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culture et histoire - Page 1745

  • Cours d’histoire : les élèves de 5ème doivent savoir se repérer dans une mosquée

    BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux) – Il faut désormais vous y faire. Nos chères têtes blondes doivent connaitre l’islam. Cet apprentissage n’est pas le fait de leurs camarades de classe, toujours plus nombreux, adeptes de cette religion, mais des manuels d’histoire au programme de la classe de 5ème. L’histoire se passe dans un collège de Bordeaux, et est narrée par nos confrères d’Islam Confidentiel, lettre hebdomadaire « dédiée à la question de l’islam, en France et dans le monde ».

    « Le document que nous reproduisons est un exercice exigé par un professeur d’une classe de 5e – les enfants ont autour de 13 ans – dans un collège de Bordeaux ! L’enfant doit apprendre à « se repérer dans une mosquée » !

    Il doit donc situer, sur le plan fourni, qui est celui de la mosquée de Kairouan, en Tunisie, l’emplacement de la qibia (le mur indiquant la direction de La Mecque…), du minaret, du mirhab (« cavité symbolisant la présence de Mohammed », le nom de Mahomet étant ici orthographié au plus proche de sa transcription de l’arabe), ou encore le minbar (l’équivalent de la chaire pour l’imam), ce qui est aussi l’occasion pour les enfants d’apprendre plein de mots nouveaux…

    Cours d’histoire : les élèves de 5em doivent savoir se repérer dans une mosquée

    Une initiative (malheureuse) du professeur ? Même pas. Celui-ci n’a fait qu’utiliser le manuel d’histoire-géographie de 5e publié par les éditions Belin, qui s’ouvre par un chapitre consacré aux débuts de l’islam. On y lit que cette religion a produit une « civilisation brillante », on y apprend la liste des « premiers califes » (jusqu’au XIIIe siècle…), on y découvre que, sous domi­nation mahométane, « les autres religions sont autorisées et encadrées par certaines règles contrai­gnantes », ce qui pourrait être l’occasion d’apprendre aux élèves le sens du mot euphémisme… Après quoi on peut passer à « l’Occident féodal », où l’on voit que les paysans ne travaillaient toute l’année que pour payer les impôts que les seigneurs (chrétiens) exigeaient d’eux.

    Mémoricide d’un côté, construction d’une mémoire factice sur des bases erronées de l’autre. Il n’y manque que l’adresse de l’imam le plus proche, pour la conversion ».

    http://fr.novopress.info/142726/cours-dhistoire-les-eleves-5em-doivent-savoir-se-reperer-mosquee/

  • « Témoins de Jéhovah : la face occulte de la secte pédophile »

    temoins-de-jehovah-les-missionnaires-de-satan-laurent-glauzy-robin-de-ruiter.jpgCet article présente le dernier livre de Laurent Glauzy, Témoins de Jéhovah, les missionnaires de Satan (disponible ici) :

    La secte des Témoins de Jéhovah est considérée comme religion officielle en Italie, en Norvège, en Slovaquie, ainsi qu’en Bulgarie. Dans ce dernier pays, elle fit croire à un allègement de ses positions concernant le refus des transfusions sanguines, auxquelles elle ne s’opposa que très tardivement, à partir de 1945. En mars 1998, la Commission européenne des droits de l’homme et la mafia politique bulgare entérinèrent l’accord lui octroyant le statut de religion.

    À partir de documents inédits et traduits du néerlandais et de l’allemand, le livre Témoins de Jéhovah, les missionnaires de Satan, paru fin juin 2013,révèle l’identité de cette organisation ayant l’ambition d’être reconnue comme religion en France.

    Une élite d’escrocs et de détraqués sexuels

    Charles Taze Russell, né en 1852, en Pennsylvanie, descendant d’une famille juive, est le fondateur des Témoins de Jéhovah. Cette structure, issue du groupe des Étudiants de la Bible [nom des Témoins de Jéhovah avant 1931], apparait dans les années 1870. L’enseignement religieux du pasteur Russell s’appuie sur la seconde venue du Christ et la fin du monde. L’Armageddon a été annoncé en 1914, puis en 1915, 1918, 1925, 1941 et 1975 : « Un faux prophète réalise de fausses prophéties. » (De 18, 21)

    Russell est un escroc. En 1911, il essaie de vendre une variété de semences de blé qui est censée pousser cinq fois plus vite que les autres, à un prix soixante fois supérieur à celui du marché. Un examen effectué par le gouvernement conclut que le « blé miraculeux » n’est autre qu’une semence tout à fait ordinaire. Ce pasteur propose à ses disciples des boules de coton « miraculeuses », des haricots « millénaires », une boisson du nom de « Santone » qui guérit soi-disant du typhus, ainsi que des préparations « secrètes » contre le cancer.

    Russell est un détraqué sexuel. Sa femme le surprend maintes fois avec l’aide familiale et la secrétaire. Elle affirme qu’il lui est impossible d’être en compagnie d’une femme sans lui faire la cour.

    Russell décède après l’inspection de sa mine d’argent de Santa-Fe-Express, le 31 octobre 1916. Sa mort est enveloppée de mystères. Selon ses fidèles, un complot fut ourdi par son successeur, Joseph Franklin Rutherford, pour prendre sa succession. Du poison mis dans son repas serait la cause de la mort. Quoi qu’il en soit, son cadavre est enlevé durant le voyage afin de procéder dans les plus brefs délais à l’embaumement. L’incinération se déroule selon le rite rosicrucien.

    D’un point de vue moral, la vie de Rutherford est aussi scandaleuse que celle de Russell. Il fut condamné à deux reprises, en 1864 et 1867, pour comportement sexuellement déshonorant. Il fait également de la contrebande d’alcool avec le chef de la branche canadienne de la secte.

