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France et politique française - Page 5111

  • Le Parti sioniste veille au grain !

    La cause sioniste ne manque pas d’avocats, y compris sur Boulevard Voltaire où nos confrères de France 2 et d’Arte sont soupçonnés de complaisance unilatérale envers la cause palestinienne.

    Ce procès en sorcellerie n’est pas nouveau, il est même récurrent : ainsi fin 2011, la diffusion sur France 2 d’une émission sur les Territoires palestiniens avait fait l’objet d’une véritable campagne d’intimidation du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) appelant au boycott de la chaîne, obligeant la direction de France Télévision à rencontrer l’ambassadeur d’Israël et les représentants de la communauté juive en France. Plus récemment encore, début novembre, l’actuel président du CRIF, Richard Prasquier, faisait grief au président de France Télévisions d’avoir diffusé un clip d’un groupe toulousain sur la bande de Gaza. « Une vie de moins » : les paroles de ce clip de Zebda, composées pourtant par un prof de Science-Po Paris, devaient, selon le CRIF, être censurées car elles étaient de nature à « promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes ». [...]

    José Meidinger - La suite sur Boulevard Voltaire

    http://www.actionfrancaise.net

  • Taubira : aux petits soins pour les criminels

    Dramatique : Taubira supprime la rétention de sûreté !

    Christiane Taubira a annoncé qu’un texte de loi allait supprimer la rétention de sûreté. Une preuve de plus de l’irresponsabilité du ministre de la Justice.

    C’était une des promesses de campagne du candidat Hollande : supprimer les peines plancher, les tribunaux correctionnels pour mineurs, ainsi que la loi sur la rétention de sûreté. Christiane Taubira la concrétise. C’est à l’occasion de la journée Prison-Justice du Genepi (Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées), que Christiane Taubira a annoncé samedi, à Palaiseau (Essonne), qu’un texte de loi était en préparation pour supprimer la rétention de sûreté. « Je le confirme, elle sera supprimée, comme les tribunaux correctionnels pour mineurs seront supprimés, comme les peines plancher seront supprimées », a déclaré le garde des Sceaux.

    Cette mesure a été votée en 2008 par la « droite », mais n’a quasiment jamais été appliquée. Elle prévoit notamment de maintenir enfermés des criminels condamnés à au moins 15 ans (pour viols aggravés notamment) s’ils sont jugés dangereux une fois leur peine purgée. Elle est également applicable à des personnes qui violeraient les obligations de leur « surveillance de sûreté ».

    Après l’annonce du garde des Sceaux, François Fillon a fustigé le « laxisme » de la ministre de la Justice. Mais n’est-ce pas le laxisme qui a caractérisé l’action du gouvernement UMP ?

    De 2002 à 2011, les violences contre les personnes ont augmenté de 45 %. Le trafic de drogue, les viols, les cambriolages, les vols, les voitures brûlées, les émeutes dans les cités se sont multipliés. Depuis 2007 le gouvernement UMP a réduit de 3.000 postes par an les effectifs de police et de gendarmerie, de nombreux commissariats sont désormais fermés le soir ou le week-end. Sarkozy et le gouvernement UMP qui voulaient nettoyer les zones de non-droit au « Kärcher » n’ont tenu aucune de leurs promesses de campagne et se sont soumis au diktat idéologique de la gauche. C’est l’UMPS, le parti du laxisme !

    Source via NPI

  • Trois partielles, quelques enseignements

    S’ouvre aujourd’hui jusqu’à demain la Conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion  sociale à l’initiative du Conseil  économique, social et environnemental. Les chiffres sont  terribles : au-delà des quatre  millions de demandeurs d’emploi   (dont près de 2 millions de chômeurs  de longue durée), 14,1 % de la population, soit 8,6 millions de personnes, vivaient en  2010 au  dessous du seuil  de pauvreté fixé à 944€ par mois ; environ 3,6 millions de personnes  sont mal logées…Une situation de paupérisation accélérée  de notre pays, nous l’avons souvent dit ici,  qui est le fruit empoisonné des lâchetés,  des démissions, de l’immigrationnisme, de l’euromondialisme  des partis de gouvernement. Partis  qui apparemment, gardent la cote auprès des électeurs  si l’on en croit les résultats des trois  législatives partielles de ce dimanche…

     Dans ce contexte de crise sociale et économique aiguë, notons au passage que  le résultat du sondage Opinion Way  pour le quotidien gratuit Métro publié aujourd’hui n’est pas pour surprendre. «Interrogés sur les mesures qu’ils souhaitent  voir prioritairement mises en œuvre dans les mois à venir »,  « le mariage pour tous » (10%) et « l’acte 2 de la décentralisation » (4%)   sont « reléguées en queue de peloton » par les personnes interrogées.

      Le mariage homosexuel « arrive par ailleurs en tête (46%) lorsque l’on demande aux Français  à quels engagements le gouvernement devrait renoncer dans les prochains mois (…) 72% des sympathisants de droite, contre 26% des sympathisants de gauche, se prononcent pour son abandon. »

     Si le PS paye au prix fort  les désillusions de ses électeurs, l’UMP n’a pas semblé souffrir de la guerre  François Fillon-Jean-François Copé, la cote de satisfaction de  ces deux derniers  chutant de 18 points pour s’établir  respectivement à 33% et 17% selon ce même institut de sondage.

     Il convient ainsi  de  souligner  que le virage (sémantique)  « à droite (décomplexée) toute » initiée par M. Copé pour contenir la poussée du FN, n’a pas fait fuir les électeurs, du moins ceux qui se sont déplacés pour aller voter…

     Comme nous le notions aussi sur ce blog, il faudra également  quelques mois pour que l’électorat traditionnel de l’UMP ne « digère » le chaos engendré par  la guerre  Fillon-Copé. En, attendant il croit voter  utile en faveur du  candidat le mieux placé pour « battre la gauche »…

     Ainsi dans  la 13e circonscription des Hauts-de-Seine,  Patrick Devedjian (4,78 % pour le candidat FN Michel Georget, dont un militant  s’était fait  violemment agressé sur le marché de Bourg-la-Reine le 1er décembre), et l’UDI-UMP  Henri Plagnol dans   la 1re circonscription du Val-de-Marne (11,3 % , contre 9,38 %  en juin pour la frontiste % Anne-Laure Maleyre),  virent en tête.

     La déception pour le FN vient bien  sûr de  la 6e circonscription de l’Hérault ou un taux d’abstention supérieur  de 20 points  à celui du  mois de juin, n’a pas permis à la candidate FN France Jamet, arrivée en troisième position, d’être présente au second tour, faute d’avoir obtenu 12,5% des inscrits.

     Le « copéiste » Elie Aboud, qui comme M. Devedjian,  avait pris grand soin de gommer  toute référence à l’UMP sur ses affiches et qui avait décliné la proposition de M. Copé de venir le soutenir sur place,  arrive largement en tête face à la socialiste Dolorès Roqué.  France  améliore cependant légèrement le score précédent du FN dans cette circonscription avec 23,37%  des  suffrages.

     Les médias ont glosé  sur cet « échec » du FN du fait de la fidélité du noyau dur de l’électorat UMP à ce parti malgré la crise qu’il traverse. L’abstention qui a toujours fortement handicapé le FN a été beaucoup moins évoquée… Editorialiste sur RMC et au Point, Hervé Gattegno  explique que« dans cette circonscription (de l’Hérault, NDLR,) » , l’UMP apporte « la preuve » qu’il «peut se fracturer au sommet et se rassembler dans les urnes. Pas du tout le genre de signe qui va ramener Jean-François Copé et François Fillon à la raison… »

      « Ce qui est mis en doute (par les Français, NDLR)  dans les deux grands partis affirme-t-il encore,  c’est la capacité à changer les choses, mais en menant des politiques réalistes tout en tenant un discours de vérité. C’est une capacité qui est encore moins reconnue au FN qu’au PS et à l’UMP. »

     Nous ne contesterons pas cette obligation pour l’opposition nationale de gagner encore en crédibilité. Invitée  ce matin de RTL, Marine Le Pen a insisté également, ce fut d’ailleurs un des axes du programme défendu par   Bruno Gollnisch lors de la campagne interne,  sur la nécessité de  l’enracinement local.  

