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actualité - Page 3742

  • Elisabeth Lévy : "l'absence de pluralisme plombe le débat public"

     A l'occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, «France inter aux Français! », Elisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Elle revient également sur le traitement médiatique de la campagne de Donald Trump et des primaires. Extraits : 

    6a00d83451619c69e201b7c8b2101b970b-250wi.jpg"Le dernier numéro de Causeur s'intitule, «France Inter aux Français!» Vous aviez un compte personnel à régler avec la radio publique? Qu'est-ce qui vous énerve autant sur France Inter?

    Rien de personnel, rassurez-vous, même si pour des millions de gens quotidiennement ridiculisés, insultés ou caricaturés sur la radio qu'ils payent de leurs deniers, c'est finalement assez personnel. Se faire engueuler à ses frais, ça peut finir par énerver. Je sais, cela semble mesquin de rappeler que Radio France est financée par la redevance, cela suscite toujours chez ses dirigeants des réactions agacées, comme si on avait proféré une incongruité ou une chose vraiment vulgaire (pas d'argent entre nous). N'empêche, il y a là un véritable scandale et le plus scandaleux est qu'il n'y ait pas de scandale. Plus personne ne proteste contre ce que Fabrice Luchini avait appelé avec drôlerie l'idéologie francintérienne, que Stéphane Guillon avait parfaitement résumée dans sa dernière chronique, avant de se faire remercier: «France Inter est une radio de gauche qui se comporte comme une véritable entreprise de droite», avait-il pleurniché. Voilà la vision du monde que propage notre radio publique, en particulier dans ses tranches d'information mais pas seulement. D'un côté il y a les gentils, de l'autre les méchants. Les gentils lisent Mediapart, les méchants Valeurs actuelles, les gentils sont Mariage pour tous, les méchants Manif pour tous. Les gentils votent Mélenchon ou PS tendance frondeurs, les méchants Le Pen ou LR tendance Sarkozy. Les gentils aiment l'Autre, les méchants aiment les frontières. Les gentils aiment Nuit Debout, les méchants aiment Finkielkraut. Je vous laisse compléter…

    Ils sont de gauche, c'est ça le scandale? La belle affaire…

    Désolée, je ne vois vraiment pas pourquoi l'argent public financerait une radio aussi ouvertement idéologique. Et je serais tout aussi énervée si notre radio publique était Radio Réac, même si la qualité du français y serait peut-être meilleure. Moi je veux du choc des idées, de la bagarre, de l'affrontement à la loyale. Que des journalistes, humoristes, producteurs et animateurs de France Inter soient «de gauche», fort bien, de nos jours c'est très vintage et c'est bien leur droit, le problème est qu'ils le soient presque tous. Ce n'est pas pour rien que Montaigne recommandait de «frotter sa cervelle contre celle d'austruy»: la consanguinité intellectuelle ne vaut rien à l'espèce humaine en général et journalistique en particulier. Mais le plus fâcheux est qu'ils en soient arrivés à ne plus comprendre du tout que l'on puisse penser autrement qu'eux. Comment peut-on être Persan? Comment peut-on être catho? Comment peut-on être trumpiste? Pour un cerveau francintérien, ces questions ont deux réponses possibles: vous êtes un idiot ou un salaud. Je n'ai aucune affinité avec Ludovine de la Rochère et son enthousiasme pour la famille m'ennuie un peu mais quand ce n'est pas un journaliste qui dénonce ses idées nauséabondes, c'est un humoriste qui souhaite à voix haute qu'elle et ses semblables disparaissent. À la fin, je me dis que pour les énerver autant elle doit avoir des qualités. [...]

    Au-delà du cas France Inter, l'absence de pluralisme mine-t-elle les médias français?

