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  • Chômage : là aussi, Hollande ne tiendra pas ses promesses

    François Hollande prépare l'opinion avant de faire marche arrière sur son objectif d'inverser la courbe du chômage en 2013. Il doit effectivement prendre en compte les prévisions de croissance de la Commission européenne de vendredi.

    Même si dans les rangs de la majorité on assure que François Hollande tiendra ses promesses en 2013, l'inversion de la courbe du chômage est un objectif qui semble s'éloigner. Les chiffres du chômage dévoilés ce mardi devraient être en hausse pour le 21e mois consécutif.
    Dans ses vœux aux Français, François Hollande avait affirmé vouloir parvenir « coûte que coûte » à inverser la courbe du chômage d’ici fin 2013 laissant les Français sceptiques. Cette promesse aussi est aujourd'hui remise en question, après les prévisions européennes d'une croissance française quasi nulle.
    Le président l'a d’ailleurs reconnu lors de sa visite au Salon de l'agriculture ce week-end : « Avec une croissance faible, l'année 2013 sera marquée par une progression du chômage ».¢

    Mais certains membres du gouvernement veulent toujours y croire. « 2013 va jusqu'au 31 décembre », indique Jérôme Cahuzac, ministre du Budget. Son collègue Michel Sapin, ministre du Travail et de l'emploi assure que le président François Hollande ne renonce pas à sa promesse. « Même avec une croissance plus faible, les mesures prises par le gouvernement permettront d’y parvenir », affirme le ministre.

    Sauf que du côté des socialistes on parle déjà de 2014. Pour la porte-parole du PS Frédérique Espagnac, il est clair que la promesse présidentielle sera retardée : « Le président de la République a fait cette annonce, il faudrait revoir cette perspective et donc la retarder puisque vraisemblablement on sera plus en 2014 qu’en fin 2013. »
    Et les chiffres du chômage qui vont être publiés ce mardi devraient être en hausse pour le 21e mois consécutif et flirter avec le record de 1997 (3,2 millions de demandeurs d’emploi).
  • Étienne Chouard - 10 raisons de sortir de l'Union Européenne

  • Écoracialisme (5) - La réalisation politique de la Modernité en France

    Cette fois, Frédéric Malaval se penche sur la Modernité. Il voit dans la période que nous vivons actuellement depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale un nouvel Age d’or pour aboutir à la mondialisation, étape ultime de la colonisation américaine.
Polémia
    Des trois étapes essentielles installant la Modernité nous éluderons le XIIIe siècle et le XVIe siècle en relevant toutefois que ces deux époques sont des Ages d’or succédant à des périodes troublées. Ainsi, le XVIe siècle conclut une période dominée par les grandes pestes qui décimèrent la population européenne. La période que nous vivons depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est aussi un Age d’or. Aucune guerre, épidémie ou famine n’est venue dévaster l’Europe. Les hécatombes de la guerre de 1914-1945, les épidémies comme la grippe espagnole de 1919 ou la crise économique de 1929 relèvent de l’Histoire pour l’immense majorité d’entre nous qui n’a connu que la prospérité. Nous laisserons aux historiens le soin d’exposer pourquoi le XIIIe siècle et le XVIe siècle sont à ranger dans la catégorie des Ages d’or. Concentrons-nous sur la deuxième moitié du XXe siècle. Cette prospérité commence dans des conditions politiques où l’Europe est dominée par les deux porteurs de la Modernité : les USA capitalistes à l’ouest, l’URSS socialiste à l’est.
    Le 14 juin 1940, le général allemand Rommel, à la tête de ses chars, faisait près de 260 km en une journée en Normandie. En face, il n’y avait plus rien. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale à l’origine du Front populaire de 1936 confiait les pleins pouvoirs au maréchal Pétain pour gérer la débâcle. La classe dirigeante française fut ébranlée par ce séisme, elle qui avait participé à la régence du monde après 1918.

    Le 6 juin 1944, le débarquement américain en Normandie eut comme conséquence de décapiter définitivement ce qui en restait après la débâcle de 1940. L’Epuration et la diffusion de listes d’infamie créèrent des vides au sommet de la hiérarchie sociale. Ceux-ci furent comblés à l’issue d’un processus méritocratique encadré par des protagonistes ayant fait allégeance au vainqueur. Puis, ce furent les Trente Glorieuses au cours desquelles le territoire français connut un bouleversement sans précédent. Géographique, avec la fin d’une France millénaire structurée par la paysannerie. L’exode rural vida les campagnes ; de rurale, la France devint urbaine. Social, avec un baby-boom entre 1945 et 1955. Ce sont ces enfants qui rompirent avec la France traditionnelle pour l’engager dans le matérialisme bourgeois. Le modèle politique qui s’impose repose sur la reconstruction, puis le développement. C’est au nom de ce développement que fut organisée l’arrivée massive de populations allogènes en Europe de l’Ouest, particulièrement en France et au Royaume-Uni dont les réservoirs issus de leurs empires éclatés ne cessaient de croître. Jusqu’alors les migrations ne concernaient que des peuples européens. L’américanisation est depuis irrépressible. Seule l’Europe de l’Est, dominée par l’URSS, échappa à cette politique. Depuis sa disparition, l’américanisation de l’Europe s’étend vers l’Est. Portée par toutes les institutions créées depuis, cette américanisation a assuré la paix et la prospérité dans un espace européen chroniquement affecté par la guerre et la misère. Chacun y succombe et accepte volontiers cette tutelle car, pour l’immense majorité, « on vit bien ».

    Pour savoir où tout cela nous conduit et comment cela s’organise, regardons l’Amérique. Le déploiement de son modèle politique à l’ensemble du monde s’appelle désormais « la Mondialisation ». Le stade ultime de la Modernité, telle qu’elle est envisagée aujourd’hui, est une ploutocratie mondialisée garante de l’optimisation du bonheur collectif. La Mondialisation est le terme nuancé pour décrire l’américanisation de l’écosphère.

    Alors que la crise financière de l’automne 2008 commençait, le président de la Banque centrale européenne, interrogé sur son origine, reconnaissait, sûr de lui, que le monde que lui et ses semblables cherchaient à édifier souffrait encore de quelques imperfections. Cette crise allait contribuer à les révéler et à les résoudre. Quel monde est-il donc envisagé ? Qui le construit ? Cette opacité sur la finalité du processus engendre rumeurs et fantasmes incessants, pourtant le but apparaît de plus en plus évident pour une multitude. Nous assistons à un processus d’américanisation du Monde uni par un même modèle politique, relayé par les bourgeoisies locales que les Etats-Unis ont promues. Le développement est le but et le moyen d’accéder au stade ultime.

