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économie et finance - Page 867

  • Repères pour une histoire alternative de l'économie

     

    Seront examinés ci-dessous 3 pionniers des conceptions économiques débarrassées des dogmes libéraux. Joseph Aloy Schumpeter qui déduisit de ses recherches que l'économie ne se comprenait pas qu'au départ de concepts strictement économiques. Werner Sombart qui analysa les fondements religieux des comportements économiques. Ses thèses constituent une réfutation définitive de la fiction libérale de l'homo œconomicus. Sombart a étudié les différentes formes “nationales” du socialisme, l'influence des pratiques protestantes et, dans une moindre mesure, israëlites dans la genèse du capitalisme et a élaboré une méthode “idéaltypique” (la Gestaltidee) pour comprendre les faits socio-économiques. Il se rapproche en cela de Max Weber. Enfin Friedrich List, libéral et progressiste selon les critères en vigueur au XIXe siècle, qui est en réalité le critique le plus rigoureux des a priori libéraux. Pour lui, le protectionnisme est nécessaire pour lancer les industries. Les nations n'ont pas toutes, d'emblée, le même stade de développement. Le libre-échangisme est, selon List, l'alibi de la nation le plus avancée. Il l'était hier pour les Anglais ; il l'est aujourd'hui pour les Américains. Donc, l'Europe n'a aucun intérêt actuellement à chanter les louanges du libre-échangisme. D'ailleurs, malgré les discours officiels, les États-Unis n'appliquent pas le libre-échange. Ils l'imposent à leurs concurrents potentiels.

    La doctrine libérale, première doctrine économique "moderne" sur l'échelle chronologique, naît de la pensée “bourgeoise” de la fin du XVIIIe siècle. C'est Bernard de Mandeville (1670-1733) qui forge le concept central d'homo œconomicus. C'est la naissance de l'anthropologie libérale. Dans l'optique de Mandeville, les vices privés suscitaient les bénéfices publics, en favorisant la consommation. Une idée qui, deux siècles plus tard, trouvera sa concrétisation dans le narcissisme consumériste qui afflige notre époque et dissout tous les liens organiques de la société. Mais, outre cet aspect strictement moral et “religieux-laïcisé”, les idées maîtresses du libéralisme économique sont les suivantes :

    • 1) La société humaine est régie par des lois naturelles, génératrices d'un ordre naturel spontané. L’État doit garantir la liberté économique de façon à ne pas contrarier l'effet des lois naturelles.
    • 2) Le moteur principal de l'activité humaine est l'intérêt personnel, comme chez l'individu mandevillien. L'égoïsme devient ainsi le fondement du bien-être matériel.
    • 3) Défense de la propriété privée et du droit de disposer des fruits de son travail. C'est là le point fort du libéralisme en matière de propagande politique. Les citoyens moyens qui adhèrent au programme politique d'un parti libéral retiennent essentiellement cet aspect du libéralisme théorique.

     

    Ces principes libéraux seront successivement défendus par Adam Smith (1723-1790), Robert Malthus (1766-1834), David Ricardo (1772-1823), John Stuart Mill (1806-1873).

     

     

    Adam Smith

    Adam Smith reprend la théorie mandevillienne de l'homo œconomicus, prône le libre-échange tant au plan national qu'au plan international. On peut voir en lui le père du mondialisme économique même si, dans ses ouvrages, il mentionne quelques restrictions plus réalistes.

     

    Les héritiers de Smith n'auront pas ces scrupules et simplifieront son œuvre à outrance, n'en retiendront que les slogans les plus simples. C'est, en somme, le sort tragique et mérité du libéralisme. Adam Smith était un homme cultivé, qui avait certainement le sens des nuances ; toutefois, son idée d'ordre naturel n'était qu'une théologie laïcisée. Dieu est sorti de sa démonstration pour y revenir subtilement sous le masque d'un “ordre naturel” immuable. Les Smithiens du XIXe et du XXe siècles vont, eux, vouer un culte à cette idole sortie du fond des âges tourmentés par l'inquiétude métaphysique. L'ordre naturel, la main invisible qui régule le marché, n'est-ce pas une projection humaine, un transfert imaginaire qui veut faire accréditer l'idée que les lois du cosmos sont semblables aux lois que se sont données les hommes pour réglementer leur vie quotidienne ?

    À leur insu, les libéraux sont les obscurantistes qu'ils ne veulent pas être. Au bénéfice de leur idole, les économistes héritiers de Smith vont négliger tous les facteurs non-économiques dans l'élaboration de leurs systèmes. L'abstraction régnera en satrape impitoyable. Ipso facto, les liens avec la réalité seront souvent très contestables dans les programmes, les doctrines, les théories du libéralisme. Pourquoi ? Parce que l'idée fixe d'un ordre naturel immuable n'est pas compatible avec la mouvance des réalités politiques, sociales et culturelles. Les orthodoxies marxistes et keynésiennes auront, elles, l'avantage de proposer des corpus doctrinaux élaborés après celui de Smith, c'est-à-dire des corpus doctrinaux mis au diapason des réalités du XIXe siècle et des années 1920. Hélas, ces orthodoxies se sont, elles aussi, figées. Même si elles ont produit de brillantissimes dissidences.

     

    Schumpeter

    En 1883, l'année où Marx mourait, l'économiste austro-hongrois Joseph Aloys Schumpeter naissait en Moravie. Professeur à Harvard dès 1932, ce n'est qu'en 1942 qu'il formulera sa thèse paradoxale. Quelle est-elle ? Le capitalisme, dit Schumpeter, est le meilleur système économique que l'on puisse imaginer; il n'a qu'un défaut : il ne peut pas survivre. Le capitalisme a l'immense mérite de propager efficacement les progrès techniques et d'allouer convenablement les ressources. En outre, il élimine impitoyablement les structures sclérosées et son dynamisme permet une circulation plus rapide des élites techniciennes. Mais, au fur et à mesure que le capitalisme se développe, l'hostilité à son égard grandit ; aristocrates, militaires, clergé, ouvriers salariés, artisans et commerçants de détail sont mis en marge de l'évolution portée par le capitalisme. Les intellectuels renforcent leur position et criblent la société capitaliste de leurs critiques et de leurs sarcasmes. L'homme n'est pas qu'un homo œconomicus.

     

    Schumpeter affirme donc, sans détours, les limites d'une analyse strictement économique, tout en ne niant pas les spécificités de l'économie. Schumpeter nous enseigne à ne pas pratiquer l'économisme pour l'économisme et à ne pas succomber à la tentation anti-économique. Ces 2 types de déraillements font désormais partie du guignol politicien qui nous précipite dans l'abîme de la crise et de la récession. Bien sûr, en sortant des cadres théoriques classique et marxiste, Schumpeter s'enfonce dans “l'hérésie”, ouvre la voie à toutes les spéculations et ne parvient pas à créer, dans son sillage, un instrument politique efficace.

     

    Présenter l'ensemble riche et varié des théories pré- et post-schumpétériennes comporte un risque : la dispersion.

