culture et histoire - Page 1816
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Vae Victis - La Joie Partout
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Le Colonel François de La Rocque : du Héros à la Victoire
« Ils méprisaient les partis et ne voulaient plus s’en souvenir. Ils avaient fondé entre eux l’union des classes, des religions, des origines dans une volonté commune de sauver le pays ».
Service Public, 1934.
Né en 1885, le lieutenant-colonel François de La Rocque combat lors de la Première Guerre mondiale. Grièvement blessé en 1916 et rapatrié en France à cette occasion, il repart néanmoins volontairement au front dans les tranchées de la Somme où il y commande un bataillon. Par la suite démissionnaire de l’armée, il rejoint dès 1929 le Mouvement Croix-de-Feu – sorte d’amicale d’anciens décorés de la croix de guerre – dont il devient le Président en 1931, qu’il politise avec une orientation patriotique et nationaliste. Critiquant tant « les capitalistes prolétaires » que « les rouges exportateurs de capitaux », il y développe une vision de la France se situant résolument par-delà droite et gauche. S’y joindront les Briscards, combattants non décorés, ainsi que les Volontaires Nationaux, génération plus jeune n’ayant pas fait la guerre mais profondément patriote et désireuse d’œuvrer pour le redressement de la France.
Dans un contexte de dérives au sommet de l’Etat, de crise économique et de concussion – notamment l’affaire Stavisky, La Rocque opte pour un délaissement des luttes partisanes propres aux partis politiques. Adoptant avec ses Croix-de-Feu une démarche de « non-parti », loin de l’opinion publique et de la flatterie clientéliste, des promesses démagogiques et des programmes miraculeux, il fait acte de présence quotidienne sur le terrain, dans chaque secteur constitutif de la société française, démarche pragmatique pour lui indissociable d’une compréhension efficiente des problèmes sociaux. Cohérent dans sa démarche, républicain et légaliste loyal, il refuse d’entrer de force au Palais-Bourbon lors de la manifestation du 6 février 1934 à laquelle participe notamment l’Action française.
La même année, l’association des Croix-de-Feu prenant de l’ampleur, La Rocque publie Service Public, ouvrage dans lequel il expose sa vision de la concorde nationale et où, se refusant à céder à la démagogie électoraliste qu’il dénonce, n’expose pas de programme mais jette les bases d’un plan d’action. Ce dernier comprend quelques principes : « relèvement et continuation de la France, unité politique, géographique, spirituelle, traditionnelle », s’appuyant sur ce qu’il nomme une « Mystique française », faite de volontarisme et d’abnégation, où tous les Français feraient corps en oeuvrant au bien national, le Service Public, par « une sorte de réflexe éminent venu du fond de l’âme française ». S’inscrivant en faux face à la théorie marxiste de la lutte des classes, La Rocque prône l’union de celles-ci, leur complémentarité nécessaire dans le bon fonctionnement de la France. L’exemple en est donné au sein des Croix-de-Feu, où âges, classes et sexes s’y confondent pour concourir à l’effort national.
« Rien ne passionne un cœur de Croix-de-Feu plus que le progrès social »
Précurseur sur certains sujets (droit de vote des femmes), soucieux d’adoucir le quotidien (extension des loisirs populaires), c’est toutefois dans sa volonté de transformer le monde du travail que le Colonel se distingue le plus. Partisan d’un rapprochement patronat / salariés, La Rocque dispose l’impératif de création d’une profession organisée, divisée en corporations – par régions selon les catégories de production et réunissant les travailleurs par branches. Par sa vision sociale de l’entreprise (« Les chefs sans cœur et sans générosité sont les agents de la subversion »), il reste favorable à la tradition française des syndicats, toutefois dépolitisés pour réellement servir le travailleur; professionnels et régionaux, leur base serait l’entreprise. Le salaire – avec un minimum obligatoire – serait calculé sur des indices locaux (nature des métiers, régularité du travail), et l’intéressement salarial une condition impérieuse du fonctionnement de l’entreprise, outre le droit de regard de l’ouvrier sur la gestion de celle-ci : « Il serait stupide et inhumain que le travailleur, resté fidèle à son entreprise, ne soit intéressé à sa prospérité autant qu’il est menacé de chômage par ses revers ». Toujours dans un souci de progrès social, le travailleur doit avoir des congés payés, une hygiène correcte doit lui être assurée sur son lieu de travail – à une époque encore majoritairement industrielle –, et une assurance financière mise en place pour veuve et orphelin en cas de décès du chef de famille.
