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culture et histoire - Page 1854

  • Il était une fois dans l’Ouest ou le suicide d’une civilisation, par Frédéric Lafrenière

    Il y a quelques années, la mort de la civilisation occidentale semblait être l’apanage de quelques extrémistes de droite à l’imagination malade. S’il y avait certains signes inquiétants qui ne pouvaient être niés par les sources d’informations officielles, on passait bien vite par-dessus ce qui pouvait devenir une menace aux dogmes judéo-maçonniques.

    Aujourd’hui, les choses sont différentes, nos élites politiques semblent avoir atteint un point de non-retour. Trois exemples suffiront pour démontrer que la classe politique occidentale est plus que jamais incapable de gérer les situations de crise. Cependant, l’ange de la mort commence à frapper de plus en plus fort à la porte de l’Occident. La disparition des nations de race blanche n’est plus une notion abstraite. Nous assistons à des signes de plus en plus inquiétants de faiblesse, d’autisme et d’incompétence de la part de nos gouvernements et de nos élites.

    Le manque de testostéron

    Le vingt-deux mai dernier, un jeune soldat britannique, Lee Rigby, a été tué en pleine rue à Londres. Les deux meurtriers étaient vraiment à l’image du monde voulu par les mondialistes comme Jacques Attali. De parfaits nomades apatrides, d’ascendance africaine, nés en Colombie et vivant à Londres. Ces deux beaux spécimens du village global ont écrasé, poignardé, tailladé et décapité le soldat Rigby. Si les attaques à la machette et au couperet à viande sont monnaie courante au Libéria et en Sierra Leone, elles seraient supposées nous choquer lorsqu’elles se déroulent dans la ville la plus branchée du monde. Face à ce meurtre sordide, le Premier ministre David Cameron a prévenu virilement les soldats britanniques qu’il était «probablement préférable de ne pas apparaître en uniforme dans les rues de Londres». Ouf ! Visiblement, François Hollande a de la concurrence…

    La bonne conscience et l’autisme

    Dans le même ordre d’idées, des émeutes ont éclaté à Stockholm le dix-neuf mai dernier. Le vingt-huit mai, la police a annoncé la fin des violences dans la capitale suédoise. En effet, les forces de l’ordre n’avaient plus qu’à déplorer «quelques» incendies de voitures, ce qui est considéré comme normal… Les bonnes âmes n’ont pas raté l’occasion d’accuser de racisme la police et les résidents de Stockholm qui se sont plaints des dégâts causés par les émeutiers. La Suède est-elle un pays raciste ? C’est certain ! Peu importe le fait que la Suède occupe le quatrième rang dans le monde dans le nombre de demandeurs d’asile et qu’elle soit la deuxième terre d’accueil par rapport à sa population. Il faut savoir que la démocratie est exigeante et demande un oublie de soi complet. La ministre suédoise de la justice, Beatrice Ask, l’a bien compris. Elle a évoqué l’«exclusion sociale» comme la «cause de problèmes très sérieux.»

    Simplement de l’incompétence

    Le trente mai, le Washington Post publiait en première page, une photo d’Ibragim Todashev, professionnel des arts martiaux et surtout ami de Tamerlan Tsarnaev, qui, avec son frère Dzhokhar, a déclenché les bombes durant le marathon de Boston. Todashev, lui-aussi tchétchène, avait été abattu par des agents du FBI, après avoir avoué son rôle et celui de Tamerlan dans le triple assassinat de Waltham, au Massachusetts, en septembre 2011. Cet article avait quand même laissé beaucoup d’Américains pantois.

    Bien que Tamerlan Tsarnaev ait été en contact avec des radicaux musulmans depuis des années et que Moscou ait demandé des renseignements à son sujet, les autorités américaines n’ont rien vu de suspect. Même après un séjour de six mois dans le Caucase où il en a profité pour rencontrer d’autres terroristes tchétchènes, Tamerlan a pu rentrer aux Etats-Unis sans problèmes. Le Homeland Security n’a vu que du feu alors que Tamerlan Tsarnaev avait créé une chaîne Youtube sur laquelle il a posté des vidéos djihadistes. Quant à Djokhar, son frère, il a posté sur Twitter, peu avant les attaques de Boston, des messages montrant clairement son hostilité envers la société occidentale.

    Conclusion

    Depuis les années soixante, les politiques d’immigration ont été dirigées par des gens qui détestent l’Occident. La franc-maçonnerie a décidé de créer une nouvelle société, une nouvelle population plus conforme à ses vues libérales. Fini les liens du sang, l’attachement au terroir et les héros ! Place à la haine de soi pour les populations de race blanche. L’immigration sauvage amène de partout des populations qui n’ont pas renoncé à leurs liens raciaux, religieux, ethniques et culturels. Si le racisme chez les blancs est combattu avec acharnement, même où il n’existe pas, les nouvelles populations immigrées ont, au contraire, beaucoup de comptes à régler avec nous. Les gestes hostiles sont légitimés par un colonialisme dont chaque blancs porte l’odieuse tache originelle. La rhétorique haineuse et la guerre culturelle est encouragée plus que jamais chez les populations immigrantes. Comment pensons-nous que tout cela va se terminer ?

    Source

    http://lacontrerevolution.wordpress.com

  • Alphonse Toussenel le découvreur du pouvoir israélite

    Tout ce qui nuit à la royauté et au peuple profite au trafiquant.

    Ce sera un peu long, mais je pense un peu passionnant. Donc pas d’inquiétude, et profitez des sautes d’humour des intertitres !

    En 1846, Toussenel publie son fameux pamphlet  Les Juifs rois de l’époque (réédité au éditions Déterna). Le mot juif désigne moins pour lui le « peuple » que le comportement bancaire et financier moderne ; d’où un malentendu qui a desservi le livre (ou l’a diabolisé, ce qui est une manière d’être servi…). Il n’y a par exemple que dix ou douze références sur les Juifs (surtout Rothschild bien sûr, qui tient les chemins de fer ruineux et dangereux), mais cent sur l’Angleterre méphitique. Or, tout ce qui a été dit après lui a été recopié sur lui, ou adapté de lui, ou répété de lui. Toussenel est l’homme qui a décrit le premier pour la modernité les « extrémistes ». C’est le rasoir d’Ockham de la réflexion historique : l’explication la plus simple est toujours la meilleure !

    Son style lyrique est d’une grande précision et le grand penseur fouriériste a su mieux que tout le monde comprendre à quelle sauce l’Europe, puis l’homme, allaient se faire manger ici ou là.

    On n’avait qu’à lire la Bible, que Toussenel déteste et cite plus intelligemment que tous nos curés et grands pasteurs yankees. Je cite ces passages (on vend sa fille, on tond les peuples…) que j’ai piochés moi-même dans mes lectures émerveillées de la Feinte Écriture !!!

    « Et si un homme vend sa fille pour être servante, elle ne sortira point comme sortent les serviteurs.  Si elle déplaît aux yeux de son maître qui se l’était fiancée, il la fera racheter ; il n’aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, après l’avoir trompée » (Exode, 21, 7).

    « Et prenez votre père et vos familles, et venez vers moi ; et je vous donnerai ce qu’il y a de meilleur au pays d’Égypte, et vous mangerez la graisse du pays » (Genèse, 45, 18).

    « Car l’abondance de lamer se tournera vers toi… Les richesses des nations viendront vers toi. Et les fils de l’étranger bâtiront tes murs, et leurs rois te serviront  » (Isaïe, 60, 5-10).

    Drumont, c’est du Joly !