     « Je plaide  a dit Marine pour qu’aux municipales nous ayons le plus de candidats possible, que nous ayons le plus de conseillers municipaux possible, que nous ayons le plus de maires possible car je crois que la faiblesse de notre implantation locale a des conséquences directes sur nos résultats aux législatives. »

     Pour autant, le FN poursuit  sa progression dans les urnes, et sur France Inter, Piotr Smolar relevait que ce résultat en demi-teinte pour le FN ne préjugeait pas des résultats du FN aux municipales de 2014 où il a  prédit de très bons résultats pour l’opposition nationale.

     « Après 40 ans, le temps n’est pas venu de se reposer. Il est venu de gagner ! » a rappelé Marine  lors du dîner de gala pour les 40 ans du FN à la Mutualité auquel assistait bien  évidemment Bruno Gollnisch.  Y-a-t-il plus ardente nécessité pour notre pays ?

    http://www.gollnisch.com

  • Les nouveaux chiens de garde

    Les médias se proclament “contre-pouvoir”. Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.

    En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait “Les chiens de garde” pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi. Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social.

     http://www.fdesouche.com/

  • Le vice caché de l’UMP

    Par Paul-Marie Coûteaux, Président de Souveraineté, Indépendance et Libertés - S.I.E.L. Administrateur du Rassemblement Bleu Marine - RBM

    Paru dans le Figaro du vendredi 7 décembre - Page "Tribunes et Opinions"

    « Ca ne marchera pas » disait Philippe Séguin à qui s’étonnait qu’il n’adhérât jamais à l’UMP. Pour lui, comme pour beaucoup d’"anciens" du RPR (dont l’auteur de ces lignes), le mécano construit en 2002 pour réunir divers mouvements centristes, et les agréger au parti censé faire survivre le gaullisme, n’était pas viable pour plusieurs raisons : d’abord il lui paraissait impossible de faire cohabiter dans un même parti des "sensibilités" opposées sur l’essentiel (primat de la Nation, périmètre de l’Etat, politique étrangère, etc), ni par conséquent de donner au "grand parti" un véritable programme, ni même d’y mener ne serait-ce qu’un embryon de travail intellectuel... Ensuite, cette fusion ne pouvait qu’ accoucher d’un vaste centre qui, absorbant centre droit et centre gauche, s’interdisait ipso facto tout partenaire au second tour. Il ne fut donc guère étonnant que cette « machine à gagner », si elle remporta les présidentielles et législatives de mai et juin 2007 grâce au double, triple ou quadruple langage que parvint à tenir le sémillant Sarkozy ( avec les heureux résultats que l’on vit) finisse par perdre toutes les élections qui suivirent, y compris le Sénat, tour de force dans un pays qui, le premier tour d’avril dernier l’a encore montré, est à 55% à droite. Panne intellectuelle, anémie programmatique, absence de réserve au second tour : ces vices ne pouvaient de toutes façons que transformer la "machine à gagner " en cette triste "Machine à Perdre" qui se disloque sous nos yeux.

    On voit que l’affaire dépasse de beaucoup la querelle de personnes, d’autant que, aux vices apparents s’ajouta peu à peu un vice caché : tout partenaire immédiat ayant disparu, il ne restait plus que le FN. La succession des défaites fit lentement germer dans l’esprit de nombre de militants et élus UMP une idée que la rénovation de Marine Le Pen, les 18% qu’elle obtint en avril et la coalition autour d’elle de nouveaux venus (du MPF de Philippe de Villiers, du DLR de Nicolas Dupond Aignan, et de premiers transfuges UMP) ne cessèrent de conforter. Dès le début de l’été, on se mit à murmurer que l’Elysée comme les Assemblées (nationales, régionales ou locales) n’auraient pas été perdues si, sortant du vieux "piège de Mitterrand", la droite avait su comme la gauche s’afficher "plurielle", qu’il n’y avait nulle majorité possible sans l’union de toutes les droites, etc. Or, celle-ci est insupportable aux ténors de l’état-major -les uns sincèrement, les autres pour la galerie, la plupart craignant par pure mondanité médiatique de manier des thèmes (sécurité, respect des frontières et autres percées dites droitières) dont ils savent bien que, une fois parti un Sarkozy qui savait ne les manier qu’avec leurs contraires, ils ne pouvaient pas ne pas les rapprocher très près de Marine Le Pen. L’opposition entre le sommet et la base couvait sous les artifices de M. Sarkozy et la totale absence de démocratie dans le parti. Patatras !, l’élection du Président offrit la dangereuse occasion de la mettre au grand jour : la performance d’un Copé qui, un pain au chocolat entre les dents, surfa en subliminal sur la vague unioniste (tout en niant à Paris qu’il le faisait, mais nul n’était dupe), le succès des motions les plus droitières, le faible écart des voix, et l’âpreté du conflit qui suivit (aisément explicable par l’énormité de l’enjeu, la disposition de la manne publique et surtout l’esquisse d’un tout nouveau paysage politique) ont brutalement révélé le pot aux roses : la « droite décomplexée » est en réalité complexée par Marine Le Pen.

    Paysage après la pluie

    La suite est aisée à prévoir : les "porosités" entre FN et UMP, que pointent déjà plusieurs signes (tel l’afflux d’ ex-UMP au FN et au SIEL), se multiplient au point que la partie de la forteresse restée aux mains de M. Copé n’a pas d’autre perspective que de s’installer sur le terrain de Mme le Pen et d’expérimenter tôt ou tard des alliances avec ce "RBM" (Rassemblement Bleu Marine) qu’elle met simultanément en place -la chose est même devenue irréversible quand M. Fillon créa son groupe parlementaire.

    Reste une question : le RBM saura-t-il nouer, avec ce morceau droitier de l’UMP qui pourrait être après tout un concurrent, une alliance assez solide pour fixer ce "pôle national et populaire à vocation majoritaire" (d’autant majoritaire qu’il pourrait aussi capter un électorat populaire de gauche déçu par l’actuel gouvernement) qu’appelle de ses voeux Marine Le Pen – et tant de Français ? La pièce a beaucoup de spectateurs ; il faudrait qu’elle ait aussi beaucoup d’acteurs…

    SIEL

  • Le Nouvel Obs s’engage dans le combat pro-vie !

    On a cru un instant que le Nouvel Obs avait été touché par la grâce ! Dans le dernier numéro de l’hebdomadaire, le supplément TéléObs, une pleine page de publicité prend ouvertement parti contre l’avortement en offrant une tribune à l’association pro-vie, la FondationJérôme Lejeune.

    « On arme des bateaux pour défendre les baleines alors qu’on laisse l’embryon sans défense », peut-on lire sur cette publicité :

    Mais l’éclair de lucidité des journalistes du Nouvel Obs aura été de courte durée. Dimanche, en fin d’après-midi, le directeur de la rédaction, Renaud Dély, a exprimé ses regrets sur twitter : « C’est une erreur déplorable. La pub de ce lobby aux engagements contraires a nos valeurs n’aurait pas du être publiée« …

    On en attendait pas moins de ce journaliste. Pour lui, l’embryon n’est définitivement qu’un amas de cellules, surtout pas un être humain en gestation. C’est tellement plus commode de cacher la vérité pour promouvoir l’idéologie : puisqu’on vous dit que le corps des femmes leur appartient !

