Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

économie et finance - Page 755

  • La crise des devises annonce un nouveau désastre économique global

    PARIS (NOVOpress) - Les turbulences qui se répandent dans les systèmes financiers des économies dites émergentes, représentent un tournant pour l’économie mondiale dans son ensemble. Les racines de la crise se trouvent dans la politique d’assouplissement quantitatif (QE), à savoir l’injection de milliers de milliards de dollars dans le système financier mondial par la Réserve fédérale et d’autres banques centrales, initiée en réaction à l’effondrement de 2008 provoquée par la faillite de la banque d’investissements américaine Lehman Brothers.

    L’essentiel des fonds est allé vers les marchés émergents, à la recherche de profits plus élevés avec l’envolée de la valeur des actions et une augmentation du taux de retour sur investissement d’autres valeurs financières dans ces pays. Mais alors que la bulle commence à se dégonfler les capitaux spéculatifs se ruent vers la sortie, faisant plonger les devises.

    Une série de banques centrales, dont celles de l’Afrique du Sud, de l’Inde, du Brésil et de la Turquie, ont fortement augmenté leur taux d’intérêt. Mais ces actions n’ont pour le moment pas réussi à freiner le départ des capitaux étrangers.

    Comme Neil Shearing, économiste en chef sur les marchés émergents à Capital Economics, l’a déclaré au Financial Times : “Le fait que les monnaies ont continué à s’affaiblir même dans les pays qui ont commencé à augmenter leur taux d’intérêt fait penser qu’une nouvelle phase, potentiellement plus inquiétante, des récentes turbulences sur les marchés financiers émergents se prépare, où les acteurs politiques, pressés de toutes parts, ne sont plus en mesure de défendre leur monnaie.”

    Les premiers signes d’une crise potentielle sont apparus en mai et juin dernier après que le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a indiqué que la Réserve fédérale commencerait bientôt à amenuiser ses 85 milliards de dollars par mois d’achats de titres hypothécaires et de bons du trésor américain. Ses commentaires ont fait trembler les marchés émergents et on a assisté au départ des capitaux.

    La stabilité est revenue lorsque la Réserve fédérale est revenue sur cet amenuisement en septembre. Mais avec la décision de réduire les achats de 10 milliards à chacun des deux derniers mois, le départ des capitaux a repris.

    Cherchant à présenter cette mauvaise situation de la manière la plus positive possible, certains commentateurs ont tenté de maintenir l’idée que ces turbulences financières reflètent des problèmes spécifiques à certains pays et n’ont aucune implication mondiale. D’après le ministre américain du trésor Jack Lew, le problème principal tient à la mauvaise politique de certains pays. “Je dirais que nous constatons beaucoup de divergences sur les marchés et nous voyons que les pays qui ont entrepris des mesures difficiles et s’en sont bien sortis ont une expérience différente.”

    Ses remarques rappellent celles de l’ex-président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, au cours de l’effondrement financier asiatique de 1997-98, lorsqu’il insistait sur l’idée que cette crise ne venait pas des opérations de l’économie de marché capitaliste lui-même, mais était le résultat de ce qu’il a appelé le capitalisme de copinage asiatique. Mais la crise financière asiatique a entraîné le défaut de paiement russe de 1998 puis l’effondrement du fonds d’investissement américain Long Term Capital Management (LTCM), qui a été renfloué par la Réserve fédérale avec des fonds publics. La chute de LTCM était elle-même un signe avant-coureur de ce qui était à venir dix ans plus tard lorsque l’ensemble du système financier mondial est devenu insolvable.

    L’affirmation que les troubles actuels sont le résultat de problèmes spécifiques à chaque pays ne tient pas compte du fait que l’afflux massif de capitaux dans les marchés émergents au cours des 5 dernières années depuis la crise de 2008 fait partie d’une évolution bien plus large.

    L’injection continue des fonds par la Réserve fédérale, représentant au moins 1 trillion de dollars par an, combinée à des taux d’intérêt proches de zéro a créée une situation où le système financier mondial a fini par ressembler à une pyramide inversée, avec des avoirs financiers qui se développement rapidement comparés à la base productive de l’économie mondiale dont ils dépendent.

    Cela signifie qu’en dernière analyse, une grande portion de ces avoirs sont devenus toxiques, qu’ils n’ont aucune valeur réelle, tout comme des centaines de milliards de dollars de titres hypothécaires appuyés sur des emprunts de deuxième choix (subprimes) s’étaient révélés n’avoir plus aucune valeur il y a cinq ans. En d’autres termes, les troubles actuels sont un signe avant-coureur d’une nouvelle crise financière, potentiellement plus destructrice que celle de 2008.

    Cela peut se voir dans les statistiques sur l’ampleur du mouvement des capitaux financiers volatils au cours de la dernière période. D’après l’Institut pour la finance internationale, les marchés émergents ont attiré près de 7 trillions de dollars depuis 2005, qui ont été investis dans un mélange d’entreprises industrielles et de services, des fusions et acquisitions, ainsi que des actions et des obligations. JP Morgan Chase estime que les remboursements d’obligations restant à verser dans les marchés émergents représentent 10 000 milliards de dollars, contre seulement 422 milliards de dollars en 1993.

    En plus des mouvements de capitaux déclenchés par cet amenuisement, un autre facteur dans cette crise tient au ralentissement économique de la Chine. D’après une étude publiée cette semaine, les producteurs chinois ont réduit les emplois au rythme le plus élevé depuis mars 2009, qui était le point le plus bas de la récession provoquée par la crise financière mondiale.

    La croissance chinoise cette année devrait être la plus basse depuis plus de 20 ans, et il y a des inquiétudes croissantes sur la stabilité du système financier du pays. Cette semaine, le China Credit Trust, d’une valeur de 500 millions de dollars, a dû être renfloué pour éviter un défaut de paiement lié à des produits financiers dont la valeur était garantie par des prêts accordés à une compagnie minière de charbon en faillite. Le China Credit Trust fait partie du système bancaire fantôme de la Chine qui d’après les estimations représenterait près d’un tiers de tous les nouveaux crédits de l’économie chinoise.

    La crise des marchés émergents a déjà révélé des divergences importantes au sein du G20 qui rassemble les économies les plus importantes et qui a organisé une série de sommets de crise pour coordonner la politique internationale en 2009 et 2010. S’exprimant à la suite de la décision de la Réserve fédérale de mercredi, où aucune mention n’avait été faite de l’effet de la poursuite de l’amenuisement des achats d’avoirs sur le reste du monde, le gouverneur de la Banque centrale indienne, Raghuram Rajan, a déclaré que les marchés émergents avaient contribué à faire sortir le monde de la crise financière mondiale et qu’il ne faudrait donc pas à présent les négliger.

    “La coopération monétaire internationale s’est arrêtée,” a-t-il dit. Les pays industrialisés doivent jouer leur rôle dans sa relance, et “ils ne peuvent pas maintenant s’en laver les mains et dire, nous allons faire ce dont nous avons besoin et vous vous occupez de l’ajustement.” Il a prévenu que si les pays industrialisés insistent pour que les pays en voie de développement fassent cavalier seul, ils risquent “de ne pas apprécier le genre d’ajustements que nous serons forcés d’appliquer en fin de compte.”

    L’importance de sa remarque est soulignée par le fait que dans les cinq années qui ont suivi septembre 2008, les marchés émergents, dont la Chine, ont été responsables de près des trois quarts de l’augmentation de la production mondiale. En 1997-98, le résultat de la crise asiatique fut une baisse aussi importante pour ses effets sur l’Asie que le fut la Grande dépression pour les économies capitalistes avancées. Toute répétition de cet épisode entraînerait rapidement une récession de plus en plus profonde dans le monde entier.

    Pour la classe ouvrière internationale, le déclenchement de cette crise a des implications majeures. Dans tous les marchés émergents, les augmentations de taux d’intérêt et les autres mesures d’urgence impliqueront une offensive accentuée pour la réduction des emplois, des salaires et des conditions sociales.

    La crise actuelle démontre une fois de plus que les affirmations des élites dirigeantes et de leurs hérauts dans les médias, selon lesquelles la reprise économique serait en route, sont creuses. Le système capitaliste mondial a échoué. Les mesures qui étaient censées entraîner une reprise n’ont fait qu’augmenter la richesse des multimillionnaires et milliardaires, tout en créant les conditions pour un nouvel effondrement financier.

    Source : World Web

    http://fr.novopress.info/155364/crise-devises-annonce-nouveau-desastre-economique-global/#more-155364

  • "Le détail, voilà l'essentiel" Voltaire - Réflexion sur un détail.