    En tout cas, depuis l'élection américaine, tout le monde se pose des questions, tant mieux. Et l'autre jour, à France Inter, il y a eu un «Téléphone sonne» sur l'entre-soi journalistique. Bon, on parlait de l'entre-soi entre soi, mais il faut saluer l'effort. Alors oui, l'absence de pluralisme plombe le débat public. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'est le pluralisme: ce n'est pas une arithmétique c'est un état d'esprit, une capacité à se disputer avec soi-même et à faire entrer les arguments de l'autre dans la discussion. Or, plus on est majoritaire, plus cette capacité a tendance à s'éroder. Pour le coup, le refus du pluralisme est loin d'être l'apanage de la gauche. Nous avons tous tendance à rechercher le confort et la réassurance de l'entre-soi. Cependant, attention, une rédaction, ce n'est pas le Parlement. Il n'est pas nécessaire d'être trumpiste ou lepéniste pour parler intelligemment des électeurs de Trump ou de Marine Le Pen, il suffit de descendre du petit piédestal intérieur sur lequel on est assuré de sa propre supériorité morale. [...]"

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Filip Dewinter a rencontré les dirigeants de l'Aube dorée en Grèce

     

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    Belgique (Flandre) et Grèce. Filip Dewinter, Jan Penris, Frank Creyelman et Anke Van dermeersch du Vlaams Belang (Belgique) se sont rendus en Grèce afin d'y observer la situation en matière migratoire. Ils y ont rencontré le dirigeant de l’Aube dorée Nikolaos Michaloliakos puis se sont rendus, accompagnés de cadres de l’Aube dorée, sur les îles de Chios et Lesbos.

    Source Lionel Baland cliquez ici

    NATION félicite Filip Dewinter pour son voyage en Grèce

    ok-300x172.jpgC’est avec une satisfaction non dissimulée que NATION a suivi le voyage de Filip De Winter, député Vlaams Belang, auprès de nos camarades d’Aube Dorée en Grèce.

    Nous observons que, ces derniers mois, Filip De Winter se rapproche de plus en plus des positions également défendues par NATION, que ce soit au niveau de la situation au Moyen Orient (visite en Syrie) ou en sympathisant ouvertement avec des groupes réputés « très radicaux » comme Aube Dorée.

    Ne voulant pas croire qu’il ne s’agit que de « coups médiatiques » sans aucune vraie signification politique, NATION ne peut qu’encourager le retour de Filip De Winter aux fondamentaux du nationalisme. C’est dans cet esprit que nous invitons Filip De Winter à une prochaine réunion/conférence de NATION.

    Source Nation cliquez là

  • Qui va gagner l'Islamogogo ?

    Le vote « Islamogogos » est une parfaite réussite. 

    Vous avez voté pour dix citations mensongères, stupides, complaisantes, ou tout simplement fausses au sujet de l’Islam.

    L’une d’entre elles a recueilli un très grand nombre de votes....

    Elle sera dévoilée aujourd'hui durant la grande journée l'Agrif qui donnera le prix à l’un des votants tiré au sort. 

    Rendez-vous donc Dimanche à l’Espace Charenton au 327 rue de Charenton 75012 PARIS.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Pour sauver la langue française, merci monsieur Upinsky (Marion Sigaut)

  • Hannah Arendt : Le concept d’histoire

    Suite d’articles sur La Crise de la culture, d’Hannah Arendt.

    Pour revenir à l’article précédent : la tradition et l’âge moderne.

    Fort logiquement, Hannah Ardent entame ce chapitre avec Hérodote, le « père de l’Histoire », pour qui la fonction de l’histoire est de « sauver les actions humaines de la futilité qui vient de l’oubli ». Il s’agit alors d’échapper à la mortalité, de ne plus « se mouvoir en ligne droite dans un univers ou tout, pour autant qu’il se meut, se meut dans un ordre cyclique ». Le thème des récits historiques devient donc des cas particuliers, des gestes singulières, qui perturbent le cycle : « la substance de l’histoire est constituée par ces interruptions autrement dit par l’extraordinaire ».  Pour les mortels, réussir à imprimer leurs actes, leurs œuvres, dans la trame de l’histoire est alors le moyen de pénétrer la mémoire humaine, Mnémosyne – la mère de toutes les muse -, et donc d’accéder à l’immortalité.