    J’en profite pour recommander à mon lecteur la lecture ou la relecture du Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu de Maurice Joly, l’inspirateur décrété des protocoles (republié dans Protocoles des sages de Sion : un paradoxe politique, théorique et pratique aux éditions Déterna) . Comme on voit, ce journaliste qui se serait suicidé un beau jour de 1877 n’y allait pas avec le dos de la cuiller non plus sous le second empire, et comme on voit l’époque est froidement immobile : « De la lassitude des idées et du choc des révolutions sont sorties des sociétés froides et désabusées qui sont arrivées à l’indifférence en politique comme en religion, qui n’ont plus d’autre stimulant que les jouissances matérielles, qui ne vivent plus que par l’intérêt, qui n’ont d’autre culte que l’or, dont les mœurs mercantiles le disputent à celles des juifs qu’ils ont pris pour modèles. Croyez-vous que ce soit par amour de la liberté en elle-même que les classes inférieures essayent de monter à l’assaut du pouvoir ? C’est par haine de ceux qui possèdent ; au fond, c’est pour leur arracher leurs richesses, instrument des jouissances qu’ils envient. »

    Voici ce que dit Drumont de l’essai magnifique de Toussenel, son inspirateur et modèle : « Pamphlet, étude philosophique et sociale, œuvre de poète, de penseur, de prophète, l’admirable livre de Toussenel est tout cela à la fois et ma seule ambition, je l’avoue, après de longues années de labeur littéraire, serait que mon livre pût prendre place près du sien dans la bibliothèque de ceux qui voudront se rendre compte des causes qui ont précipité dans la ruine et dans la honte notre glorieux et cher pays. »

    Waterloo est bien sûr une grave défaite, mais ce n’est pas tout à fait la défaite, la « Fin de l’Histoire » au sens hégélien. On peut dire que la fin de la France, plus que 1815, c’est 1830. Et l’Europe va suivre. En ce livre éloquent repasse tout le régime philippiste, plus décent d’apparence que notre République, au fond presque aussi pourri qu’elle, écrit Drumont.

    Et Toussenel : « La révolution de juillet, c’est la victoire d’Hastings de la féodalité financière. De ce jour-là, celle-ci a commencé à se douter un peu de sa puissance. »

    Pourquoi la Bible ne fait pas le moine

    Je reprends sur Toussenel et le Bible. Attention, ce qu’il écrit est choquant, vraiment.

    « Satan, le dieu des armées, le dieu du carnage, le dieu méchant, le dieu jaloux, le dieu inique qui punit la femme de Loth du crime de ses filles, qui commande à Abraham le meurtre de son fils. Le vrai Dieu, le Dieu de l’Évangile, celui qui se révèle par l’amour, celui qui a mis au cœur du père la tendresse paternelle, n’a jamais commandé à un père d’égorger son enfant ; car cet abominable crime serait une offense à sa loi.

    Non, le Dieu de l’Évangile, qui a prescrit aux hommes de s’aimer comme des frères, et dont la sainte loi est gravée dans nos cœurs à tous, n’est pas le même qui a dicté au sombre législateur du Sinaï l’exécrable formule œil pour œil, dent pour dent, et qui ordonne à ses fidèles d’exterminer sans pitié tous ceux qui ne prononcent pas purement schibboleth. »

    La banque, l’argent, la dette et l’hypothèque : rien de nouveau ! La domination financière est avant tout, comme celle de Joseph dans la Genèse, psychologique. Joseph un expert et donc il embobine le pharaon par son interprétation préfreudienne des rêves. Idem aux temps modernes, explique Toussenel : « Si bien que le juif a frappé tous les États d’une nouvelle hypothèque et d’une hypothèque que ces États ne rembourseront jamais avec leurs revenus. L’Europe est inféodée à la domination d’Israël. Cette domination universelle que tant de conquérants ont rêvée, les juifs l’ont en leurs mains. Le dieu de Juda a tenu parole aux prophètes et donné la victoire aux fils de Macchabée. Jérusalem a imposé le tribut à tous les empires. La première part du revenu public de tous les États, le produit le plus clair du travail de tous les travailleurs, passe dans la bourse des juifs sous le nom d’intérêts de la dette nationale. Et notez bien que pas un juif n’a fait œuvre utile de ses mains, depuis le commencement du monde. »

    Quant au pape Toussenel avait compris bien avant les cathos intégristes qui ramènent tout à Vatican II de quoi il en retournait (je dois dire que Céline aussi dans Bagatelles)…

    Il y a longtemps que le Dieu de l’Évangile n’a plus de vicaire ici-bas ! Le vicaire du Christ, c’est un vieillard qui emprunte aux juifs, qui proteste contre les chemins de fer et qui donne sa bénédiction aux bourreaux de la Pologne catholique.

    Encore le pontife n’avait-il pas publié un affreux bouquin avec le rabbin Skorka et reçu Shimon Peres en premier lieu !

    La nouvelle féodalité arachnéenne

    Toussenel comme Tocqueville voit avec effroi la nouvelle féodalité apparaître. Sa fonction de crétiniser l’humanité : « La féodalité industrielle, plus lourde, plus insatiable que la féodalité nobiliaire, saigne une nation à blanc, la crétinise et l’abâtardit, la tue du même coup au physique et au moral. Son despotisme est le plus déshonorant de tous pour une nation généreuse.

    Le travailleur, réduit à l’état de bête de somme bien nourrie, perd bientôt sa dignité d’homme, et accepte le joug du capital pour un temps indéterminé. »

    On croirait du Céline !

    Toussenel le premier en France utilise l’image de l’araignée, cet arthropode aux pouvoirs surnaturels, pour décrire le rôle du banquier dans la vie moderne : « C’est surtout l’araignée, cet admirable et saisissant emblème du boutiquier. Un insecte hideux, toutes griffes, tout yeux, tout ventre, mais sans poitrine, c’est-à-dire de place pour le cœur ! —L’araignée tend sa toile comme le trafiquant sa boutique, dans tous les lieux, dans tous les passages où il y a des mouches ou des chalands à prendre. »

    Le monde moderne est un monde d’intermédiaires, de médiatiques, de middle men (le nom de la nouvelle princesse Windsor) ; c’est l’époque de la pub dans la presse, et de l’agence Reuters, créée à l’époque de Balzac par un juif alaman.

    Tous ces gens-là vivent de privilèges, et leur fortune est basée sur la misère et les discordes publiques. Il est évident que les avocats, les avoués et les journalistes périraient si les citoyens ne se querellaient pas entre eux, et si les gouvernés étaient d’accord avec les gouvernants.

    Les lois minables et bâclées votées un peu partout ne choquent que les idiots ; elles ont un but démocratique bien précis : « Les avocats qui vivent des obscurités et des imperfections de la loi, ne peuvent pas raisonnablement travailler de bon cœur à éclaircir les textes et à perfectionner les Codes. Ils ont, à la conservation des mauvaises lois, le même intérêt que les louvetiers à la conservation des loups. »

    L’horreur historique anglaise

    Toussenel traite beaucoup aussi dans son livre de la malédiction anglaise, cette nation maudite qui est responsable de la défaite française, puis allemande, puis européenne, blanche puis même humaine, et qui est au service de la Bête depuis Bacon ou bien Cromwell. Je cite Léon Bloy au passage et son journal – c’est au moment de la guerre des Boers : « L’univers entier fait des vœux pour la défaite des Anglais. C’est la première fois, je pense, qu’une pareille unanimité s’est vue. Je ne me lasse pas d’admirer qu’un grand homme à peu près sans Dieu, Napoléon, ait eu l’intuition prophétique de la délivrance du monde par l’humiliation ou la destruction de l’Angleterre. »

    Voici Toussenel ; c’est bien épique aussi l’anglophobie des familles.

    « Je ne sache pas qu’aucune autre nation ait pesé sur le monde d’un poids aussi écrasant que la nation anglaise, ait coûté à l’humanité autant de larmes, ait motivé autant d’accusations contre la justice de Dieu.

