« Enquête sur la droite en France : Jacques Bichot : Il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale »
Professeur émérite à l'Université Lyon III, économiste libéral, spécialiste de la protection sociale, Jacques Bichot a présidé l'association Familles de France. Il est membre honoraire du Conseil Economique et Social.
Monde et Vie : Jacques Bichot, pensez-vous qu'il existe encore une gauche et une droite ? Si c'est le cas, qu'est-ce qui les différencie, au-delà de l'aspect partisan ?
Jacques Bichot : Cet aspect partisan, celui de la conquête du pouvoir, reste malgré tout déterminant. Les idéologies ne sont pas complètement négligeables, mais l'essentiel tourne quand même autour de la volonté de parvenir aux postes de commandement.
C'est ce qui explique que l'on puisse parler de FUMPS et que, quand la droite revient au pouvoir après la gauche, elle n'agisse pas vraiment autrement qu'elle. Il existe cependant des personnes qui possèdent des convictions : de ce point de vue, il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale, ainsi qu'entre,une droite conservatrice en matière sociale, sur les conceptions de l'existence, et une droite « libertaire » - je distingue bien libéral et libertaire. La tendance de l'UMP est essentiellement dirigiste, comme l'a montré la manière dont le parti de Madelin a été phagocyté et réduit à néant lorsqu'il s'est en quelque sorte fondu dans l'UMP. Et cette évolution dirigiste de la droite marque aussi bien le Front national que l'UMP : quand Jean-Marie Le Pen le présidait, le Front national avait des positions économiques plutôt libérales, alors que sous la présidence de sa fille le pouvoir a été pris au sein de ce parti par des chevènementistes, partisans d'un nationalisme inscrit dans un cadre extrêmement dirigiste. Naguère, des penseurs comme Maurice Allais ou Maurice Lauré, qui avaient des positions prudentes par rapport aux excès de la mondialisation, n'en étaient pas moins libéraux. Aujourd'hui, se trouvent d'un côté des libéraux favorables à une mondialisation échevelée et de l'autre, des nationalistes dirigistes.
En va-t-il de même en matière politique et sociale ?
En matière de mœurs, le dirigisme est libertaire. De ce point de vue, l'évolution a été largement conduite par la gauche.
Malgré quelques penseurs de droite qui tentent de résister, les positions de la droite politique sont seulement décalées de quelques kilomètres par rapport à celles de la gauche, mais l'une et l'autre sont engagées sur la même route. Sur les sujets de famille, de patriotisme, de morale, on ne voit pas de différence, la droite suivant le mouvement. Voyez, par exemple, la manière dont sont mis en cause le quotient familial et le quotient conjugal, par lesquels l’État reconnaît que la famille est un corps intermédiaire, la cellule de base de la société, et qu'il n' a pas seulement affaire à des individus, mais à des individus constitués en communautés, dont la famille est la plus petite mais la plus importante. Les adversaires du quotient familial disent qu'il introduit une réduction d'impôt, sans que la droite ne réagisse.
Ce qui est le plus près des personnes, c'est d'abord la famille, puis l'association ou l'entreprise, voire la commune
Or, raisonner en termes de réduction d'impôt à propos du quotient familial signifie que le contribuable n'est plus le foyer fiscal, mais le couple parental, ou le parent isolé - ce qui revient déjà à détruire l'idée de foyer fiscal et de famille. Un rapport récemment publié, qui met le quotient conjugal sur la sellette, prône aussi l'individualisation de l'impôt L'on évacue ainsi l'idée que la société est constituée de familles autant qu'elle est constituée d'individus, et l'on entre ainsi dans le système, bien décrit par Tocqueville, d'une société complètement atomisée face à l’État qui en assure le bien-être. Le même rapport qui menace le quotient familial, veut étendre la logique d'individualisation aux mécanismes de secours comme le RSA, ou à l'assistance aux personnes en situation difficile. Il y est dit nettement qu'il n'existe pas de devoir de soutien des époux entre eux, ni des parents vis-à-vis des enfants, ou vice-versa : c'est à l’État qu'il appartient de régler tout ça !
Mais l'idéologie libérale fait-elle place aux corps intermédiaires ?
