La haine du Blanc n’est ni un fantasme ni une formule polémique récente. C’est un phénomène politique récurrent, observable, documenté, qui suit partout le même chemin et produit toujours la même issue. Le départ. L’Algérie de 1962 en est l’exemple matriciel. Ce qui s’y est joué ne relève pas simplement de la décolonisation ou de la fin d’un conflit armé, mais de l’installation durable d’une logique de désignation raciale. En quelques mois, l’Européen d’Algérie est devenu un corps étranger, non pour ce qu’il faisait, mais pour ce qu’il était. Peu importaient les générations, l’enracinement, les vies construites sur place. La faute était héréditaire, liée à la couleur de peau, et donc irréversible. Le résultat est connu mais rarement nommé pour ce qu’il est : près d’un million de personnes contraintes de partir dans l’urgence, la peur, parfois la violence. Une épuration ethnique de fait, longtemps minimisée, justifiée, rationalisée, puis recouverte par le silence.
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