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culture et histoire - Page 1747

  • La civilisation hittite, 3.000 ans d’oubli

    L'univers hittite a échappé à la pelle des archéologues jusqu’au début du XXe s. Pourtant en 1737, le Suédois Jean Holter avait découvert un énigmatique bas-relief, plus tard, les savants de Bonaparte, puis le voyageur Burckardt en 1812 avaient à leur tour été intrigués par des pierres gravées de caractères curieux… Enfin le Français Charles Texier identifiait les ruines de Boghazkeny… L’élan était donné et les Hittites sortaient de l’oubli… [Photo : les étendards de bronze exhumés lors des fouilles d'Alaça-Höyük révèlent la virtuosité technique des Hittites pour réaliser ces alliages de cuivre et d'étain dès 3000 av. JC. (Musée des civilisations anatoliennes à Ankara)]

    Quand les Hittites, d'origine indo-européenne, font irruption en Asie Mineure (Anatolie) — la Turquie actuelle —, vers l'an 2000 avant JC, le Proche-Orient appartient aux 2 premières grandes civilisations : suméro-sémite en Mésopotamie, pharaonique en Égypte. Deux civilisations contemporaines, qui, l'une et l'autre, pourront revendiquer un jour plus de 3 millénaires d'existence. Mais autant l'Égypte est restée un monde relativement clos, qui n'a pas véritablement essaimé, autant la Mésopotamie est un monde exposé, sans frontières naturelles, sans remparts pour protéger ses cités égrenées le long des rives du Tigre et de l'Euphrate. Elle était donc condamnée à être envahie ou à envahir.

    Cependant, quel que soit le nombre des invasions subies, le haut degré de civilisation de Sumer fit que la Mésopotamie fut respectée et imitée sur les plans culturel, religieux, scientifique et technique, par les nouveaux venus. La vogue de Sumer, en tant que civilisation-mère, fut considérable. On ne peut la mesurer au sable désolant qui a enseveli ses cités fortifiées, alors que la pierre de la vallée du Nil de cesse de témoigner de la grandeur du monde égyptien. Dans les siècles qui entourent l'an 2000, nous allons donc assister à une valse des peuples et des empires. Les 2 Grands — l'Égypte, et Sumer avec ses héritiers — verront surgir d'autres puissances, qui participeront avec eux et en dépit de leurs affrontements mutuels, au progrès de la civilisation.

    Les nouvelles puissances seront issues, d'une part, des populations indo-européennes venues des steppes du Nord, et, d'autre part, des peuples sémites du Sud qui continueront à s'affirmer en Orient à partir de leurs domaines propres : l’Arabie, la Syrie-Palestine et la Mésopotamie. Tandis que l'Égypte, tel son sphinx impassible, restera égale à elle-même, sans exporter sa culture — sinon très tardivement à Méroé au Soudan 3 siècles avant JC, Sumer absorbera les mondes, indo-européen et sémite, pour éclater en un feu d’artifice de nouvelles et brillantes civilisations.

    Une jeune sève stimulante

    De même que le terme “sémite” désigne, non pas une race, mais un ensemble de peuples marqués par un environnement similaire, une langue, une psychologie et une culture communes, de même les Indo-Européens représentent un groupe linguistique culturel et humain aussi vaste que l'immense région qui les a façonnés : la steppe eurasienne, de la Hongrie à la Mongolie. Quand une masse aussi imposante se déplace, elle ne peut que faire du bruit. C'est ce qui se produisit à partir du IIIe millénaire. Les Indo-Européens — connus aussi en Iran et plus tard en Inde au XVe s. av. JC sous le nom d'Aryens — défrayèrent la chronique en distillant une jeune sève stimulante non seulement à l'Europe occidentale (Celtes, Germains) mais aussi à la Grèce et à l’Orient. Les Indo-Européens apportaient en l'an 2000 aux autres peuples déjà vieux d’un millénaire de civilisation, la légèreté, la mobilité, la rapidité de leurs chevaux et de leurs chars. Pour eux — pasteurs-éleveurs, nomades — se déplacer, vivre en mouvement perpétuel était une seconde nature.