Je vous citerai le passage de Tocqueville, dans lequel il s'occupe du problème de l'alcoolisme : en France, dit-il, on pétitionne pour que l’État s'occupe de l'alcoolisme, aux États-Unis on crée une association qui s'occupera de la désintoxication... Qu'est-ce qu'une association, sinon un corps intermédiaire, capable de résoudre un certain nombre de problèmes sans que l’État vienne tout régenter ? La pensée libérale - en tout cas celle qui me plait - cherche à régler un certain nombre de problèmes conformément au principe de subsidiarité, c'est-à-dire au plus près des personnes ; or, ce qui est le plus près des personnes, c'est d'abord la famille, puis l'association ou l'entreprise, voire la commune, avant d'en venir à des macrostructures. L'une des raisons qui explique l'exaspération des gens à rencontre de l'Europe, par exemple, vient de ce qu'elle n'applique absolument pas le principe de subsidiarité. Comme le disait un syndicaliste de la CFDT, les problèmes sont plus facilement résolus par les gens qui les connaissent de près que par ceux qui les voient de loin : c'est cela, la subsidiarité.
Propos recueillis par Eric Letty Monde&Vie Décembre 2013
actualité - Page 5590
-
Jacques Bichot : Il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale
-
Taubira s’attaque à nouveau à la famille : le divorce comme simple formalité
Un rapport demandé par le garde des sceaux Christiane Taubira veut confier au seul greffier la procédure de « divorce par consentement mutuel », qui est aujourd’hui sous la responsabilité des magistrats.Cette procédure représente plus de la moitié des divorces prononcés en France.
Le prétexte est économique et technique (engorgement des tribunaux), et le résultat sera de rendre le divorce (coup terrible porté à une famille) plus facile, plus attrayant : une simple formalité.
Un bouleversement que les magistrats accueillent avec un mélange de circonspection et de résignation.
-
Euro : la Lettonie, sacrifiée pour l’exemple ?
par Pierre Marchand
C’est à présent chose faite : malgré une opinion publique défavorable et l’absence de consultation par referendum, la Lettonie a intégré la zone euro ce 1er janvier 2014.
Une adhésion sans déluge de communication, à l’image de l’enthousiasme qu’elle suscite chez les Letton. Les arguments du gouvernement (« cela aidera l’économie lettone en facilitant les échanges et en renforçant la confiance des investisseurs ») ne convainquent pas même les moins virulents d’entre eux qui, se contentant d’observer la zone euro, s’inquiètent de sa pérennité et prônent une posture prudente qui consisterait au minimum à attendre avant de l’intégrer ; les autres s’opposent plus fermement à ce qu’ils considèrent comme une perte d’identité, une mise à contribution au sauvetage des pays en difficulté et l’assurance d’une augmentation des prix à la consommation.
Dans ces circonstances, pourquoi la classe politique Lettone tient-elle absolument à intégrer la zone euro ? Ou peut-être faut-il plutôt se demander pourquoi les instances européennes veulent-elles à tout prix de la Lettonie dans cette zone ? La réponse tient sans doute dans la question, qui mérite que l’on s’attache au contexte de cette adhésion, initialement prévue en 2008 après trois années de convergence. Mais 2008, point d’orgue de la crise des subprimes et année de la chute de Lehman Brothers, bloque le processus et voit la Lettonie frappée de plein fouet, au point de solliciter une aide du FMI à hauteur de 7,5 milliards d’euros. Evidemment, ce sauvetage était conditionné à la mise en œuvre de mesures d’austérité drastiques. C’est donc 6 ans plus tard qu’une Lettonie économiquement saine s’apprête à finalement adopter l’euro. Et avec 4 à 5% de croissance annuelle, une inflation quasi inexistante et un déficit public contenu (1,5% environ), le pays fait figure de bon élève. Peut-être même du bon élève, l’élève exemplaire, celui qui réussit là ou d’autres (Grèce, Irlande...) sont encore à la peine. Celui dont l’UE et l’Allemagne avaient besoin non seulement pour améliorer le visage de la zone euro, mais surtout comme démonstration du caractère vertueux et efficace de l’austérité, ce dont Christine Lagarde n’a pas manqué de se féliciter : « La Lettonie peut servir d’inspiration aux leaders européens pour prendre en main la crise européenne ».
