Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 13

  • Syrie : violence, pauvreté, enlèvements…et l’aide de l’AED

    « Nous nous sommes habitués à l’horreur du quotidien ». C’est ainsi que l’archevêque d’Alep des Arméniens catholiques, Mgr Boutros Marayati, décrivait à l’Agence Fides la situation vécue par les habitants d’Alep.  « Et nous percevons qu’il existe une déformation de toutes les informations », continuait-il, devant les renvois de balle permanents entre les forces de l’ordre et les rebelles armés.

     

    Les chiffres, signes des effets collatéraux du conflit, sont dramatiques:
    - 700 000 émigrés (principalement Turquie, mais aussi Liban, Egypte, Jordanie, Irak)
    - 3 millions de réfugiés à l’intérieur du pays (la plupart ont tout perdu )
    - 80% de la population dans l’incapacité d’aller travailler.
    - 70% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.
    - manque de pétrole, de mazout, de pain, d’eau, de couverture etc…

    Le 19 février 2013, un chrétien arménien a été abattu à bout portant par des terroristes qui, l’ayant arrêté et fouillé pour son nom de famille, l’ont criblé de balle à l’endroit de la croix qu’il portait autour du cou.
    Le 9 février, trois prêtres ont été séquestrés à Alep et Damas. En date du 21 février 2013, nous sommes toujours sans nouvelle. Il s’agit du prêtre arménien-catholique Michel KAYAL, du prêtre grec-orthodoxe Ishaac MAHFOUD et du prêtre grec-catholique Hassan TABARA.
    La suite sur le site de l’AED

  • Florian Rouanet & André Frament - La culture de mort II (07.02.13)

  • Au programme de Méridien Zéro : “La Tyrannie médiatique” de Jean-Yves Le Gallou

    Au programme de Méridien Zéro : “La Tyrannie médiatique” de Jean-Yves Le Gallou

    PARIS (NOVOpress) – Ce dimanche à 23 heures, Méridien Zéro reçoit Jean-Yves Le Gallou, directeur de la fondation Polémia pour son dernier ouvrage “La Tyrannie médiatique”. A la barre, le Lt Sturm assisté de PGL et Jean-Louis Roumégace. A la technique Lord Tesla.

    À écouter sur les sites :
    http://meridienzero.hautetfort.com/
    - ou http://www.radiobandieranera.org/
    - ou http://europaradio.hautetfort.com/

    http://fr.novopress.info

  • La guerre du Zoulouland (1879) (partie 2)

    Au pied du kopje d’isandhlawana restent en position d’attente, sous les ordres du lieutenant-colonel Pulleine, 5 compagnies du 1er bataillon et une compagnie du 2ème bataillon du 24th, deux pièces d’artillerie, des unités du NNC. Des centaines de chariots sont là aussi, avec leurs conducteurs boers. C’est toute la logistique de la colonne centrale d’invasion du Zoulouland. La logique, et l’intelligence des expériences boers voudraient que l’on fasse de ces chariots un énorme laager. Mais c’est impossible pour plusieurs raisons : d’abord la colonne et ses éléments en projection se veulent en mouvement : le temps de positionner un laager de près de 300 chariots représenterait une perte de temps inacceptable. Ensuite, l’ennemi ne semble pas à proximité. Pas à proximité …

    Dans la matinée rejoignent le colonel Durnford et ses cavaliers, plus de 300, composés essentiellement de Sikhalis, de cavaliers basoutos, et d’éléments des milices frontalières. Des deux unités, celle la plus exposée est sans conteste celle de Lord Chelmsford, qui s’avance par échelons dégradés, son artillerie de quatre pièces n’arrivant pas à suivre le rythme général de marche en raison des nombreux dongas à traverser. Mais le danger n’est pas en plein nord, là ou vont le général et ses troupes. Il va arriver d’une direction imprévue, de l’est et du sud-est du kopje. Le grand Impi, fort de 20.000 à 25.000 guerriers, a accompli une progression magistrale par sa rapidité.

    Il a contourné par la droite la ligne de pénétration anglaise, et se rabat brutalement, depuis le plateau Nkutu, sur le camp principal. Vraisemblablement, les uns et les autres se cherchaient. Les britanniques n’avaient pas pris en compte que, comme eux, les Zoulous auraient comme réflexe stratégique d’aller au contact, au lieu d’attendre l’offensive ennemie. Tout aussi vraisemblablement, les Zoulous ne pensaient pas avoir la chance inouïe de tomber sur le camp principal de la colonne centrale, n°3 dans l’organigramme, dégarnie de la moitié de son effectif. Face à toute l’unité, ils auraient de toute manière chargé, au risque de subir ce qui leur adviendra plus tard à Ulundi.

    Toujours est-il que, le destin faisant, ce matin du 22 février, le camp d’Isandhlwana, regroupant plus de 300 chariots et des centaines de tentes, se trouve défendu par une troupe réduite d’environ 1000 britanniques, 600 noirs du NNC, et les conducteurs de chariots boers. Cette force, voulant défendre la totalité du périmètre, se disloquera de manière mortelle. Si au pied du kopje trois compagnies anglaises prennent position en restant relativement proches, ce qui est déjà une erreur grave, les trois autres compagnies, en équerre, sont carrément séparées les unes des autres par plusieurs centaines de mètres.

    L’articulation est constituée des deux pièces d’artillerie, protégée en avant par des compagnies du NNC qui, terrifiées, ne tiendront pas face à la charge général du « poitrail ». Car l’Impi développe sa tactique classique, du poitrail et des deux cornes. Durnford et ses cavaliers partent en avant vers le plateau N’Kutu : ils sont les premiers à découvrir le gigantesque impi qui se déploie à toute vitesse par les vallées encaissées, les « dongas », qui environnent le camp.

    Le colonel fait mettre pied à terre : ses hommes, regroupés au bord d’une crête de donga, lancent alors un feu nourri sur les impis qui s’avencent face à eux. Mais le tir de moins de 300 hommes ne peut arrêter plusieurs milliers de guerriers, d’autant plus que dans le même temps d’autres impis déploient leur propre progression et commencent à dépasser les cavaliers basoutos. Il faut en catastrophe remonter en selle et repartir vers le camp principal.

    Les tirs, sporadiques puis de plus en plus soutenus, ont mis en alerte le lieutenant-colonel Pulleyne et ses officiers : les compagnies du 24th sont mises sous les armes, puis rapidement reçoivent l’ordre de se déployer afin de protéger le camp, ses chariots et son hôpital de campagne. Les deux pièces d’artillerie servent de pivot de tir général. Une unité de lance-fusées est positionnée en avant de la 3ème compagnie du 1er bataillon. Le tir des Anglais est précis et meurtrier : les premières lignes des impis sont fauchées et l’ensemble du dispositif zoulou se met à flotter. Mais, au centre de la position de défense, ce sont les noirs du NNC, dramatiquement sous-équipés, et terrorisés par leurs ennemis ancestraux, qui sont déployés pour constituer la charnière entre les compagnies anglaises. Cette charnière se désintègre littéralement face à la charge zoulou. Les compagnies du 24th se retrouvent isolées, trois d’un côté, les autres de l’autre côté du camp.

    Trop sûrs d’eux, les officiers ont déployé certaines unités à plusieurs centaines de mètres les unes des autres. Dans ces intervalles, les Zoulous, par dizaines puis par centaines, se précipitent. Chaque compagnie est comme un môle de résistance, et tant que les munitions sont disponibles, inexpugnable à près de deux cent mètres. Mais les cartouches viennent à manquer. Les clairons des compagnies sont envoyés dans le camp pour réapprovisionner, mais ne parviennent pas, pour la plupart, à retrouver leurs chariots de compagnies dans la cohue. D’autres seront repoussés par ce qu’ils ne sont pas au chariot de leur compagnie. Et puis il faut ouvrir les caisses. Ces caisses de munitions, marquées de la flèche du WD, le War Department, nécessitent des tournevis pour les ouvrir : pas de tournevis dans les chariots.

