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économie et finance - Page 592

  • Pour le PS, les carottes sont cuites !

    Il n'y a pas que les agriculteurs et les éleveurs qui sont en colère contre le gouvernement. Les buralistes donnent également de la voix.

    Après s'en être pris à des radars, ils ont déversé ce matin près de quatre tonnes de carottes - emblème de leur profession - devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino à Paris.

    C

    Michel Janva

     

  • Cette dette espagnole qui peut inquiéter...

    La question de la dette empoisonne l'Europe, et la Grèce vient à nouveau d'en faire les frais, et ce n'est évidemment pas fini : nous en reparlerons dans quelques mois, et la tragédie risque bien d'être, une fois de plus, à l'ordre du jour. Le malheur des uns nous ferait presque oublier nos propres problèmes et défauts : or, notre dette publique équivaut à plus de 97 % de notre PIB, et risque bien d'atteindre 100 % l'an prochain, ce qui n'est guère rassurant. Mais il y a sans doute pire et encore plus inquiétant en Europe : un article des Echos du lundi 20 juillet nous explique ainsi que « la dette extérieure espagnole ne cesse d'enfler », ce qui « augmente la vulnérabilité du pays aux chocs externes ».

    Le plus intéressant dans cette information est que ce n'est pas la conséquence d'une crise qui ne trouverait pas d'issue, mais au contraire d'une « forte croissance espagnole, prévue de 3,3 % en 2015 » : « à mesure que s'intensifie l'activité augmente aussi la dette extérieure espagnole. Ainsi, la dette extérieure brute s'élevait à 1.800 milliards d'euros au premier trimestre, soit 168 % du PIB du pays. Cela représente une hausse de 83 milliards d'euros par rapport à décembre 2014 (…). D'après un rapport du FMI, publié en 2014, l'Espagne est le pays au plus fort endettement extérieur, après les Etats-Unis, en termes absolus. » C'est une logique diabolique : quand la production augmente, la dette se creuse un peu plus, pour quelques raisons simples, dont, particulièrement, la dépendance du pays aux énergies fossiles et aux matières premières importées. Logique de la mondialisation qui se veut fluide et transfrontalière, au risque d'entraîner des interdépendances négatives quand elles ne s'équilibrent pas...

    Ainsi, la croissance espagnole est-elle piégée par ce système mondialisé et son modèle énergétique principalement « fossile », alors même que l'Espagne est un pays qui dispose de ressources importantes et plutôt bien (mais visiblement insuffisamment) exploitées en énergies renouvelables, éolienne et solaire. Mais, au-delà, c'est le pays, ses métiers et ses habitants qui se retrouvent prisonniers d'un cycle infernal et d'une « croissance » en définitive mortifère : cela rompt avec le préjugé fort répandu qui veut que cette dernière soit « la solution » à nos crises économiques actuelles... Il est bien possible que cela soit, en fait, « le problème » de nos sociétés et de nos économies !

    En tout cas, cela doit nous inciter à réfléchir à un modèle d'économie qui rapproche le plus possible les sources d'énergie des grandes unités de production manufacturée, mais aussi des marchés de consommation. Comment ? Entre autres, par l'investissement majeur et massif dans les énergies de proximité et renouvelables, si possibles peu ou pas polluantes, pour se dégager de l'emprise des énergies fossiles qui sont désormais épuisées (ou presque) dans les pays européens et qui sont, de toute façon, trop dangereuses pour la qualité de l'air et la santé des populations. Mais il faudra y rajouter les efforts nécessaires pour diminuer les besoins énergétiques industriels, agricoles et domestiques, de nos sociétés : en somme, engager une forme de décroissance raisonnée et, surtout, ordonnée, celle-là même que le pape François nous invite à penser et à pratiquer dans nos pays précocement et anciennement industrialisés : cette urgence écologique est aussi, à bien y regarder, une urgence économique... Ne serait-ce que pour diminuer le poids de la dette des pays de l'Union européenne, celle que nous sommes appelés, sans le vouloir vraiment, à porter collectivement, Europe oblige !

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1244:cette-dette-espagnole-qui-peut-inquieter&catid=49:2015&Itemid=60

  • Quand gestion rime avec tradition

    Nous étions un certain nombre à pressentir que la mondialisation ne constituait pas seulement un facteur d’uniformisation et de massification, mais provoquait également – et fort heureusement – en retour une réaffirmation, une réappropriation identitaire puisant sa légitimité dans de très anciennes stratifications ethno-culturelles.
    L’originalité de l’essai de Philippe d’Iribarne est d’appliquer cette vision à une sphère qui lui est généralement étrangère, voire hostile : celle de l’économie et plus précisément de l’organisation du travail en entreprise.
    Et son principal mérite est qu’il s’agit non pas d’un pamphlet, mais d’un véritable travail d’enquête.