Le problème, c’est que la réalité de cette cure d’austérité est loin de faire l’unanimité : plusieurs chercheurs américains et un prix Nobel prétendent que c’est précisément parce que la Lettonie n’a pas suivi les mesures d’austérité requises par le FMI que le pays a pu se redresser si rapidement. En tout état de cause, une autre question mérite aujourd’hui d’être posée : que sa cure d’austérité ait été réelle ou supposée, en quoi un pays qui s’en sort apparemment mieux que les autres a-t-il besoin de l’euro aujourd’hui ? C’est précisément la question que le gouvernement letton, victime ou complice des instances européennes, ne s’est pas risqué à poser à son peuple qui, comme les autres, saura certainement lui rappeler en temps voulu.
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Euro-la-Lettonie-sacrifiee-pour-l
-
Complicité entre l’Observatoire de la Laïcité et la franc-maçonnerie
La Grande Loge de France (GLDF) a publié la liste des dates et thèmes de ses conférences publiques prévues pour le premier semestre 2014.
On y remarquera que cette obédience maçonnique annonce par deux fois un intervenant de l’Observatoire de la Laïcité, cet organisme créé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault.
Le 18 janvier à 14h30, c’est Dounia Bouzar qui s’exprimera dans le temple maçonnique situé au numéro huit de la rue Puteaux dans le 17e arrondissement de Paris.
Nous renvoyons nos lecteurs à notre précédent article sur Dounia Bouzar et l’Observatoire de la Laîcité.
Et le 3 avril à 19h30, c’est Jean-Louis Bianco, Président de l’Observatoire de la Laïcité auprès du Premier ministre, qui viendra faire rapport de « La situation de la laïcité en France ».
http://medias-presse.info/complicite-entre-lobservatoire-de-la-laicite-et-la-franc-maconnerie/4698
Lien permanent Catégories : actualité, anti-national, France et politique française, lobby 0 commentaire -
Rebello-Rebelle
Belle et rebelle – Tu étais jeune et jolie. Deviens belle et rebelle.
Je n’en peux plus ! Aujourd’hui, être rebelle est une mode, rebelle à la police, à l’armée, aux religions, aux pouvoirs, à la société, on râle, on fait grève, et l’on se vautre devant « l’amour est dans le pré », pour rechercher de l’authenticité…
Comment en sommes-nous arrivés là ? Trop de lois, trop de sécurité, tout est ordonné depuis notre naissance pour nous éviter de réfléchir et de prendre des décisions. Le simple fait de marcher est géré par de petits bonhommes verts ou rouges, notre banque nous dit si l’on peut payer, le moindre petit boulot demande sécurité, assurance ou diplôme, déclarations, vaccins. Depuis que nous avons mis les pieds sur cette terre, notre vie est totalement planifiée… Une société d’assistés faciles à manipuler.
Alors forcément, quelque chose d’inconscient mais sortant du fond de nos entrailles cherche à se réveiller et un malaise circule petit à petit. Puis comme toute grande puissance à son apogée, commence la grande décadence. On danse, on chante, on rie, on boit, on se perce, on se tatoue, les mœurs dégénèrent, la drogue circule, tout est permis pour se sentir libre et exister, comme de jeunes enfants fougueux cherchant l’amour de nos parents en repoussant sans cesse les limites de l’insupportable.
J’ai retrouvé dans un carnet un extrait de Jean Cau du livre La grande prostituée. En voici une petite citation, écrite rapidement, et qui peut vous parler : « Ce cri encore et qui dit tout : “ Nous voulons qu’on nous donne des raisons de vivre ! » Pourtant je vous corne qu’il n’y en a pas et que tout l’égarement du troupeau est là, dans cet appel creux que le démagogue et le philosophe invitent à pousser. Il y a des passions de vivre. Il y a des poussées énormes et des volontés de vivre. Il y a un honneur à vivre. Il n’y a pas de raisons. ” »
C’est à nous qu’il incombe d’être des moteurs !
Non, il n’y en a pas. C’est à vous de vous créer, de devenir navigatrice, mère au foyer, paysanne, politicienne, tout et n’importe quoi, tant que l’on est passionnée, droite et solide. Nous devons être des îlots face à ce flot dévalant, des îlots bien ancrés et bien stables, des femmes droites et passionnées par la vie. Mères ou pas, mais fortes et se riant de la vie !
Nous avons la chance, nous les femmes, de pouvoir transmettre à nos enfants des bases solides et variées, de leur faire découvrir le monde pour qu’ils puissent se l’approprier. C’est un devoir d’apporter à nos enfants – beaucoup plus que ce que l’État ou la télévision peuvent leur transmettre – la culture générale, pour des racines solides et lointaines ; l’effort physique, l’entraide, la communauté. Il nous faut éveiller cette petite flamme qui n’attend que ça et qui fera les grands « hommes et femmes» de demain, lesquels tiendront ce pays à leur tour.