    Le Normand, le plus féroce de tous les barbares, a fait croire à l’existence de l’ogre. L’Europe continentale du Moyen Âge n’était pas éloignée de prendre les guerres civiles de l’Angleterre pour les convulsions d’un peuple de damnés. La croyance générale était au XVe siècle, que Dieu seul pouvait quelque chose contre cette engeance de Satan. Un des plus grands rois de l’Angleterre, le même qui a doté sa patrie d’une religion, et qui s’en est fait pape, le roi Henri VIII prit cinq femmes et en fit assassiner trois par la main du bourreau. Les persécutions religieuses ordonnées par la vierge Elisabeth et par le puritain Cromwell, dépassent en raffinements d’atroce cruauté, tout ce que l’histoire des empereurs de Rome et d’Istanbul nous avait laissé de plus édifiant dans le genre. »

    Les horreurs de pensée anglaise sont toutes présentes à cette époque. On laisse Toussenel nous décrire l’avortement et le contrôle des naissances : « Malthus, effrayé du problème de l’exubérance de population, déclare positivement que la société peut refuser à l’enfant le droit de vivre. Ses disciples vont plus loin et développent sa thèse. Ils demandent en plaisantant qu’on décerne des récompenses nationales aux mères qui ont bien mérité de la patrie, en immolant le fruit de leurs entrailles; ils veulent que l’on dépose les restes des tendres victimes dans de somptueux cimetières patriotiques, où ces mères lacédémoniennes puissent venir respirer l’âme de leurs enfants dans le parfum des roses!… Cette théorie de la prime à l’infanticide, a obtenu quelques succès près de la population des districts manufacturiers d’Angleterre. Beaucoup de mères, dans ces pays-là, allaitent leurs enfants avec du laudanum, pour se débarrasser de leurs caresses importunes, et le procédé, assure-t-on, réussit à merveille. »

    Comme s’il pensait au crétin libéral Bastiat, Toussenel règle leur compte d’un trait de plume aux économistes libéraux : « Laissez faire nos économistes de France, et ils en arriveront bientôt à de semblables théories. Il ne se dit pas une sottise en Angleterre qui ne trouve son écho chez nous. »

    Et il comprend que le « complot Illuminati » ou cabalistique ou des Lumières a plusieurs siècles déjà : « Ah! Que Voltaire et Montesquieu savaient bien ce qu’ils faisaient, quand ils allaient en Angleterre pour voir des hommes libres ! II n’y a que cette Grande-Bretagne protestante pour produire des Hudson-Lowe et des maîtres philanthropes qui interdisent à leurs serfs le boire et le manger ! »

    Il traite très bien de l’affaire de la guerre d’opium, 1843, motivée par un certain Sassoon d’origine très certaine : « L’Angleterre a armé pour défendre les intérêts de ses marchands; elle a réduit l’empereur, qui voulait sauver ses peuples du poison, à opter entre ce poison et la destruction de toutes ses villes…. L’Angleterre achetait du thé à la Chine chaque année pour des sommes énormes. Le commerce de la compagnie des Indes avait besoin d’un objet de retour pour balancer cette dépense de numéraire. Elle trouva ce précieux moyen d’échange dans l’opium. Mais l’opium est un poison, et l’empereur de la Chine prohiba à l’entrée de ses États la denrée vénéneuse. »

    J’ai cité Chateaubriand, j’y reviens. Notre dernier grand homme politique et littéraire a bien compris le rôle subversif et méphitique de l’île sorcière : « Ainsi ces Anglais qui vivent à l’abri dans leur île, vont porter les révolutions chez les autres ; vous les trouvez mêlés dans les quatre parties du monde à des querelles qui ne les regardent pas : pour vendre une pièce de calicot, peu leur importe de plonger une nation dans toutes les calamités.

    On ne nous dira pas que l’on n’avait pas été prévenus, et en français encore. Le génie français fut celui de la lucidité, et il l’est resté. Mais comme Toussenel est considéré comme mineur, j’en remets une, de citation de Chateaubriand avant qu’on ne brûle ou caviarde ses bouquins » (Mémoires, T.II, L.20, ch. 6).

    Remueur de tout, Napoléon imagina vers cette époque le grand Sanhédrin : cette assemblée ne lui adjugea pas Jérusalem ; mais, de conséquence en conséquence, elle a fait tomber les finances du monde aux échoppes des Juifs, et produit par là dans l’économie sociale une fatale subversion.

    Nicolas Bonnal. http://francephi.com

  • École ou propagande ?

    De l’importance de s’émanciper des programmes scolaires

    L’enseignement est sans aucun doute, avec les médias de masse, un des meilleurs relais de l’idéologie dominante. Les programmes scolaires, drapés dans l’objectivité républicaine, permettent de distiller dans les esprits les plus jeunes des « acquis » clôturant par avance certains débats, imposant certaines vérités.

    L’actuel ministre de l’Éducation Vincent Peillon s’est parfaitement illustré dans cet exercice, avec sa proposition de « cours de morale laïque » (devenu depuis morale « civique » pour rendre la ficelle moins grosse) [1], ou encore avec l’arrivée discrète d’une documentation à l’attention des enseignants visant à promouvoir la théorie du genre, sous sa forme la plus absolue, en vue d’une adoption générale dans les programmes [2].

    La géopolitique et la question de la gouvernance mondiale sont elles aussi des sujets à travers lesquels la pensée unique s’impose, pas à pas, via les postulats établis et le vocabulaire employé. Dans les documents servant de ressources pour l’enseignement [3], la mondialisation économique et l’accroissement des interactions géopolitiques sont présentés par des réalités factuelles et statistiques qu’on ne saurait certes contester. Cependant, en ce qui concerne les causes, la mondialisation et toutes ses caractéristiques sont présentées comme un phénomène endogène, une voie historique inévitable. Assez logiquement, la question de la gouvernance mondiale est alors approchée comme une « nécessité » indiscutable, pour assurer des relais au marché et le réguler.

    Les auteurs cités, qu’ils soient des défenseurs du libéralisme ou inspirés par la tradition « interventionniste » (Stiglitz, Krugman, ou le fondateur d’ATTAC Liêm Hoang-Ngoc, aujourd’hui député européen PSE, etc.) auront en commun de considérer l’État-nation comme enterré, au profit du « laisser faire » ou de structures de régulation d’échelles supranationales.

    L’avenir de la gouvernance se trouverait donc dans les firmes internationales, garantes de l’optimisation des ressources, les ONG, garantes d’une démocratie participative, le G20, garant d’un pouvoir multilatéral, ou l’Europe, garante des intérêts occidentaux…

    En bref, tous les débats existant autour de la légitimité de la gouvernance mondiale et de son caractère irrémédiable sont ainsi évincés de l’enseignement. Ainsi, toute défense de l’intérêt national bien compris est reléguée au niveau de passéisme ringard. On notera d’ailleurs que l’apprentissage de l’histoire de France s’est vu récemment considérablement élagué, tout comme celui de la langue française [4]. Ces phénomènes trouveront sans aucun doute une continuité dans la politique de Vincent Peillon, qui déclare par exemple souhaiter « alléger » les programmes du primaire [5].

    L’enseignement contemporain présente le monde comme les tenants du pouvoir souhaitent qu’il soit vu. Sur ces bases, il est primordial de s’intéresser aux travaux exclus par l’école de la République. Après quelques lectures réellement alternatives, la très « démocratique » gouvernance mondiale qui nous avait été promise prend alors un tout autre visage.

    Léon Saint-Quay http://www.egaliteetreconciliation.fr

  • Obama en pèlerinage sur l’île de Gorée : mythes au service du mondialisme

    Barack Obama s’est notamment rendu en famille à l’île de Gorée, au large de Dakar, « haut-lieu de mémoire de la traite négrière et sa tristement célèbre « maison des esclaves » » (sic) où l’ont précédé deux autres présidents américains, Bill Clinton et George W. Bush.

