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culture et histoire - Page 1736

  • « Le sens de l’Histoire » de Jean-François Gautier

    Les monothéismes ont développé une vision linéaire de l’histoire.
    Leur interprétation laïcisée a débouché sur des idéologies affirmant l’existence d’un sens de l’histoire. Le marxisme et le capitalisme de marché ont même cru pouvoir annoncer la fin de l’histoire. Le communisme a disparu. Le mondialisme anglo-saxon est en crise financière et militaire. L’histoire pourrait revenir au grand galop et ouvrir la voie à de nouveaux cycles. Dans un ouvrage brillant Jean-Francois Gautier apporte un éclairage philosophique sur la théorie des cycles. Bruno Guillard présente ici pour Polémia « Le sens de l’histoire ».
    Jean-François Gautier, docteur en philosophie et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la musique et aux sciences, a publié aux éditions Ellipses un ouvrage intitulé Le sens de l’Histoire dans lequel il nous décrit les différentes formes qu’a prises l’idée selon laquelle l’Histoire serait « fléchée ». Cette étude concerne essentiellement les religions et les idéologies du Moyen-Orient et d’Europe.
    Sens de l’Histoire et religions
    L’idée que l’histoire pourrait avoir un sens est apparue incontestablement et principalement au sein de la pensée hébraïque : « C’est elle qui a inventé, avec d’autres à la même époque, mais qui eurent moins de force dans l’expression, le sens de l’histoire, c’est-à-dire l’annonce de ce qui se passera au cours de lendemains tout à la fois inquiétants et a priori indéchiffrables par l’ordinaire des hommes, mais néanmoins focalisés par l’éternité d’un salut dans l’au-delà ». Tous les judéo-christianismes, d’Alexandrie, d’Antioche ou de Rome, ont hérité et transmis cette vision orientée de l’histoire qui est présente également du côté de l’Orient compliqué dans le gnosticisme, le marcianisme, le manichéisme et le docétisme. Cette idée d’une Histoire fléchée était totalement nouvelle dans le monde gréco-romain et « C’est bien à propos du sens de l’histoire, et sur le fait même qu’elle eût un sens, que les oppositions se cristallisaient. Une religiosité traditionnelle, tout à la fois sensible, particulière et politique s’opposait à une autre, nouvelle, abstraite et universelle ».
    Les différents courants du christianisme ne sont pas les seules religions à être dotées d’une conception orientée de l’Histoire : « D’une manière générale, tant le sunnisme que les différents chiismes sont des religions professant une théologie eschatologique, c’est-à-dire une croyance en une histoire orientée par une flèche du temps, elle-même dirigée vers le salut terminal, ou vers la damnation pour les infidèles ».
    Sens de l’Histoire et idéologies modernes
    Certains analystes modernes tels Jacob Taubes ou Karl Löwith ont fait un rapprochement entre les théologies judéo-chrétiennes et les idéologies modernes ; ils en ont conclu que ces dernières avaient emprunté aux premières l’idée de rédemption finale et de libération des maux terrestres. « Ainsi les marxismes sont-ils considérés par eux comme des versions sécularisées, ou laïcisées, des espérances messianiques propres aux religions qui les ont précédées. La comparaison peut paraître explicative. Elle ne l’est pas. Ou plutôt : elle ne suffit pas ». En effet, s’il y a effectivement une réelle analogie entre les religions judéo-chrétiennes et les idéologies modernes parce que les unes et les autres attribuent à l’histoire un fil conducteur tendu entre une origine et une fin , il n’en reste pas moins que le marxisme, notamment, n’emprunte rien d’autre à la matière judéo-chrétienne ; il n’est pas une religion, même s’il contient bien, comme les autres idéologies modernes, une transposition de l’ « eschaton » judéo-chrétien, « de la croyance en une avancée collective vers un moment terminal libérateur ». « De ce point de vue, la pensée de Marx et celle de Engels reprennent à n’en pas douter un schème général dessiné en filigrane par Saint Paul et Saint Augustin, et systématisé par Joachim de Flore : la lecture du passé (…) permet de dire que le temps présent prépare un futur très proche qui verra la pacification de relations inter-humaines jusqu’alors conflictuelles ».