Stop aux rebelles ados insolentes et capricieuses, soyons des femmes engagées, passionnées, montrons qui nous sommes, d’où nous venons, des femmes pures et dures et qui vivent leur vie haut et fort. C’est tout, j’ai fini…
Asa longues Cuisses,BELLE ET REBELLE, 3/01/2014
http://www.polemia.com/rebello-rebelle/ -
La courbe de Valls en hausse

-
Roumains et Bulgares sont libres de travailler partout dans l'UE
Roumains et Bulgares peuvent travailler librement dans l'ensemble de l'Union européenne dès mercredi 1er janvier. Sept ans après l'accession de leurs pays à l'UE, la levée des dernières restrictions sur le marché du travail dans neuf pays de l'Union – Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Luxembourg, Malte, Pays-Bas – n'a toutefois rien d'un « big bang », puisque 17 autres Etats ont déjà franchi le pas depuis des années.« Cela cause de l'agitation, surtout en Grande-Bretagne et en Allemagne », où une partie de la presse et des hommes politiques brandit la menace d'une « invasion », relevait mardi le quotidien roumain Romania Libera, le seul à consacrer un article à ce sujet à la veille du 1er janvier.RÉTICENCES EN ALLEMAGNE ET EN GRANDE-BRETAGNEEn Grande-Bretagne, des membres du Parti conservateur ont, jusqu'au dernier moment, pressé le premier ministre, David Cameron, de repousser l'ouverture du marché du travail en estimant que « la vague d'immigrants roumains et bulgares pèsera sur les services publics ». Mais le chef du parti, Grant Shapps, a souligné qu'il n'était pas possible d'y surseoir. Des responsables roumains et bulgares et même un commissaire européen ont dénoncé le ton du débat à Londres.En Allemagne, le parti conservateur bavarois, allié de la chancelière Angela Merkel, a également tempêté contre la levée des restrictions, l'associant à un risque accru « de fraudes aux prestations sociales ». Mais le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a rétorqué que la « libre circulation des personnes est une chance pour les Allemands et l'Allemagne ».« Faire comme si tous les gens en provenance de Bulgarie et de Roumanie étaient pauvres et ne venaient chez nous que pour percevoir des allocations passe sous silence les nombreuses personnes très qualifiées qui travaillent ici, par exemple comme médecins ou personnel de soins », a insisté de son côté la secrétaire d'Etat chargée des migrations, Aydan Ozoguz.En Espagne, pays frappé par la crise qui accueille déjà un million de Roumains et de nombreux Bulgares, la fin des restrictions sur le marché du travail n'a pas suscité de controverse importante. « La grande majorité des Roumains est très bien intégrée », a déclaré l'ambassadeur d'Espagne en Roumanie.« JE PRÉFÈRE ÊTRE DANS MON PAYS »Sur un des marchés du centre de Bucarest, nombre de passants et de commerçants avouaient « ne pas bien savoir » ce qui changeait au 1er janvier et n'avoir aucun plan de départ. Le premier ministre roumain, Victor Ponta, et les responsables bulgares assurent régulièrement qu'il n'y aura pas de vague d'émigration à partir de mercredi. « Les citoyens (…) veulent un bon travail, un bon revenu et la justice dans leur patrie, pas s'acheter un aller simple pour quitter la Bulgarie ! », a encore insisté mardi soir le président bulgare, Rossen Plevneliev, dans son discours de vœux.Nombre d'analystes indépendants en Roumanie et en Bulgarie soulignent l'impossibilité d'évaluer précisément le nombre des candidats au départ, mais estiment que les grandes vagues d'émigration ont déjà eu lieu. Depuis la chute du communisme, environ trois millions de Roumains et un million de Bulgares ont émigré, pour leur très grande majorité en Espagne et en Italie. France et Grande-Bretagne ont aussi recruté des milliers de médecins et d'aides-soignantes.La faiblesse des salaires dans leur pays explique ces départs : un médecin gagne en général 400 euros par mois en Roumanie ou en Bulgarie, même si d'aucuns s'en sortent beaucoup mieux. « Si je pouvais gagner plus en Roumanie, je resterais, car je préfère être dans mon pays et proche de ma famille », confie ainsi Titu Ionut, 32 ans, ouvrier en construction installé en Espagne.De nombreux Roumains et Bulgares veulent toutefois rester malgré les salaires bas, le manque de confiance dans la classe politique et le délabrement des services de santé. C'est le cas de Simona Mazilu, lectrice universitaire de 34 ans à Bucarest : « Il est important de croire qu'on peut arriver à quelque chose ici, et je crois que c'est possible. Les autres pays ont aussi leurs défauts. » -
Une classe politique devenue parasitaire
La campagne des municipales le confirmera peut-être en partie. On le sentira dans les non-dits éclatants, plus éloquents que les grandes déclarations de principe. On commence déjà à le mesurer dans les rivalités de personnes pour la composition des listes. (1)⇓ Bref la classe politique se résume de plus en plus à des profitariats de fonctions.