    http://www.contre-info.com/

  • Europe : la tentation fédéraliste

    En dépit de l'échec du dernier sommet européen sur le budget, le mythe de la gouvernance européenne continue d'être présenté comme la panacée contre la crise. Et l'Allemagne, maîtresse du jeu, pousse au fédéralisme.
    Recevant Jean-Marc Ayrault à Berlin, Angela Merkel s'est prononcée en faveur d'une « France forte ». Cette expression, plus sarkozyste qu'hollandienne, est loin de signifier, comme a voulu le croire son homologue, que le chancelier allemand donnait son satisfecit aux positions françaises sur l'Europe. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire ce que, au même moment, Volker Kauder, président du groupe parlementaire et proche d'Angela Merkel, confiait à l'hebdomadaire Der Spiegel sur notre pays : « Ce serait bien si les socialistes engageaient maintenant vraiment des réformes structurelles. Cela ferait du bien au pays et à l'Europe. »
    Les Allemands ne feignent évidemment pas de croire que François Hollande ne fait rien. Non ! ils critiquent son action. Reprenant une idée gaullienne, Volker Kauder précise en effet que « l'Europe ne va pas avancer sans un axe franco-allemand qui fonctionne » ; ce qui signifie clairement pour lui « que le président François Hollande se rapproche du chancelier ». Pas l'inverse !
    Et Angela Merkel l'a clairement signifié, qui n'a de cesse de critiquer les positions affichées par le président de la République, à commencer par sa volonté d'obtenir de Bruxelles une mutualisation de la dette au sein de l'Europe.
    Cette idée, et sa détermination à maintenir, contre ses partenaires, le niveau actuel de la PAC, loin de le différencier des autres politiques européens, soulignent au contraire l'espèce de sauve-qui-peut généralisé qui prévaut aujourd'hui dans l'Union européenne : chacun essaye de sauvegarder pour lui ce qu'il dénonce chez le voisin comme un égoïsme national.
    Berlin a une position sensiblement différente. Elle pointe le manque de compétitivité de certains pays, et l'excès de dettes publiques. Et, pour y remédier, invite ses partenaires à entreprendre les réformes nécessaires, en renforçant en outre l'intégration européenne. Car si tous appellent de leurs vœux une gouvernance économique européenne, l'Allemagne est sans doute un des rares pays encore en mesure de s'y atteler. D'où son leitmotiv sur la discipline budgétaire, que ses partenaires feignent de ne point entendre.
    Parce que, ils le démontrent tous les jours, ils ne sont plus capables, pour la plupart, de contenir les effets catastrophiques de leur dette.
    Parce que, en conséquence, et sans se l'avouer, ils comptent aussi sur Berlin pour compenser leur faiblesse.
    Tutelle allemande
    De ce fait, et paradoxalement puisque ce n'est pas le but recherché, la mutualisation des dettes chère à François Hollande renforcerait la mise sous tutelle allemande de l'Europe, et singulièrement de la France. Car son adoption serait le signe que l'Allemagne est reconnue comme le dernier garant de cette dette. Notamment parce que chacun de ses partenaires demande à Berlin ce qu'il est incapable de faire, ni d'accepter. Mais ce jour-là, rien ni personne ne pourrait plus empêcher l'Allemagne d'imposer cette discipline budgétaire tant redoutée... Ce qui confirmerait la critique renouvelée de certains eurosceptiques, qui considèrent que la monnaie unique, conçue comme un outil idéologique censé, à lui tout seul, construire l'Europe, n'a, de fait, profité qu'à la seule Allemagne.
    Dès lors, Jean-Luc Mélenchon n'a pas tort d'évoquer une arrogance allemande. Mais celle-ci, aujourd'hui, n'est d'abord, pour les Allemands, qu'un moyen de se préserver, autant que faire se peut, de la contagion de la crise actuelle.
    Une crise qui, quoi qu'en disent nos dirigeants, frappe particulièrement notre pays. Au point que divers média allemands n'ont pas hésité à qualifier la France de nouvel « homme malade de l'Europe ». Et que l'hebdomadaire britannique The Economist qualifiait la France, le 17 novembre dernier, de « bombe à retardement au cœur de l'Europe ».
    Cette défiance universelle de tous envers chacun explique, partiellement, le raté du dernier sommet européen sur le budget, qui, après avoir commencé avec plusieurs heures de retard, s'est soldé, au bout de deux petites heures, par un constat d'échec - constat, malgré de nouvelles discussions, réitéré dès le lendemain.
    En cause, bien sûr, certaines « lignes rouges » nationales ; mais aussi l'horizon 2020 jusqu' auquel doit tenir le prochain budget, et qui, à l'heure de la crise, paraît bien lointain. Tout le monde admet qu'il faut faire des économies... mais, évidemment, dans la poche du voisin.
    Ce n'est d'ailleurs pas l'Allemande Angela Merkel qui a cristallisé le refus européen d'un accord, fût-il un compromis, mais le Britannique David Cameron, qui a défendu bec et ongles son rabais, faisant résonner, à plus de trente ans de distance, la formule thatchérienne : « I want my money back ! »(1)
    Herman Van Rompuy y aura pourtant mis toute sa force, manifestement insuffisante, de persuasion. Il ne suffit pas que le « dogme » impose l'Europe aux européens des pays qui la composent, pour que nos dirigeants, d'où qu'ils viennent, oublient qu'ils ne sauraient aller indéfiniment à rebours de leurs opinions publiques. Surtout pour défendre une Europe qui n'est, selon l'expression de François Hollande, qu'un compromis. Tu parles d'un idéal ! Un compromis qui fait d'ailleurs fi, aujourd'hui, des particularismes mis en place par chacun depuis la fin de la guerre. En bref, on en est arrivé au point où les nationalismes n'entrent plus dans le cadre européen...
    Prix Nobel de la paix, l'Europe paraît aujourd'hui incapable de la faire chez elle.
    On a donc suspendu la discussion, pour la remettre au mois de janvier prochain. Rompuy espère que les « replis nationaux » feront alors place à un esprit européen. Et peut-être même à l'Europe fédérale, que l'Allemagne appelle de ses vœux.
    Il faudra, pour y parvenir, supprimer les derniers pans de souveraineté qui restent en chaque État-membre. Et dans l'esprit de leurs habitants.
    Olivier Figueras monde & vie 4 décembre 2012
    1. Rendez-moi mon argent !

  • Pourquoi l'échec de la droite ? (2/2)

    2/ Deuxième erreur fatale : la droite fantôme a choisi d'exclure ses alliés potentiels au profit de ses ennemis.

    L'acte politique essentiel c'est la désignation de l'ennemi : c'est une logique d'exclusion (l'ennemi que l'on désigne) mais aussi d'inclusion (les partisans et les alliés qu'on rassemble contre cet ennemi). Cela implique de faire des choix. Mais la droite de gouvernement a fait le plus mauvais choix possible : celui d'exclure ses alliés potentiels au profit de ses ennemis.

    2.1
    Le Front national

    Il faut, bien sûr, à ce stade évoquer la question des relations avec le Front national.

    L'idée est répandue, à droite, que le Front national aurait été « inventé » par F. Mitterrand pour la déstabiliser. Cette analyse conspirationniste traduit une cécité remarquable :

    • - d'abord, le populisme n'est pas un phénomène franco-français mais européen, voire occidental ; il exprime la souffrance des classes moyennes autochtones face à l'immigration de peuplement et face au déclassement dont elles sont victimes du fait de la mondialisation, de l’immigration et de la crise financière ;
    • - ensuite, c’est la droite de gouvernement elle-même qui a favorisé l’essor du populisme : en effet, plus la droite de gouvernement se ralliait au politiquement correct, plus elle décourageait ses électeurs et plus elle ouvrait un espace politique à la droite populiste ;
    • - enfin, le piège ne réside pas dans l'existence du mouvement populiste mais bien dans sa diabolisation par la droite de gouvernement, ce qui n'est pas la même chose. Sur ce plan, le piège métapolitique tendu par la gauche a parfaitement fonctionné. Le piège métapolitique a reposé techniquement sur des campagnes médiatiques à répétition à partir des années 1980 : notamment autour de l'attentat de la rue Copernic en 1980, lors de la campagne contre la Nouvelle Droite à la même époque, autour de la mort de Malik Oussekine lors des manifestations étudiantes de 1986 contre la réforme Devaquet, ou encore la campagne contre le Front national après la profanation du cimetière de Carpentras en 1993, pour ne citer que les plus marquantes.

    Ces dernières campagnes présentaient de nombreux points communs :

    • - une orchestration médiatique sans précédent : elles marquent en effet l'entrée en force du pouvoir médiatique dans l'espace politique ;
    • - elles cherchaient à insuffler l'idée d'une résurgence de l'antisémitisme et du fascisme en France qui serait le fait des Français de souche, et d'une collusion occulte de ces « forces obscures » avec la droite de gouvernement ;
    • - ces campagnes ont aussi visé à légitimer un dispositif de censure à l'encontre de la diffusion des idées de droite ; la campagne de la Nouvelle Droite a servi ainsi à mettre au pas le Figaro Magazine; celle contre le FN a visé tous ceux qui étaient coupables de professer les mêmes idées et à l'égard desquels un apartheid social a été mis en place.

    Ces campagnes ont surtout empêché tout renouveau intellectuel de la droite de gouvernement autrement que dans le sens du politiquement correct, car elles ont fixé des interdits qu’on devait respecter si l’on ne voulait pas être diabolisé à son tour.

