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31/08/2013

« Le désert croît… ». Nietzsche et l’avilissement de l’homme

La question de l’humanisme est viciée dans son principe même par la définition implicite de l’humain qu’elle présuppose. Si l’on envisage en effet l’humanité à la fois comme une fin et comme un tout, on s’interdit de saisir la véritable signification de l’humain. On disserte encore naïvement sur l’ambiguïté essentielle de l’homme, créature hybride, ni ange ni bête, mais hésitant toujours entre ces deux extrêmes, sans voir que cette représentation caricaturale de l’« humain » et de l’« inhumain » s’appuie sur une vision morale du monde surannée et pernicieuse. L’inhumanité de l’homme n’a ainsi de sens que si l’on sait avec certitude ce qui est proprement humain, c’est-à-dire si l’on attribue à l’homme une essence idéale, à laquelle il ne coïncide peut-être pas encore, mais qu’il doit pourtant s’efforcer de réaliser, comme sa vocation propre. C’est à cette non-coïncidence momentanée de l’homme avec sa nature véritable, qui serait d’être un sujet moral et libre, qu’il faudrait imputer les actes « inhumains » qu’on le voit partout commettre, si l’on en croit les thuriféraires attardés de l’idée de progrès. Or, si l’humanitarisme actuel a bien repris à son compte l’idéal chrétien d’humanisation, qui fait un devoir à l’homme de surmonter la part de bestialité en lui pour pouvoir accéder à l’humanité véritable, cela n’a pas eu pour effet la moralisation de l’homme, loin de là (1) ! C’est bien plutôt l’échec de toute tentative de rendre l’homme meilleur qui apparaît clairement dans le mélange d’incompréhension et de terreur panique que suscite le récit de la « barbarie » dont l’homme est toujours capable.

Aussi est-il étonnant de voir que cet idéal, qui n’a jamais engendré qu’un respect abstrait de l’homme, au mieux de ses droits, mais pas de sa particularité, non seulement n’est pas abandonné, mais est maintenu et même renforcé : il faut « toujours plus » de civilisation, c’est-à-dire d’humanisme abstrait pour combattre la barbarie, alors que celle-ci se nourrit très certainement de l’hypocrisie et de la pusillanimité d’une politique angélique. L’opposition de Nietzsche à cet humanisme lénifiant, hérité de la pensée des Lumières et de Kant, est en ce sens salutaire. À ses yeux, l’histoire de la civilisation occidentale, qu’il résume à l’entreprise chrétienne d’humanisation de l’homme, est l’histoire du rapetissement de l’homme, de sa dénaturation. En cherchant à moraliser l’homme, on a simplement réussi à le mettre en contradiction avec lui-même, à le séparer de son animalité première. La morale chrétienne a ainsi creusé un abîme entre l’homme et la nature en faisant de lui le centre de la création, sa véritable raison d’être. Il lui fallait désormais se détacher de plus en plus de sa propre nature pour remplir sa destination finale, qui est d’être pleinement homme. L’affirmation de Kant selon laquelle il y a en chacun de nous un « intérêt naturel pour la moralité », une disposition morale qu’il nous suffit de développer pour devenir un homme digne de ce nom, explique que l’accomplissement de l’homme ait jusqu’ici été confondu, comme le souligne Nietzsche, avec son accomplissement moral. La question fondatrice et en apparence innocente de l’anthropologie morale, « Qu’est-ce que l’homme ? » (2), doit donc être impitoyablement rejetée, car elle suppose l’existence d’une essence invariable de la nature humaine. Elle avait en effet chez Kant le sens d’une incitation à faire ce que notre devoir nous impose de faire pour devenir réellement humains, alors que la vraie question pour Nietzsche, qui conçoit l’homme comme un « pont », une « transition » et non une fin, est de savoir jusqu’où l’homme peut aller, et ce par-delà bien et mal.

Il n’est pas dès lors exagéré d’affirmer que Nietzsche est un humaniste, dans la mesure où son œuvre tout entière se présente comme une tentative pour ennoblir l’homme, le rendre plus fort, plus profond, plus « méchant ». Il s’oppose simplement à l’humanisme moral, dont le but est de domestiquer l’homme, comme on apprivoise la nature sauvage, et non de l’élever comme une « plante » pour lui permettre de tenir ses promesses. En faisant de l’homme « le seigneur de la nature », la philosophie pratique de Kant ouvrait en effet la voie à la singulière alliance de l’humanitarisme et du technicisme qui caractérise la modernité, le principe commun aux deux étant la subordination et la négation de la nature. Dans son rejet sans équivoque de la modernité, Nietzsche se pose, dès la Préface de 1872 à La Joute chez Homère, en héritier de la conception grecque de l’homme, qui nous paraîtrait bien « inhumaine » aujourd’hui, si nous devions la mesurer d’après nos critères moraux :

Lorsqu’on parle d’humanité, on se fonde sur l’idée qu’elle pourrait bien être ce qui sépare l’homme de la nature et l’en distingue ; mais, en réalité, cette séparation n’existe pas : les propriétés « naturelles » et celles qu’on dit être proprement « humaines » se sont entremêlées de façon indissociable. Dans ses facultés les plus nobles et les plus élevées, l’homme est tout entier nature et porte en lui l’étrangeté de ce double caractère naturel. Ses aptitudes redoutables et qu’on tient pour inhumaines sont peut-être même le sol fécond d’où peut surgir une quelconque humanité sous la forme tant d’émotions que d’actions et d’œuvres. C’est ainsi que les Grecs, les hommes les plus humains de l’Antiquité, possèdent un caractère cruel et portent en eux la marque d’un désir sauvage de destruction : trait de caractère que révèle également fort bien l’image grotesquement agrandie de l’Hellène que renvoie Alexandre le Grand, mais qui, dans toute son histoire comme dans sa mythologie, ne peut que nous effrayer, nous qui n’avons pour l’observer que le concept pusillanime d’humanité au sens moderne.

Il faut donc préciser ce qu’on entend par humain avant de jeter l’anathème sur certains hommes et leur reprocher leur prétendue « inhumanité ». Nietzsche montre que l’échelle de valeurs ici adoptée est biaisée et qu’elle repose en réalité sur le dogme chrétien de l’égalité naturelle des hommes. D’après lui, l’homme passe infiniment l’homme : un abîme sépare ainsi le dernier homme – l’homme fragmentaire, servile – du surhumain, l’homme complet, souverain. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est donc par philanthropie que Nietzsche exprime fréquemment son aversion pour ce que l’homme est devenu sous l’emprise de la morale judéo-chrétienne. Mais le constat amer de Zarathoustra que « le désert croît… » (3) ne signifie pas qu’il faille désespérer de l’homme : son ennoblissement reste possible aux yeux de Nietzsche, qui ne partage pas sur ce point le pessimisme de son « éducateur » Schopenhauer (4).

Mais ennoblir l’homme ne consiste pas à l’affranchir du règne de la nature et de l’animalité, bien au contraire. C’est pour cela que Nietzsche se montre intransigeant – à l’instar de Schopenhauer certes, mais pour des raisons inverses – envers la notion kantienne d’une « dignité » inconditionnelle de l’homme :

L’homme a été éduqué par ses erreurs : il ne se vit jamais, tout d’abord, qu’incomplètement, en second lieu il s’attribua des qualités imaginaires, en troisième lieu il se sentit dans une situation hiérarchique inexacte à l’égard de l’animal et de la nature, en quatrième lieu, il ne cessa d’inventer de nouvelles tables de biens et les considéra pendant un certain temps comme éternelles et inconditionnées de sorte que tantôt telle pulsion et tel état humain, tantôt tels autres occupèrent le premier rang et furent ennoblis par suite de cette appréciation. Si l’on compte pour rien ces quatre erreurs, on aura également compté pour rien l’humanitarisme, l’humanité et la « dignité humaine » (5).

Contrairement aux traditionnels réformateurs politiques et moraux, Nietzsche ne souhaite donc guère changer la nature humaine de fond en comble, mais la retrouver sous le masque complaisant de la moralité. Ramener « l’humanisation » ou la « moralisation » à une dénaturation de l’homme lui permet ainsi de dénoncer en passant les rêves d’ennoblissement qui font peu de cas de l’humanité véritable. On ne peut en effet se défendre de voir dans la volonté révolutionnaire de faire progresser l’humanité dans son ensemble une traduction laïque de la morale socratique et chrétienne du perfectionnement moral. Dans les deux cas, il s’agit de rendre l’humanité meilleure et d’ouvrir la voie à un « homme nouveau », qui aura surmonté tout ce que l’humanité ancienne contenait d’« inhumain ». Nietzsche a raison en ce sens de dénoncer « une chimère dans la théorie de la révolution » :

Il est des visionnaires de la politique et de la société qui poussent de toute leur éloquence enflammée à un renversement total de l’ordre établi, dans la croyance qu’aussitôt après s’érigera comme de lui-même le temple le plus fier d’une belle humanité. Il persiste dans ces rêves dangereux un écho de la superstition de Rousseau, qui croit à la bonté de la nature humaine, une bonté miraculeuse, originelle, mais comme ensevelie désormais, et qui impute toute la faute de cet ensevelissement aux institutions de la civilisation, société, État, éducation (6).

Non seulement l’humanisation conçue comme « amélioration » n’est pas un gage de progrès, mais elle repose surtout sur une fausse conception de l’homme et de ce qui est (ou peut devenir) humain. L’erreur fondamentale ici est, sous prétexte de droit à l’égalité, de concevoir l’humanité comme un tout, alors qu’il est manifeste que la notion d’humain recouvre d’immenses différences entre individus particuliers et entre « types », comme le dit Nietzsche. On ne parvient ainsi à l’homme en soi, cette « abstraction exsangue » (7), que par nivellement.

Le règne misérable du dernier homme

C’est précisément pour insister sur la grande plasticité de l’humain que Nietzsche creuse autant le fossé entre le « fort » et le « faible », l’homme tropical et l’homme domestiqué, le surhumain et le dernier homme. Comme son nom l’indique, le dernier homme représente l’homme le plus méprisable qui soit, le terme possible de l’évolution (ou plutôt de l’avilissement) de l’humanité, si le processus de décadence se poursuivait jusqu’au bout et mettait fin à toute perspective d’avenir. Cet homme crépusculaire est aux antipodes du surhumain, qui incarne au contraire l’avenir de l’humanité. En accentuant de la sorte le contraste entre ces deux pôles extrêmes de la hiérarchie humaine, Nietzsche a voulu dépeindre de la manière la plus vive le choix décisif entre montée et déclin que chacun de nous est selon lui nécessairement amené à faire. Ainsi, lorsque Zarathoustra brosse le portrait peu flatteur du dernier homme dans le Prologue, c’est dans l’espoir de susciter le mépris de la foule, que la description du type surhumain n’avait guère émue.

Cet homoncule, cet homme avorté que Nietzsche voyait avec dégoût se profiler à l’horizon de la modernité, a renoncé à toute grandeur et n’aspire plus qu’à vivre confortablement et le plus longtemps possible. Semblable à un puceron hédoniste, il a en aversion le danger et la maladie : « On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on révère la santé ». Tard-venu, il veut travailler le moins possible et met au-dessus de tout la paix, la tranquillité, la sécurité. Nietzsche compare pour cette raison cet adepte d’une vie sédentaire, en troupeau, à un animal grégaire. L’histoire de la civilisation occidentale est de ce fait l’histoire du déclin de l’Occident, de la « médiocrisation » et du nivellement des Européens, qui ont en commun les mêmes besoins grégaires. Certes, les sentiments grégaires ont toujours existé et ont toujours constitué un frein puissant à l’affirmation de fortes personnalités, mais ils avaient au moins mauvaise conscience avant le christianisme. Sanctifiés par lui, le laisser-aller, la pusillanimité (l’« humilité »), la lâcheté (la « prudence »), le goût du confort matériel et intellectuel s’étalent désormais au grand jour, sans la moindre vergogne.

Les valeurs chrétiennes et démocratiques encourageraient de la sorte une vie parasitaire, tout entière vouée à la poursuite d’un bonheur mesquin et étriqué. Nietzsche n’hésite pas en effet à qualifier de « parasite » (8) l’avorton produit par la morale chrétienne et égalitaire, puisqu’il se niche dans tous les recoins et interstices de la vie et qu’il cherche à survivre aux dépens de son hôte involontaire. Délibérément provocatrice, cette image décrit à merveille la vie grégaire, une vie de totale dépendance, animée d’un secret ressentiment envers cela même qui la nourrit, tout comme le vrai parasite essaie de détruire le corps même qui lui sert de refuge … Il est frappant à cet égard de voir à quel point les nombreuses innovations technologiques de notre temps incitent à la paresse et à la servitude sous prétexte de « faciliter la vie ». Or, « la paresse, conçue comme inaptitude à un effort soutenu, est le propre de la dégénérescence » (9), d’après Nietzsche. Si l’on flatte de manière aussi éhontée la propension naturelle à la paresse, c’est dans le but non avoué d’affaiblir la volonté, de la rendre incapable d’une application durable. Aussi ne faut-il pas s’étonner si les derniers hommes se liquéfient face à la plus infime épreuve, si la moindre tension les désagrège. L’anémie de la volonté n’est que le résultat prévisible d’une vie en grande partie assistée, dépendante.

Rejetant là encore tout point de vue moralisant, Nietzsche refuse de qualifier d’individualistes ou même d’égoïstes les hommes modernes. Car le « moi » n’est pas à ses yeux une unité, mais une pluralité de forces à organiser. Seul celui qui réussit cette hiérarchisation interne peut prétendre à un égoïsme sain et parfaitement conscient : « Toute vigueur, toute santé, toute vitalité, témoigne de la tension accrue vers l’instinct dominateur du moi / tout relâchement est décadence* » (10). L’hédonisme, le relâchement de la volonté sont des signes de décadence parce qu’ils manifestent l’absence d’un tel « instinct directeur », qui hiérarchise les différentes tendances du moi. L’égoïsme doit en effet être compris comme conquête de soi et non comme simple et timide conservation. Comme le but de l’égoïste conséquent est de parvenir à la maîtrise, l’égoïsme, comme le goût de la domination, a essentiellement besoin d’être éduqué. Pour reprendre le jeu de mots d’Ecce Homo, le véritable égoïsme (Selbstsucht) est dressage du moi (Selbstzucht) (11) et diffère essentiellement du contentement de soi, qui n’est qu’enflure et vanité. Autrement dit, la fierté n’est pas en soi condamnable, mais on ne peut y prétendre qu’à condition de parvenir à la maîtrise de soi. C’est seulement le « moi » non dressé qui est « haïssable » …

Le véritable égoïsme ne consiste donc pas dans le souci maniaque de soi, l’intérêt exclusif pour sa propre personne, mais dans une juste estime de soi (12). Nietzsche dénonce ainsi l’hédonisme comme symptôme d’un ego déclinant, qui n’a plus la force de s’étendre, de subjuguer et qui ne fait plus que se flatter. L’égoïsme supérieur est bien plutôt du côté de la Selbstüberwindung, de l’effort constant pour se surmonter soi-même, un égoïsme donc très éloigné du repli frileux sur soi, du souci économe de sa petite santé … L’éducation de la volonté est en ce sens nécessaire pour renforcer l’homme, dont la pente naturelle est la paresse. Le but, comme l’écrit Nietzsche, est « d’obéir longuement, et dans une seule direction » (13). On parvient ainsi à la maîtrise à force d’application et de concentration d’esprit. Le dépassement de soi n’est plus alors source de douleur, mais disposition permanente. La force de la volonté patiemment éduquée permet d’éviter la dispersion et la fragmentation qui caractérisent l’homme moderne et de devenir un « homme total », l’inverse de l’homme fragmentaire ou du simple rouage.

Au début de la Considération inactuelle qu’il a consacrée à Schopenhauer, Nietzsche dénonce en ce sens la déshumanisation qu’entraîne la société industrielle, qui fait de ses fonctionnaires de simples rouages de la gigantesque machine qu’elle est au fond : « À la question “Pourquoi vis-tu ?”, ils répondraient tous vite et fièrement – “pour devenir un bon citoyen, un savant, un homme d’État” – et pourtant ils sont quelque chose qui ne pourra jamais devenir autre chose, et pourquoi sont-ils justement cela ? Hélas, et rien de mieux ? » L’humanité est irrémédiablement fragmentée par l’exigence économique de rentabilité, qui vise à confiner chacun dans un recoin, dans une « spécialité » (14). L’éducation moderne se donne d’ailleurs ouvertement pour tâche de perpétuer cette spécialisation excessive, dans la mesure où elle forme à des métiers particuliers plutôt que de tenter de développer l’indépendance d’esprit. L’indifférenciation est paradoxalement la rançon de cet éclatement généralisé des vocations en petits gagne-pain : il s’agit d’imposer à tous les mêmes désirs limités, les mêmes ambitions mesquines. A la vie dangereuse et inconfortable de l’esprit libre s’oppose ainsi l’obsession du dernier homme pour le confort et la sécurité, en même temps que son hédonisme mou de consommateur passif. Il voudrait au fond être assuré contre tout, même contre la vie et contre soi-même. On tient là la formule du « bonheur pour tous », du bonheur grégaire qu’annonce l’idéologie du « Progrès » telle que la démasque Nietzsche : une vie presque végétative, en tout cas étriquée, réduite aux besoins les plus élémentaires, où il n’y a pas de place pour la grandeur et le dépassement de soi.

Le caractère décadent de ce « bonheur » lénifiant, qui est avant tout une volonté d’engourdissement, l’aspiration à un profond sommeil ne fait aucun doute. Il masque à peine la profonde détresse spirituelle d’êtres qui cherchent plus à anesthésier la vie qu’à vivre. En ce sens, il exprime la lassitude plutôt que la maturité de l’homme. Les derniers hommes ont en effet un grand besoin de divertissements, de récréations pour oublier leur misère affective et pour s’oublier eux-mêmes : « Un peu de poison de-ci de-là : cela procure des rêves agréables. Et beaucoup de poison en dernier lieu, pour mourir agréablement ». Ils ne pensent qu’à se laisser aller, se relâcher, parce que pour eux la douleur est le mal absolu et qu’il leur faut littéralement se rétracter pour souffrir le moins possible. Nietzsche met particulièrement en avant l’adoption complaisante de la posture de la victime et la propension à justifier, à pardonner la faiblesse : on sait se montrer « compréhensif » et « tolérant », c’est-à-dire accommodant envers les autres et on attend d’eux en retour la même indulgence. L’affinité profonde entre l’idéologie égalitaire et la diabolisation compassionnelle de la souffrance apparaît dès lors clairement :

Ce à quoi ils [les partisans des « idées modernes »] aimeraient tendre de toutes leurs forces, c’est la généralisation du bonheur du troupeau dans sa verte prairie, avec pour tout le monde sécurité, absence de danger, bien-être, allègement de la vie ; les deux chansonnettes et doctrines qu’ils entonnent le plus généreusement s’appellent « égalité des droits » et « compassion pour tout ce qui souffre », – et ils tiennent la souffrance elle-même pour quelque chose qu’il faut abolir .

Nietzsche n’a que mépris pour le sentimentalisme, la « honteuse effémination sentimentale » (16) que l’on a le front de travestir en noblesse du sentiment. Loin de constituer un progrès en moralité, l’adoucissement de nos mœurs trahit une sensiblerie peu compatible avec la vertu véritablement humaine (17). Nietzsche rejette ainsi sans ambages le « mol concept » d’humanité, qui exclut de sa définition toute violence et toute dureté. Le ton de l’indignation morale, devenu spontané, masque mal la « dévirilisation » générale, l’incapacité à lutter. Sans surprise, les idéaux modernes portent au pinacle l’homoncule, l’avorton humain : il s’y reconnaît d’autant plus facilement qu’ils flattent son désir de se dissimuler derrière les feuilles de vigne morales de la « dignité » et de la « responsabilité ».

