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Le corps des volontaires en Europe de l’Est ayant attiré l’attention du monde, nous faisons un bref retour, dans la mesure où le sujet a particulièrement intéressé Moscou et ses alliés et que ce concept semble se concrétiser. Dans le même temps, l’initiative de l’ukrainien, le lieutenant-colonel Sergei Razoumovski, de créer un corps de volontaires en Europe de l’Est pour lutter contre les mercenaires islamistes en Syrie, a provoqué la panique parmi les gouvernements Est-européens mis et maintenus en place par les Etats-Unis.Lles réservistes, transformés en parias de la société dans leurs pays avec la ‘’démocratisation’’ à l’américaine, par un processus d’inversion de la hiérarchie des valeurs, ont maintenant la possibilité de prendre leur revanche, à leur manière, sur ceux qui ont détruit leurs vies et leurs carrières.
Au-delà des allusions religieuses,les malheureux choisis par le colonel Razoumovski, les réservistes de l’Europe orientale ne sont ni des fanatiques orthodoxes, ni haineux envers l’islam. En revanche, ils détestent ceux qui ont vendu leur âme, leur foi et leurs pairs pour de l’argent. Pour eux, les forces du mal sont les mêmes pour toutes les religions du monde. Et en territoire de la Syrie, comme en Europe de l’Est, ces forces proviennent de la même source: les Etats-Unis et ses satellites occidentaux.
Si Bachar al-Assad donne son accord pour leur intervention dans la défense de la Syrie et les laisse utiliser les armes modernes fournies par la Russie, en une semaine, le pays serait nettoyé de ses mercenaires islamistes. Ceci pourrait sembler exagéré, mais, dans ce cas précis, ça ne l’est pas du tout. Bien que quantitativement, le rapport de force soit de 6/1 en faveur des mercenaires islamistes (100.000 moudjahidin contre 15-18000 réservistes est-européens), qualitativement, il est de 12/1 pour les réservistes de l’Europe de l’Est. Les moudjahidin recrutés pour servir les Américains en Syrie, sont quasi-analphabètes, n’ont aucune idée de la tactique et de la stratégie, et ont seulement appris à mener une guerre psychologique dont le sujet est la population syrienne. Leur seule capacité se réduit à la manipulation approximative de l’AK-47, du lance-grenades portatifs AG-7 et des explosifs artisanaux, devant lesquels les civils Syriens sont privés de tout moyen de défense.
L’autre facette de cette brigade de réservistes, c’est qu’elle réunit la crème des professionnels de tous horizons venant des forces armées de l’Europe de l’Est (armée de l’air, forces d’opérations spéciales, marine, infanterie de marines et armée de terre). Ils sont experts dans la conception et la mise en œuvre de la stratégie militaire, puisqu’ils sont diplômés des lycées militaires, des écoles d’officiers, ou de sous-officiers dans la catégorie des forces armées à laquelle ils appartiennent (la formation dure de 3 à 5 ans). Et 20% d’entre eux ont suivi une académie de commandement et d’état-major (de 2-3 ans) formant au commandement à l’échelon opérationnel et stratégique. En outre, les réservistes est-européens se sont qualifiés grâce à des cours sur les équipements de combat complexes de dernière génération, avec au moins une décennie d’expérience dans son fonctionnement et ont participé à d’innombrables exercices dans des conditions proches de celles du combat.
Les réservistes est-européens, du point de vue doctrinaire, sont nettement supérieurs aux moudjahidine. Les mercenaires islamistes n’ont aucun respect pour les personnes, kidnappent des civils dans les pays occupés, pillent et assassinent des innocents. Alors que les réservistes ont été formés sur la base de la doctrine militaire de défense nationale du pays d’origine, où leur principale tâche était de protéger la population civile et les biens. Partout où ils lutteront, ce réflexe fonctionnera et la population civile y sera sensible dès le départ. Outre la supériorité en terme de qualification professionnelle, les réservistes supplantent les mercenaires en matière de motivation et de force morale.
Une confrontation militaire entre les deux forces ne peut avoir lieu qu’après que les réservistes aient assuré une nette supériorité technique et en agissant selon les règles de l’art militaire qu’ils auront eu soin d’imposer dès le premier instant. La situation pourrait être comparable à celle qu’on a vue en Afghanistan entre les talibans et les américains avec ses alliés. On se souvient que l’émir de Dubaï, le milliardaire Rachid Al Maktoum, l’un des principaux bailleurs de fonds de la coalition anti-syrienne a déclaré que les mercenaires islamiques ne se limiteraient pas seulement à la Syrie, que d’autres actions du même type sont déjà prévues dans d’autres pays du Moyen-Orient. Mais une fois les chiens de guerre est-européens lâchés, ces derniers ne vont pas en rester là. Ils poursuivront les mercenaires payés par les Américains et leurs riches serviteurs du Golfe, dans tout pays dans lequel la Maison Blanche va avoir un intérêt à les envoyer pour déclencher un nouveau «printemps arabe» comme celui de la Syrie. Pour ceux qui ne connaissent pas encore les possibilités qu’un professionnel peut tirer des armes de pointe actuelles, je recommande le lien ci-dessous:
Qu’est-ce qui motive ces réservistes de l’Europe de l’Est pour combattre les mercenaires Américains en Syrie ? Au cours des 23 dernières années, depuis qu’ils ont remporté la guerre froide, les Américains avec leurs satellites européens de l’ouest (qui détestent tous ceux qui essaient d’être indépendants mais qu’ils ne pouvaient pas détruire), sont allés piller les ressources des anciens états membres du Pacte de Varsovie, des anciennes républiques soviétiques et des états qui formaient la Yougoslavie. La méthode utilisée est celle de la soi-disant privatisation, à travers laquelle 70% des entreprises appartenant à l’Etat ont été transférés, presque gratuitement, à des entreprises aux États-Unis et dans certains pays européens. Par exemple, la Roumanie a perdu en aliénant, presque pour rien, la société d’état Petrom à l’entreprise d’état autrichienne OMV (20 fois moins), pour environ 30-50 milliards d’euros, composée de: 2 raffineries de taille moyenne, une usine d’engrais chimique , 600 stations-service, 15.000 km de conduits de pétrole et de gaz, 145 dépôts de carburant, des milliers de citernes et de wagons-citernes. Par ailleurs, OMV a reçu du gouvernement roumain les champs de pétrole de Petrom en Roumanie, au Kazakhstan, en Iran et en Inde, avec des réserves estimées à 2 milliards de barils.