    « C’est un moment très fort », a affirmé Barack Obama à Gorée, ajoutant : « Évidemment, pour un Africain-Américain, un président africain-américain, avoir la possibilité de visiter ce site, je pense, me donne plus de motivation pour défendre les droits de l’Homme à travers le monde ».

    L’idéologie officielle des Droits de l’homme est en effet le nouvel Evangile du Nouvel Ordre Mondial, et fallacieux, il se fonde sur des forgeries.
    Et justement, l’histoire de Gorée et cette « maison des esclaves » relève du mythe…

    Voici ce que rappelait à ce propos Robert Faurisson, évoquant un article du Monde (pour une fois attaché à la vérité) :

    « Dans cet article on lisait par exemple : « La Maison des esclaves de l’île de Gorée figure dans tous les guides. Pas un touriste ne manquera la visite de ce monument au sinistre passé. Il sera accueilli dans la cour de ce bâtiment ocre rouge par un cicerone inspiré, Joseph N’Diaye, un ancien sous-officier. Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette ‘esclaverie’ construite par les Hollandais [sic] au XVIIe siècle [sic], pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de milliers [sic] d’Africains, enchaînés vers le Nouveau Monde. – Les différentes cellules sont détaillées [par le guide] : celles des hommes, celles des femmes et celles des enfants et la porte pour le ‘voyage sans retour’ qui s’ouvre sur l’océan. Un escalier à double révolution conduit aux appartements des négriers. La Fondation France-Liberté, de Danièle Mitterrand, comme en atteste une plaque, a financé une partie de la rénovation de l’édifice. La Maison des esclaves est devenue un élément du patrimoine de l’humanité, surtout depuis que l’Unesco a classé l’ensemble de l’île dans cette rubrique. Le problème, c’est que tout est faux, ou presque, comme l’expliquent Abdoulaye Camara et le Père de Benoist, un jésuite, historien, chercheur à l’IFAN. La maison, parfaitement identifiée, n’a rien de hollandais. Elle a été construite par les Français, en 1783, pour Anna Colas, une signare – riche dame métisse – quand la traite tirait à sa fin. Les pièces du bas ont peut-être servi de logements à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite. C’étaient essentiellement des entrepôts à marchandises.
    – L’esclaverie, car elle a existé, se situait non loin du port qui abrite aujourd’hui le Musée historique. Elle a disparu. Gorée n’a jamais été un centre très actif pour la traite (deux cents à cinq cents esclaves par an, si l’on en croit les chiffres du savant jésuite), par rapport aux comptoirs de la Côte des esclaves (l’actuel Bénin), du golfe de Guinée ou de l’Angola. La légende de la Maison aux esclaves doit tout à l’indéniable talent de Joseph N’Diaye qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi. »

    NB : les trois « [sic] » sont de moi [Robert Faurisson].
    En 1997, Jean-François Forges, historien antirévisionniste, dénoncera, à son tour, le mythe de la Maison des esclaves de l’île de Gorée. Il écrira : « C’est un mythe qui dit cependant une vérité fondamentale. Encore faudrait-il en informer les touristes » (Eduquer contre Auschwitz / Histoire et Mémoire, ESF éditeur, 1997, p. 67, n. 33).
    Le dimanche 18 avril 1998, entre 9h et 10h, dans une émission de « France-Inter », on évoquera le caractère fallacieux de cette « Maison des esclaves », mais pour conclure que la charge symbolique en est telle qu’il serait indécent d’aller se soucier de la vérité historique. »

    http://www.contre-info.com

  • JEAN BOURDIER « Le combat culturel est pour nous une guerre de libération »

    Journaliste et écrivain, de formation maurrassienne, membre fondateur du Front National, jean Bourdier a été rédacteur en chef de « Minute », de « NationalHebdo » - dont il a été aussi éditorialiste - et membre fondateur du défunt mensuel « Le Choc du mois ». Nous l'avons rencontré pour nous entretenir avec lui de l'importance du combat culturel dans la prise du pouvoir politique.

    Le "politique d'abord" cher à Maurras ne s'oppose-t-il pas au nécessaire combat culturel ?
    J.B.: Je pense que, si le « politique d’abord » garde toute sa valeur et tout son sens, le combat culturel est inclus dans le combat politique. Maurras et L'Action française ont toujours d'ailleurs agi conformément à ce principe, ainsi qu'en témoignent, entre autres, leurs campagnes pour la reconquête de l'Université française et pour un enseignement de l'histoire plus conforme à la vérité que celui emprunté à Michelet par les « hussards noirs de la République ». Or, si l'on part du principe que le combat culturel représente une des formes obligées du combat politique, la question de la primauté cesse de se poser. Elle est simplement à remplacer par la question de la "priorité" et là, la réponse ne peut être dictée que par les circonstances ; on ne parle plus stratégie, mais tactique. Une remarque s'impose quand même : le monde culturel est beaucoup plus gangrené qu'il ne l'était avant la deuxième guerre mondiale - on voit, par exemple, des remises en cause qui n'auraient pu être envisagées dans les années vingt ou trente et l'on assiste souvent, de la part de prétendues élites politiques ou littéraires, à une capitulation en rase campagne consistant à accepter les postulats mis en place par les adversaires de la société et de la civilisation françaises. Cela suffit à nous confirmer que la bataille culturelle est un combat de première ligne.

    Comment définissez-vous la notion de « pouvoir culturel » ?
    J.B.: Je n'aime pas beaucoup ce terme de "pouvoir culturel" qui a, pour moi, une déplaisante consonance totalitaire, hitlérienne ou stalinienne, ce qui à mes yeux revient strictement au même. Il ne faut pas oublier que, pour nous, le combat culturel est avant tout une guerre de libération. Nous devons débarrasser la France de toutes les charges piégées déposées par l'adversaire, éliminer le conformisme freudo-marxiste qui s'est imposé dans notre pays et permettre aux voix françaises de s'exprimer librement dans la presse comme dans l'édition, au cinéma comme à la radio et à la télévision. Mais il ne s'agit pas de remplacer une dictature intellectuelle par une autre ou même un confort intellectuel par un autre. S'il est un domaine où le principe "le moins d'Etat possible" est valable, c'est bien celui de la culture. Si, par le plus grand des hasards, on me créditait du pouvoir absolu en France, l'un de mes premiers soins serait de supprimer le ministère de la Culture avec son cortège d'arbitraire, de copinage, de gabegie et subventions abusives. Les seuls devoirs de l'Etat en ce domaine sont l'entretien du patrimoine national - ce qui est déjà une lourde tâche si on veut l'accomplir sérieusement - et la défense de notre langue et de notre civilisation dans les organismes d'enseignement ou d'information dépendant de lui. Ainsi, par exemple, l'Etat pourrait et devrait obliger les journalistes des chaînes de télévision qui lui appartiennent à parler français. En revanche, il n'a pas à financer des pièces ou des troupes de théâtre "d'avant-garde", à avancer de l'argent - jamais remboursé - à des producteurs de cinéma sans spectateurs ou à subventionner de pseudo-organisations antiracistes. Au lieu d'un ministère de la Culture, les Britanniques ont un secrétariat à l'Héritage, titre que je trouve assez joli mais je crois qu'un service du ministère de l'Education nationale ferait aussi bien l'affaire. La France n'a pas besoin d'un Dr Goebbels. Le "pouvoir culturel", si l'on doit employer cette expression, ne peut être que le résultat d'un consensus. Si l'on débarrassait simplement le terrain des farceurs et des agents de propagande, il ne tarderait pas, le bon sens des Français aidant, à exister.