Lucide sur les manœuvres patronales, il appelle à la revalorisation des métiers manuels, et constate que l’appel à la main d’œuvre étrangère, présenté comme nécessaire, fait en réalité pression sur les bas-salaires aux dépens de l’ouvrier Français. Enraciné mais universaliste, La Rocque critique les conséquences de cette immigration sur le plan économique et social pour les Français, mais aussi pour les étrangers, « déracinés sur le sol métropolitain ». Ni xénophobe ni raciste, La Rocque expose que « la qualité, la dévotion françaises seules importent, à condition qu’elles soient sincères, éprouvées, confirmées ». Seuls sont ici critiqués les afflux massifs et incontrôlés d’immigrés – en préconisant l’expulsion de ceux sans contrat de travail – et « l’excessive facilité des naturalisations sans période suffisante d’épreuve », qui fabriquerait des Français de papier et non de cœur, risquant de porter atteinte à la concorde nationale.
Après la dissolution des Croix-de-Feu par le Front Populaire en 1936, La Rocque fonde le Parti Social Français (PSF), plus grand parti de masse Français avec plus d’un million d’adhérents; mais la guerre interrompt son action politique. Prônant un loyalisme passif à Pétain par légalisme, il refuse cependant la collaboration. Fondateur du Réseau Klan, réseau de résistance intérieure spécialisé dans le renseignement, le Colonel est arrêté par la Gestapo et déporté en 1943. De retour en mai 1945, il est placé en internement administratif par le gouvernement jusqu’en décembre de la même année. Il ne pourra donc pas prendre part aux affaires politiques, ni participer à l’œuvre du CNR. Par la suite assigné à résidence, il décède le 28 avril 1946. Il est décoré à titre posthume en 1961 de la médaille des déportés et reçoit la carte de la résistance qui lui avait été refusée de son vivant.
Après avoir été pour beaucoup une incarnation de l’héroïsme, La Rocque devient celle de la victoire politique lorsqu’un général résistant, de racines maurassiennes mais de cœur Croix-de-Feu, entreprend en 1958 de copier avec réussite sa doctrine pour redresser le pays. Fait fort peu commenté, et pour cause, le Général de Gaulle a en effet mené une politique digne du PSF, sans son fondateur évidemment mais s’inspirant de lui pour la Constitution de la Vème République, allant jusqu’à appliquer en parti les préceptes du Colonel - préceptes grâce auxquels, sans doute, la France connaît pendant les « Trente Glorieuses » une prospérité remarquable, même pour l’époque, et le peuple expérimente une amélioration substantielle de son quotidien. Une évolution positive qui s’interrompt, comme par hasard, peu après l’irruption du libéralisme libertaire appelé gauchisme, en 68…
Plus qu’un héros de tous les combats et qu’un incorruptible légaliste, La Rocque transmet au travers de De Gaulle le vrai visage du nationalisme au pouvoir : l’incarnation du peuple, le souci de son bien, l’intégrité morale – et la démocratie plébiscitaire, le Général ayant par deux fois rendu le pouvoir après s’y être engagé, les deux fois laissant la France debout. La Rocque reste ainsi aujourd’hui plus que jamais le symbole vivant de la démocratie réelle, de la démocratie directe que nous, nationalistes, défendons, face à la démocratie détournée des puissants et de la finance – une « démocratie » détournée qui concoure à l’exploitation des Français et à la destruction de notre Nation.
Enfin, d’un point de vue métapolitique, La Rocque correspond à la figure du héros européen, celui dont l’œuvre survit à la mort et qui connaît sa victoire, sa véritable vie, dans la postérité.
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Fils de la mémoire - Vae Victis (rock celtique)
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« Démonie de l’économie »
Ainsi donc sommes nous en août, mois privilégié pour les vacances, y compris pour les parlementaires et ministres, comme s’il pouvait y avoir motif à repos les concernant, puisque le travail vital pour la France et la civilisation, n’a bien entendu pas été effectué. La dernière information en date concerne la prohibition du voile islamique au sein des facultés qui bien entendu fait sourire ou haïr selon les tempéraments. Il me semble, et je crois que je suis loin d’être le seul, que le dernier contrôle policier à ce sujet s’est effectué à Trappes avec les conséquences que l’on sait. On peut toujours légiférer sur le sujet, interdisant ce voile dans l’enseignement supérieur, que la loi s’avérerait donc dans son application, immédiatement dans les faits, caduque. Nous pouvons donc en déduire que dans certains domaines désormais, ce n’est plus l’Etat qui fait la loi.