    De modestes pasteurs se taillent un empire

    Parmi les vagues d’invasions indo-européennes, celle du peuple qui prit le nom de Hittite produisit, à partir de l'an 2000, en Anatolie, une véritable civilisation. Ces pasteurs-éleveurs, nomades, réussirent l'exploit de se tailler pour des siècles un puissant empire en Asie Mineure. Une place, en effet, était à prendre en Anatolie. C'était une zone naturelle de céréales sauvages, riche en minerai de fer et de cuivre. Une population locale y était organisée en principautés, tandis que des commerçants assyriens, venus avec leurs familles de leur pays situé au nord de Bagdad, avaient établi en Cappadoce des colonies prospères. Mais rien qui ressemblait à une puissance, à une cité. Telle était la situation que trouvait ce nouveau peuple débarqué en Orient. Il était sans doute parti de l'Europe de l'Est pour franchir le Bosphore ou traverser le difficile Caucase avant de s'immobiliser au cœur de l'Anatolie au pays de Hatti. C'est en s'inspirant du nom de cette contrée, que l'on prit désormais l'habitude de les appeler les Hittites.

    Une expansion jusqu'à la mer

    cart_h10.jpgLes Hittites devinrent une puissance redoutable. De l'Anatolie au Haut Euphrate et a la Méditerranée, ils se conduisirent en maîtres en Syrie, et Chypre et à Babylone qu'ils conquirent en 1595 av. JC. Leur vigueur naturelle, leur esprit d'invention leur assurèrent une expansion jusqu'à la mer. C'est ce qu'on trouve exprimé dans une prière hittite : « Force et Vigueur au Roi, à la Reine, aux Princes et à leurs troupes, et Puissent leurs terres être bornées par la mer, à gauche, et, à droite, par la mer ! ». Un texte plus tardif indique que ce vœu fut exaucé : « Et il fit d'eux les riverains des frontières de la mer ».

    La grandeur de l'empire

    L'importance du rôle de l'État hittite nous a surtout été révélée par la découverte de ses archives et de son art majestueux, qui a su créer des formes nouvelles. Hattousa, à 140 km à l'est d'Ankara, au voisinage de l'actuel village de Bogazköy, fut la prestigieuse capitale de l'empire hittite à son apogée aux XIVe et XIIIe siècles, particulièrement sous le règne de Souppilouliouma (1371-1345). Elle joua un rôle autant politique que religieux. On a dégagé de ses ruines non seulement les archives des rois hittites, sous forme de 10.000 tablettes rédigées en langue indo-européenne et transcrites en caractères cunéiformes, mais encore 5 temples et un palais juché au sommet d'une acropole, avec une enceinte fortifiée de 6 kilomètres. Les portes — not. celles des Lions — étaient décorées de sculptures d'une beauté saisissante. Dans les archives, figuraient non seulement des textes de lois très détaillés, mais un traité d'hippologie [L'art de soigner et d'entraîner les chevaux de guerre, rédigé par Kikkuli, Favre, 1998, tr. par É. Masson] en cunéiforme, cette écriture sumérienne que les Hittites avaient adoptée. Les Hittites eurent aussi, dès le XVe siècle, leur propre écriture très belle dite hiéroglyphe, utilisée surtout pour les inscriptions religieuses et les sceaux royaux. On n'en a pas encore percé tous les secrets.

    Deux villes superposées

    Le curieux sanctuaire rupestre de Yazilikaya, avec ses 2 chambres naturelles à ciel ouvert, se trouve à 1,5 km de Hattousa. Sur la roche calcaire, est sculpté le splendide cortège des 12 dieux, venus fêter, au printemps, le Nouvel An. Le roi Souppilouliouma Ier transforma, au XIVe s. apr. JC, la plus petite des 2 chambres en un temple consacré à son père divinisé, Toudhaliya III.

    À Alaça-Höyuk — au nord du village actuel de Bogazköy — on a mis au jour 2 villes superposées : celle des Hatti, la plus ancienne, et celle des Hittites, leurs envahisseurs. Ces 2 peuples furent, pendant un certain temps, voisins, puis mêlés, chacun possédant sa propre langue jusqu'à ce que les Hatti fussent complètement absorbés. Ainsi on a découvert de riches tombes princières datant de 2300 à 2000 av. JC appartenant aux Hatti. Les princes y étaient inhumés avec leurs objets personnels les plus précieux. On a retiré de cette ville des objets en or (diadème sacerdotal, ajouré, d'une grande finesse ; vase orné de cornaline) et en bronze (superbe cervidé de 52 cm, incrusté et plaqué d'argent ; taureaux, panthères). Les portes de la ville proprement hittite (1400 av. JC) étaient protégées par de grands sphinx sculptés dans les montants. Les croyances religieuses des Hittites étaient imprégnées de celles de leurs voisins : Babyloniens, Hourrites, Syriens. Mais leurs créations personnelles, exprimées dans leur art, ne manquèrent pas d’originalité. Les dieux rayonnaient force et lumière. Ils habitaient la Cité. Ils résidaient dans les temples. Les prêtres, et à leur tête, le roi qui était aussi le grand prêtre, étaient chargés de les laver, les vêtir, les nourrir — et les distraire par de la musique et de la danse. Les dieux s'absentaient, voyageaient, revenaient.

