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économie et finance - Page 802

  • Olivier Delamarche : « Arrêtons de parler de reprise du marché immobilier »

    Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 12 mars 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

    « L’Etat américain finance le tout petit peu de croissance. En Chine, on annonce +21% d’exportations sauf que les importations diminuent partout, où sont passés les bateaux ? Le mieux du marché immobilier est un gag. »

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  • Banques : Des bonus qui ne passent plus

    Les aides astronomiques consenties aux banques européennes n’ayant pas permis de relancer la croissance, le climat change en Europe. La grogne monte contre les abus du secteur privé. L’opinion a soif de vengeance et les banquiers ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, écrit un chroniqueur britannique.

    Les paysans se soulèvent dans toute l’Europe. C’est après les banquiers qu’ils en ont, et ils ne plaisantent pas. Jusqu’à présent, la crise du crédit a suscité réprobation et perplexité. Les banques ont réussi à persuader le monde entier qu’il s’agissait d’un coup du sort. De fait, elles étaient “too big to fail” et leurs dirigeants trop irréprochables pour expier leurs fautes. En quatre ans, les banques britanniques ont reçu près de 500 milliards d’euros en fonds publics et en papier-monnaie. Elles ont remonté la pente, comme de bien entendu, et sont restées riches, tandis que tout le monde s’appauvrissait.

    La colère gronde. Ni le secteur bancaire, ni le gouvernement n’ont été capables de redresser la situation. Les gens ont soif de vengeance, et contre toute attente, c’est le Parlement européen qui leur permet de l’assouvir en déclarant que les banquiers européens ne pourront pas percevoir de bonus supérieurs à leur salaire – ou deux fois supérieurs à celui-ci s’ils obtiennent le feu vert des actionnaires. Une disposition valable partout et pour tout banquier étranger travaillant au sein de l’UE.

    La cause britannique perdue d’avance

    Dans le même temps, un référendum suisse exige dorénavant des cadres supérieurs qu’ils soumettent leurs revenus à l’assentiment de leurs actionnaires et interdit les primes de bienvenue et de départ. Les Pays-Bas envisagent un plafonnement plus drastique des bonus à 20%. Même la Grande-Bretagne, pourtant réputée pour son laisser-faire, a vu la National Association of Pension Funds inviter les conseils d’administration à limiter la hausse des rémunérations des cadres à l’inflation.

    Naguère tout-puissant, le lobby bancaire européen a presque été mis à genoux par l’ampleur du scandale. Le gouvernement allemand a cédé au Parlement européen sous la pression de l’opposition social-démocrate, après que la Deutsche Bank a privé de 40 millions d’euros de bonus l’un de ses traders impliqués dans le scandale du Libor, ce qui laissait supposer un montant de départ vertigineux. En Suisse, la campagne [contre les rémunérations abusives] s’est mise en branle lorsque le groupe pharmaceutique Novartis a fait à son directeur un cadeau de départ de 58 millions d’euros. Pas moins de 68% des Suisses ont voté en faveur des nouvelles restrictions.

    Il n’y a qu’en Grande-Bretagne que les ministres sont à la botte des banquiers. Le mois dernier, les dirigeants de RBS ont écarté leur actionnaire public et se sont octroyé 700 millions d’euros de bonus après avoir déclaré près de 6 milliards d’euros de pertes. Le groupe Lloyd, dont les résultats sont en berne, a puisé dans ses caisses pour offrir des gratifications à ses cadres supérieurs pour un montant total de 420 millions d’euros. Epinglé pour blanchiment, le groupe HSBC a fait savoir que 78 de ses cadres londoniens empocheraient plus d’un million d’euros chacun. Tous affirment que les bonus ne sont liés, ni aux amendes, ni aux pertes, mais ils ont toujours tenu ce discours. George Osborne a été humilié à Bruxelles ce mardi en se voyant contraint de plaider en faveur de leur cause perdue d’avance.

    Bonus astronomiques : du vol ?

    L’année dernière, le “Printemps des actionnaires” de la City, très attendu, a fait long feu. Le tollé provoqué par les rémunérations accordées aux cadres [du groupe de communication] WPP, de Barclays, [du groupe de presse] Trinity Mirror et d’autres, a eu des répercussions limitées. Alors que le niveau général des revenus stagnait, celui des cadres bondissait de 12%.

    Les sondages d’opinion montrent que le grand public est très majoritairement hostile aux rémunérations excessives. Seuls le gouvernement et le maire de Londres défendent les super-riches contre une opinion remontée. Cette fronde populaire est la preuve que même les ministres britanniques ne peuvent pas défier l’opinion indéfiniment.

    La vérité est que les banques ont laissé ce désir de vengeance monter pendant plus de quatre ans sans s’en préoccuper. Depuis les années 1980 et la libéralisation de la finance, la profession s’est mis dans les poches des sommes mirobolantes, sans commune mesure avec les pratiques en vigueur dans les autres secteurs de l’économie.

    Ces rémunérations étaient sans rapport avec le marché, hormis au sein d’un groupe restreint de traders de haut rang. Les banquiers modernes tirent leur “rente économique” de l’exploitation de cartels oligopolistiques au sein des services financiers, tout en tenant les actionnaires à distance.

    Les bonus astronomiques des traders sont des rendements asymétriques qui reviennent en réalité aux déposants et aux actionnaires, dont l’argent supporte les risques. Dans tout autre secteur, de telles gratifications seraient considérées par l’entreprise comme du vol.