    À l’instar de Jean-Jacques Rousseau, les marxistes considèrent qu’aux commencements de notre histoire nous connûmes un âge d’or qui fut rompu par la surdétermination économique et matérielle intervenue ensuite dans les rapports humains, laquelle fut la source de tous les maux sociaux et politiques.  « Ils assurent en outre comme les révolutionnaires français et les tenants des Lumières, que l’on peut dans l’histoire de l’humanité repérer un essor de la Raison et des sciences, et que cette progression-là est le signe que se préparent des conditions propices à l’apparition de révolutions ouvrant, dans un premier temps, vers la dictature du prolétariat, puis vers une phase terminale des aventures de l’humanité : sa sortie de l’Histoire ».
    Sens de l’Histoire et marché
    L’idéologie occidentale contemporaine, que l’on peut appeler l’idéologie du marché, a en commun avec le marxisme, entre autres choses, l’idée d’une sortie de l’histoire ; la fin de l’histoire a d’ailleurs été annoncée de manière péremptoire par l’idéologue libéral Francis Fukuyama au début des années 1990.  Mais au-delà de cela, la logique du Marché présente une certaine parenté avec la théorie augustinienne selon laquelle « mieux valait admettre le destin tressé par le Dieu unique plutôt que de mobiliser inutilement des volontés contre ce qui ne peut être modifié ». On trouve également ce fatalisme augustinien dans l’Islam médiéval et dans le jansénisme : « ce qui advient au jour le jour ne procède pas de nous, sauf les conséquences de nos propres erreurs , de nos inconséquences…. La logique du Marché est construite de manière identique. Chaque fois que la réalité historique s’éloigne des espérances placées en elle, des experts affirment qu’un excès de règlementation, ou des erreurs techniques, voire des intentions coupables ont détérioré l’expression des fonctions bénéfiques de la main invisible et conciliatrice, ce complément indispensable du marché autorégulé. Pour qui n’y prend garde, l’idée -  qui semble pourtant salutaire aux esprits modernes – d’une autorégulation salvatrice est la stricte prolongation, idéologique, politique ou économique, d’une métaphysique du sens de l’Histoire affirmant que le Bien s’impose de soi, sans qu’on touche à quoi que ce soit, puisqu’un destin positif est déjà inscrit quelque part ».
    Sens de l’Histoire et civilisation gréco-romaine
    Les civilisations grecque et romaine sont restées étrangères à toute idée d’une histoire fléchée aussi longtemps qu’elles sont restées elles-mêmes, c’est-à-dire préchrétiennes. Ainsi « la religion romaine est une religion citoyenne, ce que l’afflux de dieux privés, venus d’ailleurs, ne contredit pas. En toute hypothèse, une flèche du temps orientée vers l’éternité est pratiquement étrangère aux religions du monde gréco-latin. Le stoïcisme, qui sacralise l’imperturbabilité de l’ordre cosmique, est pour ce motif même l’une des philosophies religieuses les mieux adaptées à la mentalité romaine ». A la différence des religions du Moyen-Orient qui sont préoccupées avant toute autre chose par le salut individuel, l’au-delà de la mort et la fin des temps, « l’ordre du religieux indo-européen dont Rome a hérité est celui de la cité. Le collectif y prévaut sur l’individuel. Et le temps présent prime sur tout le reste : lui seul est le lieu des urgences ». Il y a là une différence essentielle entre d’une part, la vue-du-monde des Grecs et des Romains de l’Antiquité (qui était aussi celle des Celtes, des Germains…. qui sont moins bien connues ), et d’autre part, celles des religions révélées du Moyen-Orient mais aussi celles des idéologies progressistes issues de la philosophie des Lumières et du marxisme.
    Bruno Guillard, 31/10/2013
    Jean-François Gautier, Le sens de l’Histoire, éditions Ellipses, mars 2013, 240 pages.
    http://www.polemia.com/le-sens-de-lhistoire-de-jean-francois-gautier/