    Il faut, au deuxième bataillon, qu’un capitaine revenu à cheval, donne l’ordre d’éventrer les caisses à coup de baïonnettes. Le sergent-major, horrifié, injurie les troupiers : qui lui signera les bons de transfert des cartouches dont il est responsable ? Trop tard, les Zoulous sont déjà dans les intervalles et arrivent en courant dans le camp. C’est un massacre. A chaque fois qu’une compagnie cesse son feu par manque de munitions, elle est immédiatement chargée par plusieurs centaines de guerriers et est anéantie sur place.

    Face à cette marée humaine qui attaque de partout, aucune unité ne parvient à se replier. Le temps mis à mettre la baïonnette au canon est déjà mortel : les Zoulous sont au contact et, à coup d’Iklwa, éventrent les habits rouges. De part et d’autre, quelques dizaines de combattants parviennent à se replier dans le camps principal : c’est pour y trouver d’autres centaines de zoulous qui ont débordé les positions de tous les côtés. L’encerclement de part et d’autre de l’Isandhlwana ne laisse aucune chance, ou très peu, aux fuyards.

    De cette bataille, deux témoignages permettent de se rendre compte de l’effet qu’elle eut. Un guerrier zoulou dira des années plus tard : « quel courage ces casques blancs : aucun n’a tourné les talons ! ». Lord Chelmsford, pour sa part, revenant sur le lieu du désastre au soir du 22 janvier, dira, effondré : « je ne comprends pas, j’avais laissé plus de 1 000 hommes ici »

    Vers 15h30 ce 22 janvier, tout est consommé au pied de l’Isandhlwana. Quelques poignées de survivants tentent désespérément de rejoindre et passer la Tugela. La plupart sont rattrapés et massacrés à leur tour, car l’Induna Dabulamanzi, à la tête d’un Impi regroupant environ 4500 combattants, a effectué par l’arrière du kopje un mouvement rabattant accomplissant l’encerclement mortel. Mais Dabulamanzi ne s’arrête pas là. Ses régiments traversent à leur tour la rivière, et fondent à partir de 16h30 sur le minuscule poste fortifié de Rorke’s Drift, une ancienne ferme transformée en mission, et servant aujourd’hui de dépôt à la colonne n°3.

    La question s’est posée de savoir si l’Induna, emporté par son élan, n’avait pas transgressé un ordre qu’aurait donné le roi zoulou, Cetshwayo, interdisant à ses guerriers de rentrer au Natal. Un frère du roi, dont le régiment n’avait pas voulu suivre la progression de Dabulamanzi parce qu’il voulait relever ses blessés à Isandhlwana, n’évoqua jamais, après le conflit, l’existence d’un tel ordre. Dabulamanzi lui-même ne semble pas avoir attiré sur lui la colère de son souverain après le combat de Rorke’s Drift.

    L’on peut donc se demander si un tel ordre a jamais existé, même si la fameuse discipline zouloue avait ses limites : Cetshwayo avait donné l’ordre de ne tuer que les tuniques rouges, et pas un seul artilleur n’est revenu vivant de l’Isandhlwana … Les rares officiers et hommes qui survécurent le durent moins aux tuniques bleues ou beiges qu’ils portaient, qu’à la rapidité de leurs chevaux. Quand au NNC, qui ne portait pas, et pour cause, la fameuse tunique rouge, il perdit sur place plus de 450 des siens.

    Toujours est-il qu’à Rorke’s Drift, une centaine d’hommes d’une compagnie du 24th, une trentaine de blessés des divers contingents expéditionnaires, et un officier du génie vont voir arriver sur eux un véritable cataclysme humain.

    Ce petit contingent, qui n’avait pas d’autre mission que de servir de garnison de recueil, est commandée par le lieutenant Chard, qui s’est vu accompagné du lieutenant Bromhead, RE, c’est-à-dire des Royal Engineers, le génie militaire de l’armée britannique. Comme elle est étrange, cette armée victorienne : parce que le lieutenant Bromhead est plus ancien en grade de quelques mois, quoique d’un corps différent, le lieutenant Chard lui transmet le commandement de sa compagnie et se met sous ses ordres.

    Cette décision va sauver Rorke’s Drift et, accessoirement, les soldats qui s’y trouvent. En technicien du génie qu’il est (il déclarera plus tard : je ne suis venu ici que pour bâtir un pont sur la rivière), Bromhead met en état de défense le périmètre avec les moyens du bord, deux chariots que l’on renverse et … des centaines de caisses de biscuit prévus pour des compagnies qui, les malheureuses, n’en auront plus jamais besoin. Il fait ainsi bâtir un périmètre de défense qui s’avèrera inexpugnable, d’autant plus que la compagnie d’infanterie dispose d’un impressionnant stock de cartouches, également en réserve du corps d’expédition.

    Au cours d’un siège hallucinant de plus de 40 heures de combats acharnés, les Britanniques vont tirer plus de 20 000 cartouches, et faire subir un sanglant échec à l’impi de l’induna Dabulamanzi. Le plus surpris, le lendemain, sera Lord Chelmsford lui-même qui, en plein repli, s’attendait à trouver un tas de cendres, et est accueilli comme le sauveur par les survivants de la garnison de Rorke’s Drift. Pour saluer ce fait d’arme exceptionnel qui efface un peu le désastre de l’Isandhlwana, onze Victoria Cross seront décernées, ce qui fera de cette petite troupe l’unité la plus décorée de l’histoire de l’armée anglaise. Effet secondaire : le Natal avait été préservé d’une potentielle invasion zouloue, et ce alors même que la panique avait gagné la population de Pietermaritzburg, totalement dégarnie de troupes.

    Alors que la colonne centrale et celle du colonel Durnford connaissaient un funeste sort, les unités composant les colonnes d’invasion latérales, commandées par les colonels Pearson (au sud) et Wood (au nord) s’engageaient en Zoulouland mais n’étaient pas en situation de créer la décision stratégique majeure. Pearson, à Eshowe, va démanteler par le feu de ses compagnies plusieurs impis. Il s’y retranchera et attendra des ordres qui n’arriveront que de manière bien parcellaires et même dans un premier temps à la limite du compréhensible. Il se repliera finalement au bout de quelques semaines en laissant sur place une garnison qui tiendra la position de manière magistrale.

    Wood, au nord, va être engagé dans des combats tout aussi brutaux. Il perdra presque toute sa cavalerie lors du combat terrible de l’Hlobane, mais à Khambula, bien retranché comme Pearson, va faire subir aux régiments zoulous des pertes sanglantes. Pendant ce temps, les nouvelles sont parvenues en Angleterre. En Afrique Australe, il se passe des choses graves. Il faut envoyer des renforts. Et ces renforts vont affluer ! De mars à mai 1879 vont arriver au Natal deux régiments de cavalerie dont le célèbre 17ème lanciers, plusieurs bataillons d’infanterie dont des unités écossaises d’élite, en kilt et casque colonial, arrivant des Indes, et la marine va s’y mettre en débarquant plusieurs centaines de combattants formés en deux brigades navales accompagnant leurs canons à balles de type Gardner.

    Fin mai 1879, Lord Chelmsford dispose d’un corps expéditionnaire d’une puissance phénoménale, que lui-même n’avait pas demandé. Il avait réclamé un soutien d’état-major à Londres, on lui dépêche quatre majors-généraux dont il ne sait que faire. Et un officier « observateur » arrive au Natal, dont la présence n’enchante personne au sein du corps expéditionnaire : Napoléon Eugène Louis Bonaparte.

    Entretemps, courant mars a eu lieu un autre combat désastreux. La compagnie d’infanterie du capitaine Moriarty, disposée de manière absconse de part et d’autre d’un cours d’eau, est presque anéantie sur place par la charge brutale d’un régiment zoulou au petit matin. Décidément, le Zoulouland aura dévoré de nombreux casques blancs …

    Fin mai 1879, Lord Chelmsford a reconstitué une force attaquante massive, en prenant en compte les leçons du désastre du 22 janvier et des semi-échecs des semaines qui suivirent, comme aussi des combats gagnés face aux impis. Plus question de se disperser, ni de jouer au contrôle total d’un périmètre trop grand avec des colonnes expéditionnaires incapables de se soutenir mutuellement. Chelmsford en revient aux fondamentaux : l’on marchera sur un seul axe, en une seule colonne suréquipée, dans l’objectif finalement assez simple d’attirer à soi l’ennemi pour le détruire d’un seul coup.