    La prise du pouvoir politique peut donc se faire sans avoir préalablement repris le pouvoir culturel ?
    J.B.: Bien sûr, Hitler, dont il ne faut pas oublier qu'il est arrivé initialement au pouvoir à travers des élections, en est un exemple frappant. Le pouvoir culturel était totalement entre les mains de la République de Weimar, et cela n'a strictement rien empêché.

    Où en est notre camp dans la prise en compte du combat culturel ?
    J.B.: S'il y avait une recette miracle, je serais ravi de vous la donner. On ne peut, à cet égard, que prêcher les vertus classiques que sont le courage et la persévérance. Mais il faudrait aussi qu'au sein du camp auquel nous appartenons - ce camp qui est simplement celui de la France - plus de gens se rendent compte de l'importance de l'action culturelle et lui apportent un beaucoup plus grand soutien, entre autres financier. il faut des journaux, des maisons d'édition, des radios et des écoles et, pour cela, il faut de l'argent, beaucoup d'argent.

    On peut donc parler d'une guerre culturelle ?
    J.B. : II s'agit moins hélas d'une guerre culturelle que d'un terrorisme intellectuel. Le but de l'adversaire était de nous interdire l'accès aux moyens d'expression capables de toucher le grand public, et force est de reconnaître que, la lâcheté ambiante aidant, il y est largement parvenu.

    Comment va évoluer cette guerre culturelIe ?
    IB. : Elle ne peut que s'intensifier et prendre l'aspect d'une guerre totale. La guerre totale est ce qui se produit habituellement lorsque ce ne sont pas non seulement deux Etats qui s'affrontent, mais deux visions du monde. Or, c'est bien ce qui se produit actuellement. L'affrontement de la pensée nationaliste et de la pensée mondialiste, de la pensée traditionnelle et de la pensée pseudo-progressiste se traduit immédiatement en termes de guerre culturelle.

    Il n'y a donc aucune haine dans vos propos ? 
    J.B. : Bien sûr que non. Les autres cultures sont, au contraire, des alliées naturelles. Elles sont d'ailleurs comme la nôtre, menacées et en état de lutte pour leur survie. L'ennemi, ce ne sont pas les autres cultures, c'est ce qui tend à les détruire toutes, pour arriver à l'avènement d'un monde uniforme, sans relief, sans saveur et où l'on ne verra plus une idée dépasser.

    Comment voyez-vous évoluer la situation ?
    J.B. : Là encore, ce n'est pas l'Amérique qui est un adversaire. C'est une certaine mégalomanie dictatoriale américaine - et ce sont surtout les "américanolâtres" qui hantent nos vieux pays d'Europe, et voudraient nous transformer en caricature d'une société aux puissants moyens industriels mais à l'identité intellectuelle terriblement fragile. Sur le plan littéraire et artistique, par exemple, les Etats-Unis sont restés - avec des résultats parfois brillants une colonie anglaise jusqu'à l'orée du XXe siècle. ils ont ensuite connu un essor culturel qui leur était beaucoup plus propre. Puis, à partir des années soixante et soixante-dix, on a commencé à assister à une terrible régression traduite de façon frappante par une destruction du langage. il est amusant de constater que c'est au moment où des américanismes douteux, souvent relayés par des publicitaires analphabètes, menacent notre langue, que celle de notre agresseur est en passe de se dévoyer au point de disparaître. De même, c'est au moment où, de Bush à Clinton, les Etats-Unis tendent à se vouloir le gendarme du monde et l'incarnation du « nouvel ordre mondial » qu'ils se trouvent directement menacés de perdre leur identité nationale, après avoir perdu leur identité culturelle. L'Histoire a souvent de cruelles ironies.

    Propos recueillis par François Delancourt : Français d'abord! - 2' quinzaine mai 2000

  • Paganisme et littérature française : Jacques Marlaud et le renouveau païen en France

     

     

    Ce texte pour prouver que les animateurs d'EROE étaient bel et bien partisans d'une coopération fructueuse et amicale à l'endroit du GRECE, tout en souhaitant conserver leur indépendance. Le comportement ultérieur de Jacques Marlaud, d'une balourdise et d'une goujaterie sans nom, ne s'explique pas autrement que par le fanatisme, la cuistrerie. Navrant. D'un côté, il y avait la main tendue, de l'autre, des coeurs fermés. C'est à cause de tels comportements que le fameux combat métapolitique de la ND/Canal historique a été un échec!

     

     

    lereno10.jpgLe néo-paganisme européen est une jungle de concepts ; pour le comprendre sous tous ses angles, il faut une connaissance approfondie des mythologies européennes, des théologies qui, sous une couverture chrétienne, renouent avec le non-dualisme anté-chrétien (Sigrid Hunke), des littératures populaires et romantiques qui traduisent de manière romanesque ou poétique des fragments de cette vision inépuisable de l'immanence du divin. La tâche n'est pas mince et l'on n'est pas prêt de découvrir, à l'étal des libraires, une encyclopédie définitive de ce monde foisonnant de diversité.
    Heureusement, Jacques Marlaud vient de combler cette lacune, partiellement seulement (mais c'est une première étape),  avec son livre, Le Renouveau païen dans la pensée française. La démarche de Marlaud débroussaille la partie française contemporaine de ce continent oublié qu'est le paganisme. Sa démarche est ainsi limitée dans le temps ("la pensée contemporaine") et dans l'espace (la France). Son point de départ est la mise en évidence d'une antithèse philosophique : celle de l'idée païenne contre la pensée rationalisante. Aux schémas des rationalismes, Marlaud oppose le retour du mythe, donc d'un polythéisme, plus apte à saisir la multiplicité du réel. Pour lui, l'utopisme et la désacralisation du monde sont les produits de l'individualisme, avatar idéologique du principe religieux judéo-chrétien du "salut individuel". À l'ère post-rationnelle, le substrat païen resurgit, à travers la croûte, le superstrat judéo-chrétiens. Les modes de vie imprégnés de christianisme, le moralisme rigide, les normes sociales sont désormais battus en brèche et ne créent plus de consensus. Et si le consensus de demain en venait à se référer au "substrat" plutôt qu'au "superstrat" ?
    Le résultat de ce grouillement néo-païen, c'est l'émergence progressive d'une « philosophie de l'affirmation inconditionnelle du monde », dit J. Marlaud. Elle se repère chez Clément Rosset, mais seulement dans le chef de l'individu et non à l'échelle collective, non chez ceux qui ont volonté de bâtir une autre Cité, imperméable aux absolus étrangers au substrat, aux absolus moribonds du superstrat d'hier.
    Après avoir esquissé les grandes lignes de ce néo-paganisme, Marlaud passe en revue les écrivains contemporains qui se situent dans cette mouvance : Montherlant, Gripari (père d'un nihilisme déculpabilisateur qui se gausse avec espièglerie des rationalisations moralisatrices), Pauwels le Faustien qui a "vacillé" à cause de la reaganite affligeant les médias parisiens et, enfin, Jean Cau l'anti-bourgeois qui a donné un visage enchanteur à cet existentialisme que Camus et Sartre avaient rendu si lugubre.
    Marlaud survole alors la littérature française et y repère les germes de paganisme. Dans ce survol, il n'omet pas le divin Rabelais. Et pour terminer, il passe en revue le travail de la "Nouvelle Droite" qui a popularisé, en France, les thématiques du paganisme et des racines indo-européennes. Un livre à lire pour fonder le consensus de demain... 

     

     

     

     

  • Charlemagne impose la monnaie unique à l’Europe (781)

    Depuis la chute de l’empire romain le commerce s’est anémié. Les échanges sont réduits, l’économie tourne au ralenti. Les souverains francs et mérovingiens se contentent d’imiter la monnaie romaine, d’ailleurs de plus en plus délaissée au profit du troc. Il faut attendre Charlemagne pour que l’Occident retrouve enfin une monnaie forte.