     

     

    Sismondi, List, Carey

     

     

    Les économistes français du CNRS, Jean-Marie Albertini et Ahmed Silem estiment, dans leur ouvrage remarquable et concis, Comprendre les théories économiques (1), que le précurseur de Schumpeter et des hérétiques schumpétériens est le Genevois Jean Charles Léonard Sismonde de Sismondi (1773-1842). Se voulant disciple d'Adam Smith, Sismondi a construit un système économique qui tenait compte du temps, de l'espace et des différences entre les divers producteurs et consommateurs. Voyageur infatigable, Sismondi recense essentiellement des faits précis et échappe au formalisme des classiques et surtout de Ricardo qui allait, lui, influencer considérablement Marx. Sismondi propose l'intervention de l'État pour veiller à ce que les intérêts particuliers n'offensent pas l'intérêt général Par ailleurs, fort de ses observations concrètes, Sismondi nie la vieille idole libérale qu'est l'ordre naturel. Sur la base de ses ouvrages, du matériel empirique qu'il a rassemblé, il sera possible d’échafauder une économie tenant compte des faits réels et non plus d'une formule rescapée des vaticinations scolastiques.

     

     

    Parallèlement à Sismondi, il faut signaler l'immense influence de Friedrich List (1789-1846). Libéral, List ouvre cependant des voies nouvelles. Celle de l'histoire et celle de l'unité européenne, nécessaire à la survie de notre civilisation. List met l'évolution économique en perspective et s'aperçoit que le protectionnisme (celui prôné par le père des théories autarciques, le philosophe combattant Johann Gottlieb Fichte), est nécessaire pour lancer les industries, comme au temps du mercantilisme d'un Colbert, et que le libre-échangisme n'est qu'une étape ultérieure. En relativisant de la sorte le libre-échangisme, List constate que ce qui est valable pour une époque ne l'est pas nécessairement pour l'autre. En cela, il préfigure l'École historique allemande dont nous reparlerons dans la suite de cet article. Son pays, l'Allemagne désunie d'avant 1871, n'avait pas atteint le stade industriel de l'Angleterre. List en déduisait la nécessité d'un protectionnisme initial pour l'Allemagne et dénonçait, dans la défense crispée du libre-échangisme de la part des Anglais, une entreprise impérialiste, un égoïsme national visant à empêcher les autres nations d'accéder à un stade industriel qui aurait pu rivaliser avec Londres. List avait vu juste : c'est le boom industriel allemand qui a poussé l'Angleterre à entrer en guerre en 1914 et à faire alliance avec la nation puissante mais moins industrialisée qu'était la France.

     

     

    Le programme de List est simple : avant de pratiquer le libre-échange, il faut arriver au même stade que l'adversaire et faire alors jouer sportivement les mécanismes de la concurrence. List a vécu longtemps aux États-Unis et a compris l'importance des grands espaces. Il a compris que l'Europe ne pourrait survivre sans s'unifier, sans devenir des “États-Unis” d'Europe. Ses idées, il les a élaborées conjointement avec des économistes américains dont Henri Charles Carey, qui militait pour un libéralisme intérieur et pour un protectionnisme très radical en politique extérieure. C'est la politique américaine actuelle, en dépit des discours libre-échangistes destinés à tromper les Européens, concurrents potentiels. Dans les rapports entre les nations, Carey dénonçait le libre-échange. Pour lui, en 1842, c'était le moyen le plus sûr d'établir pour le monde entier un atelier unique, la Grande-Bretagne, à qui devait être expédiés les produits bruts du globe en subissant les frais de transport les plus coûteux. Aujourd'hui, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont été éliminées, en tant que puissances de premier plan, et ce sont les États-Unis qui sont devenus, au détriment de l'ensemble du continent européen, l'atelier du monde. Les États-Unis cherchent même à éliminer notre industrie sidérurgique. Hier la Lorraine, aujourd'hui la Wallonie et demain la Flandre et la Ruhr. Seul l'acier américain sera vendu dans le monde. Un aspect de la guerre économique que l'on oublie trop souvent, sans doute à cause des clowns syndicalistes et politiciens qui en font une affaire de régionalisme procédurier.

     

    L'Europe devient un ensemble de nations prolétaires face à l'atelier américain dont les 225 millions d'habitants consomment déjà autant d'énergies qu'il serait nécessaire pour 22 milliards d'individus. Le monde ne survivrait pas avec une deuxième sangsue Amérique.

     

     

    L'École historique allemande

     

     

    Outre l'influence de Sismondi et de List, l'École schumpétérienne s'est sagement mise à l'écoute de l'histoire. Albertini et Silem écrivent : « L'histoire a été et demeure encore un moyen privilégié pour empêcher la fermeture de l'économie sur un ensemble théorique abstrait ». C'est d'Allemagne que sont issus la plupart des économistes “historicistes”. Au nom de l'histoire et des legs qu'elle laisse, l'École historique allemande va contester globalement l'idéologie obscurantiste des libéraux anglais.

     

     

    L'Allemagne du début du XIXe siècle ne connaissait pas le libéralisme manchesterien. Le mercantilisme, hérité de Colbert, y survit et s'y nomme le caméralisme. Le caméralisme, praxis propre à l'Ancien Régime, prône un interventionnisme systématique, au profit du Prince, dans des espaces souvent très réduits.

    Mais au départ, ce n'est pas cet interventionnisme qui va retenir l'attention des historicistes. Leur démarche théorique majeure va être de rejeter la méthode déductive des Classiques et Néo-classiques. Ensuite, elle va refuser le fameux homo œconomicus sans sexe, sans âge, sans patrie et mu par l'unique mobile de l'intérêt. Au déductivisme schématique, elle va préférer une méthode inductive partant de l'observation des faits. L'inductivisme va ruiner l'idée de “lois économiques” et révéler des lois relatives à un type de société donnée. Grâce à l'École historique allemande, nous savons qu'il n'y a pas de lois économiques générales. Le mirage de l'universalisme s'évanouit.

    Roscher (1817-1894), Hildebrand (1812-1878) et Knies perfectionnent l'argumentaire et c'est Gustav Schmoller (1838-1917) qui s'avérera le chef de file de ces champions de la clairvoyance. L'économiste britannique Mary Kaldor lui rend d'ailleurs un hommage mérité dans son livre prophétique The Desintegrating West (1978) ; elle rappelle qu'il avait prévu l'assomption de l'Europe au profit de la Russie, des États-Unis et de la Chine. C'est-à-dire au profit des nations dotées de grands espaces.
    L'École historique allemande, à laquelle on peut rattacher le père et le fils Pirenne, va permettre d'approfondir les recherches dans le domaine de l'histoire économique. C'est une innovation véritablement révolutionnaire : elle met fin au désir subjectif de construire des systèmes ex nihilo. Elle rappelle un principe de philosophie critique qu'il est bon de méditer : les pseudo-objectivités (comme par ex. l'idée d'un ordre naturel) sont presque toujours des subjectivismes camouflés. Les faits sont évidemment des résultats tangibles de démarches ou d'actes au départ subjectifs. Mais un recours aux faits reste plus sûr qu'un recours à une pseudo-objectivité, invérifiable, qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations et à tous les arbitraires. Meilleur exemple actuel : la praxis politique de Reagan. L'ordre naturel reste une idée vague qu'on ne peut infirmer. D'où son retour, conjointement aux délires biblistes et obscurantistes de l'actuel Président américain.

