Depuis un mois fleurissent les tribunes pour dénoncer communautarisme musulman : 100 intellectuels contre le « séparatisme musulman » des banlieues, 300 contre le « nouvel antisémitisme » islamique et 30 imams qui dénoncent le terrorisme.
Un pavé dans la mare de la bien-pensance ! C'est ce qu'auront réussi les signataires du Manifeste « contre le nouvel antisémitisme » publié dans Le Parisien le 21 avril. Philippe Val y est accompagné de plus de 250 autres signataires de l'« appel des 300 » : Sarkozy, Delanoë, trois anciens Premiers ministres, une flopée de ministres, artistes, journalistes, de droite et de gauche, tout l'establishment a signé.

Charles Maurras disait de Drumont que « la formule nationaliste était née entièrement de lui » et évoquant Léon Daudet, Maurice Barrés, Paul Bourget, « nous avons tous commencé dans sa lumière. » Daudet, lui, l'avait surnommé « le révélateur de la race ». Docteur au chevet d'une France déjà très malade et dont il avait identifié le bacille destructeur dans La France juive, La France juive devant l'opinion et le Testament d'un antisémite, le vieux maitre fut aussi un journaliste, un pamphlétaire, un polémiste, un député redoutable ainsi qu'un sociologue averti. Dans La Fin d'un monde, il analysait, un siècle plus tard, les fruits amers de l'héritage de 1789, les conséquences de la montée au pouvoir de la bourgeoisie d'affaire et le triomphe du monde de l'argent, y compris dans la mentalité des plus humbles qu'il aimait pourtant par-dessus tout. Le remède ? Le socialisme-national. Dans ce livre, Rouault extrait de chaque livre de Drumont les meilleurs passages. Il n'y a rien à jeter en 2020 : « Les peuples aujourd'hui bénissent ceux qui les ruinent. » « En France, il y a de nombreuses causes qui justifieraient une révolution, mais il n'y a pas de révolutionnaires. » On n'écrirait pas mieux aujourd'hui.

