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actualité - Page 4220

  • La nationalité en éternel débat

    Déchoir des Français de naissance de leur nationalité : telle est la mesure la plus controversée du projet de révision de la Constitution présenté par le gouvernement.

    Article publié dans L’Action Française 2000

    Tandis que l’exécutif socialiste est accusé d’empiéter sur les plates-bandes du Front national, l’opposition peine à faire entendre sa voix. Ainsi Nathalie Kosciusko-Morizet s’essaie-t-elle à défendre « la cohésion nationale » : « la France se divise sur la déchéance de nationalité », regrette-t-elle sur son blog. 85 % de nos compatriotes seraient pourtant favorables à la révision de la Constitution proposée par le gouvernement, selon un sondage Opinionway pour Le Figaro... Aussi cette question agite-t-elle surtout le pays légal ! L’enjeu apparaît d’autant plus symbolique que bien des dispositions permettent d’ores et déjà de déchoir un Français de sa nationalité.

    Nationalité mal acquise

    Hervé Mariton, quant à lui, appelle à débattre non pas de la déchéance, mais des conditions d’attribution de la nationalité. Selon lui, « le principe directeur doit être le droit du sang, naturellement enrichi par la vie » – autrement dit, par « la naturalisation ». « Aussi horribles que soient les actes commis par les enfants de France, je souhaite une nationalité qui soit irréfragable, irréversible », a-t-il expliqué au micro de France Inter. « Je souhaite que cette nationalité ne soit pas supposée mal acquise, qu’elle ne soit pas fragile pour les uns, moins fragile pour d’autres », a-t-il poursuivi.

    Implicitement, le député de la Drôme semble récuser toute conception contractualiste de la nation. Une conception que nourrit, à certains égards, le projet de loi présenté par le gouvernement. Cela n’a pas échappé à Manuel Valls : accusé de trahir la gauche, le Premier ministre prétend au contraire la servir en défendant une « conception historique ouverte de la nation française, fondée sur l’adhésion à l’idéal républicain et sur la volonté commune de vivre-ensemble ». À l’inverse, s’exprimant sur Facebook, il a rejeté l’idée de « fonder la nationalité [...] sur ce qui par nature ne peut jamais être révoqué ». [....]

    La suite sur le Journal d’un eurosceptique désabusé

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?La-nationalite-en-eternel-debat

  • Police politique : acte de naissance

    Source : Boulevard Voltaire

    Il y a des élus suffisamment tordus pour avoir pensé qu’une mesure de pure police politique pouvait passer dans notre « patrie des droits de l’homme ».

    « Les députés dont les noms suivent, ainsi que les membres du groupe socialiste, républicain et citoyen, sont heureux de vous faire part de la naissance officielle de la police politique en France. »
    Jusqu’à présent, je pensais que les dispositifs sécuritaires pris, en urgence, par le gouvernement ne visaient que les gens douteux, ceux qui savent qu’ils ont quelque chose à se reprocher, terroristes ou pas, ceux qui tripotent un peu trop la loi à leur profit, bref, les « méchants », comme on dit dans les westerns. Je nous voyais, nous les gens normaux et limpides, hors-jeu de cet état d’urgence.
    Eh bien, j’avais tort. Je suis dans le collimateur ! En plein dedans !

    Dans le cadre du fumeux projet de loi pour une « République numérique », les socialistes viennent de glisser l’amendement n° CL387. Il y est question des « hoax » – vous savez, ces messages que vous recevez par dizaines et qui présentent une information qu’en toute bonne foi on peut croire vraie alors qu’elle ne l’est pas. Selon les socialistes, « ces canulars informatiques revêtent un caractère de particulière gravité lorsqu’ils visent à diffuser, à grande échelle, une information erronée sur le contenu d’une politique publique ».
    Sanction pour le petit rigolo qui aura fait partager la nouvelle à son carnet d’adresses : 135.000 euros d’amende.
    Et voilà ! Le tour est joué. On est tous fliqués. Dès lors, toute critique d’une politique gouvernementale, diffusée par Internet à ses copains, est punissable. Et, dans le doute, on préférera s’abstenir de faire suivre une information plutôt que de risquer la colossale amende. C’est cela, la police politique.

    Questions ? Qu’est-ce qu’une « information erronée » ? Doit-elle être complètement erronée ? Un peu, beaucoup, sur les bords ? Qu’est-ce que le « contenu d’une politique publique » ? Le gouvernement s’occupe-t-il d’autre chose que de mettre en œuvre une politique publique ?
    Donc, il est désormais interdit de « parler politique » sur Internet. Qu’est-ce qu’une diffusion « à grande échelle » ? À partir de combien de destinataires sort-on la grande échelle ? Dix ? Vingt-huit ? Cent trente ? Qui va juger de tous ces critères ? Le gouvernement ? Exemple concret : « Je promets d’inverser la courbe du chômage. » Est-ce une information erronée sur le contenu d’une politique publique, diffusée à grande échelle, et donc passible d’amende lourde ?
    Alors, avant de faire suivre une info, branchez-vous sur « Hoaxbuster », « Hoaxkiller » ou « Hoax-ce-que-vous-voulez », tournez sept fois votre doigt sur la touche « Envoyer » avant d’appuyer. Ce geste, jusqu’alors anodin, peut vous coûter extrêmement cher.

    Sur le site de l’Assemblée nationale, face à cet amendement discuté il y a deux jours, figure la mention « Retiré ». Peut-être ? Impossible de savoir.
    Il n’empêche qu’il y a des élus suffisamment tordus pour avoir pensé qu’une mesure de pure police politique pouvait passer dans notre beau pays « patrie des droits de l’homme ».
    Cela fait froid dans le dos.

    Yannik Chauvin

    http://fr.novopress.info/

  • Xavier Raufer : « Ces gens-là nous ont désarmé moralement »

    Xavier Raufer, docteur en géographie est enseignant et conseiller de plusieurs hommes politiques. Il est unanimement reconnu comme l’un des meilleurs experts du terrorisme international.

    Monde et Vie : Le Président de la République nous a décrétés en guerre avec l'État islamique. Mais que sait-on de l'État islamique ?