    La guerre de type coloniale obéit par expérience à des règles qui n’ont aucun rapport, en principe, avec ce que l’on apprend à Sandhurst, West Point ou Saint-Cyr. Face à des peuplades sous-équipées, l’usage s’est développé depuis le XVIIIème siècle d’opposer de petites colonnes de troupes réglées, d’abord par manque de moyens, ensuite parce que l’armement des uns par rapport à celui des autres a atteint un tel niveau de déséquilibre qu’a priori, 150 types armés de fusils sont en mesure de vaincre plusieurs centaines de combattants équipés des moyens du bord, sagaies, arcs et flèches, voire au mieux deux ou trois flingots un rien rouillés.

    Certes. Ca marche souvent. Le souci est que, quand ça ne marche pas, le résultat est sans appel : Isandhlwana est évidemment le cas type, et même extrême. Mais à la Little Big Horn en 1876, les cavaliers du 7th ont été surclassés et anéantis par des guerriers indiens qui avaient aussi, pour certains, des fusils (et savaient s’en servir).

    A Maiwand, en Afghanistan, dans pas longtemps, 2500 anglo-indiens vont être vaincus sans appel par une armée afghane supérieurement commandée. Le 66th foot sera détruit sur place : 16 survivants et la mascotte du régiment, un chien, qui seront plus tard présentés à la Reine (y compris le chien). Lord Chelmsford, en ce début juin 1879, a donc fort sagement décidé de ne plus prendre aucun risque, parce que ça va bien comme ça !

    Il entre donc à nouveau en Zoulouland avec l’essentiel et le reste, des fois que … Infanterie en nombre, cavalerie complétée par le 17th lanciers et un régiment de dragons, et surtout des canons de campagne, et des canons à balles Gatling et Gardner : ça peut toujours servir, et ça servira. Tout est prévu et organisé pour que les choses se passent au mieux. Comment le malheureux Lord aurait-il pu prévoir qu’une escarmouche secondaire allait déclencher un désastre politique et, pour lui, un limogeage en règle ?

    L’empereur Napoléon III fut après le Régent Philippe d’Orléans le premier chef d’Etat français à développer une véritable politique amicale avec l’Angleterre. La ou le Régent avait échoué, l’empereur fut servi par le contexte international des débuts de son règne avec la guerre de Crimée, son sens politique, et le développement d’une amitié personnelle durable entre le couple impérial français et le couple royal anglais. Lorsqu’en 1870 tout s’effondre après Sedan, l’impératrice et son fils trouveront refuge en Angleterre, en quittant la France dans des conditions qui font d’ailleurs honte (mais bref …). L’empereur déchu les rejoindra en Angleterre. La Reine Victoria sera avec eux d’une grande élégance.

    Le jeune Napoléon Louis intègre ainsi une école militaire, et se spécialise dans l’artillerie, par volonté atavique de référence à « la grande ombre » de Napoléon Ier ; cependant sa passion est la cavalerie. C’est un cavalier émérite. Il désire aussi servir aux armées, mais deux forces politiques majeures s’y opposent farouchement : le gouvernement de la toute jeune troisième république, qui est révulsée à l’idée qu’un Bonaparte revienne un jour en France sous les traits d’un grand militaire, et le gouvernement anglais de Disraeli, d’une grande prudence, qui n’a aucune envie de se créer des complications diverses en la matière.

    En mars 1879, Napoléon Louis assiste à la mobilisation des jeunes officiers, dont certains camarades, qui partent au Zoulouland. Il demande à partir aussi. La réponse est évidemment non … Alors il tanne sa mère, très proche de la Reine. L’impératrice Eugénie est inquiète, mais se laisse convaincre par son fils qu’elle adore. Une audience aura lieu devant la Reine. Ordre est donné que le jeune prince impérial soit intégré au corps expéditionnaire. Le premier ministre Disraeli est en rage. Il n’a pas tort, son destin politique va prendre un rude coup dans l’affaire. Le jeune prince arrive fou de joie en Afrique Australe. Il est à peu près le seul.

    En Angleterre Disraeli ne décolère pas, et le War Office fait savoir par câble à Chelmsford qu’il serait fort opportun que le jeune Bonaparte soit éloigné autant que possible de toute forme de combat, le tout évidemment sous la responsabilité du commandant en chef britannique. Ca tombe bien, il n’a rien d’autre à faire … En France, l’information a été relayée au quai d’Orsay par l’ambassadeur à Londres. Ce n’est rien de dire qu’elle crée une certaine émotion !

    Evidemment, il n’est pas question de confier une batterie d’artillerie au prince, ce serait trop dangereux. Dans un premier temps il est donc affecté comme officier à la suite de l’état-major de Chelmsford. Mais ce dernier a deux ou trois autres choses à penser, et au bout d’un moment commet l’erreur fatale de se débarrasser du jeune homme en le confiant au colonel Harrisson. Harrisson est un homme seul … Il est sensé organiser la nouvelle invasion du Zoulouland en termes d’étapes et de repérages préalables. Son souci, au demeurant léger, est qu’il est véritablement seul, dans un premier temps, puisqu’aucun officier ne lui est adjoint.

    Idée géniale : avec un officier anglais sans commandement, on lui refile au passage le prince impérial. Ce n’était finalement pas une bonne idée, car ainsi le garçon qu’il fallait protéger avant tout se retrouve affecté à un service qui induit des reconnaissances en territoire ennemi. Le 1er juin 1879 meurt en Zoulouland le fils de Napoléon III, massacré au cours d’une obscure escarmouche. Surpris par une charge brutale d’une quarantaine de guerriers, il ne parvient pas à remonter sur son cheval. La selle lâche. Le corps sera retrouvé percé de 17 coups de sagaies, toutes portées de face, et fera l’objet le 3 juin d’une cérémonie funéraire militaire dont il nous est resté un émouvant cliché photographique.

    Beaucoup de bêtises ont été racontées sur cette affaire, au premier rang desquelles la légende selon laquelle l’impératrice Eugénie, par pingrerie, aurait laissé son fils partir en Afrique avec une selle de mauvaise qualité. La réalité est autre : Napoléon Louis avait voulu partir avec la selle qu’avait son père à la bataille de Solférino … 20 ans avant. L’équipement avait dangereusement vieilli. En revanche, une chose est sûre : Chelmsford comprend tout de suite l’ampleur du désastre diplomatique, et cette mort au combat d’un seul homme va faire plus de dégâts pour lui que les 1500 morts d’Isandhlwana.

    Le couperet se met en effet alors à tomber. En Angleterre, Lord Disraeli, complètement dépassé par un ras-de-marée de l’opinion et de son opposition, essaye désespérément de s’en sortir par l’une des plus belles sorties de l’histoire parlementaire britannique : « qui sont ces hommes, qui sont ces Zoulous qui battent nos généraux, convertissent nos évêques, et viennent de mettre fin à une dynastie ? »

    Las, l’effet de manche et l’envolée verbale ne suffisent pas : Disraeli et son gouvernement sont mis en difficultés par une campagne de presse d’une rare violence : comment a-t-on pu commettre la criminelle bévue de laisser ainsi partir dans un endroit aussi exposé que le Zoulouland le prince impérial ? De quoi a l’air la Grande-Bretagne, hôte de la malheureuse famille impériale, maintenant qu’elle a envoyé à la mort le fils de Napoléon III ? Après la catastrophe d’Isandhlwana, la mort du prince impérial est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

    Il faut savoir que dans l’Angleterre parlementaire du XIXème siècle, les généraux, si anoblis soient-ils, suivaient le destin des gouvernements auxquels ils se rattachaient par affinités politiques et/ou familiales. Si l’échec d’un général mettait le gouvernement en péril, le militaire en faisait clairement les frais. Et c’est la perte du Prince impérial, non les échecs du début de la campagne, qui vont précipiter la décision. Pour Lord Chelmsford, nommé à l’époque de Lord Carnavon, la messe est en train de se dire. Le général Wolseley, lui-même un dur à cuire et qui se couvrira de gloire dans pas longtemps dans le sud égyptien, est envoyé au Natal pour remplacer Chelmsford.