    Afin de se dédouaner de l’accusation en sorcellerie politique, constamment proférée par la gauche et les officines qui lui sont dévouées, de « pactiser » avec « l'extrême droite », la droite fantôme a dû donner des gages de plus en plus élevés et se montrer toujours plus politiquement correcte. Elle a dû aussi sacrifier impitoyablement tous ceux qui, dans ses rangs, prétendaient à l’union de la droite (Ch. Millon notamment) ou défendaient des idées politiquement incorrectes (ex. le député Ch. Vanneste ) : ils ont été abandonnés et ostracisés.

    Bien entendu c'est parce que la droite de gouvernement avait commencé de renier son identité qu'elle a été victime de ces campagnes. Si ses convictions avaient été plus assurées, il en aurait été autrement.

    2.2
    Un choix catastrophique

    Le choix de diaboliser la droite populiste a été catastrophique pour toute la droite :

    • a) D’abord, la droite a été tronçonnée artificiellement en deux composantes de plus en plus hostiles : la droite politiquement correcte, dite républicaine, et une « extrême droite » diabolique.
      Face à cette situation, la droite de gouvernement a d’abord cru, encore par suffisance, qu'elle pourrait gagner toute seule en s'alliant avec une partie du centre. C'était la poursuite de la stratégie de Giscard D'Estaing (« deux Français sur trois »). Mais c’était un choix de moins en moins crédible à mesure que le vote populiste progressait.
      La droite fantôme a alors adopté une curieuse stratégie: celle consistant à couper les ponts avec le Front national tout en prétendant récupérer ses électeurs. Elle a donc fait le contraire de la stratégie victorieuse d’union de la gauche : elle n'a pas recherché une alliance politique au sommet mais a cru que les électeurs à la base étaient interchangeables et qu’ils pourraient être séduits durablement par des promesses.
      Cette stratégie a échoué parce que la diabolisation du FN a été ressentie comme un mépris de son électorat : il était dans ces conditions optimiste d'escompter que celui-ci se mobilisât pour les candidats de droite, a fortiori quand certains représentants de la droite fantôme, et non des moindres (ex. Juppé, NKM), déclaraient qu'ils préféreraient voter pour un candidat socialiste plutôt que pour un candidat du FN. A noter que de son côté le FN n’appelait pas à voter pour un candidat UMP face à la gauche, mais en général prônait plutôt l’abstention.


    • b) La stratégie de désunion a ensuite obligé la droite de gouvernement à se battre sur deux fronts : contre la gauche et contre la prétendue extrême droite. La gauche, elle, n'a toujours eu qu'un seul ennemi : la Droite, avec un grand D, qu'elle accusait de collusion avec l'extrême droite de toutes façons (et cela depuis 1980, c'est-à-dire depuis la campagne de l'attentat de la rue Copernic). La droite fantôme a donc adopté un positionnement ni/ni, pour essayer de conserver un espace entre la gauche et la droite populiste.
      La droite a donc été contrainte à des contorsions sémantiques de plus en plus difficiles et de moins en moins crédibles. C’est comme cela qu’elle s’est ralliée à des mots d’ordre incompréhensibles, des oxymores politiques comme par exemple « l’immigration choisie », la « laïcité positive » ou le « produire français ». Ces oxymores n’étaient plus crédibles alors que l'opinion était de moins en moins « centriste » à mesure que la crise, notamment économique et sécuritaire, s'amplifiait.
       
    • c) Enfin, cette diabolisation a ancré la droite populiste dans l’espoir fou qu’elle pourrait gagner seule, interdisant en retour toute dynamique d’union : un espoir arithmétiquement impossible et par conséquent facteur de découragement et de discorde interne. Sur ce plan la droite populiste a aussi fait preuve de suffisance.

    * * *

    3) Troisième erreur fatale : la droite fantôme a raté son rendez-vous avec le peuple français

    Au début de la Ve République, la droite était majoritaire et populaire : c’est l’apport du gaullisme qui était bien, à sa manière, un « populisme », comme le faisait remarquer F.G. Dreyfus. Le fondateur de la Ve République voulait en outre sortir du « système des partis » et ancrer l’exécutif dans la souveraineté populaire directe : l’élection au suffrage universel direct du président de la République et la pratique référendaire devaient y pourvoir.

    3.1
    Une droite devenue oligarchique

    Mais la droite, comme la gauche, est au contraire devenue oligarchique à la fin du XXe siècle. Cette conversion résulte avant tout de la conversion des appareils à la nouvelle idéologie dominante, cocktail idéologique né de la fusion du libéralisme mondialiste et des valeurs de la gauche, en particulier l'idéologie des droits de l'homme.

    Gauche et droite ont ainsi abandonné le peuple autochtone. Mais cela a été plus grave pour la droite que pour la gauche car cette dernière a vite trouvé, en effet, dans l'immigration un peuple de rechange. Le politiquement correct, qui baptise de banlieues ou de quartiers « populaires » les zones où les immigrés se sont installés, traduit pour une fois fidèlement cette substitution : désormais l'immigré c'est bien le peuple de gauche !

    La droite fantôme, elle, a été incapable de trouver un peuple de substitution :

    Au plan organisationnel, cette dérive oligarchique s'est traduite par le fait que les appareils politiques de la droite fantôme se sont coupés des préoccupations de leurs militants et de leurs électeurs.

    Au plan sociologique, cela a conduit la droite fantôme à se désintéresser du sort de la classe moyenne autochtone.

    Or, c'est la classe moyenne qui est la grande perdante du système économique et social qui s'est mis en place en Europe. C'est elle qui souffre du chômage, des politiques d'ajustement économiques, de la désindustrialisation et du fait que l'ascenseur social ne fonctionne plus pour cause d'implosion du système éducatif. C'est elle aussi qui souffre de l'immigration et de l'insécurité et, d'une façon générale, de la perte des repères du fait de la révolution des mœurs. C'est elle qui souffre de la perte de la « décence commune », comme disait Orwell. C'est elle enfin qui supporte le poids du fiscalisme et la diminution de la protection sociale.

    La souffrance de la classe moyenne autochtone a longtemps été intériorisée, car culpabilisée, comme celle du prolétariat au XIXe siècle. Mais elle trouve aujourd'hui une expression politique dans le vote populiste et la protestation identitaire.

    Si l’on a pu dire que le socialisme était « le cri de douleur » du prolétariat, ce que le système médiatique nomme populisme avec mépris devient « le cri de douleur de la classe moyenne autochtone ». Car ce cri de douleur n’a pas été entendu par les autres formations politiques, de droite comme de gauche.

    La droite de gouvernement a donc raté son rendez-vous avec la classe moyenne : en se soumettant au politiquement correct, elle s’est interdit de répondre à ses attentes. Elle n'a donc pas vu, ou a vu trop tard, que sa base sociologique s'effritait ni que la bourgeoisie et le patronat ne voyaient plus la gauche comme un repoussoir, à la différence de 1981. Elle n'a pas vu non plus qu'en promouvant l'immigration pour complaire au patronat ou au politiquement correct, elle se coupait des classes populaires autochtones et fournissait, au surplus, à la gauche une masse de manœuvre électorale qui sera décisive en 2012. Elle n'a pas vu le mouvement démographique qui conduit les grandes villes à basculer à gauche.

    3.2
    La droite fantôme a, au surplus, trompé en permanence son électorat

    La gauche a, certes, historiquement échoué à sortir du système capitaliste. Mais elle a, par contre, réussi à transformer la société conformément à l'idéologie des Lumières et elle a mis en œuvre une bonne partie de son programme électoral.

    La droite de gouvernement a toujours eu, au contraire, beaucoup de mal à appliquer son programme. Elle scénarise à chaque élection un duel frontal avec la gauche, avec la complicité de cette dernière, dans le but de séduire leur électorat respectif, mais c’est ensuite pour cohabiter avec la gauche, pour faire entrer au gouvernement des ministres issus de la gauche au titre de « l’ouverture » ou pour en rajouter sur le politiquement correct. Dans le même registre elle met aussi en scène à chaque élection un discours plus « souverainiste » (de Pasqua à De Villiers, sans oublier l’Appel de Cochin de Chirac) ou « sécuritaire » (en général ce rôle incombe au ministre de l’Intérieur en place : de Pasqua à Guéant) pour aller à la pêche aux voix. Mais ensuite ces joueurs de flûte font le contraire ou font beaucoup moins que ce qu’ils ont promis.

