer, à s’approprier, simplement parce qu’on a le projet ou le désir d’en avoir !, s’indigne Franck Meyer, porte-parole du collectif. Il serait bien utile pour notre pays que la raison reprenne le pas sur la surenchère des émotions et des revendications ! »

    « L’amateurisme de ce gouvernement sur ce dossier est effarant, s’étonne Tug­dual Derville, président de l’association Alliance Vita. Après les faux pas, la confusion et les piétinements, on arrive à des perspectives de fabrication d’enfants à la demande ! On est en train d’effacer la parité du couple homme-femme, pourtant universelle et incontestable, d’escamoter toute référence paternelle et de glisser vers les femmes “gestatrices”. Cette réforme a été poussée idéologiquement mais pas réfléchie sur le plan juridique et anthropologique. On a vraiment l’impression d’être gouverné par des apprentis sorciers. »

    Pour ce médecin gynécologue de la reproduction, « la PMA est déjà complexe à admettre dans la construction psychique d’un enfant, quand il y a donneur anonyme, alors accepter en plus deux mères pour l’élever… »

    Le Figaro   via http://www.actionfrancaise.net/