    Le libéralisme classique a cru détenir le secret ultime de l'économie ; il a cru défendre les principes d'une économie qui allait durer éternellement. Or, divers régimes économiques se sont succédés dans le temps. Une étude des passages d'un stade à un autre pulvérise l'optimisme messianique libéral. Pourquoi vivrions-nous le dernier stade économico-historique possible ?

     

     

    Dans cette optique, Werner Sombart (1863-1941) a démontré qu'un système économique est un ensemble social caractérisé par un état de la technique. Au seuil d'une époque qui sera révolutionnée par la micro-électronique et la bio-technologie, cela devrait, logiquement, faire douter les libéraux de la validité de leurs dogmes.

     

    Max Weber (1864-1920), pour sa part, a prouvé qu'un système n'est pas l'assemblage de n'importe quelles institutions avec n'importe quels comportements. C'est ainsi que Max Weber voit dans les attitudes des Protestants calvinistes et puritains de Hollande et d'Angleterre au XVIe siècle, les ferments du capitalisme ultérieur. Après Sombart et Weber, il faut signaler les travaux du statisticien allemand Wagemann et de son compatriote Eucken, ceux de l'Américain Rostow et de l'Égyptien Samir Amin. Pour ce dernier, le sous-développement afro-asiatique n'est pas un retard mais le produit d'un choc entre 2 types de sociétés et d'économies.

     

     

    Les héritiers de l'École historique sont nombreux ; les études qu'ils ont fait éclore nous donnent une image variée du monde, soucieuse des différences culturelles, ethniques et sociales. C'est dans ce vaste édifice que réside le vrai pluralisme qui n'est pas, on s'en doute, celui des politiciens libéraux-démocrates et de leurs amis journalistes. Il est vrai que, depuis que le monde existe, une foule d'illusionnistes n'a jamais cessé de sévir. Et ça laisse des traces.

     

    L'institutionnalisme

    L'Amérique n'a pas, derrière elle, les millénaires d'histoire qu'a connu l'Europe. Elle pouvait difficilement se donner, à l'instar de l'Allemagne, une démarche historiciste. L'historicisme allemand s'est mué en institutionnalisme aux États-Unis. Pour les tenants de l'institutionnalisme, il importe de substituer à l'homo œconomicus des Classiques, l'homme, sociologique, c'est-à-dire l'homme situé dans un milieu bien défini. Par institutions, ces théoriciens américains entendent les habitudes de pensée.
    les règles législatives qui déterminent l'agir des individus ou des groupes. Il existe donc des rapports dialectiques, dynamiques entre ces institutions et la vie économique. Cette idée de dynamisme constant heurte bien sûr la notion d'un marché éternellement identique à lui-même. Thorstein Veblen (1857-1929), Américain d'origine norvégienne, montre ainsi que l'homme d'affaire (c'est-à-dire l'homo œconomicus transposé dans le réel) n'est nullement un exemple de rationalité économique : il n'est qu'un vulgaire brigand qui doit heureusement modérer ses bas instincts de lucre et d'accapareur parce que la technique et la machine lui dictent une conduite plus décente. Le monde est une lutte entre le businessman et l'artisan, entre la cupidité et l'intelligence technique.

    Plus près de nous, John Kenneth Galbraith, dans L'ère de l'opulence (1958), dénonce la croissance quantitative des biens marchands au détriment des biens collectifs. C'est pourquoi il prône une fiscalité concentrée, applicable aux États-Unis, en France ou en Angleterre mais inapplicable dans un pays exsangue, ruiné par le parasitisme partitocratique comme la Belgique. La création d'un hôpital universitaire pour la mafia catholique entraîne la création d'un hôpital universitaire pour le gang libéral-socialiste. Moralité : nous avons 2 hôpitaux à moitié vides et, la gué-guerre faisant rage dans tous les autres domaines du social, nous finissons avec la superbe apothéose de 5.000 milliards de dettes !

    Parallèlement à l'histoire et aux institutions, le défi de l'intelligence à l'économisme étroit des libéraux s'est porté dans les domaines de la sociologie et de la bio-cybernétique. Enfin, grâce aux travaux de François Perroux, les intuitions de Schumpeter se sont vues complétées et renforcées.

     

     

    François Perroux

     

     

    Perroux (comme beaucoup d'autres dont Alfred Sauvy et, partiellement, Raymond Barre) prête une très grande attention aux évolutions à long terme, aux évolutions historiques. Il ne s'agit plus d'amasser un maximum d'argent en un minimum de temps, comme le voulaient les fantasmes classiques, mais de prévoir une stratégie de plus longue haleine. Souvent orientée vers l'étude des problèmes du Tiers-Monde et proche des nouvelles recherches que sont la prospective et la futurologie (Bertrand de Jouvenel), cette école socio-économique essentiellement française recherche les lois d'évolution des structures et des contradictions structurelles (et non des lois stables une fois pour toutes). Pour Perroux, l'économiste le plus productif en textes de cette école, le thème central est celui du pouvoir. Enfin, le politique n'est plus houspillé hors des raisonnements économiques. La méthode de Perroux est résolument empirique : on observe, puis on théorise/conceptualise et, ensuite, on élabore, non un dogme ou une doctrine, mais des modèles variés. Perroux rejette l'idée d'un équilibre général (que Keynes recherchait lui aussi) parce que ce n'est qu'une vue de l'esprit née dans le cadre irréel d'une hypothétique concurrence parfaite.

     

    Les hérétiques schumpétériens, dont Perroux, accordent une place importante aux structures (population, techniques, institutions, culture, …), soumises aux vicissitudes historiques. Ainsi, la guerre du Yom Kippour d'octobre 1973 bouleverse l'équilibre géopolitique et géo-économique mondial. De tels bouleversements sont impensables dans le cadre iréniste de l'ordre naturel libéral, de l'harmonie paradisiaque à laquelle les libéraux aspirent, en bons héritiers des croyants médiévaux et en bon confrères des adeptes des sectes américaines. Libéralismes, Témoins de Jéhovah, Scientologistes, Fondamentalistes de tout poil font d'ailleurs très bon ménage dans l'Amérique de Reagan, comme déjà dans celle qu'observaient Tocqueville, Max Weber et Marnix Gijsen (2).

    Les thèses de Perroux ressemblent aux théories des catastrophes. En évoquant les seuils de rupture (ex.: Yom Kippour), elles réintroduisent le tragique dans la pensée économique. Aux équilibres Smithiens se substituent une économie faite d'affrontements, de combats. Aux “mains invisibles”, avatars de la Providence des chrétiens, se substituent des pouvoirs concrètement situés.

     

     

    En guise de conclusion…

     

     

    Marx pensait que les contradictions, en s'accumulant, allaient détruire le capitalisme pour faire place au paradis socialiste. Vain espoir messianique, hérité curieusement, via Ricardo, des expédients libéraux. Il y a plutôt lieu de croire à une accumulation de distorsions qui fera perdre définitivement au système économique toute espèce de cohérence. Le social, avec l'effondrement de la sphère publique dénoncé par Riesman et Habermas, avec le narcissisme galopant décrit par Lasch, Sennett et Gilles Lipovetsky, connaît déjà cette impasse.

