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  • Comment « Le Monde » expose sur une pleine pagne signée Jean Birnbaum que « Boutang reprend le pouvoir »

    Au printemps 2016, alors qu’il dîne avec François Hollande à l’Élysée, l’acteur Fabrice Luchini évoque ses lectures du moment. Le comédien confie qu’il est plongé dans un livre de Pierre Boutang (1916-1998), poète éruptif, philosophe difficile et journaliste ­cogneur, en son temps pétainiste et disciple favori de Charles Maurras à l’Action française (AF). « Vous lisez Boutang ! C’est l’écrivain préféré de mon père ! », répond Hollande, au grand étonnement de son hôte.

    Mais, en l’occurrence, le président se révélait simplement normal. Car Boutang, depuis l’origine, c’est l’histoire d’un père qui revient sans cesse harponner les fils, faisant retour depuis les lieux les plus divers : un dossier du « Figaro littéraire » et un souvenir de Bernard-Henri Lévy, un ­livre de Patrick Buisson, mais aussi un dialogue télévisé avec le philosophe George Steiner, une réunion de La ­Manif pour tous ou une revue de chrétiens pro-israéliens.

    Relation au père

    Bien sûr, on doit commencer par mentionner l’enjeu biographique. Rappeler la relation de Boutang à son propre père, ingénieur déclassé, camelot du roi et grand lecteur du pamphlétaire antisémite Edouard Drumont : « Un jour, j’étais chez Boutang à Saint-Germain-en-Laye, se souvient Rémi Soulié, auteur de Pour saluer Pierre Boutang (Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2016). Il a ouvert une commode, en a sorti une photo de son père, il avait les larmes aux yeux ».

    Mais Boutang le fils est à son tour ­devenu père, père biologique, père symbolique aussi, et l’aura qui est la sienne aujourd’hui reste largement liée à l’accueil protecteur que cet ogre normalien réserva aux jeunes gens venus frapper à sa porte. À ces fils adoptifs, Boutang parlait de Maurras, mais aussi de littérature et même du chanteur Renaud…

    Comme Rémi Soulié, Jean-François Colosimo, patron des Éditions du Cerf, fut de ceux-là : « J’avais 17 ans. Ce fut ­l’irruption du génie à l’état brut. Par la suite, quand je suis parti en Grèce, sans moyens, avec l’idée de vivre dans un ­monastère du mont Athos, Boutang me demandait au téléphone : “Où êtes-vous ? Donnez-moi votre adresse pour que je vous envoie de l’argent”. »

    Boutang a fait du lien paternel le fil rouge de sa vie mais aussi de sa pensée, et c’est ce choix qui lui confère aujourd’hui une influence renouvelée, au moment où une frange de la droite française renoue avec ce que l’écrivain hussard Antoine Blondin nommait « l’âge de Pierre »… Aux femmes et aux hommes qui cherchent à réarmer ­intellectuellement la famille réactionnaire, sa philosophie du père fournit des réponses dans au moins trois ­domaines : ceux de la filiation, du pouvoir et de la civilisation

    La filiation, d’abord. Plutôt qu’un territoire charnel, la France selon Boutang est une culture qui vous tombe dessus, une langue qui vous élit. Pour lui, l’héritage forme le seul horizon digne de ce nom ; c’est la gratitude qui nous jette en avant. « Dès le berceau, nous naissons avec une dette que nous n’avons pas contractée et qui est impayable : voilà l’idée anthropologique de Boutang », note la philosophe Chantal Delsol.

    Pendant Mai 68, Boutang enseigne au lycée Turgot, à Paris, et il sent d’emblée que l’insurrection en cours produira cette révolution du désir dont il combat certaines figures tutélaires : ­« Althusser à rien, Lacan à pas grand-chose », fredonne celui qui signera un essai intitulé Apocalypse du désir (Grasset, 1979). Au slogan soixante-huitard, « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! », Boutang semble rétorquer : « Marche, compagnon, l’origine est devant toi ! » Cette origine détermine toute vie humaine, dit-il, et elle est indissociable de la différence des sexes telle que la Bible l’a fondée (un héritage peu présent chez Maurras,­davantage travaillé par la mort que tourné vers la vie).