Bien sur, Cher lecteur, cela, nous le savons depuis très longtemps et c’est là probablement un des motifs majeurs expliquant notre engagement. Alors que beaucoup de Français continuent naïvement à croire que l’Etat est resté souverain, nous ne sommes nous, pas dupes. Pour autant, tant que les Français ne souscriront pas à l’idée hegelienne de la « prière rationnelle » à effectuer tous les jours – la lecture des journaux et la quête d’information – ils seront les victimes des différents gouvernements successifs. Le savoir dont nous disposons vous et moi Cher lecteur, n’est nullement tombé du ciel durant une nuit providentielle; il est le fruit de milliers d’heures de dur labeur nous permettant par la suite de comprendre le monde contemporain. Si je suis l’un des premiers à défendre l’idée d’Etat, ne serait-ce que parce que celui-ci est, surtout durant ces dernières années, particulièrement menacé par Bruxelles, je ne pense pas que nous devons tout attendre de lui : chacun est acteur dans l’histoire et doit par conséquent prendre ses responsabilités.
Croire pour autant que l’Etat, ou plus exactement l’hyperstructure pour employer une terminologie de type communiste, soit absent, est faux. L’Etat se désengage là où il l’entend mais aussi se fait très oppressif dès qu’il le veut. Ainsi en est-il par exemple de la dissolution récente de deux groupuscules même si je considère qu’il ne s’agit là que d’un écran de fumée. En matière d’économie par exemple, la pesanteur se fait de plus en plus lourde. A titre d’exemple et afin d’imager, la nouvelle baisse du livret d’épargne, placement de prédilection de ceux qui ne sont pas riches, est emblématique de la clef de voûte de l’actuel système.
Le reste, à commencer par l’interdiction du voile à l’université, ne sert qu’à masquer une mise au pas d’ordre économique.
« Démonie de l’économie » (Le Baron)Alain Rebours http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFZyFAVkEAmDCLRwKe.shtml
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Hommage à Monique Crokaert, poétesse, épouse de Marc. Eemans, décédée le 4 janvier 2004
Ce texte a été lu le jour de ses obsèques par Robert Steuckers.Il est l’heure de prendre congé définitivement de Monique, aujourd’hui, en cette triste journée de janvier.Monique, la fille de Jacques, cet esprit politique génial, jamais remplacé et surtout irremplaçable, Monique l’effrontée, Monique la poétesse, Monique la compagne de Marc, Monique qui aimait la vie mais qui n’en avait plus le goût depuis la mort de son grand artiste de mari, nous a quittés, il y a un peu plus d’une semaine.Une page d’histoire se termine ainsi, trop abruptement. Des souvenirs poignants et incommunicables viennent de s’effacer. Une époque de créativité extraordinaire, artistique, littéraire et philosophique, s’éteint encore un peu plus, avec la disparition de Marc et de Monique à quelque cinq ans d’intervalle, plongeant ce Pays encore un peu plus dans la froide obscurité du Kali Youga [Âge de la discorde].La langueur qui s’était emparée de Monique depuis le 28 juillet 1998, quand Marc s’est éteint, est sans nul doute empreinte d’une immense tristesse, mais elle nous interpelle, aujourd’hui, au-delà de sa mort. En effet, cette langueur est un appel, qu’elle a lancé à nous tous sans toujours cherché à bien se faire comprendre, un appel pour que nous continuions à œuvrer pour faire connaître, pour défendre la mémoire des peintures, des poèmes, de la pensée mystique de Marc, pour nous souvenir à jamais des poèmes de Monique, pour nous replonger dans l’œuvre politique de Jacques Crokaert.Car tel était bel et bien le message de cette langueur, et parfois de cette rage, qui a progressivement exténué Monique au cours de ces cinq dernières années. Il serait incorrect de ne pas y répondre, car c’était, au fond, son vœu le plus cher. Que cette formidable mobilisation de l’intellect, de la volonté, de la sensibilité, de l’esprit n’ait pas été qu’un simple passage voué au néant. Que ce formidable feu d’artifice ne soit pas qu’une beauté éphémère. Qu’il y ait pour lui un lendemain. Une réhabilitation totale et définitive.Tel était le contenu de mes conversations avec Monique au cours de ces cinq dernières années.Je vous demande donc à tous, selon vos moyens, de réaliser son vœu, si ardent, si noble, si pressant, et de le lui promettre, ici, devant sa pauvre dépouille, devant celle qui ne pourra plus jamais nous parler, nous enjoindre de travailler, ou, même, — et je le dis avec tendresse — de nous “engueuler” parce que les choses ne bougent pas assez vite à son gré. Justement parce que la verdeur occasionnelle de son langage ne sera plus, pour aucun d’entre nous, un aiguillon ou