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culture et histoire - Page 1853

  • « En route pour Ithaque ! » – l’Université d’Été de Génération

    Communiqué du 17 juin 2013

    :: « En route pour Ithaque ! » – l’Université d’Été de Génération Identitaire ::

    « Le pouvoir socialiste semble avoir choisi de nous désigner comme ses ennemis, la Génération Identitaire ne le décevra pas ! », c’est ainsi que se terminait le communiqué annonçant la création de Génération Identitaire à la fin de l’été 2012. Du toit de la mosquée de Poitiers au siège du PS rue de Solférino, en passant par notre campagne « Génération Solidaire » auprès des SDF et la mobilisation contre la loi Taubira, nous nous sommes efforcés depuis de tenir cette promesse.

    De telles opérations, tout autant que la structuration de Génération Identitaire, sont rendues possibles grâce à un effort permanent de formation des militants et responsables. L’Université d’Été qui se tiendra dans le Dauphiné (à proximité de Grenoble) du lundi 12 au samedi 17 août, s’inscrit dans cette démarche.

    Dirigé par une équipe de formateurs expérimentés, cette Université d’Été est une occasion unique d’apprendre, chanter, transpirer ensemble dans un cadre naturel d’exception, et ainsi de resserrer les liens entre les participants.

    Cette session, intitulée « En route pour Ithaque ! », permettra – en parallèle de la formation militante – de s’intéresser à l’œuvre d’Homère et aux aventures d’Ulysse, mythe majeur de notre civilisation.

    Onzième rendez-vous de formation estivale pour les jeunes identitaires, premier pour le mouvement Génération Identitaire, notre Université d’Eté s’adresse en priorité aux cadres. Tout adhérent souhaitant y participer doit recevoir le parrainage d’un Conseiller fédéral.

    > Lundi 12 au samedi 17 août, Dauphiné, participation de 60 € par personne
    > Renseignements et inscriptions : contact@generation-identitaire.com

    —–
    GENERATION IDENTITAIRE
    Site : www.generation-identitaire.com
    Messagerie : contact@generation-identitaire.com
    Facebook : http://www.facebook.com/GenerationIdentitaire
    Twitter : https://twitter.com/G_IDENTITAIRE

  • L'engagement politique radical dans la littérature et le théâtre.

    Dans la section «Documents» de Voxnr, c'est à dire dans la colonne située sur la partie du site, sont archivés des textes à contenu culturel. Si la Politique a sans conteste sa raison d'être, elle est aussi fille d'aïeules que sont la métapolitique et la philosophie politique. La Politique, c'est peut être en tout premier lieu, une certaine conception de l'homme au sein du monde. Après avoir initié une série d'études consacrées à la notion de «personnalités différenciées», il me semble bon de perdurer dans l'effort en ouvrant un autre fil, consacré cette fois, à l'engagement politique, tel qu'il est narré dans la littérature, sous la forme «roman» ou «théâtre». Outre que cela constitue un apport quant à la Culture, caractéristique essentielle de la civilisation gréco-romaine dont nous sommes, elle permet la compréhension de la psychologie de personnages qui seront dans le cadre de ses études, engagés dans des combats politiques extrêmes. Certains de ces romans d'ailleurs, ne sont que version quelque peu romancés, de l'histoire réelle. Ainsi le «Les réprouvés » de Ernst Von Salomon, mais aussi le «La Ville» du même auteur. Outre que ces œuvres sont considérées comme telles, y compris par les universitaires contemporains – d'où l'idée de culture – leurs lectures sont aussi d'un précieux secours pour le militant d'aujourd'hui, en des temps de détresse. Ce n'est pas tant que le Front National en lui même soit particulièrement radical – il ne fait que demander ce dont les Français, en tout domaine ont droit – mais le simple fait de se réclamer de lui suscite la haine de bien des interlocuteurs, plaçant donc les militants de facto, dans une stricte radicalité. On ne s'étonnera pas non plus de l'étude d'oeuvres dont les héros principaux sont marqués politiquement très à gauche. Dans les faits, ce n'est ni de la gauche, ni de la droite dont il est question, mais de simple radicalité, d'où qu'elle vienne. Je crois d'ailleurs que les attitudes, cas de conscience et psychologies des militants de diverses tendances, sont très majoritairement les mêmes, confrontés qu'ils sont bien souvent, à l'indifférence des foules et à la répression des plus féroces des gouvernements en place, quelle que soit leur couleur politique.

    Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com

  • Prêtre et franc-maçon Quand le scandale a du bon !

    L'histoire d'un prêtre du diocèse d'Annecy qui voulait être curé et franc-maçon peut paraître anecdotique. En ces temps où la franc-maçonnerie est politiquement toute puissante, il fallait du courage pour condamner le Père Vesin...
    Le 26 novembre 1983, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par son préfet qui était alors le cardinal Josef Ratzinger a fait une mise au point sur la franc-maçonnerie. Cette déclaration a été approuvée par le pape Jean Paul II. Elle dit ceci : « On a demandé si le jugement de l’Église sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n 'en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur. Le jugement de l’Église sur les associations maçonniques demeure donc inchangé [...]et l'inscription à ces associations reste interdite par l’Église ».
    La loge : L'avenir du Chablais
    C'est au nom de cette déclaration que, depuis 2010, le Vatican exigeait du diocèse d'Annecy et de son évêque Mgr Yves Boivineau qu'ils placent devant ses responsabilités le Père Pascal Vesin, curé de Megève. On finit donc par lui mettre le marché en main : ou il quitte la franc-maçonnerie ou il est relevé de ses fonctions de curé de Megève. L'intéressé est prêtre depuis le 30 juin 1996 et se revendique franc-maçon au Grand Orient de France - loge : L'avenir du Chablais - depuis 2001. Lorsqu'on lui demande les raisons de cette adhésion, il précise qu'approché d'abord par la GLNF, il a préféré adhérer au Grand Orient, « pris d'une envie de fraternité et en quête d'un lieu de réflexion, d'une vraie recherche et d'une pensée sociale ». Mais cette appartenance aurait dû rester discrète. D'ailleurs interrogé par son évêque, une première fois, en 2010 le Père Vesin avait lui-même nié son appartenance à la Maçonnerie. Confondu en 2011, à cause de publications intempestives dans la presse, il déclare depuis à qui veut l'entendre que sa « double appartenance » ne lui pose aucun problème et qu'il souhaite continuer son ministère sacerdotal dans cette perspective. La réaction de l'évêque d'Annecy a été à la hauteur de la circonstance : non seulement il condamne son prêtre, mais il rédige une véritable condamnation de la Maçonnerie, en écho à l'encyclique Humanum genus de Léon XIII (quoi que bien sûr sans la citer). Nous en donnons ci-contre les meilleurs passages.
    De son côté, le nouveau Grand Maître du GODF Joseph Gulino n'y est pas allé par quatre chemins, quand il a appris la chose. Nous évoquons Léon XIII pape à la fin du XIXe siècle. Lui remonte aux brumes du Moyen-Âge, en un temps où la Maçonnerie n'existait pas : « Cette décision rétrograde rappelle l'inquisition ». De tels amalgames suppriment toute possibilité d'une discussion sensée. C'est à se demander si l'on a encore le droit de condamner la franc-maçonnerie. Le Printemps français qui, le 22 mai dernier, a organisé une action devant le temple de la Rue Cadet (GODF) à Paris a expérimenté ce que pouvait coûter en République une telle liberté. Manuel Valls, ministre de l'Intérieur et initié au Grand Orient dans les années quatre-vingt, a parlé tout bonnement d'une interdiction du Printemps. Toute la grande presse s'en est fait l'écho. Il a été obligé de surseoir à ses menaces parce que le Printemps français (prudent) n'a pas de définition juridique et se présente avant tout comme « un état d'esprit ». Interdire un état d'esprit ? C'est compliqué !
    « rien à faire d'être vivant après la mort »
    Du point de vue de l’Église pourtant, condamner la franc-maçonnerie, c'est condamner les thèmes autour desquels s'organise toute la déviance moderniste de la théologie catholique. Symptomatique jusqu'au bout, le Père Vesin était tout de même un curé aux convictions religieuses problématiques. Dans un entretien daté du 17 janvier 2013, au Messager, hebdomadaire local, il s'exprime très librement. La foi catholique en prend un... sacré coup ! Exemple : « rien à faire d'être vivant après la mort ». Il expliquait aussi avoir refusé d'afficher l'annonce pour la Manif pour tous du 13 janvier 2013 et être « favorable à l'ordination de prêtres déjà mariés et qui montrent une certaine stabilité dans leur vie maritale ». Il reconnaissait que ses pratiques dérangeaient certains de ses paroissiens : « À Noël 2012, dans la crèche je n'ai pas mis de petit Jésus mais le livre de la parole. (...) Mais je les ai tous rassurés : on n'a pas perdu le petit Jésus, il est bien rangé ! » Remplacer une personne par un livre, si ce n'est pas l'abstraction maçonnique qui se manifeste, je n'y comprends rien ! Mais surtout, il s'étonne de ce que l'on puisse le condamner, alors que, pour lui, la liberté absolue de la conscience semble être un idéal commun aux chrétiens et aux francs-maçons : « Je n'absolutise aucune institution humaine, je ne défends pas la Maçonnerie, je défends la pluralité de pensée, le dialogue et l'ouverture. L’Église n'est-elle pas née plurielle ? Je n 'ai jamais eu de problèmes pour cohabiter, pour dialoguer avec des chrétiens partageant d'autres idées que les miennes, avec des courants dépensée différents dans notre Église ». Notre Église est née plurielle ? « La source est plurielle » disait autrefois le cardinal Congar, évoquant La Trinité.
    Le Credo du Père Vesin, c'est avant tout le pluralisme, un pluralisme indépassable. Or la foi catholique nous fait dépasser ce pluralisme dans l'unité du Credo.
    Claire Thomas monde & vie  11 juin 2013

  • Francis Cousin et Lucien Cerise sur Radio Courtoisie

    Le 1er mai 2013, Francis Cousin, auteur de L'Être contre l'Avoir et Lucien Cerise, auteur de Gouverner par le chaos et d'Oliganarchy (disponible dans les prochains jours aux éditions Le Retour aux Sources), étaient les invités du" Libre journal" d'Emmanuel Ratier sur Radio Courtoisie.