    Le nouveau président annonce pour 1925 la résurrection des patriarches de l’Ancienne Alliance. Pour les accueillir, un somptueux palais est édifié dans le quartier le plus huppé de San Diego. Alors que ses disciples attendent en vain la venue d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, Rutherford s’installe dans ce luxueux bâtiment. Connu pour ses invectives envers les gouvernants et l’Église catholique, il est publiquement accusé par un fidèle de visiter un cabaret de strip-tease. Il entretient une relation extraconjugale avec Bonnie Boyd, qui partage sa résidence de San Diego ; puis avec Vera Peal, qui l’accompagne lors de ses séjours en Europe.

    Pédophilie et Franc-maçonnerie

    Le journal norvégien Billedbladet NÅ du 5 octobre 1989 avertit que la hiérarchie de la nébuleuse internationale n’exclut pas les personnes ayant des mœurs sexuelles dépravées. Le journaliste Jan Fiksdal évoque les pratiques pédophiles d’un éminent membre norvégien, protégé par la secte. L’année suivante, en 1990, il abusera de treize autres enfants. Le 14 juillet 2002, un documentaire de la BBC, repris aux États-Unis par les chaînes CBS, CNN (mais pas en France), établit sur les témoignages de Bill Bowen - qui avait passé vingt ans au sein de la secte - l’existence d’un fichier secret faisant état de 23 720 cas de pédophilie. Il déclare : « Les pédophiles sont protégés par le système ».

    La secte de Brooklyn a toujours bénéficié du soutien de la Franc-maçonnerie. Déjà, en janvier 1924, un certain Dr Fehrmann, en tant que témoin principal, présente au tribunal helvète de Saint-Gall une lettre du 27 décembre 1922, écrite par un Franc-maçon du 33e grade de la loge de Boston et adressée à un « frère » suisse. Le courrier est ainsi libellé : « Votre demande concerne l’Association internationale des Étudiants de la Bible. Il est certain que ces gens nous sont utiles. Nous leur offrons par des moyens connus, mais indirects, d’importants capitaux provenant de nombreux « frères » qui, pendant la guerre, ont gagné beaucoup d’argent. Cela ne met pas à mal leur portefeuille ! Ce sont des Juifs. (…) Le principe, pour envahir un pays est d’utiliser ses faiblesses et de miner ses piliers. En Europe, nos ennemis sont les protestants et les catholiques… »

    Russell : l’ami du B’naï B’rith

    Russell est, aux États-Unis, le premier et le plus grand précurseur du sionisme. Pour rendre attrayant le projet d’émigration vers la Palestine, il publie le journal hébreu Di Shtimme (La voix). Des millions d’exemplaires sont distribués gratuitement dans le monde entier. Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, ambassadeur d’Israël aux Nations unies (1984-1988), déclare même : « Le rôle important du pasteur Russell comme combattant du sionisme ne peut être écarté. »

    Selon les écrits de Russell, les Juifs seraient les seigneurs du monde et toutes les nations devraient se convertir au judaïsme. Les Juifs seraient, en ce qui concerne la morale (dont il est un fin connaisseur !) et l’intelligence, supérieurs aux chrétiens. Yona Malachy, ancien Premier ministre des Affaires religieuses de l’État d’Israël, décrit Russell comme un grand défenseur du sionisme. Russell est un ami de Stephen Wise, rabbin, franc-maçon et chef du B’naï B’rith, et entretint des liens très étroits avec les Morgan, Rockefeller, Rothschild et Warburg.

    La collaboration avec l’Allemagne national-socialiste

    Sous la direction de Rutherford, au début des années 1930, la secte opère un changement radical à l’égard des Juifs. Dès 1932, la secte prétend que les promesses sionistes de la Bible ne s’adressent pas aux Juifs, et que le sionisme est l’œuvre du démon. Les publications des Témoins de Jéhovah diffusent alors des déclarations antisémites. Dans la revue Trost du 15 juillet 1938, Rutherford soutient qu’il existe une alliance entre le peuple juif et l’organisation du diable.

    Dans la Déclaration des faits, document de collaboration de la secte, Rutherford approuve la politique d’Hitler, et s’oppose à l’oppression de l’humanité par le grand capital, ainsi qu’à la Société des Nations. Il avance que Jéhovah et Jésus-Christ se seraient tenus du côté des nationaux-socialistes.

    Malgré les flagorneries les plus basses de Rutherford, le Reich prononce l’interdiction de la secte le 29 juin 1933, en raison du désordre public qu’elle provoque. Par exemple, en Bavière, les Témoins de Jéhovah perturbent les funérailles de familles catholiques pour faire du prosélytisme.

    Le 9 septembre 1934, lors d’un congrès international qui a lieu à Bâle, les Témoins de Jéhovah sont tenus de reprendre leurs activités de prédication en Allemagne. Cet acharnement condamne les adeptes à la dissidence et aux camps de concentration. Et, tandis que les objecteurs de conscience sont condamnés à mort, la secte encourage a contrario ses fidèles suisses à effectuer le service national. Ce double jeu assure en fait le maintien de la centrale de Berne. Le Département d’État américain est le plus grand allié de la secte, et nous supposons que la capitale suisse sert d’antenne pour communiquer des informations au pouvoir américain.

    Fin 1942, Himmler transmet l’instruction de traiter avec maints égards les Témoins de Jéhovah dans les camps de concentration. À Auschwitz et Ravensbrück, ils reçoivent des papiers d’identité leur accordant un élargissement des droits de sortie. Les Témoins de Jéhovah prêchent leur foi auprès des autres détenus : dans son plan d’invasion de la Russie, le chef de la police du Reich entend se servir des Témoins de Jéhovah pour remplacer l’Église traditionnelle orthodoxe. En 1957, 40 % des Témoins de Jéhovah soviétiques ont connu les camps de concentration. En Sibérie, des villages entiers et des petites villes ont été gagnés aux enseignements de la secte.