    Les Germains avaient adopté le système monétaire de l’Empire Romain, dont la monnaie de référence était le sou d’or, c’est à dire le solidus d’or créé par l’empereur Constantin. Cependant, le précieux métal étant rare en Europe occidentale, c’est en Orient que les Francs se le procuraient.

    Les conquêtes de l’Islam au VIIème siècle rendirent l’approvisionnement de plus en plus difficile. Dès la fin du VIIème siècle, le sou d’or n’est presque plus frappé en Occident, mettant ainsi le système bi-métallique (or-argent) en faillite. Charlemagne arrive au pouvoir, la situation s’est encore dégradée. Le droit de monnayage n’est plus alors un droit royal : il a été accaparé par les Eglises et les particuliers. Seul le denier d’argent (40 deniers pour un sou d’or au VIIème siècle), reste en circulation. La disparition du numéraire oblige la population à faire le plus souvent usage du troc : en grains, en chevaux, en bétail, en volailles. Dans certaines régions, on compte en grains de poivre pour calculer de petites valeurs !

    Une fois son pouvoir affirmé et son royaume unifié sous sa seule autorité, Charlemagne limite la frappe de monnaie à l’usage royal et impose en 781 une monnaie uniquement constituée d’argent. Décision qui lui permet de contourner la pénurie de métal jaune.

    Le roi des Francs change également la présentation des pièces : d’un côté son monogramme entouré du nom de la ville où il a été frappé, de l’autre son titre “Carolus rex” (puis imperator) entourant une croix.

    Dans la livre de 491,179 grammes qu’il a choisie comme étalon (et qui correspondait au poids qui servait aux moines du mont Cassin à peser le pain) il taille 240 pièces et non plus 264 comme le faisait son père, Pépin le Bref. Un denier valait donc 1/240e de la livre. Même si la livre disparaît concrètement, tout comme le sou, ces deux monnaies subsistent comme monnaie de compte. Toutefois, pour faciliter les échanges les plus usuels (il faut payer l’indispensable sel en monnaie et non plus en grains de poivre ou en dizième de vache), Charlemagne impose le demi-denier qu’on appelle obole et même des quarts de denier (encore appelés pistes). Il arrive même à l’empereur d’être obligé de vendre ses manuscrits les plus précieux pour trouver de la monnaie, comme le veut la coutume, à distribuer aux pauvres.

    En revanche , l’argent est abondant depuis que les mines d’argent de la montagne du Harz (en Allemagne) produisent du minerai de grande qualité, fondu sur place. Et surtout, depuis que le souverain victorieux a fait main basse en 795 sur le trésor des Avars, dont l’empire couvrait une partie de l’actuelle Hongrie et de l’Autriche.

    La monnaie est enfin saine, abondante, unique, donc honnête ce qui ne signifie pas qu’elle ait été acceptée aussitôt. On ne saura jamais comment les gens ont vécu cette réforme. Interdiction est faite de recevoir les vieux deniers. Obligation d’utiliser les nouvelles pièces “acceptées” par tous, en tout lieu, toute cité, tout marché. L’homme libre qui désobéira paiera 15 sous l’amende. L’esclave fraudeur perdra sa marchandise et sera fouetté nu devant le peuple. Si l’esclave a agi sur ordre de son maître, celui-ci paiera l’amende de 15 sous.

    Une seule exception à la dictature de l’argent métal : les pièces d’or frappées à Uzès, qui sont si belles et si rares que l’on a longtemps cru que c’étaient des médailles.

    chrisagde.free.fr   fortune.fdesouche.com

  • Alors l'histoire, vous imaginez...

    Alors l'histoire, vous imaginez... Un bien triste constat effectué dans le cadre d'un article du Figaro (1) en date du 26 juin 2013 quant à l'effondrement du niveau des élèves des collèges et lycée en histoire-géographie. Le fait me touche d'autant plus que très jeune, ce fut pour moi la discipline de prédilection, avant de m'orienter par la suite, vers les sciences pures. Je n'ai jamais par la suite abandonné mon premier coup de cœur, continuant de m'instruire, surtout, tout au moins à l'origine, en histoire.

    Discipline quelque peu bâtarde au motif que les étudiants en histoire apprécient rarement la géographie et réciproquement, elle n'en est pas moins essentielle à la compréhension du monde, qu'il soit présent, passé ou futur. Contrairement à Nietzsche, je ne considère pas que «l'homme de l'avenir est celui qui aura la plus grande mémoire». Les écrits du penseur suisse sont souvent motif à contresens, probablement parce que beaucoup de ses lecteurs n'ont pas de formation solide en philosophie. N'oublions pas que pour Nietzsche, la mémoire est un défaut, au motif que c'est une chaîne qui paralyse le Volonté – Wille en allemand, comprendre pulsion - au sens philosophique du terme. Comme aux yeux de Nietzsche, l'homme de l'avenir sera représentatif de la catastrophe qu'il avait prévue, l'expression est nécessairement péjorative.

    Ce qui fait mon désaccord total avec Nietzsche, outre le fait que je sois schopenhaurien – un Nietzsche « renversé » - , c'est que je considère que l'apologie de la pulsion n'est pas à célébrer. Après tout, le monde contemporain que nous appelons Système, joue aussi principalement sur cet état d'esprit et le favorise. Compte tenu de ce qu'est la nature humaine, que l'on connaît davantage l'âge aidant ou suite à la lecture des moralistes, je pense qu'il vaut mieux tempérer l'homme que de le célébrer. Ainsi que l'écrivait Cioran, « l'homme secrète du désastre. » et la connaissance de l'histoire nous le fait savoir.

    Il est des disciplines intellectuelles qui reposent sur l'apprentissage par cœur. Si ce n'est pas souvent le cas en sciences où les documents, cours et exercices, sont fréquemment acceptés durant les épreuves, le fait advient dans des disciplines comme médecine, droit ou histoire dont le fondement repose sur les capacités mémorielles. Bien sur, l'apprentissage par cœur est, que cela soit pour connaître la table de multiplication ou les dates en histoire, «prise de tête», pour reprendre une expression contemporaine. D'où le fait qu'aujourd'hui la plupart des élèves de terminale ne connaissent pas leur table de multiplication par cœur, y compris ceux qui suivent des études menant à un baccalauréat scientifique, alors que je la connaissais à l'âge de 11 ans.

    Je me méfie beaucoup, et je crois à juste raison, des interprétations générationnelles de l'histoire. On évoque assez souvent celle de 68, comme si ses membres étaient responsables de leur état d'esprit. Ce n'est pas du tout le cas au même titre que ceux qui ont moins de 45 ans n'ont nullement décidé d'être libéraux dans l' âme: prétendre le contraire, ce serait postuler l'apparition de générations successives spontanées, disposant chacune d'un patrimoine génétique spécifique, les conduisant à telle ou telle prise de position. Objectivement, les hommes sont formatés par l'environnement qu'ils vivent et ne font que réagir aux stimuli qui leur sont imposé. Si les hommes tinrent durant quatre ans dans les tranchées, ce n'est pas parce qu'ils étaient plus courageux qu'on ne l'est maintenant: c'est simplement parce que leur existence avant le déclenchement du conflit, était autrement plus rude que celle que nous vivons aujourd'hui. Il y a fort à parier que si les conditions de cette guerre venaient à être imposées à nos contemporains, le front ne tiendrait plus.