    Ceci ne retire pas nécessairement à l’étude de l’histoire son caractère potentiellement scientifique car le fait pour l’historien d’être certain de ne pas être en interaction avec son objet – contrairement au physicien – peut, d’une certaine manière, conférer à son domaine un caractère plus scientifique.

    L’émergence du christianisme va cependant bouleverser l’approche de l’étude de l’histoire. En effet, si chez les Grecs, « la grandeur était aisément reconnaissable comme ce qui de soi-même aspirait à l’immortalité – c’est-à-dire, négativement parlant, comme mépris héroïque pour tout ce qui vient et passe simplement, pour toute vie individuelle, la sienne propre incluse », une telle approche de la grandeur ne pouvait demeurer intacte dans l’ère chrétienne. Dans le christianisme, « c’est le monde qui doit passer ; les hommes vivront éternellement ».

    Descartes, avec son de omnibus dunitandum est[i], va introduire une nouvelle révolution : la vérité et le savoir ne peuvent se fier aux sens et à l’apparence, encore moins à la « vérité innée » de l’esprit, ni à la « lumière intérieure de la raison ». Contrairement à ce que l’on a tendance à croire trop rapidement, ce subjectivisme n’a pas jailli d’un affaiblissement de la religiosité, mais d’une perte de confiance, hautement justifiée, dans la capacité des sens à approcher la vérité[ii]. Ce doute se traduit, notamment, dans la remise en cause du géocentrisme, que l’observation simple justifiait pourtant amplement. Toutefois, cela ne remet pas fondamentalement en cause l’approche de l’histoire : si l’homme ne peut connaître le monde, il doit au moins savoir ce qu’il a fait lui-même. L’on peut avoir une approche similaire pour les mathématiques (approche issue de la pensée de Vico) : contrairement à la nature (que nous faisons que regarder ou essayer de copier), nous faisons les mathématiques nous-mêmes. Mais c’est aussi, peut-être, là que naît la science moderne : du déplacement de l’observation du quoi à la compréhension du comment[iii], de l’intérêt pour les choses à l’intérêt pour les processus. Cet intérêt pour le comment consiste aussi pour l’homme à désormais « faire la nature », comme dans le cas de la physique nucléaire par laquelle nous pouvons faire dans la nature ce que nous croyions précédemment ne pouvoir faire que dans l’histoire.

    L’industrialisation, en tant que mécanisation des processus, s’intègre ainsi dans cette approche qui fait qu’à présent nous vivons dans un monde davantage façonné par l’Homme que par la nature. Il ne s’agit pas pour autant  de réduire l’Homme à ce qu’il fabrique (la fabrication se distingue de l’action en ce sens qu’elle a un commencement et une fin, tandis que l’action s’inscrit dans une chaîne infinie d’évènements) car dans un monde dans lequel l’Homme a atteint un tel degré de maîtrise de ce qui l’environne, sa propre possibilité d’action devient effrayante.

    En amont de la transformation hégélienne de la métaphysique en philosophie de l’histoire, Hobbes, Locke et Hume tentèrent de se débarrasser de la métaphysique au bénéficie d’une philosophie de la politique. L’on fait souvent remonter cette appropriation de l’histoire en tant que dialectique philosophique à Hegel, mais ce serait omettre que Kant adhérait également à une philosophie de l’histoire puisqu’il estimait que si on la considérait de son entier et non comme une accumulation d’évènements, tout prenait son sens, comme si existait une « intention de la nature », inconnue des acteurs mais compréhensibles de leurs suivants, comme si, en fait, les hommes étaient guidés par le « fil conducteur de la raison »[iv].

    Prochain article : qu’est-ce que l’autorité ? 


    [i] Tout peut faire l’objet du doute.