    Car la droite de gouvernement préfère l'agrément médiatique à la volonté de son électorat. D'ailleurs, elle disait même quelle préférait « perdre les élections plutôt que son âme ». Traduisons : la droite donnait la priorité au conformisme idéologique sur la volonté populaire.

    Les réformes les plus contestables qui ont bouleversé notre société, et dont l’effet cataclysmique se fait sentir aujourd’hui, ont d’ailleurs été prises par des gouvernements et des présidents de droite et non de gauche : la déstructuration de l’enseignement scolaire et universitaire, la loi Pleven qui ouvre la voie au chantage « antiraciste », l'interdiction faite à la Banque de France d'acheter de la dette publique, le regroupement familial des immigrés, la légalisation de l’avortement, l’imposition du Traité de Lisbonne, l’annonce des « repentances » successives, la perte de la souveraineté monétaire, la réintégration de l’OTAN, la mise en place des quotas féministes, la création de la HALDE, la « discrimination positive », etc.

    C’est aussi la droite qui a bouleversé, au nom de l’idéologie néolibérale de « l’Etat de droit », le système de contrôle de la constitutionnalité des lois : elle a transformé le Conseil constitutionnel et d'une façon générale les juges en commissaires politiques, c'est-à-dire qu’elle a organisé la primauté des juges inamovibles sur les législateurs élus. C'est la droite qui a établi le principe de la supériorité des traités internationaux sur les lois nationales.
    La gauche a, certes, supprimé la peine de mort, voté les lois Auroux sur le pouvoir syndical dans l’entreprise, instauré les 35 heures et voté la loi Fabius-Gayssot. Mais cela ne saurait cacher que globalement c’est la droite de gouvernement qui a gouverné le plus longtemps et qui a à son passif le plus de réformes calamiteuses pour notre pays. C’est elle qui a le plus trompé son électorat.

    3.3
    La droite fantôme n'a tiré aucun profit politique

    Il y a cependant une morale à la triste histoire de la droite : la droite fantôme n'a tiré aucun profit politique durable d'avoir vendu son âme à la gauche pour rester au pouvoir, comme le montre l'évolution, c'est-à-dire la dégringolade, de ses résultats électoraux ; voir la part des voix de droite (hors « extrême droite ») au premier tour des législatives (métropole) en % des inscrits :

    – 1962 : 36,9% ; 1968 : 46,25% ; 1978 : 38,14% ; 1986 (élection à la proportionnelle) : 33,51% ; 1988 : 26,22% ; 1997 : 23,55% ; 2002 : 26,9% ; 2012 : 22%.

    La tentative de rendre la droite politiquement correcte, qui était au cœur de la stratégie de tant de leaders de la droite, était vouée à l'échec. Par construction, en effet, le politiquement correct est de gauche. Et la droite ne sera jamais assez de gauche aux yeux de la gauche. En perdant son âme, la droite ne pouvait que décourager puis perdre ses électeurs. C'est bien ce qui s'est passé.

    Entre 1978 et 2012 la droite fantôme a perdu 16 points en électeurs inscrits (et le FN en a, au contraire, gagné 7 dans une élection qui lui est au surplus défavorable). En d'autres termes, le marché politique a clairement sanctionné la stratégie suicidaire de la droite fantôme : ses électeurs la quittent.

    * * *

    4) Une conclusion volontariste

    4.1
    La droite doit avoir du courage

    L’histoire de la droite en France depuis les années 1870 est l’histoire de ses déchirements et de ses luttes fratricides. Alors que les querelles de la gauche sont toujours restées, selon la formule célèbre de Léon Blum lors du congrès de la SFIO de 1920 qui voit le départ des communistes, des « querelles de famille » (« Malgré tout restons des frères, des frères qu'aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu'un foyer commun pourra encore réunir »). La victoire durable de la gauche est notamment la conséquence de cette dynamique d’union, qui fait passer le principal avant l’accessoire.

    Pour gagner, la droite doit donc avoir le courage de s’inspirer de cette stratégie : le courage, car l’union suppose de prendre des risques.

    Il ne faudrait pas croire, en effet, que l'union de la gauche, concrétisée par la signature du Programme commun le 27 juin 1972, ait été facile. Au contraire, toute l'histoire politique du début du XXe siècle voit l'affrontement, souvent violent, entre les frères ennemis socialistes et communistes, entre les réformistes et les révolutionnaires. A partir de la guerre froide le conflit porte également sur les valeurs, les socialistes se rangeant dans le camp atlantiste, face au « totalitarisme » communiste ; les communistes promettent de leur côté de « plumer la volaille socialiste ». L'idée d'une alliance entre socialistes et communistes paraît alors contre nature à tout le monde.

    Il a fallu la stratégie personnelle de F. Mitterrand dans les années 1970 (après les échecs de 1965, de 1968 et de la présidentielle de 1969 où le communiste J. Duclos obtient 21,3% des voix contre 5% à Defferre) pour inverser la tendance et pour que la gauche comprenne qu'elle ne gagnerait pas sans une alliance PC/PS. Il a fallu que F. Mitterrand impose cette ligne au PS, ce qui n'avait rien d'évident puisque celui-ci était alors dominé électoralement par le PC, et de longues négociations d'appareils et de travaux de clubs pour aboutir à une convergence politique entre le PC et le PS autour d'un programme commun de gouvernement ; et 10 ans de mise en pratique électorale de l'union avant d'aboutir à la victoire à la présidentielle de 1981.
    L’union de la droite sera donc difficile, comme l'a été en son temps l'union de la gauche. Elle sera difficile, comme tous les commencements.

    4.2
    L’union suppose la recherche de convergences

    L'union suppose, en effet, de rechercher désormais prioritairement des convergences susceptibles de rassembler toutes les composantes de la droite et de minimiser, au contraire, les divergences ou de les reporter après la victoire : c'est donc faire le contraire de ce qui a été fait ces 20 dernières années tant du côté de la droite fantôme que du côté de la droite populiste.

    L'union de la droite est possible si la droite de gouvernement cesse d'ostraciser la droite populiste. L'union de la droite est possible que si la droite populiste cesse de croire qu'elle pourra gagner toute seule. Plutôt que de débattre des « valeurs » il serait plus efficient de réfléchir à un véritable programme commun de la droite plurielle.

    Cela est possible et avait d'ailleurs été tenté avec succès dans le programme électoral de 1986. Car, contrairement à ce que prétendent ceux qui nous font croire qu'un fossé de « valeurs » séparerait la droite du courant populiste – idée, bien sûr, suggérée par la gauche –, les sujets de convergence ne manquent pas.

    4.3
    Le Mitterrand de la droite

    Une dernière question se pose évidemment : Qui sera le Mitterrand de la droite ? Qui sera l'auteur de la rupture fondatrice ? Pour le moment on ne voit pas bien où il est…

    Car il y a à l'évidence un problème d'élites politiques dans notre pays. Les dernières grandes ruptures politiques ont été, comme par hasard, l'œuvre d'hommes de la IIIe ou de la IVe République : De Gaulle, Mitterrand, Le Pen, c'est-à-dire d'une génération qui avait connu le risque et la guerre, une génération forte issue d'une période chaude de l'histoire.

    Aujourd'hui, la génération au pouvoir, à droite comme à gauche d'ailleurs, est une génération molle, issue d'une période froide de notre histoire. C'est la génération de Mai-68 : une génération qui n'a jamais rien risqué, qui n'a jamais souffert de rien, une génération conformiste, « normale », c'est-à-dire domestiquée par le Système.

    Mais nous entrons à nouveau, avec la crise du Système occidental, dans une période chaude de notre histoire, où il y aura de moins en moins de place pour les gens « normaux ».

    L'histoire est le lieu de l'inattendu, comme dit l'historien D. Venner. On ne doit donc pas exclure que se lèvent à droite des hommes et des femmes qui soutiendront le pari de l'union : il nous revient de les découvrir, de les encourager et de les promouvoir.

    « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas. C'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles » (Sénèque).

    La droite fantôme est moribonde ? Vive la droite plurielle !