    Il faut cependant à l’époque un certain temps pour faire le voyage jusqu’au Natal, et Chelmsford est avisé par cable de son remplacement alors qu’il déclenche sa deuxième invasion. Autant pour des raisons personnelles bien compréhensibles que par l’évidence de la situation, Lord Chelmsford va donc mettre son plan en action. Il aurait pu aussi tout arrêter, en pleine offensive, en attendant son successeur, et alors on n’aurait pas fini de gloser sur lui. C’est ainsi que, le 4 juillet 1879, Chelmsford approche du kraal royal d’Ulundi à la tête d’une force de plusieurs milliers d’hommes qui vont être confrontés au dernier grand Impi de l’histoire zouloue, fort d’environ 24 000 combattants. L’ordre de bataille anglais est impressionnant, et, pour tout dire, victorien. Qu’on en juge, seront présents à la bataille d’Ulundi les unités suivantes :
    - 10 pièces d’artillerie du Royal Artillery,
    - 2 canons Gatling servis et accompagnés par la « brigade navale », unité constituée d’éléments fournis par la flotte,
    - le 1er bataillon du 13th light infantry,
    - le 2ème bataillon du royal scots fusiliers,
    - les 58ème, 80ème, 90ème (Perthshire, régiment écossais) et 94ème régiments, représentés par leurs bataillons d’opérations extérieures,
    - et le 17ème lanciers, en tunique bleue et casque colonial à pointe, dont l’on voit par erreur des représentants dans le film « zulu dawn » : c’est pas vrai, mais c’est tellement beau …

    L’ensemble du corps de bataille, avec les unités auxiliaires, dépasse les 4000 hommes. Formés en carré, ils ne laisseront aucune chance à l’Impi, qui vient se faire littéralement hacher par le feu des fusils, des canons et des Gatling, à plusieurs centaines de mètres des lignes.

    La formation du « square » anglais n’est pas sans rappeler à Ulundi la tactique qu’avait employé en plus complexe le maréchal Bugeaud à la bataille de l’Isly, face à Abdel Kader. Les bataillons d’infanterie sont soutenus de part et d’autre par des canons et, innovation, les fameux canons à balles Gatling et Gardner, ancêtres des mitrailleuses. La cavalerie est disposée à l’intérieur même de la formation, et attend que le feu des fusils et canons ait disloqué l’ennemi pour charger dans les intervalles de l’infanterie, et … terminer le travail. Le résultat est sans appel.

    Cetshwayo a regroupé auprès du kraal royal l’essentiel de son corps de bataille. Ce sont près de 20 000 guerriers qui s’élancent contre le carré anglais. La formation de défense des unités impériales empêche les zoulous de développer leur tactique habituellle d’encerclement : ils sont contraints de se déployer sur toutes les collines environnantes et de charger, sans leur coordination de commandement traditionnelle, sur les quatre angles du carré.

    A huit cent mètres, l’artillerie anglaise fait des coupes sombres dans les impis et, à moins de quatre cent mètres, les canons à balles positionnés entre les bataillons se mettent de la partie. C’est un massacre sans rémission pour les guerriers zoulous qui se font tailler en pièces sans avoir la possibilité de venir au contact. Les feux de files des compagnies d’infanterie accentuent alors le barrage de tir anglais.

    Lorsque certains impis, destructurés et décimés par le feu, commencent à se replier, le 17th lancier charge alors, par compagnies, en sortant du carré, accompagné des dragons : ce n’est plus alors une bataille, mais une chasse au Zoulou. Le dernier grand Impi de l’histoire zoulou a perdu près de la moitié de ses hommes ; il est démantelé et en fuite. L’orgueil et la puissance zouloue sont brisés. La guerre du Zoulouland est terminée … La crise sud-africaine commence, mais ceci est une autre histoire !

    Wolseley, arrivé après la bataille, aura la grande élégance de faire part dans son rapport officiel de tous ses compliments pour la brillante manoeuvre de Lord Chelmsford. Ce dernier rentrera en Angleterre ou il finira honorablement sa carrière. Il ne commandera plus jamais de troupe au combat.

    http://histoire.fdesouche.com

  • Rap anti-blancs : 10 ans de retard pour Copé et Nathalie Goulet

    Rap anti-blancs : 10 ans de retard pour Copé et Nathalie Goulet

    PARIS (NOVOpress) - Il y a plus de dix ans, les militants des Jeunesses Identitaires avaient souhaité briser un tabou en montrant la réalité de cette haine antiblanche s’exprimant impunément dans notre pays. Ils avaient, pour cela, cherché, compilé et diffusé une liste de textes de rap explicites, s’en prenant ouvertement aux Blancs et à la France.

    Succès garanti ! De multiples fois reproduites sur les blogs et forums, cette liste finira à l’Assemblée nationale en 2006 lorsque le député UMP François Grosdidier s’appuiera sur celle-ci pour proposer un texte de loi visant à condamner pénalement les auteurs de chansons incitant « à la discrimination, à la violence où à la haine” “anti-blancs ».

    Sept ans plus tard, cette liste de textes de rap fait une entrée fracassante au Sénat avec la sénatrice de centre gauche, Nathalie Goulet, s’appuyant intégralement sur cette liste pour demander, lors des questions orales au gouvernement, au ministre de l’Intérieur Manuel Valls, d’agir contre « ces chansons, entendues sur les radios » appelant « à la violence et à la haine contre les autorités publiques et la police qui s’efforcent de faire respecter la loi, notamment dans ces zones grises où le risque de perte de contrôle n’est pas exclu, ce que la Représentation nationale ne peut tolérer. »

    Moralité de l’histoire : bien avant Jean-François Copé, François Grosdidier ou Nathalie Goulet, les Jeunesses Identitaires avaient, déjà à l’époque, 10 ans d’avance sur les politiques de ce pays. Dernier point pour les mauvais copieurs :  le nom exact du groupe de rap lyonnais n’est pas Smala mais Bougnoul Smala….