La forte séduction qu’exercent les valeurs « humanistes » vient en effet de ce qu’elles rendent possible l’oubli de soi, la dépersonnalisation de l’individu. La curiosité émoussée et les nerfs fatigués des derniers hommes les contraignent à recourir à des stimulants toujours plus forts. Ce besoin physiologique de narcotiques en tous genres, poussé à son comble, semble conduire tout droit à ce que Nietzsche appelle le « bouddhisme européen », c’est-à-dire à une époque de consomption sénile. Le slogan socialiste Ni dieu ni maître serait alors réalisé : il n’y aurait plus de berger, mais un seul troupeau, comme le dit le Prologue du Zarathoustra … Nietzsche dénonce dans le § 173 d’Aurore les arrière-pensées des « apologistes du travail », qui veulent briser l’individu, l’étourdir, mais il est loin de voir comme un Lafargue dans la paresse un remède à l’oubli volontaire de soi dans le travail. Elle est bien plutôt une autre manière de s’oublier, de se vautrer, de s’affaler de tout son long et n’a donc rien de commun avec l’otium, le loisir actif que Nietzsche oppose à la hâte indécente qui caractérise les Occidentaux. Il insiste ainsi sur l’égale passivité de l’affairement et du repos intégral qui le suit, de la suractivité morbide et de l’avachissement auquel donnent lieu par exemple aujourd’hui les sacro-saintes « vacances », qui signifient en réalité vacance de l’esprit … Dans les deux cas, il s’agit de se fuir, de se distraire, comme si on ne supportait pas de rester un seul instant seul avec soi-même. La diminution conséquente du temps de travail grâce aux efforts des socialistes a donné raison à Nietzsche : l’aliénation par le travail a laissé place à l’aliénation par les « industries du loisir » ; on ne sait pas quoi faire de son temps libre et on est reconnaissant à ceux qui montrent comment l’occuper « utilement ». Dans un texte posthume de 1881, Nietzsche juge ainsi les divertissements modernes « d’une parfaite médiocrité, car il faut y éviter une trop grande dépense d’esprit et de force, donc non plus en exiger trop – il s’agit de se reposer » (18). On retrouve là les petits plaisirs dont raffole le dernier homme, qui ignore tout de la contemplation ou de l’oisiveté active propres au surhumain.

Certes, le surhumain n’est qu’une représentation, un contre-idéal qu’il oppose au nihilisme tranquille et béat du dernier homme, mais Nietzsche s’accroche à cette possibilité presque idéale, au risque de paraître céder au donquichottisme. Il veut croire que l’avilissement de l’humanité n’est pas irréversible, qu’il est possible de lui indiquer à nouveau la voie de la grandeur, du dépassement de soi. Cette volonté angoissée de remédier au déclin de l’homme apparaît clairement dans un fragment de 1874, alors qu’il n’a que trente ans :

Je n’arrive pas à croire que l’homme soit cet être qui rampe à travers la vie avec une sombre application, apprend, calcule, parle de politique, lit des livres, engendre des enfants et se couche pour mourir – ce n’est alors qu’une larve d’insecte, quelque chose de méprisable, de périssable et complètement superficiel. Vivre ainsi n’est rien d’autre qu’un mauvais rêve (19).

La victoire sur le dégoût

Nietzsche fait ainsi du surhumain le sens et la raison d’être de l’humain pour montrer que le nihilisme n’est pas une fatalité, qu’il peut et doit être surmonté. Cela n’a rien d’un geste humanitaire, comme le rappelle le § 377 du Gai savoir, car ce n’est pas l’amour abstrait de l’humanité qui anime Nietzsche, mais plutôt l’amour du surhumain à venir : « L’amour pour le surhumain est le remède contre la pitié pour l’homme : l’humanité devrait rapidement périr de cette compassion » (20). La pitié est en effet ici au service du rapetissement de l’homme puisqu’elle le conforte dans sa faiblesse et voit même en elle le signe d’une humanité supérieure. Tout compte fait, Nietzsche trouve plus humaine que la complaisance émolliente la dureté visant à rendre de nouveau possible la grandeur de la plante ou animal homme.

Si la « dernière tentation » de Zarathoustra est bien la pitié qu’il ressent pour les « hommes supérieurs », il a plus de mal encore à surmonter son dégoût viscéral pour l’homme moderne. Cette réaction physiologique appelait aussi un remède pour ne pas donner lieu à l’amertume et à la misanthropie d’un Schopenhauer par exemple. Nietzsche décrit parfaitement cette victoire sur le dangereux dégoût dans Ecce Homo :

Le sentiment d’humanité ne consiste pas chez moi à me sentir proche de l’homme tel qu’il est, mais à supporter seulement de me sentir proche de lui… Le sentiment d’humanité n’est chez moi qu’une continuelle victoire sur moi-même. […] Tout mon Zarathoustra n’est qu’un dithyrambe en l’honneur de la solitude, ou, si l’on m’a compris, en l’honneur de la pureté. […] Le dégoût de l’homme, de la « canaille », fut toujours mon plus grand péril (21).

Il est donc nécessaire pour le philosophe-législateur de se projeter dans l’avenir pour ne pas entièrement désespérer de l’humanité. Le surhumain sert ainsi d’horizon non tant de l’attente messianique que de l’action présente. Il faut « vouloir » le surhumain pour le rendre possible, il faut créer cet avenir pour le moins incertain. Pour que cet espoir de renaturalisation de l’homme ne reste pas vain, il est nécessaire au préalable de mettre fin à toute espérance idéale. Ce n’est pas un hasard à cet égard si Nietzsche présente la doctrine de l’éternel retour comme la pensée la plus désespérante qui soit : ce n’est que du nihilisme « outrancier » ou « extatique » que peuvent surgir les conditions favorables à l’émergence du type surhumain. Il faut en quelque sorte faire le vide pour permettre la création de valeurs nouvelles favorisant la vie ascendante. Le « nihilisme extatique » de Nietzsche s’apparente dès lors à un pari pascalien inversé : pour prévenir le lent suicide de l’humanité, il faut faire résolument le choix de la terre, de la grandeur naturelle. Mieux vaut pour l’humanité périr courageusement en tentant de se dépasser elle-même que glisser insensiblement vers le nihilisme passif des derniers hommes.

Le surhumain n’est donc en rien comparable à l’« homme nouveau » du christianisme et des révolutionnaires. Il est bien plutôt l’homme complet, souverain, qui non seulement ne cherche pas à faire table rase du passé, mais assume pleinement la responsabilité de l’ensemble de l’histoire. Ce parfait héritier se distingue par ce trait de l’homoncule, qui reste rivé au présent et qui n’a de ce fait aucun avenir. Libre d’esprit, il n’est pas asservi aux jugements moraux dominants et les grands mots de la vertu lui répugnent. Il vit dangereusement, rejetant toute forme de confort, avant tout le conformisme et les diverses consolations. La « nature humaine » reste donc plastique, en devenir pour Nietzsche : c’est en ce sens profond que le surhumain n’est pas le terme de l’évolution, mais un perpétuel dépassement de soi. A la triste uniformité des goûts et des aspirations des derniers hommes, Nietzsche oppose la vaste synthèse de pulsions contradictoires que doit accomplir le surhumain :

L’homme suprême serait celui qui aurait la plus grande diversité d’instincts, et cela avec l’intensité la plus forte dans les limites de ce qui est encore supportable (22).

L’indépendance apparaît ainsi comme la principale qualité de l’homme véritable, dont la force – intacte – de volonté lui permet de maîtriser une si grande diversité intérieure. Le surhumain est en ce sens une perspective plus raisonnable qu’il n’y paraît. « Celui qui a gardé et cultivé une forte volonté, jointe à un esprit vaste, a de meilleures chances que jamais » (23), écrit Nietzsche. Mais le désert continue entre-temps de croître …

Yannis Constantinidès, « Le désert croît… Nietzsche et l’avilissement de l’homme », Noesis, 10 | 2006, 115-127.

http://dhdc2917.eu/le-desert-croit/

Notes :

(1) Cf. CId, « Divagations d’un Inactuel », § 37 : « “Sommes-nous vraiment devenus plus moraux ?” Le fait que tout le monde le croie est plutôt un argument contre cette théorie… Nous autres, hommes modernes, très délicats, très vulnérables, pleins d’égards pour tous et en exigeant de tous, nous nous imaginons en fait que ces délicats sentiments d’humanité que nous incarnons, cette unanimité acquise pour nous ménager, nous rendre service, nous faire mutuellement confiance, constitue un progrès positif, et qu’en cela nous surpassons de beaucoup les hommes de la Renaissance. »
(2) Cf. FP XIII, 9 [173] : « L’exigence d’“humanisation” (qui se croit très naïvement en possession de la formule “qu’est-ce qui est humain ?”) est une tartuferie sous laquelle une espèce d’hommes bien déterminée cherche à imposer sa domination : plus exactement un instinct bien déterminé, l’instinct grégaire. »
(3) Cf. Za, IV, « Parmi les filles du désert », § 2 : « Le désert croît : malheur à qui recèle des déserts ! »
(4) Lire là-dessus mon article, « L’humanisme paradoxal de Nietzsche », in L’Art du comprendre, n° 15, 2006, p. 163-177.
(5) GS, § 115 (« Les quatre erreurs »).
(6) HTH I, § 463.
(7) A, § 105.
(8) Voir par exemple FP XIV, 23 [4].
(9) Ibid., 15 [37].
(10) Ibid., 22 [18] (* en français dans le texte).
(11) EH, « Pourquoi je suis si avisé », § 9.
(12) Cf. FP XIII, 10 [127] : « La préoccupation de soi et de son “salut éternel” n’est pas l’expression d’une nature riche et sûre d’elle-même : car celle-ci envoie au diable la question de savoir si elle connaîtra la béatitude – elle n’a aucun intérêt à une quelconque forme de bonheur, elle est force, acte, convoitise – elle s’imprime dans les choses, elle fait violence aux choses … Le christianisme est une hypochondrie romantique de ceux qui ne se tiennent pas solidement sur les pieds. – Partout où la perspective hédoniste passe au premier plan, on peut conclure à de la souffrance et à une certaine malvenue. »
(13) PBM, § 188. Voir aussi HTH I, § 521 (« La grandeur : imposer une direction »).
(14) Nietzsche dénonce cet « optimisme économique » dans une note posthume de 1887 : « les frais de tous se soldent par un déficit total ; l’être humain s’avilit : si bien que l’on ne sait plus seulement à quelle fin a bien pu servir cet énorme processus. A quelle fin ? un nouveau “à quelle fin” (Wozu) – voilà ce qui est nécessaire à l’humanité … » (FP XIII, 10 [17]).
(15) PBM, § 44. La « plante “homme” » ne peut pourtant croître vigoureusement selon Nietzsche qu’à condition de ne pas être ménagée.
(16) GM, III, § 14.
(17) Cf. CId, « Divagations d’un Inactuel », § 37 (déjà cité) : « Nous autres, modernes, avec notre “humanité” douillettement ouatée, qui prend bien soin de ne se blesser à aucune pierre du chemin, nous aurions offert aux contemporains de César Borgia un spectacle du plus haut comique. »
(18) FP du GS, 11 [219].
(19) FP des Considérations inactuelles III et IV, 35 [12].
(20) FP IX, 3 [1], § 385.
(21) EH, « Pourquoi je suis si sage », § 8.
(22) FP X, 27 [59].
(23) Ibid., 26 [449].

21:32 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Et si on développait le bénévolat ?

Et si on développait le bénévolat ?
Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sentent bon le travail effectué dans la joie pour une juste cause. À l’exemple des chantiers de bénévoles du château de Magnat, édifié au XIIe siècle à Magnat-l’Étrange auxquels participent des scouts et guides de France…
En un an, « la cour a été nettoyée, les salles rangées, des planchers reconstitués, des éléments de maçonnerie sécurisés et une partie de la toiture mise hors d’eau » et l’association, créée cette année, « s’attaque maintenant à des travaux de plus grande ampleur, en particulier la restauration (maçonnerie et charpenterie) de l’aile gauche »… Ces lignes sont du quotidien Libération du 19 août, comme quoi même un journal post-soixantuitard ne reste pas insensible à la restauration d’une demeure, qui « a été agrandi au XVIIe siècle par l’aïeul d’Antoine de Saint-Exupéry », y est-il précisé.
S’il y a donc un mot qui fait l’unanimité, c’est bien celui de bénévolat. Du moins, quand il est accepté de plein gré et non « à l’insu de celui-ci », soit une manière détournée pour certains d’exploiter leurs prochains…
Ils sont ainsi des dizaines de milliers et pas seulement l’été, à donner leurs temps, leur énergie, leurs muscles et, parfois leurs idées pour la préservation de notre patrimoine national ou en participant à des actions humanitaires de proximité…
Ce qui n’est laissé jusqu’à présent qu’à la seule initiative individuelle de citoyens désintéressés, ne pourrait-il pas s’envisager sur une échelle beaucoup plus ambitieuse, soit à celle des grandes orientations du pays ? Le bénévolat ne pourrait-il pas permettre de répondre, en partie, au désœuvrement de certaines populations défavorisées, la société actuelle ne leur offrant aucune perspective d’emploi durable en les abandonnant à un perpétuel et déprimant assistanat ?
En France, qui ignore encore que la spectaculaire réussite du parc d’attraction du Puy-du-Fou l’a été, outre l’incontestable imagination de Philippe de Villiers, grâce aux « Puyfolais », ces bénévoles qui sont désormais près de 3 200 ?
Nicolas Gauthier stigmatisait récemment sur le site Boulevard Voltaire « les rejetons illégitimes de notre civilisation du “rien ”, faite de télé-réalité, de vide intérieur et de frime extérieure, du “tout, tout de suite parce que je le veux” et du “jouir sans entraves”… » (« Ce que dit le nouveau drame de Marseille », 20 août).
Entre le « Tout laxisme » de l’actuelle ministre de la Justice Taubira et la « Tolérance zéro », promis par nombre de candidats potentiels à l’élection présidentielle (mais encore jamais appliquée une fois l’élection gagnée et toujours fantasmée par tous les matamores du « Y’à qu’à ! Faut qu’on ! »), peut-être serait-il utile d’envisager certaines solutions alternatives… qui ne régleraient évidemment pas tous les problèmes liés au désœuvrement et à la criminalité – évidemment ! – mais offriraient probablement à nombre de « rejetons illégitimes » une possibilité de devenir des citoyens dignes de ce nom !

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Ron Paul : “Irak et Syrie: même combat” (2012)

C’est en tout cas l’opinion de l’ancien candidat aux primaires républicaines lors d’un discours tenu devant la Chambre des Représentants des États-Unis le… 19 juin 2012! Rappelons que Ron Paul avait prédit la crise  de 2008 dès 2001

L’Europe contre la nation, un faux débat ?

Distinguer l’Europe enracinée de l’Europe globalisée

On le sait, la mouvance patriotique est parcourue, tant en France que dans les autres pays européens, par divers courants idéologiques. Parmi ces derniers, on compte notamment le courant nationaliste et le courant européaniste (et non européiste, nous y reviendrons) qui s’affrontent, il est vrai, tout particulièrement, sur la scène politique française. Et comment ne pas le comprendre ? La France est le berceau de l’idée de nation, c’est la France qui a exporté le modèle de l’État national aux quatre coins de l’Europe et c’est donc en France que, tout naturellement, l’attachement à la nation est la plus forte.

L’idée européenne, quant à elle, d’approche traditionnellement impériale, apparaît donc aux yeux de la plupart des partisans de la nation comme un genre d’ennemi héréditaire, de maelström cosmopolite qui n’a d’autre but que d’anéantir la nation et de se poser en première marche du « Village global ». On peut d’ailleurs dire qu’au fil des siècles, la nation française s’est bâtie envers et contre l’Empire.

Si, de nos jours, c’est la, il est vrai, bien mal nommée « Union européenne » qui est la cible des attaques du courant nationaliste, que l’on nomme aussi parfois « souverainiste » lorsqu’on veut l’étendre à d’autres franges de l’échiquier politique, ce n’est là que le reflet d’un conflit multiséculaire qui, générations après générations, a opposé la France à l’Empire et, tout particulièrement, à celui des Habsbourg. Il semble que dans l’esprit du partisan de la nation, l’acceptation de l’idée impériale, incarnée jadis par l’ennemi héréditaire habsbourgeois et assimilée aujourd’hui à une certaine idée « euroglobaliste », constituerait un genre de reddition sans condition, au terme d’une « guerre éternelle » contre l’Empire que la France aurait fini par perdre. Les batailles qui opposèrent François Ier à Charles Quint, les guerres franco-espagnoles et franco-autrichiennes dans ces Pays-Bas méridionaux (actuelle Belgique), passage obligé d’une France qui ambitionna longtemps de retrouver sur le Rhin sa frontière gauloise, tous ces sacrifices donc n’aboutiraient finalement qu’à une soumission française à des mœurs centrifuges jugées étrangères et à des Diktat politiques et économiques jugés non moins étrangers, en un mot : européens. Inacceptable, du point souverainiste. Ainsi, quoique l’idée impériale, européenne, enracinée, en un mot « identitaire », incarnée jadis par la dynastie des Habsbourg, dont le dernier empire s’effondra en 1918 sous les coups redoublés des nationalismes, des idéologies totalitaires et de cet industrialisme apatride qui a donné naissance à l’univers globalisé que nous ne connaissons que trop bien, quoique cette idée, donc, n’ait absolument rien de commun, que du contraire, avec l’« Euromarket » acculturé et déraciné que nous connaissons sous le nom d’« Union européenne », elle apparaît néanmoins, dans les esprits souverainistes, comme un genre de précurseur du « projet européen » actuel, première marche d’un monde globalisé et source de tous les maux de la France.

Autant l’Empire austro-hongrois – hélas resté imparfait, il est vrai, du fait de son occultation de la réalité politique de ses populations slaves – constituait une tentative de faire cohabiter, dans un même espace, harmonieusement, c’est-à-dire dans le respect de leur pluralité identitaire, des populations différentes, certes, mais appartenant à une même civilisation, autant l’Union européenne n’est qu’une construction artificielle, économique métissée, standardisée, globalisée, rejetant toute forme d’enracinement historique et culturel authentique et prête à s’ouvrir au tout venant. Autant l’Empire austro-hongrois vénérait par-dessus tout la qualité de vie, la culture, l’histoire, le bon goût, en un mot, le Beau, autant la prétendue « Union européenne » en apparaît comme le négatif, cultivant l’acculturation, le mauvais goût commercial, la sous-culture globalisée et la malbouffe.

« Européanistes » et non « européistes »

Il n’y a rien de commun entre ces deux visions de l’Europe. Désigner par un même qualificatif les partisans d’une Europe structurellement impériale, enracinée, identitaire et les adeptes de l’Euromarket globalisé n’a donc aucun sens.

Si les tenants de l’actuelle « Union européenne » sont généralement qualifiés d’« européistes », ceux qui, tout en pensant qu’il convient de ne pas jeter le bébé européen avec l’eau du bain globalisé pour le moins malodorant dans lequel il baigne, qui tout en précisant que tout n’est pas forcément mauvais dans l’actuelle U.E., militent pour l’unité d’une Europe enracinée incluant le niveau national, mais également le niveau régional et le niveau civilisationnel dans le cadre d’une structure harmonieusement intégrée, devraient être désignés différemment.

Aussi, afin de les distinguer des adeptes « européistes » de l’Europe globalisée, pourrions-nous faire le choix du terme « européaniste ».

La nation jacobine contre l’Europe enracinée

Les souverainistes reprochent parfois aux européanistes d’être comparables aux révolutionnaires de jadis qui voulaient universaliser et internationaliser leur combat. Dans leur esprit, l’idée européenne appartient à ce mode de pensée internationaliste, globaliste dirions-nous plutôt aujourd’hui, qu’anima par le passé et encore aujourd’hui les ennemis de la nation, seule référence identitaire viable à leurs yeux. En fait, selon eux, les européanistes ne voudraient rien d’autre, globalement, que construire une nouvelle Internationale. Retournons l’argument à son expéditeur. Nous le savons, les idéaux révolutionnaires jacobins ne sont pas particulièrement prisés dans une mouvance patriotique française qui lui préfère généralement, et de loin, les références chrétiennes, monarchiques, traditionnelles, en deux mots, d’Ancien Régime. Comment expliquer dès lors le paradoxal engouement des partisans de la nation pour des idéaux issus du jacobinisme révolutionnaire dont l’idée même de nation est la fille ? Car point d’État national ni de citoyens avant 1789, mais un royaume et des sujets du Prince ! On en vient donc à se demander si l’idée de nation jacobine est bien un concept identitaire, ou si elle n’est, au contraire, qu’un poste avancé des internationales.

Allons plus loin : comment l’internationalisme révolutionnaire aurait-il pu exister sans la création préalable de la nation jacobine ? Lorsque le centralisme nationaliste refuse aux régions ce que l’échelon international (ex-U.R.S.S., Euromarket, « Village global » ou autre) refuse désormais aux États-nations, ne peut-on dire qu’il s’agit là d’une seule et même logique ? En définitive, le centralisme jacobin nous paraît bien plus proche de l’euro-bureaucratie « bruxelloise » que l’idée d’unité européenne enracinée.

Régionalismes ou micro-nationalismes ?

Après s’être vus reprocher leurs « velléités internationalistes » visant prétendument à dissoudre, « par le haut », la nation, dans le cadre d’un maelström européen métissé, les européanistes, partisans du fédéralisme intégral, c’est-à-dire de la fédération des États-nations européens sur une base civilisationnelle, et de la fédéralisation de ces mêmes États-nations sur base de leurs régions historiques, se voient accuser par les souverainistes de vouloir également détruire la nation par le bas, en encourageant le développement de mouvements régionalistes centrifuges.