    Xavier Raufer : Il y a un principe qui n'est pas nouveau, qui est connu depuis l'origine de la civilisation européenne, depuis la Grèce antique, c'est : Connais ton ennemi. C'est un principe fondamental que ce soit dans la pensée stratégique chinoise (Sun Tse) ou dans la plus ancienne pensée grecque de la guerre. J'observe que depuis l'émergence en 2013 de l'État islamique, on nous bassine sur ce que cette entité fait mais on ne nous dit pas ce qu'elle est. Alors que c'est le point fondamental pour avancer vers la compréhension des deux grands problèmes actuels: le terrorisme au Moyen-Orient et la question des migrants. Beaucoup fuient ou disent fuir l'État islamique. Bien sûr il y a beaucoup de réfugiés économiques qui veulent selon les mots de la bienséance « avoir une vie meilleure » mais ils disent fuir les coupeurs de têtes et c'est l'État islamique qui coupe les têtes. Il y a à la fois un problème sécuritaire et un problème d'invasion.

    Il faut mesurer la singularité de l'Etat islamique, rien à voir avec d'autres entités de guérilla, d'autres groupes armés. En deux minutes je peux vous expliquer ce qu'est le Hezbollah. Je ne le peux pas avec l'État islamique. Et je ne suis pas le seul. Le Président de la République comme Barack Obama ne le savent pas. Or, le meilleur moyen de perdre une guerre est de ne pas connaître son ennemi.

    Je vous donne un exemple : il existe une étude sur les 50 plus hauts membres de l'État islamique. Il n'y pas d'islamistes parmi eux. Il y a des clowns, des leurres comme al-Baghdadi.

    Les autres sont des anciens officiers de l'armée de Saddam Hussein. Quand on étudie le résultat des écoutes sur la transmission des ordres, sur les lignes de commandements, Al-Baghdadi ne joue aucun rôle. La totalité du commandement est dans les mains des anciens officiers de Saddam. Ils ont eu une vie avant l'État islamique. Ils n'étaient pas spécialement religieux (cela aurait été mal vu), ils buvaient de l'alcool, leurs femmes n'étaient pas voilées. On nous dit : ce sont les méchants, mais leur réalité est beaucoup plus trouble que cela.

    Pourquoi ont-ils attaqué la France et pas un autre pays membre de la coalition ?

    Les gens qui sont dans l'illicite comme les criminels ou les terroristes agissent selon un principe immuable qui est l'effet de déplacement. Quand c'est trop dur à un endroit on va ailleurs. Dans cette optique la France a dû leur apparaître comme un ventre mou que l'on pouvait frapper.

    Maintenant que l'enquête commence à avancer, pouvons-nous retracer la somme d'erreurs d'analyse qui ont facilité l'action des terroristes ?

    Le 18 novembre devant les maires de France, le Président de la République a fait ce qu'il fallait faire : il a nommé l'ennemi. Quand le médecin pose un diagnostic, il nomme la maladie ; quand on découvre une comète, on lui donne un nom. Le fait de nommer fait exister. C'est le premier cours de science politique, la première heure de la première année : est souverain celui qui désigne l'ennemi. Le problème c'est que c'était le 7 janvier qu'il fallait le dire et pas le 15 novembre. Mais il y a eu un tel déferlement de « pas d'amalgame », une telle débauche de « vivre ensemble ». La bienséance a mis en place un dispositif d'aveuglement collectif. Ils nous ont désarmés moralement.

    Le Premier ministre nous dit qu'il va falloir s'habituer à la menace islamiste. Quels chantiers de réflexion sont encore devant nous ?

    Je ne veux pas entendre parler du fait que cela va durer, qu'il faut s'habituer. Rappelez-vous des groupes d'Abou Nidal, cette branche dissidente du mouvement palestinien, disparue après la guerre froide intitulée « Fatah conseil révolutionnaire ». Ils avaient commis des attentats contre nous, préparés depuis un camp retranché, dans le désert de Libye. Le Service action est descendu dans leur désert, 50 des leurs ont été exterminés et ils ne sont pas revenus chez nous. Il faut savoir porter la guerre sur le terrain de l'ennemi.

    Actuellement les bombardements sont de la communication, ils n'ont pas d'intérêt. Prenez un exemple. Il y a un mois, l'État islamique a eu un problème de trésorerie le poussant à réduire la solde de ses mercenaires de 300 à 100 dollars. Parmi eux il y a eu immédiatement 200 à 300 désertions vers Jabat-al Nosra qui reçoit encore l'argent de l'Arabie Saoudite. Ils sont comme les grandes compagnies de mercenaires du Moyen Âge et de la Renaissance. J'aimerai bien savoir qui nous bombardons car d'une semaine à l'autre les mêmes hommes, avec les mêmes barbes et les mêmes kalachnikovs sont chez les "méchants" et ensuite, selon les critères de M. Fabius, chez les "gentils".

    Il faut anticiper les menaces au lieu de courir derrière. C'est bien de trouver des appartements conspiratifs ou des fourgonnettes pleine de kalachnikovs mais c'est mieux de le faire avant qu'il y ait 130 morts. Dotons-nous des instruments pour arriver à ce résultat. On rougit d'avoir à formuler ce type d'évidence mais ceux qui nous gouvernent sont tellement K.O. qu'il faut bien les leur rappeler.

    Propos recueillis par André Ringwald monde&vie  23 novembre 2015

  • Ils révèlent l’arnaque des cartouches d’encre soi-disant vides

    « Une petite imprimerie a fait une étonnante découverte en ouvrant les cartouches usagées de leur imprimante EPSON. Celles-ci contenaient des grosses quantités d’encre alors que l’imprimante demandait leur remplacement… Histoire d’une obsolescence démontrée.

    En Europe, près de 200 millions de cartouches sont utilisées et jetées chaque année. Une manne de 60.000 tonnes de déchets dont on se passerait bien. La rumeur court depuis plusieurs années, les fabricants d’imprimantes utiliseraient diverses techniques pour encourager le remplacement précoce des cartouches. En effet, face aux prix des imprimantes qui ne cessent de baisser, le commerce des cartouches est de loin le plus juteux pour les marques. Et il y a de quoi ! Une cartouche domestique de couleur noire contient en moyenne entre 6 et 15 millilitres d’encre (parfois plus) pour un coût allant de 10 à 15 euros. Ceci équivaut à plus de 1000 euros le litre d’encre. De « l’or liquide » qu’il conviendrait, en principe, d’utiliser jusqu’à la dernière goutte.