    Podcast disponible en téléchargement ICI.

    http://www.scriptoblog.com/

  • Gustave Le Bon 1841-1931

     

     

    1. On ne se conduit pas avec son intelligence mais avec son caractère.
      (Aphorismes du temps présent, p.155, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    2. On ne saurait juger des sentiments d'un être d'après sa conduite dans un cas déterminé. L'homme d'une circonstance n'est pas celui de toutes les circonstances.
      (Aphorismes du temps présent, p.156, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    3. Supposer chez les autres des sentiments identiques à ceux qui nous mènent, est se condamner à ne jamais les comprendre.
      (Aphorismes du temps présent, p.157, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    4. Quand on ne gêne pas par sa volonté, on nuit souvent par son inertie.
      (Aphorismes du temps présent, p.157, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    5. Les oeuvres importantes résultent plus rarement d'un grand effort que d'une accumulation de petits efforts.
      (Aphorismes du temps présent, p.157, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    6. La vanité est pour les imbéciles une puissante source de satisfaction. Elle leur permet de substituer aux qualités qu'ils n'acquerront jamais, la conviction de les avoir toujours possédées.
      (Aphorismes du temps présent, p.157, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    7. Nul besoin d'être loué quand on est sûr de soi. Qui recherche la louange doute de sa propre valeur.
      (Aphorismes du temps présent, p.158, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    8. Appartenir à une école, c'est perdre sa personnalité ; ne pas appartenir à une école, c'est abdiquer toute possibilité de prestige.
      (Aphorismes du temps présent, p.158, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    9. Les grandes pensées viennent de l'esprit et non du coeur comme on l'a soutenu, mais c'est du coeur qu'elles tirent leur force.
      (Aphorismes du temps présent, p.158, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    10. Le caractère et l'intelligence étant rarement réunis, il faut se résigner à choisir ses amis pour leur caractère et ses relations pour leur intelligence.
      (Aphorismes du temps présent, p.158, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    11. On n'est pas maître de ses désirs, on l'est souvent de sa volonté.
      (Aphorismes du temps présent, p.159, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    12. Une volonté forte a le plus souvent un désir fort pour soutien. Le désir est l'âme de la volonté.
      (Aphorismes du temps présent, p.159, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    13. En matière de sentiment, l'illusion crée vite la certitude.
      (Aphorismes du temps présent, p.161, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    14. Les sentiments simulés finissent quelquefois par devenir des sentiments éprouvés.
      (Aphorismes du temps présent, p.161, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    15. Les diverses formes de logiques : mystique, sentimentale et rationnelle n'ont pas de commune mesure. Elles peuvent se superposer mais non se concilier.
      (Aphorismes du temps présent, p.161, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    16. Ce qu'on fait par orgueil est souvent supérieur à ce qu'on accomplit par devoir.
      (Aphorismes du temps présent, p.161, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    17. Démontrer qu'une chose est rationnelle ne prouve pas toujours qu'elle soit raisonnable.
      (Aphorismes du temps présent, p.162, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    18. L'homme ne possède que deux certitudes absolues : le plaisir et la douleur. Elles orientent toute sa vie individuelle et sociale.
      (Aphorismes du temps présent, p.163, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    19. Les grands manieurs d'hommes furent toujours des créateurs de désirs. Les réformateurs ne font que substituer un désir à un autre désir.
      (Aphorismes du temps présent, p.164, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    20. Selon les divers ordres d'activité, la femme est inférieure ou supérieure à l'homme. Elle est rarement son égale.
      (Aphorismes du temps présent, p.166, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    21. La femme ne pardonne pas à l'homme de deviner ce qu'elle pense à travers ce qu'elle dit.
      (Aphorismes du temps présent, p.167, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    22. Dominer ou être dominée, il n'y a pas, pour l'âme féminine, d'autre alternative.
      (Aphorismes du temps présent, p.167, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    23. L'homme ne croit guère la femme que quand elle ment. Il la condamne ainsi souvent à mentir.
      (Aphorismes du temps présent, p.167, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    24. En amour, quand on demande des paroles, c'est qu'on a peur d'entendre les pensées.
      (Aphorismes du temps présent, p.167, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    25. L'amitié est plus souvent une porte de sortie qu'une porte d'entrée de l'amour.
      (Aphorismes du temps présent, p.168, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    26. On n'est pas toujours digne de l'amour qu'on provoque, on l'est généralement des amitiés qu'on inspire.
      (Aphorismes du temps présent, p.169, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    27. L'amour devenu clairvoyant est bien près de finir.
      (Aphorismes du temps présent, p.169, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    28. Une opinion peut avoir des origines affectives, mystiques ou rationnelles. L'origine rationnelle est la plus rare.
      (Aphorismes du temps présent, p.170, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    29. Le milieu crée nos opinions. Les passions et l'intérêt les transforment.
      (Aphorismes du temps présent, p.170, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    30. Il faut posséder un esprit très indépendant pour se créer cinq ou six opinions personnelles dans le cours de l'existence.
      (Aphorismes du temps présent, p.171, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    31. Il n'y a guère aujourd'hui de journaux assez indépendants pour permettre à leurs rédacteurs des opinions personnelles.
      (Aphorismes du temps présent, p.172, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    32. En politique, les choses ont moins d'importance que leurs noms. Déguiser sous des mots bien choisis, les théories les plus absurdes, suffit souvent à les faire accepter.
      (Aphorismes du temps présent, p.174, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    33. Chez beaucoup d'hommes, la parole précède la pensée. Ils savent seulement ce qu'ils pensent après avoir entendu ce qu'ils disent.
      (Aphorismes du temps présent, p.175, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    34. La contagion mentale est le plus sûr agent de propagation des opinions et des croyances. Les convictions politiques ne se fondent guère autrement, on tâche ensuite de leur donner un aspect rationnel pour les justifier.
      (Aphorismes du temps présent, p.176, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    35. L'art des grands meneurs est de susciter chez ceux qu'ils entraînent des personnalités nouvelles.
      (Aphorismes du temps présent, p.177, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    36. Pour acquérir une autorité momentanée, il suffit généralement de persuader qu'on la possède.
      (Aphorismes du temps présent, p.177, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    37. On domine plus facilement les peuples en excitant leurs passions qu'en s'occupant de leurs intérêts.
      (Aphorismes du temps présent, p.177, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    38. Une erreur, auréolée de prestige, exercera toujours plus d'action qu'une vérité sans prestige.
      (Aphorismes du temps présent, p.178, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    39. Vouloir imposer nos institutions, nos coutumes et nos lois aux indigènes d'une colonie, c'est prétendre substituer au passé d'une race le passé d'une autre race.
      (Aphorismes du temps présent, p.182, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    40. Créer des idées qui influenceront les hommes, c'est mettre un peu de soi-même dans la vie de ses descendants.
      (Aphorismes du temps présent, p.183, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    41. La foule ne retient guère des évènements que leur côté merveilleux. Les légendes sont plus durables que l'histoire.
      (Aphorismes du temps présent, p.186, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    42. Le poids du nombre tend chaque jour à se substituer au poids de l'intelligence. Mais si le nombre peut détruire l'intelligence, il est incapable de la remplacer.
      (Aphorismes du temps présent, p.188, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    43. Les foules comprennent rarement quelque chose aux évènements qu'elles accomplissent.
      (Aphorismes du temps présent, p.188, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    44. Les grandes assemblées possèdent les principales caractéristiques des foules : Niveau intellectuel médiocre, excitation excessive, fureurs subites, intolérance complète, obéissance servile aux meneurs.
      (Aphorismes du temps présent, p.189, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    45. L'homme médiocre augmente sa valeur en faisant partie d'un groupe ; l'homme supérieur la diminue.
      (Aphorismes du temps présent, p.190, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    46. L'élite d'un peuple crée ses progrès, les individus moyens font sa force.
      (Aphorismes du temps présent, p.193, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    47. Les progrès d'un peuple ne sont déterminés ni par les gouvernements ni par les révolutions, mais par la somme des efforts des individus qui la composent.
      (Aphorismes du temps présent, p.194, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    48. Les hommes en société ne pouvant vivre sans tyrannie, la plus acceptable est encore celle des lois.
      (Aphorismes du temps présent, p.196, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    49. Les lois stabilisent les coutumes, elles peuvent rarement en créer.
      (Aphorismes du temps présent, p.196, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    50. Une loi qui ne sanctionne pas simplement la coutume, c'est-à-dire l'expérience du passé, ne fait que codifier notre ignorance de l'avenir.
      (Aphorismes du temps présent, p.197, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    51. Croire, comme les politiciens, à la puissance transformatrice des lois, c'est oublier que derrière les phénomènes visibles, se trouvent toujours des forces invisibles qui les déterminent.
      (Aphorismes du temps présent, p.197, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    52. Un délit généralisé devient bientôt un droit.
      (Aphorismes du temps présent, p.197, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    53. Dès qu'on possède la force, on cesse d'invoquer la justice.
      (Aphorismes du temps présent, p.199, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    54. On ne peut opposer le droit à la force, car la force et le droit sont des identités. Le droit est de la force qui dure.
      (Aphorismes du temps présent, p.199, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    55. Une vertu pratiquée sans effort est une qualité, non une vertu.
      (Aphorismes du temps présent, p201., Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    56. La morale s'apprend seulement par la pratique. Elle fait partie, comme les arts, de ces connaissances que ne sauraient enseigner les livres.
      (Aphorismes du temps présent, p.201, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    57. Le même sentiment peut être appelé vice ou vertu suivant son utilité sociale. Étendu à la famille, à la tribu, à la patrie, l'égoïsme individuel devient une vertu. L'orgueil, défaut individuel, est également une vertu collective.
      (Aphorismes du temps présent, p.202, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    58. Possible entre individus, la tolérance ne l'est jamais entre collectivités.