Après les privatisations, de grandes entreprises publiques dans l’industrie lourde, l’industrie textile, l’industrie alimentaire, les transports et l’agriculture, les installations de production ont été démantelées, vendues sous forme de ferraille, expédiées à l’Ouest et réaménagées pour le bénéfice des nouveaux propriétaires. Tout étudiant en économie apprend qu’en abolissant l’industrie de la transformation de ses propres ressources naturelles, l’économie des anciens pays communistes n’a pas pu se développer et a fini par disparaître. Après les privatisations, les ressources naturelles se retrouvèrent donc automatiquement comme propriété des entreprises occidentales. Suite à cette vaste escroquerie, la majeure partie de la main-d’œuvre qualifiée en provenance d’Europe de l’Est, composée de centaines de milliers de spécialistes de haut niveau dans chaque pays, âgés entre 35 et 50 ans, fut envoyée au chômage de longue durée.
Quiconque a suivi la guerre civile qui se déroule pour la «démocratisation» de la Syrie, a noté qu’après la conquête des centres peuplés ayant une forte zone industrialisée, la principale préoccupation des mercenaires étrangers était de démanteler les installations, de dévaliser des banques, des magasins d’alimentation et de matières premières, pour tout transporter en Turquie pour le vendre. Signe que leurs patrons, qui les ont envoyés se battre en Syrie, leur ont déjà montré comment traiter les biens et propriétés du peuple syrien, tout comme ils avaient procédé avec les malheureux peuples de l’ Europe de l’Est.
Avec cela comme principe directeur, les Etats-Unis ont travaillé au démantèlement des armées de l’Europe de l’Est, par la réduction de la structure défensive à 25% de ce qu’elle était dans les années 90. Etaient touchées en particulier les unités équipées de la technologie la plus moderne de l’époque (destinées à la défense des pays contre les agressions extérieures). Sans outil de travail, des professionnels des armées de l’Europe de l’Est, soit près de 100.000 officiers et sous-officiers, se retrouvent chômeurs.
Ceci est arrivé dans les Etats d’Europe de l’Est, sous la direction des services de renseignement nationaux (subordonnés aux Etats-Unis depuis la tombée du rideau de fer), de la justice et de la police. L’objectif est d’appauvrir la population locale et de maintenir son moral au plus bas, la garder soumise et incapable de réagir aux abus américains. C’est comme la société décrite par Orwell : les gens sont un troupeau de moutons mené par des porcs. Les porcs ont leurs chiens soldats dont la mission est de garder le troupeau sous contrôle. Récemment ont été ajoutés les loups islamistes, création de la guerre mondiale contre le terrorisme, inventée par les américains, visant à toujours garder les moutons effrayés et les convaincre de rester tranquille, de ne jamais quitter le troupeau et d’éliminer toute idée de rébellion contre l’exploitation des porcs.
Par Valentin Vasilescu, pilote d’aviation, ancien commandant adjoint des forces militaires à l’Aéroport Otopeni, diplômé en sciences militaires à l’Académie des études militaires à Bucarest 1992.
Traduction : Avic
Pour ceux qui veulent reprendre ce texte, ce serait sympa de mentionner les noms de l’auteur et du traducteur. C’est toujours encourageant de voir son travail reconnu.
Comme je le dis parfois, nous vivons dans un présent permanent depuis environ deux siècles. Les années 1830 sont déjà notre société et nous ne les quitterons qu’à la prochaine comète qui s’écrasera sur notre vieille planète. Ce n’est pas un hasard. Le progrès et la blafarde modernité ont paralysé l’histoire de l’humanité. Pronostiquée par Hegel en 1806, la Fin de l’Histoire n’en finit pas de prendre son congé.
Gustave de Beaumont est le célèbre accompagnateur de Tocqueville en Amérique. Ils allaient y étudier les établissements pénitentiaires (c’est prémonitoire, il y a trois millions de détenus là-bas, et les matons forment le premier syndicat dans une dizaine d’Etats). Je n’avais jamais pensé à le lire mais c’est Karl Marx qui le cite ! Ma curiosité éveillée, je trouve sur un site québécois son très beau livre (avec une partie romanesque un peu niaise et trop copiée sur Manon Lescaut) sur Marie et l’esclavage, où Gustave de Beaumont révèle une lucidité française bien digne de Tocqueville et un style d’exception digne de Chateaubriand, du Lamartine de Graziella (texte préféré de Joyce en français) et plus généralement de l’aristocrate qu’il était – après ce sera fini avec Balzac ; après la prose sentira la roture, je le dis comme je le pense.
Les jugements de Beaumont sont encore plus durs que ceux de Tocqueville. Il ne digère pas l’hypocrisie éhontée de l’esclavage dans une nation libre et donneuse de leçons, et aussi beaucoup d’autres choses. J’ai picoré ces réflexions çà et là dans son si beau texte :
Les Américains des États-Unis sont peut-être la seule de toutes les nations qui n’a point eu d’enfance mystérieuse.