     

    Une telle impasse signifie une irrémédiable décadence, semblable à celle de l'Égypte ancienne que Spengler nommait la fellahisation. Les Européens, s'ils ne prennent pas conscience des affrontements réels de ce monde, connaîtront ce sort funeste de la fellahisation. Le consumérisme, le culte du moi, le narcissisme, la culture-spectacle, l'obésité et les stratégies fatales décortiquées par Baudrillard s'accordent parfaitement avec l'a-temporalité du Smithisme, avec le règne des Big Brothers aux masques souriants et publicitaires (3).

    Cette anesthésie est fatale. Ceux qui se réveilleront feront immanquablement appel à l'histoire. Pour créer un nouveau droit, une nouvelle économie, une nouvelle politique. Pour restaurer les espaces publics que les Grecs nommaient agoras (4) : Pour élaguer les branches mortes qui portent leur insidieuse torpeur dans la sève même de l'arbre.

     

     

    L'économie n'est certes pas le destin, mais elle est, indubitablement, un espace de combat, un créneau qu'il faudra défendre âprement, avec un acharnement féroce.

     

     

     

     

    ◊ Notes :

     

    • (1) Jean-Marie Albertini et Ahmed Silem, Comprendre les théories économiques, 2 vol., t. 1 : Clés de Lecture, t. 2 : Petit guide des grands courants, Seuil, coll. Points Économie (E16, E17), 1983.
    • (2) L'écrivain Marnix Gijsen s'est moqué, dans ses souvenirs américains, de la manie de créer des sectes, de devenir “prédicateur”. Il nous décrit les mimiques, la gestuelle, l'emphase d'un gangster, plusieurs fois assassin, devenu prédicateur itinérant, pour sauver les âmes et, de ce fait, encaissant plus d'argent qu'en braquant les banques.
    • (3) Si l'économie n'a plus de cohérence, la société n'en a pas davantage. On ne saurait trop conseiller la lecture des ouvrages récents de sociologie qui stigmatisent cet état de choses ou se bornent à en faire une description méticuleuse. Cf. David Riesman, La foule solitaire, anatomie de la société moderne, Arthaud, 1964 ; Jürgen Habermas, Strukturwandel der Oeffentlichkeit,Luchterhand, Darmstadt und Neuwied, 1962/1980 (11ème éd.). Christopher Lasch, Le complexe de Narcisse, la nouvelle sensibilité américaine, Robert Laffont, Coll. Libertés 2000, 1981 ; sur l’œuvre de Lasch et sur le narcissisme social, on lira le numéro spécial de la revue américaine Telos (n°44, été 1980) consacré à ce sujet. Richard Sennett, Verfall und Ende des öffentlichen Lebens : Die Tyrannei der Intimität, Fischer, Frankfurt am Main, 1983. Gilles Lipovetsky, L'ère du vide : essais sur l'individualisme contemporain, Gallimard, 1983. Jean Chesneaux, De la modernité, Découverte / Maspero, 1983. Jean Baudrillard, Les stratégies fatales, Grasset, 1983.
    • (4) Cf. l'ouvrage de Richard Sennett cité en note (3).
  • Areva ==> Chine, danger !

    C'est à juste raison que les syndicats du groupe français Areva redoutent leur submersion par la China Guangdong Nuclear Power Holding Co. Ltd. Selon Challenges, le protocole d'accord préliminaire entre cette entité publique chinoise, qui exploite déjà des réacteurs français, et les groupes EDF et Areva prévoit des transferts de savoir-faire des segments chauds, puisque c'est ce qui intéresse d'abord les patrons chinois. La chaudronnerie et le béton nucléaires, ils connaissent.
    Sauf si le réacteur de troisième génération dont la technologie sera transférée était construit sous licence domestique exclusive de territoires extérieurs (voir ci-dessous l'état du marché), il est presque sûr que nous nous trouverons dans dix ou quinze ans en concurrence avec des sociétés nucléaires chinoises dans les appels d'offres internationaux émis par l'Amérique latine, l'Afrique, voire même dans la zone OCDE, comme on l'a vu déjà sur le Golfe persique avec les Sud-coréens. Nonobstant le fait que d'autres peuvent aussi leur transférer de la technologie chaude, et sans tenir compte d'un lâchage d'EDF de l'industrie française faisant avec CGNPC le coup de Serge Tchuruk chez Alcatel, qui décida d'expatrier toute la fabrication. Des détails indispensables dans La Tribune du 29/05/2012 (Marie-Caroline Lopez).

    Certes, le marché domestique chinois est énorme, à la hauteur des besoins exprimés et anticipés par la deuxième économie mondiale, et n'en déplaise à nos écologistes de croisière, l'énergie nucléaire est la seule à relever le défi. Ce qui n'empêche nullement les pays des piémonts himalayens d'équiper leurs pentes de centrales hydrauliques et de couvrir leurs déserts de fermes solaires, mais ça ne suffit pas. Au plan stratégique - vu que les questions de terreur atomique sont déjà actées pour la Chine et l'Inde - la future production nucléaire d'électricité soulagera la demande excédentaire sur les autres sources d'énergie et contribuera fortement à la réduction de la pollution atmosphérique de ces empires à charbon.
    En 2007, un contrat a été signé entre Areva et la CGNPC pour deux EPR à la centrale de Taishan. Mais à la centrale de Xianning, CGNPC construira deux réacteurs AP1000 de Toshiba-Westinghouse (génération III+) avec un fort coefficient d'intégration locale. Quatre AP1000 sont déjà en construction à Sanmen et Haiyang pour CNNC et CPI respectivement (deux autres sociétés chinoises). Au moins huit autres AP1000 sur quatre sites suivront ; et derrière eux s'en planifient trente de plus, en améliorant chaque fois le coefficient d'intégration.
    Les Chinois jouent à la perfection des attentes concurrentes de leurs partenaires obligés, surtout quand l'un d'eux est sensiblement en désordre. Il s'agit bien sûr du club infernal EDF-GDF-Suez-Areva-Vinci qui a fait des "étincelles" à Abou-Dhabi.
    Dans dix ou quinze ans, M. Montebourg ne sera plus aux affaires, aussi la perte d'avantage de la filière française et le contrecoup submersif attendu ne l'empêchent-ils pas de dormir, puisqu'on ne l'entend pas sur ce dossier qui est en négociation depuis un an, nous dit le président d'Areva, Luc Oursel. C'est qu'à sa décharge, il vient de se faire larguer par sa copine qui ne le supporte plus après tant d'années de lutte pour l'indépendance. Il doit ranger le désordre de son coeur. A moins que dans ce dossier comme dans celui de Peugeot, d'Arcelor-Mittal ou de Sanofi, M. Montebourg, qui ferait un mauvais coiffeur, n'y comprenne toujours rien.
    La France dispose encore d'atouts, avant qu'elle n'en crée d'autres par la recherche fondamentale et appliquée indispensable à notre survie, et parmi ces atouts - aéronautique, astronautique, missiles, ferroviaire, agro-alimentaire, luxe, télécoms, biochimie, bancassurance... - il y a la technologie nucléaire "maison" qui affronte les meilleurs. C'est un diamant plus gros que le Youkounkoun. Parler de patriotisme industriel et laisser négocier pareils échanges sans contrôle d'une intelligence supérieure serait stupéfiant. Malheureusement c'est déjà arrivé !