      (Aphorismes du temps présent, p.203, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    59. L'intolérance représente souvent dans la vie des peuples une vertu nécessaire à l'action.
      (Aphorismes du temps présent, p.203, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    60. Excuser le mal, c'est le multiplier.
      (Aphorismes du temps présent, p.203, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    61. Dans le domaine moral, l'homme moderne détruit plus vite qu'il ne bâtit.
      (Aphorismes du temps présent, p.203, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    62. Les gens vertueux se vengent souvent des contraintes qu'ils s'imposent par l'ennui qu'ils inspirent.
      (Aphorismes du temps présent, p.204, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    63. On ne peut rien sur l'homme dont l'idéal est de sacrifier sa vie pour une croyance.
      (Aphorismes du temps présent, p.205, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    64. Incapable de vivre sans certitude, l'homme préférera toujours les croyances les moins défendables aux négations les plus justifiées.
      (Aphorismes du temps présent, p.208, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    65. L'intolérance de certains libres penseurs, résulte fréquemment de la religiosité inconsciente dont l'atavisme a rempli leurs âmes.
      (Aphorismes du temps présent, p.208, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    66. La libre pensée ne constitue souvent qu'une croyance, qui dispense de la fatigue de penser.
      (Aphorismes du temps présent, p.208, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    67. La raison crée le progrès, mais les bâtisseurs de croyances mènent l'histoire. Du fond de leurs tombeaux, de grands hallucinés comme Bouddha et Mahomet, courbent encore des millions d'hommes sous l'enchantement de leurs rêves.
      (Aphorismes du temps présent, p.209, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    68. Les peuples survivent rarement à la mort de leurs dieux.
      (Aphorismes du temps présent, p.209, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    69. Comme la politique, l'art est guidé par quelques meneurs, suivis d'une foule de menés.
      (Aphorismes du temps présent, p.210, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    70. Le beau, c'est ce qui nous plaît, et ce qui nous plaît se détermine moins par le goût personnel, que par celui des personnes influentes, dont la contagion mentale impose le jugement.
      (Aphorismes du temps présent, p.211, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    71. Le véritable artiste crée, même en copiant.
      (Aphorismes du temps présent, p.212, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    72. La force des rites est telle, qu'ils survivent longtemps à la foi qui les avaient [sic] fait naître.
      (Aphorismes du temps présent, p.214, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    73. On rencontre rarement un homme acceptant d'exposer sa vie pour une vérité rationnelle. On en trouve aisément des milliers prêts à se faire tuer pour une croyance.
      (Aphorismes du temps présent, p.217, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    74. Lorsqu'une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu'elle appartient au cycle de la croyance et non à celui de la connaissance.
      (Aphorismes du temps présent, p.217, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    75. L'intolérance est la compagne nécessaire des convictions fortes. Entre sectateurs de croyances voisines, elle est beaucoup plus accentuée qu'entre défenseurs de dogmes sans parenté.
      (Aphorismes du temps présent, p.218, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    76. L'hypothèse est une croyance souvent prise pour une connaissance.
      (Aphorismes du temps présent, p.218, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    77. Une croyance n'étant ni rationnelle, ni volontaire, aucune des absurdités qu'elle peut enseigner ne saurait nuire à sa propagation.
      (Aphorismes du temps présent, p.218, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    78. Ne pas croire les choses possibles, c'est les rendre impossibles. Une des forces de la foi est d'ignorer l'impossible.
      (Aphorismes du temps présent, p.219, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    79. L'éducation est l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient.
      (Aphorismes du temps présent, p.220, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    80. Instruire n'est pas éduquer. L'instruction enrichit la mémoire. L'éducation crée chez l'homme des réflexes utiles et lui apprend à dominer les réflexes nuisibles.
      (Aphorismes du temps présent, p.221, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    81. Quelques années suffisent pour instruire un barbare. Il faut parfois des siècles pour l'éduquer.
      (Aphorismes du temps présent, p.221, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    82. Développer chez l'homme la réflexion, le jugement, l'énergie et le sang-froid, serait autrement nécessaire que de lui imposer l'insipide phraséologie, qui constitue l'enseignement scolaire.
      (Aphorismes du temps présent, p.221, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    83. Confiner l'esprit dans l'artificiel et le rendre incapable d'observation, est le plus sûr résultat des méthodes théoriques ne montrant le monde qu'à travers les livres.
      (Aphorismes du temps présent, p.221, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    84. Canalisée par une bonne méthode, l'intelligence la plus faible arrive à progresser.
      (Aphorismes du temps présent, p.222, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    85. Acquiérir une méthode, c'est posséder l'art d'économiser le temps, et, par suite, d'en accroître la durée.
      (Aphorismes du temps présent, p.222, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    86. Vouloir enseigner trop de choses empêche l'élève d'en apprendre aucune. Ce principe fondamental semble ignoré ou méconnu de notre Université.
      (Aphorismes du temps présent, p.222, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    87. Une des grandes illusions de la démocratie est de s'imaginer que l'instruction égalise les hommes. Elle ne sert souvent qu'à les différencier davantage.
      (Aphorismes du temps présent, p., Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    88. Notre système d'éducation classique a fini par créer une aristocratie de la mémoire, n'ayant aucun rapport avec celle du jugement et de l'intelligence.
      (Aphorismes du temps présent, p.223, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    89. Le choix d'un système d'éducation a plus d'importance pour un peuple que celui de son gouvernement.
      (Aphorismes du temps présent, p.223, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    90. Des hommes d'élite réunis en groupe ne constituent plus une élite. Pour garder son niveau, l'esprit supérieur doit rester solitaire.
      (Aphorismes du temps présent, p.224, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    91. L'élite crée, la plèbe détruit.
      (Aphorismes du temps présent, p.225, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    92. Des trois conceptions possibles de la vie : optimiste, pessimiste, résignée, la dernière est peut-être la plus sage, mais aussi la moins génératrice d'action.
      (Aphorismes du temps présent, p.227, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    93. L'évolution de la philosophie rationnelle consiste surtout à discuter en termes nouveaux des problèmes fort anciens.
      (Aphorismes du temps présent, p.227, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    94. Chaque phénomène a son mystère. Le mystère est l'âme ignorée des choses.
      (Aphorismes du temps présent, p.228, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    95. Le matérialisme a prétendu se substituer aux religions, mais aujourd'hui la matière est devenue aussi mystérieuse que les dieux qu'elle devait remplacer.
      (Aphorismes du temps présent, p.231, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    96. Une des supériorités du savant sur l'ignorant est de sentir où commence le mystère.
      (Aphorismes du temps présent, p.231, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    97. Le besoin de certitude a toujours été plus fort que le besoin de vérité.
      (Aphorismes du temps présent, p.235, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    98. La valeur pratique d'une vérité se mesure au degré de croyance qu'elle inspire.
      (Aphorismes du temps présent, p.235, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    99. Revêtir l'erreur d'une forme séduisante, suffit souvent pour la faire accepter comme vérité.
      (Aphorismes du temps présent, p236., Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    100. C'est nuire à la découverte de la vérité que de l'apprécier, comme les pragmatistes, d'après son degré d'utilité.
      (Aphorismes du temps présent, p.236, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    101. Une vérité est une étape provisoire sur une route qui n'a pas de fin.
      (Aphorismes du temps présent, p.237, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    102. Il y a des vérités absolues dans le temps mais non dans l'éternité.
      (Aphorismes du temps présent, p.237, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    103. Présentée sous forme mathématique, l'erreur acquiert un grand prestige. Le sceptique le plus endurci attribue volontiers aux équations de mystérieuses vertus.
      (Aphorismes du temps présent, p.237, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    104. Une illusion tenue pour vraie agit comme une vérité.
      (Aphorismes du temps présent, p.237, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    105. La valeur attribuée à une doctrine dépend beaucoup moins de la justesse de cette doctrine que du presige possédé par celui qui l'énonce.
      (Aphorismes du temps présent, p.238, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    106. Une vérité trop claire cesse bientôt d'être une vérité féconde.
      (Aphorismes du temps présent, p.238, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    107. L'intelligence fait penser. La croyance fait agir.
      (Aphorismes du temps présent, p.241, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    108. Si l'homme avait commencé par penser au lieu l'agir, le cycle de son histoire serait clos depuis longtemps.
      (Aphorismes du temps présent, p.241, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    109. Illusoires ou réelles, les certitudes sont génératrices d'action. L'homme privé de certitudes serait comme un vaisseau sans gouvernail, une machine sans moteur.
      (Aphorismes du temps présent, p.241, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    110. L'absurde et l'impossible n'ont jamais empêché une croyance suffisamment forte de faire agir.
      (Aphorismes du temps présent, p.241, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    111. Savoir ce qu'on doit faire n'est pas du tout savoir ce qu'on fera.
      (Aphorismes du temps présent, p.242, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    112. Les propositions admises sans discussion deviennent rarement des mobiles d'action.
      (Aphorismes du temps présent, p.242, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    113. La pensée sans action est un vain mirage, l'action sans pensée un vain effort.
      (Aphorismes du temps présent, p.243, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    114. Contrairement aux idées démocratiques, la psychologie enseigne que l'entité collective, nommée Peuple, est très inférieure à l'homme isolé.
      (Aphorismes du temps présent, trad. #551 &Le démocratique besoin de paraître est le plus coûteux et le moins profitable des besoins. *(, p.244, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    115. La soif d'égalité n'est souvent qu'une forme avouable du désir d'avoir des inférieurs et pas de supérieurs.
      (Aphorismes du temps présent, p.245, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    116. L'imprécision des doctrines socialistes est un élément de leur succès. Il importe pour un dogme de ne se préciser qu'après avoir triomphé.