Or, partisans de l’unité européenne, les européanistes ne peuvent être, en toute logique, des partisans de la dislocation des nations : il ne s’agit pas de remplacer une « Europe des 27 » (déjà plus que bancale) par une « Europe des 270 » ! Les États-nations ont donc, du point de vue européaniste, un rôle essentiel à jouer dans la construction identitaire de l’Europe, garants qu’ils sont de la cohérence politique de nombreux territoires sans laquelle l’Europe sombrerait dans le chaos, et de la sauvegarde des langues nationales, indissociables de notre identité la plus essentielle. Autonomie régionale ne signifie pas, dans l’esprit européaniste, éclatement micro-nationaliste.

Et nous voilà confrontés à un nouveau paradoxe : si le partisan du fédéralisme européen intégral se voit reprocher ses opinions supposées centrifuges, n’est-ce pas, en définitive, le micro-nationaliste, c’est-à-dire le régionaliste indépendantiste (et non seulement soucieux d’autonomie), qui se trouve politiquement et paradoxalement être le plus proche du stato-nationaliste jacobin ? Car, alors que le régionaliste soucieux de son autonomie ne demande fondamentalement que la reconnaissance de sa particularité dans le cadre national, le micro-nationaliste, lui, ne veut rien d’autre que créer un nouvel État national jacobin, centralisé, refusant à ses propres composantes régionales jusqu’au centième de ce qu’il a obtenu pour lui. Le rejet de l’Europe par le macro-nationalisme et le rejet de l’État-nation par le micro-nationalisme ne se rejoignent-ils pas finalement ? Mais il n’y a là rien de commun avec une démarche d’autonomie régionale responsable, telle qu’on l’envisage d’un point de vue européaniste.

Europe des Patries ou Europe-Puissance ?

Ainsi donc, l’action des européanistes, si l’on en croit l’opinion souverainiste, n’aurait pour seule conséquence, du fait de ses choix civilisationnels et régionaux, que d’affaiblir les nations d’Europe face aux autres puissances mondiales, au premier rang desquelles nous citerons, bien évidemment, les États-Unis d’Amérique. C’est la double action du morcellement régionaliste et du métissage « européiste » qui serait, en définitive, responsable du déclin des États-nations. Or, une fois de plus, nous voilà confrontés à un paradoxe. Lorsque les souverainistes déplorent l’incapacité « des Européens » à assumer leur rôle politique et militaire sur le plan international, ils ne semblent pas comprendre que cela est dû à deux facteurs fondamentaux dont le globalisme et le nationalisme sont justement responsables. Le globalisme, négateur d’identité qui constitue le fondement pseudo-européen de l’Euromarket, est à la base de l’inconsistance européenne qui n’a jamais rien été d’autre qu’une vague structure économique et financière.

En l’absence de vraies fondations identitaires et civilisationnelles, l’Europe ne pouvait espérer devenir politiquement cohérente, et faute de cohérence politique, elle ne pouvait rester qu’une jungle financière et économique acculturée et politiquement faible, ce qu’elle n’a jamais cessé d’être de 1957 à nos jours. Or, cette dissolution par le haut, exigée par le « Village global » d’inspiration étatsunienne, « nordiste » et « yankee » (au sens historique du terme), a été largement favorisée par le refus obstiné des stato-nationalistes et des souverainistes d’abandonner une part de souveraineté à l’échelon civilisationnel supérieur, afin de mettre en commun les moyens indispensables à une Europe-Puissance pour s’imposer sur le plan international. Les partisans de l’Europe des Patries n’ont jamais cessé de s’accrocher aux derniers pans d’une puissance politique et militaire nationale qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut jadis, au nom d’un attachement à la souveraineté qui frise parfois la religiosité.

Au niveau militaire, pour ne citer que cet exemple, le résultat est là : des moyens financiers dignes d’une superpuissance dépensés en vain au niveau européen, vingt-sept budgets nationaux, vingt-sept armées qui peuvent, au mieux servir d’armées supplétives à des armées étrangères, des redondances inacceptables en matière d’industrie militaire, tout cela pour entretenir le mythe d’une puissance nationale et souveraine pourtant militairement en situation de déclin. Comment venir ensuite se plaindre de l’inexistence politico-militaire européenne sur la scène internationale ? Mais l’on préférera se bercer d’illusions, en vantant le retour à une agriculture totalement nationale, on prônera l’abandon de l’euro au profit de l’ancienne monnaie nationale, nourrissant ainsi l’espoir plus qu’improbable – tel le génie de la fable, le libéralisme, échappé de la lampe magique nationale au XXe siècle, pour gagner les horizons planétaires, n’y retournera plus jamais – de voir se rapatrier les industries nationales, tout cela en ignorant ce problème essentiel : l’Europe est, depuis la perte de ses colonies, dépourvue de richesses naturelles et, notamment, de ressources énergétiques. On se demande donc comment, dépourvues de ces ressources, et divisées sur la scène internationale, les « post-puissances » européennes pourraient maintenir, ne fut-ce qu’à moyen terme, leur rang de puissance ? Les nations européennes doivent donc choisir : survivre ensemble ou mourir seules.

La complémentarité de l’Empire et de la nation

La France nourrit donc à l’égard de l’Empire, et partant, de l’Europe, une méfiance qui semble relever de l’atavisme. Qu’il apparaisse sous les traits de l’empire des Habsbourg, de l’Union européenne ou de l’« empire américain », tout « projet impérial » – ou ce qui en tient lieu – est perçu par Paris comme une menace pour sa souveraineté. Ainsi, un ouvrage collectif paru chez Ellipses au début des années 2000, auquel j’eus d’ailleurs la possibilité de participer – Guerres dans les Balkans, paru sous la direction du général Gallois – était-il sous-titré La nouvelle Europe germano-américaine, référence particulièrement révélatrice à la crainte très française d’une double domination « impériale », américaine d’une part, et allemande, pour ne pas dire « mitteleuropéenne », d’autre part. Et c’est là qu’il est, nous semble-t-il, intéressant de comparer la vision qu’ont de cette problématique les Français et les Belges francophones, étant moi-même, dirais-je, l’un des derniers Bruxellois de souche.

On peut dire que les États nationaux belge et français se sont développés de manière radicalement opposée : autant la France apparaît comme le berceau de l’idée de nation, autant la Belgique apparaît comme un État national particulièrement bancal, créé par les grandes puissances du XIXe siècle, pour diverses raisons stratégiques; autant la France se pose en État jacobin centralisé, autant la Belgique n’en finit pas de gérer le divorce de ses deux principales composantes flamande et wallonne. La Flandre, elle, a su bâtir une identité nationale forte (encore que cela devrait être sans doute relativisé), mais qu’en est-il de cette Belgique francophone qui rassemble des Wallons et des Bruxellois de langue française ? Comment peut-on définir un Belge francophone, sinon, en schématisant, comme un « Français d’histoire impériale » ? De fait, culturellement et linguistiquement tourné vers la France, le Belge francophone ou, plus précisément, le francophone de Belgique, est historiquement tourné vers l’Europe centrale germanique et impériale dont, notamment via les Habsbourg, les Pays-Bas méridionaux (qui correspondaient globalement à la Belgique actuelle), ont dépendu durant plusieurs siècles.

L’on évoque souvent le conflit wallo-flamand ou la ligne de fracture germano-latine passant par Bruxelles, mais l’on a peu conscience du fait que la question de l’opposition entre la Francité et l’Empire fait essentiellement partie de l’identité des francophones de Belgique, et voilà pourquoi l’on peut considérer que l’actuel débat français sur la nation et l’Europe (ou/et l’Empire) nous est plus que familier, et que notre témoignage historique a donc pleinement sa place dans ce débat.

Entre Mitteleuropa impériale et francité jacobine

Si linguistiquement et culturellement, le Belge francophone appartient bien à l’espace français, il fut aussi, des siècles durant, un sujet de Charles Quint et des Habsbourg (ennemis traditionnels du Royaume de France), jusqu’à ce que les sans-culottes ne chassent les Autrichiens de nos contrées qui restèrent françaises de 1794 à 1814, avant d’être plongées brutalement dans l’univers nationaliste européen. C’est là un paradoxe que tout francophone de Belgique – du moins parmi ceux qui ont encore une conscience et une connaissance de leurs racines et de leur histoire – doit apprendre à gérer du mieux qu’il peut. Nous ne nous étendrons évidemment pas sur les nombreuses réponses que l’on peut tenter d’apporter à ce problème, pour ne retenir que deux options : l’historique et la géopolitique. Pour résumer, disons que la logique historique est partagée par ceux qui souhaitent le maintien de la Belgique au nom d’un « mythe lotharingien » qui suppose l’existence d’un espace géopolitique naturel particulier situé entre la France et l’Allemagne, une idée parsemée de références aussi romantiques que nostalgiques à un prétendu « bon vieux temps » des ducs de Bourgogne et de Charles Quint, dont la Belgique serait la naturelle héritière.

La logique géopolitique, elle, est partagée par ceux qui, bien qu’ayant constaté que la Belgique ne constitue pas un État national viable, veulent malgré tout coller à la réalité stato-nationaliste moderne et se tournent donc, tout naturellement vers la France à laquelle ils voudraient voir rattacher la Wallonie, voire toutes les communes à majorité francophone de Belgique. Vivre dans des mythes passéistes et un état hybride d’État national et d’Ancien Régime, en attendant l’éventuel divorce d’avec la Flandre, ou tenter de trouver sa place dans une France hexagonale centralisée, voilà globalement le choix que  laisse aux francophones de Belgique, la vieille opposition identitaire entre la Mitteleuropa impériale et la francité jacobine.

Entre Habsbourg et Bonaparte : un ressenti personnel

Pour ma part, je n’ai jamais adhéré à une forme ou l’autre de nationalisme, mes origines bruxelloises et « administrativement belges » me prédisposant bien peu, il est vrai, à une telle démarche. Je me suis donc naturellement tourné vers la France et l’Europe, soit vers la francité et l’Empire. J’ai toujours perçu ces deux aspects de mon identité non comme antagonistes mais, bien au contraire, comme parfaitement complémentaires, regrettant au passage tout ce qui, à travers l’histoire, a pu séparer la France de la Mitteleuropa et tout ce qui a opposé la nation française à l’Empire. Sans être aucunement monarchiste, je n’en suis donc pas moins « impérialiste », au sens réel du terme et non au sens idéologique, et mes choix historiques se sont donc naturellement portés, simultanément, vers l’Empire des Habsbourg et le Premier Empire français, le premier, notamment en raison de sa structure décentralisée et diversifiée, prélude d’une construction européenne enracinée, le second par amour d’une certaine grandeur et de la qualité de vie françaises et on le voit, il n’y a là aucune contradiction. Par opposition aux forces qui veulent uniformiser, standardiser, en niant la diversité régionale (stato-nationalisme), la diversité nationale (européisme), voire même la diversité civilisationnelle (globalisme), autant de démarches, nous semble-t-il, fondamentalement anti-identitaires, la logique « impériale », fédérale, européaniste veut, bien au contraire, reconnaître tous les éléments identitaires de notre civilisation et les imbriquer harmonieusement dans une structure relevant d’une claire volonté de préserver l’ensemble de nos différences enracinées.

L’européanisme polyculturel et identitaire n’est donc en rien comparable au multiculturalisme européiste et négateur des identités. Je me sens d’autant mieux en France que je me sais bruxellois, je me sens d’autant mieux en Europe que j’ai conscience de mon appartenance à la francité (je ne peux, hélas, dire « à la France »), et j’aimerais pouvoir me définir comme Européen dans le monde, sans devoir faire référence à cette prétendue « Union européenne », qui est aujourd’hui tout sauf unie et enracinée. Et lorsqu’on vante le patriotisme économique américain, n’est-ce pas justement reconnaître l’efficacité d’un modèle fédéral pour l’Europe, alors que faire le choix du protectionnisme stato-nationaliste reviendrait plutôt à faire l’apologie d’un plus qu’hypothétique patriotisme californien ou texan ? Imagine-t-on New-York boycotter les vins de Californie ? Cela n’empêche nullement les États américains d’être autonomes dans bien des domaines, notamment celui de la justice. Preuve supplémentaire qu’une fédération bien conçue ne s’oppose ni au patriotisme, ni aux enracinements particuliers, que du contraire.

Conclusion : oui au fédéralisme intégral

Et voilà pourquoi les européanistes font le choix, pour l’Europe, d’un fédéralisme intégral qu’il convient de ne pas confondre, justement, avec ce fédéralisme global, jacobin, anti-identitaire, européiste, que nous impose aujourd’hui l’Euromarket. Dans l’optique du fédéralisme intégral, tout à la fois polyculturel et enraciné, la région a pour fonction principale d’approfondir l’enracinement de la nation dont la fédéralisation, loin de la disloquer, aurait pour conséquence l’affermissement de sa base identitaire, la non-reconnaissance et l’affaiblissement des enracinements régionaux aboutissant, au contraire, à la transformation de la nation en une coquille vide bureaucratique, première marche d’une Europe européiste tout aussi vide et bureaucratique, comme nous le prouve l’actualité. Régionalisme ne signifie pas pour autant indépendantisme et la nation a donc pour fonction de maintenir l’unité des entités régionales qui la composent et qui doivent, au-delà des légitimes démarches linguistiques régionales, restées liées par une même langue nationale sans laquelle la nation ne pourrait survivre : le cas belge est là pour le démontrer, pas d’État national viable sans unité linguistique. Comme la région, la nation est donc le dépositaire d’un héritage linguistique, mais également culturel et historique, sa désintégration ne pouvant que déboucher sur une forme ou l’autre de chaos. Mais nationalisme ne signifie pas pour autant souverainisme jacobin. En contestant aux régions leur droit à l’enracinement particulier, la nation se dénie logiquement le droit de faire état de revendications semblables à l’échelle civilisationnelle. En outre, le morcellement souverainiste a pour résulta l’affaiblissement de la Civilisation entière qui, divisée, se trouve dépourvue des moyens qui lui permettraient de rivaliser avec les autres puissances, et cet état de division est d’autant plus grave pour l’Europe qu’elle se trouve, comme nous l’avons déjà souligné, largement dépourvue de ressources naturelles.

Or les nations n’ont plus les moyens, notamment militaires, de prendre le contrôle celles-ci, et nous avons vu, lors de l’affaire libyenne, que la France ne pouvait, à elle seule, soumettre un petit pays, équipé d’armes obsolètes, telle que la Libye. Se bercer d’illusions en rêvant à la gloire passée de la nation ne permettra pas pour autant à celle-ci de renouer avec un passé définitivement révolu. La France-Puissance n’est plus et sans l’Europe-Puissance, la France et les autres nations ne pourront survivre seules. L’unité civilisationnelle s’impose donc. Ce qui doit nous gêner, ce n’est point de voir des bouteilles de vin espagnol ou des fromages italiens sur nos tables, mais de voir nos viticulteurs et nos agriculteurs européens concurrencés par l’importation de vins chiliens et d’haricots verts du Kenya. Une flèche se brise aisément, contrairement à un faisceau de flèches. Voilà pourquoi nous, européanistes, prônons la construction d’un fédéralisme européen intégral, respectueux des enracinements particuliers régionaux (patries charnelles) et nationaux (patries nationales) et permettant l’édification d’une Europe-Puissance sans laquelle ni nos régions, ni nos nations ne pourront survivre. Ainsi, loin de s’opposer, la région, la nation et la Civilisation nous apparaissent comme parfaitement complémentaires.

Éric Timmermans http://www.europemaxima.com/

• D’abord mis en ligne sur Novopress, le 14 janvier 2013.

Arrivée des veilleurs à Paris

S'il y a une manifestation en ce moment à Paris, c'est celle organisée par le Préfet de police... En effet, l'avenue de la Grande Armée est totalement fermée à la circulation, par des cars de CRS. Beaucoup de policiers sont massés entre l'avenue de la Grande Armée et l'Etoile, mais les trottoirs sont libres d'accès.

Plusieurs centaines de veilleurs se sont rassemblées sur l'esplanade de la Défense et ont entrepris leur entrée dans Paris sous l'oeil vigilant des nombreuses forces de l'ordre, dont la présence est certainement plus utile ici qu'en banlieue...

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0 1La police qui essaie d'expliquer pourquoi la liberté de circulation est restreinte à Paris :

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Les premiers veilleurs sont arrivés au pont de Neuilly vers 18h00. Suivis de peu par une trentaine de cars de CRS. Une fois déployés, ceux ci ont bloqué l'accès à l'avenue Charles de Gaulle au niveau du métro. N'arrêtant pas le flux des marcheurs, ils se sont avancés à la rue suivante. Vite contournés, ils se sont avancés à la rue suivante... À nouveau contournés, ils sont partis bloquer la marche plus loin.

L'avenue de la Grande Armée est maintenant bloquée :

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On me signale la présence du panier à salade, vide pour le moment, face au Grand Palais. Une voiture de police se trouve au rond-point des Champs-Elysées.

Les premiers veilleurs sont à 200m de la place de la Concorde.

On compte 28 fourgons policiers place de la Concorde. Un délire de Manuel Gaz et de son préfet de Paris, alors que les veilleurs ne brûlent pas les voitures et n'agressent personne...

Le métro est fermé :

M
Des veilleurs sont déjà sur la place de la Concorde.

24 policiers en renfort pour combattre la violence à Marseille et quelques centaines de plus à Paris pour tenter de faire plier les veilleurs pacifiques : c'est la politique à la Manuel Gaz.

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8Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, est présent avec les veilleurs. Des veilleurs arrivent désormais par dizaines, de tous les côtés, sur la place de la Concorde.

Une pièce de moteur de plusieurs kilos a été lancée du 13e étage d'un immeuble sur des policiers. Ah oui mais c'est à Gennevilliers... Les veilleurs à Paris, c'est plus dangereux. 23 nouveaux fourgons descendent les Champs-Elysées vers la Concorde. Ce qui nous fait un total de ... 51 fourgons !

Ce n'est pas encore ce soir que l'obélisque sera volé :

CLa police politique :

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Et pendant ce temps à Bastille, une manifestation d'islamistes pro-Morsi se déroule. Vociférations en arabe, avec des barbus partout, et pas un seul panier à salade.

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

États-Unis : Snowden met le projecteur sur le “budget noir”

500 milliards de dollars, c’est la somme consacrée par les États-Unis au renseignement depuis 2001. Un document fourni par Snowden en donne le détail.

Les révélations d’Edward Snowden sur les services de renseignements américains continuent de tomber. Cette fois, c’est de sa puissance financière colossale qu’il est question dans le Washington Post. Pour la première fois, le détail du budget des 16 agences de renseignements américaines, surnommé le “budget noir” des États-Unis, a été rendu public, permettant de comprendre comment les ressources sont réparties au sein de l’immense communauté du renseignement.

Seul le montant global est publié chaque année par le gouvernement. En 2012, il était de 55 milliards de dollars. Pour l’année budgétaire 2013, le gouvernement réclamait 52,6 milliards au Congrès, et pour 2014 il a demandé 48,2 milliards. À cela s’ajoutent encore les programmes de renseignement militaire du Pentagone (23 milliards en 2013 et 14 milliards demandés pour 2014). Au total, 107 035 personnes sont employées dans l’une de ces agences américaines, dont près de 35 000 dans des fonctions de cryptographie, ce qui inclut l’Agence de sécurité nationale (NSA), chargée des écoutes mondiales et de la surveillance électronique.

“Un monde plus instable”
Selon le document exfiltré par Snowden, la seule CIA a demandé un budget de 14,7 milliards de dollars en 2013 et ses effectifs dépassent les 21 000 personnes. La NSA, chargée entre autres de la surveillance électronique, a demandé 10,8 milliards, et le National Reconnaissance Office (NRO) 10,3 milliards. Le NRO gère les satellites d’espionnage américains.

Le budget évalue aussi les “trous” du renseignement américain, ces dossiers où les États-Unis reconnaissent manquer d’informations. En tête figure la Corée du Nord. Un chapitre du document révèle que le pays est surveillé “en permanence” via photos, échantillons d’air et imagerie infrarouge pour détecter l’activité nucléaire du régime communiste.

Au total, le document illustre le doublement du budget total du renseignement depuis les attentats du 11 septembre 2001, avec une facture estimée à plus de 500 milliards de dollars depuis 2001. “Le monde actuel est plus instable qu’il ne l’a jamais été depuis un demi-siècle”, a déclaré au Washington Post James Clapper, directeur du renseignement national. “Même avec l’augmentation des dépenses pour la communauté du renseignement, les États-Unis dépensent moins de 1 % du PIB pour le renseignement.”

Lepoint.fr   http://fortune.fdesouche.com/319645-etats-unis-snowden-me...

Radio Courtoisie : « Le messianisme politique à travers les siècles »

Sur Radio Courtoisie, le 21 août dernier, Emmanuel Ratier recevait Jean-François Gautier, Jean-François Gautier, docteur en philosophie des sciences, pour son ouvrage Le sens de l’Histoire : une histoire du messianisme en politique (éd. Ellipses) et développer le thème du messianisme en politique.


Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici
A mettre en correspondance avec la grille de programme

La Garantie Jeunes, c’est d’abord pour les « djeunes » ! Par Yves Theurin

Casier judiciaire recommandé.