    Article modifié à titre exceptionnel,juste après publication: alors que je rédigeais l'article, j'étais déconnecté des dernières informations; je viens d'apprendre ceci, http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/02/04/97001-20140204FILWWW00319-serge-ayoub-place-en-garde-a-vue.php , qui ne fait que justifier l'intégralité de mon article.
    J'ai déjà indiqué au lectorat mon attrait pour le Situationnisme, mode d'analyse marxisant, évidemment condamné par les communistes orthodoxes, théorie empirique qui utilise l'analyse des petits détails du quotidien, pour mieux montrer l'oppression capitaliste.
    La méthode peut très bien être reprise par la mouvance, si d'aventure celle ci se décidait, pour une fois, à penser. L'oppression à venir - de type totalitaire (le qualificatif n'est pas trop fort)- peut ainsi se déceler, par l'intermédiaire de mesures à venir, en apparence dérisoire, comme l'interdiction prévue pour les Français, aussi bien de faire un feu de cheminée que de cultiver leur propre jardin potager.
    Le Système n'est, ni libéral, ni anti-libéral et c'est une de ses forces: il est les deux à la fois, nous empêchant donc - beaucoup n'ont toujours pas compris - de choisir l'un des deux camps par opposition.
    Il est par exemple libéral, de par le recul constant et progressif de l'Etat dans l'économie, de par la fin de la peine de mort, du droit à l'avortement, de la fin du délit d'homosexualité, de la théorie du genre et de façon générale, de tous les nouveaux "droits" accordés aux Français. Je laisse au lecteur compléter la longue liste qu'il sera bien difficile de constituer de façon exhaustive.
    Il est anti-libéral tout autant. Jamais on a jamais autant mis en garde à vue en France. On pourrait aussi évoquer la loi Fabius-Gayssot, les blogs ou pages facebook supprimés, les contrôles routiers et d'une autre façon, toutes les taxes apparues ces dernières décennies qui, à l'évidence, s'opposent au libéralisme. L'affaire Dieudonné ou l'interdiction de la présence des huissiers dans le cadre des dernières manifestations aussi, de façon plus récente ...
    Erreur majeure donc, que de vanter le libéralisme ou l'anti-libéralisme, afin de s'opposer au Système: c'est sur les deux fronts, paradoxalement qu'il va falloir, combattre.
    Les malheurs du Fai Orange sont ici emblématiques: voir piraté son compte est à l'évidence désagréable et la réaction naturelle et spontanée de l'internaute spolié sera de solliciter la répression. Mais qui réprimera et encadrera "pour votre plus grand bien", internet ? A qui profitera le crime ?
    Ce n'est pas un hasard si François Hollande avait fait savoir le droit à l'oubli sur l'internet: le fait que les vieux messages ou articles puissent disparaitre de la toile au bout d'un certain temps: cela intéresserait bien des internautes, mais encore plus les hommes politiques: sans la mémoire de la toile, qui se souviendrait que les élites ump s'étaient, avant leur grande mobilisation contre, prononcés pour le mariage homo ?
    Et toutes ses videos qui, de plus en plus, disparaissent de facebook, comme de leurs hébergeurs initiaux...
    Je crois que si, comme moi, on pense que notre pensée politique est conforme à l'harmonie universelle, c'est la liberté, toute la liberté, qu'il faut vanter. Le capitalisme, dont je suis intimement convaincu qu'il est intrinsèquement pervers, va nous mener à la catastrophe. "Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve." : on ne pourra pas éternellement aller à l'encontre des lois de la nature - et pour l'Homme c'est principalement de Vérité et d'Ethique dont il s'agit - sans que les sanctions ne finissent par l'intermédiaire du Très-haut de pleuvoir... Les Français, pourtant peu au fait de la compréhension du monde, par paresse ou désintérêt plutôt que par bêtise, depuis quelques années, ont découvert de plus en plus nombreux, l'extrémité du fil de la bobine...
    Et Voxnr, mais aussi d'autres lucides, vont se faire un plaisir, de les aider, à tout dérouler...
    L'article de Pcinpact consacré aux mésaventures du Fai "Orange"
    Orange indique que sa page « Mon compte » a été la cible d'une attaque jeudi 16 janvier, mais ajoute que tout est depuis rentré dans l'ordre. Le FAI précise que des données personnelles ont été dérobées, mais que les mots de passe ne sont pas concernés. Moins de 3 % de ses clients sont impactés. Une plainte a été déposée.
    « Orange a été la cible d'une intrusion informatique le 16 janvier 2014 à partir de la page « Mon Compte» de l'Espace Client du site orange.fr ». C'est par cette entame qu'Orange annonce à certains de ses clients que la société a été victime d'une intrusion sur ses serveurs.
    Orange victime d'une attaque, des données personnelles dérobées
    Les pirates ont ainsi pu récupérer de nombreuses informations personnelles comme les noms, prénoms, adresse postale, mails, numéro de téléphone fixe et mobile, ainsi que des informations supplémentaires que vous auriez pu préciser : composition du foyer et nombre d'abonnements Orange ou concurrents par exemple. Le FAI ajoute par contre que les « mots de passe ne sont pas concernés, leur intégrité n'est pas mise en cause ».
    La société indique en outre avoir colmaté la brèche et appelle à la prudence, car les pirates pourraient se servir de ces informations afin de lancer une campagne de phishing. Elle renvoie ainsi ses clients vers cette page (1).
    Moins de 3 % des clients sont touchés et ils sont tous contactés par mail
    De notre côté, nous avons pu nous entretenir avec Laurent Benatar, directeur technique d'Orange. Il confirme l'intrusion et nous donne quelques détails supplémentaires. Après la découverte de l'attaque, la page « Mon Compte » a été rapidement fermée par précaution, tandis que la faille était colmatée au bout de quelques heures. Au total, moins de 3 % des clients d'Orange sont concernés.
    Ces derniers, et uniquement ceux-là, sont contactés par mail afin d'être informés de la situation (voir capture ci-dessus), si vous ne recevez aucune correspondance de la part du FAI dans les prochaines heures, c'est qu'a priori aucune de vos données personnelles n'est touchée.
    Concernant les informations sensibles comme votre RIB par exemple, notre interlocuteur précise que cela ne concerne qu'une version réduite : certains chiffres sont remplacés par des *** dans la base de données et sont donc inutilisables en l'état. Les versions complètes sont enregistrées sur d'autres serveurs qui n'ont pas été touchés. Du côté des mots de passe, aucune fuite, même pas des versions chiffrées.
    La protection des données chez Orange : une politique en trois étapes
    Notez par contre que tous les clients Orange ont reçu un mail afin de les prévenir sur les tentatives de phishing. Celui-ci a été envoyé les 23 / 24 janvier et ne parlait pas encore d'une intrusion. Pour la société, il s'agissait tout de même d'appeler à la vigilance en attendant de savoir ce qu'il en était exactement de l'intrusion. Notez que les conseils prodigués sont valables en toutes situation, qu'une intrusion ait eu lieu ou non :
    Laurent Benatar ajoute que, bien évidemment, Orange a porté plainte. Nous n'aurons par conséquence pas plus de détails, les éléments techniques étant entre les mains de la Police et de la justice. Le directeur technique tient tout de même à nous préciser le principe de fonctionnement de la sécurité informatique chez Orange, un service en trois étapes.
    Tout d'abord, le groupe emploie des personnes qui sont chargées de simuler des attaques afin de se préparer à divers scénarios. Le site est placé sous haute surveillance, ce qui a d'ailleurs permis de rapidement identifier un comportement anormal, et donc de réagir en conséquence. Enfin une information auprès de ses clients afin de les avertir du danger du phishing, entre autres.
    De manière générale, le phishing s'est affiné au cours des derniers mois / années et les mails deviennent de plus en plus propres, notamment du côté de l'orthographe. Mais forcément, avec des données personnelles, cela devient encore plus facile. Notez que suite au projet de loi sur la consommation, dont nous vous parlerons d'ici peu, la CNIL dispose de nouvelles armes et de nouveaux dispositifs en cas de telles fuites de données. Elle devrait d'ailleurs être amenée bientôt à en parler avec les FAI et opérateurs, le cas d'Orange devrait donc faire école.
    Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com/cc/politique/EFAEVFllVFTHKtwuQs.shtml
    Notes :

  • Le militantisme social au XXIème siècle

    3673603486.png

    Des constats et des initiatives pour une révolution des esprits et des actes

    Un terrain occupé par un géant aux pieds d’argile

    Le terrain social a été depuis des décennies occupé par des groupes et des personnalités issus de l’extrême gauche, notamment trotskyste (et gramschiste). Cette dernière a fait intelligemment du social son creuset, en investissant par le biais d’associations et de syndicats les milieux sociaux et éducatifs. Elle a eu par ce biais une influence déterminante bien que moins visible que la sphère électoraliste sur notre société.

    Deux phénomènes en particulier sont venus remettre en cause le bien fondé de cette stratégie pourtant autrefois très efficace. Ces deux éléments sont des exemples concrets de cette pensée unique, dans laquelle vont se retrouver ceux qu’on nous présente comme illusoirement opposés (c'est-à-dire ici les néolibéraux de « droite », et la « gauche » considérée par ses différents courants)

    Premièrement l’immigration massive, elle s’est imposée depuis les années 60 et s’est progressivement accélérée. La doctrine politique sociale développée par les associations gauchisantes s’est adaptée d’une façon à la fois naïve et calculatrice à ce nouveau flux. Calculatrice, car les immigrés extra-européens (et surtout africains) représentent des clients associatifs faciles à appâter, et un électorat aisé au niveau de l’Etat, surtout si vous les aidez sur le plan matériel. On régularise à tour de bras, et on investit massivement dans le terrain social immigré construisant ainsi une certaine clientélisation. Elle est aussi naïve, car les immigrés extra-européens n’oublient pas si aisément leurs racines, et un réel repli communautaire est constatable. Partout on assiste à un développement féroce d’une véritable haine contre la France, et d’une entraide avant tout ethnique et religieuse bien loin de « l’idéal » républicain, et surtout gauchiste universalisant et laïque. Le précepte de base, était de supposer que la prospérité économique entrainerait une intégration automatique soutenue par une politique sociale étendue. Oui mais voilà, la prospérité économique espérée du modèle néolibéral de libre marché (par la gauche dite « socialiste » elle-même !) s’est révélée illusoire, aggravant encore son décalage par rapport à la réalité. L’économie se dégrade inexorablement, exacerbant d’autant les relations entre groupes ethniques.