      (Aphorismes du temps présent, p.247, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    117. Substituer l'initiative et la responsabilité collective à l'initiative et à la responsabilité individuelles, c'est faire descendre l'homme très bas sur l'échelle des valeurs humaines.
      (Aphorismes du temps présent, p.249, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    118. Reculer devant l'effort qu'on croit inutile, est renoncer d'avance à tout succès.
      (Aphorismes du temps présent, p.250, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    119. Les seules révolutions durables sont celles de la pensée.
      (Aphorismes du temps présent, p.252, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    120. L'être vraiment malheureux est celui à qui on persuade que son était est misérable. Ainsi procèdent les meneurs pour faire les révolutions.
      (Aphorismes du temps présent, p.253, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    121. Les révolutions qui commencent résultent le plus souvent de croyances qui finissent.
      (Aphorismes du temps présent, p.255, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    122. La première phase d'évolution d'une démocratie triomphante est de détruire les anciennes aristocraties, la seconde d'en créer de nouvelles.
      (Aphorismes du temps présent, p.258, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    123. Un peuple qui réclame sans cesse l'égalité est bien près d'accepter la servitude.
      (Aphorismes du temps présent, p.259, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    124. Toute la politique se ramène à ces deux règles, savoir et prévoir.
      (Aphorismes du temps présent, p.260, Les amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    125. Un gouvernement n'est pas le créateur d'une époque, mais sa création.
      (Aphorismes du temps présent, p.260, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    126. Juger un évènement inévitable, c'est en faire une fatalité.
      (Aphorismes du temps présent, p.261, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    127. En politique, comme dans la vie, le succès appartient généralement aux convaincus et rarement aux sceptiques.
      (Aphorismes du temps présent, p.261, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    128. En politique, il est moins dangereux de manquer d'idées directrices que d'en avoir de fausses.
      (Aphorismes du temps présent, p.262, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    129. Le plus sûr moyen de détruire le principe d'autorité est de parler à chacun de ses droits et jamais de ses devoirs. Tous les hommes sont prêts à exercer les premiers, très peu se préoccupent des seconds.
      (Aphorismes du temps présent, p.264, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    130. Le rôle du savant est de détruire les chimères, celui de l'homme d'État de s'en servir.
      (Aphorismes du temps présent, p.265, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    131. L'homme supérieur sait utiliser la fatalité, comme le marin utilise le vent, quelle que soit sa direction.
      (Aphorismes du temps présent, p.268, Les amis de Gustave Le Bon, 1978)
    132. Le nombre des soldats victimes de la grande guerre est connu. Celui des idées et des croyances détruites par elle reste encore ignoré.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.282, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    133. La vérité, pour la grande majorité des hommes, étant ce qu'ils croient, c'est surtout avec leurs croyances qu'on doit gouverner les peuples.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.283, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    134. Une des graves difficultés de la politique est l'obligation de gouverner avec des idées tenues pour vraies par les multitudes alors que ces idées sont erronées.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.283, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    135. Quel que soit le mode de gouvernement, il aboutit toujours à une oligarchie : permanent dans le régime monarchique, éphémère dans le régime démocratique.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p284., Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    136. Reculer devant un danger a pour résultat certain de le grandir.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.285, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    137. Un ministre ne saurait être le même homme au pouvoir et hors du pouvoir. Au pouvoir, il s'occupe nécessairement des intérêts généraux. Hors du pouvoir, il perçoit seulement ses intérêts personnels, dont le plus essentiel est de remonter au pouvoir.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.285, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    138. Si destructive que soit une croyance politique, elle trouve toujours pour la défendre des intellectuels dont les ambitions dépassaient les capacités.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.289, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    139. Dès qu'elles atteignent un certain degré, les croyances mystiques, religieuses ou politiques, deviennent fatalement destructives.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.290, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    140. Une des forces du convaincu est de ne pas discuter la valeur rationnelle de sa croyance.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.290, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    141. En politique et en religion, le rêve des convaincus fut toujours de pouvoir massacrer sans pitié les hommes qui ne pensent pas comme eux.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.291, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    142. En politique, une vérité indiscutée n'est souvent qu'une erreur suffisamment répétée.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.291, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    143. Constituer un parti politique revient généralement à revêtir de noms nouveaux des choses fort anciennes.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.293, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    144. Une des plus fréquentes sources d'erreurs politiques est d'attribuer à des causes uniques des événements de causes nombreuses et compliquées.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.296, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    145. La crainte des électeurs, la peur des responsabilités, la préoccupation exclusive de l'heure présente, constituent pour un homme politique moderne trois sources d'erreur auxquelles il est difficile d'échapper.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.296, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    146. Suivre toujours l'opinion mobile des multitudes, c'est se résigner à ne rien prévoir, rien empêcher, rien pouvoir.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.297, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    147. Bien que la politique soit certainement l'art dont la pratique exigerait le plus de jugement, c'est celui où il s'en dépense le moins.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.297, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    148. Depuis les origines de l'histoire, les relations entre peuples faibles et peuples forts furent exactement celles du gibier avec le chasseur.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.305, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    149. L'idée finit quelquefois par dominer le canon, mais privée de la protection du canon elle reste sans force.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.305, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    150. Ce n'est pas à la liberté mais à la servitude que beaucoup de révolutionnaires modernes aspirent sans le savoir. La liberté n'est conçue par eux que sous forme de soumission à un maître dont les moindres paroles sont des oracles. Toutes les révolutions modernes se terminent par la création d'un autocrate.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.313, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    151. En politique internationale, les coups d'épingle répétés finissent par engendrer des coups de canon.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.317, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    152. Un allié trop puissant est parfois aussi redoutable qu'un ennemi déclaré. L'alliance d'un peuple faible avec un peuple fort ne constitue généralement pour le peuple faible qu'une forme atténuée de la servitude.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.323, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    153. Dès que le principe d'autorité s'introduit dans une science, le développement de cette science s'arrête.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.328, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    154. Une des erreurs démocratiques les plus répandues est de croire que les lois peuvent établir des coutumes. En réalité, les coutumes engendrent finalement des lois, mais les lois ne créent que rarement des coutumes.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.329, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    155. La force ne prime pas le droit, mais le droit ne se démontre que par la force.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.330, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    156. Le droit sans force est comparable aux décors de forteresse peints sur les toiles d'un théâtre. Incapables de résister au moindre choc, ils ne conservent leur aspect que si l'on n'y touche pas.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.330, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    157. L'extrémisme observé chez tous les partis révolutionnaires est un état mental où l'homme, dominé par une idée fixe, devient incapable de percevoir les réalités et leurs conséquences.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.336, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    158. Les extrémistes de toutes opinions possèdent, malgré la divergence des buts poursuivis, des caractères identiques. L'extrémiste sincère est mystique, violent et borné.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.336, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    159. Un extrémiste qui possèderait quelque trace de jugement, de sens critique et de clairvoyance cesserait aussitôt d'être extrémiste.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.336, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    160. Le socialisme aux États-Unis diffère totalement du socialisme européen. L'idéal du travailleur américain est de devenir patron, alors que l'ouvrier latin rêve surtout la suppression du patron.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.339, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    161. Si la jalousie, l'envie et la haine pouvaient être éliminés de l'univers, le socialisme disparaîtrait le même jour.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.339, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    162. La discipline rigide acceptée par les adeptes du syndicalisme montre à quel point il deviendra despotique. On peut se demander si l'esclavage total de l'individu ne constitue pas l'aboutissement nécessaire de l'évolution démocratique.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.342, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    163. La liberté n'est, le plus souvent, pour l'homme que la faculté de choisir sa servitude.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.347, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    164. La prédominance actuelle de la technique confère à l'ingénieur et à l'ouvrier une autorité comparable à celle des hommes d'Église pendant le moyen âge.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.349, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    165. Bien des révolutions seront, sans doute, encore nécessaires pour prouver que les changements d'institutions politiques ont une influence très faible sur la vie des nations. C'est la mentalité des peuples et non les institutions qui détermine leur histoire.