Le gouvernement Ayrault lance en cette rentrée la « Garantie Jeunes » : 483 euros versés aux moins de vingt-cinq ans sans travail. En d’autres termes, le RSA étendu à toute une classe d’âge. Pour l’instant, à titre « expérimental ». A défaut d’être triés sur le volet, les cobayes seront, pour beaucoup, choisis sur casier. Une prime à la « probation » chère à Taubira ? Même pas. Ordre de Bruxelles.

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On avait fini par l’oublier, coucou le revoilou ! A la manoeuvre de cette nouvelle charge sociale (pour les contribuables qui bossent) se trouve le tout nouveau « Monsieur Pauvreté » du gouvernement, François Chérèque, qui a présidé pendant dix ans aux destinées de la CFDT et s’est métamorphosé en haut fonctionnaire par la grâce du conseil des ministres.

Depuis trente ans, les gouvernements, dont les décisions détruisent les emplois, dépensent une partie de leurs emprunts pour financer une politique de communication. Objectif : faire croire qu’ils luttent contre le chômage. En d’autres termes, balader des générations de jeunes chômeurs de sigles en sigles. Stages d’initiation à la Vie professionnelle (SIVP), Préparation active à la qualification et l’emploi (Paque), Trajets d’accès à l’Emploi (Trace), Contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis), Contrat d’autonomie, Revenu contractualisé d’autonomie (RCA)… La liste est longue de ces « dispositifs » qui, tous, ont échoué.

On ne change pas une formule qui perd

Jugement sévère de méchant libéral ? Non, aveu du premier ministre dans son courrier du 6 février 2013 à la Directrice générale de l’emploi et de la formation professionnelle. Aucun de ces dispositifs n’a « jamais résolu la double problématique : sortir de la pauvreté et bénéficier d’un accompagnement intensif jusqu’à l’emploi durable ».

Moyennant quoi, depuis un an, le gouvernement socialiste persévère dans la même voie : Emplois d’avenir, Contrats de génération, développement des contrats aidés… Autant de projets financés par l’argent public. Tous promis à la même absence de résultats durables.

C’est dans ce contexte qu’est apparu l’ancien secrétaire général de la CFDT, François Chérèque. A peine démissionnaire de son syndicat, il a été nommé par François Hollande, le 7 janvier 2013, Inspecteur général des Affaires sociales. Avant lui, Fadela Amara avait bénéficié de ce coup de baguette magique républicaine qui permet de toucher 7 250 euros net par mois. Une belle augmentation par rapport aux 4 500 euros versés par la CDFT.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, François Chérèque est devenu, cinq jours plus tard, président du « think tank » socialiste Terra Nova. Les financiers de Terra Nova ? Areva, le groupe Casino, EADS, Sanofi, EDF, Suez, Microsoft, Vivendi… De vrais socialistes !

Depuis sa nomination, François Chérèque n’a eu de cesse de consciencieusement œuvrer à concrétiser un projet qui ne doit rien à l’Etat français et à peu près tout à Bruxelles : l’extension du RSA aux moins de vingt-cinq ans sous le nom sympatoche de « Garantie Jeunes ».

C’est en effet suite au Conseil européen de juin 2012 et à ses préconisations écrites que le Conseil interministériel de lutte contre les exclusions a avalisé cette garantie. En d’autres termes, si la France socialiste crée ce dispositif, financé en partie par emprunt auprès des banques internationales, c’est sur instruction supranationale. Le pauvre doit rapporter aux riches.

La Garantie Jeunes n’est rien d’autre, en fait, que le RSA étendu aux moins de vingt-cinq ans. En contrepartie de quoi, le bénéficiaire s’engage à venir aux convocations d’un travailleur social (qui lui doit son emploi) et d’accepter la formation ou le stage proposé. Bref, rien de nouveau sous le soleil des Missions locales.

Au gouvernement, on cause engliche

Ce qui est plus singulier, en revanche, c’est le public visé. Il s’agit des « NEETs ». Kesako ? Un terme anglo-saxon, très en vogue en ce moment dans l’administration française, et qui signifie : « Not in Education, Employement or Training ».

En Français courant, il désigne ceux qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni au travail. Et qui perçoivent, eux ou leur famille, moins de 483 euros par mois.

Cet acronyme est couramment utilisé dans les textes de l’Union européenne et a été pieusement repris par le rapport gouvernemental, co-signé d’un certain Marc Gurgand, Paris School of Economics ! Welcome in Paris, France !

Et ce rapport tient à souligner nommément quel public, parmi ces « NEETs », devra bénéficier de la manne étatique. On vous le donne en mille : les jeunes en « sortie de mesure judiciaire ». Une sorte de Garantie « Djeune » en quelque sorte…

Le dispositif sera testé dès cette rentrée dans dix départements qui se sont portés volontaires. Il s’agit généralement de départements comme la Dordogne ou le Vaucluse, dont les exécutifs socialistes, bien incapables de créer le moindre développement économique réel, se précipitent à chaque nouvelle occasion sur les subventions.

En 2014, dix autres départements rejoindront les heureux gagnants. Côté « jeunes », ils devraient être 100 000, fin 2014, à percevoir cette garantie. 100 000 sur un public total de 850 000. Même pas 12 %… C’est dire l’intérêt d’une mesure qui va quand même coûter aux Français une somme que le gouvernement affirme ne pas pouvoir estimer pour l’heure. C’est bien la peine d’avoir fait l’ENA ! On va les aider : 100 000 jeunes à 483 euros par mois, cela fait un coût maximal annuel de 580 millions d’euros.

Certes, tous les jeunes ne percevront pas le maximum de la garantie, mais l’addition devrait quand même dépasser les 300 millions par an. Seulement 2 % du déficit de la Sécurité sociale. Pourquoi se priver…

Yves Theurin

Article de l’hebdomadaire “Minute” du 28 août 2013 reproduit avec son aimable autorisation. Minute disponible en kiosque ou sur Internet.

La Garantie Jeunes, c’est d’abord pour les « djeunes » !

http://fr.novopress.info/141085/la-garantie-jeunes-cest-d...

Entretien avec Jacques Marlaud (le renouveau païen).

Entretien avec Jacques Marlaud (le renouveau païen).
Entretien avec Jacques Marlaud, auteur du Renouveau païen dans la pensée française (préface Jean Cau) (éditions L’Æncre)
(propos recueillis par Fabrice Dutilleul).

Pourquoi aborder un sujet à la fois aussi vaste et aussi controversable ?
Le paganisme comme objet d’étude historique, littéraire et esthétique est aujourd’hui moins controversable qu’il l’était autrefois, même si, comme le constatait déjà Jean Cau dans la préface qu’il m’a accordé, jamais les « valeurs » chrétiennes laïcisées ne se sont autant épanouies à travers la novlangue humaniste, les grand-messes de la « Démocratie » hypostasiée. « Rouges, noirs ou roses, mais tous se proclamant frères en Humanité, jamais les prêtres ne furent aussi nombreux. Christianisme pas mort, Humanité et Humanitarisme suivent. Chasse au Grand Pan toujours ouverte. Tirer à vue ! » Le phénomène de laïcisation est ancien et les « prêtres », les vecteurs de morale humanistoïde contre lesquels s’insurgent mes sujets d’étude (Montherlant, Louis Pauwels, Jean Cau et Pierre Gripari principalement) officiaient depuis longtemps dans les amphithéâtres d’université et dans les médias plutôt que dans les églises où, au contraire, se sont maintenus parfois certains rites pagano-chrétiens, par exemple à travers le culte des Saints, hérité de celui des dieux et des héros qui prévalait dans l’univers païen antique.
Le paganisme que vous préconisez n’a pourtant rien à voir avec une quelconque pratique religieuse telle qu’on la trouve chez certains druides ou odinistes contemporains…
D’abord, je ne préconise rien. Je recherche, comme un fil conducteur, un certain état d’esprit qui caractérise ce qu’on peut appeler la philosophie et la littérature « païennes » mais aussi la musique, la sculpture, la peinture et les beaux-arts en général, voire la politique ou « métapolitique ». Or, un survol « païen » de la littérature, comme celui qui compose la dernière partie de mon ouvrage montre que celle-ci, tout comme les autres domaines artistiques, est essentiellement païenne et seulement marginalement chrétienne. Ce constat peut d’ailleurs s’appliquer à bien des auteurs d’obédience chrétienne comme un Péguy, un Claudel ou un Bernanos qui, sous le vernis de leur croyance, révèlent d’authentiques instincts païens.
Quant aux néo-païens, sans vouloir les mettre tous dans le même sac, je souscris à l’analyse d’Oswald Spengler qui voit en eux les pratiquants d’une religiosité seconde : ils se marginalisent eux-mêmes en prétendant revivre une religion morte dont nous connaissons très peu de choses et dont ils ne peuvent reprendre que les aspects superficiels, extérieurs. Rien à voir avec la recherche d’une philosophie païenne qui imprègne tout un pan de notre pensée européenne à condition d’oser ouvrir grands nos yeux et oreilles.
Quel usage peut-on faire du paganisme aujourd’hui s’il ne peut, comme vous dites, être vécu religieusement ?
Individuellement ou en petits cercles, la conception païenne de la vie peut nous donner une très grande force grâce à la poésie de la contemplation et de l’affirmation du monde au lieu de sa négation nihiliste actuelle (dont le misérable art contemporain est l’expression la plus visible). Mais au-delà de cette initiation salutaire, la vision polythéiste du monde nous sera d’un grand secours pour sortir de la vision binaire, du véritable manichéisme états-unien et atlanto-européen qui oppose le Bien au Mal, l’Occident aux barbares, les démocraties au terrorisme, etc. Dans un récent ouvrage qui porte ce titre, l’ancien ministre chrétien libanais Georges Corm se fait l’avocat d’une lecture profane des conflits qui cesserait de privilégier leur dimension religieuse ou ethnique pour prendre en compte « les facteurs démographiques, économiques, géographiques, sociaux, politiques, historiques, mais aussi l’ambition des dirigeants, les structures néo-impériales du monde et les volontés de reconnaissance de l’influence de puissances régionales » (cf. Le Monde Diplomatique, février 2013).
Une telle approche multifactorielle et multipolaire du champ de forces internationales est éminemment politique, au sens de Carl Schmitt, et païenne en ce qu’elle donne toute sa place à la pluralité des valeurs, des peuples, des intérêts et des ambitions qui s’affrontent (au Mali, comme en Syrie, en Palestine ou en Asie centrale…). Le raccourci, de la littérature aux affaires internationales, peut paraître fulgurant, et pourtant, une bonne dose de païennie littéraire pourrait aider nos décideurs à cesser de voir le vaste monde à travers la lorgnette dé(sin)formante de l’Occident américanocentré.
http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFZZZZEZZlVoanGZju.shtml
Le renouveau païen dans la pensée française de Jacques Marlaud, Préface de Jean Cau, 283 pages, 27 euros, éditions L’Æncre, collection « Patrimoine des religions », dirigée par Philippe Randa.

Veilleurs : "nous ne manifestons pas, nous marchons et veillons"

Communiqué des veilleurs :

"D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez." Gandhi

Aujourd'hui comme depuis 20 jours, nous ne manifestons pas. Nous marchons, veillons et interpellons les indifférents. On n'autorise pas, on n'interdit pas la liberté. On la respecte ou on la viole. La Marche aura lieu et les veilleurs veilleront.

A tout à l'heure à 17h30 à la Défense pour marcher les derniers kilomètres de la Marche jusqu'à la Concorde où aura lieu la 22ème veillée consécutive de la Marche à partir de 21h30 pour toute la nuit.

Venez comme vous êtes, sans vêtement ou signe distinctif (par exemple LMPT), en simple veilleur. Les dernières informations pratiques sont disponibles sur lejdv.fr.

Nous tenons à préciser que cette arrivée de la Marche annoncée depuis près de 2 mois ne trouble pas l'ordre public puisque nous sommes sur la chaussée et les places publiques, ce qui ne met en danger ni les institutions ni les personnes. A tout à l'heure chers amis veilleurs !"

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

Melenchon, piège à cons...

Bien sur, la carte électorale du Front de gauche recoupe – pas totalement d'ailleurs – celle du parti communiste à l’époque où ce dernier existait encore. Pour autant, d’un point de vue sociologique, la différence est radicale. Là où le parti communiste ratissait côté intellectuel (1) et ouvrier, le Front de gauche se voit méprisé par les premiers comme par les seconds. On peut alors sourire lorsque Jean-Luc Melenchon se réclame du peuple ou des milieux populaires. Encore plus choquants, les ouvriers ont maintenant déserté la gauche pour rejoindre le Front National. On ne répétera jamais assez que l’homme de gauche qui émigre vers le camp patriotique n’a nullement le sentiment - à juste titre - de s’être converti ou rallié à la droite qui reste à ses yeux l’ennemi de toujours. En ce sens, la stratégie du Front National, résumée par le slogan « ni droite, ni gauche » est la bonne : elle permet progressivement de rallier au camp patriotique les déçus des deux hémiplégies.
L’expérience que j’ai des hommes me conduit à me méfier des radicaux autoproclamés qui pratiquent la surenchère verbale, utilisant bien volontiers des superlatifs. Tel est justement le cas de Jean-Luc Melenchon dont les déclarations semblent faire accroire qu’il est radical. Rappelons qu’il fut appelé lors d’un nouveau gouvernement Jospin, peu de temps avant la présidentielle de 2002, ce afin probablement de montrer un ancrage à gauche. Rappelons aux plus jeunes que la période Jospin (1997/2002) fut autrement plus libérale – entendez capitaliste – que celle qui précéda de 1993 à 1997 via les gouvernements Balladur et Juppé. Et face à la politique capitaliste mené par Jospin et ses affidés, Jean-Luc Melenchon de se faire, à l’époque, carpette et rampant.
D’un point de vue idéologique on pourrait croire que Jean-Luc Melenchon incarne la gauche nationale et républicaine. C’est un peu le message qu’il veut faire passer. Remarquons que l’homme reste emprunt de ses origines trotskistes, internationalistes et dissolvantes. S’il était vraiment républicain comme il l’affirme, il n’eut pas autant soutenu le mariage homosexuel qui est d’essence communautariste donc anti-républicain. Il y a aussi chez lui un côté gôche cucul, donneuse de leçons qui pue les médisances des conversations des sacristies, dont il prétend bien malhonnêtement être l’opposant radical. Peut être souhaite t-il tout simplement flatter dans le sens du poil son électorat – encore une fois pas ouvrier – qui se la joue intello, tout en maniant taille-crayons et trombones : n’est pas tout le monde capable de porter sur le dos un sac de ciment de trente kilos sur une échelle en gravissant ainsi une dizaine de mètres… Encore une fois, les éternels défenseurs du prolétariat, eux-mêmes non prolétaires et ne voulant absolument pas l’être: « Faut vous dire Monsieur, que chez ces gens là… » (2).
On sait les bisbilles récentes entre Melenchon et les communistes orthodoxes du défunt Pc« f ». Ces derniers dépendent des socialistes pour obtenir des élus dans le cadre des prochaines municipales. C’est ainsi que ceux qui se réclament de Marx et de Lénine – excusez du peu – en sont maintenant à sucer les thuriféraires du « grand capital ». Dans les faits, la gauche profonde et réelle, autoproclamée comme telle, est la négation même de la gauche et de son passé. Les communistes aujourd’hui, trahissent tout autant que l’a fait Melenchon lorsqu’il fit partie du gouvernement Jospin : « qui se ressemble s’assemble» … A gauche, rien de nouveau, et nul espoir pour « les damnés de la terre ». Après tout, c’est peut être très bien ainsi, et il existe donc pour reprendre une expression chère à nos milieux, « un partage des eaux ». Cela ne signifie pas que le Front de gauche ne va pas bénéficier du dégoût d’électeurs de gauche écoeurés par la politique menée par Hollande et Ayrault qui est capitaliste. Mais quelque part le réservoir de gauche est maintenant percé et une partie importante de son contenu s’écoulera vers le Front National :
« As sure as the rivers reach the seas »… (3)

Childéric Fonteney http://www.voxnr.com/cc/politique/EFZZAyFkFykPbahpXF.shtml

Notes :

(1) L’opium des intellectuels – Raymond Aron
(2) Jacques Brel
(3) Gary Moore – over the hills and far away

L’Europe vient d’interdire les pesticides tueurs d’abeilles !

Si le déclin des abeilles menace la vie, certains arrivent à en faire leur miel”.

Les grandes firmes telles que Bayer ont joué tous leurs atouts, mais le pouvoir citoyen, la science et l’éthique politique ont pris le dessus ! Vanessa Amaral-Rogers, de l’association pour la préservation des insectes Buglife, a déclaré: “Le vote a été serré, mais grâce à l’immense mobilisation des apiculteurs et d’autres défenseurs des abeilles, nous avons gagné. Je suis certaine que nos milliers d’appels, nos e-mails aux ministres, nos actions à Londres, à Bruxelles ou à Cologne et l’immense pétition ayant rassemblé plus de 2,6 millions de signatures ont été décisifs. Merci à toutes celles et ceux qui ont travaillé dur pour sauver les abeilles !

Comment a été remportée cette victoire ?

Pression sur la France : En janvier 2011, 1 million de personnes signent un appel à la France afin qu’elle maintienne son interdiction des pesticides néonicotinoïdes. Des membres d’Avaaz et les apiculteurs rencontrent le ministre de l’Agriculture et envahissent les ondes pour l’obliger à tenir tête au lobbying des grandes multinationales en maintenant l’interdiction des néonicotinoïdes, envoyant ainsi un message fort aux autres pays européens

Résister contre les multinationales toutes puissantes : Bayer a affronté Avaaz et ses alliés, qui ont manifesté lors de ses 3 dernières réunions annuelles. Les cadres dirigeants et les actionnaires du géant des pesticides ont été accueillis dans leurs locaux par des apiculteurs, un bourdonnement sonore et d’immenses banderoles avec notre appel, signé par plus d’1 million de personnes les invitant à suspendre l’utilisation des néonicotinoides tant que les scientifiques n’auront pas évalué leur effet sur les abeilles.

La science avant tout : En janvier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime que trois pesticides posent des risques inacceptables pour les abeilles. Cette occasion est saisie pour amener les responsables politiques européens à écouter les experts. La pétition rassemble rapidement 2 millions de signatures. Après de nombreux entretiens avec les décisionnaires européens, Avaaz remet l’ appel au QG de l’UE à Bruxelles. Ce même jour, la Commission propose une interdiction d’une durée de 2 ans!

Saisir les opportunités

En février et mars, la bataille pour les abeilles s’intensifie. Lorsque les poids-lourds que sont le Royaume-Uni et l’Allemagne annoncent qu’ils s’y opposeront, Avaaz publie des sondages d’opinion montrant que l’immense majorité des Britanniques et des Allemands sont en faveur de l’interdiction. Près d’un demi-million d’e-mails sont envoyés aux ministres de l’Agriculture européens. Apparemment plus effrayé par la voix de ses propres citoyens que par les pressions des lobbyistes de l’industrie chimique, le ministre britannique Owen Paterson dénonce une “cyberattaque”; mais les journalistes ne sont pas dupes et soutiennent cette campagne!

Entre alors en scène Bernie, abeille gonflable de 6 mètres de haut, qui remet la pétition à Bruxelles lors d’une mise en scène médiatique avant la dernière phase de négociations. Cette mobilisation aurait suscité l’intérêt du ministre espagnol, qui regarde de plus près les rapports d’experts et revient sur sa position. Las, nous n’obtenons pas encore la majorité nécessaire pour obtenir une interdiction des pesticides.

Enfin le feu vert !

En avril, la proposition de loi est renvoyée en comité d’appel. Il s’agit d’une vraie lueur d’espoir. Dans cette dernière ligne droite, Avaaz s’associe à différents groupes tels que la Environmental Justice Foundation, les Amis de la Terre ou le Pesticides Action Network, des apiculteurs et de célèbres stylistes amoureux des abeilles pour organiser une action devant le Parlement britannique.

En Allemagne, des apiculteurs lancent leur propre pétition adressée à leurs ministres. En à peine 2 jours, elle rassemble plus de 150 000 signatures. Elle est remise à Cologne quelques jours plus tard. Les appels téléphoniques continuent de submerger les ministères européens et Avaaz contrecarre un amendement délétère proposé par la Hongrie en renvoyant Bernie à Bruxelles. Les fabricants de pesticides achètent des espaces publicitaires dans l’aéroport par lequel arrivent les responsables politiques et envahissent les ondes pour proposer des solutions telles que le recours aux plantes sauvages. Mais leur plan de communication tombe à l’eau: d’abord la Bulgarie, puis le pays décisif, l’Allemagne changent de position. Plus de la moitié des pays européens votent pour l’interdiction !

Cette victoire est le fruit d’une longue bataille, qui n’aurait pas été remportée sans les scientifiques, les experts, les responsables politiques et les apiculteurs.