    Après la Seconde Guerre mondiale, Erich Frost, présenté comme un opposant au régime national-socialiste, est le nouveau dirigeant de la Société de la Tour de Garde, en Allemagne. Il révéla à la Gestapo les différents lieux de rendez-vous et les noms des adeptes. Alors que Frost aurait dû être frappé par une mesure d’exclusion, la direction de Brooklyn ferme les yeux. Ce collaborateur demeure un membre éminent de la secte jusqu’à sa mort, en 1987.

    Les pratiques sataniques

    Les Témoins de Jéhovah représentent une secte satanique. Leur Bible, la Traduction du monde nouveau, est passée par une multitude d’« améliorations », pour la faire coïncider avec leurs principes doctrinaires. Pour ce faire, l’organisation utilise les textes de Johannes Greber, prêtre catholique allemand excommunié qui, dans les années 1920, pratique des séances de spiritisme pour interpréter les Écritures.

    Dans The Watchtower and the Masons, l’ancien officier US et pasteur Fritz Springmeier, soutient que Russell est un Templier. Il expose notamment que la Société de la Tour de Garde se traduit en hébreu par Mizpah : partie essentielle de la magie énochienne, pratiquée par les Illuminés de Bavière, de nombreuses sectes et les partisans du New Age. Il affirme que la direction de la secte parle dans la langue d’Énoch, réservée aux élites satanistes. Springmeier expose d’ailleurs dans 13 Bloodlines of the Illuminati que Russell fait partie des treize familles sataniques dirigeant le monde, parmi lesquelles se trouvent les Rockefeller, Rothschild, etc.

    Dans ses parutions, la secte se sert de représentations subliminales et sataniques. À la page 17 de Vous pouvez vivre éternellement sur une Terre qui deviendra un paradis (1982), la chevelure du Christ, juste au dessus du front, cache le visage du diable.

    En octobre 1992, est fondé le FIREPHIM. Ce cartel vise l’admission de sectes au rang de religion. Les Témoins de Jéhovah y côtoient les sorcières de la Wicca, la secte Moon (subventionnée par Rockefeller) et l’église de Scientologie jouissant du statut de religion en Espagne depuis 2008. Le fils du fondateur, Ron Hubbard, affirme que son père est le successeur d’Aleister Crowley. Le mage sataniste et Franc-maçon sacrifia 150 enfants par an entre 1912 et 1928 (Cf. : A. Crowley, In Magick in Theory and Practice, ch. 12).

    De 1992 à 2001, les Témoins de Jéhovah ont été affiliés aux Nations unies en tant qu’Organisation non gouvernementale. La Bonne volonté mondiale, fondée en 1932, avait déjà été reconnue comme ONG par les Nations unies. Ce mouvement est une filiale de la Lucifer Trust qui, en 1922, pour plus de discrétion, se rebaptisa Lucis Trust ayant pour but avoué la destruction de l’humanité.

    Décidément, la Commission européenne des droits de l’homme et l’ONU sont bien clémentes à l’égard des satanistes.

    Laurent Glauzy

    http://www.contre-info.com/temoins-de-jehovah-la-face-occulte-de-la-secte-pedophile#more-29875

  • La publicité élément clé de l’idéologie dominante (1/5)