    Sans préjuger des réponses adroites que la direction d'Areva prépare, je conseillerais humblement aux délégués syndicaux de l'assigner en justice immédiatement en déposant un recours en référé devant le Tribunal de grande instance de Paris, parce que les textes officiels sont toujours en retard sur les décisions verbales actées dans des memorandum of understanding séparés, établis au fil des négociations. Faudra-t-il encore comprendre le texte du protocole actuel qui peut être limpide, ou réserver les précisions "ennuyeuses" dans des annexes pas toujours disponibles ou finies. C'est un travail de professionnel des contrats d'ingénierie. Si les Chinois négocient le transfert de l'EPR depuis un an, les syndicats sont déjà en retard, pour ne parler que d'eux. Le ministère en remorque de la bandaison industrielle, c'est sans intérêt ! Sur les quinze réacteurs en production en Chine, six sont français (source AIEA compilée Wiki pour la suite).

     http://royalartillerie.blogspot.fr/

  • Nouvelles du front, le vrai

     La Grèce attend son argent, titre la presse. Les caisses sont vides et les quarante milliards promis seraient les bienvenus (44,5Mds€ exactement = T2: 31,2 + T3: 5,0 + T4: 8,3). Le FMI n'y croit pas et demande de saquer 22000 bouches inutiles, en plus des 27000 prévues d'ici à 2014. Le total à rayer des cadres s'élevait déjà à 125.000 pour fin 2016, il passerait à 147.000. La Grèce répond "non".

    Stournaras, ministre des finances héllènes

    La Grèce attend "notre" argent, et celui du Tiers-monde car les disponibilités du Fonds monétaire international sont d'ordinaire réservées aux pays faibles en décalage dans leur développement. Ce qui n'est pas le cas de la Grèce qui, à part bronzer, ne semble pas vraiment vouloir se développer. En attendant l'embellie, le Trésor héllène lève des fonds à 4% sur le marché, ce qui n'est pas catastrophique pour un pays insolvable hors-perfusion.
    Le gouvernement d'Athènes a pris deux décrets au début du mois (source Le Parisien) : Le premier, plutôt humiliant, met en place un "mécanisme de contrôle budgétaire automatique" exigé par les créanciers, qui vise surtout les finances jusque là largement incontrôlées des collectivités locales et des grandes entreprises publiques (ndlr: les tricheries étaient généralisées, les fonctionnaires d'Etat licenciés étant réembauchés par les villes ou les fromages républicains). Il prévoit également un suivi mensuel assorti de corrections (augmentation des impôts locaux, mutations obligatoires de personnel...).
    Ce décret, que la constitution prévoit dans "des situations d'urgence", impose aussi que les recettes des privatisations soient versées "sur le compte spécial de l'Etat consacré au paiement du service de la dette". Sous la pression de l'UE et du FMI, la Grèce doit procéder à des privatisations et concessions de patrimoine foncier et immobilier censées lui rapporter 9,5 milliards d'euros d'ici à 2016, dont 2,5 milliards en 2013.
    Le second décret précise des modalités de réduction des dépenses de santé et d'ouvertures de professions à la concurrence. Il aligne sur le régime général des fonctionnaires les retraites des employés du parlement, et prévoit des coupes de 20% dans les pensions de plus de 3.000 euros.
    Quand on sait la gabegie éhontée de l'Etat grec, il n'y a pas de quoi hurler au loup !
    L'euro ne pouvant profiter qu'aux peuples qui travaillent, le pays des fonctionnaires doit pouvoir dévaluer sa monnaie pour pouvoir les payer en monnaie de singe (Nebout chez Bilger). Donc, sortir de l'euro et montrer aux europhobes combien on s'en sort mieux tout seul !
    Hasta la vista, baby !
    Pour nous, c'est Moody's qui fait des siennes, depuis Francfort en plus ! .

    Richard Cantor, patron "risque" de Moody's

    Ils déclassent notre note de confiance (le fameux AAA), avec perspective négative, ce qui est doublement vache pour le gouvernement Ayrault, car c'est bien le pronostic (donc l'avenir) qui est fait et non la notation du bilan clôturé le 5 mai 2012, comme le prétend M. Moscovici. Moody's prétexte « une perte de compétitivité graduelle mais continue, des rigidités des marchés du travail, des biens et des services et des perspectives budgétaires incertaines en raison de la dégradation des perspectives économiques. De plus, la capacité de la France à résister à d'éventuels nouveaux chocs futurs de la zone euro diminue d'autant plus que son exposition aux pays fragiles de l'Union monétaire, via les liens commerciaux ou bancaires, est beaucoup trop importante ». Standard & Poor's avait fait ce pronostic il y a dix mois pour enlever le AAA à la France ; Fitch va y venir en janvier, mais c'est une agence moins importante et possédée par le groupe français Fimalac, donc douteuse dans son jugement soumis à d'éventuels conflits d'intérêts.
    Le seul point positif devrait être une remise en cause par le gouvernement de la dépense publique qui tue toutes ses bonnes intentions ; mais déjà s'élèvent des rangs de la Gauche les clameurs d'une classe dissipée contre le prof qui a donné des notes trop sévères. Et l'inimitable Jean-Luc Mélenchon, jamais en retard d'une vocifération stérile, de hurler à l'attaque du pays par la Finance. Il va bientôt aboutir à la fortune anonyme et vagabonde, prélude à la dénonciation des trois confédérations !
    Plus grave est la falaise fiscale américaine.

    Eric Cantor chef du GOP à la Chambre

    Ce sont des décrets à effets automatiques qui découlent de la Loi de Finances 2011 et qui entreront en vigueur à des dates prévues en 2013. Ils visent à réduire le déficit public de près de 50 pour cent. Parmi ces lois, on trouve la cessation des allègements fiscaux Bush et la fin de certaines dépenses budgétaires courantes. Si les grands programmes fédéraux ne sont pas touchés, sécurité sociale, pensions fédérales de retraite, primes aux anciens combattants, le fonctionnement de beaucoup d'agences et services fédéraux sera perturbé par les coupes et les séquestres conservatoires de crédits. Même si à long terme on peut attendre un redémarrage puissant de l'économie américaine (bientôt auto-suffisante en énergie), on en prédit quand même une forte récession immédiate, désastreuse en termes d'emploi, et dangereuse pour la finance mondiale par l'onde de propagation, dixit le FMI. Républicains et Démocrates en discutent maintenant sous la pression de l'administration Obama II. S'il n'en sort rien, nous sentirons le vent de la déflagration plus fort qu'à la Noël 1999. On me dit dans l'oreillette qu'on s'en fout puisque la fin du Monde est annoncée pour le 23 décembre ! Finalement tout finit toujours par s'arranger, même mal ! http://royalartillerie.blogspot.fr/

  • Quelques propositions pour sauver l'industrie automobile en France.