    http://fr.novopress.info

  • Les travaux de Tilak et Horken : sur les origines des peuples indo-européens

    Il arrive parfois que deux chercheurs, chacun pour soi, se rapprochent de la solution recherchée, si bien que chacun d’entre eux aurait abouti dans sa démarche plus rapidement s’il avait eu connaissance des résultats de son homologue. Je vais étudier la démarche de deux chercheurs, qui ne se connaissaient pas l’un l’autre, appartenaient à des générations différentes et n’ont donc jamais eu l’occasion de se rencontrer ni, a fortiori, de compléter leurs recherches en s’inspirant l’un de l’autre. Je vais essayer de rattraper le temps perdu, tout en sachant que le résultat de mon travail contiendra forcément un dose de spéculation, comme c’est généralement le cas dans tous travaux d’archéologie et d’anthropologie. Je ne pourrai pas travailler l’ensemble prolixe des connaissances glanées par mes deux chercheurs et je me focaliserai pour l’essentiel sur un aspect de leur œuvre : celle qui étudie le cadre temporel où se situent les premières manifestations protohistoriques des peuples indo-européens.  Je procéderai à une comparaison entre les résultats obtenus par les deux chercheurs.
    J’aborderai trois de leurs livres qui, tous, s’occupent des premiers balbutiements de la protohistoire des peuples indo-européens. Nos deux auteurs n’étaient ni anthropologues ni archéologues et ignoraient leurs recherches respectives. Ils ont ensuite abordé leur sujet au départ de prémisses très différentes.
    Voici ces livres :
    -          Bal Gangadhar Tilak, The Orion or Researches into the Antiquity of the Vedas, Bombay, 1893.
    -          Bal Gangadhar Tilak, The Arctic Home in the Vedas, Poona, 1900.
    -          H. K. Horken, Ex Nocte Lux, Tübingen, 1973. Seconde édition revue et corrigée, Tübingen, 1996.
    (…)
     Dans ces ouvrages, nous trouvons trois assertions de base :
     Chez Tilak : le Rig-Veda, d’après ce qu’il contient, daterait d’environ 6000 ans ; il n’aurait été retranscrit que bien plus tard (« Orion », pp. 206 et ss.).
     Les auteurs initiaux du Rig-Veda, c’est-à-dire les hommes qui furent à l’origine du texte ou d’une bonne partie de celui-ci, vivaient sur le littoral de l’Océan Glacial Arctique. Ils avaient développé là-bas une culture et une économie comparativement élevées par rapport au reste de l’humanité (« Orion », pp. 16 et ss. ; « Arctic Home », p. 276).
     Pour Horken, les périodes glaciaires se sont manifestées à la suite des phénomènes liés à la séparation progressive du continent eurasien et du continent américain, d’une part, et à la  suite de l’émergence du Gulf Stream, d’autre part. Elles ont eu pour résultats de fixer de grandes quantités d’eau sous forme de glace et donc de faire descendre le niveau de la mer. De cette façon, les zones maritimes, normalement inondées, qui présentent des hauts fonds plats, ont été mises à sec, zones auxquelles appartient également le plateau continental de la zone polaire eurasienne. Sur le plan climatique, le Gulf Stream apporta une source de chaleur et les zones évacuées par la mer furent recouvertes de végétation, face à la côte française actuelle et tout autour des Iles Britanniques, en direction du Nord-Est. Après la végétation vint la faune et ses chasseurs, les premiers hommes d’Europe. Ainsi, l’espace occupé aujourd’hui par la Mer du Nord a été peuplé.
    Nous avons donc affaire ici à une population qui a suivi cette voie migratoire, au départ, probablement, des confins occidentaux du continent européen ; cette population, profitant d’un climat clément dans la zone aujourd’hui redevenue plateau continental, a fini par atteindre la Mer de Barents, avant qu’au sud de celle-ci, d’énormes masses de glace accumulées sur le sol de l’actuelle Scandinavie, ne leur barrent la route d’un éventuel retour.
     La durée de leur migration et de leur séjour dans les régions polaires arctiques a été déterminée par les vicissitudes de la période glaciaire, de même que le temps qu’ils ont mis à s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie. Quand le Gulf Stream a commencé à ne plus atteindre les régions constituant leur nouvelle patrie, cette population a vu revenir les conditions préglaciaires, avec, pour conséquence, que la vie y devint de plus en plus difficile et, finalement, impossible. Cette population a été contrainte d’émigrer vers l’Europe centrale et le bassin méditerranéen ou, autre branche, vers l’espace indien, au-delà des massifs montagneux de Sibérie (« Ex nocte lux »).
     Tilak, lui, avance des arguments plus fiables : il étudie les descriptions dans le Rig-Veda qui ne sont compréhensibles que si l’on part du principe que les auteurs initiaux ont vécu, au moment où émerge le Rig-Veda, sur le littoral de l’Océan Glacial Arctique. Ce n’est qu’en posant cette hypothèse que les textes, considérés auparavant comme inexplicables, deviennent parfaitement compréhensibles. Tilak ne pose cependant pas la question de savoir comment cette population est arrivée dans cette région.
     Horken, lui, nous offre une thèse éclairante, en se basant sur les phénomènes prouvés de l’histoire géologique de la Terre ; selon cette thèse, les événements qui se sont déroulés à l’époque glaciaire, plus spécifiquement à l’époque glaciaire de Würm, expliquent comment, par la force des choses, les premiers Européens sont arrivés sur le littoral de l’Océan Glacial Arctique. La géologie lui fournit de quoi étayer sa thèse sur la chronologie de cette migration.
    On peut évidemment supposer que nos deux auteurs ont écrit sur la même population. Pour prouver que cela est exact, il faut d’abord démontrer comment les choses se sont passées sur le plan géologique en s’aidant de toutes les connaissances scientifiques disponibles et en les présentant de la manière la plus précise qui soit. Toutes les données que je vais aligner ici relèvent d’évaluations qui devront, si besoin s’en faut, être remplacées par des données plus précises. Mais pour donner un synopsis de ce déroulement, cette restriction, que je viens d’avancer, n’a guère d’importance.
    La dérive des continents a fait en sorte que le Gulf Stream, après avoir passé le long du littoral occidental de l’Europe, a atteint les glaces de l’Océan Glacial Arctique et les a fait fondre dans la zone de contact. D’énormes masses d’eau se sont alors évaporées et, par l’effet des forces Coriolis (*) se sont retrouvées au-dessus des massifs montagneux de Scandinavie ; en montant, elles se sont refroidies et sont retombées sous forme de neige (Horken). Ce processus, d’après les évaluations actuelles, aurait commencé il y a 32.000 ans. Plus tard, les masses d’eau se sont figées en glace et ont entrainé la descente du niveau de la mer, non pas seulement le long des côtes, comme on peut encore les voir ou les deviner, mais sur l’ensemble du plateau continental; par la suite, la flore et la faune ont pu s’installer dans cette nouvelle région abandonnée par les flots. On peut donc admettre que l’homme, qui migre en suivant les troupeaux ou selon les espèces végétales qui le nourrissent, ait atteint les régions polaires avant que le point culminant de la glaciation ait produit ses effets. Au départ, la population arrivée là-bas n’a dû se contenter que d’un petit morceau habitable du plateau continental.
    Pour pouvoir préciser quand cette phase a été atteinte, la géologie doit nous aider à éclairer ou corroborer les données suivantes, relatives à la région polaire du continent eurasiatique : fournir une chronologie capable de nous dire avec plus de précision quand le niveau de la mer est descendu, quand la glaciation est survenue et sur quelle extension géographique.  La paléobotanique pourrait aider à compléter cette chronologie en nous renseignant sur la flore présente et sur la température moyenne annuelle qu’implique la présence de cette flore.
    D’après une carte topographique du plateau continental en face des côtes de l’Océan Glacial Arctique, on devrait pouvoir reconnaître quelles ont été les régions de terres nouvelles disponibles pour une population migrante, qui, de surcroît, a sans doute été la première population humaine dans la région. Il faut toutefois tenir compte d’un facteur : le niveau de la mer a baissé partout dans le monde mais seulement selon un axe Ouest-Est, à commencer par la région du Golfe de Biscaye (Horken, p. 120) puis le long de toute la côte française actuelle, ensuite tout autour des Iles Britanniques ; le Gulf Stream a donc réchauffé toute cette immense région, jusqu’au littoral arctique de la Scandinavie, qu’il a ainsi rendu apte à la colonisation humaine, en modifiant le climat progressivement, jusqu’à épuisement de l’énergie thermique qu’il véhicule. Les flots qu’il pousse vers le Nord se refroidissent ensuite s’écoulent et retournent vers l’Atlantique, en faisant le chemin inverse mais sous les masses d’eau plus chaudes. Plus à l’est, les zones du plateau continental ont été également libérées des flots mais n’ont pas bénéficié indéfiniment des avantages offerts par le Gulf Stream et sont sans nul doute devenues tout aussi inhospitalières qu’aujourd’hui, vu la proximité des glaces du sud de la banquise.