    Avant d’aborder la question de savoir comment la publicité se met au service de l’idéologie dominante, il convient de rappeler quelle est cette idéologie.
    L’idéologie dominante est un mélange (explosif) de trois composantes principales :
    - l’idéologie des Lumières, revisitée par l’idéologie libertaire de Mai-1968 et qui s’exprime notamment aujourd’hui dans la nouvelle idéologie des droits de l’homme, l’antiracisme, et la promotion de la « diversité » et du cosmopolitisme ;
    - le libre-échange comme modèle économique et le monde anglo-saxon comme modèle social ;
    - la prétention à créer un homme nouveau et une société nouvelle, qui emprunte à l’appareil idéologique de la gauche et qui suppose de s’affranchir des principes démocratiques traditionnels, pour imposer à la population des évolutions qu’elle ne souhaite pas.
    Au plan sociologique cette idéologie sert de justification et de levier à la prise du pouvoir par l’oligarchie des dirigeants des grandes entreprises mondialisées et des institutions financières, au sein des sociétés occidentales (post-démocratie).
    Pourquoi la publicité diffuse-t-elle cette idéologie ?
    Cinq raisons.
    A) La publicité, une idéologie intrusive
    A.1. La persuasion publicitaire est une idéologie
    A.1.1. Selon la définition de l’idéologie selon Jean Baechler (Qu’est-ce que l’idéologie ? Idées Gallimard, 1976), la publicité est une idéologie, c’est-à-dire un discours qui vise à produire des effets sur le comportement de ceux qui le reçoivent. L’idéologie politique est un discours qui vise une finalité politique (en particulier qui légitime la distinction ami/ennemi).
    La publicité est une idéologie à finalité commerciale qui vise à légitimer un comportement d’achat compulsif.
    Par essence la publicité est donc une « manipulation » qui vise à provoquer un comportement que le sujet n’a pas nécessairement voulu consciemment ou personnellement. Vance Packard définit ainsi dès 1957 les publicitaires comme des « manipulateurs » (La Persuasion clandestine, Calmann-Lévy, 1958).
    La publicité s’efforce en effet de faire apparaître au client potentiel que le produit qu’elle met en scène présente :
    - une valeur perçue supérieure à son coût perçu : il s’agit de mettre l’accent sur les qualités réelles et supposées (ex. la mise en exergue de qualités en réalité accessoires : les gadgets destinés à vendre des automobiles, alors qu’ils n’augmentent pas en général les performances ou la sécurité du véhicule, et à en diminuer le coût apparent (d’achat [ex. 499 € et non pas 500…] ou d’usage) ;
    - une valeur supérieure à celle des produits de la concurrence (même si la publicité comparative est interdite).
    Il s’agit donc à chaque fois de jouer sur les perceptions du sujet autant et sinon plus que sur le produit lui-même. Pour cette raison la publicité se rattache à la désinformation, à l’action psychologique et à l’influence.
    A.1.2. Il n’y a pas de différence de nature entre publicité, propagande et influence, sinon que les émetteurs des messages peuvent différer. La publicité est une forme d’influence de la population qui ne se différencie pas fonctionnellement de la désinformation à caractère politique, idéologique ou sectaire. La seule différence tient à ce que cette désinformation se développe à une échelle très vaste et qu’elle est encouragée ouvertement.
    Par contre, la cible est bien la même : formater le même citoyen, qu’il se présente sous la forme de l’électeur, du lecteur, de l’auditeur, du téléspectateur ou du consommateur.
    Non seulement la cible est la même, mais le contenu des messages est en outre très proche au fond, qu’il s’agisse de la propagande médiatique ou de la propagande publicitaire. « La publicité n’est pas seulement parole commerciale, mais aussi parole politique, parole sociale, parole morale, discours idéologique toujours. Elle est le langage dominant de la culture », Bernard Cathelat (Publicité et Société, Payot 2001).
    A.1.3. La publicité (comme la propagande politique…) aime se présenter sous la forme de communication (ex. la charte de Publicis fait référence à la communication et non à la publicité). Lors de l’ouverture de la télévision française à la publicité (le 1er octobre 1968 sur la première chaîne et en 1971 sur la seconde, soit après Mai-1968, ce qui est significatif), le slogan était d’ailleurs « Avec la publicité vous êtes informés » : une façon d’identifier information et publicité.
    Mais c’est une communication biaisée car :
    - elle ne repose pas sur un dialogue ni sur une demande : elle impose des messages unilatéralement au public pour le transformer en consommateur ;
    - les publicitaires s’arrogent en outre le droit intrusif de « communiquer » quand bon leur semble (ex. coupures de films, publicité subliminale, profilage des consommateurs, envoi de messages publicitaires sur Internet, ciblage du profil des internautes, etc.) et en tout cas de plus en plus.
    En fait, ce n’est pas de la communication mais bien de l’intrusion, une intrusion à caractère totalitaire, en outre.
    A.2. La persuasion publicitaire est une coercition
    La publicité relativise la portée de l’affirmation selon laquelle la concurrence et le marché donnent au consommateur la liberté de choisir le produit « qu’il veut » (le consommateur/client n’est-il pas roi ?). En fait, cette liberté du choix cache l’obligation de choisir, donc d’acheter, comme le souligne de son côté François Brune : obligation justement créée par la désinformation publicitaire.
    A.2.1. Les techniques de manipulation publicitaire ont commencé d’être théorisées aux Etats-Unis au moment de la seconde guerre mondiale, lorsqu’il s’agissait de préparer les ménages américains à l’économie de guerre (cf. travaux de Kurt Lewin, Décisions de groupe et changement social, 1947). Les travaux de Lewin ont montré qu’en passant d’un modèle de commandement à un modèle plus suggestif, car donnant l’apparence du libre choix, on parvenait mieux à faire changer le comportement des gens (en l’occurrence les ménagères américaines) dans le sens souhaité.
    Dans la suite de ces analyses fondatrices, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois (Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, PUG [Presses universitaires de Grenoble] 2002), enseignants de psychologie sociale, affirment que les techniques de manipulation sont d’autant plus efficaces qu’elles sont pratiquées dans un contexte de liberté de choix apparente. Les études montrent que les comportements attendus seraient 25% fois plus élevés quand l’expérimentateur a apparemment donné le choix à ses sujets (« mais-bien-sûr-vous-êtes-libre-de ») que dans le cas contraire.
    A.2.2. La publicité est justement une douce coercition qui repose sur la fiction du choix raisonné laissé au consommateur. Mais c’est une désinformation car la publicité vise à provoquer en réalité l’achat compulsif permanent.
    Joule et Beauvois, dans leur Petit traité, mettent l’accent sur le comportement de persévération comme vecteur de manipulation, c’est-à-dire le fait que les personnes aient tendance à adhérer durablement à leurs décisions initiales en rationalisant leurs choix a posteriori, même si ces décisions se révèlent peu profitables.
    Comme l’écrivent Joule et Beauvois on peut se demander paradoxalement « si l’une des fonctions essentielles des images publicitaires, plutôt que d’appâter le client potentiel, ce que l’on proclame, ne serait pas de conforter les clients effectifs dans les comportements d’achat qu’ils ont déjà réalisés, ce qu’on ne dit pas » (op. cit., page 224).
    - La « fidélisation » des consommateurs autour des marques renvoie clairement à ce processus de persévération/rationalisation.
    - La publicité cherche en outre à créer une tension destinée à donner naissance à une envie à assouvir (créer une envie pour la transformer ensuite en « besoin »). D’après certaines études (notamment évoquées par V. Packard), 7 achats sur 10 seraient compulsifs, comme pour se libérer d’une tension (qui a été provoquée par la manipulation publicitaire justement).
    Vance Packard montre comment les psychologues, les psychiatres et les psychanalystes ont investi après la seconde guerre mondiale le domaine de la publicité et des relations publiques aux Etats-Unis. Ils vont en effet fonder une nouvelle démarche publicitaire sur le principe que les attentes des consommateurs ne sont pas rationnelles et qu’une publicité efficace passe par « l’analyse » de leurs mobiles et motivations réels, afin de découvrir et d’exploiter leurs phobies ou leurs préférences cachées. D’où le développement exponentiel des recherches de motivation (à base d’entretiens, de sondages ou de dynamiques de groupe) pour connaître les « véritables raisons » pour lesquelles les gens achètent ou n’achètent pas un produit. Comme dans la démarche psychanalytique, il s’agissait de « libérer » le consommateur en quelque sorte du refoulé qui ferait obstacle à sa pulsion de consommation.
    Packard mettait par exemple en lumière le fait que les supermarchés (et a fortiori les hypermarchés de nos jours !) ont justement pour effet de soumettre le consommateur à un stress créé par l’accumulation de produits sur les rayons, dont il doit se libérer justement en remplissant son caddie. Accessoirement les étalages sont conçus pour attirer l’œil des client(e)s sur les produits où la marge de profit est la plus grande (notamment par l’usage des couleurs ou des emballages adéquats), ou sont constamment maintenus pleins car cela stimule l’achat (22% d’achats en plus si les rayons sont toujours pleins (op. cit., page 106). Il cite des études montrant aussi que les achats sont moindres quand le client doit s’adresser à un vendeur plutôt que se servir lui-même (ce qui était d’ailleurs la règle jusque dans les années 1950).
    Il ne s’agit pas que d’une approche de théoriciens.
    Ainsi, par exemple, M6 Publicité, en collaboration avec Ipsos Trend Observer, présentant ses tendances publicitaires pour 2013 insiste sur trois axes majeurs : la créativité pour tous (« jusqu’à l’exubérance, l’extravagance »), le luxe pour tous (merci la crise !!!…) et la « liberté avant tout », c’est-à-dire le « sans engagement, sans contrainte d’une consommation rapide et spontanée » (sic)… (La Correspondance de la presse du 18 avril 2013). C’est reconnaître ouvertement que l’on vise l’achat compulsif « spontané » et non pas raisonné.
    Michel Geoffroy, 6e Journée de la réinformation, 26/10/2013
    http://www.polemia.com/polemia-6e-journee-de-la-reinformation-la-publicite-element-cle-de-lideologie-dominante-15/