un agacement, je vous demande de continuer ce travail.Adieu, Monique, nous allons tous regretter tes poèmes, ta nostalgie de Marc, ta fidélité très difficile, vu les circonstances, à son œuvre, nous allons aussi regretter ta verdeur langagière, tes remontrances corsées, comme nous avons aimé les rouspétances de Marc, aigri d’être sans cesse boycotté par les Iniques.Adieu, donc, et nous travaillerons, pour que les “Fidèles d’Amour” reprennent le flambeau et leur rôle de guide d’une humanité régénérée, pour que les “Lumières archangéliques et michaëliennes” resplendissent à nouveau, comme l’a voulu Marc pendant de longues décennies de combat mystique et philosophique.Adieu, Monique, tu nous manqueras, parce que tu incarnais, tant bien que mal, parfois en tâtonnant, parfois en te débattant, plusieurs pages sublimes de l’histoire de notre pays. Adieu, mais, pour ne pas t’oublier, nous parlerons et reparlerons de ce qui t’a été si cher au cœur.* * *
[...] Ce qui séduit cependant dans la démarche poétique de Monique Crokaert c'est qu'on y parle le langage de tous les jours, de tous les cœurs. L'auteur n'invente pas des images sophistiquées et ne se contorsionne pas pour être originale.La vraie poésie se passe des exercices de gymnastique.Son écriture est donc limpide, plus que son âme peut-être. Mais au fond de toute femme, la fillette innocente ne subsiste-t-elle pas, ajoutant un charme ambigu à des confidences qui ne sont pas les siennes ? [...]
► Thomas Owen, extrait de son avant-propos de Sulfure d' Alcyone. -
La prétention totalitaire de l’éducation nationale
La tentation hégémonique de Vincent Peillon sur l’éducation des enfants est issue directement de l’idéologie révolutionnaire, laquelle désire S’Approprier l’homme, comme l’indique le titre du dernier ouvrage de Xavier Martin, avec, comme à l’accoutumée, moult citations des penseurs et des acteurs de la Révolution Française :
« Oui, l’éducation est chose trop sérieuse, elle est trop divine pour qu’on la laisse aux père et mère par la nature, quel que soit d’ailleurs leur niveau social. Bourdon [auteur d’un plan d’éducation nationale présenté à l’Assemblée en 1789, NDMJ] lui-même sera très net à cet égard : « l’enfant riche » trouvera chez les siens « des leçons pratiques d’orgueil, d’aristocratie, de despotisme ; l’enfant pauvre sera l’élève de la superstition et des préjugés ». Et la conclusion qu’il généralise est sans équivoque : « L’éducation domestique ne convient sous aucun rapport à un être né pour la société » ; elle « ne saurait donner que des esclaves ou des despotes ». Robespierre et Danton, malgré leurs divergences, se trouvent d’accord pour estimer que la famille « rétrécit » l’esprit des enfants. Si l’on veut bien alors considérer d’un œil neuf l’abandon par Rousseau de ses cinq nourrissons, paradoxalement elle est réductible à une simple délégation de pouvoirs ; on sait d’ailleurs comment les Confessions nous la traduisent – ça aussi en dit long : « [E]n livrant mes enfants à l’éducation publique […], je crus faire acte de citoyen et de père » (sic). […]
Cueillir l’homme « dès le berceau » pour le modeler intégralement sans plus le lâcher ? L’idée explicite, se confirme-t-il, en parcourt l’échine de la décennie révolutionnaire. « Nous nous emparons de la génération qui nait » : Rabaut Saint-Etienne s’en est flatté. Il faut, dit encore Heurtault-Lamerville à une tribune parlementaire du Directoire, « saisir l’enfant au berceau, s’emparer de l’homme pendant toute sa vie […] et le conduire enfin à sa demeure dernière » ; et il enfonce le clou : il faut « que nos institutions, pour produire tout l’effet de la Terre entière (sic) attend de nos efforts, prennent l’homme au berceau, et ne quittent dans la tombe que sa dépouille mortelle ». […]
Intervenir dès le berceau ? Certains –osera-t-on le dire ?- eussent voulu faire plus vite encore. Comme ne craint pas de l’exprimer avec une force extrême le conventionnel Michel-Edme Petit, « l’éducation (…) doit remonter plus haut ; elle doit aller chercher l’homme dans l’embryon de l’espèce », ce qu’il prétend affirmer là, c’est qu’elle doit vaquer, en priorité, à conditionner psychologiquement les pères et les mères, - les « mères surtout » précisait-il. Rabaut Saint-Etienne n’en dira guère moins. Faisant distinction de « l’instruction publique », destinée au modelage de l’esprit, et de « l’éducation national », dont l’objet propre, plus profond, est de « former le cœur », il ne craint pas de conférer à cette dernière un monopole originel exorbitant : « Toute sa doctrine consiste donc à s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance ; car l’enfant qui n’est pas né, appartient déjà à la patrie ».