    Le tissu associatif d’extrême gauche mis en place sera peu à peu supplanté et détourné par les populations qu’ils ont aidées. Cette stratégie est donc vouée à l’échec sur le long terme. On peut étudier par exemple cet effet sur le terrain syndical par exemple, avec les politiques suicidaires de la CGT qui tente de survivre à l’heure mondialisée, en promouvant la protection des travailleurs immigrés. Les intérêts du grand Capital rejoignant comme souvent ceux des plus gauchisants, avec la constitution d’une armée de réserve en termes d’employés maintenant les salaires bas.

    Deuxièmement c’est la mondialisation. Une politique sociale n’a de sens que dans un système un tant soit peu protectionniste. Mettre en concurrence des économies ne disposant pas des mêmes bases de protection sociale n’a aucun sens. Cela revient à importer la misère des autres continents en Europe. L’appauvrissement et l’endettement de la France ces dernières années est inéluctable sur cette pente hypocrite. La gauche n’a pas d’issue, elle qui n’a d’ailleurs plus rien de socialiste, empêtrée dans l’économie de marché, désormais envisagée comme une fatalité. Là réside une nouvelle collusion avec les élites politico-financières néolibérales qui voient dans la Mondialisation une opportunité d’enrichissement (presque) sans limite. Les structures sociales mises en place par l’Etat et ses avatars associatifs sont donc condamnées au déclin dans un système économique incohérent. Elles trouveront notamment leur bornes dans l’accumulation de dettes colossales, et l’impossibilité de financer une aide sociale au budget faramineux.

    Ces constats nullement nouveaux nous amènent à considérer au delà de la situation alarmante de notre pays, une multitude de possibilités sur le terrain social pour notre bord. En effet, la politique sociale de l’Etat et ses mignons repose sur une double contradiction, d’un système économique absurde et déficitaire, orientée massivement vers des populations qui lui sont en définitive assez hostiles. Chaque contradiction de l’Etat est une fissure dans laquelle nous pouvons investir et construire notre modèle de société alternatif.

    Une prise de conscience

    Indéniablement, il y a eu une véritable prise de conscience de l’importance du social dans nos milieux en Europe ces dernières années. En France on a pu voir l’association SDF (Solidarité des Français) et sa soupe au cochon par exemple. Ceci est aussi visible à l’échelle de notre continent par la remarquable Casapound (Association italienne…) qui a fait d’une façon innovante du social son creuset. Mais l’exemple contemporain le plus probant illustrant le caractère décisif que représente le social est à chercher hors de nos frontières. Certains précurseurs ont conçu le social comme une nécessité humaine communautaire, mais aussi comme une arme politique. Ainsi, la pensée pragmatique du fondateur des Frères Musulmans (Hassan El-Banna) ne se leurrait pas dans une hypothétique conquête violente« par le grand soir » de l’État égyptien, ni même une ascension par les urnes qui ne constituaient qu’un point ultime de sa stratégie. Au contraire, il considérait que la lutte politique devait se mener par le bas avec le social.

    L’idée de fond repose sur le développement d’un réseau d’entraide efficace et solidaire qui profiterait des défaillances de l’État. L’objectif était de changer profondément les mentalités, afin d’intégrer à un réseau, l’individu, la famille, le peuple (par ses syndicats, associations, villes etc.) puis l’État lui-même. Nous avons pu constater l’efficacité de cette méthode ces dernières années par la montée en puissance des Frères Musulmans en Égypte. Directement héritiers de cette école de pensée en Palestine, le Hamas ne s’est présenté aux élections législatives qu’après des dizaines d’années de travail social acharné, et une forte implantation au niveau municipal. Le résultat y est révélateur, avec une prise de position de tout premier ordre dans la vie politique locale. De la même manière, le Hezbollah s’est implanté durablement au Liban par cette voie jouant un rôle tout à fait majeur dans la sphère politique nationale. Certes, ces ascensions politiques reposent sur le pilier d’une religion, mais le nôtre s’appelle identité française et paneuropéenne, et il peut-être tout aussi fort.

    Il est donc plus que temps de bâtir notre vision du social, qui s’est démontré être une voie réaliste vers l’accession à des postes clés du pouvoir. Le laisser à l’extrême gauche a mené notre pays et notre continent à la ruine, c’est donc une nécessité de le réinvestir.

    C’est aussi une autre vision du militantisme, non plus axée sur la dénonciation ou la contestation, mais au contraire vers une démarche créatrice et positive. Cela suppose un véritable changement d’esprit, nous ne devons plus nous contenter de coller des affiches ou créer des pages web au contenu enflammé, mais agir avec sérieux dans le réel pour et par notre communauté.

    Réalisme et professionnalisation

    Le constat assez terrible après des années de militantisme reste le même pour beaucoup de groupes, quel amateurisme ! Comme démontré plus haut, les exemples d’organisations qui ont réussi sur cette voie, ont véritablement transformé leur façon de militer et surtout d’envisager le militantisme social. S’engager politiquement dans le social n’est plus un loisir consommateur, c’est une activité positive de création (ce qui n’exclut pas les bons moments loin de là !), pour la première fois on ne se contente plus de recevoir, on créé du lien, des projets, on émet sa vision du monde. On ne vient pas soulager sa mauvaise conscience, on vient rétablir l’équilibre d’une Société, la cohérence d’un Tout harmonieux, imposer une justice sociale pour sa communauté.

    Cette conscience se traduit par un souci d’efficacité, car on croit à sa cause, à son avenir, la nostalgie est déjà loin. Le fil de l’identité nous lie à nos aïeux par un fond commun, mais à chaque génération ses symboles, ses combats et ses méthodes. Le militantisme social est une vocation pour ceux qui veulent gagner et voir dans leurs actions un résultat concret, notamment sur le long terme. Il nécessite le développement de qualités assez proches du monde professionnel. Sens des responsabilités, organisation, innovation, gestion de projet, travail d’équipe, la liste pourrait être longue.

    C’est une véritable professionnalisation qui peut avoir un intérêt partagé pour l’organisation et ses militants. L’organisation voit son efficacité démultipliée et solidement ancrée dans le long terme (un bel exemple est représenté par l’association Solidarité Kosovo). Les militants se forment et évoluent avec l’organisation, développant même des compétences qu’ils pourront utiliser dans leur vie professionnelle et personnelle (Montage vidéo, gestion de projet, informatique etc.). Organiser des réunions efficaces et constructives, des débriefings, structurer les tâches en équipe en fonction des compétences, des responsabilités et des envies des bénévoles. C’est tout simplement donner les moyens à ses initiatives de réussir et à ses militants de s’engager plus en avant, voyant le fruit de leur labeur se développer.

    C’est aussi adopter une politique de communication adaptée, par une subtile alchimie à atteindre entre rechercher l’intérêt des individus aidés, et celui de son organisation. Nous sommes au cœur de notre communauté, le cynisme marchand n’a pas sa place. Ce n’est pas pour autant que nous devons négliger le réalisme et l’efficacité d’une communication fondamentale à la réussite d’une cause, qui aura en définitive des effets salvateurs pour toute notre communauté.

    ESF dans tout ça

    Le combat social a donc encore à bien des égards de belles heures devant lui. C’est fort de cette réflexion que nous avons développé à notre échelle le projet ESF (Entraide Solidarité Famille). Une initiative réalisée dans le cadre de l’association Solidarité Populaire. Il vise à venir en aide aux familles d’origine européenne en situation précaire.

    Nous sommes partis de plusieurs constats dans une Europe en pleine paupérisation. Premièrement, une situation économique et sociale extrêmement défavorable à ces familles, que nous pouvons constater par des indicateurs variés comme la hausse du chômage, du prix des denrées alimentaires et de l’énergie, ainsi que le coût du logement. Tous ces facteurs impactent directement des personnes qui peinent à s’en sortir à la fin du mois, malgré leur volonté de subvenir à leurs besoins. Deuxièmement, c’est le manque de solidarité que nous pouvons constater au sein de notre communauté, là où les extra-européens ont développé de véritables réseaux d’entraide. Enfin comme abordé plus haut, l’Etat français par sa politique immigrationniste suicidaire privilégie une minorité qui n’en est déjà plus une dans nombre de nos quartiers, ceci par le détournement massif des prestations sociales. Pour toutes ces raisons, il nous a semblé qu’il était plus que temps de développer notre propre maillage communautaire européen.

    L’entraide aux familles et aux individus se réalise en plusieurs étapes et par différents biais

    Premièrement, nous prenons contact, nous discutons, nous prenons le temps de connaitre nos interlocuteurs. Nous expliquons le fonctionnement et les principes de ce réseau de solidarité, nous nous assurons que cela est compris et accepté. L’idée est d’intégrer des familles et des individus qui partagent « un minimum » nos principes, et une volonté de participer à ce lien d’entraide dans les deux sens. L’objectif n’étant pas d’en faire des perpétuels assistés mais de les aider à remonter la pente. Dans un premier temps, nous organisons des convois chargés de biens de première nécessité. Nous envisageons ensuite avec les personnes leurs besoins à court, moyen et long terme. Puis, en lien avec nos moyens, nous réfléchissions à la meilleure manière de les aider et de les accompagner dans leurs projets variés (cela peut-être de la formation, permis de conduire, rénovation de bâtiment etc.). Nous pouvons les aider directement et/ou leur proposer différentes solutions comme le microcrédit. Ils sont progressivement intégrés au réseau d’entraide et pourront dans l’idéal aider d’autres familles et individus dans une situation similaire. Ils peuvent enfin participer aux diverses activités du MAS.