    [ii] Pour Hannah Arendt, la sortie de la religion commence au 17e siècle lorsque des théoriciens politiques commencent à établir que les commandements de la loi naturelle suffissent à faire fonctionner le corps politique indépendamment de Dieu (on retrouve ici la pensée de Jean Bodin). Or, ce recours à la loi naturelle (et non plus la loi divine) pour gouverner est issu de l’hétérogénéité religieuse issu de la Réforme. Quelque part, c’est donc l’ « excès » de religiosité des guerres de religions qui a initié la sortie de la religion.

    Dans cette conception, cette sortie (en fait toute relative) de la religion se fait donc bien davantage par la politique que par les sciences.

    [iii] L’on remarquera que l’explosion des nouvelles technologies tant à nous éloigne de la compréhension du comment pour nous ramener à l’observation du quoi ou du pourquoi. Par exemple, en utilisant les données saisies par les utilisateurs dans son moteur de recherche, Google est désormais plus performant que les instituts médicaux pour anticiper les épidémies de grippe (quoi), mais demeure complètement inutile pour les expliquer (comment).

    [iv] Mais cette espèce d’immanence spinozienne de la Raison n’est-elle pas une autre manière de nommer Dieu ? Si, dans la pratique, dès lors qu’une chose est inintelligible à la raison humaine, on la renomme « ruse de la Raison » pour se convaincre que rien n’échappe à la Raison, n’est-ce pas juste une autre manière de dire qu’il y a quelque Chose de supérieur à l’homme qui gouverne l’univers ? Et ce « quelque Chose », Kant l’appelle Raison, certains athées (Comte-Sponville, Onfray) l’appellent cosmos, les Chrétiens Dieu ? Dès lors, l’athéisme rationaliste n’est-il pas en train de se contenter de renommer Dieu (ou de remplacer une religion par une autre ?) ?

    http://loeildebrutus.over-blog.com/2016/10/hannah-arendt-le-concept-d-histoire.html

  • De Hollande à Juppé : un rappel de la nullité française

    Je n’ai aucune envie de dénoncer le futur succès de ce bon Juppé. Il est comme Hollande, mais pire. Le Français dont je me moquais déjà il y a dix ans, asticot, métro, homo, hétéro, techno, socialo, réglo, rococo, catho, se reconnaîtra dans Bordeaux. On aura les impôts et l’OTAN aux commandos.

    Un gentil lecteur du site gauchiste Agoravox résume la situation. Il écrit le 27 octobre, mieux et surtout plus lucidement que les contributeurs moyens de nos sites anti-système :

    « Les sondages montrent l’état de l’opinion française à quelques nuances près qui font les différences d’un institut à l’autre.

    En les pointant du doigt, on se fait plaisir et l’on se rassure en tentant de se persuader que les dés sont pipés par ceux – le NOM, le Bilderberg, l’Oligarchie, etc. – qui ont intérêt à voir la même politique pérennisée par le prochain locataire de l’Elysée.

    Pourquoi ne pas admettre tout simplement la réalité : à savoir que la majorité des Français, tout en râlant et en vilipendant les élus depuis des décennies, se satisfait grosso modo de la gouvernance pratiquée par les partis de gouvernement ? Si tel n’était pas le cas, c’est vers un 2e tour Le Pen-Mélenchon que l’on irait, ce qui ne sera évidemment pas le cas. 

    Et que l’on ne vienne pas me dire que les Français sont formatés par la télévision comme on l’affirme trop souvent – là aussi pour trouver une explication commode – : l’audience cumulée des grands journaux ne dépasse pas le tiers de la population en âge ou en capacité d’aller voter, et on compte dans cette audience une part importante d’abstentionnistes ou de votants alternatifs, quoi qu’on en dise ! »

    Voilà qui est bien envoyé, et j’avais déjà relevé un lecteur courageux du site les-crises-fr, qui soulignait que les Français s’habitueraient aux attentats. Je concluais dans un édito retentissant (il est même sur wikipédia !) que les Français se laissent tuer parce qu’ils sont déjà morts. Pour ceux qui ne comprennent pas je conseillerai le film Zombi, et pour ceux qui carburent encore à l’anti-américanisme, je rappelle qu’on a une grande rébellion Trump aux USA, à laquelle j’ai rendu hommage dans un livre récent (lien) ; et quand nos sites font dix commentaires, Zerohedge en fait mille, Breitbart dix mille ! Cherchez où est la résistance au système, elle n’est pas en France. Ici les peuples sont anesthésiés fait remarquer l’historien US Payne. N’est pas russe ou américain qui veut !