    Toutes les régions situées sur le littoral de l’Océan Glacial Arctique, qui font l’objet de notre investigation, se trouvent sur le plateau continental et dès lors ont été recouvertes par les flots lors de la fonte des glaces et de la montée du niveau de la mer. Il faudrait l’explorer davantage. En règle générale, le socle continental accuse une pente légère en direction du pôle, si bien que toute descente du niveau de l’océan correspond à un accroissement équivalent de terres nouvelles, également en direction du pôle. A hauteur de la Mer de Barents, par exemple, cela correspondrait, dans le cas extrême, à un recul de l’océan d’environ 500 km. Mais on peut estimer qu’une telle surface n’a pas été abandonnée par les flots : c’est ici que les géologues doivent nous apporter des précisions. Pendant la période d’occupation de ce territoire aujourd’hui retourné aux flots marins, tous les fleuves et rivières ont dû se jeter dans l’océan beaucoup plus au nord qu’aujourd’hui et il doit être parfaitement possible de repérer l’ancien lit de ces cours d’eau sur le plateau continental, comme nous pouvons d’ailleurs le faire pour l’Elbe dans la Mer du Nord. Ces fleuves et leurs affluents ont dû fournir de l’eau douce indispensable à la faune dans son ensemble et aux hommes.  On peut dès lors en déduire que des sites d’installation ont existé sur les rives de ces cours d’eau. Les limites respectives du permafrost sur le continent (ou sur ce qui était le continent) ont certainement eu une influence sur la progression des migrants vers le Nord, progression que l’on pourrait suivre d’après les traces laissées. La valeur que revêt la découverte d’os dans cette région est importante : elle nous donnerait de bons indices, dès qu’on en découvrirait.
    Horken nous a élaboré un modèle géophysique convainquant  pour nous expliquer l’émergence et la fin de la période glaciaire de Würm. Si, à titre d’essai, nous posons cette théorie comme un fait, nous devons tout naturellement constater qu’à l’époque glaciaire, le long du littoral polaire du continent eurasiatique,  des hommes ont vécu, qui devaient au préalable avoir résidé à l’Ouest de l’Europe centrale. Ils sont arrivés sur ce littoral polaire et, pendant longtemps, sans doute pendant quelques millénaires, ont dû y vivre sous un climat non hostile à la vie.
    Tilak constate, en se basant sur le texte du Rig-Veda, que celui-ci a dû, pour sa matière primordiale, se dérouler dans une zone littorale polaire de l’Eurasie.
    Pour ce qui concerne la durée temporelle de ce séjour, qui a vu l’émergence de la matière propre du Rig-Veda, nos deux auteurs avancent les faits suivants :
    Tilak s’est préoccupé de l’âge des Vedas dans sa première publication (« Orion », op. cit.). Dans un grand nombre d’hymnes du Rig-Veda, Tilak a repéré des données astronomiques particulières et les a vérifiées sur base de la pertinence de ce que nous dit le texte de ces hymnes, d’une part, et sur les déductions étymologiques des descriptions que l’on y trouve, d’autre part. Comme l’objet de ses recherches n’était pas, de prime abord, le dit des hymnes védiques mais l’âge du Rig-Veda, il a pris en considération les phénomènes astronomiques décrits et ce, toujours en tenant compte de l’effet modifiant de la précession astronomique. Pour rappel : par le fait de la précession, le moment du printemps se déplace chaque année sur l’écliptique de 50,26 secondes, dans le sens ouest-est, ce qui nous donne un circuit entier au bout de 25.780 années. Tilak a ensuite étudié les interprétations d’autres chercheurs et explique pourquoi il ne partage pas leur avis. A l’époque où le Rig-Veda aurait émergé et où ses hymnes auraient commencé à jeter les bases de tous les sacrifices sacrés de la tradition indo-aryenne, le moment principal du cycle annuel était le moment précis où commençait le printemps, où le soleil revenait, c’est-à-dire, plus exactement, le moment même du lever du soleil quand les nuits et les jours sont strictement égaux. Il faut aussi que ce soit un moment du cycle annuel qui soit mesurable à l’aide de méthodes simples.
    Tilak connaissait forcément le nom des figures zodiacales sur l’écliptique, telles que les astronomes védiques les nommaient. Contrairement à la pratique actuelle, les hommes distinguaient à l’époque vingt-sept signes du zodiaque. Tilak a fait l’importante découverte que le Rig-Veda a émergé sous la constellation d’Orion, car, il est dit que le moment du début du printemps, à l’ère d’émergence des chants védiques primordiaux, se trouvait dans la constellation d’Orion. En tenant compte de la précession astronomique, Tilak a daté les faits astronomiques relatifs au moment du début du printemps, que l’on trouve dans les hymnes védiques, et, ainsi, a pu établir que ceux-ci ont dû apparaître vers 5000 avant l’ère chrétienne.
    Cette évaluation de l’âge du Rig-Veda chez Tilak, du moins dans la plus ancienne de ses publications (« Orion », op. cit.), doit être fausse.
     Pourquoi ?
    Ce que décrit Horken, en replaçant les faits dans le cadre de la dernière glaciation, celle de Würm, se voit confirmer par Tilak, et de façon définitive. Même quand il découvre que les événements décrits dans les hymnes du Rig-Veda se sont déroulés au départ dans une zone circumpolaire, Tilak n’a aucune idée cohérente quant à leur époque. Horken, lui, nous livre des données plus précises à ce propos, quasi irréfutables.
    Nous apprenons de Tilak quel était le degré de développement atteint par les Aryas du temps du Rig-Veda ; déjà, dans son ouvrage intitulé « Orion », il rejette le doute émis par d’autres chercheurs quant aux connaissances astronomiques des Aryas des temps védiques : « je ne crois pas, écrit-il, qu’une population qui connaissait le métal et en avait fait des outils de travail, qui fabriquait des habits de laine, construisait des embarcations, des maisons et des chariots, et possédait déjà quelques connaissances en matière d’agriculture, aurait été incapable de distinguer la différence entre année solaire et année lunaire » (« Orion », pp. 16 et ss.).
    Dans son second ouvrage, « The Arctic Home », Tilak avait décrit les gestes sacrés des prêtres, dont la tâche principale, semble-t-il, était de décrire les événements cosmiques et météorologiques, surtout pendant la nuit arctique. C’est ainsi que nous entendons évoquer, au fil des hymnes, des phénomènes et des choses qui nous permettent d’énoncer des conclusions d’ordre culturel. Dans un tel contexte, nous pouvons peut-être faire référence à un fait bien particulier : rien que nommer une chose ou un phénomène implique que cette chose ou ce phénomène étaient connus. Nous apprenons, surtout quand nous lisons les événements tournant autour de figures divines, que, par exemple, la première population védique utilisait l’âne comme bête de somme (p. 299), que les fortifications de Vritra étaient de pierre et de fer (p. 248), que Vishnou possédait des destriers de combat (p. 282), qu’on fait allusion à des embarcations de cent rames, bien étanches, à la domestication de moutons et au fer (p. 302, versets 8 et ss., 27 et 32), que cette population connaissait les bovins domestiques et avait des rudiments d’élevage et de fabrication de produits dérivés du lait (p. 303) ; un étable pour vache est même citée (p. 328) ; on trouve aussi un indice, par le biais d’un nom propre, que cette population travaillait l’or (p. 311), que Titra possède une flèche à pointe de fer (p. 335) et qu’un cheval, dédié à une cérémonie sacrificielle, est dompté par Titra et monté par Indra (p. 338 et ss.). Finalement, on apprend aussi l’existence de « destriers de combat de couleur brune » (p. 341).
    Ce sont là tous des éléments que nous rapporte le Rig-Veda, dont l’émergence se situe quasi avec certitude dans une région correspondant au littoral polaire arctique. Cependant, cette émergence ne peut avoir eu lieu 5000 ans avant l’ère chrétienne car, à cette époque-là, la fonte des masses de glace de l’ère de Würm relevait déjà du passé ; sur le littoral polaire arctique régnait déjà depuis longtemps un climat semblable à celui que nous connaissons aujourd’hui ; le plateau continental était revenu à l’océan ; il est dès lors impossible qu’une existence, telle que décrite dans les hymnes védiques primordiaux, ait été possible sur ce littoral.
