Europe et Union européenne - Page 839
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JT du Vendredi 4 Mars 2016 : Union européenne / Hollande - Cameron : le coup de pression
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De Calais à Athènes, la crise migratoire s’amplifie chaque jour
(NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Depuis début 2016, 130 000 « migrants » sont arrivés en Europe depuis la Méditerranée, selon le haut-commissariat aux réfugiés. Soit davantage que lors des six premiers mois de 2015.
Après l’Autriche, la Slovénie, la Hongrie, la Croatie et la Macédoine, c’était au tour de la Belgique, il y a dix jours, de rétablir le contrôle aux frontières pour empêcher un éventuel afflux de clandestins lié au démantèlement de la « jungle » de Calais. Depuis, 619 personnes ont été refoulées.
Où en est-on du démantèlement à Calais ?
Après les échauffourées de ces derniers jours, il se poursuit dans la partie sud et devrait durer un mois. Mais un quart des clandestins transférés dans les centres d’accueil seraient déjà retournés dans la « jungle », rejoignant la partie nord, pas encore concernée par le démantèlement.À Athènes, la situation est autrement plus préoccupante
La fermeture des frontières sur la route des Balkans aggrave l’engorgement en Grèce. Actuellement, plus de 20 000 migrants y sont coincés. Et la Commission européenne évalue à 100 000 le nombre de réfugiés qui risquent d’être bloqués en Grèce sachant qu’il en arrive entre 1 000 et 3 000 par jour.Dans le même temps, l’Europe entend réaffirmer le principe de libre-circulation dans l’espace Schengen, mis à mal par ces fermetures de frontières. Hier, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé qu’un retour à Schengen « est une condition préalable à la solution européenne à la crise des migrants ».
Après la crise financière, c’est une crise migratoire que vit la Grèce
Un nouveau plan d’aide pour la Grèce, c’est ce qu’a annoncé hier la Commission européenne. Mais ce n’est plus pour pallier la crise économique, c’est un fonds « humanitaire » d’urgence de 300 millions d’euros.Le sommet UE-Turquie consacré à la crise des migrants le 7 mars va-t-il arranger la situation ?
http://fr.novopress.info/199014/calais-athenes-crise-migratoire-samplifie-chaque-jour/
En novembre, Ankara s’était engagé à ralentir le flux migratoire qui traverse la mer Égée depuis ses côtes jusqu’en Grèce, en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et d’une accélération de sa procédure de candidature à l’Union européenne. Vu le flux incessant de populations et l’impatience manifestée par Bruxelles, force est de constater que cet accord tarde à produire ses effets. -
Le « label bio » dans le viseur de l’Union européenne et des lobbys ?
C’est la santé de nos enfants qui est désormais en cause.
L’Union européenne s’apprêterait à « assouplir » sa législation en matière d’agriculture biologique. Autrement dit, introduire une brèche au sein d’un label économiquement porteur, vers lequel un nombre croissant de nos concitoyens se tournent en dépit de son coût, susceptible de peser sur de nombreux foyers. Ou comment la technocratie pourrait détourner les efforts de la société civile, au sein de laquelle croît pourtant la volonté d’un changement.Alors que les produits issus de l’agriculture biologique représentent en moyenne un surcoût de 57 %, l’Agence BIO note une spectaculaire augmentation de près de 20 % de leur consommation entre 2012 et 2014. C’est dire qu’une profonde transformation des mentalités est en cours, susceptible de porter la reconversion de nombreuses exploitations et de renforcer l’économie nationale. Risquant pourtant de se heurter aux intérêts des lobbys et au manque de vision des élites de l’Union, susceptibles de court-circuiter d’une directive et d’une loi les aspirations populaires.
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Brexit : Le souverainisme à la mode britannique ... Une vraie bonne nouvelle pour l'Europe ?
La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est désormais une éventualité de court terme. Mathieu Bock-Côté estime [Figarovox - 24.02] qu'à leur manière bien singulière, les Anglais partisans du Brexitdéfendent le véritable esprit européen. Et lorsqu'il invoque la vie démocratique de l'Europe, c'est au sens des peuples, des nations, de leur pluralité. Il le fait en des termes et selon une conception de l'Europe, des sociétés et des nations, qui est aussi fondamentalement la nôtre. Sur ce même sujet, on pourra se reporter utilement au lundi de Louis-Joseph Delanglade publié ici-même le 29.02 : L’Union agonise ? Vive l’Europe ! LFAR
La table est mise, les Britanniques se prononceront le 23 juin sur leur sortie de l'Union européenne. Les cyniques ont déjà leur formule toute trouvée : les Britanniques envisagent d'autant plus librement de sortir de l'Europe qu'ils n'y sont jamais vraiment entrés. Il n'en demeure pas moins que la vie politique européenne tournera pour les prochains mois autour de ce débat fondamental : est-ce qu'un État est en droit de sortir d'une association politique qui était censée représenter un grand bond en avant dans l'histoire universelle ? Est-il même en droit de définir selon ses intérêts nationaux spécifiques sa participation à une telle union ?