    Voilà qui me permet d'affirmer que les jeunes ne sont nullement responsables de ce que l'on pourrait appeler leur bêtise. Les enseignants non plus. Ce sont les décideurs qui portent la responsabilité de la catastrophe réelle dans le domaine de l'éducation nationale. En aucun cas, les enfants ou les enseignants n'ont décidé de la lecture globale ou syllabique, pas plus que de méconnaître les primitives. La télévision que j'ai connue, ne fonctionnant que de 11h à 24 h, n'est plus. Elle fonctionne désormais en permanence et bien souvent, l'enfant y est placé devant, presque dès son réveil, les adultes étant tranquilles durant ce temps. Les programmes tôt le matin sont d'ailleurs destinés aux jeunes et étudiés pour que ça leur plaise. On comprendra ainsi que l'enfant, arraché de l'écran pour aller suivre ses cours, s'y rend forcément contre son gré puisque l'émission télé le passionne. Voilà qui, avant même le début des cours, pénalise l'enseignant...

    La civilisation (?) dans laquelle nous vivons, parce qu'elle est imprégnée par le positivisme comtien (2), célèbre les sciences considérées, à juste raison au demeurant, comme utiles et efficaces. Souvenons nous par exemple de l'abandon progressif de l'apprentissage du grec puis du latin, probablement parce qu'il ne « sert à rien ». Fatalement, le français et l'histoire – la prochaine catastrophe va peut être toucher l'enseignement de la philosophie en terminale, devenant becquée de «moraline» (3) - devaient être les cibles suivantes. Ce n'est certes pas moi qui ai décidé, qu'orthographe, grammaire et conjugaison ne devaient plus compter et j'ai le souvenir qu'en terminale, la grande majorité des élèves de ma – bonne – classe faisaient déjà beaucoup d'erreurs en la matière. C'était voici plus de trente ans et la situation, déjà grave à l'époque, ne s'est pas améliorée. Décision majeure et essentielle que d'avoir postulé l'entrée au collège, puis une vingtaine d'années plus tard en lycée, pour presque tous les jeunes, mais il eut fallu donner à chacun la possibilité d'une réelle réussite, passant par l'octroi d'un budget majeur au ministère de l'éducation nationale. Proclamant la volonté d'amener 80% d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat, on a fait l'inverse, faute de moyens financiers: c'est ainsi qu'on a amené le baccalauréat au niveau de 80% des individus... Depuis, l'écran a joué en plus, son rôle dévastateur. Outre le cinéma, ce fut par la suite la télévision, puis l'ordinateur et le téléphone portable utilisant les très fameux sms, catastrophiques pour l'apprentissage de la langue française. Bien des personnes considèrent que les règles du français ne servent à rien, considérant qu'il faudrait presque en arriver à une écriture phonétique. Pourtant, toute personne intéressée par la neurologie sait très bien que ces règles sont essentielles dans la mesure où elles structurent le raisonnement.

    Donc paradoxalement, l'étude sérieuse du français, « sert ».

    Autre problème majeur, la distinction entre matières premières et secondaires dont l'histoire-géographie est l'une des principales victimes. Les jeunes comprennent très tôt que les mathématiques sont elles, sérieuses, ce qui pénalise alors bien d'autres disciplines.

    Le positivisme comtien, que chacun ou presque méconnaît, a cependant imprégné les têtes. A quoi bon dans ces conditions étudier l'histoire puisque c'est du passé ? A quoi bon distinguer accents circonflexe, grave et aigu puisque tout le monde comprend ? Cette attitude positiviste détruit totalement l'idée de civilisation et de raffinement. Au motif de l'efficacité, on formate les individus – c'est à dessin que je n'ai pas utilisé le terme de « personnes » - de telle façon qu'ils ne soient «qu'another brick in the wall». (4) Je ne sais si l'on apprend toujours aujourd'hui ce qu'est la littérature à l'eau de rose dont la collection Harlequin est une des plus célèbres mais je crains que la leçon n'ait pas été assimilé: qu'est ce que le film «Titanic» (5) si ce n'est un film à l'eau de rose ? Et l'on ne fera pas accroire que les salles bondées, ne l'étaient que par le sous-prolétariat. En ce sens, la plupart des Français n'ont absolument pas compris ou plus exactement assimilé le savoir qui, par les enseignants, leur furent transmis. Et le sociologue Renaud Camus de ne pas se tromper en écrivant que « les riches sont des pauvres qui ont davantage d'argent » : rien ne distingue vraiment un cadre d'un ouvrier parce qu'on forme désormais des « hommes unidimensionnels », ce au point que certaines entreprises ont décidé que les nouveaux cadres recrutés à niveau bac+5, devaient commencer par suivre un séminaire d'orthographe et de grammaire au motif de leur ignorance.

    Alors l'histoire, vous imaginez...

    Alain Rebours http://www.voxnr.com

    Notes :

    1) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/06/26/01016-20130626ARTFIG00449-college-le-niveau-des-eleves-s-effondre-en-histoire-geographie.php
    (2) Auguste Comte (1798,1857).
    (3) expression nietzschéenne.
    (4) Pink Floyd. Ils n'ont pourtant pas compris du tout ce que devait être l'enseignement et sont imprégnés par la postmodernité. Néanmoins le constat du formatage de briques, plus ou moins interchangeables à destination du mur, est juste.
    (5) Presque un phénomène de société que le film Titanic avec quasi unanimité quant à sa valeur: un signe du déclin.

  • Quand Delanoë détruit le patrimoine historique de Paris

    Lorsque le maire socialiste d’une des plus grandes capitales culturelles du monde détruit le patrimoine des parisiens, il y a peu de journalistes pour dénoncer un scandale qui pourtant devrait défrayer la chronique. Champion toute catégorie de la culture dans les années 80 et 90, le Parti socialiste s’était forgé une image de défenseur des arts et d’ami du patrimoine.

    A travers le très controversé Jack Lang, le parti avait imposé comme une constante incontournable le volet culturel, devenu une véritable arme politique, un relai entre socialisme, patrimoine et citoyens français. Mais aujourd’hui, les temps changent… mais dans une autre direction que celle annoncée par le célèbre slogan du président François Hollande. Le « maintenant », c’est en effet la destruction de façades datant de l’époque du plus célèbre préfet de Paris, Georges-Eugène Haussmann, qui avait remodelé sous le Second Empire la ville de Paris. Ainsi a disparu sur une centaine de mètres un pan du patrimoine architectural de Paris, sans compter une maison datant de l’époque de Louis XVI, rasée pour permettre à d’autres de faire fructifier leurs affaires. Le plus étonnant est que cette destruction va profiter au groupe LVMH, dont le patron n’est autre que M. Bernard Arnault. Pour mémoire, c’est un des hommes les plus riches du monde, sa fortune étant la première de France et d’après le classement du magazine Forbes, à la 10e position mondiale en 2013… soit la bagatelle d’environ 29 milliards de dollars, rien que cela. L’homme est aussi connu pour être l’un des amis proches de Nicolas Sarkozy dont il fut en 1996 l’un des témoins lors de son premier mariage avec Cécilia Sarkozy. Il fit même partie des invités du tristement célèbre « banquet de la victoire » au Fouquet’s un soir d’élection présidentielle en 2007.

    En avalisant la destruction de ce patrimoine rue de Rivoli, Bertrand Delanoë montre bien que derrière les batailles médiatiques, les clivages politiques entre la droite et la gauche n’existent plus depuis de nombreuses années. Le projet aurait toutefois dû attirer l’attention du maire et de son équipe. En détruisant irrémédiablement ce patrimoine historique, la mairie de Paris démontre qu’une porte a été ouverte, une ouverture très dangereuse vers un non-respect total des intérêts immédiat de la ville de Paris et de ses habitants. Cette ville, nous le rappelons, est la plus visitée au monde… son patrimoine est donc son plus précieux capital. Dans un pays qui accueille plus de 80 millions de touristes chaque année, nous pouvons sérieusement nous demander : « mais comment peut-on raser des pans de notre histoire à l’heure actuelle ?