    Au mois de juillet dernier, la direction de l’entreprise PSA annonçait un vaste plan malencontreusement qualifié de « social » car profondément antisocial (et là, sans guillemets !), plan qui prévoyait 8.000 licenciements en France dans les usines du groupe, dont 1.400 sur le site de Rennes-La Janais. C’est, en fait, la conséquence directe des erreurs stratégiques de la famille Peugeot et d’une certaine désinvolture à l’égard des salariés, moins considérés, en définitive, que les actionnaires : est-ce si étonnant que cela dans un système économique qui compte plus en valeurs financières qu’en valeurs humaines, et qui a oublié ce principe humaniste énoncé par le véritable théoricien de la monarchie absolue, Jean Bodin, du temps du roi François Ier : « il n’est de richesses que d’hommes » ?

    Aujourd’hui, à Rennes comme à Aulnay, il faut parer au plus pressé, peut-on dire : éviter la disparition de 8.000 emplois, militer pour un moratoire sur ces licenciements programmés et, au-delà, penser l’avenir de la filière automobile en France : par exemple avec la création et la construction de nouveaux modèles adaptés aux conditions (et obligations) nouvelles des circulations urbaines et rurbaines, mais aussi au « souci environnemental », pour limiter consommations et pollutions des hydrocarbures, entre autres.

    Les projets dans les cartons ne manquent pas, et la crise actuelle de l’automobile en France peut inciter à explorer de nouvelles pistes industrielles : « l’imagination au pouvoir », pourrait-on clamer et espérer !

    Néanmoins, cela ne suffira pas, au regard même des enjeux environnementaux et de l’épuisement progressif (mais de plus en plus rapide) et inéluctable des matières premières non-renouvelables aujourd’hui nécessaires dans la construction automobile. Aussi, il n’est pas inutile de proposer une transformation d’une partie de la branche « fabrication » en branche ou filière « réparation » ou « reconversion » des véhicules déjà en circulation. Il y a là une piste à explorer, et cela d’autant plus que les usines de Rennes-La Janais et d’Aulnay-sous-Bois (entre autres) connaissent bien, pour les avoir fabriqués, une partie des modèles de Peugeot-Citroën qu’il s’agirait de réparer ou reconvertir. Je précise qu’il s’agirait de réparations lourdes (voire très lourdes) et non de celles déjà effectuées dans les garages de la région, et c’est pour cela que le terme « reconversion » peut sembler mieux adapté à cette proposition, avec reconstruction de grandes pièces et possibilités d’adapter de nouvelles pièces, voire des éléments de carrosseries et des moteurs (moins énergivores, par exemple), au lieu d’envoyer les véhicules très abîmés ou trop fatigués à la casse, comme cela se fait aujourd’hui. Cette stratégie, qui de toute façon s’imposera tôt ou tard à l’ensemble des filières industrielles d’ici quelques décennies, voire quelques années, par le simple fait de la raréfaction des matières premières non-renouvelables (et donc de leur surenchérissement consécutif), peut permettre à PSA de prendre de l’avance en ce domaine d’avenir que sera, justement, « la reconversion » ! De plus, cela permet de préserver, à longue échéance, l’emploi dans la filière automobile qui, au niveau mondial, va bientôt atteindre son niveau de saturation, en unités roulantes comme en possibilités circulatoires

    Il est fort dommage qu’aujourd’hui la direction de PSA et l’Etat soient si peu réactifs face à la crise automobile, et que la République semble abandonner les ouvriers de PSA-Rennes comme ceux d’Aulnay à une sorte de fatalité économique qui cache, en fait, une absence de volonté d’agir à la tête de l’Etat pour sauver l’industrie française (et cela malgré les velléités de M. Montebourg, peu soutenu par le ministre de l’économie, M. Moscovici…) : les propos de M. Hollande ne sont guère à son honneur ! Alors qu’il devrait être le protecteur des salariés français, il les abandonne à une mondialisation destructrice des forces vives de notre pays : quel gâchis et, au-delà, quelle honte !

    Décidément, les salariés de notre pays ne peuvent pas attendre grand-chose de cette République si libérale et si peu sociale…

    http://jpchauvin.typepad.fr/

  • Affaire Bettencourt : Sarkozy attendu chez le juge Gentil

    FPI - L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy est attendu ce matin à Bordeaux dans le bureau du juge Jean-Michel Gentil en charge de l'affaire Bettencourt.
    Cette convocation surmédiatisée de l'ancien chef d'État, constitue véritablement « l’apogée » dans la carrière du juge Gentil. Elle pourrait cependant se terminer par un simple placement sous le statut de témoin assisté.

     

    En effet, le juge et ses collègues Cécile Ramonatxo et Valérie Noël veulent entendre Nicolas Sarkozy sur un éventuel financement illicite de sa campagne de 2007, voire des remises de fonds ultérieures, grâce à de l'argent de Liliane Bettencourt.
     
    Les juges veulent également savoir si Sarkozy a pu toucher de l'argent directement, ou bien si ses activités politiques ont pu être aidées par une partie des quatre millions d'euros en liquide que l'ancien homme de confiance des Bettencourt Patrice de Maistre a fait revenir d’un compte suisse.

    Beaucoup de « si » et de conditionnels dans cette « affaire »… à suivre.

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Crise de l’euro : encore un sommet européen sous de mauvais auspices

     

    FPI - Les vingt-sept pays de l’Union européenne se rencontrent aujourd’hui à Bruxelles pour discuter des budgets à l’horizon 2014-2020. Sur fond de pessimisme dans une ambiance minée par la crise dans la zone euro.
    Planifié sur deux jours, ce nouveau sommet risque fort d’aggraver les désaccords qui divisent déjà les pays de l’Union. En effet, les discussions s’annoncent particulièrement ardues car chaque pays fera valoir ses priorités, ses budgets intouchables et ses coupes jugées indispensables.
    En plus du chiffre global du budget, trois grands sujets retiendront particulièrement l’attention des participants :
    Ø  la politique agricole commune, défendue par la France, mais aussi par nombre d’États d’Europe centrale et orientale, comme par exemple la Pologne ;
    Ø  la politique de cohésion, c’est-à-dire les aides aux régions en retard de développement par rapport à la moyenne européenne. Ce sont surtout les pays d’Europe centrale et orientale qui y sont les plus attachés puisqu’ils en sont les principaux bénéficiaires. Une position soutenue aussi par l’Espagne et l’Italie.
    Ø  la question des rabais accordés à certains sur leurs contributions. On pense au fameux chèque britannique, mais cela concerne aussi l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche. Et beaucoup de pays voudraient les supprimer.
    Chacun des Vingt-Sept dispose d’un droit de veto en matière budgétaire et les positions actuelles des uns et des autres semblent difficilement conciliables.

    D’ailleurs, la chancelière allemande a déjà fait savoir qu’un nouveau sommet en janvier 2013 était envisageable.

