
Il y a un truc fascinant dans le débat public actuel, c’est cette capacité extraordinaire à utiliser certains mots comme des extincteurs intellectuels. On ne s’en sert pas pour éclairer une discussion, mais pour l’éteindre. Fasciste est devenu l’outil préféré de ce petit théâtre. On ne l’emploie plus pour décrire une réalité politique précise, on le balance pour faire taire. C’est un mot réflexe, un mot d’urgence, un mot qui permet d’éviter toute fatigue cérébrale. Dès qu’il sort, la discussion est censée être terminée, rideau, circulez, il n’y a plus rien à penser.