    Pas de remords

    Aucun syndicat ne défend plus farouchement ses intérêts que celui des métiers privilégiés. Nous en avons eu un exemple cette semaine avec les avocats : supprimez les largesses dont ils bénéficient, et ils menacent de s’en prendre aux pauvres, à l’économie, au gouvernement, à tout le monde.

    Les banques clament haut et fort que le plafonnement des bonus entraînera la délocalisation de leurs activités “à l’étranger”. Cela semble exagéré. Pour autant, les restrictions de l’UE pourraient provoquer un début d’émigration des traders de haut rang d’une Europe surréglementée vers les Amériques et l’Asie.

    Ce ne serait pas à proprement parler une bonne nouvelle pour la Grande-Bretagne: la finance est le secteur qui a connu la plus forte expansion au cours de ce dernier quart de siècle. Mais il est probable que seules les activités les plus toxiques partiront, ce qui ne serait pas une grande perte.

    Quoi qu’il en soit, les banques ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes. Elles ont voulu voler trop près du soleil et l’ire [du peuple] a fait fondre leurs ailes dorées. Elles n’ont qu’une excuse.

    La cupidité de la City n’était rien comparée à l’insanité de la Banque d’Angleterre et du ministère des Finances, qui ont accepté d’ouvrir leurs caisses. Jamais, dans l’histoire de l’économie britannique, on n’aura jeté autant d’argent par la fenêtre pour une cause aussi vaine. Et toujours sans l’ombre d’un remords.

    presseurop  http://fortune.fdesouche.com

  • Les vraies « zones défavorisées » ce sont les campagnes

    Le 14 septembre, lors de l'ouverture du Salon de l'Elevage à Rennes, la tension qui ne cesse de croître à l'intérieur du monde agricole s'est traduite par une opposition violente entre adhérents des différentes chapelles syndicales. Dans ce contexte tumultueux difficile à maîtriser et risquant d'affaiblir l'hégémonique Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA) et son appendice activiste le Centre National des Jeunes Agriculteurs (CNJA), qui gèrent pour l'Etat depuis un demi-siècle la dépossession paysanne de ce pays, le ministre de l'Agriculture tenta d'éviter le drame en ayant recours à l'habituel procédé de la subvention. En l'occurrence 30 millions d'euros d'urgence et 300 millions supplémentaires à distribuer dans les trois prochaines années. Bruno Le Maire, Parisien qui a fait toute sa carrière dans les Affaires étrangères au côté de Villepin, Iui-même pas plus estimé dans les campagnes que ne l'est Sarkozy, est socialement, culturellement, intellectuellement tout ce que déteste le monde rural. Où l'on a de longue date appris à se méfier des fiers-à-bras parlant pointu, diplômés de Lettres Modernes, de Sciences-Pô Paris et de l'ENA.
    Ce qui a surpris beaucoup d'observateurs dans les événements de Rennes aura été la violence exercée par les adhérents de coordinations corporatives contre les représentants du syndicat majoritaire. Une fronde qui, paraissant enfin au grand jour, ne pourra aller qu'en s'aggravant et tôt ou tard explosera dans les terroirs exsangues où les cataplasmes au coup par coup ne suffiront plus à empêcher les colères de se muer en jacqueries. Depuis des années nous répétons ici qu'au fil du temps tous les paysans "mous", prêts à la conciliation, à la modération et à se satisfaire des aumônes de l'État avaient fini par quitter la scène, laissant derrière eux les obstinés, les récalcitrants, les coriaces, ceux qui agrippés à leur terre partagent un dédain existentiel pour la ville.
    Derrière l'hostilité croissante entre villes et campagnes, ce qui transparaît n'est plus tant une divergence idéologique qu'une réponse ethnique à un état de fait que la province, l'observant à distance, mesure dans toute son ampleur cataclysmique. D'autant que le phénomène tend à déborder sur certaines agglomérations régionales à fortes populations "immigrées" où de plus en plus l'insulte banalisée de fromage ou de gaulois en usage dans les banlieues occupées fait place à celle de paysan !
    DIVERSITÉ CONTRE PAYSANNERIE
    Dans l'indifférence totale des responsables de ce pays la misère sociale et morale s'étend sur le désert français. Aucune télévision, aucune radio, aucun journal n'en fait état. Aucun écho non plus chez les casseurs de cerveaux de Radio France, où l'on parle de tout, à commencer par ce qui désintègre la culture et la civilisation européennes, multiplie les reportages sur le moindre Gitan et donne à longueur d'antenne et d'écran la parole à des petits chefs de banlieue. On s'y gave d'immigrés et de couleur, faisant systématiquement dans la diversité, façon « équipe de France », sans prononcer jamais un mot sur la désagrégation de la culture et de la civilisation paysannes qui pendant 5 000 ans ont structuré l'âme européenne. Depuis des décennies les détenteurs du pouvoir, de la pensée et des richesses ont écrasé de leur arrogance et de leur mépris celui qui, au cœur d'une Europe dévastée, déculturée, dépossédée, osait se dresser contre les pilleurs et les faussaires de traditions. Le Paysan. Soumis et candide, ignorant des mouvements du monde, il continua à entretenir un grand respect pour l'homme de la ville, savant, pensait-il, parce que très instruit et instruit parce que riche. La télévision et Internet, qui se sont insinués jusqu'au fond des campagnes, sont en train de changer les mentalités. On commence à comprendre, "là-bas", qu'il y aurait deux France. Celle taillable et corvéable à merci dont on voit les patronymes mangés de mousses sur les monuments aux morts et les ex-votos des églises délabrées de nos villages. Générations de laboureurs sacrifiés dans les boucheries militaires orchestrées par la canaille qui continue à s'empiffrer de leur sueur et de leur peine. L'Europe des marchands et des banquiers les a ruinés puis expulsés par millions de leurs terres. Aujourd'hui on les spolie de leurs derniers droits alors que tout ce qui caquette en langues étrangères - rom, wolof, han ou arabe, à la suite du yiddish - se voit offrir des privilèges exorbitants et considéré comme l'égal de ceux qui ont poussé en cette terre des racines millénaires. L'autre France en plein essor et qui décompose tout ce qui reste d'âme à ce pays.
    Des « collèges d'excellence », strictement élitistes, sont créés pour ses enfants. On les inscrit par préséance dans les préparations aux grandes écoles. On court-circuite à leur bénéfice les concours d'accession aux grands corps de l'État. Dans toutes les promotions administratives ou privées ils ont la priorité. (C'est tout nouveau, ça vient d'arriver : depuis cette année la moitié des nouveaux inscrits - soit douze - à l'École de Journalisme de Lille, par accord spécial de celle-ci avec le Bondyblog banlieusard seront issus de l'immigration dans le cadre du programme « Prépa-Egalité des Chances »). Embauchés, ouvertement selon les principes inconstitutionnels de la discrimination positive, ce favoritisme a si bien gangrené l'esprit public qu'il en est devenu la règle dans le sport et singulièrement le football où on sélectionne des joueurs non pour leur talent mais en vertu de leur origine ethnique. À-t-on Jamais entendu parler de conventions de quelque nature ayant dans le passé facilité la promotion des enfants de paysans pourtant plus défavorisés que ne l'est aucun fils d'immigré ?
    Dans l'indifférence de tous, le vieux pays rouille et se désagrège. Des collèges délabrés aux matériels vétustes, des chemins en nids de poules sur lesquels cahotent des cars scolaires qui n'en peuvent plus, véhiculent, et souvent se retournent, des heures durant à travers le désert rural leur charroi d'élèves levés aux aurores et rendus chez eux la nuit tombée. Plus de services publics, de postes, d'hôpitaux, d'administrations. Des lycées et collèges à 50 km. Plus de boulangers ni d'épiciers, plus de garagistes. Plus de stades. Des salles polyvalentes de 40 ans qui se fissurent ou croulent. Les impôts locaux ne cessent d'augmenter, à mesure que la manne d'État se fait rare, dilapidée dans les zones "sensibles", aspirée par le coût dévastateur de l'immigration, des cages d'escaliers mille fois refaites, des écoles incendiées et reconstruites, des complexes sportifs flambants neufs surgis dans des cités pimpantes sur les décombres de barres d'immeubles détruites au bout de trente ans parce qu'elles ne plaisent plus aux nouvelles seigneuries. 140 000 néo-Français chaque année et autant d'immigrés à aider, à instruire, à loger, à hospitaliser, à nourrir.
    Et c'est pourtant eux qui, sur tous les écrans de télévision, braillent, gesticulent, revendiquent... et reçoivent. Dans les campagnes encore silencieuses, la France enracinée observe ce qui se trame dans les villes. Les paroles du Chant des Partisans pourraient enfin prendre sens.
    Petrus AGRICOLA. RIVAROL 1er OCTOBRE 2010