Le sens de l'histoire, tel que l'interprétaient généralement les grandes figures de l'idéologie dominante, qui pousse à la dissolution des nations par le multiculturalisme et le globalisme, ne permettait pas cette prise au sérieux du fait national. Mais il semble que la liberté des peuples est encore capable de faire dévier l'inéluctable et que les grands processus historiques puissent se gripper quand la souveraineté s'en mêle. C'est d'autant plus vrai que la nation n'est pas une fiction idéologique, quoi qu'en pensent ceux qui y voient une construction sociale récente dans l'histoire du vieux continent, mais une réalité ancrée dans l'histoire. L'État-nation demeure l'horizon indépassable de la démocratie.
On peut reprendre la formule aujourd'hui à la mode : de quoi l'Europe est-elle le nom ? Louis Pauwels, la grande figure historique du Figaro Magazine, au moment d'en appeler à voter contre Maastricht, en 1992, distinguait entre les européistes et les Européens. Les premiers, disait-il, s'attachaient à une chimère idéologique désincarnée qui n'avait d'européenne que le nom. Les seconds, en se portant à la défense des nations, défendaient la civilisation européenne à travers le cadre qui avait permis le développement de la liberté politique. Pauwels n'était pas le seul à penser ainsi, même si le souverainisme français de l'époque, qui ne portait pas encore ce nom, avait moins explicité sa vision de la civilisation européenne.
À sa manière, c'est cette distinction qu'a reprise Boris Johnson, le maire de Londres, en contestant aux partisans de l'Union européenne la prétention à être les seuls défenseurs de l'Europe. Celui qui sera probablement la figure dominante du camp souverainiste, et qui lui donne un poids politique majeur, ne se laissera pas enfermer dans le mauvais rôle du Britannique insulaire seulement soucieux de cultiver son jardin. Il fait preuve d'un authentique cosmopolitisme. Il ne tolèrera manifestement pas l'étiquette d'europhobe que voudront lui coller ses adversaires et les commentateurs, qui ont décidé, en adoptant ce terme il y a quelques années, de psychiatriser la dissidence devant la construction européenne.
Le souverainisme britannique est particulier : à la différence des autres pays d'Europe occidentale, il n'est pas canalisé ni confisqué par une force politique populiste, ou du moins, étiquetée comme telle. On ne saurait sérieusement faire du petit parti eurosceptique UKIP un parti d'extrême-droite, quoi qu'en pensent ceux qui n'en finissent pas d'étendre la définition de ce terme. Mais surtout, le souverainisme est très présent au sein du Parti conservateur même si ce dernier, pour l'instant, demeure sous l'autorité de son chef. Évidemment, David Cameron ne saurait être défini comme un souverainiste au sens strict, mais les conditions qu'il a posées pour rester dans l'UE rappellent une chose : l'adhésion à l'Europe n'était pas pour lui inconditionnelle.
C'est une perle napoléonienne : un pays a la politique de sa géographie. Il ne peut s'en abstraire, même s'il n'en est pas prisonnier. C'est ce qui explique notamment que la Grande-Bretagne n'a jamais vu dans l'Union européenne autre chose qu'un grand marché auquel elle refusait son âme. La Grande-Bretagne appartient à la civilisation atlantique, et plus largement, à la civilisation anglo-saxonne. Pour Boris Johnson, la Grande-Bretagne serait plus forte délivrée des entraves communautaires. Elle renouerait avec une souveraineté lui permettant de conduire sa propre politique. À tout prendre, ses grands hommes politiques envisagent plus favorablement une éventuelle fédération des peuples de langue anglaise que d'unir son destin à l'Europe continentale.