    Il n’y a qu’une explication possible : Tilak, dans ses calculs, a dû oublier une période entière de précession. Cette impression nous est transmises uniquement par sa publication la plus ancienne, « Orion », où Tilak critique les affirmations de nombreux chercheurs : « La distance actuelle entre le krittikas et le solstice d’été s’élève à plus de 30°, et lorsque ce krittikas correspondait au solstice d’été, alors il devait remonter à beaucoup plus de temps par rapport au cours actuel de la précession de l’équinoxe. Nous ne pouvons donc pas interpréter le passage en question de la manière suivante : si nous plaçons le solstice d’été dans le krittikas, alors nous devons attribuer une datation plus ancienne au poème de Taittiriya Sanhitâ, correspondant à quelque 22.000 ans avant l’ère chrétienne ». On n’apprend pas, en lisant Tilak dans « Arctic Home », s’il déduit de ses constats et conclusions la possibilité ou l’impossibilité de cette datation. Sans doute a-t-il deviné qu’il risquait de faire sensation, et surtout de ne pas être cru et pris au sérieux.
    En partant du principe que tant Tilak (à condition que nous tenions compte de la correction de ses calculs, correction que nous venons d’évoquer) que Horken sont dans le juste, suite à leur investigations et déductions, alors nous pouvons émettre l’hypothèse suivante quant au déroulement des faits :
    Le Gulf Stream provoque une ère glaciaire. Dès que des masses glaciaires se sont accumulées en quantités suffisantes et que le niveau de la mer a baissé, de nouvelles terres sèches émergent sur l’ensemble du plateau continental. Aux endroits atteints par le réchauffement dû au Gulf Stream, ces nouvelles terres deviennent des espaces habitables, en croissance permanente au fur et à mesure que le niveau de l’océan baisse encore et que la végétation s’en empare ; elles s’offrent donc à la pénétration humaine. Les populations, habitant à cette époque dans l’Ouest de l’Europe, sans vraiment le remarquer car le processus dure sans doute des siècles, migrent vers les zones de chasse les plus avantageuses, en direction de l’est où elles rencontrent d’autres populations ;  ces populations sont avantagées par rapport à d’autres car elles absorbent une nourriture plus riche en protéines, issue de la mer et disponible tant en été qu’en hiver (Horken).
    Il me paraît intéressant de poser la question quant à savoir à quel type humain cette population appartenait ; vu la lenteur et la durée du phénomène migratoire qu’elle a représenté, cette population ne s’est sans doute jamais perçue comme un « groupe appelé à incarner un avenir particulier » et n’a jamais été véritablement consciente de la progression de sa migration sur l’espace terrestre. S’est-elle distinguée des autres populations demeurées dans le foyer originel ? Et, si oui, dans quelle mesure ? Appartenait-elle au groupe des Aurignaciens ? Ou à celui des Cro-Magnons ? Etait-elle apparentée à cette autre population qui, plus tard, lorsqu’elle vivait déjà dans son isolat arctique (Horken), créa les images rupestres des cavernes situées aujourd’hui en France méridionale et atteste dès lors d’un besoin, typiquement humain, de création artistique ? Les populations migrantes étaient-elles, elles aussi, animées par un tel besoin d’art ?
    Dans le cadre de l’Institut anthropologique de l’Université Johannes Gutenberg à Mayence, on procède actuellement à des recherches dont les résultats permettront de formuler des hypothèses plausibles ou même d’affirmer des thèses sur la parenté génétique entre les différents groupes humains. L’axe essentiel de ces recherches repose sur la tolérance ou l’intolérance à l’endroit du lait de vache (la persistance de la lactose), tolérance ou intolérance qui sont déterminées génétiquement, comme le confirment les connaissances désormais acquises par les anthropologues. Pour vérifier, il suffit de prélever un échantillon sur un os. Les connaissances, que l’on acquerra bientôt, permettront de découvrir plus d’un indice sur l’origine et le séjour de cette population le long du littoral arctique. Comme nous l’avons déjà dit, ces populations connaissaient déjà les « vaches » et le « lait » et, vraisemblablement, l’élevage du bétail.
    Les conditions de vie dominantes dans cette région dépourvue de montagnes impliquent un maintien général du corps qui est droit, afin de pouvoir voir aussi loin que possible dans la plaine. Le manque de lumière solaire a limité la constitution de pigments de la peau, d’où l’on peut émettre l’hypothèse de l’émergence d’un type humain de haute taille et de pigmentation claire (Horken). Lors de la migration toujours plus au nord, ces populations s’adaptèrent aux modifications des saisons et, dès qu’elles atteignirent la zone littorale de l’Arctique, leur mode de vie dut complètement changer. La nuit polaire est longue et la journée est courte : sur ce laps de temps finalement fort bref, il faut avoir semé et récolté, si l’on veut éviter la famine l’hiver suivant. Tous les efforts, y compris ceux qui revêtent un caractère sacré, ont surtout un but unique : savoir avec précision quel sera le cours prochain des saisons et savoir quand l’homme doit effectuer tel ou tel travail (Tilak). Dans le Rig-Veda, on apprend que pour chaque nuit de l’hiver polaire, nuit qui dure vingt-quatre heures, on avait à effectuer un acte sacré et qu’en tout une centaine de tels actes sacrés était possible. Il n’y en avait pas plus d’une centaine (Tilak, « Arctic Home… », pp. 215 et ss.) et peut-être ne les pratiquait-on pas toujours.
    De ce que nous révèle ici le Rig-Véda, nous pouvons déduire à quelle latitude ces populations ont vécu, en progressant vers le nord. De même, nous pouvons admettre que ces populations ont vécu le long des fleuves et aussi sur le littoral, parce que fleuves et côtes offrent une source de nourriture abondante. D’après le texte védique, on peut émettre l’hypothèse que ces populations présentent une persistance de lactose. Vu l’absence de parenté entre le bovin primitif et le bovin domestique européen, il serait extrêmement intéressant de savoir de quel type de « vache » il s’agit dans le Rig-Véda, où ces animaux sont maintes fois cités.
    Sur le plateau continental de la Mer de Barents, on devrait pouvoir trouver des ossements de bovidés, afin de pouvoir élucider cet aspect de nos recherches. La faune locale, quoi qu’il en soit, a dû correspondre à celle d’un climat plus chaud. A la même époque, les populations probablement apparentées et demeurées en Europe occidentale dans les cavernes de France et d’Espagne, représentaient en dessins des bovidés primitifs, des bisons, des rennes, des chevaux sauvages et des ours, et surtout, plus de soixante-dix fois, des mammouths. Les « hommes du nord », eux, selon Horken, représentaient la constellation d’Orion par la tête d’une antilope (Tilak, « Orion »).
    Le fait que le Rig-Véda évoque, chez les populations vivant sur les côtes de l’Océan Glacial Arctique, la  présence de certains animaux domestiques est d’une grande importance pour notre propos, puisque leur domestication a été datée, jusqu’ici, comme bien plus tardive. Pour ces animaux, il s’agit surtout de la vache (du moins d’une espèce de bovidé qu’il s’agit encore de déterminer), du cheval et du chien. Le Rig-Véda évoque deux chiens, que Yama va chercher, pour « garder le chemin » qui contrôle l’entrée et la sortie du Ciel (Tilak, « Orion », p. 110) ; dans le dixième mandala du Rig-Véda, on apprend qu’un chien est lâché sur Vrishâkapi. On peut imaginer que ces faits se soient réellement déroulés lorsqu’une existence quasi normale était encore possible le long du littoral arctique.
    La glaciation de Würm a connu quelques petites variations climatiques, pendant lesquelles une partie de la couche de glace a fondu, ce qui a provoqué une légère montée du niveau de la mer. Pour les populations concernées, ces variations se sont étalées sur plusieurs générations ; néanmoins, le retour de la mer sur des terrains peu élevés ou marqués de déclivités a conduit rapidement à des inondations de terres arables, ce qui a marqué les souvenirs des hommes. De même, les phénomènes contraires : l’accroissement des masses de glace et la descente du niveau de la mer, soit le recul des eaux. Dans le Rig-Véda, un hymne rapporte qu’Indra a tué le démon de l’eau par de la glace (Tilak, « Arctic Home », p. 279). Sans doute peut-on y voir un rapport…
    Quand la glaciation de Würm a pris fin graduellement et réellement, elle a eu pour effet sur les populations concernées que les étés sont devenus plus frais et bien moins rentables et que, pendant les nuits polaires devenues fort froides, la nourriture engrangée n’a plus été suffisante, entrainant des disettes. Dans le Rig-Véda, on trouve quelques indices sur la détérioration du climat (Tilak, « Arctic Home… », p. 203). Le contenu des textes védiques, qui contient des informations très importantes, a sans nul doute été complété, poursuivi et « actualisé ».