    Plusieurs références sont indiscutables. Deux ont déjà été évoquées : le Paradis, les USA. Se pose alors la question de l’identité et des motivations des protagonistes les plus actifs et de leur vision du monde. Une certitude s’impose alors : l’ambition ultime de la Modernité est d’artificialiser les écosystèmes, c’est-à-dire sortir l’Homme, conçu comme Unité, des contingences imposées par l’état naturel. La production de biens, matériels ou immatériels, est donc le but absolu. Cela s’appelle le Développement ; hier, la Civilisation. L’artificialisation de l’écosphère permet alors le découplage de l’Homme et de la Nature. Capitalistes et socialistes s’accordent sur la dissociation Homme/Nature, mais il y a divergence sur le mode d’appropriation des moyens de subsistance. Au nom de l’efficacité, pour les capitalistes, tout doit être fait pour favoriser le triomphe des intérêts privés ; pour les socialistes, ces moyens d’existence doivent être collectivisés. Les premiers ont gagné. Le pôle socialiste a implosé en 1991, les plus radicaux des capitalistes envisageant une Fin de l’Histoire (Fukuyama) par la réalisation d’un Nouvel Ordre mondial (George H.W. Bush). Tout ce qui s’oppose à cette promesse de l’Eden est alors éliminé. La certitude de participer à l’augmentation du bonheur collectif est ancrée dans leurs esprits. Les capitalistes se conçoivent, sous la protection armée des Etats-Unis, comme la  classe dirigeante de nos sociétés ploutocratiques. Le triomphe du marché comme espace d’arbitrage des conflits est le but et le moyen de réaliser ce Paradis où les antagonismes de classes, de races, de nations, etc., auront disparu au profit du bien-être matériel garanti par cette élite capitaliste dans un monde unifié par une gouvernance mondiale. L’espérance du profit, donc l’enrichissement, est la ruse de l’Histoire pour amener des individus à réaliser cette entreprise collective. La Mondialisation est alors le but de toute politique. La combattre est un crime assimilable à ceux commis par les plus réactionnaires des ennemis du peuple. Tout ceci est fait et pensé au nom de la Modernité envisagée comme le paradigme inaliénable de la noosphère. Aussi, ce n’est plus le bonheur ou la prospérité de tel ou tel peuple qui importe, mais l’augmentation générale de la quantité de biens et de services accessibles au plus grand nombre. C’est l’esprit guidant une mondialisation heureuse, sacrifiant parfois un peu de confort chez les uns pour l’augmenter sensiblement chez les autres. (…). L’augmentation du bonheur collectif en est la justification.

    Bien évidemment, les critiques fusent pour contester cette suprématie politique autoproclamée vertueuse. Ecologistes, philosophes, nationalistes, religieux, etc., sont en embuscade pour sortir du bois le jour où la fatuité de ces promesses s’imposera à tous. Déjà les premières failles ne cessent de s’agrandir. Tradition et PostModernité s’associent alors pour construire un discours alternatif. L’Ecologie comme science politique s’impose à l’interface de ces deux courants.

    Frédéric Malaval http://www.polemia.com
    22/02/2013
    Ecoracialisme (5) La réalisation politique de la Modernité en France

    À lire :

    Écoracialisme (1) / Introduction
    Écoracialisme (2) / Un homme, une femme ; un homme/femme, une femme/homme
    Écoracialisme (3) / L’Âge d’or
    Écoracialisme (4) / L’insondabilité de l’origine des peuples

  • La vision du monde technico-scientifique

    La science est la recherche de la connaissance exacte des phénomènes. En découvrant les liens entre les phénomènes, c’est-à-dire en observant les conditions de leur apparition, elle a l’impression qu’elle les a expliqués. Ce type de mentalité apparaît dans une Haute Culture après l’achèvement de la pensée religieuse créative, et le début de l’extériorisation. Dans notre Culture, ce type de pensée ne commença à s’affirmer qu’au milieu du XVIIe siècle, dans la Culture Antique, au Ve siècle avant J.C. La principale caractéristique de la première pensée scientifique, du point de vue historique, est qu’elle se dispense d’équipement théologique et philosophique, l’utilisant seulement pour remplir l’arrière-plan, auquel elle ne s’intéresse pas. Elle est donc matérialiste dans son essence, au sens où toute son attention est tournée vers les phénomènes et non vers les réalités ultimes. Pour une époque religieuse les phénomènes sont sans importance comparés aux grandes vérités spirituelles, pour une époque scientifique c’est l’opposé qui est vrai.

    La technique est l’utilisation du macrocosme. Elle accompagne toujours une science en plein épanouissement, mais cela ne veut pas dire que toute science est accompagnée d’une activité technique, car les sciences de la Culture Antique et de la Culture Mexicaine n’avaient rien de ce que nous appelons compétence technique. Dans le premier stade de Civilisation, la Science prédomine et précède la technique dans toutes ses tentatives, mais au début du XXe siècle la pensée technique commença à s’émanciper de cette dépendance, et aujourd’hui la science sert la technique et non plus l’inverse.

    Dans une Epoque de Matérialisme, c’est-à-dire une époque anti-métaphysique, il était tout naturel qu’un type de pensée anti-métaphysique comme la science devienne une religion populaire. La religion est une nécessité pour l’homme de Culture, et il bâtira sa religion sur l’économie, la biologie ou la nature si l’Esprit de l’Epoque exclut la vraie religion. La Science fut la religion dominante des XVIIIe et XIXe siècles. Si on était autorisé à douter des vérités des sectes chrétiennes, on n’était pas autorisé à douter de Newton, Leibniz et Descartes. Quand le grand Goethe contesta la théorie newtonienne de la lumière, il fut traité d’excentrique et d’hérétique.

    La Science fut la religion suprême du XIXe siècle, et toutes les autres religions, comme le darwinisme et le marxisme, se référaient à ses grands dogmes-parents comme base de leurs propres vérités. « Non-scientifique » devint un terme de damnation.

    Après ses débuts timides, la science franchit finalement le pas consistant à présenter ses résultats non comme un simple arrangement ou une simple classification mais comme les vraies explications de la Nature et de la Vie. Avec ce pas, elle devint une vision-du-monde, c’est-à-dire une philosophie complète avec une métaphysique, une logique et une éthique pour les croyants.

    Toute science est une reformulation profane des dogmes précédents de la période religieuse. C’est la même âme culturelle qui avait formé les grandes religions qui refaçonne son monde à l’époque suivante, et cette continuité est donc absolument inévitable. La Science Occidentale en tant que vision-du-monde est simplement la religion occidentale sous une forme profane et non sacrée, naturelle et non surnaturelle, découvrable et non révélée.