    Le Français nullissime, on retrouve ce trait chez Rabelais, Molière, Taine, Vallès, Céline. Le Français braille puis collabore. C’est sa nature. C’est un péquenot, un démago, le Français, c’est un bobo, c’est un bourgeois catho. Alors qu’on arrête de le plaindre ou de le pousser à la révolte ce bougre.

    Quant à Juppé, il déplaira avant trois ans, et on revotera socialiste, peut-être même pour Valls revenu de vacances.

    Ma conclusion ? Lisez Virgile, Tolkien, redécouvrez le grec.

    Nicolas Bonnal

    http://www.voxnr.com/6360/de-hollande-a-juppe-un-rappel-de-la-nullite-francaise

  • Conférence : Russie d’hier et d’aujourd’hui, perceptions croisées

    A l'occasion de la parution du livre dirigé par Anne Pinot et Christophe Réveillard, l'institut de la démocratie et de la coopération vous invite à la conférence :

    6a00d83451619c69e201b7c8b16fd6970b-320wi.jpgRussie d’Hier et d’Aujourd’hui:

    perceptions croisées 

    mercredi 23 novembre 2016 à 18h30

    au 63bis rue de Varenne, Paris 7e.  

    Intervenants: 

    Christophe Réveillard,historien et politiste, enseignant-chercheur à l’IEP de Paris et à la Sorbonne, 

    Anne Pinot, docteur en Littérature comparée de l’Université Paris- Sorbonne, 

    Xavier Moreau, chef d’entreprise et géopolitologue, 

    Philippe Conrad, agrégé et professeur d’histoire, directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire.

    La conférence sera présidée par Natalia Narotchnitskaïa, historienne, présidente de l’IDC, ancienne députée à la Douma. 

    Inscriptions: idc@idc-europe.org / 01 40 62 91 00

    Paula Corbulon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Trump à la Maison-Blanche ! Les lendemains commencent à déchanter…

    … pour quelques aigris, imbéciles & manipulateurs.

    Fatalitas ! Le peuple américain a osé : il n’a pas gobé le prurit médiatique des je suis partout de tous poils perfusés à l’or golfique ! Un ancien monde qui s’effondre ? Probablement ! une fichue gueule de bois, en tout cas, pour une clique prévaricatrice qui, certainement, devra rendre des comptes !

    | Q. Dites donc, avec Trump aux commandes ça ne va plus très fort entre Paris et Washington ?

    Jacques Borde. Oui, si vous parlez des tweets de Araud, notre calamiteux ambassadeur près l’ONU, et des sorties, tout aussi peu heureuses, de Hollande et de Jean-Marc Ayrault, il y a un peu d’eau dans le gaz, entre c’est vrai. Mais, ça ne devrait pas durer, la réalité va rapidement rattraper tout ce petit monde. Mais que le locataire de l’Élysée prenne, malgré tout, son mal en patience : rencontrer Hollande (selon des sources concordantes) ne serait pas une priorité pour Donald J. Trump.

    | Q. C’est à ce point ?

    Jacques Borde. Oui, lisez donc à ce sujet le texte d’Hilda Stefanian, Cf. La mauvaise éducation de Hollande : Une Bonne « Trump » à l’américaine !

    En tout cas, François Hollande – a contrario des Premiers israélien (Binyamin Nétanyahu), britannique (Theresa M. May), sud-coréen (Hwang Kyo-ahn) et japonais (Shinzo Abe) – n’a pas été invité à Washington. Paris paye tout simplement là l’incongruité, pour ne pas dire (appelons un chat un chat) la stupidité, de ses postures anti-Trump !

    | Q. Doit-on parler de désamour entre Américains et Français ?