    Jusqu’à 23% de gaspillage

    Comme l’indique le site pixelistes.com, c’est « un pavé dans la mare du « lobby » des fabricants d’imprimantes » que vient d’envoyer Seattle Bellevue Fine, une petite société spécialisée dans l’impression. Ceux-ci utilisent régulièrement une imprimante professionnelle de type Epson 9900 et le « budget encre » leur est particulièrement élevé. D’une contenance de 350 millilitres, elle coûtent 150 euros chacune. Comme toute imprimante, une alerte se déclenche automatiquement quand l’imprimante juge que le niveau d’encre est critique. Il devient alors impossible d’imprimer tant que les cartouches ne sont pas remplacées.

    Les membres de Bellevue Fine ont ainsi décidé de démonter les cartouches pour en extraite le précieux liquide et la surprise va être à la hauteur de leurs espérances. Chaque cartouche contenait entre 60 et 80 millilitres d’encre, soit entre 17 et 23% du contenant. Bien loin des 1% indiqué par l’appareil.

    Sur l’ensemble de la gamme de couleurs, l’entreprise va récupérer près d’un litre d’encre. Epson n’ayant jamais donné suite aux réclamations de l’entreprise, ceux-ci ont décidé de publier leur découverte dans une vidéo publiée sur Youtube.

    Un phénomène déjà connu mais ignoré

    Déjà en 2008, le fameux magazine informatique PC World avait révélé cette « arnaque » courante réalisée par les grandes marques de l’impression. À l’époque, les tests avaient démontré que certaines imprimantes poussaient à changer une cartouche alors qu’elle contenait jusqu’à 45% du contenu initial. Paradoxalement, EPSON s’en sortait plutôt bien avec 8% d’encre restante contre 24% chez Canon et 43% chez Kodak (cartouches originales).

    En pratique, le phénomène est considéré comme une forme d’obsolescence profitant de la naïveté du consommateur tout en laissant les marques prétexter des spécificités techniques (qualité d’impression) pour se justifier. Rappelons que dans le documentaire Prêt à jeter, réalisé par Cosima Dannoritzer en 2010 et diffusé sur Arte, on découvrait qu’une imprimante, également de marque EPSON, était soupçonnée de porter une puce limitant le fonctionnement de l’appareil à 18 000 impressions pour inciter l’utilisateur à la remplacer.

    Au delà de ce gaspillage manifeste, il faut savoir que les cartouches d’encre usagées font partie de la famille des Déchets Industriels Spéciaux (DIS). En effet, elles contiennent des composants très toxiques pour l’environnement dont de l’aluminium, des plastiques non-biodégradables, de l’oxyde de fer, et l’encre elle-même. Par ailleurs, les tambour photoconducteur peuvent contenir de l’arsenic et du nitrate d’argent. Si la filière du recyclage des cartouches d’encre s’est largement développée ses dernières années, ainsi que les systèmes de cartouches rechargeables à volonté, on est encore très loin d’une solution soutenable en matière d’impression domestique.

    Une seule question, le « bad buzz » généré par les révélations de cette entreprise vont-elles faire réagir les industriels de l’impression ? Tout dépendra probablement de l’ampleur des partages. »

    Source mrmondialisation

    http://www.contre-info.com/ils-revelent-larnaque-des-cartouches-dencre-soi-disant-vides#more-40637

  • Les Français font confiance à l'armée, pas aux medias et aux politiques

    Ah les sondages...

    "Sur les institutions, les Français accordent leur confiance avant tout dans celles qui incarnent l'autorité comme l'armée (81%, +5) et la police (75%, +6). En bas de la liste se trouvent toujours les banques (29%, -3), les syndicats (27%, identique), les médias (24%, -1) et les partis politiques (12%, +3). Plus des deux-tiers des Français (67%,-6) continuent de penser que la démocratie fonctionne mal.

    L'image des hommes politiques reste toujours aussi dégradée: 81% des Français ont des sentiments négatifs à leur égard et 88% (-1) jugent qu'ils ne se préoccupent pas de leur avis".

    Mais bon sondage ou pas sondage, cette dernière assertion est devenue un lieu commun sorti de toutes les bouches et entendue sur toutes les places de France : les politiques roulent pour leur propre carrière dans un appareil construit à la mesure de leur ego et de leurs ambitions personnelles.

    Lahire

  • Opérations Sentinelle (France) et Barkhane (Mali) : l'ennemi s'adapte et nous contourne. Et nos armées?

    Analyse de Jean-Dominique Merchet commentée ici : 

    "La ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, a été le théâtre dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 janvier d’un attentat terroriste qui a fait au moins 26 morts et 33 blessés. A la manœuvre: le groupe Mourabitoune de Mokhtar Belmokhatar, proche d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique). Une attaque qui illustre, selon Jean-Dominique Merchet, journaliste à L'Opinion,l’incapacité de l’armée française sur place à lutter contre des groupes armés qui contournent les défenses françaises, frappant toujours là où l’on ne s’y attend pas. Un peu comme en 1940 les troupes allemandes ont  contourné la Ligne Maginot en passant par  les Ardennes, les forces françaises sont victimes du«syndrome de la ligne Maginot», avance le blogueur (...)

    Une preuve pour  Jean-Dominique Merchet que Barkhane, l’opération militaire française au Sahel qui coûte 700 millions par an, «a une nouvelle fois été contournée par son principal ennemi»:

    «L’ennemi évolue, s’adapte et conserve l’initiative. Il parvient à contourner les 4 000 hommes de l’opération Barkhane et leur quarantaine d’aéronefs divers. Il vient frapper au cœur de la capitale burkinabé, à quelques encablures du PC de l’opération Sabre - c’est-à-dire des forces spéciales françaises (près de 400 hommes) engagées au Sahel. (...) Comme Sentinelle sur le territoire national, Barkhane est victime du syndrome de la ligne Maginot. Ces opérations empêchent l’ennemi de passer là où l’on a décidé qu’il ne passerait pas, mais il n’en a cure et prend un autre chemin.»

    Pour le blogueur, le bilan de Barkhane, qui a abouti à la neutralisation d’une quarantaine de combattants, est trop faible. «Les discours d’autosatisfaction (...) ne sont plus à la hauteur de la situation militaire à laquelle nos armées font face. Trois ans après la guerre victorieuse au Mali, l’ennemi s’est adapté : toute la question est désormais de savoir comment nous allons nous adapter à son adaptation».

    Lahire

  • Vidéo : des journalistes de France 3 découvrent les « zones de non-droit » en Belgique

    « Arrête de filmer, rentre à la maison ! » Des journalistes de France 3 et de la chaîne belge RTL Info ont été agressés, vendredi 15 janvier dans la matinée, alors qu’ils réalisaient un reportage à Molenbeek, près de Bruxelles (Belgique). Les reporters se trouvaient devant le domicile de Chakib Akrouh, le jihadiste qui s’est fait exploser pendant l’assaut à Saint-Denis quelques jours après les attentats du 13 novembre et que le parquet de Paris a identifié, jeudi.