    Une action ancrée dans le réel

    Concrètement au niveau matériel, c’est déjà plusieurs convois chargés de biens de première nécessité, un camion de 20m3 de matériel pour le chantier d’isolation. Mais c’est aussi une aventure sur le plan humain, de nombreux bénévoles vont travailler sur un chantier, et ont partagés des moments très conviviaux avec les familles. C’est aussi ça la solidarité et le social, des liens humains, et des bons moments passés ensembles. Tous les militants qui ont participé à ce genre d’intervention en ont gardé un souvenir ravi. C’est aussi l’occasion de développer des compétences variées selon les cas, et d’agir concrètement sur le terrain social.

    Il est possible de nous aider de plusieurs manières.

    Le nerf de la guerre reste les dons, qui rendent possible notre activité, mais pas seulement.

    Sur le plan humain, il est tout à fait possible de nous soutenir selon ses spécialités et envies. Les bonnes volontés peuvent prendre des formes diverses, comme le conseil spécialisé selon les compétences de chacun (bâtiment, juridique etc.) ou encore la participation aux chantiers.

    Dernier point et pas des moindres, n’hésitez pas non plus à nous signaler une famille en précarité qui pourrait bénéficier de notre soutien. Nous les contacterons dans les plus brefs délais, et tâcherons de les aider du mieux que nous pourrons dans la limite de nos moyens et selon leurs besoins exprimés.

    http://www.solidaritepopulaire.com/

    Renaud (Projet ESF) pour le Cercle Non Conforme

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/02/04/le-militantisme-social-au-xxieme-siecle-5290236.html

  • La dictature orthographique, une nécessité sociale

    Les fautes d’orthographe, en menaçant l’intercompréhension et donc le lien social lui-même, répandent le parfum d’une sédition pernicieuse.

    Michel Sapin a présenté ce mercredi [29 janvier] son projet de loi sur la formation professionnelle.

     

    Pour la financer, moins de cotisations pour les entreprises, plus de participation du Trésor public. Soit ! Le déficit en a connu d’autres… Mais financer quoi, au juste ? Parmi les formations les plus demandées : l’orthographe. Et plus particulièrement le site « Projet Voltaire » qui propose aux entreprises des remises à niveau pour la modique somme d’environ… 1.000 euros par salarié. [...]

    Xavier Mignot - La suite sur Boulevard Voltaire

     
  • Olivier Delamarche: Indices: mauvais début d'année pour le CAC 40 et le Dow Jones HD