Là, on est bien d’accord. Le prosaïsme américain a écœuré toutes les grandes âmes yankees, Poe (Colloque entre Monos et Una), Melville (Pierre), Hawthorne (lisez l’admirable Petite fille de neige) entre autres. Encore qu’en analysant mieux le caractère Illuminati du dollar qui continue de fasciner l’humanité alors que l’Amérique est en faillite…
Il est clair en tout cas que pour Beaumont l’argent fait le bonheur des Américains, qui réifient tout, comme disent aussi les marxistes : la nature c’est de l’environnement, et l’environnement ça sert d’abord à faire de l’argent.
Absorbé par des calculs, l’habitant des campagnes, aux États-Unis, ne perd point de temps en plaisirs ; les champs ne disent rien à son cœur ; le soleil qui féconde ses coteaux n’échauffe point son âme. Il prend la terre comme une matière industrielle ; il vit dans sa chaumière comme dans une fabrique.
Vrai Saroumane, l’Américain déteste la nature et en particulier la forêt (on se souvient du beau poème de Ronsard sur la destruction des bois du Gâtinais) :
Les Américains considèrent la forêt comme le type de la nature sauvage (wilderness), et partant de la barbarie ; aussi c’est contre le bois que se dirigent toutes leurs attaques. Chez nous, on le coupe pour s’en servir ; en Amérique, pour le détruire. L’habitant des campagnes passe la moitié de sa vie à combattre son ennemi naturel, la forêt ; il le poursuit sans relâche ; ses enfants en bas âge apprennent déjà l’usage de la serpe et de la hache… l’absence de bois est, à leurs yeux, le signe de la civilisation, comme les arbres sont l’annonce de la barbarie.
Beaumont comprend comme Baudelaire et aussi Edgar Poe qu’avec l’Amérique on entre dans un nouvel âge du monde : l’âge de l’intérêt matériel, du conformisme moral (la tyrannie de la majorité) et de la standardisation industrielle.
Tout d’ailleurs s’était rapetissé dans le monde, les choses comme les hommes. On voyait des instruments de pouvoir, faits pour des géants, et maniés par des pygmées, des traditions de force exploitées par des infirmes, et des essais de gloire tentés par des médiocrités.
Beaumont a raison : le monde moderne c’est Lilliput.
La force d’imprégnation américaine est elle qu’elle uniformise toutes les nations immigrées chez elles. Cela est intéressant car cela se passe bien avant la machine à broyer hollywoodienne ou l’irruption de la télévision. L’Amérique c’est l’anti-Babel, le système à tuer les différences que la chrétienté avait si bien su préservé.
Chose étrange ! La nation américaine se recrute chez tous les peuples de la terre, et nul ne présente dans son ensemble une pareille uniformité de traits et de caractères.
Le rapport sacré à la terre n’existe bien sûr pas. On n’y connaît pas le paysan de Heidegger (Beaumont explique que le Tasse et Homère ne seraient pas riches, alors…). Tout n’est qu’investissement immobilier au paradis du déracinement libéral :
L’Américain de race anglaise ne subit d’autre penchant que celui de l’intérêt ; rien ne l’enchaîne au lieu qu’il habite, ni liens de famille, ni tendres affections… Toujours prêt à quitter sa demeure pour une autre, il la vend à qui lui donne un dollar de profit.
C’était bien avant les sub-primes !
Une des grandes victimes de la civilisation américaine est alors la femme (avec les noirs et les indiens dont Beaumont parle très bien, et objectivement). Ce n’est pas pour rien que toutes les cultures du ressentiment au sens nietzschéen, l’antiracisme, la théorie du genre, le féminisme, le sectarisme sont nés aux USA au dix-neuvième siècle et après :
Sa vie est intellectuelle. Ce jeune homme et cette jeune fille si dissemblables s’unissent un jour par le mariage. Le premier, suivant le cours de ses habitudes, passe son temps à la banque ou dans son magasin ; la seconde, qui tombe dans l’isolement le jour où elle prend un époux, compare la vie réelle qui lui est échue à l’existence qu’elle avait rêvée. Comme rien dans ce monde nouveau qui s’offre à elle ne parle à son cœur, elle se nourrit de chimères, et lit des romans. Ayant peu de bonheur, elle est très religieuse, et lit des sermons.
On dirait notre bonne vieille Emma ! Tout cela ne fait pas le bonheur des femmes, qui n’ont pas encore le féminisme et la pension alimentaire pour bien se rattraper. L’Amérique invente madame Bovary plus vite que Flaubert (l’adaptation de Minnelli avec Jennifer Jones est éblouissante d’ailleurs) et le couple qui n’a rien à se dire – sauf devant l’avocat ou le psy, comme Mr and Mrs Smith (ils veulent bien se parler, mais il faut qu’ils paient !). La famille US est déjà telle que nous la connaissons aujourd’hui : quand elle n’est pas recomposée ou divisée, elle n’est pas ; Et cela sans qu’il y ait eu besoin de la télévision, du frigidaire et du portable pour abrutir et isoler tout le monde. Beaumont ajoute qu’il n’y a aucune affection, c’est cela le plus moderne – et donc choquant.