    Voir première partie

    J. Violette http://www.polemia.com
    21/10/2012
    (Club de l’Horloge)

  • Pourquoi l'échec de la droite ? (1/2)

    Communication de J. Violette, à la XXVIIIe Université annuelle
    du Club de l’Horloge, dont le thème général est
    « L’union de la droite »
    dimanche 21 octobre 2012
    (Première partie)

    Introduction

    Notre XXVIIIe université a pour thème l’union de la droite.
    L’union de la droite découle d’une simple équation :

    • - la droite est majoritaire en voix dans notre pays, à la différence de 1981 : en 2012 le PS n'obtient que 16,5% des inscrits au premier tour des législatives quand l’UMP en obtient 22% et le FN 7% ; et F. Hollande n'a été élu en 2012 qu'avec 48,6% des voix des votants.
    • - mais la droite n'est désormais majoritaire qu'à la condition d'être plurielle, compte tenu du régime électoral actuel. La droite de gouvernement, quel que soit son sigle, ne peut plus gagner seule, comme l'a montré l'échec de la stratégie de recentrage idéologique et politique qu'elle mène depuis plus de 20 ans. Et la droite populiste, dont l'ancrage local est encore faible, ne peut pas gagner seule non plus. Et il est d’ailleurs dans la nature de la droite d'être plurielle, alors que la gauche est par vocation réductionniste, monolithique et intolérante.
    • - la seule alternative à l'union de la droite c'est donc, comme l’a montré 2012, la victoire durable de la gauche.

    Tous les sondages montrent que les électeurs de droite sont favorables à une union de la droite. La recomposition de la droite est déjà dans les têtes, dans celles des électeurs de droite en tout cas. Elle est aussi dans la tête des abstentionnistes, qui sont devenus le premier parti de France car ils voudraient un vrai choix politique entre la gauche et la droite, qui n'existe plus aujourd'hui.

    Ce sont les états-majors qui la refusent obstinément : soit parce qu’ils sont soumis au politiquement correct, soit parce qu’ils s’imaginent qu’ils peuvent gagner sans avoir d’alliés. Ce sont deux illusions mortelles pour la droite.

    * * *

    L'union de la droite suppose donc une rupture fondatrice, comme dans tous les grands tournants politiques. L'union ne s'impose pas naturellement, en effet, dans l'ordre politique, marqué au contraire par l'esprit de confrontation. Pour faire l'union, il faut donc sacrifier les conforts, les appétits et les susceptibilités. Il faut sacrifier la politique de l'instant au profit de la politique de l'histoire. Ce sacrifice-là est bien difficile aux politiciens !

    La rupture doit d'abord être intellectuelle et morale : la droite de gouvernement doit avoir le courage de tuer le père, c'est-à-dire le politiquement correct et ses prophètes. C’est simple à faire : il suffit de préférer le verdict de l'électeur et des militants à celui des journalistes.

    La rupture doit aussi être politique : la droite doit comprendre qu'elle ne peut plus gagner en ordre dispersé, face à une gauche maintenant installée au cœur du Système oligarchique qui cumule tous les pouvoirs et qui s'appuie sur tout un réseau de clientèles. L'échec de 2012 doit ouvrir la voie à la renaissance de la droite.

    Avant de parler de la renaissance de la droite, revenons sur les raisons de son échec.

    * * *

    Un échec paradoxal

    L’échec de la droite en France face à la gauche est paradoxal :

    • - la droite est en situation d’échec politique, alors que la gauche unie n’obtient plus aujourd’hui en France la majorité des inscrits ou des votants dans les urnes ;
    • - elle est en situation d’échec politique alors que de nombreuses études montrent que l’opinion publique majoritaire – y compris les jeunes – adopte plutôt des positions de plus en plus conservatrices en matière de mœurs, en matière sécuritaire, en matière de laïcité ou d’immigration, voire en matière de finances publiques ;
    • - elle est en situation d’échec politique alors que l'on observe une réticence croissante des intellectuels dans notre pays, vis-à-vis de l'idéologie dominante et de son expression politiquement correcte.

    Il faut donc se demander pourquoi une droite potentiellement majoritaire a été battue par une gauche minoritaire dans les esprits et dans les urnes. Il y a plusieurs réponses à cette question :

    • - une réponse circonstancielle : la droite de gouvernement a été une victime collatérale de la crise économique, qui a été fatale à beaucoup de gouvernements européens en place, de gauche comme de droite ;
    • - une réponse politicienne : l’élection de F. Hollande à la présidentielle de 2012 repose non pas sur l’adhésion au projet socialiste mais sur le rejet de la personne de N. Sarkozy sensible dans tout l’électorat, y compris à droite.

    Néanmoins ces deux réponses n’expliquent pas tout. Il y a en effet une raison de longue durée et de nature métapolitique à l’échec politique de la droite : si la gauche a gagné en 2012 c’est parce que la droite en France a commis des erreurs stratégiques fatales à la fin du XXe siècle.

    C’est sur ce dernier type d’explication que l’on s’arrêtera, même si l’on ne doit pas oublier que dans toutes les catastrophes c’est la conjonction de différents facteurs – de court ou de long terme – qui est cruciale.

    * * *

    La droite en France a été battue par la gauche car elle a commis trois erreurs fatales à la fin du XXe siècle :

    - elle a perdu son âme en abandonnant la lutte des idées ;
    - elle a donné la préférence à ses ennemis par rapport à ses alliés ;
    - elle s'est coupée du peuple français en trompant en permanence ses électeurs : c'est pourquoi ses électeurs ont commencé à la quitter.

    Ces trois erreurs fatales ont un commun dénominateur : elles ont induit une dynamique suicidaire d’implosion de la droite, face à une gauche restée unie.

    Pour cette raison deux droites politiques coexistent désormais de nos jours en France :

    • - une droite fantôme : fantôme, car elle n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis qu’elle s’est ralliée au politiquement correct ; cette droite fantôme, bien qu’elle ait été une droite de gouvernement, n'en finit pas de décliner électoralement ; et aujourd’hui la droite fantôme a perdu son dernier argument : elle n’est plus au gouvernement !
    • - une droite populiste, diabolisée par le Système sous le vocable péjoratif « d'extrême droite », mais qui est en progression électorale ; la droite populiste a jusqu’alors été écartée du gouvernement.

    Mais les deux droites réunies représentent un potentiel électoral supérieur à celui de la gauche. C’est bien pourquoi l'union de la droite est le cauchemar de la gauche et c’est pourquoi elle fait tout pour l’empêcher.

    * * *

    Revenons sur les trois erreurs fatales de la droite :

    1/ Première erreur fatale : La droite de gouvernement a perdu son âme. C’est pourquoi elle est devenue un droite fantôme ou une droite zombie.

    La droite de gouvernement a perdu son âme car elle a délaissé la lutte des idées à la fin du XXe siècle.

    1.1
    Des raisons exogènes

    Il y a, certes, des raisons exogènes à cette crise intellectuelle et morale de la droite française.
    Jusque dans la première moitié du XXe siècle, la droite en France rassemblait en effet de brillants penseurs, des intellectuels et des artistes. Elle était même une droite intellectuelle, parfois trop d'ailleurs, avant d'être politique.

    1.1.1
    La « révolution de 1944 », selon l’expression de l’historien D. Venner, c'est-à-dire l’Epuration qui a visé avant tout les intellectuels, les hommes politiques et les notables de droite assimilés à la Collaboration, y a mis un terme brutal. L’Epuration a installé durablement, au nom de l'antifascisme, le pouvoir culturel de la gauche, et notamment des communistes, dans notre pays grâce à la diabolisation des hommes et des idées de droite et grâce à la confiscation des organes de presse, des maisons d’édition, à la mise au pas du cinéma et à la mainmise sur la « culture », l'enseignement et l'université.
    La gauche n'a jamais connu une telle répression ni une telle repentance, malgré les horreurs du communisme.
    Nous ne sommes toujours pas sortis, en France, de ce Yalta culturel ni du climat de guerre civile froide qui en résulte, rituellement entretenu par la commémoration permanente des « heures sombres de notre histoire », opposant les bons (toujours de gauche et si possible étrangers) et les méchants (toujours de droite et toujours français).
    La reductio ad hitlerum n'a ainsi cessé depuis lors d'être employée contre la droite alors qu'il n'y a plus de reductio ad stalinum dans notre pays depuis la répression hongroise de 1956. Les valeurs de la droite sont ainsi victimes, selon l'expression de Pascal Ory, d'une « rétro-satanisation » permanente, évidemment instrumentée par la gauche.