  • L’arnaque de l’éolien : le pillage de la France. - Synthèse

    Les dix éoliennes de l’île de Miquelon (pourtant très ventée) sont en passe d’être démontées.
    Une nouvelle passée inaperçue mais révélatrice de l’échec de cette énergie « nouvelle » qui pourrait déboucher sur un scandale : financier, budgétaire, écologique.La bulle de l’éolien va se dégonfler. Polytechnicien, admirateur de Maurice Allais, J. d’Antraigues fait le point pour  Polémia.
    Pour des raisons de clarté, le texte qui suit ne cite pas de références, ne cite que très peu de chiffres et ne détaille pas tous les raisonnements. Il est accompagné d’un dossier beaucoup plus complet qui est accessible uniquement sous format PDF :Le dossier.
    Mise à jour des liens vers le dossier (pdf), (4/02/2014).
    Introduction
    Ruineux pour la nation, mais extrêmement profitable pour nombre d’intérêts particuliers, désastreux pour la balance commerciale, destructeur de nos paysages, même pas susceptible de réduire les émissions de CO₂, de façon générale bâti uniquement sur des contre-vérités, stérilisateur de tout progrès véritable, le développement massif de l’éolien en France est un scandale d’anthologie.
    Il n’est pas exceptionnel que la  conjonction d’intérêts d’industriels, d’affairistes astucieux, voire de simples escrocs, parvienne  à faire acquérir à grande échelle des produits parfaitement inutiles, souvent grâce à des trésors d’inventivité, d’opportunisme et d’organisation.
    Il n’est pas banal, toutefois, que, au nom de la nécessité de réduire les émissions de CO2, l’implantation massive d’éoliennes ait pu être imposée à l’échelle d’un continent comme un objectif majeur, un véritable tour de passe-passe ayant de plus permis d’évacuer toute considération relative à l’efficacité réelle de cette opération- ainsi d’ailleurs que  toute considération de coût.
    Dans cette affaire, le rôle de la Commission Européenne a été déterminant.
    Cette étude fait en effet apparaître le poids démesuré qu’a pu ainsi acquérir, par son intermédiaire, et avec la complicité active des grands médias, sur un sujet de nature à conditionner pour plusieurs décennies l’organisation de la production d’électricité – et qui la conditionne effectivement depuis une dizaine d’années – une conjonction de mouvements écologistes plus ou moins manipulés, d’un très puissant lobby, et de l’intérêt industriel de certains pays.
    Aujourd’hui, bien que  des signes annonciateurs d’un éclatement de la bulle éolienne se multiplient dans le monde (tandis que, au contraire, le nucléaire redémarre deux ans après Fukushima), l’objectif de faire plus que tripler la puissance installée actuelle d’ici 2020 n’est pourtant pas remis en question.
    Au-delà de ce qui  pourrait n’apparaître que comme un gaspillage d’une ampleur inhabituelle, c’est maintenant, au nom d’une prétendue nécessité d’une très fumeuse « transition énergétique », dont la suppression du tiers du nucléaire et un développement massif de l’éolien sont des éléments clés, la position privilégiée même de la France dans le domaine de la production d’électricité qui est en jeu : l’indépendance nationale, une électricité abondante, bon marché, et qui ne fait que très peu appel aux combustibles fossiles.
    La bulle de l’éolien dans le monde occidental.
    « Les énergies renouvelables doivent prouver à la fois leur insertion environnementale et leur performance économique. Les éoliennes ne franchissent aucune de ces deux conditions ».
    On ne saurait mieux résumer la situation que par cette déclaration, le 31 octobre 2012, de John Hayes, ministre de l’industrie de la Grande Bretagne.
    Plus de vingt ans après son apparition dans quelques pays pilotes voisins (l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne), après une décennie de développement massif dans d’autres pays, dont la France, on dispose aujourd’hui de tout le retour d’expérience nécessaire.
    Partout, au moins dans le monde occidental, l’éolien, qui ne peut absolument plus depuis une bonne dizaine d’années prétendre au statut de technique nouvelle dont il faut aider le lancement, ne subsiste que sous la perfusion d’aides massives : s’il est une opération particulièrement rentable pour les propriétaires d’éoliennes, il n’a toujours pas la moindre perspective de rentabilité intrinsèque.
    Alors qu’il avait été justifié par la nécessité de réduire  les émissions de CO2 (ou, ce qui revient à peu près au même, la consommation de combustibles fossiles), aucun des trois pays cités précédemment n’a obtenu sur ce point de résultats significatifs.
    L’Allemagne et le Danemark ont en outre des électricités parmi les plus chères d’Europe (environ le double de la France). Quant à l’Espagne, elle, pour des raisons économiques, elle a décidé en 2012 un moratoire pour la subvention de nouvelles installations – ce qui les a stoppées net.
    Ce qui limite de façon rédhibitoire l’intérêt de l’éolien, l’électricité n’étant pas stockable aux échelles concernées, c’est son caractère intrinsèquement très fortement fluctuant, y compris sur le court terme. On est aujourd’hui tout à fait en mesure, au vu de l’expérience acquise, d’apprécier ces limites : pour que, dans un pays donné, l’éolien permette d’économiser du combustible fossile, il faut tout d’abord, évidemment, que la part du thermique dans la production d’électricité soit importante, et l’éolien ne permet alors, au prix de coûts supplémentaires – et du mitage du territoire par une prolifération d’éoliennes – que de remplacer une faible partie de ce thermique (au maximum environ 20%, en pratique encore moins : probablement environ 10%°). D’où les résultats décevants des trois pays européens pilotes.
    Si la France diminue la part de son nucléaire, l’électricité nucléaire supprimée sera remplacée par du thermique et, quand le vent souffle, une partie du thermique sera remplacée par de l’éolien. Avec comme résultat un « mix énergétique » pas « vertueux » du tout : en quelque sorte, comme dans le pâté de cheval et d’alouette, on se retrouvera avec un cheval de thermique et une alouette d’éolien.
    L’exploitation des enregistrements des productions éoliennes a en outre permis de constater que, même dans la situation idéale où l’on pourrait, grâce à des réseaux électriques de capacité infinie, globaliser toute la production éolienne de l’Europe occidentale, le lissage ainsi permis (effet « de foisonnement ») ne supprimerait en aucune façon son caractère fondamentalement fluctuant : rien qui soit réellement significatif n’est donc à attendre du développement massif des réseaux que cela impliquerait. Cette étude a aussi montré que, très fâcheusement, en Europe, il n’y a en général pas de vent dans les périodes de grand froid, qui sont aussi les périodes de plus forte consommation.
    Plus rien de significatif n’est en outre à attendre du progrès technologique : on est très proche des rendements théoriques. Aucune réduction du coût n’est à espérer du facteur d’échelle : on est depuis longtemps dans la production de masse, et les seuls gains à attendre sont ceux résultant de la délocalisation de la production (qui est d’ailleurs en cours).
    Le développement massif de l’éolien dans la dernière décennie a donc toutes les caractéristiques d’une bulle – et une bulle finit toujours par crever.
    L’éolien en France : un scandale d’anthologie.
    Quant à la France, il était certain dès le début que l’éolien n’était pas susceptible d’y avoir le moindre intérêt, pour la simple raison que, du fait de l’importance du nucléaire, il n’y avait pour ainsi dire pas, en France continentale, de thermique à remplacer : la production thermique, très faible de toutes façons (10% environ), correspondait en majeure partie à un minimum incompressible, celui résultant des besoin de réguler les fluctuations rapides de la demande d’électricité (ce que ne peut faire le nucléaire).
    Pire encore, l’éolien étant fortement fluctuant sur le court terme (si une éolienne produit en moyenne 23% de sa puissance installée, cette production peut en quelques dizaines de minutes varier de 0 à 100%, ou l’inverse, et il y a en France obligation de l’introduire sur le réseau), il rajoute aux besoins de régulation résultant des variations de la demande d’électricité des besoins de régulation résultant de la variation de sa production, ce qui ne peut qu’augmenter l’appel au thermique.
    Des extensions du parc thermique et du réseau de transport d’électricité sont en outre inévitables pour permettre d’écouler la production d’électricité éolienne et de réguler ses fluctuations, tout cela en gardant le même niveau de sécurité (car l’éolien rajoute des aléas supplémentaires).
    Les fabricants d’éoliennes étant étrangers, l’éolien est en outre particulièrement pauvre en emplois permanents nationaux et désastreux pour la balance commerciale. On ne s’étendra pas ici sur l’évidente dégradation des paysages et les diverses nuisances et atteintes à l’environnement qui en résultent, lesquelles ne sont nullement négligeables.
    L’investissement dans l’éolien, qui permet des rendements garantis sur 15 ans de 20 à 40% après impôt, est par contre une excellente affaire. Il se trouve que de tels taux permettent en outre fort opportunément, tout en laissant aux promoteurs un bénéfice substantiel, de dégager des sommes considérables  pour l’investissement des médias, le lobbying à tous les niveaux politiques et gouvernementaux, l’assistance juridique, ainsi que pour des actions de nature à lever les réticences au niveau local. Avec en prime de voir, dans la presse locale, la mise en service d’un parc éolien saluée comme un geste pour l’humanité.
    Pourtant  les objectifs 2020 pour l’éolien du « Grenelle de l’environnement » 2010, définis en application de la directive 2009/28/CE, correspondent à un quasi quadruplement de la puissance installée (26 GW, au lieu de 7,2 GW fin 2012), et à un prélèvement sur la richesse nationale que l’on peut approximativement évaluer à 67,7 milliards d’euros, dont 12,1 milliards pour les installations réalisées avant fin 2012, et 55,6  milliards pour les installations après 2012. Ces coûts résultent à la fois de celui de l’éolien proprement dit et de la nécessité de construire des lignes électriques et des centrales thermiques supplémentaires.
    Pourtant, alors même que, malgré la divine surprise qu’a été Fukushima pour l’éolien, se multiplient à l’étranger des signes annonciateurs d’un éclatement de la bulle éolienne (d’où de drastiques réductions de surcapacités en cours chez tous les fabricants européens), il n’est absolument pas question de remettre en cause ces objectifs. Le récent livre vert de la Commission Européenne relatif à l’énergie et au climat à l’horizon 2030 ne fait pas apparaître le moindre changement de cap.
    Comment a-t-on donc pu en arriver là ?
    Les facteurs  clés ont été :
    – Le poids essentiel du rôle institutionnel de la Commission européenne, lequel a été gravé dans le marbre, à l’initiative du président Sarkozy, par le traité de Lisbonne. Ce traité a en outre supprimé le droit de veto, seul élément qui aurait pu rester de la souveraineté nationale.
    C’est ainsi que le Parlement français n’a jamais eu à statuer, et n’aura jamais à statuer, non seulement sur l’opportunité réelle de l’éolien, mais aussi sur celle des objectifs quantitatifs fixés par les directives européennes : son rôle est limité à détailler ces objectifs et à permettre leur mise en application.
    Un organisme comme la Cour des Comptes peut certes se poser de multiples questions sur l’éolien, mais ne peut pas non plus remettre en cause les points précédents, ce qui limite singulièrement l’impact potentiel de ses travaux.
    Découlant de directives européennes, qui se situent au sommet de la hiérarchie des textes, l’éolien, pour s’implanter en dépit des très nombreuses oppositions qu’il a rencontrées a pu en outre s’appuyer sur toute la machinerie administrative et judiciaire nationale et européenne (la Cour de Justice de l’Union Européenne jugeant en dernier ressort).
    Très logiquement, il est fait en permanence référence à ces directives par les partisans de l’éolien, ainsi que par tous les grands médias.
    Comment  d’ailleurs pourrait-on simplement les contester? Ne serait ce pas contester la compétence et l’objectivité d’un organisme qui a été investi de façon parfaitement légale de la mission de déterminer, en fonction du seul intérêt général, les grandes politiques de l’Union européenne, et qui dispose effectivement pour cela de services d’étude convenablement dotés ?
    – L’irresponsabilité de fait de cette Commission, en l’absence des deux gardes fous essentiels que sont le sentiment de l’intérêt national et la perspective d’avoir à rendre compte aux populations concernées.
    – Le poids démesuré qu’a ainsi pu acquérir, par son intermédiaire, une conjonction de mouvements écologistes plus ou moins manipulés, de très puissants lobbys, et d’intérêts industriels nationaux.