    « Une vraie influence sur le mouvement royaliste »

    Ainsi n’est-il guère étonnant que la pensée politique de Boutang ait inspiré une partie de La Manif pour tous. Certes, celle-ci est souvent « boutangienne sans le savoir », précise Gérard Leclerc, éditorialiste au journal Royaliste et à Radio Notre-Dame. Mais le lien existe, et il n’est pas que théorique : « Boutang a une vraie influence sur le mouvement royaliste, qui a lui-même plus d’influence sur les droites qu’on ne le croit. Un certain nombre de gens liés à La ­Manif pour tous viennent de là, et même quand il n’est pas explicitement cité, Boutang pèse », ajoute Chantal Delsol.

    « L’Action française est un peu la ­franc-maçonnerie des réactionnaires, ­confirme Francis Venciton, jeune militant de l’AF Provence. Parmi les fondateurs de La Manif pour tous, pas mal de gens sont issus de l’AF ou l’ont fréquentée, et nous avons contribué à orienter son argumentaire. » Or pour ces royalistes qui nourrissent les nouvelles mobilisations de droite, la voix de Boutang compte à nouveau. Après avoir longtemps été effacé pour raison de querelles internes, son visage est réapparu sur les autocollants de ­l’Action française. « Boutang revient en force à l’AF, constate Axel Tisserand, auteur d’essais sur le royalisme. Il permet de penser au moins deux questions qui ont été remises au centre par La Manif pour tous : celle de la filiation et celle du consentement populaire. »

    Après la filiation, donc, le pouvoir. Là encore, il y va d’un déplacement par rapport à la figure paternelle de Maurras. Quand celui-ci refusait toute souveraineté populaire et ancrait le pouvoir du prince sur l’autorité et la légitimité, son disciple indocile insiste sur un troisième pôle : celui du consentement. Dès lors, les monarchistes peuvent sortir de l’impasse émeutière et devenir non plus les démolisseurs de la démocratie, mais ses veilleurs impitoyables. Acceptant désormais le fait républicain, ils exigent que le pouvoir soit incarné par un père populaire.

    Antisémite de ­culture

    Voilà pourquoi Boutang finira par soutenir la Ve République gaullienne : « Pour Boutang, de Gaulle réunit les fils de l’histoire de France en coiffant la ­monarchie d’un bonnet de Marianne », résume Jean-François Colosimo. Voilà aussi pourquoi Boutang peut inspirer une partie de la droite contemporaine, comme en témoigne Jérôme Besnard, essayiste et membre de l’équipe de campagne de François Fillon : « Boutang a compris que la crise de légitimité produite par 1789 était toujours ouverte. Quand on l’a lu, on sait que pour retrouver cette légitimité il ne faut pas avoir peur d’aller au peuple. Après tout, de Gaulle a réalisé son coup d’État sans qu’un seul coup de feu soit tiré… » Et en dernière instance, là encore, toute légitimité d’avenir exige de renouer avec l’héritage spirituel de la France.

    Pourtant, cet héritage est-il exclusivement chrétien ? Après la filiation et le pouvoir, nous voici venus au troisième enjeu, celui de la civilisation. Par rapport à Maurras, Boutang a peu à peu ­accompli, ici, un déplacement encore plus douloureux. Antisémite de ­culture, auteur de textes et de gestes où suintait la haine des juifs, Boutang a fini par considérer que le nouvel esprit du sionisme prenait le relais d’une chrétienté défaillante.

    Alors que l’Europe politique devenait une construction supranationale, Boutang regardait Israël avec tendresse, car à ses yeux cette nation perpétuait les formes que l’Europe abandonnait : un État souverain, un peuple en armes, une identité millénaire. « L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en ­Israël », écrivait Boutang dans son journal, La Nation française, en juin 1967, à la veille de la guerre des Six-Jours. 