  • Lorànt Deutsch : L’ « aveu » des « Historiens de garde »

    Lorànt Deutsch Hexagone

    Rédac’ FDS Histoire : Les auteurs des Historiens de garde (William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin) ont récemment publié une longue tribune sur leur site sur la prétendue offensive médiatique de Lorànt Deutsch et de ses « amis ».

    Ce passage curieux peut être relevé :

    Le comédien, lui, a pu faire la promotion de son livre, et asséner ses mensonges (notamment sur le prétendu engagement politique de ceux qui le critiquent) sur une batterie impressionnante de médias [...] Le site du magazine Historia s’est même fendu d’un curieux article (signé Vincent Mottez), qui prétendait chercher les erreurs reprochées à Deutsch dans Hexagone, alors que cela n’est en rien le fond des critiques

    http://histoire.fdesouche.com/

  • Premier Forum Polémia

    Premier Forum Polémia

    « Comment redonner confiance à nos enfants ? Les jeunes Européens face à la société multiculturelle »
    Conférence-débat avec Laurent Ozon, mardi 26 novembre à partir de 20h
    Salle ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent, Paris VII

    Pourquoi les jeunes Européens adoptent-ils si souvent des positions de soumission en environnement multiethnique ? Un sujet tabou, un sujet méconnu.

    Faut-il y voir les conséquences d’une mauvaise construction identitaire (sexe, famille, peuple) ? ou en rechercher les origines dans les abus d’une culture de la négociation et de la norme ? Faut-il aussi chercher du côté des causes sanitaires (les perturbateurs endocriniens) et biologiques (la néoténie européenne) ?

    Voici quelques thèmes qui seront abordés avec Laurent Ozon, lors du Premier Forum Polémia, mardi 26 novembre à partir de 20h, salle ASIEM.

    Une occasion pour les pères et les mères de famille de tirer des enseignements pratiques pour l’éducation de leurs garçons et de leurs filles. Car avant celle des enseignants et des éducateurs c’est la première responsabilité des familles.

    http://www.polemia.com/premier-forum-polemia/

  • Gabriel Matzneff : un dégénéré toujours honoré

    L’écrivain Gabriel Matzneff a été encore récemment honoré il y a  quelques jours, d’un prix Renaudot, pour son dernier essai.

    L’homme est parfois apprécié et cité dans certains milieux « nationaux », pour la finesse de sa plume ou certaines remarques ou fréquentations « réacs ». Il collabore d’ailleurs à la pernicieuse revue-phare de la « Nouvelle-Droite », Éléments.

     

    Or ce pervers ne cache pas son goût pour les jeunes de « moins de 16 ans », « enfants » et « jeunes gens ».
    Il y revient dans plusieurs de ses ouvrages, avec des passages autobiographiques écœurants. C’est un véritable prosélyte.
    Ci-dessous la lettre indignée de la présidente d’une association de défense des enfants.

     

    « Une insulte à tous les enfants victimes !

     

    Sous le couvert d’argumentaires littéraires, il sera relayé par les médias, invité sur les plateaux de télévision, et soutenu dans le milieu littéraire.

     

    Dans son essai, » Les Moins de seize ans », Gabriel Matzneff expose son goût pour les mineurs des deux sexes.

     

    Il use du terme « enfant » pour désigner indifféremment les enfants et les jeunes adolescents, sans évoquer la notion de puberté. Il écrit : « Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être — bien plus que ce que l’on entend d’ordinaire par cette formule — le véritable troisième sexe. En revanche, je ne m’imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année. (…) À mes yeux l’extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique. ».
    Gabriel Matzneff revendique pour lui-même la qualification de « pédéraste », soit un « amant des enfants ».
    Il dénonce par ailleurs le fait que le « charme érotique du jeune garçon » soit nié par la société occidentale moderne « qui rejette le pédéraste dans le non-être, royaume des ombres ». « Un enfant dit-il, appartient à ses parents et à ses maîtres. Ce sont eux qui en ont l’usage exclusif. Pourtant, c’est nous que ces nauséabonds personnages accusent de détournement de mineur ». Sommes nous donc de nauséabonds personnages, pour vouloir protéger nos enfants des gens que moi, je qualifie de prédateurs sexuel et d’abuseurs de nos jeunes enfants, naïfs de ce que représente une telle perversion?

     

    Saviez-vous que Matzneff estime qu’« il n’y a pas un homme normalement constitué qui lise le croustillant récit des amours de Tonton Lucien (histoire d’un quinquagénaire qui avait, au cours de « ballets roses », abusé de fillettes âgées de onze à quinze ans), sans bander et songer qu’il aurait bien aimé être à sa place ». Quand on lit ce genre d’affirmations, je me demande comment réagissent les hommes à la lecture de telles accusations et comment Matzneff, n’a pas encore eu de procès en bonne et dû forme de la part de la gente masculine. Ne peut-on pas le qualifier de consommateur du sexe quand il affirme « En outre, si violence il y a, la violence du billet de banque qu’on glisse dans la poche d’un jean ou d’une culotte (courte) est malgré tout une douce violence. Il ne faut pas charrier. On a vu pire ».