    À leur tête se trouvait le couple premier, Teshoub, dieu de l'orage et son épouse Hépat. Lors de l'inauguration d'un nouveau palais, le roi proclamait : « À moi, le roi, le dieu de l'Orage, le dieu-Soleil ont confié le pays et ma maison ». En effet, le roi représentait devant les dieux tout le peuple : descendants de la famille royale, noblesse, fonctionnaires, hommes libres, esclaves. Les rois défunts étaient divinisés.

    Les premiers chevaux dressés

    Un grand mystère plane sur la date et les circonstances exactes de l'installation des Hittites en Anatolie. Toutefois, on sait qu'ils arrivaient de cette steppe eurasienne où venait d’être domestiqué le Cheval. Les Hittites jouèrent donc un rôle important dans l'introduction en Orient du cheval domestiqué. C'était une révolution dans les moyens de transports. Il faut songer que ni Sumer, ni Akkad, au IIIe millénaire av. JC, ni l'Égypte pharaonique, ni la Ière dynastie de Babylone au début du IIe millénaire, ne connaissaient le cheval, en tant qu'animal de trait. La roue, que l'on trouve en Mésopotamie vers 3500 av. JC, était une roue pleine, encore assez grossière et les chars, tirés par des bœufs ou des onagres — ânes de grande taille —, ne servaient guère qu'à transporter les marchandises depuis les champs cultivés jusqu'aux magasins des palais ou des temples. Les transports lointains se faisaient à dos d'animal ou même à dos d'hommes.

    La domestication du cheval suscita une nouvelle invention : le char de guerre léger, muni de roues à rayons, comme on en voit sur les bas-reliefs. C'était une création indo-européenne. En profitèrent toutes les puissances d'Orient. Ainsi, à l'intérieur du temple d'Abou Simbel, en Haute Égypte, une fresque représente ces chars lors de la bataille de Qadesh (-1274), en Syrie, au nord de Damas, qui opposa, en 1285 av. JC, sous les murs de cette place forte, les troupes du pharaon Ramsès II à celles du roi hittite Mouwatalli II. Il n'y eut d'ailleurs ni vainqueur, ni vaincu, bien que chacun ait proclamé sa victoire. Une paix fut signée, et qui plus est, scellée par un mariage : Ramsès II épousa une princesse hittite. La pénétration égyptienne en Syrie était définitivement stoppée. À cette bataille, les Hittites disposaient, environ de 2.500 chars embarquant 7.500 hommes. C'est seulement vers l'an 1000 av. JC que le cheval devint assez fort pour être monté ; la selle n'apparut qu'au IVe s. apr. JC [quant à l'étrier, utilisé seulement à partir du IXe s. en Europe, il date du Ier s. en Inde du sud].

    La métallurgie du fer

    Un autre apport des Hittites est le secret de la métallurgie du fer. Il semble que ce secret ait été découvert en Asie Mineure ou en Syrie par dés forgerons hittites vers les XIVe et XIIIe siècles av. JC. Mais le secret fut jalousement gardé. Le fer, dont le minerai se trouvait en abondance sur place, était alors considéré comme un métal précieux. Les pharaons recevaient en présent, de leurs alliés hittites des objets en fer ! Le bronze plus facile a produire, était plus répandu. Et comme il était le résultat de l'alliage du cuivre et de l'étain, encore fallait-il, pour certains peuples faire venir, parfois de loin, ces 2 métaux. Avec le monopole de la fabrication du fer, les Hittites accrurent encore leur supériorité.

