Robert Redeker est agrégé de philosophie : il participe à la rédaction du magazine Marianne. Livre après livre, il élabore une philosophie de l’esprit, face au matérialisme transhumain qui règne sur la société occidentale. Suite à un article paru en 2006 dans Le Figaro, prolongeant la pensée du pape Benoît XVI sur l'islam, il a été menacé par une fatwa. Il apparaît aujourd'hui comme l'un des héros discrets de la liberté de l'esprit au quotidien.
Dans votre dernier livre, Les sentinelles d'humanité, vous promettez une « philosophie des héros et des saints ». Vous n'avez pas peur d'aller reconnaître des chemins qui ne mènent nulle part ?
Vous savez, en philosophie, chez Heidegger en particulier mais de manière plus universelle encore, même les chemins qui ne mènent nulle part, mènent quelque part ceux qui les défrichent. Les héros et les saints ont une quête, dont ils ne savent pas forcément où elle va, même si elle a peut-être déjà trouvé pour eux. Ils sont à mes yeux des accomplissements de la nature humaine. Ce sont des personnes qui sont allés plus loin que les autres dans la découverte de leur nature. Attention : Thomas d'Aquin explique que la nature est toujours présente avec le risque du péché et l'arrachement à ce risque qui s'appelle la sainteté. Vous savez, c'est une idée importante, surtout aujourd'hui, de dire qu'il y a une nature humaine et qu'elle peut s'épanouir.




André Gandillon, Grandeur du christianisme, préface de l'abbé Claude Barthe, François-Xavier de Guibert, 448 pages, 30 €
« En France, on a le droit de critiquer les religions, il n’y a pas de délit de blasphème. » On peut dire que ce genre d’affirmation court en boucle en ce moment dans tous les médias et les réseaux sociaux. C’est suite à l’affaire Mila, du nom d’une jeune fille de 16 ans qui s’est permis d’exprimer des propos peu aimables – c’est le moins que l’on puisse dire – à l’égard de l’islam. Cela lui a valu des menaces de mort et même l’impossibilité d’accéder à son lycée, sa sécurité étant en cause.