  • 9-3 : Arnaque à la Sécurité sociale, 1,65 million d’euros

    SAINT-DENIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – Il s’agit d’une arnaque à la Sécurité sociale de Seine-Saint-Denis, mise en place par le gérant d’une société d’ambulances. Cet homme d’origine marocaine employait de faux brancardiers et facturait des courses  fictives.

     

    Pendant plus de deux ans,  l’escroc et son frère, à la tête de quatre sociétés différentes, se faisaient rembourser grâce à des bons de transport tamponnés par les Hôpitaux du département.

    Le système était bien rodé : le gérant indélicat recrutait des brancardiers disposant d’un agrément.et les licenciait très rapidement… tout en conservant leur numéro d’agrément. Il faisait alors appel à des travailleurs clandestins qui utilisaient lesdits numéros, mais n’effectuaient pas la course.

    L’Urssaf estime de son coté avoir été arnaquée de 513.139 €  du fait du “travail” dissimulé non déclaré.

    Les services de lutte contre la fraude aux prestations sociales ont diligenté une enquête et découvert qu’une partie de l’argent détourné était déjà bien au chaud dans des banques marocaines.

    http://fr.novopress.info

  • Les dessous du cartel pharmaceutique :

    Plusieurs membres de l’Organisation Mondiale de la Santé sont étroitement liés aux compagnies pharmaceutiques : un véritable cartel, une véritable industrie, dont l’objet est moins de guérir que de soigner… L’humanité et le soin des plus fragiles ne sont plus leur credo : ils ont congédié Hippocrate et lui ont préféré Rockefeller. Il faut faire du chiffre !