    Comme la religion occidentale, la science était clairement sacerdotale. Le savant est le prêtre, l’instructeur est le frère convers, et un grand systématiseur est canonisé, comme Newton ou Planck. Toute forme de pensée occidentale est ésotérique, et ses doctrines scientifiques ne firent pas exception. La populace était maintenue en contact avec « les progrès de la science » par l’intermédiaire d’une littérature populaire qui faisait sourire les grand-prêtres de la science.

    Au XIXe siècle, la science accrédita l’idée de « Progrès », et lui donna sa marque particulière. Le contenu du « Progrès » devait être technique. Le « Progrès » devait consister en plus de vitesse, plus de bruit, plus d’exploitation du monde matériel ad infinitum. Cela montrait déjà la future domination de la technique sur la science. Le « Progrès » ne devait pas être d’abord plus de connaissance, mais plus de technique. Toute vision-du-monde occidentale lutte pour l’universalité, et celle-ci déclara donc que la solution des problèmes sociaux ne devait pas être cherchée dans la politique et dans l’économie, mais dans la science. Des inventions furent promises qui rendraient la guerre trop horrible pour que les hommes s’y engagent, et ils cesseraient donc de faire la guerre. Cette naïveté était un produit naturel d’une époque qui était forte en sciences naturelles, mais faible en psychologie. La solution du problème de la pauvreté était la machinerie, et encore la machinerie. Les horribles conditions qui étaient nées d’une Civilisation de la machine devaient être soulagées par plus de machines. Le problème de la vieillesse devait être surmonté par le « rajeunissement ». On décréta que la mort était seulement un problème de pathologie, non de sénilité. Si toutes les maladies étaient supprimées, on ne pourrait plus mourir de rien.

    Les problèmes raciaux devaient être résolus par l’« eugénisme ». La naissance des individus ne devait plus être laissée au Destin. Les prêtres scientifiques décideraient des choses comme les parents et la naissance. Aucun événement extérieur ne serait permis dans la nouvelle théocratie, rien d’incontrôlé. Le temps devait être « maîtrisé », toutes les forces naturelles mises sous contrôle absolu. Il n’y aurait pas d’occasions de guerre, chacun tenterait de devenir un scientifique, pas de rechercher le pouvoir. Les problèmes internationaux disparaîtraient, puisque le monde deviendrait une immense unité scientifique.

    Le tableau était complet, et pour le XIXe siècle matérialiste, imposant : toute la Vie, toute la Mort, toute la Nature, réduites à un ordre absolu, sous la garde de théocrates scientifiques. Tout se passerait sur cette planète tout comme dans l’image des cieux que les astronomes scientifiques avaient dessinée pour eux-mêmes ; une régularité sereine régnerait – mais cet ordre serait purement mécanique, totalement sans but. L’homme serait scientifique seulement pour être scientifique.


    II

    Quelque chose arriva, cependant, pour perturber le tableau, et pour montrer que lui aussi portait la marque de la Vie. Avant la Première Guerre Mondiale, la désintégration des fondements psychiques de la grande structure avait déjà commencé. La Guerre Mondiale marque, dans le domaine de la science comme dans tout autre domaine de la vie occidentale, une césure. Un monde nouveau surgit de cette guerre – l’esprit du XXe siècle se présenta comme successeur de toute la vision mécaniste de l’univers, et de tout le concept du sens de la Vie, comme étant l’acquisition de la richesse.

    Avec une rapidité vraiment étonnante, étant donné les décennies de sa puissance et de sa suprématie, la vision mécaniste pâlit, et les principaux esprits, même dans ses disciplines, se détournèrent des vieux et évidents articles de la foi matérialiste.

    Comme c’est habituellement le cas pour les mouvements historiques, les expressions d’une âme supra-personnelle, le point de la plus haute puissance, des plus grandes victoires, est aussi le début de sa chute rapide. Les personnes superficielles prennent toujours la fin d’un mouvement pour le début de sa domination absolue. Ainsi Wagner était regardé par beaucoup comme le début d’une musique nouvelle, alors que la génération suivante savait qu’il avait été le dernier musicien occidental. La disparition de toute expression de Culture est un processus graduel – néanmoins il y a des tournants, et le rapide déclin de la science en tant que vision-du-monde commença avec la Première Guerre Mondiale.

    Le déclin de la science en tant que discipline mentale avait largement précédé la Guerre Mondiale. Avec la théorie de l’Entropie (1850) et l’introduction de l’idée d’irréversibilité dans son image, la science était sur la route qui devait culminer avec la relativité physique et la franche admission de la subjectivité des concepts physiques. De l’Entropie vint l’introduction des méthodes statistiques dans la science systématique, le début de l’abdication spirituelle. Les statistiques décrivaient la Vie et le vivant ; la stricte tradition de la science occidentale avait insisté sur l’exactitude dans la description mathématique de la réalité, et avait donc méprisé ce qui n’était pas susceptible d’une description exacte, comme la biologie. L’entrée des probabilités dans la science anciennement exacte est le signe que l’observateur commence à s’étudier lui-même, à étudier sa propre forme comme conditionnant l’ordre et la descriptibilité des phénomènes.

    Le pas suivant fut la théorie de la radioactivité, qui contient aussi de forts éléments subjectifs et requiert le calcul de probabilités pour décrire ses résultats. L’image scientifique du monde devint encore plus raffinée, et encore plus subjective. Les disciplines anciennement séparées se rapprochèrent lentement – mathématiques, physique, chimie, épistémologie, logique. Les idées organiques s’imposèrent, montrant une fois de plus que l’observateur avait atteint le point où il étudiait la forme de sa propre Raison.

    Un élément chimique avait maintenant une durée de vie, et les événements précis de sa vie sont imprévisibles, indéterminés. L’unité même de l’événement physique, l’« atome », qui était encore considéré comme une réalité au XIXe siècle, devint au XXe siècle un simple concept, dont la description des propriétés était constamment changée pour suivre et étayer les développements techniques. Autrefois, chaque expérience montrait simplement la « vérité » des théories dominantes. C’était aux jours de la suprématie de la science en tant que discipline au-dessus de la technique, son enfant adoptif. Mais avant le milieu du XXe siècle, chaque nouvelle expérience provoqua une nouvelle hypothèse de la « structure atomique ». Ce qui était important dans le processus, ce n’était pas l’hypothétique château de cartes qui était érigé par la suite, mais l’expérience qui avait eu lieu avant.

    On n’avait aucun scrupule à avoir deux théories irréconciliables l’une avec l’autre, pour décrire la « structure » de l’« atome » ou la nature de la lumière. La matière-sujet de toutes les sciences séparées ne pouvait plus être gardée mathématiquement claire. Les vieux concepts comme la masse, l’énergie, l’électricité, la chaleur, la radiation, fusionnèrent en un seul autre, et il devint toujours plus clair que ce qui était étudié était en fait la raison humaine, dans son aspect épistémologique, et l’âme occidentale dans son aspect scientifique.