    Une nouvelle alliance judéo-chrétienne 

    Cinquante ans plus tard, alors que des figures de droite, comme l’ancien ­ministre de la défense Hervé Morin, appellent à « israéliser » la France en termes sécuritaires, les textes de Boutang nourrissent les arguments de [ceux qui prônent une nouvelle alliance judéo-chrétienne : « Le lien de Boutang avec Israël, c’est le lien non seulement avec l’origine du christianisme, mais aussi avec l’origine comme telle, qu’il faut sans cesse reconquérir, assure ­Olivier Véron, le patron des provinciales, qui republie des classiques de Boutang, dont Reprendre le pouvoir (1978). Quand on prétend faire face au terrorisme islamiste, on ne peut pas se contenter d’invoquer la République, il faut remonter aux sources de la civilisation occidentale, à ses sources juives et chrétiennes, qui fondent l’idée d’une société. Pour Boutang, cela impliquait de désobéir à Maurras, qui défendait l’héritage catholique sans prendre au sérieux la spiritualité. »

    Et de fait, qu’il ait pensé la filiation, le pouvoir ou la civilisation, à chaque fois Boutang a relancé l’héritage de Maurras dans une forme d’infidélité fidèle qui ne pouvait le laisser en paix : « Boutang n’a jamais vraiment trahi Maurras, note François Huguenin, spécialiste de l’Action française. En 1942, il a rejoint Giraud en Algérie, pas de Gaulle. De même, il n’a jamais rompu radicalement avec l’antisémitisme, comme l’ont fait les chrétiens après Vatican II. Dans les deux cas, pour lui, cela aurait été tuer le père ­publiquement. Or si Boutang a bien tué le père, c’est souterrainement. Un jour, il a failli me foutre dehors parce que je lui avais demandé s’il entretenait un rapport filial avec Maurras. Il hurlait : “Vous ne savez pas ce qu’est la ­paternité !” J’avais touché juste… »

    En 1958, dans un article important ­publié par la revue Esprit, l’historien Jacques Julliard affirmait que la pensée de Maurras avait constitué le seul grand effort tenté, au XXe siècle, « pour donner à la droite française une doctrine ferme et cohérente ». Aujourd’hui, alors que les idées de cette famille politique ont à nouveau le vent en poupe, certains de ses enfants sont tentés de ­renouer avec Maurras.

    Mais son nom est définitivement ­associé à l’aventurisme impuissant et à la collaboration sanglante. Désireux de se rebrancher sur cette tradition sans avoir à en assumer les erreurs et les compromissions, les nouveaux réactionnaires se tournent parfois vers Boutang, ce fils qui a mis à mort un père aimé et défaillant… pour mieux maintenir en vie sa famille. Par Jean Birnbaum

    Le Monde n°22462 du 31 mars 2017. 

    Reprendre le pouvoir, de Pierre Boutang, introduction de Olivier Véron, Les provinciales, 2016.

    La Politique, la politique considérée comme souci, de Pierre Boutang, postface de Michaël Bar-Zvi, Les provinciales, 2014.

    Le petit boutang des philosophes, introduction à la philosophie de Pierre Boutang, par Henri Du Buit, Les provinciales, 2016

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    Notre premier commentaire de l'article de Jean Birnbaum

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Marine Le Pen largement en tête aux USA qui se passionnent pour son élection – Des chiffres réels

    Ce graphique illustre la part réelle de la place que Marine Le Pen occupe dans les échanges en ligne en ce qui concerne l’élection présidentielle française. Les anglophones se passionnent pour l’élection de Marine Le Pen et plus particulièrement les USA: la moitié des conversations en ligne qui sont consacrées à la présidentielle française citent la candidate du FN. Il ne s’agit pas d’une estimation, mais bien de la somme des conversations réellement tenues en langue anglaise.