    A partir de l’exemple de trois usines choisies dans chacun des trois pays retenus (la France, les Etats-Unis et les Pays-Bas), l’auteur reste fidèle à ce rythme ternaire en y effectuant un triple travail : de sociologue pour dépecer la manière dont se comporte le personnel, de la base à la direction ; d’historien pour rechercher dans la culture nationale quelques facteurs explicatifs de ce qu’il a observé sur le terrain ; d’économiste enfin, pour définir quelle sorte de gestion serait la plus adaptée à la sensibilité de chaque pays.

    Si aux Etats-Unis, c’est le contrat qui constitue la pierre angulaire des rapports sociaux, et aux Pays-Bas le consensus (ou à tout le moins sa recherche permanente), en France prédomine ce que l’auteur nomme très justement « la logique de l’honneur » qui fournit la trame autant que le titre de son ouvrage.

    Cette logique est le fruit de nombreux facteurs : l’indépendance d’esprit des ouvriers dans le respect des consignes, un vif amour-propre s’attachant à la réalisation des devoirs de leur état, des conflits ouverts et des ajustements largement informels, mais aussi l’entente sur un certain « devoir de modération » qui permet de travailler ensemble sans être obligé de bien s’entendre. Ce n’est donc pas la centralisation qui apparaît comme une caractéristique générale des rapports hiérarchiques français. Le plus frappant, en revanche, c’est qu’on repère des états qui constituent des sortes de charges donnant par elles-mêmes des responsabilités bien définies.
    Philippe d’Iribarne voit ainsi dans la logique de l’honneur l’explication fondamentale du comportement du Français au travail. Cet honneur, comme l’écrit Montesquieu, est « moins ce que l’on doit aux autres que ce que l’on doit à soi-même » (« ce que l’on se doit à soi-même » répond en écho Dominique Venner dans Le cœur rebelle) : il est intimement lié à la fierté que l’on a de son rang et à la crainte d’en déchoir. Ainsi sont systématiquement stigmatisées, dans les rapports hiérarchiques, les attitudes contraires à ce type d’honneur, du « petit chef » au parvenu en passant par le courtisan qui siège dans les états-majors…
    Rendre service sans être servile favorise la bonne gestion, ainsi que la recherche du meilleur parti à tirer de ce que nous sommes, sans vouloir « casser » les ordres, les états, les corps qui sont consubstantiels à la société française.

    Bien différent est notamment le modèle américain, notre principal adversaire de la guerre économique mondiale.
    Le modèle dont il s’inspire (le « contrat ») n’élimine évidemment pas, dans l’entreprise, les pressions de toute nature auxquelles l’encadrement pourra soumettre les ouvriers, mais il est censé empêcher qu’elles soient « unfair », c’est-à-dire injustes ou déloyales. Vieil héritage du mélange primordial et détonant entre « éthique protestante » et « esprit du capitalisme »…
    Car pour que le système américain fonctionne, il faut que les supérieurs respectent, au-delà de la lettre des textes, les principes moraux d’égalité des personnes qui régissent le credo politique des Etats-Unis. Un homme comme J. Watson, le fondateur d’IBM, avait fort bien compris que « le respect pour les individus » constitue le coeur de la philosophie de l’entreprise, et il précisait que cette orientation « n’est pas motivée par l’altruisme, mais par la simple conviction que si nous respectons nos gens et les aidons à se respecter eux-mêmes, l’entreprise fera le maximum de profit ».

    La modernité ne triomphe donc jamais sans partage : elle doit composer avec les valeurs de toujours qui fondent les sociétés sur lesquelles elle s’est abattue.
    C’est le principal mérite de cet essai remarquable, qui n’a pas pris une ride depuis sa parution il y a plus de 10 ans, que de démontrer que les formes d’intégration des individus à une collectivité donnée (nation ou entreprise) ne relèvent pas d’un sentiment diffus d’appartenance, mais d’une véritable modélisation par des traditions qui conditionnent la structure même de la « conscience morale ».
    Et c’est ainsi que Marx meurt encore une fois, tandis que les traditions sur-vivent.