La possibilité d'une séparation britannique obligera l'Europe à réfléchir à son identité profonde et à la nature du projet politique qu'on porte en son nom. Depuis le refus, en 2005, d'intégrer la référence aux racines chrétiennes de l'Europe dans la constitution européenne, c'est la vraie nature de la construction européenne qui s'est dévoilée. Elle entend moins constituer politiquement le vieux monde à travers un patriotisme de civilisation transcendant les nations sans les abolir, que bâtir une forme d'empire universel et humanitaire aux frontières indéfinies et prétendant embrasser théoriquement l'humanité entière. Cette posture suicidaire conduit inévitablement à un refus de l'idée même de frontière, puisque c'est la pluralité humaine qui est contestée.
La crise des migrants des derniers mois a rappelé une chose : non seulement l'Europe n'a pas vraiment de frontières, mais elle n'en veut pas non plus. Elle aurait l'impression de trahir sa vocation humanitaire en distinguant entre l'intérieur et l'extérieur de la communauté politique. Ce n'est pas le moindre des paradoxes que de constater que plus la construction européenne avance, et plus elle croit devoir dissoudre la civilisation européenne. Dans le monde idéal des européistes, la citoyenneté devrait recouper l'humanité entière et la logique des droits de l'homme définir exclusivement la vie politique. À terme, cette philosophie politique désincarnée provoque la révolte des peuples.
À sa manière bien singulière, la Grande-Bretagne se porte peut-être à la défense, en ce moment, du véritable esprit européen. Quel que soit le résultat du référendum, qu'on ne saurait sérieusement prophétiser plusieurs mois à l'avance, il aura au moins eu une vertu : rappeler que le politique peut surgir à tout moment dans la vie des peuples et jeter à terre les constructions idéologiques aussi artificielles qu'autoritaires. L'Europe ne saurait traiter ses peuples comme des provinces vassales. Parce qu'il redonne vie au politique et permet aux peuples de se le réapproprier, ce référendum représente une vraie bonne nouvelle dans la vie démocratique de l'Europe. •
Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques(VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada.
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ERTV au Salon de l'agriculture (01/03/2016)
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La Pologne : déchirée à l’intérieur, stigmatisée et diabolisée à l’étranger
Le destin de la Pologne est celui d’un peuple catholique fou de courage et de patriotisme dont le territoire n’a cessé de se déplacer et d’être partagé entre ses voisins.
Ce grand pays a gagné son indépendance après la guerre de 1914-18. Il a cependant continué à être martyrisé au terme d’un ultime partage, par les Allemands, comme à Varsovie en 1944, et par les Soviétiques, comme à Katyn en 1940. Il fut abandonné par Roosevelt et Churchill à Yalta.
La Pologne a été en pointe avec Jean Paul II, Lech Walesa et Solidarnosc dans le combat pour abattre le totalitarisme communiste qui l’a opprimée pendant près d’un demi-siècle.
Aujourd’hui elle entre en combat pour sauvegarder son identité et revendiquer sa souveraineté face au successeur de l’empire soviétique, le conglomérat européen, fruit du mondialisme et vassal de l’empire américain.
André PosokhowEn octobre 2015, Droit et Justice (PiS), le parti conservateur, identitaire, souverainiste, eurosceptique et attaché aux valeurs traditionnelles, a remporté les élections législatives et obtenu la majorité absolue. Quelques mois auparavant, le candidat conservateur, soutenu par Droit et Justice, Andrzej Duda, était devenu président de la République.
Pour la coalition des libéraux de Plate-forme civique (PO) et du Parti paysan polonais (PSL) et pour le cercle du président sortant (soutenu par le PO), cette défaite inattendue a constitué un énorme traumatisme.
Au cours des années précédentes, ces politiciens ont servi en priorité les intérêts des groupes politiques issus de l’ancien régime communiste qui se sont convertis au « capitalisme » ou plutôt à l’affairisme et étaient impliqués dans de nombreux scandales politiques et financiers.
Ils avaient aussi des liens très forts (parfois de caractère criminel) avec les services spéciaux russes et les capitaux étrangers investis dans les secteurs bancaire, médiatique et commercial.
Ils se rendent compte aujourd’hui qu’ils ont beaucoup à perdre.
Les réformes qui menacent la dolce vita des « enfants du Système »
Parmi les réformes inscrites dans le programme de Droit et Justice qui menacent la toile d’araignée de ces oligarchies on peut noter :
- l’introduction d’un impôt spécial sur les hypermarchés et la grande distribution ;
- la création d’un impôt spécial dans le secteur bancaire et les transactions financières ;
- la re-polonisation du secteur bancaire ; en 2015, 75% de ce marché était contrôlé par les capitaux étrangers ;
- la limitation du capital étranger dans les « médias mainstream ». En 2015, 80% des médias étaient aux mains de sociétés étrangères.