    « On avait décidé de se rendre au domicile familial, dans une petite cité à l’intérieur de Molenbeek. On a fait une rapide enquête de voisinage, mais personne ne souhaitait parler », raconte Pascal Verdeau, journaliste à France 3.
    En remontant vers la voiture, lui et son caméraman, Tahar Nasri, croisent une équipe de RTL info qu’ils mettent en garde en raison de la tension ambiante. « On était en train de monter dans le véhicule quand le confrère de RTL a sonné à la porte de la famille », raconte le journaliste.

    Le caméraman de France 3 pris à la gorge

    « A ce moment-là, trois hommes sont descendus, dont le frère de Chakib Akrouh. J’ai entendu des cris alors je suis sorti de la voiture et mon caméraman a pris sa caméra », raconte Pascal Verdeau. La suite est filmée par les caméramans de France 3 et de RTL, selon deux angles différents.

    Dans la vidéo mise en ligne par RTL, on entend le frère de Chakib Akrouh agresser verbalement les reporters, en leur demandant de partir : « Mon frère, il est mort. Casse-toi ! J’ai pas d’informations. » Les journalistes tentent de le calmer. Sur les images de France 3, on voit un homme, sans doute un proche de Akrouh, frapper un journaliste de RTL, puis s’en prendre physiquement à celui de France 3.

    Ça a été très violent et très soudain. On ne l’a même pas vu arriver. Le type, visiblement rompu aux arts martiaux, a fait tomber mon caméraman et l’a attrapé par le cou alors qu’il était au sol. J’ai réussi à parer un coup de poing dit Pascal Verdeau

    Un troisième proche a tenté de calmer les deux autres, sans succès. « Mon sentiment est qu’on était dans une zone de non-droit », analyse Pascal Verdeau. Son JRI a porté plainte après cette agression. De son côté, la rédaction de RTL fait part « de sa profonde indignation » dans un communiqué, rapporte Le Soir.

    Source : Francetvinfo

    http://www.contre-info.com/video-des-journalistes-de-france-3-decouvrent-les-zones-de-non-droit-en-belgique#more-40632

  • France : vers une dictature ultra-libérale communautaire à l’américaine ?

    Depuis 2005, quand la quasi-totalité de la caste médiatico-politique s’est essuyé les pieds sur le vote populaire majoritaire, on s’achemine vers une dictature ultra-libérale communautaire à l’américaine.
    Elle se partage le pouvoir en alternance depuis que l’ex-PCF anti-immigrationiste s’est rallié au libéralisme et que le FN n’est pas encore assez puissant pour y faire barrage.
    Tout le monde comprend que c’est le patronat qui exige l’immigration de masse pour écraser les salaires, mais aussi un flux sans fin, car il faut mettre en concurrence les derniers arrivés des migrants, prêts à tout accepter et subir et moins exigeants que ceux qui les ont précédés.
    Profitant d’une forte population de culture islamique en France, une minorité salafiste, issue d’un islam rigoriste et soudoyée par les pays du Golfe, a trouvé un terreau favorable au recrutement et à la fabrication d’une armée de fanatiques religieux, dans la foule d’inadaptés mécontents de leur sort qui végètent de façon endémique au sein de communautés réfractaires à notre mode de vie.
    Pourtant, l’ennemi, ce n’est pas l’islam, y compris salafiste, mais la tête pensante qui achète le personnel politique promoteur de l’immigration, manipulateur et fournisseur d’armes aux terroristes. Fabius n’a-t-il pas déclaré cyniquement qu’Al-Qaïda a fait du bon boulot en Syrie et n’a-t-on pas vu l’homme de main de l’oligarchie américaine McCain sur une photo visible sur la Toile, en compagnie du chef de Daech, Abdelhakim Belhadj ?
    Le caractère artificiel de cette thèse apparaît dans les frasques de prétendus islamistes, ex-habitués des bordels et des beuveries, fraîchement « convertis » à la foi et à l’abstinence, qui se sont lâchés en Allemagne, enhardis par une culture de l’impunité accordée aux « ilotes » du système complice objectif du patronat, des politiciens achetés et soutenus par la plèbe des idiots utiles du capital financier.
    Il faut exiger l’arrêt total de l’immigration rejetée par 70 % des Français, fer de lance du patronat dans sa lutte de classe contre les salariés, qui doivent se mobiliser contre le pouvoir à la botte des multinationales. Rompons avec l’impasse de l’alternance entre les immigrationistes achetés de gauche et de droite à la botte du patronat français qui tire les ficelles.
    La classe ouvrière, qui a perdu son indépendance politique, peut la regagner en investissant les organisations prônant la triple sortie et les pousser à passer des alliances électorales avec le FN en le prenant au mot, sur la base minimale de la triple sortie (euro, Union européenne, OTAN) pour rétablir la politique du CNR, charte progressiste unitaire qui a fait ses preuves.
    Mao et Staline ont bien conclu des accords tactiques avec leurs pires ennemis Tchang Kaï-chek et Hitler, l’un pour vaincre les Japonais et l’autre pour diviser les bellicistes européens antisoviétiques !

    Robert Politzer Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVFpEyAApVUiHJOMH.shtml

  • L’UE à rebours de ses principes ?

    La démocratie, la liberté et la subsidiarité sont des principes essentiels de la construction européenne. Cependant l’UE s’est récemment considérablement écartée de ces lignes de force. Et cela continue de produire des effets. Le Recteur Gérard-François Dumont tire la sonnette d’alarme.

    LES traités de l’Union européenne, complétés par d’autres traités ratifiés par les pays membres de l’UE, énoncent clairement plusieurs principes. Parmi ces derniers, trois, issus de la longue histoire de l’identité de l’Europe [1], apparaissent essentiels : la démocratie, la liberté et la subsidiarité. Or l’Union européenne s’est considérablement écartée des ces trois principes au cours de l’année 2015 et cela va continuer à produire des effets dans le futur. Considérons successivement la démocratie et l’autonomie locales bafouées (I), la liberté et le respect des droits de l’homme oubliés (II) et la subsidiarité non respectée (III).