    Au XIIe siècle av. JC, l'empire hittite s'effondra, vraisemblablement sous les coups des Peuples de la mer ou d'autres peuplades barbares [Phrygiens], eux aussi d'origine indo-européenne. Une conséquence technique et économique de cet écroulement fut de hâter le passage de l'âge du bronze a celui du fer. En effet, la ruine de l'empire hittite entraîna la divulgation progressive d'un secret qui favorisa l'accession des civilisations à cet âge du fer, dans lequel s'inscrit encore, de nos jours, notre industrie moderne. La civilisation hittite demeurera encore vivante dans les États néo-hittites de Syrie du Nord et dans l'Est de l’Anatolie, jusqu'au VIIIe s. av. JC. Puis elle s’effacera devant la colonisation grecque en Asie Mineure, à partir du VIIe s. av. JC. Elle sombrera alors dans un total oubli. L’historien grec, Hérodote, lui-même venu enquêter en Anatolie au Ve s. av. JC, n'en soufflera mot. Ce sont les archéologues des XIXe et XXe siècles qui en ressusciteront le nom et le prestige.

    ► Marc Bergé, Historia n°531, mars 1991. http://vouloir.hautetfort.com

  • [Média] Prospectives Royalistes de l’Ouest



    Le numéro n° 37 du nouveau journal royaliste unitaire centré sur la région ouest BRETAGNE-LOIRE ATLANTIQUE-VENDEE vient de sortir.

    Vous pouvez le télécharger ici http://urbvm.com/wp-content/uploads/2013/10/Prospectives-Royalistes-de-lOuest-de-Novembre-2013.pdf

  • [Nantes] Cercle d’études du 30 Novembre : Les racines de l’Occident

    Le prochain cercle d’étude de l’AFE de Nantes et de l’URBVM aura lieu le samedi 30 novembre et aura comme thème : Les racines de l’Occident.

    nantes.etudiants@actionfrancaise.net

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Nantes-Cercle-d-etudes-du-30

  • Mardi 10 décembre à Paris : conférence de Gabriele Adinolfi organisée par Synthèse nationale


    Dans les salons d’un grand hôtel parisien

    Renseignements et réservations :

    synthesenationale@club-internet.fr

  • Oliganarchy : entretien d'actualité avec Lucien Cerise

    Lors d'un entretien mené par Maurice Gendre de Scriptoblog, Lucien Cerise a pu présenter son dernier roman (inspiré de faits réels) et en développer certains thèmes à l'aide d'utilisation d'exemples d'actualités, comme la loi Taubira, les rivalités entre services de renseignements américains et israéliens et ses conséquences dans l'affaire Snowden, la "guerre des monnaies" etc.

    Lucien Cerise défend notamment l'idée de nationalisme permaculturel, qui, selon lui, "consiste à accueillir tous les gens de bonne volonté sur un projet national commun : quelles que soient nos origines culturelles, religieuses ou ethniques. Notre intérêt à tous est de « prendre soin » de notre pays car c'est là que nous vivons, ici et maintenant.".

    Réalisation et montage : Jonathan Moadab pour l'Agence Info Libre.
    Retrouvez Oliganarchy sur notre boutique(1).

    http://www.youtube.com/watch?v=l5RKkjcRGE8

    1) http://www.leretourauxsources.com/index.php/liste-des-romans/aliganarchy-detail
    http://www.scriptoblog.com/

  • Casapound : entretien non-aligné avec Jean-Yves Le Gallou


    http://www.youtube.com/watch?v=nf7pk1GpEsI

    lesnonalignes·

  • 14-18 : Cohésion nationale, réconciliation nationale…chiche ?

    Il y a des choses qui n’étonnent pas, comme le fait que le magazine consuméro-fémino-socialiste Elle, ait décerné à Christiane Taubira le titre de Femme de l’année. Ce ministre succède ainsi dans le registre des femmes politiques honorées par ce titre de presse à Edith Cresson…encourageant ! Est-il aussi surprenant que l’individu qui a répandu le sang et semé la terreur dans les locaux de Libération, ait été analysé de manière subliminale avant son arrestation par le microcosme politico-médiatique comme un « fasciste » et décrit comme de type « caucasien » ? Abdelhakim Dekhar était en fait un Algérien de nationalité française, militant d’extrême gauche, qui avait fourni le fusil à pompe utilisé dans leur équipée sanglante en 1994 par le couple sympathisant des Scalp (Sections carrément anti-Le Pen), Florence Rey et Audry Maupin.