  • Dernière ligne droite

    Dernière ligne droite d’une campagne électorale qui n’aura pas été banale, c’est le moins qu’on puisse dire. Elle a été marquée par plusieurs traits dominants. En premier lieu, la fragmentation des partis politiques de gauche comme de droite à l’exception du Front national.

    Le Parti socialiste a subi un grave discrédit de la part du chef de l’Etat, François Hollande, qui, à peine élu, s’est rallié à une politique libérale que n’aurait pas renié son prédécesseur, et à un alignement sur Washington en politique étrangère. On pourrait ajouter sioniste avec un Laurent Fabius aux Affaires et une inexistence quasi ontologique à Bruxelles. Rapidement sont apparus des « frondeurs » et, dans les faits, l’explosion en vol du PS. D’où la montée de Jean-Luc Mélenchon qui s’est empressé de limer son côté révolutionnaire en carton-pâte, arguant désormais que le socialisme, c’est lui. Benoît Hamon n’a ramassé que les miettes d’un PS où une bonne partie de ses élus s’est ralliée fissa à Emmanuel Macron pour tenter de sauver leur peau.

    A droite, le paysage n’est guère plus uniforme. Dès la défaite de Sarkozy, la guerre de succession s’est ouverte. On se souvient encore de l’empeignage Fillon-Coppé. Et la primaire n’a rien arrangé qui a vu surgir les clans, ce qui, jusqu’alors, n’existait pas à droite. En fait, on a assisté à une querelle des ambitieux. On a vu ressurgir Sarkozy et ses troupes, Alain Juppé et ses supporters, un Bruno Le Maire et sa modernité et François Fillon, à poil ou presque. La victoire de François Fillon n’a laissé que des rancoeurs d’où cet enthousiasme glacé des ralliements. Il aura fallu la fallacieuse campagne médiatique contre Fillon pour que ressurgissent les rancoeurs et les clans. Ce fut très drôle de voir certains se draper de la toge de la moralité ! 

    Sauf que Fillon, après une gestion calamiteuse des attaques contre lui puis sa femme, s’est dressé contre le Système allant jusqu’à le dénoncer en se posant d’un coup comme rebelle. Or, rebelle, c’est l’exacte position de la France d’en bas contre celle d’en haut. La France qui bosse, qui souffre, qui est au chomdu, contre la France de ceux qui profitent du système libéral et de la mondialisation heureuse. Rat des villes contre rat des champs, comme n’a pas manqué de le souligner Christophe Guilluy face à l’aveugle nébuleuse des intellos branchés, de tous les folliculaires médiatiques pour qui en dehors du politiquement correct, il n’y a pas de salut.

    Sauf que ça a secoué aussi dans le Landerneau intello médiatique ou quelques manants ont osé d’autres problématiques au nom d’une liberté de penser trop longtemps confisquée : Eric Zemmour, Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Marcel Gauchet, Michel Houellebecq, Jean-Pierre Le Goff quand ce n’est pas, de manière plus feutrée, Jacques Julliard ou Régis Debray.

    Reste le cas Macron. C’est un produit hors sol, situé au centre afin de ratisser large et sauver les meubles à gauche. Opération a priori réussie puisque même les mouches du centre droit se sont laissé prendre dans son filet. Mais, plus révélateurs de la démarche libérale mondialiste du candidat sont les soutiens des Jacques Attali, Alain Minc, Claude Bébéar, Philippe Aghion, Jean Pisani-Ferry, sans oublier l’inénarrable Daniel Cohn-Bendit. A eux seuls, ils sont déjà tout un programme.

    Curieux personnage que ce Macron, sans épaisseur politique, sans passé, mais un présent boosté par le mainstream et une femme qui pourrait être sa mère. Curieux attelage. Macron est gonflé à l’hélium des illusions ou des impostures. Aller s’imaginer que les Français vont marcher dans la combine serait hasardeux.