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Énergie : l'éolien et le solaire vont coûter très cher

    La facture des travaux à réaliser dans les prochaines décennies pour renforcer le réseau électrique à haute tension augmentera fortement si la France décide de mettre le paquet sur les énergies renouvelables, a prévenu mercredi RTE.
    Cette filiale d'EDF qui gère le réseau national de lignes à haute tension, c'est-à-dire les grandes artères du réseau électrique, a chiffré mercredi entre 35 et 50 milliards d'euros les investissements qu'elle devra réaliser d'ici à 2030 pour accompagner l'évolution du système électrique.
    Cet éventail très large, qui figure dans une actualisation de son "schéma de développement décennal", s'explique par le grand écart entre les scénarios pris en compte, alors que le système électrique est à l'aube de profonds bouleversements.
    Ainsi, dans un scénario "médian" (réduction modeste de l'électricité nucléaire, accompagnée d'une forte hausse des énergies renouvelables), les besoins seraient de "35 à 40 milliards". Mais dans un "nouveau mix" (une chute du nucléaire et un développement très accéléré de l'éolien et du solaire), la facture grimperait à 50 milliards.
    Ce chiffrage devrait éclairer le débat sur la transition énergétique, qui s'ouvrira à la fin du mois. Ce débat doit aboutir à des recommandations pour atteindre l'objectif que s'est fixé le gouvernement de réduire de 75% à 50% à l'horizon 2025 la part du nucléaire dans la consommation française d'électricité. Les solutions retenues feront l'objet d'une loi de programmation attendue avant l'été 2013.
    Or, l'implantation des énergies renouvelables (éolien sur terre et en mer, solaire, hydroliennes...) ne suit pas la même logique que celles des centrales nucléaires, et selon la recomposition du "bouquet" énergétique national qui sera décidée, il faudra rééquilibrer plus ou moins fortement le réseau électrique et renforcer le "maillage" de telle ou telle région.
    2.000 KILOMÈTRES DE LIGNES À CRÉER OU RÉNOVER
    In fine, les dépenses des gestionnaires de réseaux sont financées par les consommateurs. Le réseau à haute tension pèse à lui seul environ 10% des factures d'électricité des Français (contre 46% pour l'ensemble des réseaux, basse et moyenne tension inclues).
    À une échéance plus rapprochée, de grands travaux sont également à prévoir. RTE prévoit la mise en service de 73 nouvelles lignes à haute tension entre 2013 et 2015, dont 63 seront souterraines, et investira sur cette période environ 1,5 milliard d'euros par an.
    De plus, le gestionnaire de réseau estime qu'il faudra créer ou renforcer au minimum plus de 2.000 km de lignes à très haute tension (THT) d'ici à 10 ans, et investir 15 milliards d'euros d'ici 2020.
    Il s'agit notamment de renforcer les liaisons aux frontières (qui permettent de combler les besoins du pays en électricité durant les pics de consommation hivernaux, et d'exporter le reste de l'année), mais aussi de restructurer les liaisons dans le Massif central, et de renforcer le réseau dans le grand Est et entre la Normandie et l'île de France.
    RTE souligne au passage qu'il s'agit d'un "socle d'investissements invariants", indispensables à l'approvisionnement électrique du pays (notamment pour accroître les capacités d'échange d'électricité avec les pays voisins). Et ce socle devra être complété en fonction des "options retenues à l'issue du débat sur la transition énergétique", prévient la filiale d'EDF.
    RTE mène déjà des travaux d'envergure. Il est notamment en train d'achever la très contestée ligne THT Cotentin-Maine, qui reliera le futur réacteur EPR de Flamanville (Manche) au réseau national, et construit une liaison électrique souterraine franco-espagnole à travers les Pyrénées Orientales.

    Avec AFPhttp://www.francepresseinfos.com/

  • L'union de la droite dans l'opinion des Français

    Il y a deux droites en France : la droite classique et la droite populiste. Ces deux droites ne sont pas sociologiquement homogènes. Il y a davantage de hauts et moyens revenus, de diplômés et de retraités dans la droite classique (UMP et centristes) que dans la droite populiste (Rassemblement bleu marine) qui mobilise même davantage les classes populaires que la gauche. En revanche, il y a une assez grande proximité idéologique : sur l’immigration, sur la sécurité, sur les questions de société, sur le protectionnisme, les électorats des deux droites partagent les mêmes orientations. En revanche, des divergences apparaissent sur l’Europe et le modèle économique. Tel est le diagnostic solidement argumenté qui a été présenté par Philippe Baccou lors de l'université du Club de l'Horloge le 20 octobre 2012.
    Polémia.

    Etienne Lahyre vient de nous donner un premier état de l'union de la droite au vu des récents résultats électoraux. Ses analyses sont très précises et stimulantes pour l'esprit. Elles montrent bien qu'il existe déjà dans les urnes, et de plus en plus, un potentiel d'union de la droite : un potentiel qui justifie que les composantes politiques de la droite se rapprochent, qu'elles coopèrent et qu'elles luttent ensemble contre leurs adversaires.

    Voyons maintenant ce qu'il en est sur un autre plan, celui de l'opinion publique. Je vous parlerai donc ici non plus de votes, mais de sondages. Et j'essaierai de répondre à une question précise : Que disent ces enquêtes sur la capacité du peuple de droite à s'accorder autour de valeurs communes, de convictions communes, de propositions communes et de stratégies politiques communes ?

    Droite populiste / Droite classique

    Commençons par quelques questions de vocabulaire. De quelle droite, de quel peuple de droite parle-t-on ? Je limiterai la droite à deux familles politiques. La première famille est constituée autour de l'UMP et de ses alliés ou associés tels que le Parti radical de Jean-Louis Borloo, le Nouveau Centre d'Hervé Morin, le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, le mouvement Chasse, Pêche, Nature et Traditions de Frédéric Nihous ; j'y ajouterai, bien qu'il ne puisse être considéré à proprement parler comme un allié de l'UMP, le mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan. La seconde famille est constituée par le Front national de Marine Le Pen et par des mouvements politiques qui lui sont proches, notamment le mouvement Souveraineté, Indépendance et Libertés de Paul-Marie Coûteaux ou celui des Identitaires.

    Comment qualifier ces deux familles de la droite ? Toute appellation comporte évidemment un certain degré de subjectivité. Si l'on est proche du FN, on opposera volontiers la vraie droite, droite nationale ou de conviction, à la fausse droite de l'UMP et de ses alliés. Si l'on est de gauche, comme le journal Le Monde, on opposera la droite républicaine de l'UMP à l'extrême droite (sous-entendu alors non républicaine) de Marine Le Pen. Si l'on est proche de l'UMP, on se dira appartenir à une droite parlementaire, ou modérée, ou encore – du moins avant les dernières élections – à une droite de gouvernement, par opposition à une droite protestataire, droite qui, elle, ne cherche pas à gouverner et se discrédite par ses excès. Pour ma part, j'insisterai plutôt sur le caractère plus traditionnel de la première famille de la droite, celle de l'UMP, que j'appellerai donc la droite classique, par contraste avec une droite plus nouvelle, celle du Front national. Cette droite nouvelle se veut le porte-parole du peuple contre des élites qui ne le défendent pas ou qui le trahissent, et c'est pourquoi je la qualifierai de droite populiste.

    Vous constaterez que dans ce tableau des familles de la droite, j'inclus des mouvements qui se définissent comme centristes mais que je n'inclus pas le Modem de François Bayrou. On peut, certes, se demander s'il n'y a pas une proximité entre les sympathisants de François Bayrou et les Français du peuple de droite. Reconnaissons que, sur certains points au moins, cette proximité existe. Mais il serait tout de même paradoxal de classer parmi les familles de la droite les sympathisants d'un homme politique qui, au cours de ces dernières années, a constamment manifesté sa volonté de ne pas se référer au clivage gauche/droite et qui, surtout, a donné l'exemple à ses troupes du soutien au candidat de la gauche au second tour de la dernière élection présidentielle !