  • L’AF 2000, un instrument fondamental dans la diversité royaliste

    La qualité de « L’Action Française 2000 » ne se dément pas.

    Le dernier numéro titre sur « Les Français rejettent les partis », thème de l’éditorial de François Marcilhac.

    Il contient aussi un dossier sur « Immigration, le naufrage de l’Europe »

    - et des articles de Flavien Bertran de Balanda (sur l’islamo-laïcité),

    - Philippe Besnard sur le travail du dimanche,

    - d’Aristide Leucate sur « la topographie du FN », et d’autres encore,

    - sans oublier un entretien avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn sur le pape François.

    Il est indispensable de se le procurer, soit auprès des vendeurs volontaires, soit chez les marchands de journaux (cliquer ici), soit par internet (cliquer ici).

    Mais, justement, à l’époque d’internet, n’est-il pas ringard de promouvoir encore un journal papier ?

    Internet a de grandes qualités. Il est rapide et permet d’obtenir vite une large audience. Il est facile d’accès et permet l’expression de nombreuses sensibilités.

    L’imprimé permet de présenter les idées maurrassiennes dans une publication facile à lire et à transporter. La vente à la criée est une bonne école militante pour les jeunes d’Action Française. Elle permet de montrer une présence réelle dans la rue et non pas dans le monde virtuel. Elle facilite les contacts et les discussions.

    La suite dans le blog de l’Action francaise Provence

  • René Guénon : « Le symbolisme du Graal »

    Nous faisions allusion tout à l’heure aux « Chevaliers de la Table Ronde »; il ne sera pas hors de propos d’indiquer ici ce que signifie la « queste du Graal », qui, dans les légendes d’origine celtique, est présentée comme leur fonction principale. Dans toutes les traditions, il est fait ainsi allusion à quelque chose qui, à partir d’une certaine époque, aurait été perdu ou caché: c’est, par exemple, le Soma des Hindous ou le Haoma des Perses, le « breuvage d’immortalité », qui, précisément, a un rapport fort direct avec le Graal, puisque celui-ci est, dit-on, le vase sacré qui contient le sang du Christ, lequel est aussi le « breuvage d’immortalité ». Ailleurs, le symbolisme est différent: ainsi, chez les Juifs, ce qui est perdu, c’est la prononciation du grand Nom divin [01]; mais l’idée fondamentale est toujours la même, et nous verrons plus loin à quoi elle correspond exactement.

    Le Saint-Graal est, dit-on, la coupe qui servit à la Cène, et où Joseph d’Arimathie recueillit ensuite le sang et l’eau qui s’échappaient de la blessure ouverte au flanc du Christ par la lance du centurion Longin. Cette coupe aurait été, d’après la légende, transportée en Grande-Bretagne par Joseph d’Arimathie lui-même et Nicodème [02]; et il faut voir là l’indication d’un lien établi entre la tradition celtique et le Christianisme. La coupe, en effet, joue un rôle fort important dans la plupart des traditions antiques, et sans doute en était-il ainsi notamment chez les Celtes; il est même à remarquer qu’elle est fréquemment associée à la lance, ces deux symboles étant alors en quelque sorte complémentaires l’un de l’autre; mais ceci nous éloignerait de notre sujet [03].