    Les théories scientifiques atteignirent le point où elles ne signifiaient rien de moins que l’effondrement complet de la science en tant que discipline mentale. On projeta l’image que la Voie Lactée était formée de plus d’un million d’étoiles fixes, parmi lesquelles beaucoup ont un diamètre de plus de 93.000.000 miles ; cela à nouveau non pas comme un centre cosmique stationnaire, mais lui-même en mouvement vers Nulle Part à la vitesse de plus de 600 kilomètres par seconde. Le cosmos est fini, mais illimité ; sans limites, mais limité. Encore cette exigence du vrai croyant de la vieille foi médiévale : credo quia absurdum, mais l’indétermination mécanique ne peut pas susciter ce genre de foi, et les grand-prêtres ont apostasié. Dans l’autre direction, l’« atome » a des dimensions tout aussi fantastiques – un dix millionième de millimètre de diamètre, et la masse d’un atome d’hydrogène représente par rapport à un gramme d’eau ce que représente la masse d’une carte postale par rapport à la masse de la Terre. Mais cet atome est formé d’« électrons », le tout formant une sorte de système solaire, dans lequel les distances entre les planètes sont aussi grandes, en proportion de leur masse, que dans notre système solaire. Le diamètre d’un électron est d’un trois milliardième de millimètre. Mais plus il est étudié de près, plus il devient spirituel, car le noyau de l’atome est une simple charge d’électricité, n’ayant ni poids, ni volume, ni inertie ni aucune autre propriété classique de la matière.

    Dans sa dernière grande saga, la science dissout ses propres fondements psychiques, et quitta le monde des sens pour passer dans le monde de l’âme. Le temps absolu fut dissout, et le temps devint fonction de la position. La masse se spiritualisa en énergie. L’idée de simultanéité fut rejetée, le mouvement devint relatif, les parallèles se coupèrent, deux distances ne purent plus être considérées comme absolument égales. Tout ce qui avait jadis été décrit, ou qui s’était décrit, par le mot Réalité, se dissout dans le dernier acte du drame de la science en tant que discipline mentale.


    Les gardiens de la science en tant que discipline mentale, l’un après l’autre, abandonnèrent les vieilles positions matérialistes. Dans le dernier acte, ils finirent par voir que la science d’une Culture donnée a pour objet réel la description, en termes scientifiques, du monde de cette Culture, un monde qui est à nouveau la projection de l’âme de cette Culture. Par l’étude même de la matière, on parvint à la connaissance profonde que la matière est seulement l’enveloppe de l’âme. Décrire la matière c’est se décrire soi-même, même si les équations mathématiques drapent le processus d’une objectivité apparente. Les mathématiques elles-mêmes ont succombé en tant que description de la Réalité : leurs fières équations sont seulement des tautologies. Une équation est une identité, une répétition, et sa « vérité » est un reflet de la logique de papier du principe d’identité. Mais c’est seulement une forme de notre pensée.

    La transition entre le matérialisme du XIXe siècle et la nouvelle spiritualité du XXe siècle ne fut donc pas une bataille, mais un développement inévitable. Cette vive et froide discipline mentale retourna le couteau contre elle-même à cause d’un impératif intérieur à penser d’une manière nouvelle, d’une manière anti-matérialiste. La matière ne peut pas être expliquée d’une manière matérialiste. Toute sa signification vient de l’âme.

    III

    De ce point de vue, le matérialisme apparaît comme un grand négatif. Il fut un grand effort spirituel pour nier l’esprit, et cette négation de l’esprit était en elle-même l’expression d’une crise de l’esprit. Il fut la crise de Civilisation, la négation de la Culture par la Culture.

    Pour les animaux, ce qui apparaît – la matière – est la Réalité. Le monde des sensations est le monde. Mais pour l’homme primitif, et a fortiori pour l’homme de Culture, le monde se divise en Apparence et en Réalité. Tout ce qui est visible et tangible est perçu comme un symbole de quelque chose de supérieur et d’invisible. Cette activité symbolisante est ce qui distingue l’âme humaine des formes de Vie moins compliquées. L’homme possède un sens métaphysique comme marque de son humanité. Mais c’est précisément la réalité supérieure, le monde des symboles, du sens et du but, que le Matérialisme niait en totalité. Qu’était-ce donc, à part une grande tentative d’animaliser l’homme en identifiant le monde de la matière à la Réalité et en le fondant en lui ? Le matérialisme ne fut pas vaincu parce qu’il était erroné ; il mourut simplement de vieillesse. Il n’est pas erroné même maintenant – il s’adresse simplement à des sourds. Il est passé de mode, et est devenu la vision-du-monde de cousins de provinces.

    Avec l’effondrement de sa Réalité, la science occidentale en tant que discipline mentale a accompli sa mission. Son sous-produit, la science en tant que vision-du-monde, appartient maintenant au passé. Mais l’un des résultats de la Seconde Guerre Mondiale fut qu’une nouvelle stupidité apparut : le culte de la technique en tant que philosophie de la Vie et du monde.

    La technique dans son essence n’a rien à voir avec la science en tant que discipline mentale. Elle a un but : extraire de la puissance physique à partir du monde extérieur. Elle est, pour ainsi dire, une politique de la Nature, à distinguer de la politique humaine. Le fait que la technique procède à partir d’une hypothèse aujourd’hui et d’une autre demain montre que sa tâche n’est pas la formation d’un système de connaissance, mais la soumission du monde extérieur à la volonté de l’homme occidental. Les hypothèses à partir desquelles elle procède n’ont aucun lien réel avec ses résultats, mais fournissent simplement des points de départ pour que l’imagination des techniciens puisse réfléchir à des voies nouvelles pour de nouvelles expériences et pour extraire encore plus de puissance. Certaines hypothèses sont bien sûr nécessaires ; ce qu’elles sont précisément est secondaire.

    La technique est donc encore moins capable que la science de satisfaire le besoin d’une vision-du-monde à cette époque. Puissance physique – pour quoi faire ?

    L’époque elle-même fournit la réponse : la puissance physique pour des buts politiques. La science est passée dans le rôle de fournisseuse de terminologie et d’idées pour la technique. La technique est à son tour la servante de la politique. Déjà en 1911, l’idée d’« énergie atomique » était dans l’air, mais c’est l’esprit de la guerre qui donna pour la première fois à cette théorie une forme concrète, avec l’invention en 1945, par un Occidental inconnu, d’un nouvel et puissant explosif dont les effets dépendent de l’instabilité des « atomes ».