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.352, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    166. Les livres d'histoire révèlent surtout les croyances de leurs auteurs.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.357, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    167. Des ententes provisoires sont supérieures aux alliances parce qu'une alliance, quelle que soit sa forme, ne survit pas à l'évanouissement des intérêts qui la firent naître.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.359, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    168. Le grand talent des historiens doués de prestige est de rendre vraisemblables les invraisemblances de l'histoire.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.359, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    169. Les découvertes de la psychologie suffisent à montrer que l'histoire classique est le récit d'évènements aussi incompris de leurs auteurs que des écrivains qui les racontèrent.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.359, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    170. Vouloir interpréter au point de vue rationnel un sentiment ou une croyance, c'est s'interdire de les comprendre. Le rationnel dont le rôle se montre si grand dans la genèse des découvertes exerce une très faible influence dans la vie des peuples.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.360, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    171. Les contes, les légendes, les oeuvres d'art, les romans même, sont beaucoup plus véridiques que les livres d'histoire. Ils expriment la sensibilité d'une époque, alors que le langage rationnel des historiens ne la fait pas connaître.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.361, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    172. Notre opinion des choses doit naturellement varier avec l'évolution de ces choses. L'ignorant seul possède des opinions invariables.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.361, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    173. Il est aussi difficile de vivre avec les hommes ne changeant jamais d'idées qu'avec ceux qui en changent constamment.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.362, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    174. On trouve plus facilement mille hommes prêts à obéir qu'un seul capable de prendre une initiative.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.364, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    175. Ne nous plaignons pas trop de voir l'hypocrisie gouverner les hommes. Le monde deviendrait vite un enfer si l'hypocrisie en était bannie.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.364, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    176. L'être qui ne sait pas dominer ses impulsions instinctives devient facilement esclave de ceux qui lui proposent de les satisfaire.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.365, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    177. Une des grandes causes de faiblesse des peuples latins tient à ce que tout le personnel dirigeant est issu d'examens universitaires prouvant la mémoire des candidats, mais nullement les qualités de caractère qui font la valeur de l'homme dans la vie.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.366, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    178. La raison se met facilement au service des sentiments, alors que ces derniers se mettent rarement au service de la raison. Cette loi psychologique explique l'origine de guerres qu'aucun argument rationnel ne pourrait justifier.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.368, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    179. L'habitude, permettant de canaliser les intuitions et réfréner les impulsions, constitue un guide de la vie plus sûr que tous les enseignements des livres.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.369, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    180. La nourriture intellectuelle donnée par l'instruction est comparable à la nourriture matérielle. Ce n'est pas ce qu'on mange qui nourrit, mais seulement ce qu'on digère.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.371, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    181. Beaucoup de nos idées sociales seront transformées lorsqu'on découvrira qu'un ouvrier habile est intellectuellement fort supérieur à un bachelier médiocre.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.371, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    182. Il n'est d'éducation utile que celle cultivant les aptitudes spéciales de chaque être. On obtient alors tout ce que l'élève peut donner sans exiger un inutile travail.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.371, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    183. En imposant à tous les élèves une instruction identique, on obtient un minimum de rendement avec un maximum d'efforts.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.371, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    184. La discipline peut remplacer bien des qualités. Aucune ne remplace la discipline.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.373, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    185. Le jugement sans volonté est aussi inutile que la volonté sans jugement.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.373, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    186. Les foules et les individus de mentalité inférieure possèdent ce caractère commun d'être fortement influencés par les évènements présents et très peu par leurs conséquences, si inévitables qu'elles puissent être.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.377, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    187. L'erreur individuelle est tenue pour vérité dès qu'elle devient collective. Aucun argument rationnel ne peut alors l'ébranler.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.377, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    188. Une collectivité n'a d'autre cerveau que celui de son meneur.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.378, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    189. Croyances politiques et croyances religieuses ont un même mécanisme de propagation. L'affirmation, la répétition, le prestige et la contagion suffisent à créer des suggestions auxquelles les collectivités résistent rarement.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.378, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978) 
    190. La mentalité grégaire des foules permettra toujours aux meneurs d'imposer une doctrine quelconque. Les plus absurdes croyances ne manquèrent jamais d'adeptes.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.379, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    191. Les découvertes individuelles transforment les civilisations. Les croyances collectives régissent l'histoire.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.381, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    192. La grande force des décisions collectives réside dans le pouvoir mystique que le nombre exerce sur l'âme des multitudes. C'est pour cette raison que les chefs d'État sont obligés de paraître s'appuyer sur l'opinion populaire.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.381, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    193. Si la publicité des journaux constitue un moyen de persuasion très efficace, c'est que peu d'esprits se trouvent assez forts pour résister au pouvoir de la répétition. Chez la plupart des hommes, elle crée bientôt la certitude.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.383, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    194. En matière scientifique, pour être cru il faut prouver. En politique, les discours d'un orateur doué de prestige suffisent à créer d'imaginaires certitudes.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.384, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    195. La presse canalise l'opinion beaucoup plus qu'elle ne la dirige. Elle sert aussi à condenser en termes nets des milliers de petites opinions fragmentaires trop incertaines pour être clairement formulées.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.384, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    196. C'est s'illusionner sur les hommes d'État que s'imaginer qu'ils apporteront dans leurs actes l'énergie manifestée dans leurs discours.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.384, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    197. Croire qu'on doit croire, c'est déjà croire.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.393, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    198. Les chrétiens qualifiant d'absurde l'adoration du crocodile par les Égyptiens ou du serpent par les Hindous ne se doutent pas que leurs descendants jugeront aussi absurde l'adoration d'un Dieu jugeant nécessaire de laisser crucifier son fils pour racheter une désobéissance à ses ordres.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.396, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    199. Le vrai miracle du Christiannisme est d'avoir pu faire accepter pendant vingt siècles à des esprits capables de raisonner la prodigieuse légende d'un Dieu condamnant son fils à un dégradant supplice et fabricant un enfer éternel pour y punir ses créatures.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.397, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    200. Vouloir comprendre trop vite est se condamner à ne jamais comprendre.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.399, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    201. Vivre c'est changer. Le changement est l'âme des choses.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.400, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    202. Le savant est souvent embarrassé pour déterminer les causes d'un phénomène. L'ignorant ne l'est jamais.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.401, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    203. Les hommes se passent facilement de vérités. Ils n'ont jamais vécu sans certitudes.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.402, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    204. Il faut parfois longtemps pour qu'une vérité démontrée devienne une vérité acceptée.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.404, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    205. Les faits scientifiquement démontrés restent immuables mais leur explication varie avec les progrès de la connaissance. [...] L'atome, jadis miracle de simplicité, est devenu miracle de complexité.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.404, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    206. La mort intellectuelle commence dès que les opinions deviennent trop fixées pour changer. L'homme, même resté jeune, entre alors dans le domaine des morts. Le présent et l'avenir ne sont plus concevables pour lui qu'enveloppés de passé.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.408, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    207. L'espérance de posséder les choses rend-elle plus heureux que la possession de ces choses ? Répondre à cette question impliquerait la connaissance d'un thermomètre du bonheur.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.410, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    208. La hardiesse sans jugement est dangereuse ; le jugement sans hardiesse, inutile.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.410, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    209. Savoir sans vouloir ne crée pas de pouvoir.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.411, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    210. La vieillesse représente souvent une forme peu atténuée de la servitude.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.411, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    211. L'injustice dont on profite devient vite de la justice.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.411, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)
    212. Les idées fixes rendent impossible la perception des réalités les plus visibles. Bien voir est souvent aussi difficile que prévoir.
      (Les incertitudes de l'heure présente (extraits), p.413, Les Amis de Gustave Le Bon, 1978)