Ainsi se passent ses jours. Le soir, l’Américain rentre chez lui, soucieux, inquiet, accablé de fatigue ; il apporte à sa femme le fruit de son travail, et rêve déjà aux spéculations du lendemain. Il demande le dîner, et ne profère plus une seule parole ; sa femme ne sait rien des affaires qui le préoccupent ; en présence de son mari, elle ne cesse pas d’être isolée. L’aspect de sa femme et de ses enfants n’arrache point l’Américain au monde positif, et il est si rare qu’il leur donne une marque de tendresse et d’affection, qu’on donne un sobriquet aux ménages dans lesquels le mari, après une absence, embrasse sa femme et ses enfants ; on les appelle the kissing families.
L’obsession de l’argent qui crée des crises et de banqueroutes continuelles est continuelle : on n’a pas attendu Greenspan, Bernanke et les bulles de la Fed pour se ruiner – ou refaire fortune.
Le spectacle des fortunes rapides enivre les spéculateurs, et on court en aveugle vers le but : c’est là la cause de ruine. Ainsi tous les Américains sont commerçants, parce que tous voient dans le négoce un moyen de s’enrichir ; tous font banqueroute, parce qu’ils veulent s’enrichir trop vite.
Voyons la religion dont on a fait si grand cas là-bas. Si la femme est une « associée », un partner, comme on dit là-bas, l’homme religieux est un homme d’affaires. Beaumont est ici excellent dans son observation (c’est le passage que cite Marx dans un fameux petit essai) :
Le ministère religieux devient une carrière dans laquelle on entre à tout âge, dans toute position et selon les circonstances. Tel que vous voyez à la tête d’une congrégation respectable a commencé par être marchand ; son commerce étant tombé, il s’est fait ministre ; cet autre a débuté par le sacerdoce, mais dès qu’il a eu quelque somme d’argent à sa disposition, il a laissé la chaire pour le négoce. Aux yeux d’un grand nombre, le ministère religieux est une véritable carrière industrielle. Le ministre protestant n’offre aucun trait de ressemblance avec le curé catholique.
On s’en serait douté ! La religion évangélique comme business et comme programmation mentale malheureusement a un beau futur devant elle.
Beaumont n’a pas vu de western mais on va voir qu’il aurait pu en écrire les scénarios.
En Amérique, le duel a toujours une cause grave, et le plus souvent une issue funeste ; ce n’est pas une mode, un préjugé, c’est un moyen de prendre la vie de son ennemi. Chez nous, le duel le plus sérieux s’arrête en général au premier sang ; rarement il cesse en Amérique autrement que par la mort de l’un des combattants.
Il y a dans le caractère de l’Américain un mélange de violence et de froideur qui répand sur ses passions une teinte sombre et cruelle… On trouve, dans l’Ouest, des États demi-sauvages où le duel, par ses formes barbares, se rapproche de l’assassinat.
Il ne manque plus que Liberty Valance, que Wayne abat d’ailleurs comme un chien dans le classique postmoderne de Ford. Comme on voit, la situation réelle est aussi sinistre que celle décrit dans bien des films (contrairement à ce qu’une histoire révisionniste – il y en a pour tous les genres – a voulu nous faire croire).
Venons-en au thème de son ouvrage.
Scandalisé par l’esclavage et par le préjugé auto-entretenu qui lui sert de base, Beaumont comprend très bien le rôle du capitalisme – et surtout du christianisme – mal digéré :
L’exploitation de sa terre est une entreprise industrielle ; ses esclaves sont des instruments de culture. Il a soin de chacun d’eux comme un fabricant a soin des machines qu’il emploie ; il les nourrit et les soigne comme on conserve une usine en bon état ; il calcule la force de chacun, fait mouvoir sans relâche les plus forts et laisse reposer ceux qu’un plus long usage briserait. Ce n’est pas là une tyrannie de sang et de supplices, c’est la tyrannie la plus froide et la plus intelligente qui jamais ait été exercée par le maître sur l’esclave.
Voir Tocqueville et son analyse de l’extermination légale et philanthropique des Indiens (« On ne saurait détruire les hommes en respectant mieux les lois de l’humanité »). S’il n’y a vite eu plus d’Indiens, il y avait en tout cas 700 000 africains en 1799, quatre millions lors de la Guerre civile (qui tue 3% de la population, ruine puis pille le Sud, et endette le pays), 40 millions aujourd’hui ! L’esclavage est un beau calcul !
Beaumont constate que racisme finit par découler de l’esclavage ce qui n’était pas le cas avant. Cela aura des conséquences importantes dans les années vingt du siècle, quand les Allemands décrèteront que les Ukrainiens sont bons à leur servir d’esclaves ou que les Polonais peuvent être remplacés parce que moins techniques et moins universitaires (comme on sait l’antisémitisme a d’autres fondements). Ils avaient moins de « lumières », comme disait Washington à propos des Indiens ou Ferry à propos des « races inférieures » – on en dit quoi dans les loges du mariage pour tous ?
Faudrait-il, parce qu’on reconnaîtrait à l’homme d’Europe un degré d’intelligence de plus qu’à l’Africain, en conclure que le second est destiné par la nature à servir le premier ? Mais où mènerait une pareille théorie ?
Il y a aussi parmi les blancs des intelligences inégales : tout être moins éclairé sera-t-il l’esclave de celui qui aura plus de lumières ? Et qui déterminera le degré des intelligences ?
Le grand ennemi spirituel des sectes protestantes souvent athées ou folles (les quakers par exemple : « rien dans cette cérémonie burlesque ne fait rire, parce que tout fait pitié ») qui se partagent le pays est bien sûr le catholicisme. Ici Beaumont va aussi plus loin que Tocqueville :
Au milieu des sectes innombrables qui existent aux États Unis, le catholicisme est le seul culte dont le principe soit contraire à celui des autres.
On dirait du Chesterton. L’Eglise fait enrager tout le monde, et cela n’a pas changé !