    Ce qui montre peut-être le plus nettement la signification essentielle du Graal, c’est ce qui est dit de son origine: cette coupe aurait été taillée par les Anges dans une émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute. Cette émeraude rappelle d’une façon très frappante l’urnâ, la perle frontale qui, dans le symbolisme hindou (d’où elle est passée dans le Bouddhisme), tient souvent la place du troisième œil de Shiva, représentant ce qu’on peut appeler le « sens de l’éternité », ainsi que nous l’avons déjà expliqué ailleurs. Du reste, il est dit ensuite que le Graal fut confié à Adam dans le Paradis terrestre, mais que, lors de sa chute, Adam le perdit à son tour, car il ne put l’emporter avec lui lorsqu’il fut chassé de l’Eden; et, avec la signification que nous venons d’indiquer, cela devient fort clair. En effet, l’homme, écarté de son centre originel, se trouvait dès lors enfermé dans la sphère temporelle; il ne pouvait plus rejoindre le point unique d’où toutes choses sont contemplées sous l’aspect de l’éternité. En d’autres termes, la possession du « sens de l’éternité » est liée à ce que toutes les traditions nomment, comme nous l’avons rappelé plus haut, l’« état primordial », dont la restauration constitue le premier stade de la véritable initiation, étant la condition préalable de la conquête effective des états « suprahumains ». Le Paradis terrestre, d’ailleurs, représente proprement le « Centre du Monde »; et ce que nous dirons dans la suite, sur le sens originel du mot Paradis, pourra le faire mieux comprendre encore.

    Ce qui suit peut sembler plus énigmatique: Seth obtint de rentrer dans le Paradis terrestre et put ainsi recouvrer le précieux vase; or le nom de Seth exprime les idées de fondement et de stabilité, et, par suite, il indique en quelque façon la restauration de l’ordre primordial détruit par la chute de l’homme [04]. On doit donc comprendre que Seth et ceux qui après lui possédèrent le Graal purent par là même établir un centre spirituel destiné à remplacer le Paradis perdu, et qui était comme une image de celui-ci; et alors cette possession du Graal représente la conservation intégrale de la tradition primordiale dans un tel centre spirituel. La légende, d’ailleurs, ne dit pas où ni par qui le Graal fut conservé jusqu’à l’époque du Christ; mais l’origine celtique qu’on lui reconnaît doit sans doute laisser entendre que les Druides y eurent une part et doivent être comptés parmi les conservateurs réguliers de la tradition primordiale.

    La perte du Graal, ou de quelqu’un de ses équivalents symboliques, c’est en somme la perte de la tradition avec tout ce que celle-ci comporte; à vrai dire, d’ailleurs, cette tradition est plutôt cachée que perdue, ou du moins elle ne peut être perdue que pour certains centres secondaires, lorsque ceux-ci cessent d’être en relation directe avec le centre suprême. Quant à ce dernier, il garde toujours intact le dépôt de la tradition, et il n’est pas affecté par les changements qui surviennent dans le monde extérieur; c’est ainsi que, suivant divers Pères de l’Eglise, et notamment saint Augustin, le déluge n’a pu atteindre le Paradis terrestre, qui est « l’habitation d’Hénoch et la Terre des Saints [05] », et dont le sommet « touche la sphère lunaire », c’est-à-dire se trouve au-delà du domaine du changement (identifié au « monde sublunaire »), au point de communication de la Terre et des Cieux [06] . Mais, de même que le Paradis terrestre est devenu inaccessible, le centre suprême, qui est au fond la même chose, peut, au cours d’une certaine période, n’être pas manifesté extérieurement, et alors on peut dire que la tradition est perdue pour l’ensemble de l’humanité, car elle n’est conservée que dans certains centres rigoureusement fermés, et la masse des hommes n’y participe plus d’une façon consciente et effective, contrairement à ce qui avait lieu dans l’état originel [07], telle est précisément la condition de l’époque actuelle, dont le début remonte d’ailleurs bien au delà de ce qui est accessible à l’histoire ordinaire et « profane ». La perte de la tradition peut donc, suivant les cas, être entendue dans ce sens général, ou bien être rapportée à l’obscuration du centre spirituel qui régissait plus ou moins invisiblement les destinées d’un peuple particulier ou d’une civilisation déterminée; il faut donc, chaque fois qu’on rencontre un symbolisme qui s’y rapporte, examiner s’il doit être interprété dans l’un ou l’autre sens.

    D’après ce que nous venons de dire, le Graal représente en même temps deux choses qui sont étroitement solidaires l’une de l’autre: celui qui possède intégralement la « tradition primordiale », qui est parvenu au degré de connaissance effective qu’implique essentiellement cette possession, est en effet, par là même, réintégré dans la plénitude de l’« état primordial ». A ces deux choses, « état primordial » et « tradition primordiale », se rapporte le double sens qui est inhérent au mot Graal lui-même, car, par une de ces assimilations verbales qui jouent souvent dans le symbolisme un rôle non négligeable, et qui ont d’ailleurs des raisons beaucoup plus profondes qu’on ne se l’imaginerait à première vue, le Graal est à la fois un vase (grasale) et un livre (gradale ou graduale), ce dernier aspect désigne manifestement la tradition, tandis que l’autre concerne plus directement l’état lui-même.

    Nous n’avons pas l’intention d’entrer ici dans les détails secondaires de la légende du Saint-Graal, bien qu’ils aient tous aussi une valeur symbolique, ni de suivre l’histoire des « Chevaliers de la Table Ronde » et de leurs exploits; nous rappellerons seulement que la « Table Ronde », construite par le roi Arthur sur les plans de Merlin, était destinée à recevoir le Graal lorsqu’un des Chevaliers serait parvenu à le conquérir et l’aurait apporté de Grande-Bretagne en Armorique. Cette table est encore un symbole vraisemblablement très ancien, un de ceux qui furent toujours associés à l’idée des centres spirituels, conservateurs de la tradition; la forme circulaire de la table est d’ailleurs liée formelement au cycle zodiacal par la présence autour d’elle de douze personnages principaux [08], particularité qui, comme nous le disions précédemment, se retrouve dans la constitution de tous les centres dont il s’agit.