    Comme l’assène le croupier : « faites vos jeux », rien n’est joué d’avance et les Français sont facétieux. Si Marine Le Pen demeure le grand gueuloir des misères françaises, il ne semble pas, cette fois-ci encore, que nos compatriotes franchiront le Rubicon. Quoique ! Réponse sous peu…

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Les Nobel d'économie ont-ils vraiment signé une tribune contre Marine Le Pen ?

    Le journal Le Monde a publié une tribune qui serait signée par 25 Nobel d’économie pour dénoncer "le programme antieuropéen" de Marine Le Pen. Or, on trouve parmi les signataires des Nobel qui ont formulé des critiques de fond contre l’euro et l'UE. Les signataires de cette tribune disent avoir « des positions différentes sur les sujets complexes que sont l’union monétaire et les politiques de relance. Cependant, nos opinions convergent pour condamner cette instrumentalisation de la pensée économique dans le cadre de la campagne électorale française. »

    6a00d83451619c69e201b8d279b095970c-800wi.jpgJoseph Stiglitz aurait signé cette tribune. Faut-il rappeler quelques-unes de ses positions ? Dans La grande désillusion, il reproche au FMI d’avoir promu la libéralisation des marchés financiers par l’élimination des règlementations stabilisatrices que de nombreux pays en développement avaient conçues pour contrecarrer la volatilité des flux de capitaux, entrants et sortants. Il remarque que l’on avance sans preuve que la réglementation entraverait l’efficacité économique. A propos de la crise asiatique de 1997, Stiglitz souligne que la libéralisation de la circulation des capitaux a été le premier élément de la crise. Et que l’Inde et la Chine sont les deux grands pays en développement qui ont le mieux résisté à la crise. Ce n’est pas un hasard s’ils disposaient d’un contrôle sur les opérations en capitaux.

    « Puis­que les flux accélérés de capitaux, entrants ou sortants, causent de gros problèmes, qu'ils engendrent ce que les économistes appellent de « grandes externalités » et de lourds effets sur les citoyens ordinaires qui n'ont rien à voir avec ces flux de capitaux, en raison des perturbations massives que ceux-ci provoquent dans l'ensemble de l'économie, l'État a le droit et même le devoir de prendre des mesures pour y faire face. »

    Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014 est un économiste français, aurait aussi signé la tribune du Monde. Pour Tirole, le financement des entreprises et leur gouvernance doivent être envisagés avec un axiome de base : la « shareholder value » – en français, la valeur actionnariale. Plus précisément, cette théorie affirme que l’entreprise n’a d’autre vocation que de maximiser les dividendes des actionnaires

    Bernard Monot, stratégiste économique du Front National, donne des chiffres. Sortir de l’euro ? pas bien selon les Nobel. Mais comment faire pour retrouver notre souveraineté monétaire ? Elle n’existe plus depuis la loi du 3 janvier 1973, la loi Pompidou-Giscard qui retire à la Banque de France le pouvoir de créer la monnaie pour le confier aux banques commerciales, dites banques de second rang. Et elle est responsable de la dette. Sans la loi de 73, « reprise » au niveau européen, notre dette, serait dérisoire. Son poids serait supportable. Certes, celui qui le dit, Michel Rocard, n’est pas Nobel d’économie, mais il a été Premier ministre de F. Mitterrand.

    A partir de 1974 on constate pour la France une croissance massive du chômage, une réduction drastique des effectifs de l'industrie et une réduction très marquée de la croissance. De 1950 à 1974, pendant vingt-quatre ans le taux de chômage au sens du BIT est resté constamment inférieur à 3 %. De 1975 à 2005, pendant les trente années suivantes, il s'est progressivement élevé pour atteindre 12,5 % en 1997 et 10 % en 2005. La cause habituellement avancée pour expliquer ce changement de paradigme, est la crise générée par le choc pétrolier de 1973. Grave erreur. Pour Maurice Allais, prix Nobel d’économie,