    Jacques Borde. Non absolument pas. Cela n’a rien à voir avec la France mais tout avec l’administration Hollande et elle seule. Et, bien au contraire, la nouvelle équipe aime notre beau pays. Si, par exemple, vous prenez Mme. Sarah Palin – pressentie pour être titulaire du US Department of Homeland Security1, le 2ème ministère d’État derrière le US Department of State, rien que ça –, elle a comparé Marion Maréchal Le Pen à Jeanne d’Arc.

    Alors désamour ? Ça dépend avec qui. Et, quelque part aussi (et là c’est beaucoup plus grave) contre qui…

    | Q. Que voulez-vous dire ?

    Jacques Borde. Que Trump même pas encore investi, la donne commence à changer de manière très palpable :

    1- les forces américaines auraient, d’ores et déjà, reçu l’ordre de traiter Jabhat an-Nusrah li-Ahl ach-Chām2 et Al-Jayš al-Fateh (Armée de la conquête)3 comme des ennemis.
    2- Donald J. Trump, aurait demandé au Pentagone de lui donner dans les 30 jours un plan d’action contre Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)4. Ce que Obama n’a jamais fait en huit ans, et qui parait pourtant évident.

    Il va donc devenir urgent pour nous Français de revoir nos alliances et priorités au Levant, car fricoter avec An-Nusrah et consorts (ou à considérer, comme disait Fabius, que ce groupe-phare du nazislamisme takfirî « fait du bon travail ») va rapidement devenir une position impossible à tenir géostratégiquement.

    Sauf à en payer le prix tôt ou tard, tant nous risquons, à force d’erreurs et d’entêtements, de ne plus être dans le même camp que des puissances comme Washington et Moscou.

    | Q. Passons aux États-Unis : lendemains qui déchantent seulement ? Quid de la pétition qui circule pour pousser le collège électoral à voter pour Hillary Clinton ?

    Jacques Borde. Oui, ça agite pas mal la blogosphère. Et c’est, effectivement, la dernière menace (sic) qu’on trouvé des esprits factieux pour tenter de peser, non seulement sur l’arrivée de Donald J. Trump à la Maison-Blanche, mais sur la démocratie, telle que définie par la Constitution des États-Unis.

    Cela est-il crédible ? Franchement, je n’y crois pas. Relisez donc le papier d’Eber Addad  et vous comprendrez mieux. Et, puis que nous en sommes à citer Eber Addad, il nous dit encore ceci :

    « Il y a une pétition qui circule pour pousser le collège électoral à voter pour Hillary Clinton à la place de Donald Trump. Ça n’a aucune chance de se faire puisque les grands électeurs sont des Républicains qui ont été élus pour remplir ce rôle. Ça n’est jamais arrivé dans l’Histoire mais le cas est prévu et une fois un « grand électeur », peut-être au lendemain d’une beuverie, a décidé de voter pour le vice-président plutôt que le président, çà n’a pas eu d’incidence et le président est passé. Ça a même un nom « faithless delegate », un « délégué sans foi »… Mais supposons que ça arrive cette fois parce que certains Républicains sont opposés à Trump. Les conséquences serait au mieux une crise constitutionnelle grave mais plus probablement une guerre civile qui mettrait le pays à feu et à sang. Ce serait changer les règles du jeu au milieu de la partie. Alors pour ceux qui en caressent l’espoir, vos rêves pervers se transformeraient en un cauchemar tel que ça n’arrivera pas! ».

    Ce d’autant que les chambres sont restées aux Républicains. Et, mieux encore, « … les sénateurs qui se présentaient en étant proches de Trump ont tous gagné, ceux des Républicains qui s’en sont éloigné ont tous perdu ».