    G.T., 03/03/2003

    La logique de l’honneur, gestion des entreprises et traditions nationales, de Philippe d’Iribarne, Points Seuil 1993 (épuisé).

    http://www.polemia.com/quand-gestion-rime-avec-tradition/

  • Carl Lang nous parle de la crise grecque….

  • Nos éleveurs victimes de l’embargo sur la Russie ?

    Il y a près d'un quart de siècle, nos éleveurs de poulets se sont retrouvés dans la débine, tout cela parce que de brillants stratèges avaient décrété judicieux de faire la guerre à Bagdad, en 1990, alors que l’Irak ne jurait alors que par la volaille bretonne…

    Quand nous étions plus jeunes, nos camarades communistes avaient pris pour habitude de nous affirmer : « Si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique, elle, s’intéressera à toi. » La maxime vaut toujours pour la géopolitique.

    Ainsi, l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois qui a récemment fermé ses portes, c’était parce que General Motors, géant américain qui détenait alors 5 % de la traditionnelle firme au lion, nous a obligés à abandonner le marché iranien, le deuxième client à l’étranger de Peugeot… Pis : alors que Téhéran s’apprête à commercer avec le reste du monde, les entreprises françaises, jusque-là les mieux placées, risquent bien de payer les pots cassés de l’incompréhensible intransigeance d’un Laurent Fabius dans les récentes négociations menées avec l’Iran.

    Après, on peut toujours prétendre que cela ne nous concerne pas et que nos hommes et femmes politiques seraient mieux inspirés de s’occuper d’affaires plus franco-françaises. Ah bon ? La preuve par nos éleveurs, actuellement au bord d’une nouvelle grande jacquerie. Certes, on ne saurait défendre de manière inconditionnelle des paysans dévoyés qui élèvent des animaux à la chaîne, polluant au passage rivières, plages et paysages. Mais s’ils donnent désormais dans l’élevage aussi intensif qu’industriel, c’est aussi parce que certains technocrates les y ont poussés, à coups de directives européennes et de grasses subventions financées par l’argent des contribuables.

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  • La colère des éleveurs bouscule le gouvernement

    Un plan d'aides d'urgence présenté en Conseil des ministres ce mercredi a pour objectif de faire retomber la pression et de lever les barrages.

    Le gouvernement a dû chambouler son emploi du temps ce mardi, face à la contagion du mouvement de protestation des agriculteurs à l'ensemble de la France. Partie de Normandie ce dimanche, la colère des éleveurs s'est étendue à des sites symboliques comme la grotte de Lascaux II en Dordogne, la Cité corsaire à Saint-Malo en Ille-et-Vilaine et au Mont-Saint-Michel dans la Manche.

    Le président de la République, sitôt la crise grecque traitée, a dû à nouveau monter au créneau pour tenter d'éteindre cet incendie alors qu'il participait au «sommet des consciences» au Conseil économique, social et environnemental à Paris, à quatre mois de la conférence sur le climat. «Je demande à tous les agriculteurs de comprendre que nous sommes tous mobilisés. Nous sommes conscients de leurs difficultés, elles sont très grandes et elles appellent des mesures structurelles. Elles seront prises. Et des mesures conjoncturelles, c'est-à-dire l'urgence, elles seront également décidées demain», a indiqué le chef de l'État.

    Dans la foulée, Manuel Valls a convoqué à Matignon une «réunion de ministres sur les filières d'élevage» à laquelle participaient Emmanuel Macron (Économie), Christian Eckert (Budget), Matthias Fekl (Commerce extérieur) et Stéphane Le Foll (Agriculture). À l'issue de cette réunion un peu avant 13 heures, seul Stéphane Le Foll a pris la parole. «Cette discussion nécessitait un arbitrage du premier ministre puisque c'est une décision qui mobilise différents ministres. Je présenterai demain en Conseil des ministres un plan d'urgence de 16 à 17 propositions et pistes de travail qui ont été évoquées et analysées techniquement», souligne le ministre de l'Agriculture.

    La répartition des tâches dans l'exécutif apparaissait établie: le président de la République fixe la ligne, le premier ministre coordonne, Bercy tente de trouver des marges de manœuvre et le ministre de l'Agriculture agit sur le terrain. C'est ainsi qu'après avoir annoncé qu'il ne se rendrait pas à Caen pour répondre à la convocation des agriculteurs, Stéphane Le Foll a été prestement dépêché sur place. Au point de se contredire en une matinée et de filer en urgence sur l'épicentre de la colère paysanne en Basse-Normandie .