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31 août et 1er septembre : journées chouannes à Chiré-en-Montreuil
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Guerre et bons sentiments
Le Figaro Magazine - 28/06/2013
Le droit d'ingérence est né au Liban en 1860.
De pression en pression sur le régime de Bachar el-Assad, les Occidentaux seront-ils conduits, en dépit de l'opposition de Poutine, à intervenir en Syrie ? Sont-ils conscients que remplacer le dictateur de Damas par un Etat islamiste ne rendra pas service au peuple syrien ? Le précédent de la Libye n'a-t-il pas servi de leçon ? Telles sont quelques-unes des questions que pose l'historien Yann Bouyrat, au terme d'une étude du premier cas d'ingérence humanitaire dans lequel se soit engagée la France.
En 1860, les Druzes musulmans massacrent les maronites du mont Liban. La France, traditionnelle protectrice des chrétiens de l'Empire ottoman, force l'Europe (et surtout l'Angleterre) à envoyer une force de 12 000 hommes, dont elle fournit la moitié, sous la direction du général d'Hautpoul. Selon Napoléon III, il s'agit d'une « opération à but humanitaire ». Au terme de l'expédition, la Sublime Porte met au point, en 1861 et 1864, un statut qui accorde au Mont-Liban une autonomie garantie par les grandes puissances, avec la nomination d'un gouverneur chrétien assisté d'un conseil où les différentes communautés religieuses sont représentées. Tous ces événements s'accompagnent, en Europe et aussi en France, de débats qui ressemblent furieusement à ceux d'aujourd'hui.
Yann Bouyrat souligne deux différences essentielles avec notre époque. Les nations européennes ont alors des intérêts divergents sur ces théâtres lointains, ce qui les contraint à trouver un compromis acceptable par tous. Tandis que toutes les interventions qui se sont produites depuis la guerre froide ont amené les Occidentaux à agir dans le même sens et donc à imposer leurs vues. Or, au XXIe siècle, c'en est fini de la prééminence occidentale : d'autres puissances se sont affirmées, que ce soit la Chine, le Brésil ou l'Inde, avec l'avis desquelles il faudra compter. Quant aux 115 Etats du Mouvement des non-alignés, ils se sont prononcés contre toute ingérence pour motif humanitaire. « L'heure n'est plus, observe Yann Bouyrat, à l'opposition simpliste entre Etats civilisés (ou démocratiques) et monde barbare. » Le monde est devenu plus complexe : nos gouvernants s'en souviendront-ils ?
Jean Sévillia http://www.jeansevillia.com/index.php?page=fiche_article&id=282
Devoir d'intervenir ? L'expédition « humanitaire » de la France au Liban, 1860, de Yann Bouyrat, Vendémiaire, 322 p., 20 €. -
« Une bibliothèque idéale – Que lire de 5 à 11 ans ? » par Anne-Laure Blanc
« Raconte-moi une histoire ! Encore un livre juste un seul ! » À la maison, la lecture du soir est un moment de complicité partagée entre les adultes et les plus petits. Pour les enfants plus grands, c’est une fenêtre grande ouverte sur la liberté. Mais comment faire entre le fatras commercial et l’omniprésence du politiquement correct pour discerner quels livres proposer ?
Le choix est difficile car si la « littérature de jeunesse » est prolifique le pire y côtoie le meilleur.