    En particulier, par un véritable tour de passe-passe, les directives concernées, en ne fixant réellement des objectifs quantitatifs que pour le développement des énergies renouvelables, ont fait de ce développement un objectif en soi, et le seul à prendre effectivement en compte.
    Evacuée, toute considération relative à l’efficacité réelle vis à vis de l’objectif affiché, la réduction des émissions de CO2 : cette dernière n’est plus en fait qu’un prétexte.
    Evacuée aussi, toute considération de coût.
    On est au cœur même de l’escroquerie, et du mécanisme totalitaire sur laquelle elle s’appuie.
    C’est ainsi que, depuis plus d’une décennie, la France, qui devrait être montrée en exemple vis à vis de ces deux critères fondamentaux, est en situation d’accusée, et l’Allemagne, dont les performances sont catastrophiques, en situation de nous donner des leçons. C’est ainsi que l’Allemagne nous est régulièrement présentée comme l’exemple à suivre, et la France comme un cancre laborieux, qui de plus avait commis l’erreur de se fourvoyer dans une voie sans avenir.
    – Le rôle des médias, les intérêts d’actionnaires et d’annonceurs puissants n’ayant guère eu d’ailleurs qu’à exploiter l’ignorance technique, la paresse, et le parti pris écolo-gauchisant de la plupart des journalistes, qui se limitent pour l’essentiel à relayer, aussi énormes soient elles, les contre-vérités délivrées par les directives européennes, l’organisme gouvernemental français qu’est l’ADEME, et les producteurs de renouvelables. Il n’y a pas que de la désinformation passive : l’occultation vis-à-vis du grand public de la situation réelle dans les pays pilotes de l’éolien, et plus généralement de ce qui n’est pas favorable à l’éolien dans le reste du monde, est à peu près systématique. Par exemple qui, parmi les lecteurs, a été informé de la déclaration de John Hayes ? Qui sait que l’Espagne, sous la pression de la crise, a décrété un moratoire sur les installations nouvelles ? Qui sait que 14 000 éoliennes rouillent actuellement aux Etats Unis ?
    Gageons aussi que si l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne avaient obtenu des résultats probants, on en aurait entendu parler !
    Soulignons que, le bon peuple étant tout de même bien conscient du fait qu’on a besoin d’électricité même lorsque le vent ne souffle pas, et ne voyant pas d’un regard très positif la multiplication des éoliennes dans le paysage, il ne s’agit en aucune façon de le persuader des vertus de l’éolien : il s’agit simplement, en cultivant son ignorance, en l’enfumant si nécessaire, de s’assurer de sa passivité.
    – La docilité (et parfois aussi la complicité) du gouvernement français, qui de toutes façons ne peut maîtriser ce qui se passe à Bruxelles, et dont le rôle institutionnel est limité à la mise en œuvre des directives concernées. Il lui restait tout de même la possibilité de retarder, voire d’enterrer, la mise en œuvre des directives concernées, tant elles étaient contraires à l’intérêt national.
    Force est de constater que, si aucun des objectifs fixés en 2001 par l’UE pour 2010 n’a été tenu, ni les gouvernements successifs, ni les deux partis politiques de l’alternance (qui malgré la grogne de quelques députés ont toujours voté ce qu’on leur demandait de voter), n’ont grand-chose à se reprocher : c’est uniquement en bout de chaîne, au niveau local, lorsqu’il a fallu enfin consulter les populations, qu’il y a eu des blocages.
    Et si le pire restait à venir pour la France ?
    - De la crise de l’éolien dans le monde il faut en effet attendre une pression accrue sur la France, qui présente l’intérêt exceptionnel d’être à la fois une cible fort intéressante, qui s’est privée de toute défense institutionnelle, et qui demeure aujourd’hui politiquement captive :
         . Le gouvernement français, qui milite pour une plus grande solidarité de l’Allemagne dans le cadre de la défense de l’euro, serait évidemment très mal placé pour se dissocier de sa politique énergétique, qui, axée sur un développement massif des renouvelables, suite à des considérations industrielles et de politique interne qui lui sont propres, est de plus dans le droit fil des directives européennes : l’Allemagne est aujourd’hui parfaitement fondée à considérer que sa démarche s’inscrit dans une démarche communautaire.
        . Il est en outre électoralement tributaire des écologistes. Il est donc tenu politiquement, tant au plan européen qu’au plan national, ainsi qu’en témoigne d’ailleurs, si besoin en était, les actes uniquement politiques qu’ont été l’annonce de l’objectif d’une réduction à 50% de la part du nucléaire en 2025, et celle de la décision de fermer Fessenheim. Rappelons  que, y compris pour Fessenheim,  le seul motif qui pourrait les justifier, la sécurité, n’a nullement été invoqué (si ce motif était justifié, ce serait d’ailleurs une sortie complète du nucléaire qu’il faudrait viser !), et seul reste en définitive l’argument, tout de même un peu léger, qu’il n’est pas normal que la France ait beaucoup plus de nucléaire que les autres.
    – Il se trouve qu’une analyse un peu attentive montre qu’il est justement stratégique, pour la poursuite du développement massif de l’éolien en France, ainsi d’ailleurs que pour participer à l’écoulement de l’éolien allemand, qu’une part importante du nucléaire français soit remplacé par du thermique, seul capable de suivre les fluctuations de l’éolien.
    En fait, ce qu’il suffit d’obtenir, c’est simplement la suppression d’une partie du nucléaire, car la puissance installée nucléaire supprimée ne pourra de toute façon n’être remplacée que par une puissance installée thermique équivalente (il faut bien qu’il y ait de l’électricité même lorsque le vent ne souffle pas !)
    Rien ne semble réellement arrêté pour le moment.
    On sent bien toutefois que, pour faire passer la suppression de centrales nucléaires, il est fondamental que demeure masquée à l’opinion publique le fait que leur production électrique devra pour l’essentiel être remplacée par de l’électricité d’origine thermique, avec comme conséquences évidentes, même pour l’homme de la rue, une augmentation massive de la consommation de combustible fossile et des émissions de CO2, du coût de l’électricité, et, les combustibles fossiles étant tous importés, d’une réduction considérable de l’indépendance énergétique nationale.
    Les considérations actuelles relatives à la « transition énergétique », qui visent à faire croire que l’on pourrait, grâce aux renouvelables, sortir du nucléaire de façon « propre », sont au cœur d’une véritable stratégie d’enfumage.
    Dire par exemple que l’on pourra remédier à l’intermittence de l’éolien (ou du solaire) par de nouveaux moyens de stockage, ou, en agissant sur la consommation,  par l’utilisation de « réseaux intelligents » (les « smart grids »…), ce n’est pas seulement irréaliste : c’est  un élément de cette stratégie d’enfumage, car il est strictement impossible d’ignorer que les ordres de grandeur  ne peuvent absolument pas y être.
    – Si le contexte institutionnel et politique actuel se maintient, et en l’absence de réaction de rejet de l’opinion publique qui obligerait le gouvernement à décider un moratoire, plus  rien ne s’oppose vraiment, dans la mesure où des investisseurs en feront la demande, à la poursuite de l’implantation massive d’éoliennes en France à concurrence des objectifs 2020 :
        . L’implantation d’éoliennes est maintenant largement dérèglementée. En droit, il s’agit d’une opération d’intérêt public. Une demande d’implantation (dont l’acceptation vaut aussi obligation pour la nation de faire en sorte que, pendant quinze ans pour l’éolien terrestre, toute l’électricité produite soit achetée à prix garanti et injectée sur le réseau, les conséquences de cette injection devant en outre être assumées), ne peut donc être refusée que pour des motifs biens délimités.
        Au fil des années, et tout particulièrement suite notamment à la récente loi Brottes, la plupart de ces motifs ont été supprimés.
      .  Son financement, qui pour l’essentiel est assuré par le consommateur d’électricité (de façon d’ailleurs largement masquée),  est à peu près totalement neutre vis-à-vis du budget de l’état et de la dette publique : aucun des mécanismes de contrôle et de gestion budgétaire n’est donc susceptible de le remettre en cause. Ce n’aurait pas été le cas si, comme dans le cas de l’Espagne, l’aide avait explicitement résulté de subventions étatiques, dont il a bien fallu reconsidérer l’utilité réelle.
        Rien ne s’oppose donc vraiment à ce que, aux sacrifices imposés aux Français dans le cadre de la politique d’austérité associée à l’euro, continuent à s’ajouter, de façon même accrue, dans le cadre des directives européennes relatives à l’énergie, des sacrifices pour le financement de l’éolien, au seul profit d’intérêts qui ne sont assurément pas ceux de la nation.
    – Il demeure toutefois un obstacle sérieux : l’implantation aux échelles visées de nouvelles éoliennes passe par d’importantes extensions du réseau électrique français.
    Il reste donc pour cela à faire passer leur financement ainsi que les allègements de procédure nécessaires pour qu’elles arrivent à temps (car si le terrain administrativo-juridique est aujourd’hui largement déblayé pour l’installation d’éoliennes, il ne l’est pas pour celle de lignes à très haute tension).
    Ceci est stratégique pour l’éolien, car il y va non seulement de la poursuite de son développement, mais aussi de sa pérennisation.
    Car si la durée de vie d’une éolienne est limitée (une vingtaine d’années), et celle de l’obligation d’achat à prix garanti de l’électricité produite encore plus (15 ans), celle d’une ligne électrique qui n’aurait jamais été construite sans l’introduction de l’éolien ne l’est pas. Après qu’une telle ligne ait été justifiée par la nécessité de prendre en compte des éoliennes pourtant inutiles, parions qu’elle servira de justification, à l’horizon plus tellement lointain où les quinze années seront échues, à leur remplacement par de nouvelles éoliennes tout autant inutiles que les précédentes.
    Actuellement la Commission Européenne met justement  un accent particulier sur  la construction des lignes électriques spécifiquement nécessitées par l’éolien.
    Et si l’on rêvait un peu ?
    Si le gouvernement, en invoquant les difficultés de la France, qui semblent tout de même bien réelles, indiquait qu’il a vraiment d’autres priorités à prendre en compte que la coûteuse poursuite de l’implantation d’éoliennes, pour un bénéfice qui semble pour le moins douteux ?
    S’il décrétait donc, comme l’a fait l’Espagne, un moratoire sur toutes les installations nouvelles?
    S’il se refusait à construire des extensions du réseau électrique uniquement justifiées par une prise en compte de l’éolien, qu’il s’agisse de l’éolien français ou de celui des pays limitrophes?
    S’il autorisait légalement le refus de connexion au réseau d’éoliennes lorsqu’un afflux d’électricité éolienne est estimé poser des problèmes, quitte, pour respecter les engagements pris à l’égard des producteurs, à leur payer l’électricité qu’ils n’ont pas produite (à noter que l’Allemagne a été contrainte de prendre une telle mesure) ?
    S’il faisait remarquer que, le nucléaire ne pouvant être remplacé que par du thermique, sortir du nucléaire n’est pas finalement une bonne idée ?
    Et si, pendant que l’on y est, l’on poussait  le rêve encore un peu plus loin ?
    Dans le domaine de la production d’électricité  la France est encore malgré tout en position d’être totalement maîtresse de sa situation, laquelle est particulièrement privilégiée: indépendance, prix inférieurs de 30% à la moyenne européenne (et environ moitié des prix dans les pays pilotes de l’éolien que sont le Danemark et  l’Allemagne), production à peu près totalement décarbonée, ce qui dans le monde place la France, avec 6 tonnes de CO2 par an et par habitant, en tête de tous les pays développés (10 t pour le Danemark et l’Allemagne).
    Et si donc, tout simplement, le gouvernement indiquait que la France, au nom de son intérêt propre, bien sûr, mais aussi au nom de l’intérêt bien compris du reste du monde, Europe y compris (cela ne responsabiliserait il pas les autres gouvernements ?), se refusait à poursuivre en quoi que ce soit les aberrations actuelles, et ignorerait donc, autant que ce sera nécessaire, les dispositions résultant de l’infernal piège institutionnel dans lequel ses prédécesseurs ont plongé la France, contre pourtant l’avis du peuple français exprimé par référendum le 29 mai 2005?
    Parions qu’il aurait alors l’appui de l’immense majorité de la population française.
    Cette étude ne prend pas en compte le solaire, qui relève de la même philosophie que l’éolien, et qui pose le même type de problèmes. Toutefois, d’une part les intérêts liés au solaire sont beaucoup plus divisés, et moins influents, et d’autre part le solaire produisant  beaucoup moins d’électricité, les problèmes résultant de son injection sur le réseau ne sont pas du même ordre de grandeur.
     J. d’Antraigues, 28/01/20
    http://www.polemia.com/larnaque-de-leolien-le-pillage-de-la-france-synthese/