    Rêver oui, comme le boboland planétaire qui fantasme désormais autour d’un inaccessible Californexit, plus proche du Californication5 d’Hollywood, pourquoi pas ? Mais les délires psychotiques de certains virant à l’émeute sociale ou raciale, ça commence à bien faire ! Nos Je Suis Partout perfusés à l’or golfique devraient apprendre à la fermer de temps en temps.

    | Q. Et pour ce qui est de la réalité, alors ?

    Jacques Borde. On rentre, peu à peu mais aussi sûrement que 2+2 font 4, dans les usages institutionnels prévus par la Constitution. Déjà, l’opposition démocrate (l’officielle, la vraie, il s’entend) vient de faire savoir, par l’intermédiaire de Nancy Pelosi6 et Bernie Sanders, qu’elle avait la ferme intention de coopérer avec le président élu et son administration.

    Peu à peu, les choses vont rentrer dans l’ordre, n’en déplaise aux agitateurs professionnels (dont la hargne est bien proportionnelle aux largesses de tycoons comme Soros) qui se cramponnent désespérément à ce qui ressemble fort à un délire uchronique masturbatoire et post-soixante-huitard.

    Donc, non, pour conclure sur ce point : ce sont bien une nouvelle administration et une nouvelle doctrine militaires qui vont (ou plutôt, sont déjà en train de l’être) être mise en place outre-Atlantique. Alors, autant que, de ce côté-ci du grand océan, ceux qui conduisent aussi mal nos destinées en prennent acte le plus vite possible.

    | Q. Sinon, comment analyser le fiasco médiatique révélé lors de ces présidentielles US ?

    Jacques Borde. Là, c’est beaucoup simple : nos caniches médiatique (quel que soit le côté de l’Atlantique d’où proviennent leurs cris d’orfraie) sont allés déposer leurs crottes journaleuses là où la laisse de leurs maîtres les conduisait ! Désinformer : il en restera toujours quelque-chose. Sauf que, cette fois-ci, ça a raté. Et pas qu’un peu !

    Et, comme l’a si bien dit, Eber Addad, « Un jour, il faudra bien, s’ils veulent continuer à exister, que les journalistes se rappellent que leur métier est de raconter le monde tel qu’il est, pas comme ils le rêvent, qu’ils doivent décrire les faits et les événements pas ne donner que leur opinion et leur sentiment et qu’avant tout ils se doivent d’être honnêtes et le plus précis possible, ainsi ils pourront mieux informer leurs lecteurs. Cet le plus grand flop médiatique international de toute l’histoire de la presse ».

    Normalement, ce dont nous parle Eber porte un nom qui devrait dire quelque chose à la profession : déontologie ! Mais a-t-il encore un sens pour tous ceux qui noircissent, depuis si longtemps, leurs pages sous influence ?

    Jacques Borde

    Notes

    1 Ou Département de la Sécurité intérieure, créé officiellement le 27 novembre 2002 par le Homeland Security Act (Loi sur la sécurité intérieure, Loi Publique n°107-296) en réponse aux attentats du 11 septembre 2001.
    2 Ou Front pour la victoire du peuple du Levant, ou de manière abrégée Front al-Nosra.
    3 Coalition articulée autour d’an-Nusrah li-Ahl ach-Chām (Front Al-Nosra), le bras armé d’Al-Qaïda en Syrie. Se compose, pour être complet, de : Ahrār ach-Chām (Mouvement islamique des hommes libres du Cham), Jund al-Aqsa (Les soldats de Jérusalem), Liwāʾ al-Haqq, Jayš al-Sunna, Ajnad ach-Chām et de la  Légion de Cham.
    4 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
    5 Assez mauvaise série télévisée, créée par Tom Kapinos.
    6 Chef de file des démocrates à la Chambre des Représentants depuis 2002. Speaker de la Chambre des Représentants du 4 janvier 2007 au 3 janvier 2011,

    http://www.voxnr.com/6161/trump-a-la-maison-blanche-les-lendemains-commencent-a-dechanter-pour-quelques-aigris-imbeciles-manipulateurs