    La technique est pratique ; la politique est sublimement pratique. Elle n’a pas le moindre intérêt à savoir si un nouvel explosif dépend des « atomes », des « électrons », des « rayons cosmiques », ou des saints et des démons. Le mode de pensée historique qui inspire le véritable homme d’Etat ne peut pas prendre trop au sérieux la terminologie d’aujourd’hui lorsqu’il se rappelle avec quelle rapidité celle d’hier fut abandonnée. Un projectile qui peut détruire une ville de 200.000 habitants en une seconde – c’est pourtant une réalité, et elle concerne le domaine des possibilités politiques.

    C’est l’esprit de la politique qui détermine la forme de guerre, et la forme de guerre influence ensuite la conduite de la politique. Les armes, la tactique, la stratégie, l’exploitation de la victoire – toutes ces choses sont déterminées par l’impératif politique de l’époque. Chaque époque forme l’entièreté de ses expressions pour elle-même. Ainsi pour le XVIIIe siècle riche en formes, la guerre était aussi une forme stricte, une séquence de positions et de développements, comme la forme musicale contemporaine des variations sur un thème.

    Une étrange aberration survint dans le monde occidental après le premier emploi d’un nouvel explosif en 1945. Elle était essentiellement attribuable aux vestiges de la pensée matérialiste, mais elle contenait aussi d’anciennes idées mythologiques. L’idée surgit que ce nouvel explosif risquait de faire exploser toute la planète. Au milieu du XIXe siècle, quand l’idée du chemin de fer fut mise à l’étude, les médecins dirent qu’un mouvement aussi rapide provoquerait des troubles cérébraux, et que même la vision d’un train passant à toute vitesse pourrait le faire ; en outre le soudain changement de pression de l’air dans les tunnels pourrait causer des attaques.

    L’idée que la planète pourrait exploser était simplement une autre forme de la vieille idée, présente dans de nombreuses mythologies, occidentales et non-occidentales, de la Fin du Monde, du Ragnarök, du Götterdämmerung, du Cataclysme. La science s’empara aussi de cette idée, et l’enveloppa dans la Seconde Loi de la Thermodynamique. Les adorateurs de la technique imaginèrent beaucoup de choses concernant le nouvel explosif.

    Ils ne comprirent pas que ce n’était pas la fin d’un processus, mais le commencement.

    Nous nous trouvons au début de l’Epoque de la Politique Absolue, et l’une de ses demandes est naturellement celle d’armes puissantes. Par conséquent, la technique reçoit l’ordre de tout faire pour fournir des armes absolues. Elle n’y parviendra jamais, cependant, et le fait de croire qu’elle y parviendra trahit simplement un matérialiste, c’est-à-dire, au XXe siècle, un provincial.

    Le culte de la technique est complètement inapproprié pour l’âme de l’Europe. L’impulsion formative de la Vie humaine ne vient pas plus de la matière aujourd’hui qu’elle n’en venait jadis. Au contraire, la manière même de faire des expériences avec la matière, et la manière de l’utiliser, sont des expressions de l’âme. La naïve croyance des adorateurs de la technique qu’un explosif pourrait détruire la Civilisation Occidentale jusqu’aux fondations est le dernier souffle du Matérialisme. Cette Civilisation a fait cet explosif, et elle en fera d’autres – ils ne l’ont pas faite, et ils ne feront ou déferons jamais la Civilisation Occidentale. La matière ne pourra jamais détruire la Civilisation Occidentale, pas plus qu’elle ne l’a créée.

    C’est encore du matérialisme de confondre une civilisation avec des usines, des maisons, et l’ensemble des installations. La Civilisation est une réalité supérieure, se manifestant à travers les populations humaines, et à l’intérieur de celles-ci, à travers une certaine strate spirituelle, qui incarne au plus haut point l’Idée vivante de la Culture. Cette Culture crée des religions, des formes d’architecture, des arts, des Etats, des Nations, des Races, des Peuples, des armées, des poèmes, des philosophies, des sciences, des armes et des impératifs intérieurs. Tous sont de simples expressions de la Réalité supérieure, et aucun ne peut la détruire.

    L’attitude du XXe siècle envers la science et la technique est claire. Elle ne leur demande pas de fournir une vision-du-monde – elle la trouve ailleurs – et elle rejette positivement toute tentative de faire une religion ou une philosophie à partir du matérialisme ou du culte de l’atome. Elle les utilise cependant, au service de sa volonté-de-puissance illimitée. L’Idée est primordiale, et pour la réaliser, la supériorité en armes est essentielle pour compenser l’immense supériorité numérique des ennemis de l’Occident.

    Francis P. Yockey http://www.voxnr.com

    Source : Extrait du livre de Francis P. Yockey, Imperium (1948)

     

  • L’UMPS pour la diversité ethnique…mais pas pour la diversité politique

     

    C’est aujourd’hui que devrait se dérouler, avec le soutien des familles, une « marche blanche », -mal vu par Manuel Valls…-  à la mémoire des deux policiers tués le 21 février  dans leur véhicule sur le périphérique parisien,  Cyrille Genest et Boris Voelkel, tous deux mariés et pères de famille. Un  troisième policier, Fred Kremer, a été  gravement blessé. Ils ont été percutés à pleine vitesse par  la voiture de grosse cylindrée qu’ils tentaient de ralentir,  conduite  par  le délinquant multirécidiviste Malamine Traoré, qui roulait  sans permis, avec à ses côtés  le dénommé Mehdi Bensassou qui  devait être jugé fin février pour son implication présumée dans un trafic de stupéfiants.  C’est aujourd’hui  également que le gouvernement, comme  ce fut le cas également sous le tandem Sarkozy-Fillon, réuni un  « comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, au cours duquel les ministres vont réfléchir aux moyens de lutter contre les préjugés liés à l’origine ou la religion » explique Libération.  La Lettre A nous informe également que pour traquer les comportements discriminatoires, Christiane Taubira  vient de s’adjoindre les services de Sihem Souid,  fonctionnaire et journaliste gravitant dans l’orbite du PS. En 2010,  Mme Souid dénonçait dans un livre très controversé, « Omerta dans la Police »,  le racisme qui régnerait en son sein. Le site fdesouche souligne que cette femme fut  sanctionnée en 2011 « pour avoir participé au Jury des Ya bon Awards ! et se (vengea) en accusant des policiers de viols, avant d’être elle-même  accusée de vol... ».  Le CV adéquat pour travailler auprès du ministre de la Justice ?

    C’est aussi dans ce contexte que vient d’être publié, dans le quotidien gratuit 20 minutes,  un sondage Harris commandé par le  Club Averroès portant sur la « diversité   en politique ». Un club présidé par   Amirouche Laïdi, adjoint au maire UMP de Suresnes, lequel a bénéficié notamment , comme  Hakim El Karoui, fondateur du Club XXIe siècle,  Karim Zeribi, président de la Régie des transports de Marseille ou encore  Sihem Habchi, la présidente de Ni putes ni soumises, des programmes de recrutement  développés par le gouvernement américain et relayés par son ambassade à Paris. Ils sont  destinés à repérer dans les quartiers pluriels et  à  former  de  futurs «leaders français issus des minorités »  favorables à Washington.