    Il n’est pas plus incroyable que l’humaniste robespierriste Alexis Corbière, élu du Parti de Gauche (PG) au Conseil de Paris, ait déposé un vœu le 13 novembre pour diminuer encore le crédit de 11 millions alloué annuellement à la restauration (bien nécessaire !) des édifices religieux dans la capitale. Bien au chaud dans le bel appartement qu’il occupe avec la camarade Raquel Garrido, le sans-culotte Corbière a notamment fustigé une aide accordée pour le chauffage et l’électricité dans les édifices cultuels. Il ignore (?) peut-être que nos églises sont aussi un refuge pour les sans abri et les pauvres…

    Il n’est pas étonnant, encore et toujours, que les amis de Jean-Luc Mélenchon emboîtent le pas à une vieille revendication de la LDH et à la Libre Pensée. Ils ont ainsi déposé un vœu, qui a été adopté en octobre dernier par la ville de Paris, pour qu’un hommage soit rendu aux mutins de la guerre 14-18, aux quelques 650 « Fusillés pour l’exemple ». Ces « héroïques résistants à la tuerie industrielle que fut cette guerre, doivent pleinement et entièrement réhabilités pour l’honneur du pays et de leur famille, comme exemples et sujet de réflexion (…). Le premier refus populaire de la guerre vint de la révolution (bolchevique) d’octobre 1917 » affirme encore le Parti de Gauche dans une déclaration solennelle.

    Le Premier ministre Lionel Jospin en 1998, avait demandé, lors d’un discours à Craonne, que ces fusillés pour «désobéissance militaire» « réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale». Dix ans après, Nicolas Sarkozy, depuis Verdun, déclarait: «Je veux dire au nom de la nation, que beaucoup de ceux qui furent exécutés ne s’étaient pas déshonorés, qu’ils n’étaient pas des lâches».

    Il y a deux ans, c’était la candidate des Verts et d’EELV, Eva Joly qui, avec le soutien de l’actuel ministre Cécile Duflot, déposait à Paris devant l’atroce Mur de la Paix de Marek Halter, une gerbe en l’honneur des mutins de 1917.

    Si cette terrible boucherie de 14 fut aussi l’aboutissement du bellicisme intéressé de nombreuses forces et officines qui n’avaient rien de patriotiques, l’effet de loupe mis sur ces 650 soldats français qui ont été passés par les armes, sur un total de 740 fusillés, n’est bien sûr pas exempt d’arrières- pensées idéologiques. Faut-il rappeler que ces fusillés là ne représentent que 0,04% des 1 million 397 800 soldats et 300 000 civils qui ont perdu la vie pendant ce conflit ?

    Bruno Gollnisch tient aussi à rappeler qu’on ne peut mettre sur un même plan les soldats qui ont choisi de se mutiner et ceux qui sont tombés au champ d’honneur ; ce sont eux qui ont permis à la France d’être libérée. Ce sont eux et eux seuls, qui ont droit à la reconnaissance officielle de la patrie.

    François Hollande, nous l’avions vu, a surtout évoqué lors de son discours du 11 novembre la nécessité de « ne pas baisser la garde face aux haines, aux intolérances, au racisme » (suivez son regard). Evoquant les fusillés, il a parlé de ceux qui « furent condamnés de façon arbitraire», ajoutant qu’il «(souhaitait) que personne ne soit oublié » (des commémorations).

    Petite provocation supplémentaire, c’est ce 11 novembre que le ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, en présence de Christiane Taubira, a décoré de la Légion d’honneur le chanteur américain antimilitariste Robert Zimmerman, alias Bob Dylan (72 ans). Et ce, malgré l’opposition du général Jean-Louis Georgelin, Grand chancelier de l’ordre de la Légion d’honneur, qui l’a jugé juge indigne de recevoir cette distinction : « trop drogué et pacifiste ». A ce compte là, il est vrai que les motivations qui ont conduit à décorer d’autres figures que le chanteur américain, suscitent aussi l’interrogation.

    Il est vrai aussi que le patriotisme n’est pas un gène dominant au PS, qui célèbre aujourd’hui son inféodation au Nouvel ordre mondial en réintégrant l’Otan et en se soumettant toujours plus avant à l’entité bruxelloise.