    «En fait, une seule cause peut et doit être considérée comme le facteur majeur et déterminant des différences constatées entre les deux périodes 1950-1974 et 1974-2005 : la politique à partir de 1974 de libéralisation mondialiste des échanges extérieurs du GATT et de l'Organisation de Bruxelles et de la libéralisation des mouvements de capitaux dont les effets ont été aggravés par la dislocation du système monétaire international et l'instauration généralisée du système des taux de change flottants. Incontestablement l'évolution très différente de l'économie française à partir de 1974 résulte de la disparition progressive de toute protection du Marché CommunautaireEuropéen, de l'instauration continue d'un libre-échange mondialiste, de la délocalisation des activités industrielles, et de la délocalisation des investissements financiers. »

    De ce constat, M. Allais tire plusieurs conclusions, toutes importantes, dont celle-ci : « Il est nécessaire de réviser sans délai les Traités fondateurs de l'Union Européenne, tout particulièrement quant à l'instauration indispensable d'une préférence communautaire. ».

    Aux cinq critiques  les plus anciens de l’euro, Maurice Allais, Milton Friedman, Amartya Sen, Paul Krugman et Joseph Stiglitz, dès 2013 trois noms supplémentaires de prix Nobel d’économie s’étaient ajoutés : James Mirrlees (1996), Christopher Pissarides (2010) et Thomas Sargent (2011). Thomas Sargent évoque la sortie des pays « faibles  » comme une issue à la crise actuelle. Christopher Pissarides affirme que « si l’Espagne veut se sauver, elle doit revenir à la peseta (…) d’un point de vue économique, ce serait ce qu’il y a de mieux pour tout le monde. Dévaluer la peseta de 20% et recalculer la dette et les actifs espagnols sur cette base  ». James Mirrlees affirme que « l’Espagne a besoin de quitter l’euro, revenir à la peseta et imprimer beaucoup d’argent et l’utiliser pour les investissements publics souhaitables et pour des politiques en faveur de l’emploi ». Leurs analyses, leurs points de vue, leurs recommandations sont différentes mais ils se rejoignent sur une critique de l’euro. Et jamais ils n’évoquent le « danger » du FN, ou celui de son programme économique.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Estrosi sifflé au meeting de Fillon à Nice, fait appel à la Shoah pour condamner ceux qui ne veulent plus de lui

    Le président de la région PACA, Christian Estrosi (LR), est à la politique ce que la girouette est au gré du vent, il varie souvent de position.

    Il avait déjà mis un pied chez Emmanuel Macron. Mais François Fillon remonte dans les sondages. Alors Christian Estrosi a rejoint lundi le meeting de Fillon à Nice et y a pris la parole. Mal lui en a pris. Car il a été copieusement sifflé par le public, et même largement hué lorsqu’il a cru utile de critiquer Marion Maréchal-Le Pen, qui « ne trouve rien à redire à la scandaleuse déclaration de sa tante » Marine Le Pen sur le Vel d’Hiv. La foule a réagi en criant des « Ça suffit! », « Ce n’est pas toi qu’on est venu voir! », lorsque le président de la région PACA a continué son discours en parlant des « propos antisémites de Jean-Marie Le Pen » ou de l’alliance entre Marion Maréchal-Le Pen et les identitaires niçois.

    Vexé par tant d’hostilité à son égard, Estrosi a réagi en tweetant. Avec un sens de la victimisation particulièrement développé, Estrosi a quasiment tenté de faire passer ceux qui l’ont hué pour des révisionnistes.

    « Je veux dénoncer ceux qui ont sifflé les élus de leur famille, la Shoah et ont eu ces comportements à l’égard des journalistes.»

    On lui rappelle encore une fois le temps où il s’affichait avec le Front National ?

    http://www.medias-presse.info/estrosi-siffle-au-meeting-de-fillon-a-nice-fait-appel-a-la-shoah-pour-condamner-ceux-qui-ne-veulent-plus-de-lui/72602/

  • L’élection présidentielle sous la menace des djihadistes de Daesh

    Présidentielle-menace-terroriste.jpg

    8845-20170420.jpgDeux djihadistes ont été arrêtés mardi à Marseille. Ils y préparaient un attentat imminent en pleine campagne présidentielle. Marine Le Pen tient précisément un grand meeting mercredi au Dôme de Marseille.