    Au terme de cette enquête rapporte Libération, «deux tiers des Français (66%) ne voient aucune amélioration en matière d’égalité des chances depuis l’élection de François Hollande » ; « 61 % des Français considèrent que la société discrimine les citoyens selon des critères de sexe, d’âge, d’origine géographique ou de couleur de peau ». Toutefois, la majorité des Français se contrefiche d’une « amélioration » de ladite diversité.

     Ainsi à la question « la diversité (terme qui renvoie aux citoyens issus de l’immigration est-il précisé) de la population devrait elle être plus, moins ou ni plus ni moins représentée qu’aujourd’hui ? », que ce soit « au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat » ou « dans les organes de direction des partis politiques », 53% des sondés répondent « ni plus ni moins qu’aujourd’hui ». Environ une personne interrogée sur cinq souhaite une représentation de la diversité  plus importante « qu’aujourd’hui » ; à l’inverse 22% à 23% des Français interrogées  souhaitent  à l’avenir une représentation de la  diversité  « moins présente qu’aujourd’hui. »

    Ce sondage tend à prouver implicitement, constate Bruno Gollnisch,  le rejet  par nos compatriotes  de la mise en place de quotas artificiels ou de toute autre forme de « discrimination positive », les Français restant attachés à la méritocratie.  Il est d’ailleurs intéressant de relever, et 20 minutes le souligne, que «les personnes dont au moins l’un des deux parents était de nationalité étrangère à leur naissance sont à peine plus nombreuses que la moyenne à revendiquer une meilleure représentation de la diversité : 53 % se disent favorables au statu quo au gouvernement et au Parlement et 54 % au sein des partis politiques. »

    Le vrai clivage sur cette question de la diversité est bien d’ordre politique : «La pression de l’opinion publique n’est pas forte sur ce sujet-là, constate Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion d’Harris Interactive. Mais l’opinion est en réalité très polarisée.  En effet, près de 48 % des sympathisants de gauche estiment que la diversité devrait être plus représentée au gouvernement ou au Parlement (45 % en ce qui concerne les organes de direction des partis politiques), contre à peine 9 % des sympathisants de droite. »

    Autre exemple, nous l’avons vu, si « 61 % des Français estiment que l’égalité des chances (…) ne correspond pas à une réalité en France aujourd’hui (contre 35 % qui pensent le contraire),  les sympathisants de gauche se montrent plus pessimistes. 79 % d’entre eux estiment que l’égalité des chances n’est pas effective, alors qu’à droite, une majorité des sympathisants (57 %) pensent qu’elle est une réalité. « Cette perception de la société permet d’expliquer que les gens de droite se satisfont davantage de la représentation de la diversité en politique, décrypte Jean-Daniel Lévy. Mais c’est aussi leur regard sur les personnes immigrées qui est différent. »

     Amirouche Laïdi, questionné dans ce même quotidien,   a dit son souhait de « commander d’autres sondages deux fois par an environ tout au long du quinquennat et au-delà. Et nous nous attendons à ce que l’attente de l’opinion vis-à-vis de la diversité progresse ». Nous ne pouvons  pas reprocher à M. Laïdi, une certaine logique, celle  de prêcher  pour sa vision du monde  américanomorphe  et obamaniaque, il serait plus intéressant d’entendre sur ce sujet les dirigeants de l’UMP…

    D’un égalitarisme l’autre, l’Assemblée nationale a adopté le 20 février,  malgré l’opposition de l’UMP, de l’UDI, d’EELV, des communistes, du FN,  un projet  de loi sur les élections locales voulu  et défendu âprement  par Manuel Valls. Soit  la création du scrutin majoritaire paritaire pour les départements, avec deux candidats par canton, un homme et une femme. Ubu pas mort… L’article 3   prévoit la réduction de moitié du nombre de cantons, afin de garder le même nombre d’élus départementaux. Ce projet avait été rejeté par le Sénat en janvier. Les élections cantonales, au terme de cette réforme,  seront  rebaptisées élections départementales.

    A l’évidence remarque Bruno Gollnisch,  M. Valls prône  la diversité ethnique, mais certainement pas la diversité politique dans les assemblées!  Il  entend en effet  par cette réforme verrouiller à l’avance  cette élection pour préserver le Système du danger d’une poussée du FN. Cette réforme sert en effet à asseoir la domination du bipartisme, du PS et de l’UMP.  Le parti de MM. Copé et Fillon, a d’ailleurs  joué pleinement son rôle de figurant en mimant l’opposition. Or, dans les faits, les avantages pour l’UMPS l’emportent grandement sur les inconvénients – la colère des supplétifs des petits partis servant de forces d’appoints.  Faut-il rappeler encore que le mode de scrutin majoritaire en vigueur aux élections cantonales  («départementales») donne en effet beaucoup plus de chance  aux deux écuries qui se partagent le pouvoir  de rafler des cantons. Espérons que ces tripatouillages se retournent rapidement  contre leurs auteurs,  en cas de  tsunami électoral tricolore,  la condition nécessaire au redressement de notre pays.

    http://www.gollnisch.com

  • La trahison des élites françaises

     

    La trahison des élites françaises
    Il est certes légitime de s'interroger sur la nature actuelle du peuple, tel qu'il a dérivé depuis une trentaine d'années, cédant aux sirènes corruptrices de la consommation de masse, gobant tous les mensonges des politiciens, jetant sa mémoire historique aux orties.

    Néanmoins, ceux qui votent Marine Le Pen sont issus de ce peuple, et même si leurs motivations ne sont pas édifiantes, c'est toujours mieux que rien. En Italie, c'est Beppe Grillo qui attire le vote protestataire. Il n'est sans doute que cela, hélas !

    Toutefois, l'une des questions essentielles qui vaudrait autant que d'ausculter sans cesse la France d'en bas, est d'essayer de comprendre pourquoi, en masse, les responsables politiques sont passés dans le camp du mondialisme apatride marchand, et pourquoi ils ont abandonné, comme un seul homme, le peuple français (et c'est le cas aussi dans les autres pays européens).