    Enfin, ajoutons que le chef de l’Etat a tenu, lors de ses premiers discours dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale, a évoqué la nécessité de la cohésion nationale pour affronter les épreuves. Certes, mais celle-ci impose aussi de faire œuvre de réconciliation nationale.

    Quel plus beau geste de rassemblement, d’apaisement que d’accéder à la dernière requête du Maréchal Pétain, qui fut de reposer au milieu de ses hommes, à l’ossuaire de Douaumont ? Pétain, dont François Mitterrand faisait fleurir chaque année la tombe à l’Ile d’Yeu, le chef habile, humain, adoré par ses poilus, avare du sang de ses hommes, qui mis fin aux assauts meurtriers, aux mutineries, aux « Fusillés pour l’exemple »…

    http://www.gollnisch.com/2013/11/22/14-18-cohesion-nationale-reconciliation-nationalechiche/

    http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/

  • Les jours heureux du parti communiste

    Voila comment l’Humanité présentait ce 19 novembre "Les Jours heureux" de Gilles Perret, et les initiatives autour de ce film dont le journal communiste se dit partenaire.

    Citons : "Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : Les jours heureux."

    Citons encore : "Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc."

    Mais voila comment les lecteurs du journal réagissent :

    Première réaction, le 19 novembre "Pas de communiste ?" "Dommage qu'aucun représentant du PCF ne témoigne dans ce film sur l'actualité du CNR. Laisser la part belle à Copé, Hollande, Bayrou, qui démolissent le programme du CNR, c'est un peu fort de café."

    Ce camarade n'a manifestement rien compris au film : il s'agit de faire passer cette affaire comme la naissance d'un "modèle social français", en quelque sorte unanimiste. Contre-vérité absolue sur le plan historique, mais qu'on nous impose sur le plan politique.

    Deuxième réaction le 20 novembre à propos des "quatre rédacteurs": "Passer sous silence le rôle des communistes est d'autant plus injuste que les quatre rédacteurs des Jours Heureux de mars 1944, Pierre Villon, André Mercier, Benoît Frachon et Jacques Duclos étaient quatre communistes.

    Le nier revient, une fois de plus à minimiser le rôle du parti dans la Résistance."

    En voilà un, dira-t-on qui n'a pas lu "L'Alliance Staline Hitler" (1)!

    Retenons quand même l'aveu : ce ne sont pas 16 hommes, et curieusement aucune femme, représentant tous les courants de la résistance, mais 4 dirigeants communistes qui ont fabriqué ce manifeste. Soulignons en effet que Pierre Villon, qui semble bien en avoir été le principal rédacteur, siégeait théoriquement en tant que délégué du "front national" (de l'époque ! qu'alliez-vous croire ?) : en fait cet architecte proche du Bauhaus fut pendant de longues années après la guerre député du PCF.

    Trosième réaction, plus sympathique encore le 20 novembre : elle s'intitule "Terrible dilemme."

    "En regardant les images du film "Les jours heureux" où l'ont entend parler d'abattre un homme en pleine rue, de le tuer en fait, parce que c'est la guerre, ont est légitimement amener à se poser la question de l'élimination physique de responsables économiques et politiques de la France et de l'Europe d'aujourd'hui, responsables qui détruisent l'équilibre social pour générer toujours plus de profits. Donc d'une lutte armée soutenue par un projet social et économique concret. Il faudrait dans ce cas les tuer pour faire passer un projet politique bien construit, radicalement plus social, plus égalitaire, plus solidaire, et cela avant que la situation actuelle ne se dégrade au point de tourner au jeu de massacre ou de dégénérer en guerre civile. Mais peut-être est-il plus raisonnable d'attendre que le sang des victimes innocentes coule à nouveau à flots dans les caniveaux pour se mettre en branle et que les fascistes aient fait main basse sur le pouvoir au nom d'une extrême droite pseudo-démocratique ?"

    Intéressant délire n'est-il pas vrai ?

    En se rendant sur le site de L'Huma on découvre que le parti se sert du film pour organiser des débats, bien calibrés.

    Ainsi par exemple ce vendredi 22 novembre au cinéma Lincoln, Paris 8e, à 20 heures : débat avec Ian Brossat (PCF) porte-parole communiste d'Anne Hidalgo et Pierre-Yves Bournazel (UMP) porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet. Thème : "L'héritage du programme du CNR aujourd'hui".