    La vidéo ci-dessous vidéo révèle l’emprise des multinationales pharmaceutiques depuis Rockefeller :

    http://www.contre-info.com/

  • Le rôle objectif de la Gauche selon Michéa

    Chez Michéa, l’économie est perçue comme la religion de substitution des sociétés modernes. Le Progrès apparaît donc comme un messianisme, à la seule différence qu’il est séculier et non pas divin. Supposé scientifiquement continu donc, puisque l’Histoire aurait un sens, il vise à atteindre la fin de l’histoire. Le Machinal, la mécanisation intégrale de la vie, serait une évolution positive vers cela. L’homme, vu comme une machine, obéirait de manière mécanique à son comportement « naturellement » égoïste. Michéa pousse l’analyse encore plus loin : le Progrès serait une vision ethno et chronocentrée. Ce que Lasch, nous rappelle-t-il, nomme l’« ethnocentrisme du présent ». (1)

    En somme, le libéralisme serait un suprématisme qui s’ignore. Il nierait les alternatives à la commercial society et universaliserait « l’imaginaire spécifique » de l’Occident – d’où sa facilité à invoquer le droit d’ingérence. En outre, il postulerait (la « théorie des stades » de Smith) que chaque développement capitaliste mènerait à une société plus juste par le jeu des améliorations matérielles. Qu’il soit de mauvaise foi ou tout simplement aliéné par les mythes libéraux, le Progressiste, ce nouveau croisé, est donc la meilleure caution d’un système qu’il prétend haïr et combattre.

    Le Progressiste, croisé de la modernité

    C’est par une foi religieuse dans le Progrès que réside l’impossibilité de toute critique, sous peine de revenir à la guerre de tous contre tous. Tel est l’argument avancé par l’intelligentsia, qui est la caution intellectuelle de la modernité libérale. En disciple d’Orwell, Michéa rappelle dans “Orwell, anarchiste tory” que ce dernier avait déjà analysé le socialisme de l’ancien courtisan, devenu intellectuel de la Gauche « constituée », faite d’un « monde d’idées et [de] peu de contact avec la réalité physique. » (2) Animé par le ressentiment, dénué de sensibilité morale, l’intellectuel du 20ème siècle serait prêt à rejoindre toute puissance dominante. Pour reprendre l’expression d’Orwell, il peut s’agir d’un « nationalisme par transfert » (3), à savoir l’admiration pour une puissance étrangère, totalitaire de préférence.

    Michéa, pour sa part, rajoute la participation au monde des associations, qui « peuvent tout aussi bien ne représenter qu’une simple démocratisation de la volonté de puissance et donc une possibilité supplémentaire de parler au nom du peuple et de décider à sa place. » (4) Par l’utilisation de la langue de bois, dénaturant la langue – dont la Novlangue de 1984 constitue l’aboutissement – l’intellectuel tronque le réel à des fins idéologiques. En résumé, l’intelligentsia est toujours à la recherche d’un maître. Aujourd’hui, les États-Unis jouent ce rôle. Dans un échange avec Bruckner et Finkielkraut, Michéa note ainsi que les élites ressemblent bien plus à leurs homologues étrangers qu’aux gens ordinaires de leur propre pays. (5)

    Pour légitimer son maintien, la « Gauche » doit faire croire que tout obstacle au Progrès réactive les archaïques et dangereuses forces du passé. Il s’agit, lit-on dans “Impasse Adam Smith“, de mener « une croisade au sens le plus traditionnel du terme. » (6) Mais d’autres mécanismes sont à l’œuvre. Le Progressiste, analyse Michéa dans Orwell éducateur, est certes un croyant qui se pense a-moral. Se réclamant de l’humanisme négatif et machiniste des Lumières, il est profondément inhumain. Mais il est aussi infantile et a peur de devenir adulte, « individu narcissique moderne » qui a peur de vieillir. (7)

    D’où la régression anthropologique qu’induit l’homme nouveau du libéralisme, dont la figure paradigmatique, outre la Caillera, est plus spécifiquement l’individu jouisseur resté au stade du Moi tyrannique, ce qui se traduit pragmatiquement par un besoin forcené de consommer toujours plus, faute d’un sens de la mesure et de la décence. Par cette anthropologie, le libéralisme détruirait donc ses propres murs porteurs. (8)

    Car pour qu’un système instable puisse s’instaurer, il lui est nécessaire de prendre appui sur une base – donc un précédent – stable. Puisque l’homme est supposé agir en égoïste, rien ne le pousse, explique Michéa, à respecter la parole donnée ni le contrat passé si cela peut lui être bénéfique. Si personne ne s’en aperçoit, il pourra tout aussi bien choisir d’être malhonnête s’il en tire davantage de profit – comme avec le dégazage en pleine mer, par exemple. Avec la généralisation de cette pratique, c’est le soupçon et la défiance qui remplaceraient alors la confiance. Dans L’empire du moindre mal, il citait à ce sujet l’économiste Ian O. Williamson, dont la formule résumait la situation : « Une confiance fondée sur le calcul est une contradiction dans les termes. » (9) De plus, les nouvelles classes moyennes, constate Michéa, se trouvent principalement dans le secteur tertiaire, ce qui explique plus aisément leur caution au système progressiste.

    La gauche comme caution intellectuelle du libéralisme

    En disposant du « monopole des définitions » (10) depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la Gauche « contrôle l’industrie de la bonne conscience ». (11) Et par sa position privilégiée dans le monde du spectacle et de la communication – les NTIC (Nouvelles technologies d’information et de communication) –, la Gauche exerce l’influence la plus déterminante dans le formatage des esprits et le ralliement au libéralisme-libertaire. Elle en explique aussi plus aisément leur caution au système progressiste.

    Consciemment ou inconsciemment donc, la Gauche – et plus particulièrement l’Extrême-Gauche, « cette pointe la plus remuante du Spectacle moderne » (12), remarque Michéa – sont les principaux alliés objectifs du néolibéralisme qu’ils prétendent combattre. Ils pensent, par exemple, la soumission à l’industrialo-marchand comme un acte rebelle et anti-capitaliste.

    Par ailleurs, le marché mondial nécessite une atomisation complète des rapports sociaux ainsi qu’une aptitude au déracinement perpétuel. Pour que la commercial society puisse se pérenniser, l’homme doit être flexible, un « atome absolu ».