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Richard III Plantagenêt

    La Société Richard III, patronnée par SAR le duc Richard de Gloucester, organise une super-conférence à Leicester le 2 mars prochain à l'occasion de l'exhumation des restes du dernier roi Plantagenêt, après qu'il ait été confirmé qu'il s'agissait bien de Richard III d'Angleterre. Certes on y parlera des circonstances particulièrement heureuses qui ont permis cette découverte mais aussi et surtout de lui, qu'on appelle désormais le nouveau Richard III. Seront exposés les mythes littéraires (on pense au Richard III de Shakespeare écrit pour la gloire des Tudor), la psychologie du prince administrateur devenu roi au milieu d'une guerre civile, la guerre des deux roses, York vs. Lancastre, sa psychologie particulière, son aspect physique désavantageux (le squelette ôte tout doute) et la bataille de Bosworth Field où il mourut vaillamment à l'assaut de son contempteur. La conférence se tiendra au campus principal de l'université de Leicester de 9h30 à 17h30. Le panel de conférenciers est assez relevé ; ça vaut l'excursion. La Société édite chaque année une revue académique de haute volée, The Ricardian.
    Mais les lecteurs de Royal-Artillerie méritent sans doute une préparation au voyage et nous allons évoquer maintenant ce roi caricaturé pour le plaisir du vainqueur, un prince de "chez nous" qui n'a jamais démérité. Il va reposer sous une pierre de marbre noir qui existe déjà en la cathédrale Saint-Martin de Tours à Leicester.
    Que l'on prenne en compte déjà l'époque. Nous sommes au tout début de la Renaissance qui aura bien du mal à aborder aux rivages d'Albion. Les mœurs publiques sont encore celles du Moyen Âge, la culture est portée par la latinité et la francité, l'Angleterre n'a pas encore créé la Grande Bretagne, on s'y dispute beaucoup à tel point qu'en paraphrasant l'histoire chinoise on pourrait parler de "duchés combattants".
    Le prince Richard d'York montre très tôt de réelles dispositions pour l'administration des territoires qui lui sont confiés. Il fait penser à son contemporain le jeune Louis de Valois, futur Louis XI, s'exerçant avec talent en Dauphiné, et sans doute aussi laid que notre roi anglais dont le squelette trahit une grave déformation de la colonne vertébrale faisant un réel handicap. Ce sont les affaires économiques qui l'intéressent et la circulation des marchandises. Il déréglemente où c'est nécessaire et favorise la liberté d'entreprendre. Il a aussi un souci explicite de justice, rendue avec honnêteté dans les formes. Ses inclinations se retrouveront naturellement dans le roi qu'il deviendra.
    Duc de Gloucester, à une époque où ce titre est de guerre, Richard d'York est aussi un prince à la bataille qui fit face victorieusement aux effets de l'Auld Alliance signée entre la France et l'Ecosse. Mais c'est dans la Guerre des deux Roses qu'il s'illustra, d'abord au côté de son frère, le roi Edouard IV, bataille de Barnet puis à Tewkesbury où à 18 ans il commande l'aile gauche. Il aura sa part dans l'écrasement de la rébellion de Buckingham qu'il fit décapiter, mais succombera contre Henri Tudor qu'il assaillira au milieu de sa garde. A 32 ans, il finira à pied ce combat à la rapière contre les hallebardes galloises, refusant les rênes du cheval que Shakespeare lui tendait.
    la tête retrouvée a ce menton volontaire
    Le roi d'Angleterre ne régna que deux ans mais l'arbre se reconnaît déjà à ses fruits. Innovant, il n'hésita pas à décentraliser des pouvoirs dans le pays qu'il connaissait le mieux pur y avoir vécu, en créant le Conseil du Nord qui gèrera tout le territoire contigu à l'Ecosse jusqu'au milieu du XVII° siècle.
    - il utilisera la langue anglaise pour prêter serment lors du couronnement et y obligera dans la rédaction des lois du Parlement.
    - il obligera le système judiciaire à un engagement de "fair play" dans ses procédures et jugements guidés par l'impartialité sans retards ni faveurs.
    - il instituera une sorte d'aide judiciaire afin de pourvoir les nécessiteux d'un canal de réclamations libre de clercs en autorisant la saisine directe du Conseil royal ; Henri VII créera sur ce modèle la Cour des Requêtes ;
    - il eut le temps de fonder The College of Arms, une institution héraldique ayant autorité sur les titres, fanions et bannières et sur le protocole. Cette institution existe toujours.
    La brièveté du règne et l'ambiance d'insécurité ne permit qu'un seule convocation du Parlement en janvier 1484, mais on y voit la patte d'un roi éclairé :
    - les minutes des débats insistent particulièrement sur la mauvaise administration générale du royaume ou la corruption endémique des jurés ;
    - on abolit l'emprunt forcé de la Couronne et le Parlement fut restauré dans ses prérogatives budgétaires. - la liberté provisoire fut instituée pour que les prévenus ne soient pas incarcérés ou leurs biens confisqués avant qu'ils ne soient déclarés coupables ; la vraie loi d'Habeas Corpus ne sera promulguée qu'en 1679 ;
    - l'encrassement du droit foncier par la jurisprudence ouvrait la porte à des fraudes importantes dans les disputes de propriétaires, aussi les termes des actes de mutation furent-ils considérablement simplifiés dans un souci de transparence ;
    - l'imprimerie naissante fut aidée par le retrait de restrictions au commerce des livres, dénotant l'intérêt personnel du roi pour les bouquins que d'ailleurs il collectionnait ; tous les métiers du livre furent avantagés.
    La Société Richard III nous en dit plus sur son gouvernement du royaume.

    Les Plantagenêts (voir l'article fouillé de la wikipedia anglaise) viennent de la chevalerie franque qui s'établit en Anjou lors du démembrement de l'empire carolingien. Ils participeront à un jeu de cartes à cinq entre l'Angleterre, la Bretagne, la France, la Normandie et l'Ecosse. A proprement parler, ces rois ne sont pas "français". C'est Geoffroy V Plantagenêt qui fonda en 1128 la dynastie en épousant Mathilde d'Angleterre, l'Emperesse Maud, héritière du trône. La dynastie s'achève avec Richard III l'épée à la main. Ils seront peu nombreux après lui les rois-chevaliers tués à la guerre.
    La dynastie s'est perpétuée par les ducs de Beaufort en ligne naturelle, comme chez nous les Bourbon-Busset. En réalité, les bâtards de Jean de Gand furent légitimés non dynastes après qu'il eut épousé sa maîtresse. L'authentification des ossements du parking de Leicester est aujourd'hui confirmée par l'analyse ADN de deux descendants de la soeur aînée du roi, Anne d'York (1439-1476), un charpentier canadien et une autre personne désireuse de garder l'anonymat.
    On s'en doute moins, mais ils nous ont laissé la légende arthurienne (clic: Bibliothèque nationale de France).

    La pierre existe déjà dans le choeur de St Martin
    Nous aimerions que se constitue en France une société de ce modèle anglais pour relever la mémoire de Louis XI, un grand roi caricaturé injustement, même si les temps qui courent ne sont pas à l'exaltation des créateurs de la nation française, la République d'aujourd'hui suffisant à emplir totalement l'histoire !

    http://royalartillerie.blogspot.fr

  • Jean de Brem

     Jean de BremUne même éthique européenne unit feu Dominique Venner et Jean de Brem (1935-1963). Ce journaliste, ancien lieutenant parachutiste au 2e REP, rejoint l'OAS-Métro dès sa création. Mais déjà il ne voit d'issue que dans l'union étroite des nations européennes. Proche, par les convictions et la spiritualité de Jean Bastien-Thiry, Jean de Brem tombe 37 jours après l'exécution de son ami.

     Jean de BremLe Testament d’un Européen

    [« L'ouvrage, mi-historique, mi-politique, que j'ai voulu rédiger, incite les Européens à revenir au civisme occidental, dénonce le danger russo-asiatique et exalte le passé énergique de l'Europe maîtresse du monde ». Tome 1. L'épopée européenne par un soldat de l'Europe. Tome 2. De la Renaissance aus révolutions qui secouèrent le monde de 1780 à 1945]

    Quelle merveilleuse idée que celle qu’a eue Philippe Randa de rééditer en un volume cet unique ouvrage de Jean de Brem, paru en 2 volumes aux Éditions de la Table Ronde en 1964, un an après le décès, à l’âge de 27 ans de ce brillantissime auteur ! Ce Testament résume notre Histoire depuis l’Antiquité jusqu’au milieu de XXe siècle ! Tous nos jeunes devraient l’avoir dans leur bibliothèque, le lire, et le relire, disons chaque lustre de leur vie. Écrit dans un français digne du Testament politique de Richelieu, facile à lire, Le testament d’un Européen est l’histoire de nos racines, de toutes nos racines !

    La première partie traite de la fabuleuse Antiquité et du merveilleux Moyen Âge « immense fardeau pour nos contemporains dérisoires ». Il faut, en effet, se plonger dans le passé pour comprendre le présent. Il faut voir agir le Bas-Empire et Byzance pour savoir comment meurent les civilisations. Mais Jean de Brem reste, malgré tout, optimiste. « Il faut connaître les campagnes de Léonidas, Scipion, Charles Martel, Maurice de Saxe et Jean Sobieski pour savoir comment on les sauve. Il faut revivre les exploits d’Alexandre, de César, de Charlemagne, de Fernand Cortez et de Bonaparte pour savoir comment on les édifie par l’épée.

    Chers, très chers jeunes gens, laissez Jean de Brem vous plonger dans ce passé, dans notre passé, et vous faire voir, bien mieux que le film Troie (Troy, USA 2004) où le rôle du grand Achille est interprété par le petit Brad Pitt et où le principal héros de la guerre de Troie (1), Ulysse, n’apparaît même pas à l’écran ! Dans cette première partie de son Testament, Jean de Brem vous fait vivre la naissance de l’esprit, en Crète, en Grèce, à Troie ; fait défiler pour vous le panorama de l’âge d’or, vous fera accompagner Alexandre le Grand, notre premier Empereur, jusqu’aux frontière du monde. L’âme existe, elle survivra dans Rome (2). Le dernier siècle avant Jésus-Christ est riche en héros : Caïus Marius, Sylla, Spartacus, Pompée, Cicéron, Jules César. En une trentaine de pages, Jean de Brem résume ce que Colleen McCullough mettra quelque quatre mille pages à nous conter. « Pendant quatre cents ans Rome sera le Monde. Puis l’Orient vivra mille ans de plus et l’Occident à peine quatre-vingt-un ». Jean de Brem vous parle de Constantinople, devenue Byzance mieux en 15 pages que Charles Diehl (3) en 150 pages ! 