L’unité du catholicisme, le principe de l’autorité dont il procède, l’immobilité de ses doctrines au milieu des sectes protestantes qui se divisent, et de leurs théories qui sont contraires entre elles, quoique partant d’un principe commun, qui est le droit de discussion et d’examen ; toutes ces causes tendent à exciter parmi les protestants quelques sentiments hostiles envers les catholiques.
La haine du catholicisme devient alors le seul commun dénominateur (on se doutait que ce n’était pas Jésus !) du discours américain, comme de tout discours moderne en général (c’est ce que disait notre ami Muray et il avait bien raison !)
Il paraît bien constant qu’aux États-Unis le catholicisme est en progrès, et que sans cesse il grossit ses rangs, tandis que les autres communions tendent à se diviser. Aussi est-il vrai de dire que, si les sectes protestantes se jalousent entre elles, toutes haïssent le catholicisme, leur ennemi commun.
L’Etat américain n’est bien sûr pas chrétien, il est comme dit Marx judaïque – on dira vétérotestamentaire (on jure sur la Bible, on ignore toujours l’Evangile ; vous avez déjà vu une allusion à la naissance du Christ pour le fête de Noël en Amérique ?), et il a même inventé la laïcité, aujourd’hui battue en brèche par le ressentiment communautariste venu aussi d’Amérique.
Ainsi il n’existe aux États-Unis ni religion de l’État, ni religion déclarée celle de la majorité, ni prééminence d’un culte sur un autre. L’État est étranger à tous les cultes.
Enfin Beaumont trouve que les Américains deviendront dangereux avec leur orgueil ; et que l’on pourrait même arrêter de trop critiquer sa pauvre vieille France !
Je blâme cet aveuglement de l’orgueil national des Américains, qui leur fait admirer tout ce qui se passe dans leur pays, mais j’aime encore moins la disposition des habitants de certaine contrée, qui, chez eux, trouvent toujours tout mal.
Il n’y a pas de quoi s’en faire, si l’on trouve que Gustave Beaumont exagère, qu’il est un hystérique opposé à l’Obama-land ou à la marche du progrès. Car comme disait mon ami l’éditeur Yves Berger, l’Amérique est partout maintenant ! On a Lady Gaga, le shopping centre et le dernier Apple ! Alors consolez-vous !
Nicholas Bonnal
[article de Laurent Glauzy en exclusivité pour Contre-info]
La promesse du président américain Barack Obama de fermer d’ici un an la prison de Guantanamo et de mettre fin à l’usage de la torture dans les interrogatoires anti-terroristes, pourrait éclabousser la Pologne. Der Spiegel du 27/4/09 apporte de nouvelles révélations sur une prison secrète tenue par la CIA dans cet ancien pays satellite de l’union soviétique.
L’incarcération du « cerveau d’Al-Qaïda »
Le 7 mars 2003, 16 heures, le Gulfstream V N379P surnommé « taxi torture » se pose sur le tarmac de l’aéroport de Szymany, dans le nord-est de la Pologne, en Mazurie, la région des quatre mille lacs. L’avion transporte le plus important des prisonniers, Khalid Cheikh Mohammed, le « cerveau d’Al-Qaïda », l’architecte des attentats du 11 septembre 2001. Arrêté par une unité spéciale américaine le 1er mars 2003 à Rawalpindi dans le Penjab pakistanais, il sera transféré deux jours plus tard en Afghanistan, avant selon toute vraisemblance d’être emprisonné en Pologne. Dans des déclarations faites fin 2006 à Guantanamo à une équipe du comité international de la Croix Rouge, il rapporte : « Mes yeux étaient bandés. Ils posèrent ensuite une cagoule sur ma tête. (…) Je m’endormis. (…) C’est pourquoi, je ne sais pas combien de temps ce voyage a duré ». Jerry M., le pilote de l’avion alors âgé de 56 ans, travaillait pour Aero Contractors, une entreprise américaine assurant le transport des prisonniers dans le monde entier pour le compte de la CIA. D’après les plans de vols détenus par Eurocontrol, organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, Jerry M. a décollé à 8h51 de Kaboul. Quelques heures seulement après l’atterrissage en Pologne, l’avion repartira à 19h16 pour Washington.
Des agents secrets polonais ont prétendu que la CIA possédait bien une prison en Mazurie. Des fonctionnaires, des ministères de la défense et de la justice ont reconnu l’existence de la base secrète américaine de Stare Kiejkuty, à une heure de route au nord de l’aéroport de Szymany.
Cette base militaire isolée au milieu d’une épaisse forêt de pinède, bordée d’un lac et accessible par une route défoncée, était surtout connue pour être un des centres de formation des agents des services de renseignement militaire polonais, le WSI. La CIA y aurait interrogé des « High Value Detainees » (des « détenus de grande importance »). De février à juillet 2003, le Gulfstream V N379P aurait atterri au moins cinq fois à Szymany et les journaux de vols auraient été falsifiés avec l’autorisation d’Eurocontrol et du gouvernement polonais. A Varsovie, le procureur de la république a entendu un témoin attestant qu’à Szymany des personnes menottées, les yeux bandés, sortaient du même avion civil, assez loin de la tour de contrôle. Si on en croit le récit de Khalid Cheikh Mohammed, les personnes présentes à l’atterrissage étaient masquées : « Le transfert de l’aéroport au lieu d’internement dura environ une heure. On m’a assis sur le sol d’un véhicule qui m’a amené quelque part. A un certain moment, j’ai seulement pu voir de la neige par terre. Tout le monde autour de moi était vêtu en noir, portait des masques et des chaussures militaires. On aurait dit des habitants de la planètes X ».