    Lire la suite

  • L’autre Europe : un entretien sur l’Intermarium (entretien avec Tomasz Szczepanski)

    Tomasz Szczepanski (anme le blogue Barnim Regalica) est né en 1964 à Szczecin (Pologne). Il est historien (doctorat en Lettres), écrivain, essayiste, et activiste et le défenseur du Zadruga(nationalisme païen polonais) et de la foi slave indigène.

    Il a été un activiste anti-communiste depuis 1984, un membre du Parti socialiste polonaisillégal, et membre de la Confédération de la Pologne indépendante depuis 1987. De 1987 à  1989, il a dirigé le bulletin clandestin Intermarium.

    Après l’effondrement du communisme il devint un opposant de l’establishment démocratico-libéral. Il a été un organisateur et a participé à de nombreuses manifestations patriotiques et nationalistes, anticommunistes et anti-Système. Il a enseigné l’histoire pendant onze ans et est actuellement employé du Musée de l’Armée Polonaise à Varsovie.

    Tomasz Szczepanski a défendu l’idée de l’Intermarium et a travaillé pour sa réalisation depuis les années 1980. Il est le fondateur et le dirigeant de l’Association pour la Tradition et la  Culture « Niklot » (active depuis 1998) et du trimestriel métapolitique Tryglaw.

    Jaroslaw Ostrogniew : Quels sont les fondements théoriques et les origines du projetIntermarium ?

    Tomasz Szczepanski : Le fondement du projet Intermarium est le but de créer en Europe de l’Est (ou Europe du Centre-Est), comprise comme la région entre la Russie et l’Allemagne, un pôle de puissance capable de contrebalancer la puissance de ces deux voisins. Le but de créer un tel pôle est de sécuriser la région contre les tentatives impériales de la Russie et de l’Allemagne et de créer les conditions pour un libre développement des nations de la région.

    Les pays de la région sont souvent divisés en deux sous-régions, les montagnes des Carpates étant la ligne-frontière : l’Intermarium Baltique – Mer Noire (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Biélorussie, Ukraine) proprement dite, et le segment Danube – Balkans. Les deux sous-régions sont collectivement appelées la « Région ABC » d’après les noms Adriatique, Baltique, et Mer Noire (Czarne dans les langues slaves).

    En plus des facteurs géographique, économique et culturel, l’élément fondamental créant l’unité dans la région est le fait que celle-ci a été et est toujours un objet d’expansion constante de la part de la Russie et de l’Allemagne, et historiquement aussi de la Suède et de la Turquie. Et les élites politiques – et probablement de grandes parties, ou même la grande majorité – des nations russe et allemande voient l’expansion dans cette région comme légitime, et la preuve est donnée par leurs doctrines géopolitiques : « Mitteleuropa », « Lebensraum », la « doctrine Brejnev », et l’« étranger proche ».

    Les tentatives pour réaliser le projet Intermarium après 1918 furent liées à deux vagues de démocratisation en Europe centrale (1918 – 1921 et 1989 – 1991), d’où l’association commune de ce concept avec l’idée d’exporter le modèle de l’État démocratique à l’Est. Ce n’est pas [assez] précis. Cela s’est passé de cette manière, mais cela ne doit pas forcément se passer de cette manière, puisque le but du projet Intermarium est l’indépendance, et que la démocratie est une question secondaire. Nous pouvons imaginer, par exemple, qu’un candidat démocratique opposé à Alexandre Loukachenko en Biélorussie pourrait être simultanément un agent pro-Moscou, et dans ce cas, les partisans de l’Intermariumsoutiendraient Loukachenko comme le candidat assurant – dans son propre intérêt – la séparation de la Biélorussie d’avec la Russie.

    L’Intermarium devrait aussi être considéré comme une expression politique de la différence culturelle de l’Europe centrale (de l’Est) vis-à-vis de ses deux voisins. Bien que politiquement ce soit un projet s’opposant à l’impérialisme principalement russe, culturellement c’est plutôt un projet anti-occidentaliste.

    Je ne suis pas d’accord avec la thèse selon laquelle cette région serait une transition entre l’Est (l’Eurasie) et l’Ouest, puisque cette perspective considère que le principal trait de la région est simplement l’« atténuation » des traits occidentaux. Donc la singularité de l’Intermarium serait constituée seulement par l’absence de traits propres. Penchons-nous sur ce qui est culturellement unique dans cette région. Premièrement, il existe un puissant élément agrarien dans les cultures nationales de la région. Presque toutes ces nations ont reconstruit leurs élites après une longue période de temps sur la base de la paysannerie, ou dans le cas des Polonais et des Hongrois, et partiellement des Roumains, leurs élites sont formées d’une noblesse liée à la culture rurale. Cependant, dans toutes ces nations, la bourgeoisie locale était faible, étant formée principalement d’éléments ethniquement étrangers. Donc, sauf pour les Tchèques, les traits culturels bourgeois sont très faibles dans les nations de cette région.

    Deuxièmement, c’est l’Europe slave. Les exemples des pays baltes, de la Hongrie et de la Roumanie ne s’opposent à ce fait qu’en apparence. Leur forte connexion avec les cultures slaves, ainsi que l’absorption d’éléments slaves par les ethnos hongrois et roumain au cours de leur développement, sont bien connues.

    Troisièmement, pendant le XXe siècle, tous les pays de la région furent soumis au communisme – l’expérience sociale la plus destructrice connue dans l’histoire humaine – et cela a unifié l’expérience sociale de ces nations, permettant une compréhension commune entre elles.

    Et finalement, le concept de nation compris dans les catégories ethniques (anthropologiques) domine toute la région, contrairement à l’Europe occidentale, où le simple nationalisme civique est plus commun. Un membre de la nation est une personne qui est reliée à la nation par l’origine, la langue, et la culture commune (souvent aussi par la religion); la citoyenneté joue un rôle beaucoup plus mineur.

    Jaroslaw Ostrogniew : Comment l’idée d’Intermarium s’est-elle développée en Pologne et en Europe ?

    Tomasz Szczepanski : Bien qu’il y eut des précédents historiques, le projet Intermarium fut introduit pour la première fois comme une partie de l’idéologie de l’État polonais par le chef d’État Jozef Pilsudski en 1918 – 1922.

    Il est communément identifié au fédéralisme polonais, ce qui n’est pas complètement exact. Le fédéralisme polonais visait à créer un État fédéral commun avec tous les pays du Commonwealth polono-lituanien, et l’idée d’Intermarium vise à créer une alliance d’États indépendants.