L’un des grands défenseurs des abeilles, Paul de Zylva, responsable de la section pesticides et pollinisateurs des Amis de la Terre, a déclaré: “Merci aux millions de membres d’Avaaz qui se sont mobilisés en ligne et dans la rue. La pétition d’Avaaz et ses campagnes créatives ont sans aucun doute fait pencher la balance avec notre concours et celui d’autres ONG.

Il est temps de célébrer cette victoire en faveur de l’une des créatures les plus précieuses de la Terre. Mais l’interdiction de l’UE est pour l’instant limitée à 2 ans, en attendant d’autres évaluations. Et dans le monde entier, la survie des abeilles reste menacée par les pesticides qui les affaiblissent et les désorientent, ainsi que par la disparition de leur habitat naturel, détruit par l’industrialisation des espaces agricoles. En Europe et sur toute la planète, il reste encore beaucoup de travail pour que seule la science guide nos politiques agricoles et environnementales. Et c’est notre communauté qui parviendra à relever ce défi.

Jean Pierinot http://fr.novopress.info

Source : Metamag.

Pensée unique, monnaie unique…le début de la fin ?

Sur le site de l’hebdomadaire Marianne, a été mis en ligne le 10 juillet un excellent article de Eric Conan, « Comment la gauche a livré le peuple au FN », qui n’est pas fait pour remonter le moral du parti de l’étranger socialiste… Et qui éclaire implicitement les raisons de la rage haineuse antinationale d’un «Jean-Luc Mélenchon» rejeté par la France d’en bas puisque son « robespierrisme ne masque pas une apologie de l’immigration non régulée qui rejoint celle du Medef pour presser les salaires à la baisse. »

 M. Conan retrace parfaitement les raisons du basculement des classes populaires qui jusqu’en 1981 votaient majoritairement PS et PC, vers le vote FN et Le Pen.

 Une gauche relève-t-il, qui a «épuisé le registre de l’injure (contre les électeurs frontistes, NDLR), version les salauds de Bernard Tapie (l’heureux bénéficiaire d’un préjudice moral de 45 millions d’euros) ou version les cons de Julien Dray (le collectionneur de montres à 20 000 €). »

 Or, si « ce qui distingue l’élite digne de ce nom de l’oligarchie, c’est son souci du peuple et de ses intérêts », les classes populaires «ont bien compris que les élus n’ont aucune prise sur les délocalisations, les fermetures d’usines et la régression des statuts professionnels. »

 « Ils ont compris aussi que la crise était surtout pour eux, et qu’il y avait des gagnants de la mondialisation sauvage: grands patrons et banquiers ne se jettent pas par la fenêtre comme en 1929; ils se payent en hypersalaires ou en retraites chapeau dignes du Loto, et l’argent public éponge les conséquences de leur cupidité. »

 Et le journaliste de Marianne de noter encore que les ouvriers, employés chômeurs, agriculteurs qui composent encore la moitié du corps électoral et votent massivement FN « voient bien » à « qui reviennent » « les bénéfices de la mondialisation, dont la Commission de Bruxelles s’est faite le chantre », « tandis qu’eux n’ont droit qu’aux discours d’énarques pensionnés à vie dissertant sur le populisme et leur expliquant sans conviction qu’il faut s’ adapter ,bouger et changer de métier plusieurs fois dans sa vie ».

 Bref, « un peuple perdu de vue par des partis de gauche prisonniers de leur sociologie de cadres et de fonctionnaires ancrés dans les métropoles bobo bordées d’une ghettoïsation urbaine multiculturelle dont les désagréments ne sont pas plus maîtrisés que ceux de la mondialisation heureuse. »

 Dans la dernière livraison des Quatre vérités hebdo, André Zuliani, responsable RPF de l’Aude, constate tout aussi justement que « Des médias et des économistes chargés de désinformer plutôt que d’informer et de véhiculer la pensée unique travaillent méticuleusement et avec la plus grande servilité à stériliser toute résistance de la part de la population. »

 «La technostructure européenne affirme encore M. Zuliani multiplie les atteintes aux fondements mêmes de notre société, notamment avec le mariage gay, le programme de dépopulation des nationaux d’origine européenne, la paupérisation des familles, ou la remise en question de la propriété… Ceci montre, à l’évidence, que cette technocratie ne reculera devant rien. »

 Faut-il le rappeler et le redire sans cesse, l’Europe de Bruxelles et de la monnaie unique à laquelle le système UMPS a livré notre peuple pieds et poings liés contribue en effet grandement à cette glissade vers l’abîme de notre pays. Ce qui n’exonère non plus en rien la responsabilité des partis dits de gouvernement dans leur conduite calamiteuse des affaires dont ils ne sont pas encore défaussées (complètement) sur « l’Europe »…

 L’acharnement des politiciens européistes à maintenir à flot l’utopie ruineuse que constitue la monnaie unique dans le cadre actuel est la marque de l’incapacité intellectuelle de « nos » « technos » à sortir de leur schéma mortifère et dépassé.

 La réalité, et il faut être pourtant aveugle pour ne pas la voir, est que la zone euro est entrée en récession du fait de la politique économique et monétaire de déflation qui crée du chômage (qui atteint 12% dans la zone euro), imposée par Bruxelles, la BCE et Berlin. Une politique ultralibérale selon laquelle il faut réduire la dépense publique, baisser les salaires et les retraites (et accessoirement allonger l’âge du départ à celle-ci) pour rétablir les comptes publics.

 Nous savons aussi que l’instauration de la monnaie unique est la source de cette crise du fait de l’impossibilité de mener une politique de change cohérente en raison de la très grande hétérogénéité des économies des pays de la zone euro.

 Le 14 juin dernier, Le Monde mettait en ligne un article de l’allemand Hans-Olaf Henkel, « ancien dirigeant d’entreprise. Professeur honoraire à l’université de Mannheim », dans lequel il confessait que «Si l’on veut sauver l’amitié franco-allemande » il s’agit de « (renoncer) maintenant à la monnaie unique », que «le temps est venu de reconnaître que l’euro faillit non seulement à sa vocation économique mais à sa vocation politique.»

 «Le fossé entre les pays de la zone euro et les autres est de plus en plus alarmant. Seuls les Roumains sont encore désireux d’adopter la monnaie unique. L’éventualité d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’est sans doute pas étrangère aux décisions prises au sein de la zone euro en vue de centraliser, d’égaliser et d’harmoniser… »

 Au regard de l’histoire, dont les enseignements doivent être toujours étudiés par un homme ou une femme politique digne de ce nom, il apparaît que les tentatives passées d’unions monétaires se sont systématiquement soldées par des échecs quand celles-ci ont tenté de fédérer des pays ayant entre eux de trop grands écarts économiques, sociaux, fiscaux et culturels.

 Ce fut le cas de l’Union monétaire entre l’empire austro-hongrois et l’Allemagne qui perdura dix ans (de 1857 à 1867), de l’Union monétaire latine, qui vit le jour en 1865 entre la France, la Belgique, la Suisse et l’ Italie, et qui fut dissoute en 1925 et même de l‘Union scandinave en 1872 (Danemark, Norvège, Suède) mise sur pied en 1872, certainement la plus cohérente sur le plan économique et culturel, mais qui périclita également…

 Pour parler vrai constate Bruno Gollnisch, l’union monétaire ne peut aboutir que si elle s’appuie sur une union politique préalable : ce fut le cas notamment des Etats-Unis, de l’unité politique allemande et italienne, de la Confédération helvétique…

 Et nous touchons d’ailleurs là à une des raisons essentielles de l’entêtement suicidaire des oligarques euromondialistes à maintenir coûte que coûte l’euroland à flot, lesquels militent activement, plus ou moins en plein jour, en faveur d’une intégration-dissolution des pays européens encore plus poussée.

 La solution finale, le but ultime politico-messianique qui est le leur constate encore le président de l’AEMN, consiste bien en la suppression des Etats-nations au profit d’une entité bruxelloise qui a vocation à s’élargir aux pays non européens périphériques, première étape sur le chemin d’une gouvernance mondiale.

 Nous continuerons de nous y opposer de toutes nos forces au nom de la défense des identités, des libertés et des souverainetés de nos peuples européens.

http://aemn.eu/fr/2013/07/15/pensee-unique-monnaie-unique...

16:46 Écrit par pat dans économie et finance, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Comment interpréter la posture russe sur le conflit syrien ?

Comment comprendre la posture de Moscou sur la question syrienne notamment au travers des intérêts en jeu ?

D’abord il existe un élément diplomatique élémentaire qui réside dans la fidélité à ses alliés. Lorsque l’on possède un partenaire sur la scène internationale, il n’est pas question de le laisser tomber et la Syrie a été un partenaire de longue date de l’Union Soviétique puis de la Russie. Moscou apporte donc son soutien à un vieil allié, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il défende mordicus le régime de Bachar Al-Assad. A ce titre, il est nécessaire de faire la différence entre la Syrie et Bachar Al-Assad, cette nuance est primordiale dans l’analyse.

Ensuite, et contrairement à ce qui a été avancé à de multiples reprises, la base navale de Tartous ne constitue absolument pas un intérêt stratégique pour la marine russe puisque il s’agit d’une base navale modeste, ne pouvant accueillir de grands bateaux, et qui a toujours servi à ne faire que de l’entretien léger pour les navires ou du ravitaillement. Ce n’est donc pas un élément décisionnel.

Concernant cette fois les contrats d’armement, ceux-ci n’ont pas d’influence sur la posture russe. La Syrie n’est pas le plus gros client de la Russie en la matière. De surcroît, il s’agit d’un Etat à peine solvable et qui va l’être encore moins dans les années à venir. Ainsi, lorsque certains avancent que la disparition de l’Etat syrien engendrerait la perte de milliards de dollars pour l’industrie de défense russe, c’est totalement faux. Bien au contraire même, puisque la disparition de l’Etat syrien pourrait être interprétée, en Iran, en Irak ou en Libye, de telle sorte que justement il soit nécessaire de se protéger contre une intervention occidentale, et ce, au travers de l’acquisition de la dernière génération de matériel russe.

Quoiqu’il en soit, les véritables intérêts sont de deux ordres.

D’une part, un intérêt de sécurité. Ce dernier est simple : la distance entre la Syrie et le Caucase russe est environ égale à celle entre Paris et Nice, c’est-à-dire un saut de puce. Si demain la Syrie bascule vers un Etat dominé par des fondamentalistes musulmans avec des milliers de combattants d’Al-Qaïda sur place, il sera alors possible d’assister à une migration de ces miliciens vers le Caucase afin d’y relancer les combats avec ce qu’il reste des mouvements terroristes tchétchènes et ce, à quelques mois des JO de Sotchi. Il est donc hors de question de laisser un foyer d’agitation wahhabite se développer en Syrie à un millier de kilomètres de Sotchi à vol d’oiseau.

D’autre part, un intérêt stratégique. Les Américains développent une politique au Moyen-Orient qui s’appuie sur un axe sunnite autour de régimes fondamentalistes musulmans qui sont le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Cet axe sunnite cherche à imposer sa volonté dans la région, notamment en Syrie. Les Russes, quant à eux, tentent de défendre leurs intérêts au Moyen-Orient en s‘appuyant sur un axe chiite (au sens large) qui regroupe l’Iran, l’Irak et les Alaouites de Syrie. Ayant de tout temps été martyrisés par les Sunnites, les Chiites n’ont aucun intérêt à voir cet axe sunnite imposer sa domination au Moyen-Orient avec l’aide américaine. Ils recherchent donc l’appui de la Russie qui recherche le leur. Si Bachar al-Assad tombe, il y aura alors perte d’un premier allié dans la région et l’étape suivante pourrait être la chute de l’Iran. Et si on imagine que s’installe en Iran un nouveau gouvernement, éventuellement pro-occidental, perspective peu probable mais qu’il ne faut pas exclure à long terme, alors cela signifierait que tout le pétrole et le gaz d’Asie centrale, au lieu de transiter par le territoire russe ou de ravitailler la Chine, pourrait transiter via le territoire iranien en direction du littoral de l’Océan indien et de Bandar Abbas, ce qui priverait la Russie d’une bonne partie de sa manne pétrolière et gazière, tout en permettant, accessoirement, de détourner une partie des ressources qui sont destinées à la Chine.

Nous sommes donc, dans cette affaire, sur un échiquier extrêmement compliqué. Il y a des priorités à court terme, de nature sécuritaire et des enjeux stratégiques et économiques à long terme.

La Russie a mis en garde les Occidentaux contre toute intervention militaire sous peine de s’exposer à des conséquences extrêmement graves. Est-il possible d’envisager une réponse armée de la part des Russes ? Quelles mesures de rétorsion pourraient adopter Moscou ?

Sur le registre militaire, les Russes n’ont pas pris le risque, à l’époque de l’URSS, de rentrer en affrontement direct avec les Américains lors de la crise de Cuba. La confrontation directe entre les deux grandes puissances a toujours été évitée. Or la Russie n’a plus les mêmes moyens militaires qu’au temps de l’URSS, elle ne va donc certainement pas s’embarquer dans une aventure militaire vis-à-vis des USA ou des Occidentaux. En revanche, à partir du moment où les Occidentaux vont agir au mépris du droit international, Moscou n’est plus tenu non plus à aucun engagement vis-à-vis de ce dernier.

Concernant les mesures de rétorsion, il est donc envisageable, une fois que les frappes, théoriquement limitées, seront terminées, que les Russes concluent avec la Syrie une nouvelle série de contrats d’armement et que ceux-ci portent sur du matériel beaucoup plus performant. Il est possible d’imaginer que les S300 qui devaient être livrés le soient, voire, pourquoi pas, que les Russes livrent, à crédit, leur dernière génération de missiles, les S400. Ils pourraient accroître encore leur aide militaire au régime syrien.

Une riposte qui pourrait être cinglante pourrait aussi consister à mettre l’Iran à l’abri de toute frappe aérienne. Téhéran aussi voulait acheter des S-300 et se trouve en litige avec Moscou qui, pour complaire aux Occidentaux, a annulé la vente. Dans la mesure où les concessions russes à Washington et à ses alliés, de toute évidence, n’empêchent pas la Maison Blanche de mener dans la région une politique de force au mépris du droit, pourquoi la Russie hésiterait-elle encore à armer Téhéran ?

Ce qui n’est pas à exclure c’est que cette intervention occidentale en Syrie soit la meilleure chose qui puisse arriver pour l’industrie de défense russe : celle-ci dispose de ce qui se fait de mieux en matière de défense anti-aérienne. Les frappes occidentales pourraient être un puissant ressort pour susciter de nouvelles ventes en Syrie et en Iran, voire en Libye et en Irak.

Quelles seraient les conséquences d’une intervention en Syrie sur les négociations sur le désarmement avec les Etats-Unis ?

Il n’est pas impossible que les Russes décident de se retirer de toutes les négociations sur la limitation des armes nucléaires (négociations avec les Etats-Unis sur le nombre de vecteurs et de têtes nucléaires) et déclarent que le traité New Start est nul et non avenu, comme il est possible qu’ils cessent toute discussion sur le programme de bouclier antimissile américain en Europe. Ils pourraient aussi accélérer l’élaboration d’une nouvelle génération de missiles balistiques intercontinentaux en cours de développement. Les efforts de Barack Obama en faveur d’un monde dénucléarisé seraient donc annihilés. De surcroît il convient de rappeler que le Conseil européen se réunira en décembre 2013 sur le thème de la sécurité en Europe. Si les Russes, à ce moment-là, ont rompu toutes les discussions, ce sommet sera vidé de son sens… La Russie dispose donc d’un nombre non négligeable de moyens de rétorsion diplomatico-militaires.

Philippe MIGAULT (directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de la Russie)

Source de l’entretien : IRIS

http://theatrum-belli.org/comment-interpreter-la-posture-russe-sur-le-conflit-syrien-point-de-vue-de-philippe-migault-directeur-de-recherche-a-liris-specialiste-de-la-russie/

La munition du FAMAS : un scandale gentiment enterré

Le numéro 728 de la revue confidentielle TTU officialise un scandale qui était un des non-dits de l'armée française depuis de nombreuses années, la mauvaise qualité de la munition 5.56 destinée au fusil d'assaut de l'armée française. TTU précise avec une diplomatie qui l'honore que c'est l'étui en laiton fabriquée par une société israélienne puis émiratie qui est à l'origine des incidents de tir et aussi (ce qui est aussi grave) de la limite de précision dans la portée du tir de cette munition. Concrètement parlant, la munition défaillante réduit considérablement la précision du tir de cette arme (la balle peut devenir imprécise au-delà de 30 mètres, ce qui peut s'avérer catastrophique en situation de combat. Quelle est la raison de ce fiasco technique ?

TTU nous apprend que c'est la fermeture de l'atelier GIAT du Mans dédié à la fabrication du Famas (étui en acier de qualité qui rendait la munition française particulièrement fiable pour le FAMAS). Quels enseignements tirer de ce scandale largement étouffé pour l'instant : il est important de savoir et de faire savoir quel est le politique qui a décidé la fermeture de l'usine GIAT et délocalisation de la fabrication de la munition du Famas à l'étranger ? Cet homme doit assumer publiquement l'irresponsabilité de son  acte puisque sa décision oblige aujourd'hui l'armée française à jongler avec un stock fiable de munitions ancienne formule (c'est-à-dire d'origine française) et le stock de munitions d'origine israélienne et émiratie qui sont compatibles avec les armes OTAN mais pas avec le FAMAS. On se souvient que c'est le ministre socialiste Alain Richard qui avait entamé la politique de réforme pour faire des économies et rentabiliser les coûts en matière d'équipement militaire.

Cette politique a abouti a ce résultat très concret à savoir que l'arme individuelle du soldat français n'est plus opérationnelle si on utilise une munition fabriquée selon d'autres normes techniques à l'étranger. Nos soldats sont donc en danger à cause de l'irresponsabilité d'une chaîne de décision qui part du politique mais qui ne s'arrête pas là. En effet, il est incompréhensible que des responsables techniques  à un niveau intermédiaire n'aient pas souligné ce risque de défaillance. Sur cette question, les médias français vont démontrer s'ils sont à la hauteur de leur réputation. On pense au magazine Paris Match qui a déboursé en août 2008 plusieurs dizaines de milliers d'euros pour montrer des talibans s'exhiber avec des vêtements et des armes récupérées sur des soldats français tombés dans une embuscade. Il sera intéressant de voir si un journaliste d'un grand média osera s'intéresser à l'affaire de la munition du Famas.

En l'occurrence dans ce dossier, il ne s'agit pas d'une chasse au scoop mais d'un débat constructif sur la pertinence de la décision politique et sur la protection de la vie de nos soldats en opération.

Source du texte : INFOGUERRE

Ont également abordé le sujet : SECRET DÉFENSE / LE MAMOUTH

Les news du front: La Syrie est en train de gagner la guerre (vidéo de PressTV)

http://fr.altermedia.info/guerre/les-news-du-front-la-syrie-est-en-train-de-gagner-la-guerre-video-de-presstv_50603.html

In Mémoriam - En Palestine

15:02 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Manifestation contre la guerre en Syrie le 3 septembre au Trocadéro

Appel du PCD :

"Parce que la guerre est un fléau dont on ne peut maîtriser les conséquences et la durée, une opération militaire de grande envergure aujourd’hui en Syrie n’est pas une solution acceptable.

Des dizaines de milliers de civils seront aussitôt pris pour cible, déplacés, massacrés au prétexte d’exporter la démocratie.

Depuis plusieurs mois, un conflit dramatique ne cesse de faire couler le sang en Syrie. Cette situation ne peut, et ne doit, nous laisser indifférent.

Toutefois, l’éventualité d’une intervention armée de la France, simplement alignée sur les positions anglo-saxones, comporte plusieurs obstacles importants :

- Nul ne peut prévoir les conséquences d’une telle intervention, tant sur la population syrienne que sur la région. La tension est extrêmement vive et des pays tels qu’Israël, le Liban et l’Irak peuvent très rapidement, et d’une manière qui échapperait à tous, basculer dans de nouvelles violences. Le sang coulera donc et bien au-delà même des cibles visées par les pays occidentaux.

- Si tant est que cette intervention réussisse à renverser le régime, , il n’en demeure pas moins qu’aucune solution de remplacement n’est aujourd’hui pertinente. Le plan actuel consiste simplement à remettre le pouvoir à une coalition hétéroclite de groupes islamistes radicaux qui se battent déjà entre eux : quel en sera l’avantage décisif pour la population syrienne ?

- La France est souveraine et ne doit pas s’aligner systématiquement sur les USA ou le Qatar. Elle n’a pas vocation à participer à un embrasement des Proche et Moyen Orient. Nous y avons une histoire, des devoirs ainsi que des pays alliés et amis. Nous ne pouvons accepter de participer à ce massacre annoncé, tant d’un point de vue diplomatique que dans un souci d’humanité avec ces populations amies.