D’autres pans du programme inquiètent beaucoup, comme le refus d’accepter les quotas de réfugiés et les migrants économiques imposés par l’Union européenne ou, en ce qui concerne la vie morale, la loi sur l’avortement et la fécondation in-vitro.
Qui a peur de l’Etat de droit et de la démocratie ?
Presque immédiatement après ces élections libres et démocratiques, le gouvernement est devenu la cible des attaques hystériques des diverses forces politiquement correctes, gauchistes et progressistes.
Une organisation mystérieuse, le Comité pour la défense de la démocratie (KOD), alliée au PO (et peut-être créée par lui) et le journal Gazeta Wyborcza, qui soutient les libéraux, ont commencé à mener des campagnes sur le thème de « la menace qui pèse sur l’Etat de droit ».
Les mensonges se multiplient et aucun prétexte n’est écarté pour affirmer que la démocratie en Pologne se trouve en danger mortel. Les réformes du Tribunal constitutionnel sont présentées comme une scandaleuse violation de la Constitution et les changements introduits dans la loi sur les médias comme, bien sûr, destinés à limiter la liberté d’expression.
Déjà, avant la Noël 2015, la majorité des médias polonais, toujours aux mains des capitaux étrangers et favorables à l’ancien régime et aux idées dites progressistes, et les kapos du Parlement européen ont affirmé à qui voulait l’entendre que la Pologne connaissait une situation de crise. Comme dans le scénario hongrois le pays est devenu « la bête noire » des institutions de l’Union européenne et des médias de ses pays membres, avec cependant quelques exceptions.
Le sommet de l’hypocrisie : l’enquête de l’Union européenne sur la situation en Pologne
Martin Schulz, le président du Parlement européen, s’est permis de qualifier les événements en Pologne de coup d’Etat orchestré par le gouvernement polonais.
Enragés, les médias internationaux de gauche et du centre ont hurlé leurs accusations : la Pologne serait un pays xénophobe, antidémocratique, intolérant…
Stimulée, l’Union européenne a lancé une enquête sur la situation de l’Etat de droit en Pologne.
Au Parlement européen, un débat, ou plutôt une parodie de débat, a été engagée sur la situation de l’Etat de droit et de la démocratie en Pologne.
Il convient de souligner qu’un des fondateurs du PO, Donald Tusk, le président actuel du Conseil européen depuis décembre 2014, a été pendant sept ans le premier ministre polonais. Tout est préparé et organisé pour procéder à une critique sévère, à la condamnation et à la stigmatisation de la Pologne. On parle même de sanctions…
La première ministre polonaise, Beata Szydło, a décidé d’aller à Bruxelles pour défendre la souveraineté des décisions de son équipe. On ne lui donnait pas beaucoup de chances. L’Allemand Martin Schulz est un maître de manipulation et la majorité des groupes parlementaires était tombée d’accord sur la prétendue crise de la Pologne.
Cependant, le 19 janvier 2016, pendant le débat, les PPE, les Libéraux, les Verts, les Socialistes, ne sont pas arrivés à formuler des reproches précis.
Le soutien à la Pologne est venu de deux députés français, Jean-Luc Schaffhauser du Front national et Aymeric Chauprade, ainsi que de plusieurs membres de groupes de droite et de Tories britanniques.
La démocratie en Pologne se porte bien, mais la lutte n’est pas finie
Ceux qui ont été impliqués dans de trop nombreux scandales politiques et financiers n’ont pas vraiment compris que la société polonaise a dit « Assez ! » et qu’elle ne tolère plus la corruption, la manipulation de son peuple et la dictature « made in Brussels ».
Pour le moment, le gouvernement continue à réformer l’Etat avec le soutien de la majorité de la population. Les médias changent aussi. Les journalistes qui n’avaient pas honte de pratiquer la désinformation et de se moquer de tout ce qui ressemblait à du vrai patriotisme (dans la novlangue des médias : obscurantisme) sont sur le départ.
Certes, comme nous autres Polonais le disons aussi, une hirondelle ne fait pas le printemps, même à Varsovie. La société polonaise demeure et peut-être sera de plus en plus déchirée à l’intérieur par les tentatives de déstabilisation de cette nouvelle démocratie identitaire. Pour la renverser, la cinquième colonne au service des forces mondialistes ne cesse de déformer dans les médias de propagande la situation en Pologne et de la dépeindre, à la façon orwellienne, comme une diabolique antidémocratie.