    Le traité de paix de Riga entre la Seconde République polonaise et l’URSS en 1921 signifiait la reconnaissance de l’impossibilité politique de ce concept – pas un abandon complet, puisqu’il demeura dans la pensée politique et dans les pratiques semi-non-officielles de certaines institutions de la Seconde République polonaise. L’armée polonaise, durant les préparatifs pour une guerre contre l’URSS, créa les dénommés « officiers par contrat » : c’étaient des militaires venant des nations conquises par l’URSS, qui n’étaient pas des citoyens polonais, mais qui servaient sous termes d’un contrat. Il était prévu qu’en cas de guerre contre l’URSS, les soldats de l’Armée Rouge qui seraient prêts à combattre contre le bolchevisme contacteraient des unités de l’armée polonaise. Le commandement d’unités de l’armée formées de tels soldats (qui pourraient former le noyau de futures armées alliées) serait confié à ces officiers par contrat. Du fait de leur nationalité et de leur non-citoyenneté polonaise, ils seraient considérés comme plus crédibles. Des périodiques d’émigrés venant d’URSS furent aussi soutenus, non seulement pour les nations de l’Intermarium, mais aussi pour les peuples du Caucase, de l’Oural, et même pour les Kalmouks. Bien sûr, les services de renseignement polonais coopéraient avec les organisations indépendantistes parmi ces nations.

    Le concept d’Intermarium fut repris par la jeune génération des conservateurs polonais pendant la période de l’Entre-deux-guerres. Nous associons souvent l’idée d’Intermarium au camp politique de Pilsudski, et bien que cette association soit vraie, il faut remarquer que le camp politique nationaliste polonais a aussi adopté ce concept, avec l’une des versions élaborées par Adam Doboszynski. 

    Cependant, il faut souligner que jusqu’en 1939, l’Intermarium fut marginal par rapport au courant politique polonais majoritaire, qui visait plutôt à défendre le statu quo de Versailles. Après le début de la Seconde Guerre mondiale, cependant, divers concepts d’une fédération d’Europe centrale eurent de nombreux partisans influents parmi les émigrés polonais.

    Le projet a été réanimé dans la pensée politique en Pologne avec la fondation de la Confédération de la Pologne indépendante (Konfederacja Polski Niepodleglej – KPN, le premier parti politique d’opposition depuis l’interdiction du Parti du peuple polonais en 1947 par les communistes). Le KPN revint au mouvement pro-indépendance de Pilsudski, donc il ne pouvait pas rester indifférent à sa pensée géopolitique. Après 1980, quand l’effondrement de l’URSS et du « camp socialiste » dans son ensemble apparut de plus en plus inévitable, certains des autres milieux d’opposition commencèrent à parler plus ou moins ouvertement du projet Intermarium. Il faut néanmoins souligner que ce programme ne fut adopté que par une minorité de l’opposition. 

    En juillet 1994, une Ligue des partis des pays de l’Intermarium fut proclamée à Kiev. La Ligue était composée de partis pro-indépendance de six pays (Biélorussie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Pologne, et Ukraine). La Confédération de la Pologne indépendante, le Mouvement de la Troisième République, et le petit Parti républicain polonais – Troisième Pouvoir représentaient la Pologne dans la Ligue. Des congrès de la Ligue eurent lieu en 1995 (Jaroslaw nad Sanem, Pologne), 1996 (Minsk, Biélorussie) et 1997 (Kiev, Ukraine). Il y eut aussi une tentative de créer un bulletin commun, dont deux numéros furent publiés. Cette initiative se termina à la fin des années 1990, en résultat des changements politiques dans les pays impliqués – incluant la marginalisation des principaux défenseurs du projet.

    Il faut remarquer que certaines initiatives sociales non-politiques, en abordant les questions de l’Europe Centrale, se sont référées à cette idée. Ces initiatives échouèrent généralement après quelques années, à cause de l’absence d’un soutien de l’État et de l’incapacité à trouver d’autres sponsors.

    Bien que l’idée d’Intermarium ait été promue par des milieux qui n’ont jamais exercé un véritable pouvoir d’État, il faut néanmoins souligner que certaines des politiques officielles de la Troisième République polonaise (en 1989 – 2004) peuvent être considérées comme des références plus ou moins directes à cette idée. Je considère l’Initiative centre-européenne (Hexagonale) et l’Accord de libre échange centre-européencomme des exemples de cela. Le Groupe de Visegrad en est aussi un exemple dans une moindre mesure – principalement du fait de son potentiel limité et du but déclaré du groupe, qui est le soutien des pays du groupe sur le chemin de l’adhésion à l’Union européenne, donc la coopération de facto à liquider la souveraineté de la région. Cependant, la politique polonaise après l’effondrement du communisme visait essentiellement à intégrer les principales structures du monde occidental, c’est-à-dire l’OTAN et l’Union européenne. Toutes les alternatives à ce but – et l’Intermarium est une telle alternative, particulièrement vis-à-vis de l’Union européenne – furent fondamentalement rejetées par l’establishment. Si certains éléments du projet furent utilisés, ce fut plutôt comme un moyen de réaliser l’idée d’occidentalisation de l’Europe centrale et orientale. Après l’entrée de la Troisième République polonaise dans l’Union européenne, des éléments du programme de l’Intermarium apparurent dans la politique du président Lech Kaczynski. 

    Cependant, la réalisation du projet Intermarium semble toujours être la manière la plus efficace d’assurer l’indépendance de la Pologne.

    Jaroslaw Ostrogniew : Quelles possibilités et quels obstacles à la réalisation du projetIntermarium voyez-vous ?

    Tomasz Szczepanski : L’entrée de la plupart des pays de la région dans l’Union européenne a fondamentalement défait la possibilité de réaliser ce projet dans le futur concevable. Bien que nous devons nous souvenir que cela n’interdit pas la création d’un bloc régional à l’intérieur de l’Union; il existe encore des cadres institutionnels permettant une coopération dans l’esprit de l’Intermarium, créés avant l’entrée dans l’UE, comme le Groupe de Visegrad, qui peut être rempli d’un nouveau contenu dans une nouvelle configuration politique.

    La discussion de l’idée d’Intermarium prend son sens, particulièrement si nous supposons l’effondrement du projet de super-État européen.

    Les principaux adversaires de la réalisation du projet Intermarium sont les impérialistes russes et allemands, ainsi que les partisans du super-État européen.