    Il y a encore un symbole qui se rattache à un autre aspect de la légende du Graal, et qui mérite une attention spéciale: c’est celui de Montsalvat (littéralement « Mont du Salut »), le pic situé « aux bords lointains dont nul mortel n’approche », représenté comme se dressant au milieu de la mer, dans une région inaccessible, et derrière lequel se lève le Soleil. C’est à la fois l’« île sacrée » et la « montagne polaire », deux symboles équivalents dont nous encore à reparler dans la suite de cette étude; c’est la « Terre d’immortalité », qui s’identifie naturellement au Paradis terrestre. Pour en revenir au Graal lui-même, il est facile de se rendre compte que sa signification première est au fond la même que celle qu’a généralement le vase sacré partout où il se rencontre, et qu’à notamment, en Orient, la coupe sacrificielle contenant originairement, comme nous l’indiquons plus haut, le Soma védique ou le Haoma mazdéen, c’est-à-dire le « breuvage d’immortalité » qui confère ou restitue, à ceux qui le reçoivent avec les dispositions requises, le « sens de l’éternité ».

    Notes :

    [01] : Nous rappellerons aussi, à cet égard, la « Parole perdue » de la Maçonnerie, qui symbolise pareillement les secrets de l’initiation véritable; la « recherche de la Parole perdue » n’est donc qu’une autre forme de la « queste du Graal ». Ceci justifie la relation signalée par l’historien Henri Martin entre la « Massenie du Saint-Graal » et la Maçonnerie; et les explicaitons que nous donnons ici permettront de comprendre ce que nous disions, à ce propos, de la connexion très étroite qui existe entre le symbolisme même du Graal et le « centre commun » de toutes les organisations initiatiques.

    [02] : Ces deux personnages représentent ici respectivement le pouvoir royal et le pouvoir sacerdotal; il en est de même d’Arthur et de Merlin dans l’institution de la « Table Ronde ».

    [03] : Nous dirons seulement que le symbolisme de la lance est souvent en rapport avec l’« Axe du Monde »; à cet égard, le sang qui dégoutte de la lance a la même signification que la rosée qui émane de l’« Arbre de Vie »; on sait d’ailleurs que toutes les traditions sont unanimes à affirmer que le principe vital est intimement lié au sang.

    [04] : Il est dit que Seth demeura quarante ans dans le Paradis terrestre; ce nombre 40 a aussi un sens de « réconciliation » ou de « retour au principe ». Les périodes mesurées par ce nombre se rencontrent très souvent dans la tradition judéo-chrétienne: rappelons les quarante jours du déluge, les quarante ans pendant lesquels les Israélites errèrent dans le désert, les quarante jours que Moïse passa sur le Sinaï, les quarante jours de jeûne du Christ.

    [05] : « Et Hénoch marcha avec Dieu, et il ne parut plus (dans le monde visible ou extérieur), car Dieu le prit » (Genèse, V, 24).

    [06] : « Ceci est conforme au symbolisme employé par Dante, situant le Paradis terrestre au sommet de la montagne du Purgatoire, qui s’identifie chez lui à la « montagne polaire » de toutes les traditions.

    [07] : La tradition hindoue enseigne qu’il n’y avait à l’origine qu’une seule caste, qui était appelée Hamsa; cela signifie que tous les hommes possédaient alors normalement et spontanément le degré spirituel qui est désigné par ce nom, et qui est au delà de la distinction des quatre castes actuelles.

    [08] : Les « Chevaliers de la Table Ronde » sont parfois au nombre de cinquante (qui était, chez les Hébreux, le nombre du Jubilé, et qui se rapporte aussi au « règne du Saint-Esprit »); mais même alors, il y en a toujours douze qui jouent un rôle prépondérent. – Rappelons aussi, à ce propos, les douze pairs de Charlemagne dans d’autres récits légendaires du moyen âge.

    René Guénon, dans « Le Roi du Monde » – 1927

    « Les figures du mythe et de la légende ne seraient, pense-t-on, que les sublimations abstraites de figures historiques, qui ont fini par prendre la place de ces dernières et par valoir en soi et pour soi d’une manière mythologique et fantastique. Or, c’est exactement le contraire qui est vrai, à savoir qu’il existe des réalités d’un ordre supérieur, métaphysique, diversement suggérées par le symbole ou par le mythe. Il peut arriver que, dans l’histoire, des structures ou des personnalités déterminées incarnent, dans -une certaine mesure, ces réalités. »