    L’erreur du militant de Gauche, relève Michéa, est donc de s’attaquer aux figures de l’Église et de l’Armée déjà détruites par le système. Conservées par la bourgeoisie, ces valeurs forment un obstacle au capitalisme, en promouvant la filiation, l’appartenance et l’enracinement. Voir dans la destruction de ces autorités traditionnelles et symboliques une victoire contre le système capitalisme est donc un non-sens.

    Quant au nomadisme promu par les élites, celui n’a rien à voir non plus avec ce qui s’entend traditionnellement sous ce vocable. Le « nomade Bouygues », cosmopolite, touriste, avec pour seul patrie « un ordinateur portable », n’a rien de commun avec les vraies tribus nomades. Car celles-ci, malgré leur absence de sédentarité, se sont toujours fondées, lit-on dans Orwell éducateur, sur des traditions enracinées.(13)

    Pourtant l’extrême-gauche libérale nie que l’universel ne s’appréhende qu’à partir du particulier. Apatride, elle craint les formes de socialité traditionnelles et ses lieux d’exercice – famille, quartier et voisins. Un amour du lointain qui cacherait en réalité un mépris des gens ordinaires de son propre pays. L’antifascisme de confort sert alors de posture rebelle qui, par une contre-culture faussement subversive, confère à ses tenants une aura de résistants. Le spectacle, devenu la meilleure des polices (14), selon Michéa, les dispense de s’interroger sur leur implication dans la collaboration de classe avec le système qu’ils prétendent combattre, mais dont ils sont dans les faits les plus zélés chiens de garde. (15)

    Les classes populaires, pour leur part, refusent ce mythe du Progrès. Instinctivement, elles sont réfractaires à toute fuite en avant et conservent donc une dimension morale conservatrice. Ceci permet de cerner, d’après Michéa, l’incapacité qu’ont les élites – tout comme l’extrême-gauche – de comprendre les gens ordinaires qui constituent leur peuple.

    Le football est ici encore un exemple illustratif pratique. L’esprit jouisseur de l’intellectuel coupé du réel le ferme par avance à toute compréhension de l’ascèse et des vertus de la dépense physique. Mais surtout, le fait que le football soit « le sport populaire par excellence » (16) en fait une activité forcément beauf, vulgaire, de masse, en rupture avec l’idéalisation mécaniste que l’intelligentsia se fait d’un peuple qu’elle fantasme. Objectivement, la gauche est donc, là encore, la caution intellectuelle de l’industrialisation du sport, puisqu’elle est inapte à le comprendre, donc à en appréhender les dérives.

    Mais cette haine du « beauf », en réalité le travailleur des classes populaires, s’est en outre traduite par un glissement progressif. Le prolétaire, « travailleur directement exploité par les puissances du Capital », fut remplacé par la figure de l’exclu, voire du Lumpen, puis par le travailleur immigré, qui devint ensuite le simple immigré, pour aboutir à l’immigré clandestin.

    Notes :

    (1) Culture de masse ou culture populaire ?, préface, p.15.
    (2) Orwell (G), Le Lion et la Licorne, cité in Orwell, anarchiste tory, p.29n.
    (3) Orwell (G.), Essais, articles, lettres volume III, 101, « Notes sur le nationalisme », pp.470-472.
    (4) Orwell, anarchiste tory, p.37.
    (5) La révolte des élites – et la trahison de la démocratie, préface, p.9.
    (6) Impasse Adam Smith, p.33.
    (7) La culture du narcissisme, préface, p.12.
    (8) La double pensée, p.233.
    (9) L’empire du moindre mal, p.132.
    (10) Impasse Adam, Smith, p.84.
    (11) Ibid., p.52.
    (12) L’empire du moindre mal, p.12.
    (13) Orwell éducateur, scolies IV, [K], pp.130-131.
    (14) La double pensée, p.121.
    (15) Ce qui résulta, pour Michéa, de la défaite de « la séquence Lukacs – Ecole de Francfort – Socialisme et Barbarie – Henri Lefebvre – Internationale situationniste (séquence qui était porteuse d’une critique intransigeante, et difficilement récupérable, du mode de vie capitaliste) […] au profit de la séquence Althusser – Bourdieu – Deleuze – Foucault – Derrida, dont les conceptualisations élégantes et byzantines offraient évidemment l’avantage d’être beaucoup plus solubles dans le nouvel esprit du capitalisme (…) », La double pensée, p.57. C’est Michéa qui souligne.
    (16) Les intellectuels, le peuple et le ballon rond.

    Scriptoblog (septembre 2011) http://fortune.fdesouche.com

  • Le gaz de schiste : bulle spéculative ou solution miracle ?

    Un peu partout dans le monde, des voix s’élèvent pour dénoncer le mythe du gaz de schiste. Outre la bulle spéculative qu’elle est en train de produire, cette escroquerie ne sera pas sans lourdes conséquences pour les États-Unis. En effet, l’Administration Obama s’est auto-persuadée que le pays se dirigeait vers une indépendance énergétique durable.

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    Avec un beau graphique, c’est très convaincant

    Il n’y a pas de débat sur le gaz de schiste ; s’agit-il d’un miracle de la technologie US, comme nous le crient sur tous les toits les médias anglo-saxons, ce qui relèverait d’un exploit prométhéen, ou bien d’une vulgaire bulle spéculative gonflée par les tenants de la gouvernance financière, thèse défendue par le centre de réflexion géostratégique DeDefensa.org, qui a son siège à Bruxelles [1] ?