    Pourquoi les impérialistes russes ? C’est évident et n’a pas besoin d’un développement détaillé. Cependant, nous devons noter qu’en dépit des succès évidents de Vladimir Poutine dans la maîtrise des troubles intérieurs et dans les relations internationales, la tendance démographique systématique à une population russe décroissante n’a pas changé. En prenant en considération la Chine voisine et la présence déjà existante non seulement de capitaux chinois mais aussi de quelques millions de Chinois en Sibérie (avec une tendance à s’accroître en nombre), la perte d’une partie de la Sibérie en faveur de la Chine, sous une forme ou une autre, semble très probable en l’espace d’une génération. Finalement, l’économie russe, principalement basée sur les ressources naturelles, est dépendantes des prix internationaux de ces matières premières.

    De plus, après l’abandon du communisme, la Russie n’a pas trouvé de fondement idéologique alternatif pour la reconstruction de l’empire. En dépit du soutien officiel, le christianisme orthodoxe n’est pas sorti de la crise du postcommunisme. L’eurasisme pourrait être un tel fondement, mais cela signifierait la rupture avec les espoirs d’une partie de l’élite russe en faveur de l’occidentalisation de la Russie.

    Que l’Intermarium est obsolète du point de vue de la politique allemande, c’est aussi un point qui ne demande probablement pas beaucoup de développement. Regardons la convergence des intérêts allemands et russes, en-dehors d’une certaine complémentarité économique, d’une part une économie développée et consommatrice d’énergie, de l’autre un fournisseur de ressources énergétiques presque inépuisables). Si nous supposons que le but de la politique allemande est la récupération des pertes – incluant les pertes non-matérielles, comme son rang international – que le pays a subi après sa défaite dans la Seconde Guerre mondiale, il est difficile de concevoir la récupération de territoires par l’Allemagne en Europe centrale si la région crée une forte structure politique. Et une telle structure ne serait pas non plus en faveur de la Russie, donc la coopération germano-russe contre les pays de l’Intermarium (particulièrement contre la Pologne en tant que leader potentiel de la région) est complètement naturelle.

    Nous arrivons donc au dernier groupe d’adversaires du projet Intermarium : les partisans de l’Union européenne en tant que super-État. Contrairement aux précédents, ils ne représentent pas les intérêts d’un État ou d’une nation, mais un certain projet idéologique, car l’Union européenne est aussi un projet idéologique. C’est un complot démocratico-libéral, dirigé contre toutes les identités nationales et religieuses fortes, tentant de créer une identité « européenne » en déracinant les identités nationales. Le projetIntermarium doit provoquer l’antipathie dans ces milieux pour au moins deux raisons.

    D’abord, il y a des raisons « culturelles » : les nations habitant la région, du fait de l’expérience commune du communisme, sont plus attachées à leurs identités qui ont si souvent été menacées. Elles ne sont donc pas prêtes à renoncer à ces identités pour un mirage européen, particulièrement lorsqu’elles voient qu’il s’agit souvent d’un instrument cachant des intérêts nationaux des anciens membres de l’UE. Ensuite, les nations de l’Intermarium ont aussi connu l’hégémonie russe. Cela les pousse à coopérer avec les États-Unis, qui – même si les États-Unis inspirent une certaine méfiance – sont cependant appréciés comme un allié possédant non seulement une force réelle mais aussi la volonté de l’utiliser. Et l’UE en tant que projet géopolitique vise à pousser les Américains hors de l’Europe.

    Jaroslaw Ostrogniew : Quelles possibilités voyez-vous de persuader les plus proches voisins de la Pologne de s’impliquer dans la réalisation du projet Intermarium ?

    Tomasz Szczepanski : L’alliance de deux des plus forts pays de la région, la Pologne et l’Ukraine, est l’épine dorsale du concept géopolitique d’Intermarium. Il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte et de calculer les potentiels pour connaître les raisons.

    L’Ukraine – ou plutôt une grande partie de l’élite ukrainienne naissant de la tradition anticommuniste – n’a jamais eu besoin d’être fortement persuadée de s’impliquer dans ce projet. Le préjugé contre les Polonais est très faible, puisque l’Ukraine est simplement un grand pays et le restera, même sans la Crimée. Et une nouvelle génération a déjà grandi pour laquelle un État ukrainien indépendant est quelque chose d’évident. De plus, la guerre dans le Donbass a renforcé l’identité ukrainienne (même en Ukraine russophone). Pour le dire simplement : la guerre favorise les définitions claires.

    La Biélorussie – ici, lorsqu’on parle des élites anticommunistes, la situation est similaire, en dépit de craintes plus grandes vis-à-vis du révisionnisme polonais. Le problème est cependant que ces élites sont rares, ce qui est lié à la faiblesse des traditions étatiques biélorusses. De plus, les élites « pro-occidentales » soutenues par le système des subventions ont tendance à soutenir les postulats culturels des sponsors, ce qui n’apportera pas des succès dans la société biélorusse (il y a une certaine analogie avec les actions soi-disant anti-Poutine des Femen, qui ont fait bien plus de bien que de tort à Poutine). Il semble qu’on puisse placer certains espoirs dans l’évolution des élites « loukachenkiennes », qui sont assez désireuses de gouverner leur propre État, pas d’être des fonctionnaires de l’empire moscovite. Cela s’applique bien sûr aussi à Loukachenko lui-même.

    La Lituanie est l’élément le plus difficile du puzzle, parce que les élites lituaniennes ont défini la Pologne et les Polonais comme la pire menace, et la « lituanisation » des Polonais de la région de Vilnius est une exigence de la raison d’État lituanienne. Nous ne pouvons pas consentir à cela, et cela n’a rien à voir avec du révisionnisme polonais. En outre, la participation [de la Lituanie] à l’UE et à l’OTAN lui donne un sentiment de sécurité, ce qui lui rend plus facile de se quereller avec la Pologne.

    Nous partageons sûrement une crainte du révisionnisme allemand avec les Tchèques. La question est : à quel point les élites tchèques se sont-elles réconciliées avec la domination allemande ? Si elles vont encore plus loin, cela équivaudrait presque à consentir à devenir une sorte de nouveau Protectorat de Bohême-Moravie – avec un territoire similaire. Accéder aux demandes de l’Association [allemande] des Sudètes peut conduire à cela. Je ne puis répondre à cette question. Mais la réaction de nos élites sur la question des demandes allemandes envers la République tchèque fut sûrement étroite d’esprit, pour ne pas parler de couardise. Après tout, dans cette question nous sommes dans le même bateau. 