    Julius Evola

    http://la-dissidence.org/2012/09/11/le-symbolisme-du-graal-par-rene-guenon/

  • La politique est une science

    « Dieu merci, nous n’’avons pas à créer cette science de toutes pièces. Il y a depuis des siècles des maîtres pour l’’enseigner et l’’appliquer. Une longue expérience s’’est acquise à leur école. Les générations qui se sont suivies nous lèguent un précieux héritage de lumière. Nous n’’avons qu’à le recueillir et à le comprendre. Les enseignements qu’’il nous offre demandent à être vérifiés sur le passé par l’’histoire et sur le présent par l’’observation. Grâce à ce double travail de vérification, le vrai se distingue du faux ; le certain, du probable ; le nécessaire, du contingent. La raison procède donc en politique comme en philosophie ou en biologie. La politique est une science qui s’’apprend par le travail avec une méthode sous la direction de maîtres compétents. »
    Dom Besse
    Il n’’est pas superflu de rappeler que ces mots ne sortent pas de la bouche d’’un positiviste. Ils furent prononcés dans la chaire du Syllabus de l’’Institut d’’Action française par un moine bénédictin de Ligugé. Recueil d’’un an de conférences, Église et Monarchie fut publié en 1910.
    Dom Besse montre d’’abord que l’’Église romaine est une société organisée comme une nation, mais avec un but différent qui donne à chacune des sociétés des caractères distinctifs : « l’’une procure le bonheur de la terre, l’’autre, le bonheur des cieux. » La politique de l’’Église se comprend par l’’histoire qui la montre de l’’extérieur ; par le droit canon qui en révèle la structure ; par la théologie qui apprend qu’elle est sa vie intérieure dans laquelle la science ne fait que coordonner ce que la foi lui révèle.
    L’’Église a des droits universels mais elle ne les exerce que sur ses fidèles, et elle n’’est pas seule à avoir autorité sur eux : ses temples sont édifiés sur un sol qui appartient à un pays ; ses desservants ont une patrie qui a des droits sur eux. « Ses membres, ses terres, ses édifices appartiennent donc aux deux cités. L’’Église n’’entend pas les soustraire aux charges communes de la patrie ; il est juste que, de son côté, la patrie reconnaisse leur caractère ecclésiastique. »
    Comme l’’Église jouit d’’une constitution propre, l’’État ne peut l’’ignorer et des relations de société à société doivent nécessairement être instaurées. La politique de l’’Église consiste donc « dans la science et l'’art de son gouvernement intérieur et de ses rapports avec la société civile. » Tout cela est lumineux.
    Un concordat n’’est pas une concession ou un empiétement, c’’est l’’organisation légitime et nécessaire des rapports entre deux sociétés distinctes mais non séparées puisque les deux cités vivent l’’une dans l’’autre tout en évoluant chacune dans sa sphère propre. Mais il faut que les deux parties se respectent. Du jour où l’’État passe entre les mains des ennemis de Dieu, le concordat tombe de lui-même en fait avant d’’être dénoncé en droit. C’’est ce qui s’’est passé dans le courant du XIXe siècle et au début du XXe.
    Contre-Révolution
    Nous ne rapporterons pas dans le détail les neuf autres leçons de Dom Besse. Après avoir rappelé les diverses formes de monarchie, traditionnelle ou constitutionnelle, il montre l’’origine et le fonctionnement de la monarchie qui dirige l’’Église catholique, monarchie élective tempérée d’’aristocratie, « monarchie de droit divin, dans toute la force du terme ». Et seule cette monarchie permet l’’indépendance des Églises par rapport aux États.
    Après avoir défini l’’Église, sa politique, sa constitution monarchique, son attitude face à l’’État en général, Dom Besse passe aux rapports entre l’’Église et la dynastie capétienne : il expose les liens étroits, privilégiés, que l’’histoire a tissés entre les deux monarchies. Une leçon entière expose le sacre de nos rois qui fortifie religieusement les liens qui unissent le souverain à son peuple, renforçant et adoucissant à la fois l’’autorité et l’’obéissance.
    La dixième leçon porte sur la Papauté et la Révolution française. Elle montre la rupture de la tradition religieuse de la France, la condamnation pontificale de la révolution ecclésiastique, les insuffisances d’’un Concordat que les Gallicans contraignirent la Restauration à reconduire.
    Dom Besse conclut donc à l’’incompatibilité de l’’Église et de la Révolution. « L’’Église a politiquement échoué en France ». L’’une des causes est le viol de fait du Concordat par des hommes politiques hostiles au catholicisme ; l’’autre, moins visible mais plus profonde est que tout, dans la France telle que la Révolution l’a faite, contrariait l’’apostolat social de l’’Église. La France fut monarchique et chrétienne dès ses origines ; le trône et l’’autel, dit Dom Besse, y possèdent des intérêts communs en vue du Bien commun. L’’avenir moral et physique du pays passe donc par la contre-révolution.
    Gérard Baudin L’’Action Française 2000– du 21 décembre 2006 au 3 janvier 2007
    * Dom Besse : Église et Monarchie, Jouve & Cie Editeurs. Paris. 1910.

  • Jean Raspail : Notre civilisation est en train de disparaître

    Entretien. Écrivain, Jean Raspail décrivait en 1973, dans son roman “le Camp des saints”, la submersion de l’Europe par la multitude des migrants du tiers-monde.

    Que vous inspire la situation actuelle ?

    Jean Raspail - Vous savez, je n’ai guère envie de me joindre à la grande ronde des intellectuels qui passent leur temps à débattre de l’immigration… J’ai l’impression que ces colloques ne servent à rien. Le peuple sait déjà toutes ces choses, intuitivement : que la France, telle que nos ancêtres l’ont façonnée depuis des siècles, est en train de disparaître. Et qu’on amuse la galerie en parlant sans cesse de l’immigration sans jamais dire la vérité finale. Une vérité d’ailleurs indicible, constatait mon ami Jean Cau, car celui qui la proclame est immédiatement poursuivi, condamné puis rejeté. Richard Millet s’en est approché, voyez ce qui lui est arrivé !

    On dissimule aux Français la gravité du problème ?

    Oui. À commencer par les dirigeants politiques ! Publiquement, “tout va très bien, Madame la marquise”. Mais, la porte fermée, ils reconnaissent que “oui, vous avez raison : il y a un vrai problème”. J’ai sur ce sujet des lettres édifiantes de hauts responsables de gauche, de droite aussi, à qui j’avais envoyé le Camp des saints. “Mais vous comprenez : on ne peut pas le dire…” Ces gens-là ont un double langage, une double conscience. Je ne sais pas comment ils font ! Je pense que le désarroi vient de là : le peuple sait qu’on lui cache les choses. Aujourd’hui, des dizaines de millions de gens ne partagent pas le discours officiel sur l’immigration. Ils ne croient aucunement que ce soit une chance pour la France. Parce que le réel s’impose à eux, quotidiennement. Toutes ces idées bouillonnent dans leur crâne et ne sortent pas.

    Vous ne croyez pas possible d’assimiler les étrangers accueillis en France ? [...]

    La suite sur Valeurs Actuelles

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Jean-Raspail-Notre-civilisation