    Rapport du médiateur des prix

    Arrivé en hélicoptère, dans un quartier entièrement bouclé par les CRS, le ministre de l'Agriculture est parvenu sans encombre vers 16 h 30 à la préfecture de Caen où l'attendaient les principaux responsables syndicaux agricoles de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et des JA (Jeunes Agriculteurs) du Calvados. Il en est reparti deux heures et demie après. «Il me semblait normal qu'une fois les décisions actées par le gouvernement, j'aille sur le terrain en parler avec les intéressés. Je connais les difficultés des éleveurs, je les mesure et les respecte. J'ai un BTS agricole. Ma vie aurait pu tourner autrement, se justifie Stéphane Le Foll à la sortie de la préfecture de Caen. J'ai pris du temps, je voulais venir avec un peu de fond et je m'en excuse auprès des professionnels agricoles.»

    De leur côté, les leaders syndicaux locaux sont restés mitigés. «Il faut reconnaître que le déplacement du ministre et les échanges avec lui ont été particulièrement intéressants. Cependant, on n'est pas dupes, on attend les conclusions du rapport du médiateur et les annonces du plan d'urgence en Conseil des ministres», souligne Jean-Yves Heurtin, président de la FDSEA du Calvados.

    Justement, ce fameux rapport, celui du médiateur des prix désigné par le ministre pour faire la lumière sur les circuits commerciaux et la fixation des prix agricoles, n'a permis que d'y voir un peu plus clair. «Le verre est à moitié plein. Pour une fois, la grande distribution est à l'heure et respecte l'accord du 17 juin de revalorisation des prix, conclut Jean-Pierre Fleury, président de la FNB (Fédération nationale bovine). En revanche, tous les abatteurs ne le sont pas.» Toutefois, Stéphane Le Foll a refusé de désigner des coupables. «On a des éléments assez détaillés sur la revalorisation des prix, mais je ne participerai pas à la désignation de quiconque entre ceux qui ont joué le jeu des hausses des prix et les autres», estime-t-il.

    Le rapport, dont la remise a été avancée de 24 heures en raison des blocages, devrait être rendu public ce mercredi. Sur le terrain, la pression est maintenue. «Il n'y a pas de raison de lever les barrages qui pourraient même s'étendre à d'autres régions mercredi», constate Xavier Beulin, président de la FNSEA. Le Nord a ainsi vu le déclenchement d'une opération escargot sur l'autoroute A1. En Mayenne et ailleurs, de nouveaux blocages sont apparus.

    Eric de La Chesnais et François-Xavier Bourmaud

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuFZVukZulhbrsJXvS.shtml

  • Les dix commandements du libéralisme

    La recomposition en cours est d’ampleur, et ne constitue rien moins qu’une véritable révolution anthropologique, qui se déploie partout et à chaque instant. Ce bouleversement est si radical que toute notre culture et notre monde se voient comme retournés de l’intérieur : 
         - En art, la transgression permanente (de quoi ? pour quoi ?) est devenue la règle, au point que le bluff cynique est ce qui fait tenir l’ensemble du dispositif spéculatif agrégé autour de cette vaste supercherie. (« Même si l’on ne comprend rien, c’est peut-être très profond, donc ne risquons pas de paraître réactionnaire en disant que c’est nul. ») Le retournement de l’œuvre opéré par Duchamp (« Vous voyez cet urinoir ? Eh bien puisque vous le regardez dans une exposition, c’est donc que c’est une œuvre : prenez conscience que c’est vous, spectateurs, qui octroyez la valeur artistique aux choses. ») est devenu un dogme, s’accordant d’ailleurs parfaitement avec les exigences égotiques du marché, qui ne s’occupe guère de la qualité des produits, tant que ça se vend. 
         - A l’école, l’absence de figure d’autorité contre (et même tout contre) laquelle l’élève peut se construire empêche la formation de réels individus émancipés, capables de jugement critique relativement à des savoirs arrêtés, bien que nécessairement en partie arbitraires, qui leur auraient été donnés. Pierre Bourdieu et son analyse de la reproduction sociale est alors sous le feu de la critique. S’il est indéniable que des rapports de classe traversent profondément l’institution scolaire, Dufour refuse de la réduire à cela, précisément parce que l’élévation a toujours été le moyen de la pédagogie depuis l’Antiquité, visant avant tout à apprendre aux jeunes humaines à réfréner leurs pulsions afin d’être en mesure de vivre en société. Désormais, des générations entières d’élèves sont donc sacrifiées aux seuls vrais parents qui les éduquent en les rabaissant : la télévision, Internet et le marché, main dans la main. - La sexualité devient contrat libéral dans le mouvement même où elle est intégrée au marché pour qu’en soient tirés de juteux profits : un site internet pornographique moyen génère de 10 000 dollars à 15 000 dollars par jour, voire jusqu’à 100 000 dollars pour les plus performants, et chaque seconde, 28 858 internautes et 2 304 € atterrissent sur les portails du sexweb 2.0. 
          - Avec les grands Sujets, les distinctions fondatrices pour l’organisation humaine s’estompent aussi, à commencer par la différence sexuelle et générationnelle. Le marché a besoin d’enfants capricieux prêts à céder à leurs pulsions consuméristes et consumatoires, et consacre logiquement la figure de l’adulescent (« l’adulte-adolescent »), qui à 40 ans aime toujours les superhéros, les dessins animés, les gadgets et les bonbons. Relativement à la distinction sexuelle, Dufour s’en prend aux théories queer, qui prétendent brouiller les identités de genre (masculin/féminin) sans s’attaquer aux fondements de la domination des femmes par les hommes. 
     