    Voici quelques autres rendez-vous

    - avec Raquel Garrido (Parti de Gauche) et le collectif FSU-CGT-Solidaires-Attac-LDH "Construire les mobilisations pour de nouveaux Jours Heureux ?"

    - avec Laurent Douzou, historien et Léon Landini, résistant FTP-Main d'Œuvre Immigrée, tous deux protagonistes du film "Le programme du CNR d'hier à aujourd'hui"

    - avec Gilles Perret, réalisateur : "Témoignages et archives : Filmer les Jours Heureux"

    - avec François Ruffin (Fakir), Martine Orange (Mediapart) et Jean-Luc Porquet (Le Canard enchaîné) : "Le démantèlement du programme du CNR".

    - avec Gérard Filoche (Parti Socialiste), inspecteur du travail. "Droit du travail et Jours Heureux depuis 1945"

    - avec Éric Coquerel (Parti de Gauche) conseiller spécial de J.-L. Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan, député et président de Debout la République : "Une nouvelle République pour de nouveaux Jours Heureux ?"

    Faut-il vraiment commenter ces thèmes ? Faut-il passer sous silence cette opération de désinformation ? Et surtout faut-il ignorer la participation de gens se réclamant du gaullisme ?

    On appréciera tout particulièrement l'intervention du "porte-parole communiste de Madame Anne Hidalgo".

    Ce jeune homme ira loin: le 14 octobre l'Humanité posait ainsi la question : "Le 16e arrondissement de Paris va-t-il s’ouvrir aux Roms ?"... car en la personne du camarade Brossat "le chef de file du groupe PCF-PG au Conseil de Paris va soumettre aujourd’hui un vœu proposant la création d’un village d’insertion dans le très riche arrondissement parisien."

    Allons, prenons en conscience : pour tous ces gens, le mur n'est tombé qu'à Berlin.

    http://www.insolent.fr/2013/11/les-jours-heureux-du-parti-communiste.html

    1) http://www.editions-du-trident.fr/catalogue#ash

    http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/

  • Laurent Wetzel : « les politiciens de "gauche" et de "droite" réécrivent l'histoire au gré de leurs intérêts et de leurs préjugés »