Khalid Cheikh Mohammed dit qu’on lui a arraché ses vêtements, qu’on l’a photographié nu et enfermé dans une cellule de 3 x 4 m dont les murs étaient en bois. Une des personnes chargées des interrogatoires lui aurait confié qu’ils avaient reçu le « feu vert » de Washington pour lui préparer un « très mauvais moment » : « Ils n’ont jamais employé le mot de torture. Ils parlaient uniquement d’un dur moment (« a hard time »). On disait qu’on voulait m’emmener au seuil de la mort et que l’on me récupèrerait à temps ». Le « cerveau d’Al-Qaïda » sera interrogé huit heures par jour. Le premier mois, il était attaché jour et nuit, nu, debout, les mains enchaînées au plafond de sa cellule. Khalid Cheikh Mohammed pensait bien être en Pologne : « Je crois que c’était la Pologne. Sur une bouteille d’eau qu’on apporta, sur l’étiquette à moitié déchirée on pouvait lire une partie de l’adresse mail terminée par « pl ». Le système de chauffage était démodé, comme on en voit seulement dans l’ancien système communiste ».
Les services secrets polonais et la CIA
Robert Majewski, le procureur de Varsovie enquête depuis plus d’une année sur les abus administratifs et la corruption du gouvernement de Leszek Miller qui dirigea le pays de 2001 à 2004. Il était considéré comme l’artisan de l’adhésion à l’Union européenne. Le procureur voulait savoir si le président Aleksander Kwaśniewski et son premier-ministre social-démocrate avaient mis à la disposition de la CIA une partie du camp militaire de Stare Kiejkuty. R. Majewski a interrogé des témoins ayant collaboré à l’ancien gouvernement. Wolfgang Kaleck du Centre européen pour le droit constitutionnel et les droits de l’homme à Berlin soutient ces investigations : « Aucun pays européens ne s’est investi avec autant de sérieux contre d’anciens membres du gouvernement comme c’est le cas en Pologne ». Le ministère public examine si les services secrets polonais ont mis vingt de leurs agents à la disposition de la CIA, comme l’expose le journal conservateur Rzeczpospolita. Selon un ancien membre de la CIA, il existerait un document émanant des services de renseignements prouvant bien que vingt agents du WSI ont travaillé pour les Américains sur la base militaire de Stare Kiejkuty. Fin 2005, deux responsables de la commission d’enquête parlementaire à Varsovie auraient pris connaissance de ce dossier.
Mariusz Kowalewski, journaliste de Rzeczpospolita et deux de ses collègues cherchent à prouver l’existence d’une base secrète utilisée par la CIA en Pologne. Dans des registres de vols déclarés disparus, ils ont relevé plusieurs décollages à partir de Szymany, des récépissés sur les pleins en kérosène, la trajectoire des vols avec les changements de cap. Kowalewski possède une documentation particulièrement dense étayant la présence d’une base prêtée à la CIA dans la région de Mazurie et dans laquelle des prisonniers d’Al-Qaïda auraient été interrogés. Un des dossiers serait constitué par des déclarations concernant l’Américain Deuce Martinez, un officier chargé des interrogatoires « sans torture ». Un rapport sur les « déportations » de prisonniers d’Al-Qaïda en Europe a été présenté il y a deux ans au chargé d’enquête du conseil européen Dick Marty, d’origine suisse, qui aboutit aux mêmes conclusions : des agents du WSI auraient été employés dans la police des frontières et dans l’administration de l’aéroport pour assurer les missions de la CIA. « Les dernières découvertes faites en Pologne confirment complètement mes conclusions qui s’appuient sur des déclarations et des documents », avance D. Marty. Reste à savoir qui en Pologne a autorisé une telle coopération. « Les ordres venaient des plus hautes sphères de l’Etat, du président », affirme en 2007 un membre des services secrets militaires de l’équipe de D. Marty. Le président A. Kwaśniewski dément : « Il y a eu effectivement une coopération étroite entre les services secrets polonais et les Etats-Unis, mais il n’y eut aucune prison sur le sol polonais ». Quant à l’ancien premier-ministre, il déclare n’avoir « rien à dire ».
Cette gêne pourrait contaminer d’autres pays européens. Selon un rapport de D. Marty publié en juin 2006, quatorze nations auraient caché un système de « sous-traitance » de la torture au profit de la CIA. L’Allemagne par exemple a donné aux Etats-Unis l’autorisation de survol du territoire. Dans l’affaire de Khalid el-Masri, notre voisin d’outre-Rhin refusa d’extrader treize agents de la CIA.
De nationalité allemande et de parents libanais, en décembre 2003, Khalid el-Masri passe ses vacances avec sa famille en Macédoine, quand la CIA l’arrête par erreur : son nom est presque identique à celui de Khalid al-Masri, membre d’Al-Qaïda. Déclarant avoir subi des sévices sexuels, avoir été drogué, interrogé, séquestré en Irak et en Afghanistan, il sera libéré en pleine nuit en mai 2004 sur une route en Albanie. Egalement en 2003, les services secrets italiens ont assisté la CIA dans l’enlèvement de l’Imam Abou Omar à Milan. Accusé de terrorisme et d’activisme au sein du mouvement islamiste armé Jamaa Islamiya (groupe islamiste), il aurait été torturé en Egypte. Le M16, les services secrets britanniques ont livré au Maroc pour la CIA du matériel servant aux interrogatoires.
Des prisons spéciales auraient aussi existé en Roumanie.
Cette actualité fort troublante appuyant l’omniprésence des Etats-Unis dans un jeu diplomatique occulte et tortionnaire, met en exergue les desseins visionnaires de l’écrivain roumain Virgil Gheorghiu. Dans De la 25e heure à l’heure éternelle (1965), il dépeint une époque où des forces armées internationales composées de soldats parlant anglais terrasseront et déporteront les populations.