    Il aurait pu y avoir une partie d'entre eux se détachant du troupeau, et assumant un combat rugueux contre l'esprit de capitulation. Ce qui restait de gaullistes au RPR chiraquien aurait pu jouer ce rôle, et l'on a cru, espérer un moment que le refus de participer à la seconde Guerre du Golfe en était le signe. Malheureusement, les ténors d'un néogaullisme affiché par intermittences, de Villepin, Alliot-Marie, Juppé, se sont rendus, de grâce ou de force, à la raison dominante de l'oligarchie. Le Parti communiste, dont les positions, dans les années soixante, rejoignaient implicitement celles de la droite patriote, avait sans doute, potentiellement, des virtualités à contester la dérive libérale du pays, et l'abandon de la Nation, voire des pouvoirs étatiques en matière économique. Mais sa collusion avec un Parti socialiste atlantiste, et la chute de l'empire soviétique, qui illustrait une contestation occidentalisée triomphale de l'idéologie marxiste, et, partant, de toute espèce de politique s'inspirant des principes de gauche, ne lui laissaient guère espérer, ses effectifs fuyant le navire naufragé, qu'une petite place au soleil, pour ses notables, moyennant une attitude docile et « compréhensive ». Hue, Gayssot, Buffet seront ces traîtres qui basculeront le « parti de la classe ouvrière » en groupement bobo, ouvert aux revendications sociétales, et faisant la part belle à la « diversité ».

    Quant à l' « extrême droite », telle qu'elle émergea des années de plomb de la Guerre d'Algérie, on sait qu'elle se retrouva dans la figure emblématique de Jean-Marie Le Pen, non sans ambiguïtés, lesquelles apparaissent ouvertement, dans le contexte d'une Europe largement inféodée aux intérêts états-uniens et sionistes. Car la lutte d'après-guerre contre le « péril communiste », une fois l'hypothèque des guerres coloniales révolue, laisse jouer encore le réflexe « occidentaliste », assimilé au libéralisme économique, aux valeurs bourgeoises de sécurité et de « christianisme » sociétal, ou, à la rigueur, à la prédominance de la « race blanche », dont, in fine, les meilleurs défenseurs s'avéreraient être les USA et Israël.

    Inutile d'évoquer l'"extrême gauche", qui ne l'est que du mondialisme conquérant, paravent internationaliste du dérèglement planétaire marchandisé.

    Il faudrait cependant, avant d'évaluer la classe politique française actuelle, la replacer dans une longue histoire, qui prend ses racines dans l'état de la France d'avant guerre. Il serait nécessaire de lire l'ouvrage fondamental de Simone Weil, L'Enracinement, qui détaille le vide idéologique et spirituel de l'élite politique qui prit les rênes du pays après la grande boucherie de 14-18. Car s'il est un déclin de la France, il est à situer non seulement dans la dépression démographique que le conflit mondial provoqua, mais aussi dans l'abdication de toute volonté et de toute énergie, dans la diffusion, l'universalisation, par-delà les clivages politiques, de la veulerie, du cynisme, de l'affairisme et d'un pacifisme bêlant, lequel était plus le signe de la lâcheté que d'une idéologie inspirée de Ghandi. Chacun cherchait alors à s'en tirer le mieux possible, prolétariat, paysannerie, bourgeoisie, politiciens et soldats. On sait ce qui advint en juin 40.

    A vrai dire, Simone Weil situe le clivage historique entre le peuple et l'élite française au traumatisme de la Commune, qui a détaché les classes supérieures du sort des classes "dangereuses", et a ancré dans la vision populaire la certitude amère qu'elle ne pouvait plus avoir confiance en la Nation.

    L'esprit de guerre civile larvée, de capitulation nationale, d'égoïsme chafouin, de cynisme tartufard, on peut le reconnaître encore en mirant le petit écran, notamment dans les interventions de la caste journalistique et dans celles, stipendiées, des experts de tous poils, qui ont singulièrement proliféré et prospéré depuis Radio Paris.

    Finalement, la « divine surprise » ne fut pas tant la chute d'un arbre que d'aucuns pressentaient pourri jusqu'aux racines, que la réaction d'orgueil d'une poignée d'hommes, mus par l'amour de la France et le souvenir de ses mémoires (culturelle, religieuse, guerrière, populaire, ouvrière...). On peut dire que ces êtres libres, parfois humbles, isolés, résistant au lâche soulagement, à l'esprit de collaboration et au matérialisme neurasthénique, ont porté haut le drapeau de la Nation.

    Ils eurent à affronter aussi les réticences, voire l'hostilité des puissances anglo-saxonnes, qui pressentaient la domination américano-anglaise des lendemains de victoire, et qui ne voulaient pas d'une France placée dans le camp victorieux. Car la France, malgré ses fils défaillants, a toujours cru qu'il était de son devoir de défendre certaines idées d'honneur, de liberté et de générosité. Que ce discours ait parfois été en porte-à-faux avec la réalité est un autre problème. Sans lui, il n'y aurait pas eu De Gaulle.

    On ne comprendra pas le sursaut français d'après-guerre si l'on ne rappelle pas la mystique de la Résistance, le programme social et politique du C.N.R., l'élan donné par des habitudes de sacrifice et la fraternité de combattants qui, de droite et de gauche, ont ensemble, dans le sang et la souffrance, affronté l'Occupant. Là fut le vrai miracle français.

    Mais la quatrième République, c'est encore la France d'avant-guerre, ses magouilles, sa petitesse, son esprit de défaite. Le coup de 58 était-il une anomalie, ou l'expression directe de la volonté populaire ?

    Probablement les deux. Pour ceux qui ont vécu à cette époque, il est indéniable que le projet gaulliste, largement au-dessus de l'influence économique du pays, était exaltant, ambitieux, un peu fou. Les « réalistes » libéraux ont assez critiqué le général en le traitant de Dom Quichotte, tandis qu'à gauche on l'accusait de fascisme. Toutefois, la grandeur résidait encore dans une partie du peuple, et dans les cadres gaullistes et communistes qui se souvenaient de la Résistance.

    Ces cadres ont maintenant disparu. Ne restent que des nains, des médiocres, des lâches et des épiciers avides de récupérer des miettes du système oligarchique mondial, que le Général avait d'ailleurs pressentis. Ne disait-il pas qu'après lui, ce serait, non le vide, mais le trop plein ? On voit dorénavant de quelle nature sont les crabes qui garnissent le panier ! La caste politique française a fait le choix de se fondre dans l'hyperclasse atlantiste aux dépens d'un peuple qui a la faiblesse de voter encore pour elle.

    A tous points de vue, la situation n'est pas sans analogies avec juin 40. Notre armée est sous commandement ennemi, notre économie est ruinée ou pompée par le concurrent déloyal, l'information est dans les mains d'une force propagandiste, l'administration et l'Etat sont dirigés par une puissance ennemie de la Nation. Malheureusement, l'Eglise, en partie, et contre ses intérêts de force spirituelle ayant la vocation de guider le peuple, est pleine de complaisance avec l'idéologique dissolvante de la modernité.