Une sélection raisonnée de 500 livres vrais, simples et beaux
C’est tout l’intérêt du livre d’Anne-Laure Blanc, édité par TerraMare et la Fondation pour l’école : offrir un guide de littérature enfantine ; proposer aux enseignants, aux bibliothécaires, aux parents, une sélection raisonnée de 500 livres, classiques, récents ou nouveaux de qualité.
La bibliothèque idéale : que lire de 5 à 11 ans ? propose des livres à la fois vrais, simples et beaux. L’auteur a utilisé un carré magique pour effectuer sa sélection.
Un bon livre est d’abord écrit dans une belle langue ; la richesse du vocabulaire et la qualité de la syntaxe sont essentiels.
Un livre de qualité ne déconstruit pas les repères traditionnels de la société et les valeurs, il les respecte ; il vise à éveiller la conscience à des aspirations élevées.
Un beau livre est illustré avec goût… même si cette notion est éminemment subjective.
Un livre lumineux propose à l’enfant des mondes imaginaires optimistes ; c’est un livre qui forme son esprit et sa sensibilité et qui « forge » le caractère.
Des livres écrits en « bon français »
En suivant ce fil d’or, Anne-Laure Blanc propose une sélection de livres écrits en « bon français », riches en vocabulaire et joliment illustrés. Elle présente des œuvres mettant en scène des héros positifs auxquels les enfants peuvent s’identifier, des héros qui les enthousiasment, et leur donnent envie de s’élancer à leur tour dans l’aventure de la vie. L’humour et le réalisme y font bon ménage avec la poésie et le rêve.
Ainsi chemine La bibliothèque idéale.
Les plus jeunes encore en maternelle se verront proposer : de Grands Auteurs pour petits lecteurs, des Poésies et des Chansons, des Contes d’ici et d’ailleurs, Nos Amis les animaux, Aventures et Découvertes et Quelques Valeurs sûres. Pour les plus grands, d’autres rubriques apparaissent : Romans d’aventures, Romans historiques, Fantastique, Policiers, Grands Textes de l’Antiquité, Bandes dessinés. La littérature religieuse n’est pas oubliée : des livres sont proposés pour chaque cohorte d’âge.
Bien sûr, les grands classiques de la littérature enfantine : Babar, Croc Blanc ou Tom Sawyer ont toute leur place.
Le Gault et Milliau des livres pour enfants
La littérature idéologique et politique se complaît parfois dans la dénonciation de ce qui ne va pas. Rien de tel dans le livre d’Anne-Laure Blanc. De même que le guide Gault et Milliau signale les bons restaurants et dédaigne les autres, La bibliothèque idéale présente des livres qui en valent la peine. On pourra bien sûr contester tel choix ou regretter tel oubli, mais le lecteur ne perdra pas son temps à lire des critiques d’ouvrages médiocres, vulgaires ou aux illustrations agressives, voire désespérantes.
Assurément les institutrices neurasthéniques n’y trouveront pas leur compte. L’ouvrage n’est pas non plus destiné aux ronchons ni à ceux qui croient que « tout est foutu ». L’identité, ce n’est pas s’opposer aux autres. C’est d’abord être soi-même, devenir ce que l’on est, appartenir à une lignée, partager les richesses d’une civilisation, s’enrichir de foi et de croyances partagées. L’identité, c’est aussi transmettre sa culture et faire partager ses valeurs, sa morale, son esthétique à ses proches et d’abord à ses enfants et petits-enfants.
Aussi les esprits libres qui veulent voir leur lignée et leur communauté se projeter dans la grande aventure de la vie commanderont ce guide pratique.
À ce stade, qu’il nous soit permis de formuler une demande à Anne-Laure Blanc et à la Fondation pour l’école : continuer la série si brillamment commencée. Quelle Bibliothèque idéale pour les 11/15 ans ? Quels films pour les petits et pour les plus grands ? Quelles bandes dessinées et même Quels jeux-vidéos ? Au travail !
Andrea Massari
03/11/2010 http://www.polemia.com/une-bibliotheque-ideale-que-lire-de-5-a-11-ans-par-anne-laure-blanc/
Anne-Laure Blanc, Une bibliothèque idéale : que lire de 5 à 11ans ? Editions TerraMare et Fondation pour l’école. octobre 2010, 282 p., 12€ + 3€ de port.À commander sur: http://www.fondationpourlecole.org
L’aventure continue sur: www.chouetteunlivre.fr -
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