Certes, après avoir été monopolisée entre les différentes nuances et variantes du marxisme et de la technocratie, l’idéologie était devenue suspecte. La faillite honteuse de l’Union Soviétique n’a pas seulement dévalorisé son utopie manifestement criminelle. On a aussi considéré comme frappé d’obsolescence tout ce qui tirait sa vocation de la critique du système stalinien. Qui va lire aujourd’hui les excellents livres d’Alain Besançon ou d’Arthur Koestler ? Ne parlons même pas de ceux de Soljenitsyne. "La Ferme des Animaux" d’Orwell ne servira donc plus que comme fable de La Fontaine ou comme exercice de version. Plus aucun jeune lecteur ne sera invité à en mesurer le contexte, celui des accords de Yalta.
La défense des libertés semble donc avoir perdu toute signification concrète aux yeux de citoyens aseptisés, technocratisés, autocensurés, mûrs pour l'asservissement.
Dépassionnées, nos soi-disant élites d’élus se cantonnent ainsi, dès leurs années de formation, dans ce qu’on appelle d’un mot qui ne voulait rien dire autrefois en français, mais qui désigne bel et bien, désormais, leur réalité de leur insignifiance : nous vivons, ou nous survivons, sous le règne de leur "gouvernance."
On pourrait citer les exemples, multiplier les arguments chiffrés : ce qui enrichit ordinairement le propos tendrait ici à en appauvrir la portée. Ce qui fait l’objet des statistiques officielles revêt en général moins d'importance que ce compte vraiment. En dehors d’une poignée de défenseurs des libertés, qui s’indigne vraiment de la gabegie de structures énormes et opaques comme le conseil de Paris, à la fois gestionnaires, ou pour mieux dire di-gestionnaires d’une ville et d’un département ? Qui donc, dans le grand public des cochons de payants, se tient informé du contenu des deux lois financières votées en décembre ? Probablement pas grand monde, puisqu’on accepte d’entendre parler comme si le gouvernement allait diminuer les dépenses alors qu’il ne s’apprête en 2014, et encore très mollement, qu’à en ralentir la hausse.
Car ça commence par le nombre de ministres. Ayez la curiosité de regarder combien entouraient Louis XIV, affreux étatiste par ailleurs, au grand siècle. En 1789, à l'ouverture des États Généraux, Louis XVI en réunissait 6. Bonaparte, dix ans plus tard : 7. Combien le gouvernement du socialiste Viviani en comptait-il encore quand éclate la guerre de 1914 ? Réponse : 17.
Depuis, pour supprimer les deux commissaires des grands États au sein de l’Union européenne, le génial Juppé lors de la préparation du traité de Nice arguait du fait qu’aujourd’hui 28+6=34 personnes pour gouverner plus de 400 millions d’Européens cela créerait un surnombre. Ainsi l’Allemagne et Malte sont-elles désormais placées sous le signe de l’égalité au sein de la commission de Bruxelles. Bravo l’artiste.
Mais pour régenter 60 millions de Français, ou d’habitants de l’Hexagone, chaque remaniement ministériel nous apporte un illustre inconnu de plus. Amusez-vous à énumérer les noms de ceux que vous connaissez : parions que ce jeu de société pourrait faire fureur.
Les comparaisons internationales accablent ici, une fois de plus, le système français. Suggérons à Hollande, qui se pose la double question de "quand" et "par qui" remplacer son brillant camarade Jean-Marc Ayrault, largement usagé, pour ne pas dire hors d’usage. Eh bien qu’il aille jusqu’au bout du régime présidentiel et du quinquennat, et qu’il renonce à l’existence, totalement inutile, de son Premier ministre, de ses conseillers, de leurs voitures de fonctions et chauffeurs de maîtres, et qu’il mette donc en vente l’hôtel de Matignon. Mon Dieu ! quelle réforme révolutionnaire : en serions-nous capables ?