    Je pensais que Jacques Heers était le seul grand spécialiste du Moyen Âge ; je ne connaissais pas Jean de Brem. Il évoque cette période, le millénaire chrétien, que je considère comme la plus riche de notre histoire d’une façon parfaite ! Il faut le lire pour comprendre l’extraordinaire essor de l’Europe mystique. Jean de Brem n’a décidément pas son pareil pour nous faire revivre le bouleversement géopolitique, de Novgorod à Santa Fé, le bouleversement intellectuel, de Dante à Gutenberg, le bouleversement économique, de la Hanse à l’Adriatique.

    Puis vint la Renaissance, le temps des capitaines. Renaissance intellectuelle, économique, politique. Puis l’Europe des cousins et la rivalité franco-anglaise. Puis le grand séisme avec ses quatre révolutions : celles de Washington, de Mirabeau, de Bolivar et de Lénine.

    J’aime la façon dont Jean de Brem termine ce Testament d’un Européen qui ne compte pas moins de 640 pages : « Le moment nous paraît d’autant plus propice à une première entente de tous les hommes blancs (comprenant, si possible, les Russes), que le plus « blanc » de ses chefs spirituels -le Souverain Pontife- propose aux Églises chrétiennes le rapprochement que l’on sait. Dieu nous accorde cette grâce ! ».

    Ivan de Duve, Le Libre Journal de la France courtoise n° 409 (2 juin 2007). 

    ◘ Notes :

    • 1 : Lire de Colleen McCullough : Le Cheval de Troie, Livre de Poche.
    • 2 : Lire de Colleen McCullough : Les Maîtres de Rome. Belfond & L’Archipel.
    • 3 : Charles Diehl : Histoire de l’Empire byzantin Éditions du Trident.

     Jean de Brem« Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. À moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. Chacun de nous est le dernier des Européens. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurais pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume : le Testament d'un Européen. »

    « Chaque geste que vous ferez vers une Europe unifiée protègera un peu plus le trésor du monde. Taxez-moi de romantisme, qu’importe ! Pour moi, le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C’est le Romancero du Cid ou le visage hugolien de "l’enfant grec". C’est un tombeau des Invalides ou le Grand Aigle de Schönbrunn, l’Alcazar de Tolède ou le colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la Porte de Brandebourg devenue le poste frontière de l’Europe mutilée. Pour toutes ces pierres, pour tous ces aigles et pour toutes ces croix, pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères, pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un grand passé, la lutte ne sera jamais vaine. Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles, tu symbolises notre esprit de résistance. Et toi, vainqueur blond au visage de dieu, macédonien aux dix milles fidèles, Alexandre, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et le sens de l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale. »

    ► Avant-propos de Jean de Brem dans Le testament d’un Européen., 1964.

    http://www.archiveseroe.eu/

  • « Un samouraï d’Occident » : Présentation du livre testament de Dominique Venner

    « Un samouraï d’Occident » : Présentation du livre testament de Dominique Venner
     
     

     

    « Un samouraï d’Occident/ Le bréviaire des insoumis ».

     

    le livre–testament de Dominique Venner, vient de paraître. Il sera présenté mardi 25 juin, de 19h à 21h, à la Librairie Contretemps, 11 rue Cler à Paris VIIe, en présence de l’éditeur, Pierre Guillaume de Roux, et de Clotilde Venner, épouse de Dominique Venner à qui le livre est dédié. Nos lecteurs pourront aussi trouver l’ouvrage dès maintenant à la Librairie Notre-Dame, 21 rue Monge à Paris. En avant-première, voici le texte de présentation écrit pour la quatrième de couverture par Dominique Venner. Polémia reviendra évidemment sur ce livre majeur.

     


     

    Mardi 25 juin 19H – 21H Librairie Contretemps – 41 rue Cler . 75007 PARIS

    Mardi 25 juin 19H – 21H
    Librairie Contretemps – 41 rue Cler . 75007 PARIS

     

    « Nous avons le confort, le savoir, l’opulence. Mais nos villes ne sont plus des villes et nos anciennes patries ne sont plus ce qu’elles étaient. L’excitation des caprices les plus fous fait imploser notre civilité. L’argent est devenu l’étalon exclusif de toute valeur. Sous les apparences de la démocratie, nous ne sommes pas libres.

     

    Les causes remontent loin. Mais l’histoire n’est jamais immobile. Le moment est venu pour les Français et les Européens de se réveiller et de se libérer. Comment ? Certainement pas en replâtrant ce qui nous a conduits où nous sommes. A défaut de posséder une religion à laquelle nous amarrer, nous avons en partage depuis Homère une riche mémoire occultée, dépôt de toutes les valeurs sur lesquelles refonder notre future renaissance.

     

    Devant le vide sous nos pieds, la voracité démente du système financier, les menaces d’un conflit de civilisation sur notre sol, ce « bréviaire » propose de réveiller notre mémoire et d’ouvrir des pistes neuves pour penser, vivre et agir autrement, permettre à chacun de se reconstruire dans la fidélité à des modèles supérieurs. »

     

    Dominique Venner
    12 mai 2013

     

    http://www.polemia.com

     

    Image : Dominique Venner, Un Samouraî d’Occident, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 25 juin 2013, 309 pages

     

    Présentation du livre :

     

    Mardi 25 juin 19H – 21H

     

    Librairie Contretemps – 41 rue Cler . 75007

  • Féodalité, Église et chevalerie

    La prodigieuse aventure européenne a son origine dans les remous qui ont agité l'Europe et les pourtours de la Méditerranée autour de l'An Mil (Xe-XIe siècles de notre ère).

    André Larané

    États européens en gestation

    Suite à l'extinction de l'empire romain et de la culture hellénistique, le monde méditerranéen s'était divisé entre trois empires très différents et opposés les uns aux autres :
    – l'empire byzantin, resté très proche du modèle antique,
    – l'empire arabo-musulman, en rupture avec le passé chrétien de l'Occident,
    – l'empire de Charlemagne, vague réminiscence de l'empire romain, marqué par ses racines germaniques et coupé de l'Orient antique du fait de l'invasion arabe.

    Après la mort de Charlemagne, l'empire carolingien sombre très vite dans le chaos. Ses héritiers, divisés et dénués de pouvoir, se montrent inaptes à unir les forces de l'empire pour faire face à une deuxième vague d'invasions barbares.

     Les Normands (ou Vikings) sèment la terreur le long des grands fleuves.

    Ils profitent des désordres qui entourent la fin du règne de Louis le Pieux et des guerres entre ses fils et héritiers, au milieu du IXe siècle.

    Les Sarrasins s'établissent en Sicile et en Provence. Ils poussent des razzias jusqu'à Rome, détruite en 946, et dans... les Vosges. Les Magyars venus de l'Est chevauchent jusqu'à Nîmes.

    Les rois et les empereurs, faute de pouvoir être partout à la fois, délèguent à leurs compagnons (en latin comitis, dont nous avons fait comtes) la surveillance d'une portion du territoire. En échange de ce service, les nobles peuvent jouir des revenus des terres qu'ils ont reçues en dépôt.

    Pour les convaincre de les accompagner à la guerre en cas de besoin, les rois et empereurs carolingiens leur donnent l'assurance que les droits de leurs fils sur leurs terres seraient préservés au cas où ils viendraient à mourir à la guerre. En particulier, le roi Charles le Chauve garantit à ses seigneurs la faculté de léguer leurs terres à leur héritier par le capitulaire de Quierzy-sur-Oise (16 juin 877).

    C'est ainsi qu'émerge une noblesse héréditaire dont la puissance est liée à la richesse terrienne et dont la légitimité repose sur les liens de confiance (feudus en latin, dont nous avons fait féodal) entre supérieur (suzerain) et inférieur (vassal). C'est le triomphe de la féodalité, c'est-à-dire d'un ordre social fondé sur les liens d'homme à homme (et non pas comme dans l'Antiquité ou dans d'autres régions du monde sur l'obéissance à un chef tout-puissant).

    Dans le même temps, des châteaux rustiques mais robustes, en bois, s'élèvent un peu partout sur le territoire. Ils sont construites sur des hauteurs naturelles ou, dans les régions de plaine, sur des monticules artificiels, les «mottes féodales». Ces châteaux sont construits par les comtes, voire par de simples chefs de guerre sortis de la paysannerie, pour protéger les contrées environnantes contre les agresseurs potentiels et en premier lieu les Vikings.

    Énergique et bien armée, protégée derrière ses châteaux forts, la noblesse féodale a finalement raison des envahisseurs. Les Vikings s'installent dans l'estuaire de la Seine en 911 et s'assagissent. Les Hongrois sont arrêtés au Lechfeld en 955 et se stabilisent en Pannonie, dans la plaine du Danube. Les Sarrasins, enfin, sont expulsés de leur repaire de Fraxinetum (La Garde-Freinet), près de Saint-Tropez, en 972.

    La lutte contre les envahisseurs et l'arrêt définitif des invasions débouchent sur des coalitions de grands féodaux. De celles-ci vont sortir des embryons d'États qui vont faire la grandeur de la civilisation européenne.