- Enfin, il parait acquis que le régime syrien doit être remplacé par un véritable gouvernement démocratique et non pas par une dictature des frères musulmans qui eux ne protégeront pas l’équilibre entre les différentes communautés présentes en Syrie. Un changement de pouvoir risquerait de mettre directement en péril ces personnes. Là encore, la tradition française et notre devoir d’humanité nous oblige à une reconnaissance de l’ensemble des équilibres en présence au Moyen Orient.

Pour toutes ces raisons, nous signataires de cet appel invitons à un grand rassemblement ce mardi 3 septembre à 19h place du Trocadéro."

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

Et si on relisait Platon ?

Soyons francs. La plupart d’’entre nous, à l’’évocation de Platon, pensent aux volumes poussiéreux pieusement rangés sur une armoire inaccessible, ou à des cours de lycée vite appris, vite oubliés. En tout cas, à rien qui puisse éclairer les débats et les enjeux contemporains. La traduction récente par O. Sedeyn des cours de philosophie politique de Leo Strauss sur Platon devrait les inciter à réviser leurs positions. Si Strauss est souvent associé dans l’’actualité immédiate aux origines du mouvement néoconservateur– qui aurait inspiré l’invasion américaine de l’Irak – peu de personnes peuvent se targuer d’avoir lu ses travaux philosophiques.
Défense du régime mixte
Platonicien, antimoderne, hostile aux prétendues “sciences” sociales, Strauss donne en 1959 un cours à l’’Université de Chicago sur Le Banquet, que retranscrira ensuite l’’un de ses meilleurs élèves, Hilail Gildin. A priori, le sujet du Banquet semble assez éloigné de la politique. Tout le monde sait que le dialogue en question est une sorte de compétition entre différents protagonistes, qui cherchent à faire le plus bel éloge du désir, d’’éros.
Strauss rappelle toutefois qu’’il est le dialogue par excellence de l’’affrontement entre la philosophie et la poésie, Socrate et ses adversaires. Parce que la spécificité de la tradition philosophique inaugurée par Socrate fut d’avoir compris l’’essence du Politique, contrairement à ses adversaires sophistes, poètes et présocratiques, elle est une école de sagesse : « L’’implication de la philosophie platonico-aristotélicienne est […] qu’’il ne peut pas y avoir de société rationnelle, c’est-à-dire de société composée d’êtres humains purement rationnels », d’où la défense classique du régime mixte, qui donne non seulement la parole aux plus rationnels, donc aux plus sages, mais aussi à la “ « non-sagesse » au demos, qui s’exprime par la voie du consentement.
Cela étant dit, Strauss fait du Banquet un concours de sagesse entre philosophie politique et poésie. La poésie se distingue de la philosophie parce qu’’elle fabrique des mythes, elle invente sans souci du vrai, ce qui rend les interlocuteurs de Socrate sans doute lyriques, mais incapables de comprendre la nature d’’Eros.
L’’exégèse straussienne, érudite et pénétrante, nous incite à nous replonger dans Platon avec le sentiment qu’’il existe encore quelque chose de profond et d’’aventureux, peut-être même de dangereux, à considérer les dialogues socratiques.
Des lois et des marionnettes
Pour ceux encore sceptiques, la nouvelle traduction des Lois de Platon par L. Brisson et J-F Pradeau peut servir de test. Elle achève une entreprise de retraduction des dialogues initiée depuis un peu plus de vingt ans par Flammarion, et a le mérite de mettre à la portée des bourses les plus modestes un texte essentiel de la philosophie politique, puisque les autres traductions n’’étaient disponibles qu’’en Pléiade et en Belles Lettres, c’’est-à-dire dans des gammes de prix nettement plus élevées.
En général, la vulgate oppose la République aux Lois, faisant de la première une œœuvre de jeunesse utopiste que la seconde corrige en un sens plus pragmatique. C’’est là céder à un préjugé historiciste qui tend à dévaloriser le contenu philosophique de la République comme des Lois. Ces dernières décrivent en 12 livres la constitution fictive d’’une cité excellente capable de former des citoyens vertueux et heureux. Cette cité des Magnètes qui doit s’installer en Crète est l’’objet d’’un dialogue entre un Athénien, un Lacédémonien et un Crétois que l’’âge et l’expérience ont rendu plus sages, ou du moins dépassionnés. Le dialogue est un prétexte pour comprendre l’’éducation à la vertu des hommes depuis la petite enfance jusqu’’à l’’âge adulte par la loi, la loi platonicienne ici incluant aussi les mœurs et plus généralement tout ce qui touche l’’homme en tant qu’’il vit en société : « […] il existe la raison qui calcule ce qui en ces sentiments [l’’attente, la crainte, la confiance] vaut le mieux et ce qui est le pire pour chacun de nous ; et quand ce calcul est devenu le décret commun de la Cité, il porte le nom de “loi” » (I,644d).
Pour bien comprendre le rôle de la loi dans la Cité, l’’étranger athénien évoque un mythe resté célèbre, qui compare les êtres humains à des marionnettes manipulées par les dieux, dont on ne sait si elles ont été constituées dans un but sérieux ou pour leur simple amusement. La conduite des individus se conforme aux lois comme les marionnettes aux fils qui les relient aux mains des dieux, le plus souple de ces fils étant la Raison, dont la contrainte doit être acceptée pour parvenir à l’’excellence dans son acception la plus complète. Toutefois, l’’existence de fils moins souples, plus raides et de facture moins noble (le fil de la Raison est d’’or, les autres de métaux non précieux) nous enseigne aussi sur la nature double des lois, qui s’’adressent aux citoyens capables d’’accéder à la vertu par la persuasion rationnelle, mais aussi à tous les autres, la multitude inspirée par la crainte qui ne comprend que la force.
À l’’ère du localisme, des utopies communicationnelles, des démocraties participatives et autres métastases issues du mouvement démocratique égalitaire, les Lois viennent nous donner une leçon assez simple : les législateurs qui tentent d’élaborer une constitution construite sur le dogme de l’’égalité entre les hommes se trompent lourdement, parce qu’’ils ne sont pas capables de distinguer l’’ordre naturel de la convention. La philosophie platonicienne, et plus généralement la pensée classique, dont l’’Action française s’’est voulue la continuatrice, est devenue le refuge véritable de la pensée critique car en dissidence radicale avec le projet moderne dans sa totalité.
Pierre Carvin L’’Action Française 2000 du 20 juillet au 3 août 2006
* Leo Strauss, Sur le Banquet. La philosophie politique de Platon, éditions de l’’Éclat, 334 pages, 32 euros.
* Platon, Les Lois (deux volumes, livres I à VI et VII à XII), Éd. Garnier Flammarion.

Israël cherche à mettre en opposition Arabes chrétiens et musulmans, par Jonathan Cook

IRIB-Israël prend le risque de garantir que sa thèse du choc des civilisations devienne une prophétie qui s’accomplit d’elle-même.

La Terre sainte peut être le berceau du judaïsme, du christianisme et de l’islam – les trois religions abrahamiques qui ont beaucoup en commun – mais Israël a fait le choix de s’inspirer d’une convention qui imagine la région en termes de choc des civilisations.

Theodor Herzl, père de l’idéologie nationale d’Israël, le sionisme, affirmait qu’un État juif devait agir comme « un rempart de l’Europe contre l’Asie, un avant-poste de la civilisation comme une opposition à la barbarie ». Dans cette optique, Israël se trouve sur la ligne de faille entre l’Occident judéo-chrétien et les hordes barbares de l’Orient islamique.

L’idée d’une confrontation a joué bien évidemment dans les guerres répétées d’Israël contre ses voisins arabes, son comportement menaçant envers l’Iran, et son occupation interminable du territoire palestinien – fortement subventionnée directement et indirectement par les États-Unis et l’Europe.

Mais Israël a voulu aussi exploiter ce modèle à l’intérieur même de son propre territoire, parmi ses citoyens. C’est en ces termes que des décennies de discrimination institutionnelle et méthodique, et de répressions intérieures de ses un million et demi de Palestiniens, qui ont la citoyenneté, ont été justifiées à la majorité juive.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’annonce faite ce mois-ci par le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanhayu, de ce qui est appelé traîtreusement un « forum » entre le gouvernement et les Palestiniens chrétiens d’Israël.

Son objectif, troublant, est de mettre fin à l’exemption de servir dans l’armée dont bénéficient les chrétiens en Israël.

Sur un plan pratique, Mr Netanyahu espère que les chrétiens pourront aider à renforcer l’occupation illégale israélienne de leurs familles en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Mais cette initiative n’a pas de rapport en vérité avec le gonflement des rangs de l’armée.

Les chrétiens et les musulmans sont exclus du service militaire en Israël. Individuellement, ils peuvent demander une dérogation à cette exclusion et tous les ans, ils sont quelques-uns à le faire : environ deux dizaines chez les Palestiniens chrétiens, et quelques musulmans, pour la plupart de la communauté bédouine.

Quand des chrétiens servent dans l’armée, ils rejoignent la minuscule communauté druze qui est incorporée depuis les années cinquante. Ne resteront exclus après que les musulmans, la plus grande partie des citoyens palestiniens.

Le rôle des Druzes est illustratif. De servir dans l’armée depuis décennies a montré peu d’avantages, même si Israël les traite comme un groupe national séparé des autres citoyens palestiniens. Ils ont même leur propre système scolaire pour leur inculquer la conviction que Druzes et juifs sont des alliés historiques.

Par leur souci de prouver leur loyauté envers l’État, les Druzes sont très craints dans les territoires occupés, où ils sont jugés encore plus violents que les autres soldats juifs.

Si Mr Netanyahu réussit, il aura réalisé une tâche importante, en renversant l’engagement des chrétiens et musulmans en Israël pour une unité à long terme. Les deux communautés ont instauré des institutions politiques et des partis laïcs qui transcendent les divisions sectaires.

Ces dernières années, leur identité en tant que Palestiniens s’est trouvée renforcée, notamment parce qu’Israël a défini le cœur de l’identité israélienne en termes d’appartenance au peuple juif.

Mr Netanyahu préfèrerait revenir aux années cinquante, quand la population native était connue simplement sous le nom de « minorités », et pouvait être cataloguée comme des groupes sectaires. Le but était d’exploiter ces différences pour que toutes les parties restent faibles, isolées et, idéalement, à se confronter entre elles.

Aujourd’hui, Mr Netanyahu voit l’occasion de se servir du service militaire comme d’un moyen pour mettre en œuvre la politique du diviser pour mieux régner.

L’idée couvait depuis des décennies, mais elle était irréalisable parce qu’Israël ne parvenait pas à trouver, comme il l’avait fait avec les Druzes, un leader religieux chrétien voulant bien coopérer. Aujourd’hui il l’a, en la personne d’un haut dignitaire religieux de Nazareth, Jibril Nadaf.

Mr Nadaf a donné l’an dernier sa bénédiction pour une conférence organisée par le ministère de la Défense visant à promouvoir le service militaire dans les mouvements scouts chrétiens. Les dirigeants de la communauté qui l’ont dénoncée ont été interrogés par les services de sécurité sur la suspicion d’incitation.

Israël claironne partout qu’il a réussi à tripler le nombre d’adolescents chrétiens incorporés au cours de l’année passée. Pourtant, ils sont toujours très peu nombreux.

Israël a cherché à profiter de ce moment pour attirer l’attention des chrétiens sur les soi-disant dangers posés par le Printemps arabe. Les dirigeants israéliens prétendent que la montée en puissance des mouvements islamiques est un avertissement qui montre la nécessité pour les chrétiens de la région à s’allier avec l’État juif.

Mr Nadaf s’exprime aujourd’hui dans des termes similaires. Il a récemment déclaré : « Notre objectif est de protéger la Terre sainte et l’État d’Israël ». Seuls les chrétiens qui aident Israël, a-t-il ajouté, « suivent la voie du christianisme ».

Les empreintes digitales d’Israël ne sont pas difficiles à repérer sur ces évolutions. Le mois dernier, un nouveau parti politique s’est formé à Nazareth avec une étiquette commune aux chrétiens et aux juifs, et soutenant la conscription pour les chrétiens. Son fondateur est le frère du conseiller du ministère de la Défense pour les questions chrétiennes, Ehab Shilyan.

Cette ingérence dangereuse dans les relations délicates entre chrétiens et musulmans en Israël pourrait facilement conduire à la violence et au bain de sang. Mais cela ne préoccupe probablement pas Israël alors que les avantages sont multiples.

Les chrétiens palestiniens ont été des éléments clés dans le combat pour l’égalité des droits en Israël, un combat qui a profondément embarrassé Israël car il menaçait de mettre en évidence l’inégalité structurelle que requiert un État juif.

Israël préfèrerait affaiblir ce type de politiques laïques palestiniennes intérieures, laissant le champ libre aux extrémistes islamiques.

Les chrétiens en Israël ont également été d’ardents défenseurs des campagnes internationales contre Israël, utilisant leurs liens pour soutenir le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions dans la création à l’étranger de groupes dans des Églises – ce qu’Israël appelle la « délégitimation ».

Repositionner les chrétiens palestiniens du côté d’Israël damerait le pion à cette campagne.

Mais peut-être plus important encore, Israël préfèrerait que les chrétiens rejettent la variante palestinienne de la théologie de libération, et adoptent le sionisme chrétiens qui dominent aux États-Unis, premier promoteur d’Israël.

Les sionistes chrétiens croient que les juifs et les chrétiens se dirigent vers une confrontation apocalyptique avec l’Islam.
Tout cela est conçu pour parquer la population musulmane d’Israël dans un coin, inventant un récit beaucoup plus aseptisé pour un Israël où juifs et chrétiens sont des frères dans la garde des remparts. Mais plus probablement, Israël prend le risque de garantir que sa thèse du choc des civilisations devienne une prophétie qui s’accomplit d’elle-même.

http://fr.altermedia.info/guerre/israel-cherche-a-mettre-...

1er décembre 1934 : assassinat de Kirov

Le 1er octobre 1934, Sergheï Kostrikov, dit Kirov (48 ans), est assassiné dans des conditions mystérieuses à Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg). L'homme n'est autre que le secrétaire du Parti communiste pour la région de Leningrad. C'est aussi un proche de Staline et son dauphin présumé.
Sa mort va être le prétexte à une sinistre vague d'épuration au sein du Parti communiste de l'Union Soviétique, connue sous le nom de «procès de Moscou». Les accusés de ces trois procès, des bolchéviques de la vieille garde léniniste, plaideront tous coupables et feront amende honorable. La plupart seront exécutés.
Un prétexte tout trouvé
Staline, tout-puissant secrétaire général du Parti communiste, a lancé en 1930 la collectivisation des terres et des usines. Les Soviétiques ont payé ces initiatives au prix fort : effroyables famines et déportations massives.Malgré le renforcement de son autorité sur le Parti, le dictateur a tout lieu de craindre que la vieille garde bolchevique ne profite de ses difficultés pour le renverser.
En 1934, il donne l'impression d'amorcer une réconciliation avec ses principaux rivaux : Kamenev, Zinoviev et Boukharine,... Ces derniers peuvent s'exprimer librement au cours du XVIIe Congrès du Parti communiste de l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques), en 1934.
Las, il ne s'agit que d'une feinte. Le «Vojd»(Guide, qualificatif officiel de Staline) n'attend que le moment propice pour éliminer définitivement ses ennemis avérés ou potentiels, autrement dit tous les vieux bolcheviques de son entourage...
Ce moment arrive avec l'assassinat de Kirov, à croire que Staline l'aurait lui-même commandité ! Dès le soir, le dictateur quitte Moscou pour Leningrad et gifle publiquement le responsable local de la police politique, le NKVD (ex-Guépéou).
Le même jour, le Comité central, organe suprême du pouvoir, institue une justice d'exception sous le prétexte de traquer et punir les criminels (pas de défense, pas de recours en appel possible et exécution immédiate en cas de condamnation).
Grandes purges
Les «grandes purges» commencent dès le 16 janvier 1935, avec l'ouverture du procès de Kamenev, Zinoviev et 17 autres accusés, sous l'inculpation d'avoir «aménagé le terrain idéologique» à l'assassinat de Kirov avec la complicité du traître Trotski, en exil. Il ne s'agit que d'une mise en bouche : Kamenev et Zinoviev s'en tirent pour l'heure avec seulement dix ans de prison.
– Le «procès des Seize» (19-24 août 1936)
Les choses sérieuses débutent en août 1936, avec la mise en accusation d'un prétendu «Centre trotskiste-zinovieviste unifié». Kamenev et Zinoviev n'échappent pas cette fois à une condamnation à mort (douze ans plus tôt, après la mort de Lénine, ils avaient constitué une première «troïka»avec Staline, permettant à ce dernier de s'emparer du parti !).
Ce premier des grands procès de Moscou se tient, comme les suivants, sous la direction du procureur général Vychinski, en présence de la presse nationale et internationale.
Il inaugure un scénario mis au point par le chef du NKVD, Yagoda (ou Iagoda) : il s'agit que les prévenus collaborent à leur mise à mort en avouant eux-mêmes les complots fantaisistes dont ils sont accusés et en dénonçant des comparses ! Ils y sont conduits par un reste de fanatisme ou, plus prosaïquement, par l'espoir de sauver leurs proches.
Dans le box des accusés, on mélange des révolutionnaires éminents qui se sont ralliés à Staline, entourés de communistes moins connus et d'inconnus au passé trouble qui soutiennent les thèses de l'accusation (complot terroriste, actes de sabotage, activités d'espionnage, contacts avec le «traître» Trotski,...).
Les étrangers eux-mêmes applaudissent aux sentences iniques et sans preuves. En France, la Ligue des droits de l'Homme, qui s'était illustrée dans la défense d'Alfred Dreyfus, n'y voit rien à redire dès lors que les accusés se reconnaissent publiquement coupables !
Yagoda, malgré sa diligence, est congédié à l'automne et remplacé à la tête du NKVD par un jeune loup, Nikolaï Ejov (ou Yéjov)
– Le «procès des Dix-huit»(23-30 janvier 1937)
Le deuxième grand procès se tient en janvier 1937. Il s'en prend à un «Centre trotskiste parallèle» qui aurait comploté avec les nazis et les Japonais contre la patrie. Les accusés (Piatakov, Radek, Sokolnikov, Serebriakov,...) se prêtent aimablement à la farce en s'accusant des pires malversations avant de recevoir une balle dans la nuque.
Dans les mois qui suivent, Ejov soumet à Staline des listes de prévenus en lui demandant son avis. On estime qu'au total, Staline approuvera de la sorte 44.000 condamnations à mort, pudiquement qualifiées de «condamnations au premier degré». C'est l'«ejovtchina» (ou «yéjovchtchina»).
À la différence de la répression ordinaire, qui touche des centaines de milliers de Soviétiques ordinaires, l'«ejovtchina» frappe l'opinion internationale car elle concerne des membres dirigeants du pays, du Parti et de l'armée.
L'armée est décapitée par une troisième série de procès, entre l'été 1937 et le printemps 1938. Ceux-là se tiennent à huis clos.
Trois maréchaux sur cinq, treize généraux d'armée sur 15, 30 généraux de corps d'armée sur 58, 110 généraux de division sur 195, 211 colonels sur 406, soit une bonne moitié des cadres de l'armée, sont proprement exécutés avec soumission et sans la moindre velléité de protestation !
– Le «procès de la droite» (2-13 mars 1938)
Les grands procès de Moscou s'achèvent en mars 1938 avec la mise en accusion de 21 prévenus dont Boukharine, l'un des plus illustres chefs bolcheviques, et... Yagoda. Ce dernier est jugé et exécuté selon le scénario qu'il a lui-même mis au point à la tête du NKVD ! Son successeur Ejov n'allait d'ailleurs pas tarder à le suivre dans la mort.
Au terme de ces trois années, plus de la moitié des élus du Parti ont été éliminés... et remplacés par de jeunes militants qui n'ont pas connu la Révolution et sont dévoués à Staline.
Celui-ci apparaît comme le seul héritier de Lénine après l'élimination de presque tous les bolcheviques éminent (le survivant Trotski, en exil au Mexique, sera assassiné sur ordre de Staline en 1940).
Staline a pu profiter des procès pour faire porter sur les accusés le poids de ses dramatiques échecs dans la collectivisation des terres et des usines.
André Larané http://www.herodote.net/

12:27 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Hollande-démission : témoignage d’un vacancier à La Baule

Extrait :

"Je me lève et commence à faire des photographies de l’approche de cet avion qui traîne une banderole publicitaire. Il s’agit bien de l’avion dont j’ai entendu parler le matin. Je continue à photographier l’avion tout au long de la plage jusqu’à ce qu’il disparaisse au dessus de la pointe de Penchateau.

Je commençais à repartir lorsque le CRS m’interpelle du haut de sa chaise. Il me demande tout d’abord si j’ai pu lire le numéro de l’avion. Je lui indique que non. Il me dit alors de zoomer sur mes photographies. Je lui répond que je ne sais pas visionner les vues prises. Il insiste en me disant qu’il faut absolument qu’il puisse connaître le numéro. Je lui affirme que je ne peux rien pour lui et que de toute manière l’avion est en règle car il a déjà été contrôlé plusieurs fois par la gendarmerie.