    La question est de savoir si la politique polonaise peut influencer et modérer les relations entre la Hongrie et ses voisins, ce qui est une question-clé pour la paix de la région. Les Hongrois ont le droit de défendre leurs minorités dans d’autres pays, mais il faut dire clairement qu’un coup d’œil sur la carte ethnique montre que la Transylvanie ne peut simplement pas être récupérée par la Hongrie. En tous cas, la Pologne devrait agir d’une manière modératrice autant que nous le pouvons, car les querelles dans notre région seront utilisées par des acteurs externes.

    Il serait même possible d’établir des relations positives entre l’Intermarium et la Russie – mais avec une Russie qui serait reconstruite mentalement, pas seulement politiquement et socialement.

    Ce serait (en faisant certains raccourcis mentaux) la Russie d’un Boris Savinkov ou d’un Alexeï Shiropaïev. À propos, ce dernier devrait être davantage lu en Pologne. Il fait remarquer que personne ne le fait, peut-être à cause de l’opinion de Shiropaïev sur le rôle des Juifs dans l’histoire de la Russie.

    Le problème avec l’impérialisme russe est qu’il ne s’agit pas seulement d’un concept géopolitique, servant des intérêts nationaux et pouvant donc être rejeté si cela ne les sert plus. C’est un effet de la mentalité formée par l’Orthodoxie synthétisée avec la tradition mongole et la bureaucratie allemande : « l’Empire knouto-germanique », comme cela fut jadis brillamment dit par Mikhaïl Bakounine. Si la Russie est la « Troisième Rome » (et c’était la doctrine officielle de l’Orthodoxie moscovite, à laquelle la Russie est en train de revenir), alors elle a même l’obligation d’être un empire. Empêcher cela signifie briser non seulement les fondements physiques (ce qui est actuellement en cours en Russie par sa crise démographique) mais aussi spirituels de l’impérialisme russe. 

    Et c’est pourquoi j’accueille avec une grande affection la renaissance actuelle de la religion slave, qui n’a pas un aspect de « Weltmacht » [= puissance mondiale]. Certains espoirs résident dans la renaissance de la tradition de Novgorod comme modèle alternatif à Moscou pour le développement russe. Mais tous ces courants anti-impériaux de la pensée russe sont marginaux, du moins pour le moment. 

    Cependant, tous les espoirs que ce problème puisse être résolu par la réconciliation officiellement proclamée entre l’Église catholique romaine en Pologne et le Patriarcat de Moscou de l’Église Orthodoxe, qui est l’un des piliers de l’impérialisme, sont à mon avis dépourvus de sens.

    Ajoutons que la solution de la question de Königsberg [Kaliningrad] doit être un certain élément de la normalisation des relations polono-russes. Cette absurdité géopolitique nous menace par sa simple existence, pas seulement pas comme base d’une possible agression. Cela crée aussi un espace pour la coopération russo-allemande, qui est toujours une menace létale pour la Pologne. Personne ne peut garantir que Moscou ne serait pas prêt à la rendre à l’Allemagne, par exemple simplement en la vendant. Nous devons donc chercher une solution pour cet oblast [= région administrative], qui ne sera pas liée à son appartenance à la Russie ou à l’Allemagne. 

    Jaroslaw Ostrogniew : Quelle est votre vision de la possibilité de réaliser le projet Intermariumà la lumière des récents  événements : conflit armé en Ukraine, crise de l’immigration en Europe, ou les récentes élections présidentielles et parlementaires en Pologne ? 

    Tomasz Szczepanski : L’agression russe en Ukraine a prouvé à toutes les parties intéressées la durabilité de l’impérialisme russe, et il importe peu de savoir si les dirigeants à Moscou veulent honnêtement reconstruire l’empire ou s’ils utilisent l’impérialisme seulement comme un instrument de politique intérieure. Car si c’est la seconde explication qui est vraie, cela en dit long sur la société russe elle-même. Sans aucun doute, le parti Droit et Justice et le président Andrzej Duda actuellement au pouvoir sont les mieux préparés à cette récidive impérialiste de Moscou, concernant laquelle ils ont même averti les autres antérieurement. De ce point de vue, les dernières élections en Pologne sont un changement positif.

    Concernant l’Ukraine, la guerre a renforcé l’identité ukrainienne; un ennemi cimente facilement une communauté et définit l’horizon politique, ce que nous savons déjà par Carl Schmitt.

    La guerre a aussi été une cloche d’alarme pour d’autres États de la région postsoviétique, ce qui est également utile.

    Elle a aussi entravé les actions du lobby pro-Moscou dans les pays occidentaux, particulièrement en Allemagne, en Italie et en France, bien que je n’ai pas d’illusions concernant la position de ces pays; ils veulent faire des affaires avec la Russie, et ils sont prêts à vendre notre indépendance pour ces affaires, tout comme Roosevelt et Churchill nous ont vendus à Téhéran et à Yalta. En-dehors de cela, ils devaient faire quelque chose; d’où les sanctions.

    La crise de l’immigration affaiblit l’Europe, mais de notre point de vue c’est une bonne chose, puisque la pression contingente qui peut être mise sur nous – particulièrement par l’Allemagne – sera plus faible. S’il vous plaît souvenez-vous que l’Intermarium est supposé nous sécuriser non seulement contre la Russie mais aussi contre l’Allemagne, et la constitution allemande déclare encore que les frontières légales de l’Allemagne sont celles de 1937. De notre point de vue, c’est une bonne chose que nos ennemis historiques aient des problèmes internes.

    L’annexion de la Crimée a eu un effet secondaire : elle a compliqué les relations entre la Russie et le monde musulman (la question des Tatars de Crimée), et l’engagement russe en Syrie les a compliquées encore plus.

    En Russie : une opposition russe à l’impérialisme a émergé, cette fois de type nationaliste, et non démo-libéral (par exemple : des Russes de la Fédération russe qui sont combattants volontaires dans le camp ukrainien, et je ne parle pas de mercenaires). Bien que les informations là-dessus ne soient pas claires, pour des raisons diverses, concernant le nombre et l’ampleur, c’est néanmoins un phénomène intéressant.

    Je ne veux pas jouer les prophètes ici, mais les succès initiaux de Moscou en Crimée et dans le Donbass (bien que ces derniers soient très limités) pourraient être le début de très graves problèmes.

    • Propos recueillis par Jaroslaw Ostrogniew.

    • D’abord mis en ligne sur Counter-Currents Publishing, le 25 novembre 2015, et repris par Cercle non conforme, le 30 novembre 2015.

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