    1.1.2
    Mai-68 constitue un autre tournant intellectuel majeur, alors que les gaullistes n'y ont vu à l'époque que les drapeaux rouges de la « chienlit ».
    Cette révolution culturelle, on le sait aujourd'hui avec le recul du temps, a en effet été le brise-glace du néo-capitalisme, c'est-à-dire du règne de l'argent-roi. Car ce que l'on va « contester », en réalité, ce sont les valeurs de la droite et de la tradition européenne précisément : les valeurs de patriotisme, de sacrifice, d'autorité, de hiérarchie, de respect des bonnes mœurs et des traditions, de différenciation des sexes et des rôles sociaux, d'épargne, de travail et de retenue.
    La révolution culturelle de Mai-68 a aussi achevé de livrer l'enseignement, et notamment l'enseignement supérieur, puis les médias à l'idéologie de gauche. Elle a donné à la gauche de nouveaux moyens de façonner les esprits et d'entreprendre une stratégie de conquête du pouvoir culturel, qui verra son aboutissement dans la victoire de 1981 et dans la tyrannie du politiquement correct aujourd'hui.

    1.2
    Néanmoins le passé n'explique pas tout

    Le passé n’explique pas tout car, malgré cette succession de coups d'arrêt, la droite a quand même fait preuve d'une belle résilience.
    Une droite intellectuelle est née des épreuves, en particulier de la fin de la Guerre d'Algérie et après la révolution culturelle de Mai-68, convaincue de la nécessité de reprendre le combat culturel contre la gauche.
    La progression continue de la droite populiste est une autre preuve de la résilience des idées de droite dans notre pays.
    L'échec intellectuel de la droite ne résulte donc pas d'une fatalité : il résulte avant tout de l'aveuglement des responsables politiques de la droite de gouvernement, incapables de raisonner à long terme.

    1.2.1
    La droite de gouvernement a en effet fait preuve de suffisance :

    - Elle a cru que la « bonne gestion de l’économie », c'est-à-dire la sienne, constituerait son meilleur argument électoral face à une gauche trop « doctrinaire ». On se souvient du slogan de Giscard d'Estaing après la victoire de la gauche en 1981 : « Ça marche mal : c'est socialiste», ce qui voulait dire que c'était sur le terrain de l'efficacité économique et sociale, et non sur celui des principes et des finalités, qu'il fallait combattre la gauche. Après la victoire de la gauche en 1981, la droite a en outre voulu surfer sur la vague Thatcher/Reagan, en opposant un libéralisme magnifié sur l'autel du libre-échange mondialiste au socialisme ringardisé. Devenue anglophile, la droite s’est donc emparée avec délices du prêt à penser libre-échangiste ;

    - Mais en se concentrant sur les seules questions économiques et en se ralliant, au surplus, au néolibéralisme mondialiste, la droite s'est placée dans une impasse politique :

    • - une impasse, d'abord, parce que la gauche s'est rapidement ralliée à son tour au libre-échangisme mondialiste après le tournant de la rigueur en 1983 ; c'est même la grande mutation idéologique qui s'est produite à gauche à la fin du XXe siècle avec la chute de l'utopie communiste : la gauche a abandonné son projet de sortie du capitalisme pour se rallier, au contraire, au social-libéralisme mondialiste ; cela veut dire que la droite a donc perdu la capacité de se différencier de la gauche sur ce plan ;
    • - une impasse, ensuite, parce que la droite de gouvernement n'a pas fait mieux, finalement, que la gauche, à la fin du siècle, en matière économique ; car si autrefois la droite rimait avec économie, au sens vertueux du mot, avec confiance dans la monnaie ainsi qu’avec rigueur budgétaire et financière, elle a perdu aussi sur ce terrain-là !
    • - une impasse, enfin, parce que le néolibéralisme mondialiste se rattache comme la gauche à l’idéologie des Lumières. Le néolibéralisme mondialiste, ce sont les Lumières + le CAC 40, c'est-à-dire une idéologie qui est tout à l'opposé des valeurs de droite.

    Le néolibéralisme dans sa version mondialiste prône en effet la « société ouverte », c'est-à-dire la déconstruction des traditions, des protections nationales et des frontières économiques et, finalement, de toutes les identités comme autant d’obstacles au « doux commerce » entre des individus égaux et « rationnels » car libérés de toute appartenance. Les peuples autochtones sont en outre perçus comme un obstacle à ce projet et non plus comme un levier.
    On ne peut donc pas à la fois se déclarer en faveur de la famille, des traditions culturelles, de l’identité, de la citoyenneté ou de la nation et prôner cette idéologie : il y a dissonance cognitive entre les deux positionnements ! La droite ralliée au libre-échangisme mondialiste devient par conséquent inaudible ou bien n’est plus de droite : c’est justement ce qui lui est arrivé !

    1.2.2
    La droite suffisante a surtout manqué de courage intellectuel face à la gauche :

    • - La droite suffisante est d’abord restée sourde aux nombreuses voix qui s'étaient élevées dès les années 1970 pour dénoncer sa capitulation intellectuelle face à la gauche, que ce soit parmi les intellectuels (Maurice Druon, Michel Droit, Jean Cau, Louis Pauwels notamment) ou les clubs de réflexion (dont le CDH ou le Club 89), en particulier après la victoire de la gauche en 1981.
    • - En prenant la décision de cohabiter politiquement avec la gauche en 1986 afin de revenir au pouvoir, la droite de gouvernement a, au surplus, choisi la voie de la connivence idéologique durable avec la gauche, c'est-à-dire que face à la gauche elle n’a pas osé se réclamer de l’héritage intellectuel de la droite ; elle a, au contraire, trouvé plus confortable de lui emprunter ses valeurs et donc de combattre sur le terrain que celle-ci avait choisi : c’était une faute stratégique.

    La droite a donc renié rapidement sa plateforme électorale qui lui avait pourtant permis de battre les socialistes et les communistes aux législatives de 1986. Ce choix incombe notamment à J. Chirac qui porte une lourde responsabilité personnelle dans l'affaire, même s'il a fait des émules. Si ce choix a profité personnellement à J. Chirac il s’est révélé désastreux pour la droite : la droite de gouvernement est, en effet, devenue progressivement de moins en moins discernable de la gauche.

    Cette tendance, déjà perceptible dans les années 1970, n’a fait que s’accentuer.

    Les mots d’ordre des hommes politiques de droite vont désormais provenir quasiment tous de la gauche : de la « nouvelle société » (car la société est bloquée par le conservatisme, bien sûr ! selon Chaban-Delmas), à la « réforme », « la société libérale avancée » (c'est-à-dire une sorte de social-démocratie : Giscard d’Estaing), « le travaillisme à la française » (Chirac), le « changement » et « Vivement demain » (en 1986), la « rupture » (Sarkozy après… Mitterrand en 1981). Le dernier chic à droite était d’ailleurs de se réclamer d’hommes de gauche : de Jaurès à Georges Mandel, ce que ne fait à l'inverse jamais la gauche.

    Le débat sur les « valeurs » de l'UMP est d'ailleurs révélateur. Quelles sont ces « valeurs » en effet ?

    Si l'on va sur le site de l'UMP on constate que le texte fondateur de 2002 n'est plus en ligne. On ne trouve qu'un court document qui est truffé de références sémantiques de gauche : « solidarité, éducation, respect, vivre ensemble », etc. On y lit aussi que « la nation républicaine fonde notre identité commune », ce qui revient à dire que la nation se résumerait à la République et que l'identité nationale serait uniquement de nature politique. Le texte définit aussi la liberté comme une valeur essentielle mais qui « permet à chacun d'imaginer, d'agir, de créer, de s'exprimer » : il s'agit donc d'une conception purement individualiste et narcissique de la liberté, les mots « chacun » et « individu » revenant d'ailleurs souvent dans le texte. Et quand M. Juppé déclare qu'il faut mettre à jour ces valeurs que dit-il ? Qu'il faut réussir l'intégration (des immigrés) et « rejeter la xénophobie et l'islamophobie » (leFigaro.fr du 18 juin 2012).

    En d'autres termes, ces « valeurs » se différencient bien peu de l'univers mental de la gauche auquel elles font un grand emprunt. Comme le déclaraient d'ailleurs cet été Pierre Lellouche et Axel Poniatowski, députés UMP, à Paris Match : « On l'occulte toujours mais l'UMP se situe parfaitement en concordance avec le Parti démocrate [américain]. Et encore, on serait plutôt un peu plus à gauche » (Nouvelles de France, 31/8/2012).