Mais notre démocratie identitaire est soutenue par « l’homme de la rue » et, grâce à son patriotisme, il sera difficile aux médias de la manipuler. Il reste à espérer que les médias indépendants présenteront à l’opinion polonaise et internationale la réalité du paysage politique polonais.
Piotr Majewski., Universitaire, 25/02/2016
http://www.polemia.com/la-pologne-dechiree-a-linterieur-stigmatisee-et-diabolisee-a-letranger/
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Drieu: le Jeune Européen
Juste avant la débâcle de 1940, à un moment dramatique où il se penche sur son passé, il éprouve le besoin de faire le point sur ses premières œuvres et de publier un recueil de ses Écrits de Jeunesse : deux recueils de poèmes de guerre, Interrogation (1917) et Fond de cantine (1920) ; et deux recueils d’essais et de textes divers, La Suite dans les idées (1927) et Le Jeune Européen (1927). Mais, toujours insatisfait de lui-même, il croit nécessaire d’en retravailler la formulation, perdant ainsi au passage la fraîcheur de ses premières sensations ; cela nuit particulièrement à la nouvelle version de ses poèmes.Notre nouvelle édition des Écrits de jeunesse reste fidèle au projet de l’écrivain, mais c’est un nouveau livre, puisque nous avons préféré sauvegarder la verdeur des textes originaux, plutôt que de nous ranger aux corrections a priori discutables de l’âge mûr.
Bouleversés par leur expérience atroce de la « Grande Guerre », déçus par le morne immobilisme du vieux monde qu’ils voient retomber dans l’ornière de ses petites habitudes, les jeunes écrivains de cette génération espèrent encore pouvoir donner un sens à une modernité emportée par un perpétuel mouvement d’accélération dans le vide.
Malgré quelques incertitudes juvéniles, ces courts textes de Drieu incarnent avec vigueur cet esprit d’invention et cette sincérité, réalisant une subtile combinaison entre excentricités dadaïstes, enthousiasme futuriste pour l’innovation technique et révolte surréaliste, tout en maintenant vivace le souvenir de la tradition classique.
Professeur littérature comparée, Julien Hervier a notamment édité et présenté le Journal 1939-1945 de Drieu la Rochelle (Gallimard, 2012) et la correspondance de ce dernier avec Victoria Ocampo : Lettres d’un amour défunt (Bartillat, 2009, Prix Sévigné 2010).
Source: http://zentropa.info
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Un ancien ministre de Margaret Thatcher appelle les Britanniques à sortir de l'Union européenne
Et il ne s'agit pas de n'importe quel ministre. Il s'agit de Nigel Lawson, ancien ministre de l’économie et des finances de Margaret Thatcher et son appel est publié dans le Daily Telegraph. Extrait de la traduction trouvée sur le site de l'UPR :
"Le Premier ministre a clairement échoué à accomplir ses objectifs, et le moment est venu pour nous de quitter l’UE.
Dans 4 mois, les Britanniques seront vraisemblablement appelés à prendre la décision la plus importante de leur vie pour l’avenir de notre pays.
Ce n’est pas une décision par rapport à l’Europe en elle-même. C’est une décision pour savoir si nous voulons rester dans une institution profondément troublée et dévoyée connue sous le nom d’Union Européenne. Et personne n’aurait pu être plus clair sur la définition de ce problème que David Cameron, dans son discours à Bloomberg il y a trois ans, quand il s’était engagé à garantir une « réforme fondamentale et de grande portée » de l’UE. Il y a visiblement échoué.
Il s’était personnellement engagé à mettre fin à l’effet cliquet tristement célèbre, en assurant que «le pouvoir refluerait vers les États membres, et ne resterait pas éloigné d’eux ». Il a visiblement échoué sur ce front aussi :pas un seul pouvoir n’a été rendu au Royaume-Uni ; et la doctrine du prétendu « acquis communautaire », qui pose que les pouvoirs une fois transférés à l’Union Européenne ne peuvent plus lui être retirés, reste encore fermement en place.
Il avait également promis que tout ce qu’il voulait obtenir dans ses négociations impliquerait « un changement complet et approprié des traités », sans lequel ces décisions ne pourraient pas être juridiquement contraignantes. Aucun changement de traité n’a été obtenu.
Le Premier ministre ne peut pas être tenu pour responsable de son échec lamentable à atteindre ses objectifs. L’Union Européenne s’oppose de façon inflexible à tout autre changement qu’une intégration toujours accrue. Ce qui est en revanche inacceptable, c’est qu’il présente comme des succès les prétendues concessions qu’il a obtenues, alors que celles-ci vont du totalement inapproprié au complètement absurde (...)