    Les raz-de-marée, provoqués par des tempêtes, ont inondé de plus en plus souvent les terres basses, notamment celles qui étaient exploitées sur le plan agricole : la mer revenait et les populations devaient se retirer. A un moment ou à un autre, les plus audacieux ont envisagé la possibilité d’une nouvelle migration. On ne connaît pas le moment où elle fut décidée, ni les voies qu’elle a empruntées ni les moyens mis en œuvre. Quoi qu’il en soit, le Rig-Véda nous rapporte que le pays des bienheureux peut être atteint à l’aide du « vaisseau céleste dirigé par un bon timonier » (Tilak, « Orion », pp. 110 et ss.). Les voies migratoires et l’équipement des migrants ont pu changer au cours de leurs pérégrinations, car ce mouvement de retour, de plus en plus fréquent sans doute, a pu durer pendant plusieurs millénaires. Procédons par comparaison : l’ensemble de l’histoire de l’humanité compte, jusqu’à présent, 5000 ans ! Cependant, on peut déjà deviner qu’avant cela les populations s’étaient mises en branle, principalement en direction de l’Ouest, probablement à l’aide d’embarcations (Horken), pour déboucher en fin de compte dans le bassin méditerranéen, tandis qu’un autre groupe de population migrait du littoral arctique en direction du sud, en remontant le cours des fleuves et en traversant les barrières montagneuses de Sibérie, voire de l’Himalaya, en direction de l’espace indien. Horken, pour sa part, a publié une carte en y indiquant les endroits où, aujourd’hui, on parle des langues indo-européennes ; dans la zone littorale arctique, on les trouve surtout le long des fleuves, plus denses vers l’embouchure qu’en amont (p. 238).
    Les migrants ont partout trouvé d’autres populations ; on peut admettre qu’ils se sont mêlés à elles, partout où ils ont demeuré longtemps ou pour toujours. De ces mélanges entre le « groupe du nord », au départ homogène, et les autres groupes humains, différents les uns des autres, ont émergé des tribus qui, plus tard, ont donné les divers peuples de souche indo-européenne (Horken). Elles ont un point commun : elles proviendraient toutes d’un foyer originel situé à l’ouest de l’Europe centrale, et, après migrations successives, auraient débouché dans l’espace arctique où elles seraient demeurées pendant plusieurs millénaires, tout en étant soumises à rude école. On peut aussi émettre l’hypothèse que des adaptations physiologiques aux rythmes saisonniers arctiques ont eu lieu. Un médecin américain a rédigé un rapport d’enquête après avoir observé pendant plusieurs années consécutives le pouls de ses patients, pour arriver au résultat suivant : les patients de race africaine présentaient les mêmes pulsations cardiaques tout au long de l’année, tandis que les Blancs europoïdes présentaient un rythme de pulsation plus lent en hiver qu’en été (Horken).
    Les Indiens védiques ont la même origine géographique et génétique que les Blancs europoïdes et ce sont eux qui ont rapporté jusqu’à nos jours le message de ce très lointain passé qui nous est commun, sous la forme des chants védiques, surtout le Rig-Véda qui a été transmis par voie orale, de génération en génération, depuis des millénaires, sans jamais avoir subi d’altérations majeures ou divergentes. Cette transmission s’est effectuée en respectant une remarquable fidélité au texte que de nombreux passages de la première version écrite (vers 1800 avant l’ère chrétienne) correspond mot pour mot aux versions plus récentes, du point de vue du contenu et non de celui de la formulation lexicale (laquelle n’est plus compréhensible telle quelle par les locuteurs actuels des langues post-sanskrites). Le principal point commun est la langue, certes, mais il y en a d’autres. La Weltanschauung des Indiens et des Perses présente des grandes similitudes avec celle des Européens et plus d’une divinité des chants védiques a son correspondant dans le panthéon grec, par exemple, possédant jusqu’au même nom ! Il faudrait encore pouvoir expliquer comment les Grecs ont trouvé le chemin vers les terres qu’ils ont occupées aux temps historiques : en empruntant partiellement une voie migratoire que les Indiens ont également empruntée (c’est l’hypothèse que pose Tilak dans « Orion ») ou en passant par l’espace de l’Europe septentrionale ?
    Un trait commun aux Indiens et aux Germains se retrouve dans le culte de la swastika, qui a dû revêtir la même signification dans les deux populations. Dans son livre intitulé « Vom Hakenkreuz » et paru en 1922, Jörg Lechler estime pouvoir dater la swastika de 5000 ans, en se basant sur des signes rupestres. Mais cette datation pourrait bien devenir caduque. Si les hypothèses avancées par Tilak et Horken s’avèrent pertinentes, des fouilles sur le plateau continental arctique devraient mettre à jour des représentations de la swastika.
    On ne peut toutefois partir de l’hypothèse que ces « hommes du nord » ont occupé les parties du littoral plus à l’est, régions que le Gulf Stream ne fournit plus en énergie calorifique, ce qui ne permettait pas la diffusion de la végétation. Pourtant, des populations ont sûrement habité dans cette partie plus orientale du plateau continental, selon un mode de vie que nous rencontrons encore aujourd’hui chez les ressortissants de peuples et de tribus plus simples, se contentant de l’élevage du renne, de la chasse aux fourrures et de la pêche, et qui sont partiellement nomades comme les Tchouktches. Ces peuples étaient probablement habitués à un climat aussi rude que celui qui règne là-bas actuellement, ce qui implique que, pour eux, il n’y a jamais eu détérioration fondamentale du climat et qu’une émigration générale hors de cette région n’avait aucune signification. Certains chercheurs, dont M. de Saporta, pensent que certains peuples non indo-européens ont également leur foyer originel sur le littoral de l’Arctique (Tilak, « Arctic Home », p. 409).
    Horken termine son ouvrage en émettant les réflexions suivantes : sur base des mêmes fondements géophysiques, qui ont fait émerger la période de glaciation de Würm, une nouvelle période glaciaire pourrait ou devrait survenir. Horken repère des transformations d’ordre météorologique dans la zone polaire qui abondent dans son sens, notamment, il constate qu’un port dans les Iles Spitzbergen peut désormais être fréquenté plus longtemps pendant la saison chaude qu’auparavant. Cet indice, il l’a repéré il y a plus de dix ans. Entretemps, nous avons d’autres géologues qui ont exprimé la conviction que nous allons au devant d’une nouvelle période glaciaire.
    Walther BURGWEDEL. http://euro-synergies.hautetfort.com/
    (article paru dans « Deutschland in Geschichte und Gegenwart », n°4/1999 ; traduction  et adaptation française : Robert Steuckers).      
    Notes :
    (*) Le phénomène que l’on appelle les « forces Coriolis » s’inscrit dans la constitution mouvante de l’atmosphère terrestre : celle-ci est en effet toujours en mouvement parce que l’air chaud des tropiques se meut en direction des pôles, tandis que l’air froid des pôles se meut en direction de l’Equateur. Ce schéma circulatoire est influencé par un autre mouvement, impulsé par la rotation de la Terre autour de son propre axe. Cette rotation fait en sorte que les courants nord-sud s’infléchissent vers l’est ou l’ouest ; c’est précisément cet infléchissement que l’on appelle la « force Coriolis » ; celle-ci s’avère la plus forte au voisinage des pôles. Elle a été étudiée et définie par le physicien et mathématicien français Gustave-Gaspard de Coriolis (1792-1843), attaché à l’Ecole Polytechnique de Paris.

  • La mutuelle étudiante LMDE et le syndicat gauchiste UNEF voguent en eaux troubles

    PARIS (NOVOpress via le Kiosque courtois) - La LMDE n’est pas seulement une mutuelle, c’est l’une des deux caisses de sécurité sociale à laquelle les étudiants doivent adhérer. Elle est donc incontournable. Ce qui est surprenant, c’est la façon dont les cadres issus de l’UNEF gèrent la LMDE.

    D’après le rapport du commissaire aux comptes, 250.000 euros ont été distribués à la vingtaine d’étudiants issus de l’UNEF qui administrent la LMDE, certains touchant jusqu’à 2.200 euros par mois. La LMDE a aussi financé le congrès de l’UNEF, le festival étudiant contre le racisme organisé par le même syndicat, ou encore la branche lycéenne de l’UNEF, l’Union nationale lycéenne, pour un total de 200.000 euros.

    Toutes ces activités partisanes n’ont rien à voir avec la mission d’une caisse de sécurité sociale ! Et ce n’est pas tout. Plusieurs rapports sont unanimes pour critiquer la mauvaise qualité des services rendus par la LMDE. Sans compter une dette de 65 millions d’euros. Les adhérents apprécieront.

    http://fr.novopress.info/