    Au vu de l’arsenal découvert dans leur appartement marseillais, Mahiedine M., 29 ans, et Clément B., converti âgé de 23 ans (qui utilisait l’alias d’un islamiste tchétchène) avaient de quoi commettre un carnage. Le premier a douze condamnations de droit commun à son actif et le second deux. Ils se sont radicalisés à la prison de Lille-Sequedin où ils ont partagé la même cellule et sont tous deux fichés « S ».

    La police a découvert un laboratoire clandestin complet destiné à fabriquer des ceintures d’explosifs à base de TATP, surnommé la « veuve de Satan », utilisé notamment par les tueurs de Paris et de Saint-Denis le 13 novembre 2015. Ce TATP, trois kilos au total, était en train de sécher à des stades différents sur trois étagères quand les policiers ont fait irruption dans l’appartement. Une partie était prête à l’emploi.

    L’attaque, vraisemblablement kamikaze à la ceinture d’explosifs sur le modèle du 13 novembre, était prête. Des boulons, pour accroître l’effet tueur des explosifs, ont été retrouvés pendant la perquisition. Des perruques permettant aux djihadistes de se glisser dans des rassemblements de foule, un masque des Anonymous et une cagoule, ainsi qu’une caméra Go-Pro. On se souvient que Mohamed Merah ou Amedy Coulibaly avaient filmé leurs massacres dans le but de les transmettre à l’Etat islamique.

    Un drapeau de Daesh a été retrouvé sur place ainsi qu’un arsenal composé d’un fusil-mitrailleur Uzi, de trois armes de poing dont un pistolet automatique et d’un couteau de chasse. Mais aussi une une du Monde avec François Fillon sans que les enquêteurs aient encore établi précisément si c’était lui qui était directement visé ou d’une façon plus générale la présidentielle. Les services de sécurité de Macron, Fillon et Marine Le Pen avaient été avertis d’une menace avérée.

    On a toujours intérêt à écouter intégralement les conférences de presse du procureur Molins qui livre les faits bruts. Alors qu’au fur et à mesure des commentaires des journalistes, des indices disparaissent.

    On n’entend plus parler du Coran détenu par les deux terroristes ni des versets coraniques appelant à la vengeance au milieu de leur matériel de guerre.

    Daesh veut frapper un grand coup à l’occasion du scrutin présidentiel en France. Le 6 février dernier, Dar al Islam, le magazine de propagande de l’Etat islamique, traitait encore de « cibles de choix » les « idolâtres du FN ».

    Caroline Parmentier

    Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 20 avril 2017 (titre initial : « Présidentielle sous menace»)

    https://fr.novopress.info/

  • Alerte rouge pour les classes moyennes : Macron veut leur mort

    Sous ses allures de jeune premier, Emmanuel Macronn’a pas « un problème avec les classes moyennes », il veut tout simplement leur mort.

    Nommé ministre des Finances le 26 août 2014, il avait commencé fort : moins de quatre mois après, le temps de préparer la loi de financement de la Sécurité sociale, il leur sucrait les prestations familiales. C’est-à-dire qu’il les modulait en fonction du revenu et les supprimait au-dessus d’un certain seuil. Au point que certains ont pu dire qu’elles étaient désormais réservées aux populations immigrées (les populations indigènes à faible revenu n’ayant, hélas, plus guère d’enfants). Le plafond du quotient familial avait déjà été baissé par Ayrault. Pour la première fois depuis la Libération, qui avait mis en place notre système d’allocations familiales, longtemps tenu pour un modèle, les Français n’y avaient plus tous droit. L’État a ainsi économisé un milliard. Ce projet avait déjà été agité par Juppé puis Jospin mais, jusque-là, il s’était heurté à la résistance du mouvement familial. Fatigue face à des assauts répétés ? Cette fois, il est passé sans difficulté. Il est vrai qu’il s’agissait d’une proposition parlementaire mais on sait que, en ces matières, le Parlement ne peut rien faire sans l’accord de Bercy. Derrière le quarteron de députées féministes qui avaient pris cette initiative, il y avait bien sûr Macron.