    En 30 ans, la droite de gouvernement s’est métamorphosée en avatar de la gauche : un avatar qui se prétend économiquement plus responsable ou plus « libéral » que la gauche, tout en se recommandant des valeurs de gauche. Cette droite s’est ainsi progressivement ralliée à l’égalitarisme, à la « lutte contre les inégalités » et donc à l’ingénierie sociale, puis à l'idéologie des droits de l’homme en déconstruisant la citoyenneté, à « l’antiracisme », à la discrimination positive, à l’écologisme, au féminisme, enfin au libre-échangisme mondialiste, à la perte de la souveraineté nationale, à l'atlantisme et, finalement, au cosmopolitisme.

    1.2.3
    Enfin, la droite de gouvernement, ayant délaissé la lutte des idées, est devenue aveugle :

    Elle n'a pas vu venir le monde dans lequel nous allons vivre ni les nouveaux enjeux politiques qui en découlent. Engluée dans le court terme et les querelles de personnes, la droite fantôme n'a pas vu venir les nouveaux enjeux politiques de notre temps, à la différence d'un De Gaulle, par exemple, qui avait perçu la fin programmée de l'affrontement Est/Ouest, la montée en puissance de la Chine et des revendications nationales et identitaires des peuples d'Afrique et d'Asie, ou bien encore les limites de l'atlantisme. Mais on chercherait vainement des prophètes au RPR ou à l'UMP ! On trouverait tout au plus des perroquets, myopes, au surplus. La droite de gouvernement n'a pas vu venir que la marche du monde démontrait la fausseté des illusions mondialistes.

    La droite de gouvernement n'a surtout pas vu venir les nouveaux clivages culturels et politiques qui émergeaient en Europe et en France : le clivage identité/cosmopolitisme, le clivage islam/chrétienté, le clivage oligarchie/peuple, le clivage souveraineté/mondialisme, le clivage protection/libre-échangisme. Sur tous ces sujets, qui sont autant de « grandes querelles », comme disait De Gaulle, la droite n’a rien eu à nous dire. Elle n’a donc nullement profité de ces nouvelles lignes de fracture politiques.

    J. Violette http://www.polemia.com
    21/10/2012
    (Club de l’Horloge)

  • Jacques Bompard à L’Action Française : "Il suffit de gérer différemment, proprement, efficacement..."

    Jacques Bompard est Député-Maire d’Orange, il est Président de la Ligue du Sud. Nous l’avons rencontrés pour faire le point avec lui sur différents projets du gouvernement.

    L’Action Française : Vous êtes partisan de la prise de pouvoir par la base, c’est-à-dire par les élections locales

    Jacques Bompard : Absolument ! L’exercice d’un mandat local est indispensable, que ce soit pour l’individu ou le mouvement auquel il appartient. C’est à travers l’exercice d’un mandat local que le militant devient véritablement un cadre politique. C’est grâce à sa capacité à rassembler des milliers d’élus locaux qu’un mouvement se met en position de prendre le pouvoir à l’échelon national. J’ajoute que, pour ce qui est de l’individu, un passage dans l’opposition est une bonne école pour se préparer à travailler dans une majorité.

    Il est un autre élément clé de cette importance du local : la lutte contre la désinformation. En effet, s’il est excessivement difficile de lutter contre la désinformation du journal télévisé de 20 heures, il n’en va pas de même à l’échelle d’une commune ou d’un canton. Un élu local, pour peu qu’il soit habile, souple, prudent, possède tous les atouts pour devenir un contre-pouvoir médiatique. Il peut, et donc doit, incarner la réalité concrète des idées qu’il défend et non la caricature qui en est faite.

    En quoi un Maire, peut-il changer la vie de ses administrés ?

    En faisant, tout simplement son travail ! La grande majorité des collectivités de notre pays sont très mal gérées. Les communes ne font pas exception, surtout lorsqu’elles gagnent en taille. Ce phénomène n’est pas dû à la gauche ou à la droite, mais aux deux. Ce constat est partagé par une immense majorité de Français. Il suffit donc de gérer différemment, proprement, efficacement, pour apparaitre comme véritablement révolutionnaire, apporter de l’espoir et démontrer qu’une autre politique est possible.

    Comment un Maire peut-il s’opposer à certaines décisions prises par le législatif ou par le gouvernement ?

    Dura lex sed lex. La seule possibilité pour le maire de réagir est de porter les dossiers qu’il conteste devant le Tribunal administratif. En général, le Tribunal administratif a des conclusions conformes à la position de l’Etat. Mais les tribunaux administratifs ont tendance à être plus indépendants que les autres juridictions. Ils n’hésitent pas à condamner l’’Etat. Cela ouvre donc un petit espace de liberté.

    Par ailleurs, on peut utiliser les décisions aberrantes de l’’Etat en démontrant leur absurdité auprès des citoyens. La mise en exergue des disfonctionnements incite les citoyens à se mobiliser. Le réveil des Français peut passer par cette contestation d’un Etat qui ne les protège plus, d’un Etat dur avec eux et pusillanime avec les autres...

    Etes-vous favorable au cumul des mandats ?

    Oui, lorsqu’il s’’agit d’un mandat local et d’un mandat national. L’’exercice d’un mandat local permet l’’ancrage dans les réalités du terrain. Il permet de sortir un peu du carcan mortifère des partis politiques centralisés, et donc d’’insuffler un peu d’esprit démocratique dans la vie politique, via la démocratie locale.

    Comment mettre en place la « préférence nationale » au niveau local ?

    C’’est impossible directement. Mais le maire peut veiller à l’’application stricte de la loi et donc faire en sorte que n’existe pas une préférence étrangère. Ainsi, même s’il ne dispose d’aucun pouvoir en matière d’attribution de logements sociaux, un maire peut veiller à ce que l’’aide sociale municipale ne soit pas versée préférentiellement aux étrangers ou aux personnes d’’origine étrangère. C’’est pourtant ce qui arrive souvent car beaucoup d’’entre eux sont souvent mieux informés de la loi que les autochtones qui n’’osent pas toujours demander à bénéficier des aides publiques.

    Comment une municipalité peut-elle endiguer le développement de l’’immigration et de l’’Islam dans une commune ?

    Ce n’’est pas possible. Prétendre le contraire serait mentir car le maire n’’en a pas les compétences puisque ces dossiers sont régis par l’Etat. Cependant, être en place permet d’’éviter bien des dérapages de maires de gauche ou UMP. Nous ne donnons pas de terrains pour construire des mosquées, nous ne finançons pas des écoles coraniques.

    Ne pensez-vous pas que le seul combat contre l’’immigration est un peu juste pour obtenir une majorité. Depuis le temps, il y a bien longtemps que l’’opposition nationale aurait dû marquer des avancées significatives.

    Mais même sur ce sujet, l’’opposition nationale a eu malheureusement des positions fluctuantes qui ont désorienté les électeurs. Une bonne politique de l’’immigration ne suffit pas à faire une bonne politique nationale car, si c’’est un problème majeur pour la France, ce n’’est pas le seul dont elle souffre, tant sans faut. Une politique de redressement national passe par une lutte efficace contre l’’immigration, mais également par un assainissement des finances publiques, la défense et la promotion de la famille traditionnelle...

    Qu’’est-ce qui a changé à Orange depuis 17 ans ?

    Tout a changé. Par exemple, on investit deux fois plus que les autres villes de taille comparable. Dans le même temps, les impôts locaux n’’ont cessé de diminuer et la ville n’’est plus endettée. Et si l’’Etat n’’entravait pas sans cesse notre action, nous ferions plus. Comme quoi, même avec une politique désastreuse au niveau national, il est encore possible de conduire une politique de redressement.

    En quoi pensez-vous pouvoir être utile comme député ?

    C’’est indéniablement un plus pour notre action. Le député précédent me voyait comme un danger et tentait de saborder tous les projets. J’’essaye désormais de les débloquer. Et dans l’’hémicycle, je défends nos concitoyens en apportant une vision des choses que je suis le seul à apporter. Sur le logement social, j’’étais le seul à dire que c’’était un outil utilisé par les autorités pour développer l’’immigration et que la mixité demandée par le gouvernement était refusée par les étrangers eux-mêmes qui chassent les Européens des logements sociaux.

    Propos receuillis par François Xavier Présent - L’AF n° 2852