Ma réponse l’intrigue. Il me demande d’où l’avion a décollé. Je lui dis que je pensais qu’il avait décollé de l’aérodrome de La Baule. Il me demande alors si c’est un ULM ou un avion. Je lui indique que je pense que c’est un avion car c’est ce que j’ai entendu le matin à la radio. Je commence à repartir lorsqu’il me demande d’aller avec mon appareil photographique au poste principal de CRS en bas de l’avenue de Gaulle. Je lui en demande la raison Il me dit que c’est pour connaître l’identité du pilote. En effet aucun des CRS sauveteurs répartis sur la plage n’a pu voir le numéro de l’avion. Ils pensent que c’est un avion maquillé en ULM. Je lui indique que je ne peux rien pour lui et lui fais comprendre que je trouve que cela fait loin d’aller au poste principal. Il me demande alors d’aller à un poste secondaire de CRS sous un drapeau vert et me montre la direction. Je ne vois pas l’endroit qu’il m’indique. Il me dit alors d’avancer. J’obtempère et prends la direction indiquée.

A mi-parcours un CRS vient à ma rencontre et m’accompagne jusqu’au poste de secours. En route je lui demande ce que l’on me veut. Il me dit que l’on va me prendre en charge pour m’emmener en zodiac ou en quad jusqu’au poste de sauvetage principal. Je demande alors pour quelle raison. Il me dit que la police souhaite avoir ma déposition. Je répète à nouveau que je ne sais rien de plus que ce que j’ai entendu le matin à la radio. J’arrive au poste secondaire de sauvetage . Un CRS commence à me parler des photographies que j’ai prises. Un homme qui est en train de se faire soigner répond pour moi que mes photographies sont floues. Le CRS me demande alors que je lui dise ce que je sais sur cet avion. A nouveau je répète que je ne sais que ce que j’ai entendu le matin sur France Bleu.

Il me demande si j’ai pris de nombreuses photographies et souhaite les voir. Je lui précise que je ne sais pas visionner les photographies sur mon appareil. A ce moment là, il reçoit un appel. Lorsqu’il a terminé sa conversation, il m’indique que l’avion a été effectivement contrôlé et que je peux repartir car il ne veut pas me faire perdre mon temps plus longtemps (sic!).

De retour auprès de mes amis qui étaient restés sur la plage ceux ci me disent que le CRS qui était sur sa chaise haute avait totalement cessé de surveiller les baigneurs et m’avait suivi avec ses jumelles jusqu’à ce j’arrive au poste de sauvetage. En conséquence n’importe qui aurait pu se noyer pendant ce temps là (12 à 15 minutes). [...]"

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

Le droit de vote des immigrés, l'arbre qui cache la forêt des naturalisations

C’est ce jeudi 8 décembre que le projet de loi sur le droit de vote des immigrés sera examiné — et sans doute voté — au Sénat par la nouvelle majorité socialiste. Avec d’autant plus d’enthousiasme que 61% des Français (soit 6% de plus par rapport à un précédent sondage, réalisé en janvier 2010) y seraient favorables selon une enquête BVA publiée le 28 novembre par Le Parisien. Le quotidien populaire note avec satisfaction que « l’acceptation du droit de vote des étrangers a tout particulièrement augmenté auprès des sympathisants de droite (+ 15 points), même si ceux-ci y restent majoritairement opposés ». Sans surprise, les électeurs du Front national y sont ainsi hostiles à 61% cependant que 58% des sympathisants du Nouveau Centre d’Hervé Morin seraient au contraire prêts à partager leur isoloir avec des étrangers.

Du moins, selon BVA. Comme tous ses homologues sondagiques, cet organisme observe en effet une certaine rigueur en matière politique car les chiffres des enquêtes d’opinion doivent correspondre peu ou prou à ceux qui sortiront des urnes sous peine pour les instituts spécialisés de perdre toute crédibilité, mais se montre beaucoup plus laxiste quand il s’agit des questions de société, aucune sanction n’étant alors à craindre.

Faux problème et gadget électoral

1981-2011, voici donc trente ans que, d’élection en élection, resurgit le spectre du droit de vote aux élections locales des étrangers en situation régulière. Une mesure, allèguent ses partisans, déjà en vigueur dans plusieurs pays européens (Suède, Danemark ou encore Pays-Bas) dans lesquels, soutiennent ces bons apôtres, elle n’aurait apporté aucun bouleversement. Pourtant, un Marocain est devenu maire de Rotterdam, l’un des principaux ports européens, et tout indique que cette mesure aboutirait également chez nous, vu la concentration de certaines communautés, à  faire tomber dans l’escarcelle d’édiles musulmans, voire islamistes, une bonne partie des communes de la Seine-Saint-Denis, des villes du Nord comme Roubaix et plusieurs arrondissements marseillais. Pas moins !

Le problème est donc très sérieux ; ce droit de vote démesurément élargi — dans le même temps où les autochtones se voient systématiquement retirer peu à peu tous leurs droits spécifiques, en raison de l’inique mise hors-la-loi de la préférence nationale — est pourtant un faux problème, ce qui ne l’empêche pas d’être régulièrement agité par des politiciens en mal de victoire.

  • à gauche, (où Mitterrand se garda bien d’inclure cette sensationnelle nouveauté dans la Constitution bien que les 110 Propositions du PS lui en aient fait obligation) parce que cela permet de se montrer « fidèle à sa mission humaniste » et ouvert aux (prétendus) exclus ;
  • à droite, parce qu’agiter ce chiffon rouge permet de rallier à son panache tricolore le bon peuple resté national et français toujours.

Ainsi Nicolas Sarkozy qui, en 2005, dans une tribune du Monde, se disait, « sur la base de la réciprocité », favorable au vote des étrangers vivant depuis cinq ans sur notre territoire, affirmait solennellement le 23 novembre 2011 devant quelque trois mille maires réunis en congrès que « le droit de voter et le droit d’être élu dans nos territoires doit demeurer un droit attaché à la nationalité française ».

2 millions de néo-Français de plus en 14 ans !

Mais c’est justement en cela que le droit de vote des immigrés aux élections locales est un faux problème et un gadget électoral. Car, n’en déplaise à l’UMP et à M. Sarkozy lui-même, la nationalité française est bradée, avec plus de deux millions de néo-Français créés entre 1995 et 2009. Le chiffre a bondi, sous les deux dernières présidences, de 95.410 naturalisés en 1995 à 133.479 en 2009, avec un pic de 165.140 en 2004 ; M. Sarkozy était alors ministre de l’Intérieur.

Or, ces 2 millions de néo-Français, très majoritairement originaires d’Afrique (62,7 % de l’ensemble, dont 41,2% de Maghrébins) et parents de millions d’enfants bientôt inscrits automatiquement sur les listes électorales, non seulement votent à toutes les élections, mais se font élire — ou nommer — aux postes les plus prestigieux. Ainsi, parmi quantité d’autres, on trouve les députés européens Fodé Sylla et Alina Boumedienne-Thierry ou la nouvelle vice-présidente du Sénat, l’Algérienne Bariza Khiari qui, depuis son arrivée au Palais du Luxembourg en 2004, a multiplié les propositions de lois favorables à ses congénères, par exemple pour leur faciliter l’accès aux professions libérales ou privées encore réglementées.

Et des ministres, parlons-en :

  • le Togolais mitterrandien Kofi Yamgnane (plus tard candidat à la présidentielle dans son pays d’origine, ce qui en dit long sur son intégration !) ;
  • la Sénégalaise également socialiste puis sarkozyste Rama Yadé ;
  • l’Algéro-Marocaine Rachida Dati, titulaire de surcroît d’un ministère régalien, celui de la Justice ;
  • mieux ou pis encore : parmi les candidats déclarés à la présidentielle 2012 figurent deux naturalisés, le Béninois Patrick Lozès, président (en délicatesse avec la justice pour détournement de subventions publiques) du Conseil Représentatif des Associations Noires de France et dont le slogan « Ne votez plus blanc » s’adresse explicitement aux allochtones; et bien sûr la Norvégienne Eva Joly dont le conseiller très spécial Serge Coronado, fils de réfugiés chiliens anti-Pinochet, n’est français que depuis 1994.

Paris, ville ouverte aux étrangers

Or, répétons-le, ce mouvement-là si lourd de conséquences n’a cessé de s’accélérer sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Ce qui lui valait en 2009 les éloges du site marocain yabiladi.com : alors que « le Royaume-Uni et l'Allemagne ont diminué l'octroi de nationalités à hauteur de -21% et -16% respectivement (…) la France est le pays européen où le plus d'étrangers ont été naturalisés en 2008 : 137.000, contre 129.000 au Royaume-Uni et 94.000 en Allemagne », le Maroc arrivant « en tête des pays d'origine des nouveaux nationaux ». D’où le satisfecit, dont on se passerait bien, accordé par le site chérifien : « En termes absolus, la France est bien le pays le plus ouvert sur le plan des naturalisations », avec « 2,1 naturalisations sur 1000 citoyens ».

« Les naturalisations explosent à Paris », titrait de son côté le quotidien Aujourd’hui en France le 3 mai 2010 en précisant que, grâce à « la récente simplification des démarches », le nombre des étrangers naturalisés français, 4000 au cours du seul premier trimestre 2010, « a doublé dans la capitale par rapport au premier trimestre 2009 ». Résultat, selon la préfecture de police de Paris, dans la seule capitale, « environ 16.000 ressortissants étrangers pourraient acquérir la nationalité française d'ici à la fin de l'année, soit une augmentation de 52% par rapport à l'année dernière ».

Substitution de population, substitution d'électorat

Cinquante-deux pour cent d'augmentation, voilà qui va changer toute la donne raciale, sociologique et politique dans la ville dont on chantait naguère « Paris, c’est une blonde » ! Et la cadence n’a pas fléchi depuis, la France ayant délivré en 2010 près de 200.000 autorisations de long séjour — une croissance de 9,7% par rapport à 2009 bien que l'immigration de travail n’ait quant à elle progressé que de 1,8% — dont les heureux bénéficiaires ont vocation à être naturalisés au plus vite.

Ainsi s’opère en douce, sans que le citoyen ordinaire s’en doute puisque chaque préfecture fait sa petite cuisine sur son petit réchaud et qu’on ne dispose plus de chiffres globaux mais uniquement de données départementales, beaucoup plus difficiles à obtenir et à additionner, ce qu’il faut bien appeler une substitution de population, et donc d’électorat. Ainsi donc il n'est plus besoin pour ce faire de modifier la Constitution par voie de référendum, avec tous les aléas qu’une telle opération comporte. Qu’on se souvienne du « non » de mai 2005 au projet de nouvelle Constitution qu’avaient pourtant plébiscité sondés et partis politiques !

Claude Lorne , 2/12/2011

http://archives.polemia.com/article.php?id=4364

État des lieux, par Jean-Marc DESANTI

« Qui n’a jamais eu l’impression que sa vie attend un exaucement inconnu, un complément pour se parfaire ? »

Ernst Jünger (Polarisations)

Nous y arrivons enfin. L’Occident va donc intervenir en Syrie et les russes vont laisser faire. Bien des capucins inconditionnels de la Russie, bien des militants délicats et précieux admirateurs du viril Poutine vont encore déchanter.

Il y aura toujours des thuriféraires du Tsar pour expliquer que c'est de la grande politique et que nous allons bien découvrir des surprises de la part du chasseur d'ours et pêcheur au torse nu.
Mes doux camarades, les parachutistes russes ne sauteront pas sur Damas ou sur Sainte-Mère-Église pour venir délivrer les pauvres peuples de la peste islamiste. Il ne faudra compter que sur nous-mêmes, je dis bien « nous », en éclipsant l'armée, qui n'existe plus et la police que l'on paralyse.
Certes, mourir pour Damas n'a pas plus de sens, au fond, que « mourir pour Dantzig ». Les élites complices de la planète ont pacifié tout ça depuis. Trop de dégâts. Maintenant on compte surtout sur des mercenaires, des volontaires, des harkis que l'on manipule et qu'on abandonne tout aussitôt.
 
De temps en temps, dans les armées des grandes puissances, quelques morts, mais point trop et puis basta … Par ici la monnaie. Depuis quand d'ailleurs les guerres seraient-elles des œuvres de bienfaisance ?
Tiens, nous venons d'apprendre que l'Arabie Saoudite offrait des contrats mirifiques à Moscou si la Russie laissait tomber Assad. Donc parfait. Le monde peut tourner. Tout est une question de rapports de force. Je te menace, tu me menaces mais n'allons pas trop loin dans l’escalade.
Chacun a un ami qui joue le médiateur pour que ça ne dégénère pas trop. Obama est le clone de Bush, Hollande celui de Sarkozy et, même si c'est difficile à admettre, Poutine celui d'Eltsine. Croyez-vous encore qu'au festin des « grands » on laisse entrer les clochards ?

Fabius qui, en France, paraissait à tout jamais perdu pour le « pouvoir » disserte et décide, distribue les bons points en matière d'éthique. BHL collait aux basques du petit Nicolas maintenant Laurent ouvre les hostilités avant Hollande. Au fait, pour donner l’exemple, peut-être demandera-t-il à son fils Thomas qui exhibait des liasses de 500 euros, aux « Caves du Roy », la célèbre boîte de nuit à Saint-Tropez, de se porter volontaire pour aller combattre les vilains syriens laïques ?  Cependant son rejeton sera en taule bientôt. Quoique les fils des Versaillais, même avec une information judiciaire pour "faux", "escroquerie" et "blanchiment",  se réfugient plus facilement en Suisse ou au Qatar que dans la Légion Étrangère.

 Mais ne désespérons pas les citoyens. Il y a toujours des élections dans les pays « démocratiques ». Bientôt les municipales au pays d'Astérix. Les Français vont donc pouvoir se défouler. Et … Voter Front National sans crainte. Florian Philippot demande à la maire de Bollène de respecter la loi … Entendez par là que les homosexuels (les invertis en Russie) n'ont rien à craindre. Je m'en tape moi de la sexualité des uns et des autres, je pense seulement aux veilleurs matraqués ou à Dominique Venner et je me dis que le Philippot va bientôt gagner sa place dans une émission de Ruquier ou sur le divan de  Drucker. Il a choisi le camp des vainqueurs le bougre.
Rien à voir avec notre archange Hélie Denoix de Saint Marc qui disait : «  Un ami m’a dit un jour : « Tu as fait de mauvais choix, puisque tu as échoué ». Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié. ».
Mais je dois vieillir, je le concède. Plus jeune il m'arrivait encore en revêtant quelque uniforme de croire que mes actions changeraient le cours des choses et qu'il était important de prendre ce putain de pouvoir.
Aujourd'hui, je sais que le « pouvoir » est une boutique de luxe où, tout au plus, je servirai de vigile. Je n'ai pas le goût des chiens, je préfère les loups. Tout combattant pour la cause de son peuple sait, de manière instinctive, qu'il ne restera plus, dans un monde « normalisé », que la lutte dans un groupe paramilitaire. Je le répète. On ne laisse aux honnêtes gens aucun autre choix que de se muer en tigres comme  la "Srpska dobrovoljačka garda" (la Garde des volontaires serbes) d'Arkan et de terminer humiliés devant un quelconque TPI.
Chateaubriand disait : « La liberté disparue, il reste un pays, mais plus de patrie. » Nous n'avons qu'une seule liberté, celle de nous taire et de nous montrer magnanimes et humanistes en faisant des marches blanches réclamant aux bourreaux, criminels de la finance, traîtres à la nation, ou assassins de sang de devenir « meilleurs ».

Alors , à tous les fils de leur terre, à tous les bouseux, à tous les amoureux du recours aux forêts, à ceux qui arpentent le désert, à tous les lecteurs du Traité du Rebelle , aux derniers ouvriers, aux derniers paysans, aux derniers jeunes inconscients , aux patriotes trahis, aux anticonformistes, aux résistants des causes perdues, aux maudits du mondialisme, aux inadaptés du sens de l'Histoire, je dis ceci : « Retrouvez la conscience perdue de vos identités éparpillées au quatre vents de vos désastres par ceux qui se proclament vos chefs. Partout et en tous lieux, regagnez les parcelles volées de vos libertés ».

 C'est le seul langage à tenir car nous sommes en guerre, non pas symboliquement mais totalement. Une guerre de démembrement de toutes les mémoires : la mémoire franque comme la mémoire germanique, la morale juive comme celle de la Réforme, la mémoire des deux guerres mondiales comme celle des révolutions.
Les désastres des villages d'Orient, les enfants étrangers alignés comme des poissons morts à l'étalage préfigurent encore plus de morts parmi les ruines des civilisations dernières.
Sommes-nous condamnés à attendre d'évoquer nos morts parmi nos cimetières bouleversés ? Retenons ces paroles d'Anna Sprengel : « Mais comme nous nous levons, chaque matin, pour assurer notre subsistance, il est plusieurs chemins possibles, qui ne sont pas forcément contraires à notre salut, qui ne nous amènent pas nécessairement à la catastrophe, mais des chemins de traverse qui nous forgent jour après jour un destin. C’est à les choisir que la personne engage le plus grand courage ; c’est de la découverte de ses ressources, des mythes ancrés en nous, que naissent tous les Rebelles, rares hélas, qui nous ouvrent au lendemain. »
Sachons, mes camarades, retrouver l'esprit des SAS : de sales gosses fidèles en amitié pour qui l'honneur est de chasser en meute, pour qui la mort n'est qu'un songe héroïque apprivoisé, pour qui les décorations comme les grades, les généraux comme les politiques ne sont pas les bienvenus au club.

Jean-Marc DESANTI

http://www.francepresseinfos.com/2013/08/etat-des-lieux-p...

Pédomanie : un rabbin et le directeur d’une école juive interpellés

Si c’était un prêtre et un directeur d’école catholique, l’info aurait le 20 heure sur toutes les chaines.

Lu sur rtl.fr

Deux membres de la communauté Loubavitch ont été interpellés cet été. Ils sont soupçonnés d’avoir fait pression auprès des familles d’enfants victimes d’atteintes sexuelles pour qu’elles gardent le silence.

Des policiers de la Brigade de protection des mineurs de la police judiciaire parisienne ont interpellé au cours de l’été deux figures bien connues de la communauté juive orthodoxe Loubavitch dans le cadre d’une affaire d’attouchements sexuels.

Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir fait pression auprès des familles des enfants victimes pour qu’elles gardent le silence et qu’elles n’alertent pas la police, ce qui aurait, à leurs yeux, sali l’honneur de la communauté.

http://www.contre-info.com/pedomanie-un-rabbin-et-le-dire...

09:36 Écrit par pat dans actualité, insécurité, lobby | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

La Vague Bleue de Damas.

L’histoire (oubliée) de l’isolationnisme américain : Partie 2

Malgré ses fondements peu susceptibles d’entraîner l’émergence d’un État diplomatiquement interventionniste, le changement dans la politique étrangère a bien eu lieu. Après les prémices des années 20 et 30, le tournant définitif s’opère en 1945.

Suite à la victoire des Alliés, les États-Unis sont la seule économie majeure à sortir renforcée de la guerre, n’ayant pas connu de destruction sur son propre territoire. Avec le Plan Marshall, les Guerres de Corée et du Vietnam, Les États-Unis vont devenir une « superpuissance » politique mondiale. Ces événements ont cependant lieu dans le cadre de la guerre froide. À l’avènement du monde unilatéral qui succède à l’écroulement du bloc soviétique, les interventions militaires américaines ont notablement continué, dans différentes opérations armées menées entres autres au Moyen-Orient, au nom, officiellement, d’un messianisme démocratique et de la sécurité nationale.

Nombreuses sont pourtant les voix qui se sont levées, dès les années 20, pour dénoncer un interventionnisme contraire à la nature et à l’intérêt profond du pays. Ces contestations ne sont pas le fait de pacifistes de la génération Woodstock, mais bien celle d’hommes politiques se réclamant d’un certain traditionalisme et conservatisme américain, et refusant le rôle leader militaire (et économique) des États-Unis, au nom même de la tradition nationale. Depuis les tenants de la Old Right jusqu’à Ron Paul, en passant par les « paléo-conservateurs », voici quelques illustrations de la constante résistance isolationniste se réclamant d’un patriotisme authentique.

Howard H Buffet, un congressiste républicain (anticommuniste) critiqua la pertinence et la moralité de l’interventionnisme militaire américain, en particulier au sujet de la guerre froide. Voici, traduit par mes soins, une de ses citations tirée d’un article du Québecois Libre écrit par Christ Leithner : « Nos idéaux chrétiens ne peuvent être exportés vers d’autres pays par les dollars et la force armée…. Nous ne pouvons utiliser la puissance et la force à l’étranger et conserver la liberté au niveau national. ». Fait très intéressant : Howard H Buffet fut connu pour être un virulent partisan du retour à l’étalon or… Les mêmes propos se retrouvent dans l’article The transformation of the American Right (paru dans la revue Continuum en 1964) de Murray Rothbard, célèbre économiste et politologue de « l’école Autrichienne ». Rothbard note par exemple qu’un pays basé sur les libertés individuelles se retrouve en pleine contraction en voulant « libérer » par la violence les peuples qui ont fait le choix du communisme. D’une manière générale, il identifie l’impérialisme américain comme le « problème essentiel de [son] temps ».