    Le Divin Marché analyse les Dix Commandements du libéralisme : 
    1. Tu te laisseras conduire par l’égoïsme. 
    2. Tu utiliseras l’autre comme un moyen pour parvenir à tes fins. 
    3. Tu pourras vénérer toutes les idoles de ton choix, pourvu que tu adores le Dieu suprême, le Marché. 
    4. Tu ne fabriqueras pas de Kant-à-soi visant à se soustraire à la mise en troupeau. 
    5. Tu combattras tout gouvernement et tu prôneras la bonne gouvernance. 
    6. Tu offenseras tout maître en position de t’éduquer. 
    7. Tu ignoreras la grammaire et tu barbariseras le vocabulaire. 
    8. Tu violeras les lois sans te faire prendre. 9. Tu enfonceras indéfiniment la porte ouverte par Duchamp. 
    10. Tu libéreras tes pulsions et chercheras une jouissance sans limite. 
     
    Guillaume Carnino, « Dany-Robert Dufour, une psychanalyse du libéralisme », inRadicalité, 20 penseurs vraiment critiques

  • Le tabou des suicides dans les campagnes

    4 à 500 : c’est le nombre de suicides d’agriculteurs recensés en France, chaque année, d’après des chiffres provenant des Caisses de la MSA (Mutualité sociale agricole) et de l’INVS, l’Institut national de veille sanitaire. Mais le chiffre réel est sans doute bien supérieur aux statistiques car, pour des problèmes liés aux assurances notamment, beaucoup de décès seraient déclarés dans la catégorie accident ou maladie.

    Par des lois scélérates, par une multiplication des contraintes administratives et environnementales notamment, par le système du « toujours moins cher » auquel on a habitué le monde urbain, le monde politique accule des agriculteurs à mettre fin à leurs jours. Reportage de Reinformation.tv :

    Michel Janva

  • A lire ! ! Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission

     

    Source : Mediapart
    Une passionnante interview-fleuve de l’ex-ministre des Finances Grec, qui donne un éclairage précieux car vraiment renseigné sur le fonctionnement dictatorial de l’eurogroupe et la volonté allemande de casser la Grèce. A lire, puis enchainer sur sa tribune expliquant pourquoi il a voté “non” à “l’accord” entre la Grèce et l’Eurogroupe et le même accord annoté par lui. 

    Interview de Yanis Varoufakis (traduit par MONICA M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.
    Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l’UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l’Hydre, ce qui l’a conduit à démissionner après le référendum.

    Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ?

    Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde – Je n’ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J’ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l’autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire.

    HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ?

    YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l’information qui arrive, qui confirme vos pires craintes…voilà qu’il est en votre “pouvoir” que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez – la situation était pire que vous l’imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n’être plus aux premières loges.

    HL : De quoi parlez-vous ?

    YV : L’absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs de la démocratie européenne. La très claire compréhension d’autre part que nous sommes sur la même course analytiquement – bien sûr cela n’arrivera plus à présent. Avoir ces vraies figures de pouvoir qui vous regardent dans les yeux et disent “Vous avez raison dans ce que vous dites, mais nous allons vous croquer de toute façon.”