     

    Présidente de l’association La Mouette, association de défense et de protection de l’enfant, j’ai été scandalisée et je reste scandalisée par ses propos fallacieux qui ramènent l’enfant à un « prostitué potentiel », une honte diffamatoire sur la moralité et les désirs propres d’un enfant.
    Le psychiatre Bernard Cordier estimait en 1995 qu’« un écrivain comme Gabriel Matzneff n’hésite pas à faire du prosélytisme. Il est pédophile et s’en vante dans des récits qui ressemblent à des modes d’emploi.

     

    Or cet écrivain bénéficie d’une immunité qui constitue un fait nouveau dans notre société. Souvenez-vous, lorsque la Canadienne Denise Bombardier l’a interpellé publiquement chez Pivot, rappelant le « Droit à la personne ». C’est elle qui, dès le lendemain, essuya l’indignation des intellectuels.

     

    Lui passa pour une victime : un comble ! (…) On ne prétend pas que ce type d’écrits sème la pédophilie, mais il peut la cautionner et faciliter le passage du fantasme à l’acte chez des pédophiles latents. Ces écrits rassurent et encouragent ceux qui souffrent de leur préférence sexuelle, en leur suggérant qu’ils ne sont pas les seuls de leur espèce et leur donnent un statut de victimes. D’ailleurs, les pédophiles sont très attentifs aux réactions de la société française à l’égard du cas Matzneff. Les intellectuels complaisants leur fournissent un alibi et des arguments : si des gens éclairés défendent cet écrivain, n’est-ce pas la preuve que les adversaires des pédophiles sont des coincés, menant des combats d’arrière-garde ?

     

    Pour l’universitaire américain Julian Bourg, la distinction opérée ainsi par Matzneff relève d’un désir de défendre « les pédophiles bien intentionnés comme lui », ainsi tout est dit.

    C’est une insulte à tous les enfants victimes et cela me choque .

    Annie GOURGUE
    présidente de l’association la Mouette »

    http://www.contre-info.com/gabriel-matzneff-un-gros-degenere-toujours-honore#more-30067

  • Robert Schuman : Les 4 ...Vérités ?

    Dès le lundi 4 novembre, l’Action française publiait sur son site un post en réponse à un article paru sur Les 4 Vérités le 2 novembre mettant gravement en cause l’honneur de L’Action Française 2000 puisque celle-ci était accusée d’avoir publié un « article diffamatoire » à l’encontre de la mémoire de Robert Schuman dans son numéro 2869 du 5 septembre 2013 sous l’excellente plume de Guy C. Menusier, bien connue de nos lecteurs.

    Outre un historique des événements — l’article incriminé avait été relayé par Le Salon Beige —, notre post comportait à la fois une mise au point du directeur éditorial de notre journal et une réponse de Guy C. Menusier lui-même, balayant les accusations portées à son encontre.

    Nous nous sommes fait un devoir d’envoyer ce post à la fois au Salon Beige et aux 4 Vérités. Le Salon Beige, bien qu’indirectement concerné, l’a publié lundi dans l’heure qui suivait et nous ne saurions trop l’en remercier. Nous pensions que le site Les 4 Vérités, directement concerné, lui, puisque ayant publié l’article mettant en cause notre journal, ferait de même. Considérant que ses responsables avaient été surpris dans leur bonne foi et ayant confiance à la fois dans leur honnêteté intellectuelle et leur élégance, nous n’avions pas fait parvenir ce post sous la forme d’un droit de réponse. Malheureusement, ce samedi matin 9 novembre, Les 4 Vérités n’ont toujours pas publié notre mise au point et la réponse de Guy C. Menusier, alors que l’article insultant pour notre journal est toujours en ligne.

    Les 4 Vérités nous ont simplement déçus. Nous nous faisons pour notre part une autre idée du débat intellectuel et des rapports entre confrères.