Lorsque j’étais Chancelier, j’étais devenu de plus en plus conscient du fait qu’en termes économiques, l’appartenance à l’UE nous faisait plus de mal que de bien. Et encore était-ce avant l’arrivée de l’union monétaire européenne, qui est arrivée après que je quitte mes fonctions, et qui a eu un effet tellement désastreux sur l’économie de l’UE.
Mais il n’est pas surprenant que cela n’apporte aucun avantage économique puisque l’Union Européenne n’a jamais été un projet économique. Ça a toujours été un projet politique, avec un objectif politique que nous, au Royaume-Uni, ne partageons pas. Telle est la raison fondamentale, qui prime sur toutes les autres, pour laquelle nous devons voter en faveur de la sortie.
Cet objectif est la création d’une union politique en bonne et due forme, les États-Unis d’Europe.
Voilà le but de cette « union toujours plus étroite ». Comme la Déclaration solennelle de 1983 sur l’Union Européenne l’a explicité, il ne s’agit pas simplement d’une union des peuples d’Europe. Il s’agit carrément d’une union politique des États membres. Voilà aussi le but de l’union monétaire. Le père de l’Union monétaire européenne fut Jacques Delors, un ancien président de la Commission européenne (...) Il avait très bien compris que l’on ne peut pas avoir d’union monétaire viable sans union fiscale, et pas d’union fiscale sans union politique. C’était tout le but de la manœuvre. D’où la proposition, formulée dans le rapport de la Commission européenne de juin 2015, surnommé « Rapport des cinq présidents », de mettre en place un seul ministre et un seul ministère des finances pour l’ensemble de la zone euro d’ici à 2025.
Ce n’est clairement pas bon pour nous, et nous devons sortir. Sinon, même si nous avons une clause de retrait théorique de l’union politique, nous serons tout de même obligés d’accepter les lois de l’Union Européenne conçues avec cet objectif à l’esprit.
On me demande : « Quelle est donc pour vous l’alternative à être dans l’Union européenne ? » Une question plus insensée est difficile à imaginer.L’alternative à être dans l’Union européenne est de ne pas être dans l’Union européenne. La plupart des pays du monde ne sont pas dans l’Union européenne – et la plupart des pays du monde se portent mieux que l’Union européenne.
S’agissant des détails, nous abrogerions la loi de 1972 sur les Communautés européennes, qui établit la primauté du droit communautaire sur le droit britannique. Le marais de la réglementation européenne, – dont la plus grande partie est coûteuse, inutile et indésirable -, deviendrait la réglementation britannique, que nous serions alors libre d’accepter, d’abroger ou de modifier en fonction de notre intérêt national.
Et nous continuerions à commercer avec les pays de l’UE, comme le reste du monde le fait aujourd’hui, et selon toute probabilité dans le cadre d’un accord de libre-échange bilatéral, dont ils ont beaucoup plus besoin que nous.
Par-dessus tout, nous redeviendrions une démocratie indépendante, avec une perspective véritablement mondiale plutôt qu’étroitement européenne. Nous prospérerions, nous serions libres, et nous nous tiendrions debout. C’est tout ce sur quoi porte ce referendum."
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Agriculture : « mensonge et compromis, les deux mamelles de la France »
La FNSEA pourrait avoir la décence de ne pas présenter d’excuses pour un fait que l’ensemble des acteurs agricoles devraient soutenir.
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a présenté des excuses pour les insultes jetées « en touffe » au Président, lors de sa visite du Salon de l’agriculture. « Ça n’est pas respectable, ni pour la fonction, ni pour la personne », a dit Xavier Beulin, le patron du syndicat agricole français. Le Salon a, en effet, résonné des quolibets comme « connard », « fumier » ou le classique – mais néanmoins efficace – « bon à rien » !
Il n’y a que l’oligarchie dominante pour s’offusquer d’une telle grossièreté, elle qui, depuis près de soixante ans, insulte les agriculteurs en leur faisant miroiter de fausses promesses, de faux marchés et de faux profits. La Ve République aura vu et provoqué la mort du petit exploitant agricole face aux grosses exploitations, en favorisant très largement les grandes surfaces et en s’intéressant plus à la politique agricole commune qu’aux producteurs français. -
Entretien avec Sergei Munier, combattant volontaire du Donbass