    La naissance de l'Allemagne peut être datée de 911 avec l'élection du roi Conrad 1er de Franconie ; celle de la France, de 987 avec l'élection, ici aussi, d'un souverain national, Hugues Capet. L'Angleterre forge son identité définitive après la conquête normande et l'accession au trône de Guillaume le Bâtard, en 1066.

    Plus à l'est, le premier roi de Hongrie, Étienne, est couronné par le pape le 15 août 1001 ; un premier État russe émerge timidement autour de Kiev avec l'avènement du grand-prince Iaroslav le Sage, en 1019 ; Boleslav le Grand devient roi de Pologne en 1024... Le christianisme pénètre jusqu'au Danemark, avec la conversion du roi Harald-à-la-Dent-Bleue en 966.

    La chrétienté s'affirme

    Dans les dernières décennies de l'époque carolingienne, la papauté et le clergé séculier (curés et évêques) sont des objets de scandale.

    Un observateur superficiel aurait pu y voir le signe d'un déclin irréversible. Pourtant, après l'An Mil, en l'espace d'un siècle - le XIe -, l'Église catholique va se réformer hardiment sous l'impulsion des abbés de Cluny et des papes, de Grégoire VII à Innocent III.

    Des moines avides de culture redécouvrent la science antique à travers des traductions de l'arabe, à l'image de l'illustre Gerbert d'Aurillac, qui devient pape sous le nom de Sylvestre II.

    Aux XIIe et XIIIe siècles naissent les premières Universités, vouées avant toute chose à l'étude de la théologie et des textes anciens.

    L'Église intervient dans le droit civil en sacralisant le mariage (c'est aux alentours de l'An Mil qu'il est classé parmi les sept sacrements chrétiens) et surtout en interdisant les unions forcées.

     Les femmes ne peuvent plus être mariées sans leur accord explicite et public. C'est un changement d'une profonde signification : il consacre la primauté de l'individu sur le groupe ou le clan.

    À partir du moment où chacun, homme ou femme, devient libre de choisir son conjoint, il apprend à raisonner, décider et agir par lui-même.

    On peut dire que c'est à partir de là que la chrétienté occidentale commence à se démarquer des autres cultures et à prendre son essor.

    D'autre part, à l'opposé de la plupart des autres cultures où les pères reçoivent une «dot» lorsqu'ils livrent leur fille en mariage, le Moyen Âge développe l'usage d'une dot ou d'un trousseau que la future mariée, à l'inverse, apporte avec elle. Cette dot assure à la femme un certain ascendant sur son conjoint.

    L'Église s'immisce aussi dans les liens de vassalité. Elle introduit dans les hommages de vassal à suzerain un serment sur la Bible et des obligations morales. La féodalité devient partie prenante de la chrétienté occidentale.

    Émergence de la chevalerie

    Au temps de Charlemagne et des Carolingiens, les nobles et leurs vassaux pratiquaient la guerre à cheval. Ils bénéficiaient d'une innovation technique : l'étrier emprunté aux barbares Avars vers le VIIe siècle. Cet équipement nouveau donne aux guerriers à cheval une plus grande stabilité et leur permet de frapper leur adversaire avec la lance à l'horizontale. Désormais, grâce à l'étrier, c'est à ces guerriers à cheval, ou «chevaliers», que revient la prépondérance dans les combats.

    D'origine paysanne aussi bien que noble, les chevaliers sont des hommes avant tout assez aisés pour s'offrir le luxe d'un cheval et d'une armure. Ils vivent dans les villes comme dans les campagnes. Ils partagent leur temps entre la guerre, la chasse et les tournois, ces derniers étant parfois plus meurtriers que la guerre elle-même.

    Dès l'An Mil, en France puis dans le reste de l'Europe occidentale, noblesse et chevalerie en viennent rapidement à se confondre. Les nobles adoptent les pratiques guerrières des chevaliers et bon nombre de chevaliers se hissent dans la noblesse. Celle-ci devient héréditaire et prend la forme d'un groupe social fermé. Les seigneurs, par leurs exactions continuelles, empêchent tout fils de paysan d'y accéder et la solidarité familiale préserve tout fils de chevalier d'en être exclu.

    L'Église met au pas les chevaliers et leur transmet ses idéaux de paix et un certain code de l'honneur. Ainsi les chevaliers s'engagent-ils dans la défense de «la veuve et de l'orphelin».

    L'Église encourage aussi les «trêves de Dieu», c'est-à-dire les pauses dans les guerres privées qui mettent régulièrement à feu et à sang les campagnes. Non sans succès, elle atténue ainsi la violence des guerres féodales. L'appel à la croisade, pour secourir les chrétiens d'Orient menacés par l'offensive turque et délivrer le tombeau du Christ, achève de transformer la soldatesque en une milice plus ou moins dévouée à l'Église.

    Voici quelques passages d'un serment de paix établi par l'évêque de Beauvais, Guérin, en 1023-1025, à l'usage des chevaliers :
    Je n'envahirai une église d'aucune façon...
    Je n'attaquerai pas le clerc ou le moine s'ils ne portent pas les armes du monde, ni celui qui marche avec eux sans lance ni bouclier...
    Je ne prendrai pas le boeuf, la vache, le porc, le mouton, l'agneau, la chèvre, l'âne, le fagot qu'il porte, la jument et son poulain non dressé. Je ne saisirai pas le paysan ni la paysanne, les sergents ou les marchands; je ne leur prendrai pas leurs deniers, je ne les contraindrai pas à la rançon; je ne les ruinerai pas, en leur prenant leur avoir sous le prétexte de la guerre de leur seigneur, et je ne les fouetterai pas pour leur enlever leur subsistance...
    Je n'incendierai ni n'abattrai les maisons, à moins que je n'y trouve un chevalier, mon ennemi, ou un voleur; à moins aussi qu'elles ne soient jointes à un château qui soit bien un château...
    Je n'attaquerai pas les femmes nobles, ni ceux qui circuleront avec elles, en l'absence de leur mari, à moins que je ne les trouve commettant quelque méfait contre moi de leur propre mouvement; j'observerai la même attitude envers les veuves et les moniales...(*).

    Le roi de France Saint Louis apparaît au XIIIe siècle, le siècle chrétien par excellence, comme un chevalier modèle, courageux à la guerre, conciliant avec ses ennemis, compatissant envers les humbles, loyal envers ses vassaux... Les codes moraux de la chevalerie, notamment le code de l'honneur et le respect de la parole donnée, ont imprégné les sociétés occidentales jusqu'au XXe siècle, inspirant à la plupart des Européens un respect quasi-inné pour les institutions sociales et les lois.

    L'intériorisation de ces codes moraux a favorisé le développement d'une économie marchande fondée sur la confiance. Elle a contribué à l'épanouissement de la civilisation occidentale, européenne et chrétienne. Sans cette intériorisation, l'ordre social n'aurait pu être maintenu que sous la menace et la contrainte, à un coût très élevé et avec peu de résultats (comme c'est le cas aujourd'hui dans beaucoup de territoires d'Amérique latine, du Moyen-Orient et d'Afrique).

    Avènement de la laïcité

    Malgré son appétit de réformes, la papauté doit très vite reconnaître des limites à ses interventions politiques. L'empereur et le pape s'opposent au cours de la Querelle des Investitures sur la question de savoir à qui revient le droit de nommer les évêques, voire de désigner le pape. Avec, à la clé, les ressources financières colossales dont dispose le clergé (donations des fidèles, dîme...).

    La querelle se solde par un partage des responsabilités entre le pouvoir séculier (l'empereur) et le pouvoir spirituel (l'Église). C'est l'origine de la laïcité, une invention médiévale qui permettra aux Européens de développer leurs talents sans rendre de comptes aux censeurs de l'Église.

    La chrétienté occidentale au XIIIe siècle

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    L'Europe actuelle et une bonne partie de nos moeurs et de nos institutions ont été forgées au coeur du Moyen Âge, dans une époque assombrie par les disettes, les maladies et l'insécurité mais éclairée par la foi et la confiance en l'avenir...

    Bibliographie

    Parmi les livres essentiels sur les origines de l'Europe et l'An Mil, on peut lire avec profit L'An Mil de Georges Duby (Folio-Histoire, Gallimard/Julliard, 1980). C'est en fait un recueil de chroniques de l'époque, classées par thèmes et commentées par l'historien.

    À noter l'essai décapant de Jacques Le Goff : L'Europe est-elle née au Moyen Âge ? (Seuil 2003) et le beau livre de Pierre Riché sur Les Grandeurs de l'an mille (Bartillat, 2001) et les fortes personnalités de cette époque. -

    Élection et hérédité

    L'élection est la règle dans la plupart des communautés médiévales, que ce soit dans les corporations marchandes, dans les villages ou encore chez les guerriers. Les souverains eux-mêmes sont souvent cooptés ou élus par leurs pairs en fonction de leur aptitude au commandement (c'est en particulier le cas des premiers Capétiens, des Carolingiens et des empereurs d'Allemagne).

    L'élection est également la règle dans l'Église, qu'il s'agisse du pape, des évêques ou des abbés. C'est aux monastères qu'il revient en particulier d'avoir inventé la règle démocratique : «Un homme, une voix». Autant dire que le suffrage universel n'a pas jailli du néant au XIXe siècle mais puise ses racines dans les temps les plus «obscurs» du Moyen Âge.

    http://www.herodote.net