    Droite classique, d'une part, droite populiste, d'autre part : ces deux droites regroupent une moitié des Français – parfois plus, parfois moins – qui constituent, tous ensemble, un peuple de droite sur lequel les enquêtes d'opinion ont beaucoup à nous apprendre. Chacune de ces enquêtes doit naturellement être considérée avec prudence, mais, lorsqu'elles sont suffisamment nombreuses et répétées, elles finissent par donner une idée assez précise de l'état de l'union de la droite.

    Trois questions sont à considérer :

    – Le peuple de droite est-il sociologiquement homogène ? Je répondrai ici : non.
    – Le peuple de droite a-t-il des opinions homogènes ? Oui, largement.
    – Le peuple de droite, enfin, est-il prêt à l'union de la droite ? Pas encore complètement, mais de plus en plus.

    La suite de ce texte en son entier est à lire dans sa version PDF en cliquant ici.

    Philippe Baccou  CDH  20/11/2012 http://www.polemia.com/

  • Fortune : 7 millions de visiteurs !

    Le site vient de franchir le cap des 7 millions de visiteurs uniques. En un peu plus de trois ans, Fortune, média de réinformation à vocation principalement économique,  mais aussi écologique et géopolitique, a pu relayer plus de 4.000 articles et 2.000 vidéos.  Beaucoup d’entre vous n’ont pas hésité à les enrichir de 93.000 commentaires, souvent constructifs et pertinents.

    Ces lecteurs sont ainsi venus compléter le travail de notre équipe de bénévoles. Les rangs de notre petit groupe de “stakhanovistes” se sont d’ailleurs étoffés au fil du temps, afin de répondre aux exigences d’une fréquentation accrue.

    La courbe des visites est en effet en forte hausse, puisque notre audience a plus que doublé ces 14 derniers mois. Pour mémoire, vous étiez 2,24 millions de visiteurs uniques le 15 septembre 2011.

    Ce résultat est aussi le vôtre. Soyez sincèrement remerciés pour la qualité de votre engagement à nos côtés. Votre fidélité, le nombre de vos propositions de sujets, avec parfois des contributions exclusives, constituent les meilleurs des encouragements.


    Fortune : 7 millions de visiteurs par _romegas

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Dégradations en tous genres

    Le recul de la notation Moody's des produits financiers de l'État central parisien pourrait, en elle-même et dans l'immédiat ne pas entraîner de conséquences trop graves. Elle est cependant intervenue ce 19 novembre, au plus mauvais moment. Elle corrobore la publication par The Economist la semaine précédente d'un dossier accablant de 14 pages qui aurait dû mettre en garde contre la perspective d'une catastrophe analogue aux scénarios imposés à l'Espagne, à la Grèce, au Portugal et même à l'Italie.

    À l'instant même où ces lignes sont écrites la gouvernance européenne se révèle incapable de prendre les mesures les plus évidemment nécessaires. Bizarre assemblage de structures impuissantes typiquement synarchiques elle emboîte des comités qui actuellement se télescopent. Les jours à venir risquent donc d'être sérieusement marqués par ce chaos.

    Tomber dans la dépendance du FMI, de l'Eurogroupe et de la BCE dégraderait donc infiniment plus le pays que la hausse éventuelle des taux d'intérêt nominaux.

    L'attelage Hollande-Ayrault n'avait donc pas besoin du handicap constitué par ce nouvel avertissement sans frais sur les marchés obligataires.

    Or, il se trouve désormais que sur les 17 membres de la Zone Euro, il ne reste plus que 5 pays vraiment crédibles aux yeux de la finance Internationale. Il s'agit de l'Autriche, du Luxembourg, des Pays-Bas, de la Finlande, et bien entendu le plus puissant en Europe : l'Allemagne de Mme Merkel. Les États du sud semblent de plus en plus détachés de ce groupe à la fois géographique et culturel.

    Le découplage frappe également la France de M. Hollande, cela va sans dire mais cela mérite d'être rappelé à ceux qui ne l'ont pas encore compris.

    Il faut certes beaucoup d'ingénuité pour suivre la réaction du gouvernement. Celui-ci réinvente, à 30 ans de distance, – plus exactement il sort des poubelles de l'oubli, – pour expliquer ses échecs, la rhétorique de l'héritage.

    Quand nous entendons un Moscovici déployer cet argumentaire avec l'appui de ce que "Le Monde" (1)⇓ appelle "un proche de François Hollande interrogé par l'AFP" nous voguons allègrement en plein "illusionnisme de gauche" (2)⇓.

    N'ose-t-on pas nous dire sans rire que "ceci valide notre stratégie économique" ?

    Reportons-nous en effet à notre "grand journal du soir, en page précédente. Il décortique à sa manière les raisons de la décision de dégradation prise par Moody's. On pointe trois arguments principaux, alimentant les inquiétudes. Celles-ci ne troublent pas seulement les agences de notation. Elles pèsent sur les décisions de bailleurs de fonds internationaux. Or c'est auprès de ceux-ci que la République jacobine, que ses collectivités locales, que ses caisses sociales, que ses usines à gaz étatiques vont quémander des prêts destinés à payer des intérêts, sans doute encore trop modestes, et faire semblant de combler des déficits en aggravation constante depuis 30 ans.

    Voici donc les 3 motifs, dans l'ordre cité par le Monde

    1° D'abord les multiples défis structurels. Ah, certes, le rapport Gallois est apprécié en lui-même de façon positive au nom de l'agence par M. Dietmar Hornung. Mais ce macro-économiste optimiste basé à Francfort note que son effet positif, auquel il semble croire, ne risque d'être perceptible qu'en 2014.

    Au bout du compte ce rapport, méthodologiquement aberrant, n'a fait qu'amoindrir très provisoirement une dégradation promise à la "catégorie B".

    "Nous attendons les annonces", nous disent les experts à propos d'une question cruciale. Sur celle-ci achoppent actuellement tous les programmes de rigueur en Europe, puisqu'il s'agit de l'évolution du marché du travail.

    Les technocrates internationaux "attendent". Ils risquent fort, telle sœur Anne de ne pas voir grand-chose venir, tant qu'un Michel Sapin pourra dire que les 35 heures restent impossibles à négocier.

    2° Moody's remarque le caractère "incertain" [nous dirions plus précisément "mensonger"] des perspectives budgétaires, elles-mêmes fondées sur des hypothèses de croissance a priori irréalistes.

    3° Enfin la France se trouve l'un des pays les plus exposés à la crise de la Zone Euro, au sein de laquelle précisément son influence ne cesse de reculer.

    Sur aucun de ces trois points le pouvoir actuel ne peut esquiver la responsabilité qui lui incombe, au tire des résultats de son action, ou de son inaction, des six mois écoulés.

    Une telle dégradation technique reflète en définitive un délitement politique, et osons le dire moral.

    On ne pourra plus se le dissimuler longtemps.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    notes

      1. cf. Édition papier en date du 21 novembre p. 3
      2. cf. le petit livre de Claude Fazier.

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