    Or ce débat a tout lieu d’être, puisque c’est de sa conclusion que dépend la nouvelle place imprenable à laquelle aspirent les USA : puissance énergétique globale capable de rivaliser avec la Russie et l’OPEP, si la manne gazière se confirme, ou tentative publicitaire piteuse pour retarder la décadence de la jadis superpuissance unipolaire ?

    Un ami banquier haut placé qui demande à garder l’anonymat est d’avis que le fracking (la fracturation de la roche à 4 000 m de profondeur, grâce à une énorme quantité d’eau) est une autre opération d’intox, car ce n’est absolument pas viable. Il ajoute que les investissements en fracking sont un gouffre, et que les liquidités générées par la vente de pétrole ne suffisent pas à financer la croissance nécessaire à cette nouvelle industrie, parce que les puits ouverts par fracking s’épuisent très vite ; pour une production soutenue à un certain niveau, il faut ouvrir constamment de nouveaux puits. C’est indispensable et ne suffira guère qu’à maintenir un niveau de production donné.

    « Ce procédé n’offre pas les avantages de la production traditionnelle de pétrole, qui a été source prodigue de liquidités nettes, servant à l’expansion de la production ou à l’investissement dans d’autres secteurs. Non, le fracking dévore toutes les ressources ; il lui faut des emprunts gargantuesques, et un jour, cela provoquera une crise. Au final, cela s’avèrera être tout juste une nouvelle manœuvre de Wall Street pour attirer les petits investisseurs, qui cherchent désespérément des placements rentables, et se jetteront sur le miroir aux alouettes. »

    Le raisonnement est fort convaincant, d’autant plus qu’Aubrey McClendon, fondateur de Chesapeake Energy, le plus grand producteur de gaz naturel aux US, vient de se voir obligé de démissionner, par ses investisseurs, faute de produire des bénéfices, tandis que l’entreprise s’est gravement endettée ; c’est un effondrement financier qui découle de la chute des prix du gaz naturel, et du manque de liquidités [2].

    De son côté, le site DeDefensa.org annonce la fin du mythe de la révolution par le gaz de schiste d’ici à 18 ou 24 mois au grand maximum. Il a déjà créé une rubrique « shalegas-gate » et considère la production de puits comme « l’arme de destruction massive » [qui viendra à bout des USA], en revenant sur le retentissant échec de Chesapeaky Energy. Bref, les EUR (estimated ultimate recovery), dividendes finaux estimés, ont été très surestimés [3].

    Les pétrogéologues et géophysiciens indépendants qui ont dénoncé le mirage des EUR ont bien entendu été évacués des grandes conférences internationales sur le thème Pétrole et Gaz. Mais la chasse aux sorcières n’a pas suffi à faire taire les sceptiques, et le New York Times a été contraint d’avancer l’idée que peut-être les chiffres de l’industrie gazière étaient manipulés [4].

    On a assisté à une énorme production de gaz naturel aux États-Unis ces dernières années, ce qui a rendu possible une analyse affinée de la production des puits perforés, et l’on découvre que la production a été bien inférieure aux pronostics.

    Le géologue Arthur Berman, qui a travaillé pour Amoco (société pétrolière de Chicago, l’ex-Standard Oil) pendant 25 ans, a analysé trois domaines historiques : Barnett, Fayetteville et Haynesville ; il dévoile l’hyperinflation que connaissent les EUR, et que l’on cache aux investisseurs éblouis à souhait par les banquiers, et qui ne connaissent rien aux subtilités du gaz de schiste.

    Aux antipodes, on a un rapport de l’Agence Internationale pour l’Énergie — qui a été plusieurs fois surprise à mener des opérations de désinformation — qui annonce tout de go que les grandes exploitations de gaz associée au pétrole à Eagle Ford, Utica, Marcellous et Bakken doivent permettre aux USA de devenir le premier producteur de pétrole en 2017, avant l’Arabie saoudite [5].

    Mais DeDefensa cite à son tour l’ingénieur géologue texan Gary Swindell, qui divise par deux la production des fabuleux puits d’Eagle Ford [6].

    Et l’agence britannique Reuters quant à elle émet des doutes sur le fabuleux secret de l’Utah, les champs miraculeux d’Utica [7].

    Quoi qu’il en soit, et malgré les faits probants, l’industrie gazière dédaigne les experts isolés qui osent s’en prendre à l’infaillibilité de l’AIE.

    Pourtant, comme le souligne DeDefensa l’agence gouvernementale US Geological Survey a publié en août 2012 un rapport qui corrobore les découvertes des sceptiques, qui accèdent désormais au rang de réalistes [8]. En fait, DeDefensa, fort pessimiste, doute des capacités techniques à l’œuvre, et non plus seulement des chiffres allègrement empilés par le chef de l’AIE, Fath Birol, l’économiste discutable qui a annoncé le 12 novembre 2012 qu’en 2017 les US seraient le premier producteur mondial de pétrole.

    Le gaz de schiste fera donc sans doute partie du panier énergétique états-unien, mais ce ne sera pas un perturbateur du jeu géopolitique, car les USA n’exporteront pas de GNL (gaz naturel liquéfié). La Russie ne va pas se voir menacée sur le marché européen, et les projets australiens de gaz naturel liquéfié pourront être menés à leur terme.

    Qui plus est, le gaz de schiste ne sera pas bon marché, de sorte que ses prétentions à révolutionner la donne stratégique vont peut-être faire du Mexique néolibéral (représenté par un gouvernement incapable de recul) le dindon de la farce.