    Normalien de la rue d'Ulm et agrégé d'histoire, Laurent Wetzel a enseigné l'histoire, la géographie et l'éducation civique avant de devenir inspecteur d'académie - inspecteur pédagogique régional d'histoire-géographie. Il a par ailleurs été maire de Sartrouville de 1989 à 1995 et conseiller général des Yvelines de 1985 à 1998. Il a publié en 2012 Ils ont tué l'histoire-géo aux éditions François Bourin.
    Monde et Vie : Laurent Wetzel, qu'est-ce qui différencie la droite et la gauche en France ? Ces notions sont-elles encore d'actualité ?
    Laurent Wetzel : Dans la vie politique française, la distinction entre la droite et la gauche remonte au 28 août 1789, lorsqu'au sein de l'Assemblée Nationale Constituante les partisans et les adversaires d'un veto royal absolu se regroupèrent respectivement à la droite et à la gauche du président de séance. Il y a bien longtemps que ce critère a perdu tout intérêt.
    Depuis la Seconde Guerre mondiale, la distinction droite-gauche a moins de sens que jamais.
    Il y eut beaucoup d'hommes dits de « gauche » dans la collaboration : Marcel Déat, Jacques Doriot, René Belin, Gaston Bergery, Claude Jamet, Robert Jospin (le père de Lionel), et tant d'autres passés par la SFIO, le PCF, la CGT et le parti radical-socialiste - le parti nazi n'était-il pas le Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands ? Il y eut beaucoup d'hommes et de femmes dits de « droite » dans la Résistance : Honoré d'Estienne d'Orves, le colonel Rémy, Pierre de Bénouville, Marie-Madeleine Four-cade, le colonel de La Rocque, Henri Frenay, et tant d'autres, souvent de sympathie royaliste.
    Il y eut beaucoup d'hommes dits de « gauche » favorables jusqu'au bout à l'Algérie française : Robert Lacoste, Albert Bayet, Jacques Soustelle, Max Lejeune, Pascal Arrighi, etc. Il y eut beaucoup d'hommes dits de « droite » favorables à l'Algérie indépendante lorsqu'elle fut livrée au FLN : Georges Pompidou, Raymond Aron, Paul Reynaud, Roger Frey, Alain Peyrefitte, etc.
    Le parti communiste était-il à gauche ou à l'Est ?
    Il approuva le pacte germano-soviétique d'août 1939 qui favorisa l'agression hitlérienne contre la Pologne et la France. Il n'entra dans la Résistance qu'après l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941.
    Aujourd'hui, comme naguère, le politicien de « gauche » bâtit sa carrière en sollicitant les électeurs jaloux de ceux qui gagnent ou possèdent plus qu'eux, et le politicien de « droite » exerce le pouvoir avec pour seul souci de trahir les promesses qu'il a faites afin de le conquérir.
    En rappelant le rôle de Marcel Paul à Buchenwald, vous avez mis en cause l'attitude des communistes dans certains camps de concentration. D'où vient la faculté de la gauche de créer des mythes et d'utiliser l'histoire à des fins de propagande ?
    En 1985, le TGI de Versailles m'a en effet relaxé du grief de diffamation envers la mémoire de Marcel Paul, lui qui, selon un autre déporté communiste à Buchenwald, Paul Noirot, avait « à la veille de l'insurrection, laissé partir et massacrer les vieux, les juifs, les hommes jugés les moins précieux » (La mémoire ouverte, 1976, p. 53). J'avais aussi rapporté le témoignage de Margarete Buber-Neumann, déportée à Ravensbrück : « Les communistes travaillant à l'infirmerie ne demandaient pas aux malades : Souffres-tu ? ou bien : As-tu de la fièvre ? mais : Es-tu membre du parti communiste ? C'est ainsi qu'elles faisaient le tri entre individus précieux, c'est-à-dire camarades qu 'il fallait sauver, et les autres la grande masse de celles qui ne valaient rien et dont on ne se souciait pas. » (Milena, 1986, p. 229 et 230).
    La mauvaise foi le dispute à l'ignorance lorsque les politiciens de « gauche » comme de « droite » réécrivent l'histoire au gré des circonstances, de leurs intérêts et de leurs préjugés. C'est par exemple l'invention colportée par les gaullistes selon laquelle le général De Gaulle aurait préfiguré la décolonisation de l'Afrique noire d'après 1958 dans le discours qu'il a prononcé à Brazzaville le 30 janvier 1944, alors qu'il a, ce jour-là, demandé d'« étudier les conditions de l'intégration de nos colonies africaines dans la communauté française ».
    Vous avez publié en 2 012 Ils ont tué l'histoire-géo. Faut-il voir une victoire de la gauche dans cette fin de l'histoire, qui signe à terme la fin de l'identité nationale ? La droite en partage-t-elle la responsabilité ?
    J'étudie dans ce livre l'enseignement de l'histoire-géo ainsi qu'il a été conçu par Nicolas Sarkozy à l’Élysée, François Fillon à Matignon, et Xavier Darcos puis Luc Chatel au ministère de l'Education nationale, c'est-à-dire par des politiciens de « droite ».
    Ce sont eux qui ont décidé de supprimer l'histoire et la géographie comme disciplines obligatoires en terminale scientifique, si bien que les élèves de la série scientifique n'étudient plus au lycée ni l'histoire de la France depuis 1962, ni celle de la montée de l'islamisme depuis la fin des années 1970, ni la géographie des États-Unis, de la Chine et du Japon. Ce sont eux qui ont imaginé pour la classe de cinquième un programme d'histoire démesuré allant de Mahomet à Louis XIV en passant par le Monomotapa, si bien que le Roi Soleil n'est plus étudié que fin juin, c'est-à-dire jamais. Ce sont eux qui ont validé l'épreuve d'histoire médiévale de l'agrégation d'histoire en 2011, alors qu'elle consistait à commenter un texte de 1964 comme s'il était de 1415.
    Mais il n'y a guère mieux à attendre des politiciens de « gauche », même si Vincent Peillon a rétabli l'histoire-géo en terminale scientifique.
    Anne Hidalgo, qui fut Secrétaire général à la culture du parti socialiste, a affirmé sur i-Télé, le 24 septembre 2012, que « le Front National avait soutenu pendant la guerre la collaboration avec les nazis ». Précisons qu'il existait bien un Front National durant la Seconde Guerre mondiale, mais qu'il s'agissait d'une organisation cryptocommuniste qui rêvait de transformer la France en une démocratie populaire...
    Propos recueillis par Eric Letty monde&vie novembre 2013