    François Marcilhac, directeur éditorial de L’Action Française 2000

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Robert-Schuman-Les-4-Verites

  • Le silence du 11 novembre

    Face au Grand Remplacement de population que nous subissons aujourd’hui, nous avons, cette fois, le choix de ne pas nous laisser faire.
    Le 11 novembre, nous célébrerons la fin d’une guerre qui fit vingt et un millions de morts en Europe. Vingt et un millions de jeunes Européens perdirent la vie dans cette guerre, et nous pensons à eux.
    Leurs noms sont sur les monuments de nos villes et de nos villages, sur les lettres qu’ils envoyèrent à leur femme, leurs enfants, leur mère dans les coffres des greniers de nos maisons de famille. Leurs noms, ce sont les nôtres, ceux de nos amis et de nos frères partout en Europe.
    Chaque automne, depuis, ces cérémonies sont un moment éprouvant où nous, petits-enfants et arrière-petits-enfants, nous nous interrogeons sur ce que ce moment de notre histoire peut nous dire.
    Chaque année, depuis, lors de ces commémorations, ceux qui captent la parole populaire, les castes de pouvoir, cherchent à y faire entendre leur propagande et leurs petites passions intéressées tandis que nous aspirons au silence, à la communion et à la réflexion. Des moments parfois insupportables avec toujours, pour nous, le dégoût d’avoir à supporter la vue d’hommes corrompus, vaguement raidis dans des saluts au-dessus de leurs forces et parlant à notre place, d’eux, de nos pères qui étaient si durs, si vifs, si jeunes.
    Aujourd’hui, bientôt cent ans après le début de ce que nous avons décidé de nommer la Grande Guerre, il nous reste pourtant des constats simples et évidents à faire. Je les fais par ces lignes, pour mes amis et mes enfants, avec qui je suis souvent allé évoquer les mémoires oubliées de la Grande Guerre lorsque les petites foules s’étaient dispersées aux pieds des monuments. J’écris pour reprendre cette parole car nous avons bien le droit de raconter ce que nous sentons, nous aussi, à la vue de ces milliers de listes sans fin qui portent leurs noms, les nôtres.
    Cette guerre fut une guerre entre Etats. Des millions de jeunes hommes moururent, enfouis dans la boue, pour des institutions politiques qui firent converger les sommets de propagandes les plus abjectes avec la plus totale inconséquence stratégique, la plus folle absence de clairvoyance, la plus totale absence de responsabilité historique, et, c’est bien naturel pour un Etat, la plus totale absence de sensibilité.
    La Grande Guerre vit aussi l’héroïsme, la fraternité, le dévouement et le meilleur de ce que les hommes trouvent au fond d’eux dans la communauté du combat, avant de jeter leur vie dans le brasier de la guerre.
    Cette guerre ouvrit la grande porte de la dépression des peuples européens, ruinés moralement par l’effondrement symbolique de leurs valeurs ancestrales par une guerre machiniste où la valeur des hommes comptait moins que la force de l’industrie. Ils furent sidérés par le manque de clairvoyance de leurs élites, ce qui produisit bientôt le délabrement même du principe d’une hiérarchie sociale. Il furent trahis par la folie suicidaire de leurs institutions qui ne purent les protéger mais, bien pire, détruisirent finalement la vie à la racine.
    Cette guerre fut un tombeau, non seulement pour les multitudes de jeunes hommes qui moururent alors, mais pour une civilisation. Un cataclysme psychologique qui entraînera à sa suite les pires horreurs du XXe siècle.
    La Première Guerre mondiale provoqua un affaiblissement vital et moral des Européens qui, depuis, cherchent, méfiants, les élites, les institutions, les pouvoirs entre les mains desquels nous pourrons refleurir. Depuis cette guerre absurde, les Européens effrayés, puis démoralisés, méfiants et désespérés, cherchent les fondations sur lesquelles s’appuyer, des fondations qui sauront les protéger des folies idéologiques des minorités dangereuses et assurer leur survie spirituelle, culturelle et sensible.
    Ceux qui voient clair savent que le cycle ouvert en 1914 n’est pas encore refermé. Il ne se refermera que lorsque nous aurons résolu la totalité des conséquences de la Grande Guerre et assuré notre persistance dans l’histoire. Face au Grand Remplacement de population que nous subissons aujourd’hui, nous avons, cette fois, le choix de ne pas nous laisser faire, de ne pas nous laisser endoctriner et de nous révolter, ensemble, contre ceux qui mènent les Européens à l’abîme.
    C’est ce que je sens, ce dont je me souviens et ce que je vois, chaque année, dans le silence et le vent d’automne, des commémorations du 11 novembre.
     Laurent Ozon, laurent.ozon@me.com, 9/11/2013
    http://www.polemia.com/le-silence-du-11-novembre/

  • « L'Europe risque de disparaître » : entretien avec René Marchand