Les différentes générations d’isolationnistes qui se sont succédé ont aussi insisté sur le fait que l’interventionnisme militaire allait à l’encontre de l’intérêt du peuple américain. Durant la campagne présidentielle de 2000, Patrick J. Buchanan, un républicain rattaché au groupe des « paléo-conservateurs » lance : « n’a-t-on pas assez souffert, depuis PanAm 103, l’attentat à la bombe du WTC de 1993, jusqu’aux attentats des ambassades à Nairobi et Dar Es Salaam, pour comprendre que l’interventionnisme est l’incubateur du terrorisme ? ».

Le journaliste proche de la tendance Old Right Garet Garrett, en s’adressant aux défenseurs du « nouvel ordre mondial » dit : « Est-ce la sécurité que vous voulez ? Il n’y a pas de sécurité au sommet du monde ». Howard H Buffet semblait pour sa part avoir déjà compris que derrière l’impérialisme américain se cachait l’intérêt d’une oligarchie réduite. A propos du projet de construction d’un pipeline en Arabie Saoudite soutenu par le gouvernement américain, en 1944 (! !), il dit carrément qu’il s’agissait là d’une politique « garantissant pratiquement l’envoi des enfants [de la Nation] mourir dans un endroit éloigné, pour défendre les intérêts marchands de la Standard Oil ou les rêves mondialistes de nos planificateurs du monde unilatéral ». Une filiation directe est donc visible entre l’isolationnisme explicite que l’on retrouve dans les éléments fondateurs du pays (insistons encore une fois sur le contenu du discours de fin de mandat de Georges Washington) et les différentes générations d’opposants à l’interventionnisme militaire.

Il est intéressant pour conclure de noter que la plupart des tendances de pensée isolationnistes, depuis le mouvement Old Right jusqu’aux années 2000, montreront clairement le lien entre l’aggravation de l’interventionnisme militaire extérieur et l’émergence de l’interventionnisme intérieur, économique ( sur-protectionnisme, poids croissant de la fiscalité et de la redistribution bancaire (centralisation bancaire privée, interdiction temporaire de détenir de l’or, politique de la FED…) et sociétale (Patriot Act, lois sur la régulation d’internet…) qui ensemble portent atteinte à la neutralité et à la précieuse liberté individuelle originelle du peuple américain.

Cette politique d’interventionnisme double est à présent nommée le « Welfare-Warfare ». Garet Garrett insiste sur les racines libérales du pays dans son ouvrage The American Story. Il s’oppose à la fois au New Deal et à l’implication américaine dans la Seconde Guerre Mondiale qui ensemble symbolisent le passage d’ « une république à un Empire », mettant à mort l’héritage américain le plus précieux : la liberté. Connu pour son opposition à l’interventionnisme militaire, Ron Paul est aussi connu pour son engagement contre l’oligarchie privée et étatique. Il fait d’ailleurs très clairement le lien entre le géopolitique et l’économique, dans cette célèbre et simple phrase extraite de son ouvrage End The Fed : « Ce n’est pas une coïncidence si le siècle de la guerre mondiale coïncide avec celui de la centralisation bancaire ».

Nous avons donc ici en quelques paragraphes rappelé que les États-Unis en tant que Nation sont basés en premier lieu sur la liberté individuelle, ce qui a pour conséquence directe l’affirmation d’une tradition de démocratie et d’économie locale, d’une défiance vis-à-vis d’institutions publiques ou privées fortes, et donc de tout type d’interventionnisme ou de centralisation du pouvoir. L’ensemble des évolutions interventionnistes de l’État américain en interne et en externe, tout comme l’hégémonie financière de Wall Street, sont en tous points exogènes à la Tradition américaine authentique. Les argumentations des patriotes refusant l’évolution qu’a connu la politique gouvernementale mettent en lumière le fait que le soutien populaire à ces politiques relèvent de la pure manipulation : sous le prétexte des menaces aux libertés individuelles venues de l’intérieur (communisme) et de l’extérieur (terrorisme) l’État s’est engagé dans un double interventionnisme, aux dépends finalement de ces mêmes valeurs cruciales de liberté.

Certainement avons-nous, par ces quelques paragraphes, enfoncé des portes ouvertes, mais il nous semble important aujourd’hui de bien montrer à quel point les Nations, au sens des peuples et de leurs valeurs, sont utilisées, à la fois comme fer de lance et comme bouc émissaire, dans un conflit de civilisations qui se profile. On s’étonnera facilement de cet acharnement des manifestants en Libye et ailleurs à s’attaquer aux symboles nationaux américains, suite à cet étrange film anti-Islam, fait par on-ne-sait-pas-vraiment-qui (l’identité du « réalisateur » ayant changé d’un jour à l’autre) et on s’étonnera encore plus de l’acharnement des médias occidentaux à parler de ces débordements et à nous montrer des images de drapeaux qui brulent.

Il semblerait que, d’un coté comme de l’autre, on monte de toutes pièces une haine réciproque, qui amènera inexorablement les conflits armés prochains, au travers desquels coulera le sang des peuples laborieux. Pour trouver qui sont les fauteurs de troubles, peut-être devrions nous commencer par chercher qui, en fin de compte, en tirera profit…

http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-histoire-oubliee-...

09:26 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

L’histoire (oubliée) de l’isolationnisme américain : partie 1

Nombreux sont ceux qui semblent croire que, parce qu’une intervention militaire est faite sous un drapeau, elle est le fait d’une nation, d’un peuple tout entier dans son unanimité.

Les événements géopolitiques des dernières décennies font affirmer par de nombreux médias, dans des articles se voulant subversifs, que l’interventionnisme américain est le reflet même de l’esprit impérialiste qui lui est inhérent, dans un pays où règne l’hyper rationalisme et un capitalisme sauvage. La culture américaine est ainsi résumée à un matérialisme inhumain et un fondamentalisme religieux, qui ensemble partent à la conquête du monde, motivés par un prosélytisme destructeur.

Les allocutions et publications officielles des élites politiques américaines tendent d’ailleurs à confirmer cette identité profondément belliciste, en s’acharnant à attacher à la fois l’intérêt du peuple et sa tradition à un hégémonisme mondial. L’impérialisme sur le monde est présenté comme une obligation, un principe inaliénable de la nation américaine. Condoleeza Rice avait ainsi placé la suprématie militaire américaine et la diffusion du libre échange dans le monde comme les deux premiers axes de « l’intérêt national ». Georges W Bush avait déclaré, en 2003, que Dieu [lui] avait dit : « Georges, va mettre fin à la tyrannie en Irak… ». Son Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait la même année affirmé que la guerre en Irak était une « croisade chrétienne ». On a comme exemple plus récent, le brûlot du conservateur Dinesh D’souza , intitulé, Obama, Unmaking the American Dream. On comprend dans cet ouvrage que pour l’auteur l’American Dream se résume à des standards matériels de vie supérieurs aux autres pays, et à une hégémonie politique et économique sur le monde…

Or, un aperçu des réalités historiques nous rappelle que l’ingérence belliciste américaine n’est en aucun cas en phase avec les valeurs originelles de cette nation, et n’est pas la conséquence d’un héritage national. Nous le rappellerons par un bref retour sur les origines économiques, sociopolitiques et religieuses, et par cela diplomatique des États-Unis au XIXème siècle et au début du XXème. Par la suite, nous démontrerons que la période de transition, de 1914 à 1945, entamée par le président Wilson pour aboutir sur une Amérique « gendarme du monde » très interventionniste, ne s’est pas faite sans une multitude de tentatives de résistance isolationniste et pacifiste, des volontés de « retour aux sources » et de sauvegarde de l’intérêt du peuple américain, dont l’écho nous parvient jusqu’à aujourd’hui avec les prises de position de Ron Paul.

Nous pourrons ainsi conclure que le bellicisme américain n’est en rien un fait national, inhérent aux valeurs traditionnelles économiques, politiques ou religieuses du pays, mais bien une manipulation oligarchique, un détournement du patriotisme traditionnel du travailleur américain dans un intérêt contraire à celui de ce dernier. Nous pourrons alors affirmer l’existence d’une instrumentalisation de la Nation et de ses symboles dans les événements politiques internationaux d’aujourd’hui, à la lumière d’une actualité riche en exemples concrets.

La littérature géopolitique admet que les États-Unis étaient diplomatiquement très isolationnistes depuis leur création jusqu’au milieu du XXème siècle. Les faits marquants les plus souvent nommés pour illustrer cette position sont l’entrée tardive du pays dans la première guerre mondiale, et sa critique relative du colonialisme européen. Le bellicisme impérialiste américain actuel est en contradiction avec ce passé. Si pour autant ce bellicisme est inhérent à son héritage traditionnel, comme certains l’affirment ou le sous-entendent aujourd’hui, il faudrait alors rechercher dans sa structuration politique, économique ou religieuse les germes d’une volonté hégémonique en devenir. Tentons l’expérience.

Sur le plan politique tout d’abord, il serait difficile de concevoir qu’un pays soit par nature expansionniste et interventionniste lorsqu’il présente dans sa tradition la décentralisation du pouvoir économique et politique. En effet, l’État Fédéral, rappelons-le, a vu son existence même fortement défié, au travers d’une guerre civile de 1861 à 1865. Si la guerre de sécession voit la victoire du Nord, la tradition d’un État central faible reste un élément fondamentale de la tradition américaine. Si, à partir de la seconde guerre mondiale, l’État fédéral s’est vu renforcé par le rôle de Gendarme du monde attribué au pays, il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui encore, toute centralisation du pouvoir économique, dans les mains d’une institution publique comme privée d’ailleurs, provoque la défiance du peuple américain.

Cette idéologie, orientée vers la liberté individuelle et la démocratie totale et locale, est cohérente avec une tradition politique isolationniste et de repli sur soi. Si, il est vrai, les États-Unis ont connu l’émergence des premières grandes multinationales industrielles (Ford, Rockefeller…) ou bancaires (Northern Trust, US Trust…) provoquée par des conditions singulières de décollage industriel facilitant une standardisation et une concentration précoce, ceci cache une structure économique, d’un point de vue global, très décentralisée, faite de petites et moyennes entreprises locales, relativement peu tournées vers l’export. L’ensemble de l’économie restera dans de nombreux secteurs peu concentrée, et tardivement rurale. (en 1910, 54% de la population vie en zone rurale, et 33% de la population est employée dans le secteur primaire). L’industrie, tournée essentiellement vers un marché intérieur aux opportunités immenses, est financée par des structures bancaires morcelées et régionalisées, contrairement aux modèles anglais et français.

En résumé, si certains grands groupes bancaires ou industriels ont influencé un interventionnisme militaire américain intéressé, ces élites dirigeantes ne sont en rien représentatives de la structuration initiale du pays, faite d’activités de dimensions et de préoccupations locales, ou tout au plus nationales. (Données chiffrées extraites de : La révolution Industrielle 1780-1880 de Jean-Pierre Rioux, 1981).

L’aspect religieux enfin, mériterait une analyse approfondie. Mais disons simplement qu’il est douteux d’affirmer que les structures religieuses américaines, par ailleurs très morcelées et diversifiées, puissent avoir porté le germe d’un messianisme interventionniste. De plus, les États-Unis, pratiquement dès leur création, ont séparé l’État des institutions religieuses de manière constitutionnelle, reléguant ainsi le Divin à la sphère privée, et invitant de ce même pas à la tolérance, toujours au nom de la sacro-sainte liberté individuelle. Voir pour cela le 1er amendement à la constitution, ratifié en 1791.

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09:15 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

L’explosion des naturalisations, « un beau combat pour la France » ou un crime ?

Tribune de Claude Lorne.
Qu’en dit le bon peuple de droite toujours sensible aux coups de menton martiaux ? Après avoir usé d’accents mussoliniens – ou plutôt castristes – à la grand’messe socialiste de La Rochelle pour clamer ses convictions de gauche, à l’unisson de « son amie » Christiane Taubira, Manuel Valls a jugé plus que globalement positif son bilan en matière de naturalisations : +14% en un an. Un « beau combat » non pour la France mais pour le PS et que notre pays va payer très cher. CL
Jeudi dernier, Le Nouvel Observateur consacrait sa couverture et un copieux dossier au ministre de l’Intérieur, « l’homme qui dérange » jusqu’à l’Elysée par son «  ambition inextinguible » et son « insolente popularité », « plus de six Français sur dix » lui apportant  leur soutien… du moins selon les instituts de sondages qu’on n’est pas obligé de croire sur parole, surtout après l’enquête CSA/Atlantico selon laquelle 45% des Français seraient favorables à une intervention militaire en Syrie, 40% y étant opposés, alors que les sondages réalisés par divers quotidiens auprès de leurs lecteurs donnent des résultats tout différents : 74% de contre dans Metronews, 83% dans Nice Matin, etc.
Un vallseur roi du contrepied
Mais si le chiffre donné par Le Nouvel Obs’ est vrai, jusqu’à quand nos compatriotes se laisseront-ils abuser par le vallseur de la Place Beauvau, virtuose des contrepieds ?
Car si, lors de l’inutile « séminaire gouvernemental sur la France en 2025 », Manuel Valls avait déclaré le 19 août : « L’ensemble de nos politiques migratoires devront être questionnées. Parmi elles, la question du regroupement familial pourra être posée » (on notera l’utilisation répétée du futur, qui n’engage personne), il recourait en revanche au présent pour se féliciter le 28 août de l’explosion, grâce à lui, des naturalisations en 2012. « Un beau combat pour la France », a-t-il osé dire en Conseil des ministres en soulignant que ce magnifique résultat, 14% d’augmentation (comme on souhaiterait que la croissance, le volume de nos exportations et la lutte contre le chômage connaissent une telle courbe ascendante !), était le résultat de sa réforme de l’accès à la nationalité entamée en octobre 2012 avec notamment sa circulaire « assouplissant les critères pour les précaires, les jeunes et les talents (sic) », « conclusion logique d’un parcours d’intégration réussi ».
Ce n’est qu’un début, continuons le beau combat !
« Ses consignes ont eu leur effet, commentait le quotidien Metronews : sur l’ensemble des demandes, 40% obtenaient un avis favorable des préfets en 2011 ; ce taux est remonté à 61% aujourd’hui, selon les premiers chiffres officiels rendus publics mercredi […] Mais Manuel Valls n’entend pas en rester là. Pour aller plus loin, le ministre a présenté à ses collègues un décret visant à harmoniser les pratiques des préfectures, un rapport de l’inspection générale de l’administration ayant fait état de taux de refus pouvant s’écarter de 10 points de la moyenne à certains endroits. En vue de créer des “pôles de compétence”, le décret prévoit d’expérimenter trois “plateformes régionales” pour l’instruction des dossiers : à Nancy pour la Lorraine, Besançon pour la Franche-Comté (dès le 1er septembre) et Beauvais pour la Picardie (au 1er janvier). »
Et pour rendre l’ « assouplissement » recherché encore plus effectif, un autre décret publié deux jours plus tard au Journal officiel entérine l’abandon du questionnaire de culture générale prévu dans une loi du 1er janvier 2012, dispense les personnes âgées de plus de 60 ans et les diplômés d’établissements francophones de tests de langues et prévoit, pour les autres, que ces tests ne soient plus éliminatoires.
Rendant visite le 8 août 1819 aux élèves de l’école militaire de Saint-Cyr, Louis XVIII leur avait dit que chacun avait « dans sa giberne le bâton de maréchal ». On l’a compris : désormais, grâce à la troïka Valls-Ayrault-Hollande, tout immigré (clandestin inclus) a dans son sac à dos siglé Adidas sa carte Vitale et sa carte d’identité.
La tactique du voleur chinois
Dans un acte fondateur, la toute nouvelle majorité de gauche arrivée quelques jours plus tôt au Sénat votait le 8 décembre 2011 un projet de droit de vote des immigrés, auquel, selon un sondage BVA, 61% des Français étaient, paraît-il, favorables.
Mais un tel projet exige une révision constitutionnelle qui ne peut être obtenue que par un vote massif des Assemblées réunies en congrès, ou par un référendum dont on sait, depuis le rejet du traité européen de 2005 – pourtant unanimement approuvé par les partis de l’Establishment –, qu’il peut réserver de très mauvaises surprises. Il est donc à la fois plus prudent et plus expédient d’adopter la tactique du voleur chinois progressant par petits pas (en l‘occurrence, des décrets successifs) vers son butin.
Au surplus, faire voter les immigrés à des élections locales ne suffit pas à la gauche. Pour gagner les législatives et surtout la présidentielle, « la reine des élections », l’appui des allogènes est indispensable comme nous le rappelions dans notre article de décembre 2011 sur la démonstration de force des sénateurs PS et assimilés, Le droit de vote des immigrés, l’arbre qui cache la forêt des naturalisations.
Nicolas Sarkozy, champion  d’Europe du bradage
Mais l’UMP, qui a protesté, à juste titre, oublie que l’ « explosion » ne date pas de l’automne 2012, le précédent quinquennat y ayant déjà très largement contribué sans qu’elle élève la moindre protestation. Nicolas Sarkozy avait bien pu affirmer solennellement le 23 novembre 2011 devant le congrès des maires de France que « le droit de voter et le droit d’être élu dans nos territoires doit demeurer un droit attaché à la nationalité française », cela ne l’avait nullement empêché de brader cette nationalité, tout comme Jacques Chirac avant lui. Plus de deux millions de néo-Français ont ainsi été créés entre 1995 et 2009, le chiffre ayant bondi sous les deux dernières présidences de 95.410 naturalisés en 1995 à 133.479 en 2009 avec un pic de 165.140 en 2004, M. Sarkozy occupant alors au ministère de l’Intérieur le fauteuil où prospère aujourd’hui Valls.
Or qui sont ces néo-Français parents de millions d’enfants bientôt inscrits automatiquement sur les listes électorales ? Effet du désastreux regroupement familial, 62,7% d’entre eux sont originaires d’Afrique, dont 41,2% de Maghrébins, à l’instar du député socialiste Razzy Hammadi ou de la vice-présidente du Sénat, l’Algérienne Bariza Khiari, qui, depuis son arrivée au Palais du Luxembourg en 2004, a multiplié les propositions de loi favorables à ses congénères.
Comme on comprend dès lors le torrent d’éloges déversés en 2009 sur Nicolas Sarkozy par le site marocain yabiladi.com, que nous citions dans l’article de 2011 ! Alors, écrivait-il, que « le Royaume-Uni et l’Allemagne ont diminué l’octroi de nationalités à hauteur de -21% et -16% respectivement (…) la France est le pays européen où le plus d’étrangers ont été naturalisés en 2008 : 137.000, contre 129.000 au Royaume-Uni et 94.000 en Allemagne », le Maroc arrivant « en tête des pays d’origine des nouveaux nationaux ». D’où le satisfecit accordé par le site chérifien : « En termes absolus, la France est bien le pays le plus ouvert sur le plan des naturalisations », avec « 2,1 naturalisations sur 1000 citoyens ».
C’est ce que confirmait le quotidien Aujourd’hui en France le 3 mai 2010 sous le titre « Les naturalisations explosent [déjà !] à Paris », où, grâce à « la récente simplification [déjà !] des démarches », le nombre des étrangers naturalisés français, 4000 au cours du seul premier trimestre 2010, « a doublé dans la capitale par rapport au premier trimestre 2009 ». Résultat, selon la préfecture de police de Paris, dans la seule capitale, « environ 16.000 ressortissants étrangers pourraient acquérir la nationalité française d’ici à la fin de l’année, soit une augmentation de 52% par rapport à l’année dernière ».
Vers la désintégration
Ainsi, de « simplification » sarkozyenne en « assouplissement » vallsique, toute la donne raciale, sociologique et politique est changée dans notre pays, la substitution d’électorat accompagnant la substitution de population. Nicolas Sarkozy semble l’avoir compris à la longue puisque, de crainte sans doute d’une sanction dans les urnes (qu’il ne parvint pas à éviter), le rythme des naturalisations se ralentit nettement en fin de mandat : 95.000 en 2010 puis, foi de Claude Guéant, 66.000 seulement en 2011. Mais il était trop tard. Le mal, irréversible, était fait. Et le nouvel Elyséen l’aggrave encore, en douce, tandis qu’il amuse la galerie avec ses bruyantes menaces de « punition » contre la Syrie. Comme si l’asphyxie et la désintégration de son propre peuple par un dirigeant politique ne constituaient pas, aussi, un crime contre l’humanité.
Claude Lorne, 29/08/2013
http://www.polemia.com/lexplosion-des-naturalisations-un-...

30/08/2013

11 septembre la preuve que Ben Laden est innocent !!!