    La suite dans  La voix de Russie   http://www.actionfrancaise.net

  • Ces intellectuels qui pensent à contre-courant

    Le Figaro Magazine - 25/05/2013

    Ils sont de gauche ou de droite. Rien ne les réunit, si ce n'est qu'ils ont en commun d'affronter les préjugés dominants, et parfois ceux de leur propre famille d'idées.

    SYLVIANE AGACINSKI

    Contre l'homoparentalité
    Agrégée de philosophie, elle est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages. Les derniers tournent autour d'une réflexion sur les rapports entre les sexes, question pour laquelle les médias la sollicitent fréquemment. Mais Sylviane Agacinski est aussi de gauche. Comme son mari, épousé en 1994 : Lionel Jospin. Dans Politique des sexes, en 1998, elle a pris position pour la parité : normal, pour la femme d'un Premier ministre socialiste. Mais depuis 2012, on l'a entendue répéter sur tous les tons son hostilité à la gestation pour autrui (GPA) et à l'adoption par les couples homosexuels, incriminant les « intérêts catégoriels » et la « pression militante » qui ont pesé sur l'élaboration de la loi Taubira. Rue de Solferino, il y en a qui ont toussé.

    ALAIN FINKIELKRAUT

    Le philosophe qui pèse ses mots
    Invité à la télévision, le 8 avril dernier, alors que l'on venait d'apprendre la mort de Margaret Thatcher, Alain Finkielkraut n'hésitait pas à affirmer que les réformes de la Dame de fer « avaient sans doute sauvé l'Angleterre d'un déclin inexorable », tout en regrettant son « extrême brutalité ». Et tout en s'avouant choqué par l'affaire Cahuzac, le philosophe insistait : il ne se joindrait pas à un emballement grégaire contre l'ancien ministre. Qu'il s'agisse de l'école, de l'effondrement de la culture générale ou des échecs de l'intégration, « Finkie » est comme ça : il pense à contre-courant, il pense bien, et il pense loin. Mais même s'il lui arrive, pour notre plus grand bonheur, de se mettre en colère, il veillera toujours à employer le mot juste, et à ne jamais perdre le fil de la raison.

    ÉLISABETH BADINTER

    Bas les voiles
    Agrégée de philo elle aussi, admiratrice des Lumières et chantre du féminisme, l'épouse de Robert Badinter est tout le contraire d'un esprit réactionnaire. Aujourd'hui, par exemple, elle plaide pour la GPA, jugeant le statut de mère porteuse aussi naturel qu'un autre. Mais la philosophe est aussi la marraine de la crèche Baby-Loup. Alors, au mois de mars dernier, quand la Cour de cassation a annulé le licenciement de l'employée de cette crèche qui avait refusé d'ôter son voile islamique, Elisabeth Badinter a vu rouge : « Les Français, a-t-elle déclaré, ont le sentiment qu'on leur demande de tolérer l'intolérable et de changer radicalement les us et coutumes du pays. » Des mots qui font du bien quand ils viennent de la gauche.

    ÉLISABETH LÉVY

    Et en plus elle cause
    A la radio ou à la télévision, elle fait partie de la petite escouade de journalistes qui ne pensent pas comme les autres. C'est assez pour lui valoir de solides inimitiés, ce qui ne l'effraie pas une seconde, au contraire. N'ayant jamais oublié qu'elle vient de la presse écrite, et aimant sa liberté, façon diplomatique de dire qu'elle n'aime pas recevoir les ordres d'un patron, Elisabeth Lévy a fondé, en 2007, un site internet (causeur.fr) où elle rassemble une belle brochette de chroniqueurs qui résistent au terrorisme intellectuel. Depuis le mois dernier, tout en maintenant son site, Causeur est devenu en plus un mensuel vendu en kiosque. Dans son dernier édito, Elisabeth Lévy déplore que la postmodernité ait réinventé le délit d'opinion.

     OLLIVIER POURRIOL

    Dans les coulisses de Canal+
    En 2011, Ollivier Pourriol, agrégé de philosophie quadragénaire, est recruté par Canal+ comme chroniqueur littéraire au « Grand Journal », l'émission phare (diffusée en clair) de la chaîne cryptée. Un bon salaire pour apporter « de la hauteur, un éclairage différent, un truc intelligent, un point de vue sans compromis » : comme job, il y a pire. Au bout d'un an, où on l'a peu vu à l'écran, le vacataire tombe de sa chaise : il n'est pas reconduit pour la saison suivante. Dans On/off (Nil), Pourriol brosse un portrait sans pitié de Michel Denisot (« un super-prédateur ») et raconte les coulisses de l'émission, la « promo people » en guise de critique cinéma ou les livres qu'on n'a pas lus mais dont il faut parler parce que l'auteur est un copain. On peut lire ce témoignage comme un règlement de comptes peu élégant, ou comme une dénonciation salubre de la pire face de la télévision.

    MICHÈLE TRIBALAT

    Les chiffres qu'on nous cache
    Cela fait plus de trente ans que Michèle Tribalat s'est spécialisée dans l'étude des flux migratoires. Longtemps la question n'a eu aucun caractère polémique, jusqu'à ce que le Front national entre dans l'arène. Un jour, la démographe a été accusée de « racisme » par un collègue de l'Institut national d'études démographiques (Ined) parce qu'elle utilisait, dans ses travaux, les catégories d'« appartenance ethnique » et d'« origine ethnique ». Elle s'est défendue devant la justice et a poursuivi son chemin. Michèle Tribalat n'appartient à aucun parti. Elle se contente de traduire en courbes et en tableaux la réalité de qui naît, vit et meurt en France. Mais comme les chiffres qu'elle dévoile sont effarants, cette experte dérange. Ces jours-ci, elle travaille à son prochain livre, Assimilation, la fin d'un modèle, qui va bientôt paraître aux Editions du Toucan.

    ROBERT MÉNARD ET DOMINIQUE JAMET

    Les empêcheurs de penser en rond
    Journaliste, cofondateur de Reporters sans frontières, Robert Ménard a commencé sa carrière à gauche. Et puis il a changé... Ces dernières années, à force de défier le politiquement correct, il s'est fait successivement débarquer de RTL, de Sud Radio et d' i-Télé. Un chroniqueur sans moyen d'expression étant comme un cavalier sans cheval, il a fondé Boulevard Voltaire (www.bvoltaire.fr), un site de débats, en octobre 2012, avec Dominique Jamet, essayiste et ancien journaliste au Figaro et au Quotidien de Paris. Ce tandem garantit la pluralité de leur site.

    MALIKA SOREL-SUTTER

    L'intégration, grande cause nationale
    « Même s'il s'élève dans l'échelle sociale, un enfant de l'immigration ne sera à terme adopté par la communauté nationale que si, et seulement si, il est perçu par les Français comme partageant leur conception de principes fondamentaux tels que la liberté individuelle, l'égalité homme-femme, la fraternité, la laïcité, la liberté d'opinion. » Ces lignes, parues dans Marianne le 9 mars dernier, sont signées de Malika Sorel-Sutter. Née en France de parents algériens, diplômée de l'école polytechnique d'Alger, cette femme courageuse, membre du Haut Conseil à l'intégration, tient sur l'éducation, la famille et l'immigration un langage qu'on aimerait entendre plus souvent dans le monde politique.

    LAURENT OBERTONE

    Alerte à l'ensauvagement
    Sortie au mois de janvier, La France Orange mécanique, de Laurent Obertone, était en rupture de stock le jour même de sa mise en librairie. Cet essai a mené son auteur dans la liste des best-sellers et devant les caméras de Ruquier. Le message du livre est symbolisé par trois données : 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols sont commis chaque jour en France. Les citoyens le savent et l'éprouvent quotidiennement, tandis que les élites détournent les yeux : nous assistons à « l'ensauvagement » de notre société. Cet indispensable constat dressé, il reste à trouver la solution pour s'en sortir.

    Jean Sévillia  http://www.jeansevillia.com