    Son programme comporte deux allègement fiscaux majeurs : la suppression de l’ISF (pour les patrimoines financiers seulement) et celui de la taxe d’habitation, que presque tout le monde paye, mais qui, pour une moitié de la population qui ne paye pas l’impôt sur le revenu, est le seul impôt.

    Par quoi remplacer ces allègements ? Cela n’est pas dit dans le programme qui a un caractère démagogique, mais on le sait par ailleurs : par un alourdissement de la taxe foncière, soit directe (il faudrait alors la doubler), soit sous la forme d’un loyer fictif venant s’ajouter au revenu imposable. Inutile de dire que cet alourdissement serait prohibitif pour certains foyers, dont beaucoup de retraités ayant laborieusement acquis leur petit pavillon tout au long de leur vie et qui sont déjà si lourdement imposés dans certaines communes qu’ils doivent consacrer à l’impôt foncier trois ou quatre mois de leur retraite. Cela ne gêne pas les promoteurs d’un tel projet, notamment Jean Pisani-Ferry, issu de France Stratégie, boîte à idées du candidat : c‘est délibérément qu’on veut, par là, obliger les Français à se détourner de l’immobilier pour les orienter vers les placements financiers

    Les retraités évoqués devront donc vendre leur pavillon, redevenir locataires et acheter des actions. Il leur faudra « bouger ». En marche ! Il s’agit, en théorie, de réorienter l’épargne vers la production mais est-ce bien utile dans un pays comme la France qui regorge d’épargne ? L’autre grande forme de patrimoine populaire est l’assurance-vie. Là aussi, le candidat Macron se propose d’en abroger les avantages fiscaux pour l’imposer au taux unique de 30 %.

    Exonérations aux deux extrémités de l’échelle sociale, alourdissement au milieu, ce sont bien les classes moyennes qui sont visées par le candidat Macron. La définition des classes moyennes a évolué avec le temps. Nous proposons d’y inclure tous les Français ayant un patrimoine, fût-il modeste, composé principalement d’immobilier (en général, la maison d’habitation). Cela représente environ 58 % de la population, dont une partie de la classe ouvrière, la majorité des natifs et, de fait, très peu d’immigrés. Tous ceux qui travaillent ou ont travaillé, excluant ceux qui sont assez riches pour ne pas avoir à le faire ou ceux qui vivent d’assistance. Comme dans la réduction des allocations familiales, on voit bien de quel côté penche Macron.

    Déjà la loi Macron, transposant des directives européennes dont la philosophie est analogue, commençait à laminer les professions à statut (notaires, huissiers, en attendant les pharmaciens) qui, dans bien des banlieues, assurent encore un encadrement social minimum.

    Il y a là plus qu’un choix politique ou social, il y a un choix de civilisation. Macron s’en prend à tous ceux, comme disait Brassens, « qui sont nés quelque part » (le chanteur en faisait partie !). À ceux qui ont une attache territoriale, un héritage reçu et à transmettre. Par derrière, le projet d’une société telle qu’en rêvent les élites mondialisées : des individus mobiles, sans culture, sans patrie, sans repères, sans attaches, « en marche » certes mais, comme les enfants qu’entraînait le joueur de flûte de Hamelin, en marche vers l’abîme.

    Il vaut mieux que tous les gens de droite (et même de gauche) appartenant à la classe moyenne et qui envisagent de voter Macron aient cela à l’esprit.

    http://www.bvoltaire.fr/alerte-rouge-classes-moyennes-macron-veut-mort/