    La France, l'Europe enracinée, sont-elle finie, boutées hors de l'Histoire ? Apparemment, tout se conjugue pour qu'il en soit ainsi, et avant tout la trahison des élites. Mais rien n'interdit de s'inspirer de la geste des grands ancêtres, de ceux qui relevèrent la France quand elle gisait, déshonorée, bafouée, humiliée, dans la boue.
    Claude Bourrinet http://www.voxnr.com
  • La gauche institutionnelle et son combat contre les valeurs

    Avec une constance idéologique qui n’a d’égal que son aptitude à dissimuler ses intentions véritables, la gauche a décidé d’anéantir les fondements séculaires qui structurent en profondeur la société française.

    Au fil de réformes ‘‘sociétales’’ habilement programmées, une puissante offensive souterraine est à l’œuvre : celle-ci demeure dès lors bien peu perceptible par une opinion publique largement anesthésiée par la propagande libertaire du système politico-médiatique en place. Les signes récents qui se multiplient ici ou là nous persuadent en tous les cas de la détermination des activistes de la gauche institutionnelle, aujourd’hui solidement installée à la tête de l’Etat, à bouleverser patiemment tous nos repères ancestraux au nom d’une conception dévoyée de la modernité, en réalité toute acquise aux dogmes permissifs du matérialisme ambiant. Au cœur de ce projet politique subversif, un objectif domine : la destruction méthodique du cadre anthropologique qui configurait depuis toujours la conception universelle de l’homme, dans le but inavoué de promouvoir l’émergence d’un homme nouveau qui serait dépouillé des attributs de son irréductible dignité.

    Contre l’avis de la majorité silencieuse des Français, le pouvoir socialiste s’apprête à adopter la loi autorisant le ‘’mariage’’ entre personnes homosexuelles, en attendant de faire inscrire dans notre droit ses inévitables prolongements législatifs, de la procréation médicale assistée à la gestation pour autrui : après avoir fait son entrée discrète dans les manuels scolaires dès la rentrée 2011, la théorie anglo-saxonne du gender, - qui récuse la différence naturelle des sexes pour mieux promouvoir une conception déstructurée de la sexualité - trouve ici une formidable consécration normative. Pour convertir les esprits, surtout les plus vulnérables, les prosélytes ne manquent pas à l’appel : appliquant par avance les consignes de son collègue au gouvernement, Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, qui invitait début janvier 2013 les recteurs d’académies à « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités », Najat Vallaud-Belkacem n’a-t-elle pas su, en ministre zélée, porter la bonne parole dans l’enceinte des établissements scolaires dès octobre 2012 pour y vanter les mérites du ‘‘mariage’’ homosexuel auprès de nos chères têtes blondes !

    Puisque que le terme de parent remplacera sous peu celui, beaucoup moins neutre, de père et mère, - non sans ce séisme législatif ne bouleverse par ailleurs les règles de la filiation - pourquoi, dans la foulée, ne pas profiter de cet effet d’aubaine, au nom de la « lutte contre les stéréotypes », pour débaptiser l’école maternelle et remplacer cette appellation, comme le suggère Sandrine Mazetier, député PS, par la dénomination de « première école » ou celle d’« école élémentaire » qui neutraliserait enfin toute « charge affective maternelle » ! Témoignant d’une volonté sournoise d’abolir toutes les différences y compris et surtout dans le champ sémantique, cette proposition passablement surréaliste a pour elle malheureusement d’être en cohérence avec l’esprit du temps présent : n’est-ce pas en effet sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy que l’usage administratif du mot « mademoiselle », au parfum si suranné, fit les frais de cette détestable « novlangue » à raison de son caractère jugé « discriminatoire ». Georges Orwell, encore et toujours….

    Pour nos gouvernants socialistes, la mutation anthropologique doit s’accompagner d’une révolution toponymique qui épouserait une mémoire historique ‘‘revisitée’’, exclusive autant que possible de toute allusion à l’histoire de l’Ancien régime ou au passé colonial de la France. La refonte controversée de nos manuels scolaires, expurgés ces dernières années des références traditionnelles aux évènements marquants de l’Histoire de France ou de toute lecture chronologique de notre passé, encourage bien des municipalités socialistes à normaliser leurs toponymie, à l’exemple de la municipalité de Rouen qui a débaptisé récemment le ‘‘Salon Louis XVI’’ de l’hôtel de ville pour le renommer "Salon République", postérité révolutionnaire oblige ; car nul ne doit ignorer que la France est bien née sous X en 1789 ! Sous le prétexte commode d’attribuer le nom du poète Aimé Césaire, alors disparu, à un lieu de la ville de Gonesse, n’a-t-on pas vu dans le même esprit les édiles socialistes de cette commune du Val d’Oise, quelques années plus tôt, profiter de la circonstance pour débaptiser au passage la place Maréchal Lyautey dont le nom est assurément beaucoup moins conforme au politiquement correct ?

    En relançant récemment la question du droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, le pouvoir socialiste exhume enfin, dans un dessein purement électoraliste, une promesse de campagne présidentielle qui heurte profondément les traditions républicaines de la France. Sur cette question éminemment symbolique, on oublie trop souvent que le droit de vote a toujours été, en France, indissociable de la citoyenneté que seule confère, en droit, la qualité de ressortissant français. Alors que, sous l’effet anxiogène d’une immigration devenue incontrôlable, la population de notre pays se recompose en profondeur, - altérant par là-même l’homogénéité des traits culturels d’une civilisation encore marquée par sa dimension catholique traditionnelle - le maintien légitime du lien indissoluble entre le droit de vote et la nationalité demeure vital : concevoir autrement le droit de vote serait donc porté ouvertement atteinte aux ressorts d’un ‘‘pacte républicain’’ depuis toujours ordonné au bien commun.

    De fractures anthropologiques en ruptures consommées avec les traits authentiques de notre civilisation, jusqu’où ira donc la frénésie dogmatique d’une oligarchie socialiste qui se sait cependant bien peu soutenue par une base militante davantage préoccupée par les questions économiques et sociales ? Nul ne le sait encore mais, avec une droite parlementaire frileuse, qui peine à tenir un discours véritablement décomplexé sur toutes ces questions capitales, il y a urgence à réagir intensément pour ceux qui, refusant pareilles dérives mortifères, entendent ne pas se soumettre à la dictature du relativisme absolu : les partisans résolus d’un conservatisme éclairé doivent désormais prendre le maquis, dans l’action politique comme dans le débat des idées, en demeurant fidèlement attachés au credo des valeurs spirituelles et morales de la France.

    L’AF 2857  http://www.actionfrancaise.net

    * Karim Ouchikh est président exécutif de Souveraineté, indépendances et libertés