    Alfredo Jalife-Rahme http://www.egaliteetreconciliation.fr

    Traduction : Maria Poumier

    Source : La Jornada (Mexique)

    Notes

    [1] DeDefensa.org est le site internet de la revue DDE Crisis, disponible sur abonnement 22, rue du Centenaire, B-4624 Fléron, Belgique. Tél. : + 32 4 355 05 50, Fax : + 32 4 355 08 35.

    [2] « Breakingviews : SEC goes where Chesapeake board feared to tread », par Christopher Swann, Reuters, 1er mars 2013. « La SEC a assigné à comparaître l’ex-patron de Chesapeake », AFP, 1er mars 2013.

    [3] « Gaz de schiste : à la “bulle” nul n’échappera... », I, II, III, DeDefensa.org, 16 novembre 2012, 11 et 16 janvier 2013.

    [4] Le 26 juin 2011, le New York Times a mis en ligne quantité de documents officiels posant de sérieux doutes sur les espoirs mis dans le gaz de schiste.

    [5] World Energy Outlook 2012, Agence Internationale pour l’Énergie, 12 novembre 2012.

    [6] Cité in « $8 Natural Gas : We’re Right On Schedule », par Richard Finger, Forbes, 14 octobre 2012.

    [7] « Insight : Is Ohio’s "secret" energy boom going bust ? », par Edward McAllister et Selam Gebrekidan, Reuters, 22 octobre 2012.

    [8] Variability of Distributions of Well Scale Estimated Ultimate Recovery for Continuous (Unconventional) Oil and Gas Resources in the United States, U.S. Geological Survey Oil and Gas Assessment Team. Document téléchargeable.

  • Lisez pourquoi un pays renonce à adhérer à l’UE

    Le 14 janvier 2013, le gouvernement islandais annonça publiquement suspendre son adhésion à l’Union Européenne. De récents sondages d’opinion montraient qu’une large majorité d’islandais ne souhaitait pas intégrer l’organisation si chère à notre “élite” europhile. La crise financière systémique en 2008 avait revigoré l’intérêt de la population pour l’Union Européenne, mais un redressement socio-économique rapide de l’île arctique et l’implosion inévitable de la zone euro ont dissuadé la population de s’aventurer vers un inconnu très incertain. [a]

    Les chiffres officiels indiquent qu’au mois de janvier les exportations se sont accrues de 18%. De ce fait, la balance commerciale du pays a engrangé un excédent élevé, mais sans une banque centrale nationale islandaise réellement indépendante de la technostructure européenne, les autorités n’auraient pas pu dévaluer la Couronne pour stimuler les exportations. [b] Pour couronner le tout, c’est le cas de le dire, le tribunal de l’Association européenne de libre-échange, dispose, dans un arrêt définitif, que l’Islande était en droit de refuser de rembourser les actionnaires étrangers clients de ses banques en octobre 2008.[c] Deux banquiers escrocs ont d’ailleurs étaient condamnés a des peines privatives de liberté après la débâcle. [d]

    Le chef d’Etat islandais, reconduit à la cinquième reprise dans ses fonctions par les citoyens du pays ne s’y est pas trompé. Lors de plusieurs de ses déplacements officiels, il a encouragé les grands de ce monde à « penser davantage aux peuples qu’aux banques”, prenant son pays pour exemple. Une île où “nous avons laissé les banques faire faillite et nous sommes occupés des citoyens, et ça a marché ». [e]

    Il faut bien admettre que la reprise de ce pays est vertigineuse. Du fond du gouffre, le pays s’est relevé en marche ordonnée, ne laissant personne de côté, ni les entreprises, ni le peuple et encore moins les plus démunis. Pour sauver les ménages endettés, l’Etat incite les banques à écrêter les créances. Au-delà de 110% de la valeur du logement, la dette est effacée. Pour sauver les PME, ces entreprises créatrices d’emplois locaux, rappelons-le, l’Etat agit de même. [f] En marge du forum de Davos, il avait d’ailleurs déclaré : « La théorie que vous devez payer pour sauver les banques est une théorie selon laquelle les banquiers peuvent jouir de leurs propres bénéfices et de leur succès, puis que les gens ordinaires payent pour leurs échecs au moyen des impôts et de l’austérité, et dans les démocraties éclairées, les gens ne l’accepteront pas sur le long terme ».[g]

    A votre avis, la construction européenne est faite pour une meilleur concentration des richesses entre les mains des puissances d’argent, ou bien il s’agit de la construction d’un modèle de société pour le bien être des populations ? Au fond, la “solidarité” monétaire et politique supra-nationale, ne serait-elle pas une simple vue de l’esprit pour appâter le brave peuple des bisounours?

    [a] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130114.REU4976/l-islande-suspend-ses-negociations-d-adhesion-avec-l-ue.html

    [b] http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp-00504953-islande-exportations-et-excedent-commercial-eleves-en-janvier-544626.php

    [c] http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202530192351-l-islande-victorieuse-dans-l-affaire-icesave-532846.php

    [d] http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/islande-deux-banquiers-condamnes-pour-des-prets-frauduleux-de-2008_1811238_3234.html
    [e] http://www.franceinfo.fr/economie/discret-retour-au-calme-au-forum-economique-mondial-de-davos-873921-2013-01-27

    [f] http://www.liberation.fr/economie/2013/02/08/l-islande-modele-de-sortie-de-crise_880163

    [g] http://www.youtube.com/watch?v=3-RjpdQwOu0&feature=player_embedded


    http://fr.altermedia.info

  • Armée française : De jeunes officiers dénoncent la gabegie et le déclin

    Francetv info publie une tribune dans laquelle une dizaine de jeunes lieutenants de l’armée française, normalement soumis au devoir de réserve, épinglent sévèrement la gestion de la Grande Muette. Ils souhaitent interpeller sur “l’état critique de l’armée française“, qu’ils ont intégrée il y a en moyenne trois ans. Explications.