  • Myret Zaki épingle les rois de l’évasion fiscale

    Entretien diffusé le 30/01/2014 avec Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan, bimensuel économique suisse et Noël Pons, ancien inspecteur des impôts, spécialiste de la fraude fiscale.

    Depuis 2008, l’Union des Banques Suisses est accusée d’avoir joué un rôle non négligeable dans la crise financière. Et les nuages continuent de s’accumuler. Myret Zaki précise que les attaques sur les banques suisses sont très nombreuses, alors qu’on estime à 400 milliards d’euros les avoirs offshore des banques françaises. Mais pas un mot de la part des autorités françaises à ce sujet…

    Myret Zaki indique également que les structures anglo-saxonnes sont aujourd’hui beaucoup plus efficaces que le secret bancaire suisse pour s’évader fiscalement, via des trusts anglo-saxons, des sociétés offshore, des paradis fiscaux de droit anglo-saxon, etc.

    Aujourd’hui 15 000 milliards de dollars de fortune sont cachés dans des trusts et des structures offshore.“ Si des banques se retrouvent devant la justice, “le montant des amendes est insignifiant” si on le compare avec les bénéfices d’une banque comme UBS, qui peuvent avoisiner les 20 milliards de dollars…

    Le Lichtenstein, la Suisse et le Luxembourg seraient “un petit peu sortis du marché de l’évasion fiscale suite à ces scandales et ces attaques qu’ils ont subis“. Mais pour faire de l’évasion fiscale, “eh bien il reste les États-Unis, les Caraïbes, Londres et ces dépendances de la couronne qui capturent aujourd’hui tout le marché de l’évasion fiscale, quasiment, grâce à ces structures, que seuls les richissimes peuvent s’offrir, puisqu’un trust vraiment opaque et hermétique au fisc des États, cela coûte très cher…

    Noël Pons rappelle l’importance du rôle des prestataires dans le circuit de l’évasion fiscale: conseils, avocats, notaires, services comptables, intermédiaires bancaires… Sont également évoqués : Antoine Peillon, Hervé Falciani, l’Affaire Wildenstein, etc.

    http://fortune.fdesouche.com/327646-myret-zaki-epingle-les-rois-de-levasion-fiscale#more-327646

  • Le malaise paysan

    Une étude récente menée en France démontre que les suicides chez les agriculteurs sont effectivement plus nombreux que dans le reste de la population. Crise économique, problèmes financiers, isolement poussent de plus en plus d’agriculteurs à la dépression et au suicide.

    L’enquête de l’Institut de veille sanitaire révèle que 500 agriculteurs se sont suicidés entre 2007 et 2009. Sans doute plus car beaucoup de suicides sont classés comme accident. Un phénomène qui ne touche pas que la France.

    C’est un chiffre qui fait froid dans le dos : tous les deux jours dans les campagnes françaises un agriculteur se donne la mort. Une statistique macabre que l’on doit à une étude très sérieuse de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) publiée en octobre dernier.
    Les chercheurs ont planché sur la période 2007-2009 et ont dénombré 500 suicides chez les paysans sur ces trois années. Tout le monde en France se doutait de la détresse qui règne chez les exploitants agricoles mais c’est la première fois que des statistiques précises viennent le démontrer.

    Phénomène mondial

    La France n’est pas le seul pays où les paysans se suicident plus que le reste de la population. Même s’il n’existe pas d’études comme celle menée par l’InVS, les autorités britanniques par exemple classent les “farmers” dans les populations à haut risque en matière de suicide. Les paysans britanniques se suicident deux à trois fois plus que la population générale.

    Aux États-Unis aussi les fermiers sont touchés. Il n’existe pas là bas non plus de statistiques officielles car les États ne font pas forcément de distinctions des suicides selon la profession. Un contre-exemple : le Colorado. Ces cinq dernières années les autorités sanitaires y ont enregistré 4012 suicides parmi lesquels on dénombrait 53 paysans. Soit plus de 1% des suicides alors que les fermiers représentent moins de 1% de la population au Colorado.

    Le triste record de l’Inde

    Mais quand on parle de suicide dans le monde paysan on pense surtout à l’Inde. Entre 1995 et 2010 plus de 250 000 fermiers se sont donné la mort. Cela signifie que toutes les 30 minutes environ un agriculteur indien se suicide. Rien que dans l’état le plus riche d’Inde, le Maharashtra dont la capitale est Bombay, 50 000 paysans se sont suicidés sur la période 1995-2010.

    http://fortune.fdesouche.com/327652-le-malaise-paysan#more-327652

  • « Crise financière/ Pourquoi les gouvernements ne font rien/ Un banquier sort du silence » de Jean-Michel Naulot

    Crise financière – Combien de Fukushima dans le tuyau ?
    Les grands médias et la télé de ce pays font depuis plusieurs mois plutôt dans l’optimisme prudent : hors zone euro, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon ont laissé largement ouvertes les vannes du crédit, améliorant perspectives de croissance, d’emploi et de déficit budgétaire ; même dans la zone euro, plus restrictive en termes de politiques monétaire et budgétaire en raison d’un « conservatisme allemand » qu’on déplore plus ou moins discrètement selon les sensibilités, on constate un début de sortie de crise pour plusieurs pays européens du Sud en voie de rétablir leur compétitivité externe et leur balance commerciale, une légère amélioration des perspectives de croissance pour la quasi-totalité des pays de l’Union, une remarquable sagesse des taux obligataires français et européens, des bourses relativement florissantes, avec pour la France un CAC qui caracole gaillardement autour des 4200 points présentés comme une performance, une union bancaire qui progresse. Le sentiment vendu au public est que le plus dur est passé, que la crise est derrière nous, que les efforts commencent à payer, et que, d’ici quelques années, il n’y paraîtra plus.
    Une lecture un peu fine de certains médias révèle une situation, au minimum, beaucoup plus nuancée, voire franchement alarmante.
    Une inquiétude perce : les performances américaine, britannique, japonaise sont financées, encore et encore, à crédit, c’est-à-dire sur la base de la poursuite des politiques qui ont conduit le monde au bord du gouffre lors de la crise des subprimes. A titre d’exemple parmi beaucoup d’autres, divers organes de presse présentaient à mi-décembre 2013 une étude du Cabinet AlphaValue intitulée « Quelles banques sont des Fukushima en puissance ? ». Cette alerte redonnait une actualité à un livre  paru en octobre 2013 aux éditions du Seuil, écrit par un banquier, Jean-Michel Naulot, intitulé Crise financière/ Pourquoi les gouvernements ne font rien/ Un banquier sort du silence.
    Ce livre sans chichis, clair, raisonnable, sans passion idéologique, donne froid dans le dos. Le présent article s’efforce de résumer les grands thèmes de ce livre et leur évolution récente et d’en tirer quelques réflexions sur l’Europe.
    Quels problèmes ?

    1.     Depuis le péché originel du 15 août 1971 qui a mis à bas le système de Bretton Woods et enclenché l’ère des déficits non maîtrisés, des changes variables et de la marchéisation tous azimuts, rien ne va plus : surfant sur une vague puissante et généralisée de déréglementation sur fond de progrès techniques accélérés en matière de télécommunications, une innovation financière bourgeonnante a créé une série illimitée de structures (hedge funds, dark pools), de pratiques (trading à haute fréquence) et de produits aux activités et noms ésotériques: credit default swaps (CDS), collaterized debt obligations (CDO), exchange-traded funds (ETF), contracts for difference (CFD), swaps, fonds à formule, droits carbone, etc.
    2.     Ces instruments financiers appelés « produits dérivés », nés au départ pour couvrir des risques de producteurs ou agents économiques agricoles ou industriels liés à l’évolution du prix d’un sous-jacent (action, obligation, monnaie, taux, indice, matière première, etc.), ont très vite été détournés par les banques à des fins de spéculation, donnant naissance à des transactions sans possession préalable du sous-jacent (produits « nus »).
    3.     Ces produits ont connu tout au long des années 1990 et jusqu’à la crise des subprimes un développement fulgurant, sans contrôle, dans des marchés essentiellement opaques et de gré à gré. L’empilement anarchique des transactions, aggravé par une réglementation bancaire à la fois tatillonne et pernicieuse (Bâle II, 2004) et l’irresponsabilité de certaines politiques publiques, a produit une complexité, une opacité et une fragilité systémique du système débouchant directement en 2007 sur la crise des subprimes.
    4.     La panique immense provoquée par l’éclatement de cette crise avait débouché, au G20 de Londres d’avril 2009, sur une réaction de bon sens de reprise en mains par les politiques : étaient visés institutions, produits dérivés, fonds propres des banques, hedge funds, paradis fiscaux, rémunérations, agences de notation, règles comptables, matières premières. Vaste programme !
    5.     Malgré quelques avancées initiales, notamment aux Etats-Unis (Dodd-Frank Act, juillet 2010), en Grande-Bretagne (rapport Vickers) et en Europe depuis la nomination de Michel Barnier début 2010 au poste de commissaire au marché intérieur et aux services financiers, la régulation financière reste très partielle et insuffisante. Selon Naulot, à mi-2013, c’est seulement 25 et 34% du chemin qui étaient parcourus, respectivement aux Etats-Unis et en Europe. Loin d’avoir diminué, la financiarisation de l’économie a continué à progresser. La bulle spéculative et la centrale nucléaire financière gardent de beaux jours devant elles.
    6.     Les actifs « pourris » achetés par les banques centrales ont atteint, dans tous les grands pays, une taille telle (25 à 30% du PIB) qu’elles nécessiteront, un jour ou l’autre, une recapitalisation par les Etats déjà surendettés. Les Etats sauvés par leurs banques centrales devront sauver ces dernières. On tourne en rond dans un mouvement brownien à très haut risque.
    7.     Quant aux encours de produits dérivés, on constate qu’au premier semestre 2013 leur valeur notionnelle (faciale) dépassait son niveau d’avant la crise des subprimes (693.000 milliards de dollars, soit 10 fois le PIB mondial). L’encours de produits dérivés de BNP Paribas (45.300 milliards de dollars) égale à lui seul 23 fois le PIB français. « La finance mondiale est devenue une énorme centrale financière bâtie en dehors de toutes normes de sécurité (…) Le quasi-immobilisme des dirigeants politiques fait peser sur le monde la menace de nouvelles catastrophes. Car les principaux foyers de crise sont toujours actifs. La bulle spéculative continue de croître, les banques centrales inondent le monde de liquidités, et les gouvernements s’endettent chaque jour davantage. L’Amérique vit depuis bientôt un demi-siècle à crédit. Elle a une dette publique et privée vertigineuse. Quant à l’Europe, qui a la chance d’avoir un modèle social fondé sur les valeurs de solidarité, elle est loin d’avoir trouvé une issue à la crise de l’euro. »