Chacun déplore, à très juste titre le millefeuille administratif (2)⇓ et par conséquent le nombre des élus, la multiplication constante de leurs instances, qui, d’ailleurs, ne débattent plus de rien et ne décident pas grand-chose. On expédie le vote des budgets. Mais on augmente tous ces budgets tout simplement parce que ce sont les budgétivores qui décident.
Comment concevoir qu'ils entreprennent sérieusement la diminution des dépenses par lesquelles nos politiciens achètent, au frais des ménages contributeurs et des entreprises, le vote des électeurs assistés ?
Comment imaginer de faire voter la fin de leurs prébendes, sinon par l’affirmation d’abord, par l’organisation ensuite, de la société civile, en lutte contre les prébendiers en tant que classe parasitaire ? La survie de ce que nous appelons encore, formellement, démocratie libérale suppose ce changement de cap.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/2014/01/une-classe-politique-devenue-parasitaire.html
Apostilles
1) Un seul exemple suffira : au hasard, celui de la nomination comme candidate puis de la composition de ses listes par Mme Kosciusko-Morizet.⇑
2) la jolie illustration de notre chronique d'aujourd'hui a été empruntée au blog "Je suis stupide, j'ai voté Hollande" article : "Qui mettra fin au scandale français du mille-feuille administratif ?"⇑ -
On achève bien les chevaux, pourquoi pas le mariage ?
Du mariage pour tous au divorce simplifié, l'institution devient une bâtisse ouverte à tous vents, une masure en ruines.
Christiane Taubira, elle est comme ça. Quand elle commence un travail, elle va jusqu’au bout. Depuis combien de temps, déjà, le gouvernement n’avait pas touché au dossier ? Le 12 décembre dernier, Najat Vallaud-Belkacem lançait « l’individualisation de l’impôt ». Et puis il y a eu la trêve des confiseurs. Presque trois semaines de pause, on allait perdre la main. On reprend le tablier, le grand couteau de boucher, et hop, on remet le mariage, déjà violenté et défiguré, sur la planche à découper. Et aujourd’hui, je vous mets quoi ?
L’objectif du projet de réforme de Christiane Taubira, auquel son épigone Dominique Bertinotti souscrit sans réserve, est louable. L’objectif est toujours louable : désengorger les tribunaux. En simplifiant le divorce par consentement mutuel. Celui-ci n’aura plus besoin de passer devant le juge, un greffier juridictionnel fera l’affaire. Las, il n’est pas plus réaliste de vouloir simplifier un divorce que de faire marcher un cul-de-jatte. Un divorce, par essence, est compliqué et se termine rarement en s’embrassant sur la bouche. Des syndicats de magistrats, des avocats – dont c’est, il est vrai, le gagne-pain – protestent vigoureusement : « Les accords des époux vont s’en trouver fragilisés. » De fait, comment leur donner tort ? Même lorsque le consentement est mutuel, les deux parties ont des intérêts divergents – le dominant du couple, s’il y en a un, imposant les siens avec toujours plus de force que le dominé. Là où le greffier, sorte de super-secrétaire, ne fait que constater, le juge, lui, rétablit le droit. C’est donc, en absence de juge, le plus fort qui prendra le dessus.
Gabrielle Cluzelle BVoltaire la suite...
-
Avis divergent sur le Jour de Colère…
Dies IRAE…
Une nouvelle plate-forme « logistique », Jour de Colère, se charge à la suite des manifestations du printemps dernier d’agréger les différentes luttes contre le pouvoir et les institutions en place

, qu’elles soient fiscale, pour la sécurité, pour l’armée, pour la préservation du système scolaire…
Chacun aurait une raison d’être en colère contre le gouvernement selon le manifeste du collectif.
Sous l’apparence de neutralité, la plate-forme puise ses sources dans le refus du mariage gay et de ses suites : PMA, GPA, théorie du genre et évoque dans un élan songeur la « coagulation » en rêvant de bonnets rouges à la bretonne, de révolte, d’un sursaut spontané des Français. [...]
La suite sur Nouvel Arbitre
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Avis-divergent-sur-le-Jour-de