    Que dénoncent-ils ? De mauvais choix budgétaires

    Aujourd’hui, l’armée française est menacée de déclin”, attaquent d’emblée ces jeunes officiers. Ils pointent particulièrement la négligence de l’équipement individuel des soldats au profit de grands programmes d’armement. Et de citer le programme Félin, “censé faire du soldat une sorte de Robocop ou d’inspecteur Gadget“, mais qui a “alourdi d’une dizaine de kilos” les équipements.

    Un parachutiste dépense en moyenne 1.600 euros pour son équipement individuel, c’est près d’un mois de salaire“,confient-ils pour appuyer leur propos. Car le matériel de base fourni par l’armée est loin d’être optimal, comme le révèle ce témoignage publié sur le blog Secret défense. Mais ils épinglent aussi le lobby “du complexe militaro-industriel“, qu’ils accusent d’être responsable de certaines des orientations budgétaires qu’ils dénoncent, et auquel le Parlement doit “imposer des choix stratégiques“.

    Qui sont-ils ?

    Ils se réclament de Marc Bloch, historien et gradé de l’armée française qui a écrit en 1940 L’Étrange Défaite, où il décortique les raisons de l’échec français durant la Seconde Guerre mondiale. Défaite qu’il impute à des dysfonctionnements au plus haut niveau de l’armée.

    La “gabegie du pyramidage des officiers

    Des officiers supérieurs sont entretenus dans une inactivité de petits fours“, assène le mouvement Marc Bloch. Dans le viseur : 5.500 généraux officiellement à la retraite, mais maintenus en “2e section”. Mobilisables par l’armée, ils perçoivent à ce titre “une solde de réserve, dont le montant est équivalent à celui de la pension de retraite, mais qui est fiscalement considérée comme un revenu d’activité“. Ce qui permet notamment de bénéficier de la déduction de 10% pour frais professionnels dans le calcul de l’impôt sur le revenu selon la loi.

    Seule une petite centaine sont rappelés chaque année, tandis que les autres “sont jamais à la retraite, mais tranquilles“, note Rue89, qui rappelle que la solde moyenne de ces généraux, hors prime, est de 5.850 euros mensuels.

    De plus, nombre d’entre eux se reconvertissent dans le privé, et l’Association de défense des droits des militaires dénonçait déjà en 2008 le fait qu’”au mépris de la règlementation et à l’heure des restrictions budgétaires, des généraux cumulent soldes de réserve et solde d’activité“.

    Dans le même temps, 35.000 emplois de militaires et sous-officiers sont supprimés, et aucun d’officier“, déplorent les signataires de la tribune. Selon une étude de la Cour des comptes reprise par la reprise par la Fondation iFrap (un think tank français ultralibéral), sur les 22.000 postes supprimés entre 2008 et 2011, seulement six postes d’officiers généraux (toutes armées confondues) étaient concernés. Ils épinglent également le système de primes, notamment attribuées aux parachutistes, mais dont l’organisation est en passe d’être revue.

    Pourquoi parlent-ils ?

    S’ils manquent à leur devoir de réserve, “c’est parce que la hiérarchie n’a pas intérêt à dénoncer les abus dont elle bénéficie“. Ils assurent dénoncer uniquement des faits qui sont dans le “domaine public”, mais sur lesquels l’attention n’est, à leur sens, pas assez portée. Ils s’appuient notamment sur des chiffres de la Cour des comptes, du Conseil supérieur de la fonction militaire ou encore des données largement relayées sur les blogs et forum militaires.

    Par cette tribune, publiée avant la sortie avant la sortie du Livre blanc de la Défense pour 2014-2019, qui doit être rendu fin mars ou début avril, selon Marianne, ils souhaitent “interpeller l’opinion publique pour éviter que le recueil ne se trompe, délibérément ou non, de constat”. “Ce sont des faits qui scandalisent toute l’armée”, soulignent ces jeunes chefs qui se veulent porte-paroles de leurs troupes.

    Que veulent-ils ? Attirer l’attention de l’opinion publique

    Nous n’avons pas la prétention de tout bouleverser“, affirment-ils. Mais ils cherchent à prendre toute leur place dans un “débat national” qu’ils jugent nécessaire. Le mouvement Marc Bloch réclame également la création d’une commission parlementaire indépendante afin de réfléchir à toutes les questions qu’il soulève et notamment à révision des primes et indemnités des militaires.

    En guise de signal d’alarme, ils rappellent que le moral de l’armée “est en seuil d’alerte“, selon les mots du chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, le 11 juillet 2012.

    Montrer que les efforts peuvent venir de l’intérieur

    Ils aimeraient “que les pouvoirs publics montrent qu’ils s’intéressent à l’armée en augmentant son budget et en s’occupant de ceux qui la plombent de l’intérieur“. Car l’autre objectif de ces jeunes cadres de l’armée est de “montrer que des efforts de l’intérieur sont également possibles”.

    En effet, au-delà du “manque de moyens donnés à l’armée par l’État“, ils souhaitent mettre en lumière “le conservatisme des officiers qui empêchent toute
    réforme d’ampleur
    “.

    France TV Info  http://fortune.fdesouche.com