    HL : Vous avez dit que les créanciers vous contestaient parce que vous avez parlé économie dans l’Eurogroupe, ce que personne ne fait. Qu’est-il arrivé lorsque vous l’avez fait ?

    YV : Ce n’est pas que ça n’allait pas – c’est qu’il y avait un refus total de s’engager dans des argumentations économiques. Refus total. … Vous avancez un argument sur lequel vous avez réellement travaillé – pour être sûr que c’est logiquement cohérent – et vous rencontrez des regards vides. C’est comme si vous n’aviez pas parlé. Ce que vous dites est indépendant de ce qu’ils disent. Vous auriez pu aussi bien chanter l’hymne national suédois – vous auriez eu la même réponse. Et c’est saisissant, pour quelqu’un qui est habitué aux débats académiques. … D’ordinaire l’autre partie participe toujours et là il n’ y avait aucune participation du tout… Ce n’était même pas de l’ennui, c’est comme si personne n’avait parlé.

    HL : Quand vous êtes arrivé, début février, il n’a pas pu y avoir une position commune ?

    YV : Il y avait des personnes qui étaient sympathiques à un niveau personnel – ainsi, vous savez, derrière les portes fermées, sur une base informelle, notamment avec le FMI [HL : "Aux plus hauts niveaux ?" YV : " Aux plus hauts niveaux, aux plus hauts niveaux "]. Mais ensuite dans l’Eurogroupe, quelques mots gentils et c’est tout, retour derrière le parapet de la version officielle.
    [Mais] Schäuble était d’une grande cohérence. Son option était “Je ne suis pas en train de discuter le programme – il a été accepté par le précédent gouvernement et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons tout le temps des élections, nous sommes 19, si à chaque fois qu’il y a une élection quelque chose change, les contrats entre nous ne voudraient plus rien dire”.
    Aussi à ce point il ne me restait plus qu’à me lever et à dire : “Bon peut-être que nous ne devrions plus jamais organiser des élections dans les pays endettés”, et il n’y a pas eu de réponse. La seule interprétation que je puisse donner c’est “Oui, ce serait une bonne idée, mais elle serait difficile à mettre en application. Donc soit vous signez sur la ligne en pointillé, soit vous sortez.”

    HL : Et Merkel ?

    YV : Vous devez comprendre que je n’ai jamais rien eu à faire avec Merkel, les ministres des finances parlent aux ministres des finances, les premiers ministres parlent aux chanceliers. De ce que je comprends, elle était très différente. Elle tentait d’apaiser le Premier Ministre (Tsipras) – elle disait “Nous trouverons une solution, ne vous inquiétez pas, je ne veux pas qu’il arrive quelque chose de d’horrible, faites juste votre travail et travaillez avec les institutions, travaillez avec la Troïka ; il ne peut pas y avoir d’impasse ici.”

    Ce n’est pas ce que j’entendais de la part des mes interlocuteurs – à la fois de la tête de l’Eurogroupe et du Dr Schäuble, ils étaient très clairs. A un certain point il me fut signifié sans équivoque “C’est un cheval et soit vous l’enfourchez, soit il est mort”.

    HL : Quand était-ce ?

    YV : Au début, au tout début (ils se sont rencontrés la première fois début février)
    Source : Lire la suite sur Mediapart

    http://fr.novopress.info/

  • La minute d’Olivier Delamarche : Tsipras, un politique "sans testicules et sans cerveau" - 20/07

    Le 20 juillet, Olivier Delamarche s'est penché sur les actualités et les négociations autour de l'endettement grec dans Intégrale Placements, présenté par Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer, sur BFM Business.

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-minute-d-olivier-delamarche-tsipras-un-politique-sans-testicule-et-sans-cerveau-2007-589793.html

    L’intégralité : 

    Olivier Delamarche VS Malik Haddouk (1/2) : La situation économique en Grèce va-t-elle finir par s’améliorer ? - 20/07

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/olivier-delamarche-vs-malik-haddouk-12-la-situation-economique-en-grece-va-t-elle-finir-par-s-ameliorer-2007-589824.html

    Olivier Delamarche VS Malik Haddouk (2/2) : "En macroéconomie, rien ne va ni en Europe ni en Asie" - 20/07

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/olivier-delamarche-vs-malik-haddouk-22-en-macroeconomie-rien-ne-va-ni-en-europe-ni-en-asie-2007-589832.html

    http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/la-minute-d-olivier-delamarche-50525