    Que faire ?
    Le G20 de Londres a montré qu’en période de danger imminent une sorte d’union sacrée pouvait, par réflexe de survie, produire un consensus réformateur puissant et profond. L’idéologie, les divergences d’intérêt, l’action des lobbies, la difficulté d’impulser des changements souvent traumatisants viennent ensuite éroder la volonté réformatrice. Reste qu’une ligne réformatrice ferme, constante, volontaire, impatiente et tenace reste nécessaire, car l’avenir de la France et de l’Europe en dépend. Nombre de réformes, quoique de nature très technique, ne donnent pas lieu à consensus en raison de leur impact économique et de l’hétérogénéité des intérêts entre blocs monétaires, mais aussi à l’intérieur des 28 et de la zone euro. D’autres réformes sont de nature plus politique et ajoutent au handicap de leur coût économique celui de l’idéologie. On esquissera ci-dessous quelques pistes, assez ou parfois même très audacieuses, largement inspirées du chapitre 4 du livre de Naulot :

    1.     Les quatre nouvelles autorités européennes de supervision (ESMA pour les marchés financiers, EBA pour les banques, EIOPA pour les assurances, ESRB pour le risque systémique) doivent recevoir tous les moyens et appuis nécessaires à leur pleine efficacité. Elles doivent également être protégées de l’intérieur de deux dangers : d’une part, le travail de lobbying interne des Anglais, dont les intérêts ne coïncident manifestement pas en ce domaine avec ceux de l’Europe consolidée ; d’autre part, la résistance des autorités de régulation nationales défenseuses de leur propre boutique (la fameuse « compétitivité de place »). Dans ce domaine-là comme dans d’autres, l’intérêt collectif doit absolument primer sur les intérêts nationaux particuliers. Qu’on aime le nom ou pas, cela s’appelle plus de fédéralisme.
    2.     Les marchés dérivés, ces « armes de destruction massive » selon le grand ennemi du capital qu’est Warren Buffet, doivent absolument rentrer dans le rang, à coups de lattes s’il le faut ! A tout le moins, une inversion de la proportion de contrats passés sur des plateformes organisées et transparentes (actuellement 10%) et sur contrats OTC (de gré à gré, actuellement 90%) doit être imposée dans des délais rapides, sécurité du monde entier exige. Mais il faut aller beaucoup, beaucoup plus loin, dans toutes sortes de directions (établissement de normes obligatoires par le régulateur, déclaration de tous les produits, fixation d’appels de marge, exigence de capitaux réglementaires comme en matière de crédit, etc.).
    3.     L’indépendance des banques centrales représente certainement un progrès par rapport à la situation antérieure du « tout politique », mais la dépendance inverse envers les marchés est un écueil sérieux qui mérite réflexion. Et le pilotage par la BCE du sauvetage des Etats européens du Sud pose à terme problème, comme l’ont fait clairement (et paradoxalement) remarquer la Cour constitutionnelle allemande et la Bundesbank.
    4.     Donnons acte à Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur, du travail accompli, malgré les oppositions très vives non seulement des lobbies, mais également des gouvernements, gourmands de compromis sur base d’intérêts différents et parfois divergents, City oblige ! Par exemple, depuis novembre 2012, il est interdit en Europe d’acheter des CDS souverains sans détenir de la dette souveraine. Comme suggéré par Naulot, il faut aller plus loin et étendre cette interdiction à toutes les catégories de dettes, en faire exclusivement un produit de couverture. Voire, ce qui serait beaucoup plus satisfaisant, efficace et radical, interdire tout simplement ce marché. Voilà un objectif ambitieux pour l’Europe ! Mais il faudra pour cela marcher sur le corps des Anglais !
    5.     Le shadow banking, ou finance de l’ombre, regroupant un ensemble très hétéroclite d’activités peu ou pas réglementées (fonds des paradis fiscaux, hedge funds, prime brokerage, prêts-emprunts de titres, certaines formes de titrisation), qui représente entre un quart et la moitié de la finance mondiale, doit faire l’objet d’une réglementation, par nature mondiale. La priorité est, bien sûr, à la maîtrise des hedge funds, les plus dangereux. Ceci apparaît certes comme une gageure, mais une doctrine doublée d’un engagement ferme de l’Europe sur ce point serait une avancée. Gros bémol : même commentaire que le précédent concernant les Anglais !
    6.     D’autres chantiers techniques doivent être poursuivis, approfondis et menés à bien malgré les oppositions: réglementation des ventes à découvert, limitation du rôle des banques sur les marchés de matières premières à l’apport de liquidités et à la couverture des opérations de couverture de leurs clients industriels, réduction des « dark pools », MTF (multilateral trade facilities) et autres transactions de gré à gré portant gravement atteinte à la lisibilité des marchés, encadrement ou interdiction pure et simple du trading à haute fréquence, définition de normes comptables européennes inspirées des normes IFRS, encadrement  et responsabilisation des agences de notation.
    7.     Un petit nombre de pistes de réforme envisagées au G20 de Londres, à cheval entre le technique et le politique en raison soit de leur nature, soit de leur importance économique, ont peu ou pas progressé en cinq ans : citons, par exemple, la Taxe sur les transactions financières (Taxe Tobin, également désignée comme « l’Arlésienne de la régulation financière »), l’harmonisation fiscale à l’intérieur de l’Union, ou les paradis fiscaux. Ces problèmes sont par nature internationaux, donc difficiles à traiter hors situation de panique collective comme en 2008. Dans ces domaines en particulier, un début de progrès ne saurait se concevoir que dans le cadre européen.

    Que faut-il retenir de ce qui précède ? Essentiellement trois points, plus une semi-boutade :

    •     Le premier, simple et de bon sens, mais essentiel, est repris du texte de Naulot : « Le capitalisme est certainement le moins mauvais des systèmes, mais à une condition, c’est qu’il soit encadré et conduit par une autorité publique forte, par un peu d’éthique ou simplement par un minimum d’instinct de survie ». Le libéralisme et les marchés sont des outils, pas des dogmes, ni même des objectifs en soi. Politique d’abord.
    •      L’Occident hors zone euro (essentiellement Etats-Unis, Grande-Bretagne et Japon) a repris, sans presque rien y changer, ses politiques monétaire et budgétaire expansionnistes, celles-là mêmes qui avaient mis le monde entier au bord du gouffre avec la crise des subprimes. Les encours de dérivés, cette morphine financière, atteignent à nouveau des plus hauts historiques. La réduction des déficits budgétaires et commerciaux ne fait que commencer. L’issue de ces paris gigantesques est incertaine. Le risque systémique subsiste. Le lâche soulagement qui envahit l’Occident écarte momentanément critiques et soucis de l’avenir à moyen terme. Mais le risque de Fukushima monétaires, financiers et bancaires plane au-dessus de nos têtes, plus que jamais, et cette fois sans gilets de sauvetage monétaires et budgétaires.
    •     La situation en zone euro est la suivante : en théorie, considérée macro-économiquement et globalement, celle-ci a, au moins autant que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou le Japon, les moyens d’une politique monétaire, budgétaire et économique expansionniste. Mais elle ne le veut pas, en raison du manque de confiance et de solidarité et de la profonde hétérogénéité des situations, perspectives et politiques nationales. La nature ayant horreur du vide, la BCE a pris un poids et une autorité qui l’amènent à dicter ses conditions à certains Etats-membres en état virtuel de cessation de paiement. Cette situation est à court terme la moins mauvaise possible, mais n’est pas tenable à terme. Deux solutions seulement existent à moyen terme : un divorce à l’amiable, ou beaucoup plus de fédéralisme, de budget communautaire et de transferts publics. Pour l’auteur de ces lignes, la première voie est celle de l’évitement, du lâche soulagement, de la marche ratée et du déclin pour cent ans ; la seconde, même longue et difficile, est, bien évidemment, celle du destin européen.
    •     La semi-boutade pour finir : L’Europe des 28 est tiraillée entre pays membres et non-membres de la zone euro, et aussi à l’intérieur de cette dernière entre pays du  «Nord » et du « Sud ». Cette hétérogénéité n’est pas soutenable à terme. L’heure de vérité pour l’Europe approche. Pour aider à frayer une voie, un souhait, peut-être : que Mr Cameron nous fasse demain le cadeau d’un référendum qui sortirait, provisoirement peut-être parce que contre-productivement sans doute, la Grande-Bretagne d’un ensemble où elle joue par trop perso.

    Jacques Delimoges 31/01/2014
    Jean-Michel Naulot, Crise financière/ Pourquoi les gouvernements ne font rien/ Un banquier sort du silence, Seuil, octobre 2013, 288 pages.
    http://www.polemia.com/crise-financiere-pourquoi-les-gouvernements-ne-font-rien-un-banquier-sort-du-silence-de-jean-michel-naulot/

  • Le centre a des idées : travailler plus pour gagner moins

    La révolution centriste, personne n’avait encore osé faire le coup...

    C’est un véritable pavé dans la mare : le centre aurait des idées et Hervé Morin en serait même l’auteur. Pas Christian Morin le fameux clarinettiste, non, Hervé, celui qui joue du « violon » pour endormir les électeurs.

    Il paraîtrait que pour relancer la croissance et créer un véritable boom économique, il faudrait repasser à 39 heures mais payées 35. Une idée géniale qui va faire du bruit dans le landerneau des « travailleurs ». Martine Aubry avait bien inventé les 35 heures payées 35 : à ce moment-là, les syndicats criaient victoire sans se rendre compte que le pouvoir d’achat baisserait de plus de 10 %. Bien sûr, pas pour les syndiqués de la fonction publique qui sont tout de suite montés au créneau pour affirmer : « 35 heures, oui, mais payées 39 ! »

    Lire la suite