Laurent Glauzy http://www.contre-info.com
Extrait de l’Atlas de Géopolitique révisée (Tome I)
Un climat d’avant guerre. Pour faire oublier une crise multiforme qui cogne sec et redonner le moral aux Français (?), le ministre du droit des femmes (sic), Najat Vallaud-Belkacem, était présente hier à Montpellier pour assister au premier mariage entre deux hommes en France depuis que la loi Taubira a été votée. Pendant que certains dansent au bord du précipice, la très tolérante (affaissée) sociale-démocratie suédoise découvre à Stockholm les limites de l’angélisme multiculturaliste avec les violentes émeutes immigrées de ces derniers jours. « La faute au chômage » affirment « nos » médias… Un soldat Français, après un homologue britannique à Londres , a été victime en début de semaine, heureusement, lui, sans y laisser la vie, d’un jeune musulman arrêté hier qui a voulu lui trancher la gorge et qui se serait également, le mot est à la mode, « auto-radicalisé »… Pas de quoi surprendre outre mesure nos compatriotes qui subissent quotidiennement agressions et insultes anti-françaises de la part des bandes de jeunes. C’est donc de « la faute de personne », et certainement pas le résultat de quarante années de politique laxiste et d’alternance « gauche droite » à la tête de l’Etat. Pour parfaire le tableau, et de cela Bruno Gollnisch se félicite puisqu’il fut le premier à attirer l’attention sur le rôle de ce personnage, le juge Pierre Estoup a été mis en examen hier pour « escroquerie en bande organisée » dans le cadre l’affaire Lagarde-Tapie. Il souhaite que les investigations de la justice soient poussées à bout. Mais les contribuables Français reverront-ils la couleur de leur argent ?
Si trois excitées du groupuscule extrémiste Femen- deux Françaises et une Allemande- se sont dépoitraillées pour la première fois hier au Maghreb à Tunis (Tunisie) pour réclamer la libération d’une militante tunisienne et dénoncer la condition de la femme musulmane – provocation particulièrement imbécile et contre-productive en terre d’islam – les regards sur le monde arabe sont surtout tournés vers la Syrie.
Pour renforcer sur le terrain les opposants au régime de Bachar el-Assad, et avant l’éventuelle tenue le 1er août de la conférence dite Genève 2, -à laquelle la Russie souhaite notamment associer l’Iran- visant à aboutir à un règlement de ce conflit, l’Union européenne, avec le feu vert de Washington, a voté la levée de l’embargo sur les livraisons d’armes aux rebelles. Celles-ci pourraient être effectives d’ici deux mois
Avec quels risques ? Contrairement notamment aux mensonges assénés par un spécialiste du genre comme Laurent Fabius, Fabrice Balanche, directeur de recherche et d’études à la Maison de l’Orient, affirme sur le site JOL que les voeux de l’UE de livrer des armes traçables « et exclusivement à destination des groupes respectueux des valeurs de démocratie et de laïcité » étaient dérisoires.
« Dans la pratique, ces conditions sont impossibles à respecter. D’une part les groupes modérés au sens européen du terme n’existent pratiquement pas et les armes vont forcément arriver entre les mains des groupes les plus puissants, c’est-à-dire les djihadistes. Un exemple récent, les armes livrées par les américains fin 2012, en provenance de la Croatie et à des groupes modérés ont été retrouvées entre les mains du Front Al Nosra. »
Pour quelle efficacité? Sur le site de TF1, Didier Billon directeur adjoint de l’Iris, note que « depuis plusieurs semaines, l’armée de Bachar el-Assad est à l’offensive et reprend du terrain. Les insurgés sont quant à eux sur la défensive, en partie car ils manquent effectivement d’armes -il ne faut néanmoins pas omettre de signaler qu’ils en reçoivent grâce au Qatar et à la Turquie. Mais ils sont surtout totalement divisés, aussi bien sur le plan politique que militaire avec une Armée syrienne libre (ASL) qui n’a d’armée que le nom et dont les homme se livrent aussi à des exactions. Résultat : dans la situation actuelle, livrer des armes ne changerait pas grand-chose. »
Cette décision de levée d’embargo a-t-elle été prise naïvement au nom des « droits de l’homme »? Cela semble bien improbable également pour Paulo Pinheiro, le président de la Commission d’enquête de l’Onu sur la Syrie (formée également de Karen AbuZayd, Carla del Ponte et Vitit Muntarbhorn), mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’Onu.
Une dépêche de l’agence Ria Novosti publiée aujourd’hui rapporte que lors d’une conférence de presse à Paris (non couverte « curieusement » par les médias français?), M. Pinheiro a affirmé qu’en Syrie »Les combattants démocratiques historiques, qui véritablement croyaient dans la mosaïque syrienne, l’Etat laïc, l’Etat pour tous, sont aujourd’hui minoritaires (…). La majorité des rebelles est très loin de penser à la démocratie. Ils ont d’autres inspirations ».
« Selon M.Pinheiro, la commission qu’il préside dispose de preuves de crimes affreux commis en Syrie par les deux parties en conflit. Il a également dénoncé la combinaison de sectarisme, de radicalisation et d’escalade des violations des droits de l’homme » en Syrie. »
La volonté de l’UE de livrer des armes aux milices anti Assad, a été dénoncée avec force par le Front National via un communiqué de Marine Le Pen, mais aussi mercredi par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. La levée de l’embargo - illégitime par principe , le droit international n’autorisant pas de livraisons d’armes autres qu’à un État – rend la situation encore plus difficile, et met de sérieux obstacles à la tenue d’une conférence internationale sur la Syrie« , a déclaré le chef de la diplomatie de Vladimir Poutine.
Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a annoncé clairement hier que Moscou ne permettra pas un déséquilibre dans le rapport des forces entre son allié et les rebelles soutenus par les pays de l’Otan, le Qatar et l’Arabie Saoudite. Lors d’une visite en Finlande, M. Choïgou a affirmé que « toute décision est à double tranchant. Si une des parties lève les restrictions, alors l’autre partie peut considérer qu’elle n’est plus tenue d’observer les obligations prises auparavant »…
Acteur central, majeur dans la région, Israël, par la voix de son Premier ministre Benyamin Netanyahu, a averti que Tsahal frapperait de nouveau la Syrie si les fournitures d’armes au Hezbollah se poursuivaient…tout en assurant que l’objectif poursuivi n’était pas le renversement du régime laïc en place à Damas.
Le magazine Times a cité un diplomate israélien qui a souligné le risque pour l’Etat hébreu de l’installation d’un régime islamiste à sa porte. Mais selon des fuites publiées (orchestrées?) par le New York Times , Tel-Aviv aurait averti qu’il renverserait le régime à Damas si jamais « il osait répondre aux raids israéliens contre des caches ou des convois d’armes sur son territoire ».
Alors, quelle sortie de crise en Syrie ? Le risque d’une internationalisation accrue du conflit est il toujours majeur ? « Toute guerre civile introduit l’étranger dans les affaires d’un pays ». « Quand une guerre civile a en outre un principe religieux, elle prend un caractère international ». Cette remarque de Jacques Bainville dans sa remarquable Histoire de France, est transposable à la situation actuelle dans ce pays.
Pour Fabrice Balanche, cité plus haut, « La conférence de Genève 2 ne donnera aucun résultat concret. Le régime de Bachar el-Assad commence à reprendre du terrain tandis que les oppositions civiles et militaires sont de plus en plus divisées malgré les milliards de dollars d’aides en provenance des pays du Golfe et le soutien diplomatique occidental. »
« Dans ces conditions le régime et ses alliés – la Russie et l’Iran – n’accepteront pas un compromis en leur défaveur. Les Occidentaux ne veulent pas s’engager directement dans le conflit, mais ils refusent de s’incliner trop facilement devant Moscou. Par conséquent, ils devraient continuer à soutenir l’option militaire encore quelque temps, d’autant que Qatar et Arabie Saoudite font de la chute du régime syrien un point d’honneur. »
« Nous sommes en Syrie dans une lutte à mort. Le régime de Bachar el-Assad se bat pour sa survie et il n’acceptera pas d’abandonner le pouvoir indique-t-il encore. Il a la capacité de gagner et peut compter sur le soutien ferme de la Russie et de l’Iran. Dans ces conditions il existe peu de place pour la négociation. L’erreur des Occidentaux est d’avoir cru que le régime tomberait facilement comme celui de Ben Ali et de Moubarak. »
« Pour les pays du Golfe, la majorité sunnite devait forcément l’emporter sur la minorité alaouite au pouvoir. C’était sans compter sur le nationalisme syrien qui transcende les communautés et la solidité d’un système de pouvoir qui, s’il est dominé par les alaouites, n’intègre pas moins beaucoup de sunnites. A partir de cette erreur d’appréciation, les anti-Bachar se sont enfermés dans un raisonnement manichéen : il doit partir parce qu’il est méchant. »
Bref, constate Bruno Gollnisch, cette guerre en Syrie rend une nouvelle fois visible le jeu tortueux de Washington, de Bruxelles , de l’Otan, bras armé du nouvel ordre mondial. Les dizaines de milliers de morts civils du conflit syrien sont aussi, comme les centaines de milliers de morts irakiens depuis 2003, les millions depuis 1990, de la responsabilité directe des chancelleries sous domination Etats-uniennes.
Nos grandes consciences n’hésitent pas à maquiller leurs projets les plus infâmes sous couvert des grands et immortels principes. En s’appuyant en Syrie pour l’occasion sur des régimes bailleurs de fonds du terrorisme wahhabite et du prosélytisme islamiste le plus obscurantiste, que l’on voit désormais à l’oeuvre également sur notre sol français et européen. Via l’immigration de peuplement soutenue par les mêmes…
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) - Au terme d’une journée de négociations marathon, les vingt-sept pays de l’Union européenne ont réussi in extremis à trouver un compromis quant au renouvellement des sanctions imposées à la Syrie.
Qu’a‑t‑il été décidé ?
Le Royaume‑Uni et la France militaient pour une levée de l’embargo sur les armes afin de pouvoir armer la rébellion, pourtant de plus en plus composée de djihadistes internationaux. En face, l’Allemagne, les Pays‑Bas, l’Autriche, la Tchéquie ou encore la Roumanie souhaitaient un renouvellement des sanctions pour tout le monde. Finalement, l’accord maintient toutes les sanctions économiques et financières, mais soustrait de cette réglementation européenne la possibilité de livrer des armes à la rébellion islamiste.
Mais que se passe‑t‑il sur le terrain ?
L’armée arabe syrienne, l’armée gouvernementale, a enregistré des succès notables ces dernières semaines en reprenant des bases militaires occupées par les rebelles, ou des postes‑frontières. Peut‑être le retour sur le devant de la scène des fameuses armes chimiques n’est‑il pas anodin. Deux journalistes du Monde ont ainsi ramassé des échantillons qu’ils auraient trouvés par terre. Ces échantillons vont être étudiés par la police afin de tenter de prouver la présence d’armes de destruction massive en Syrie.
Cela peut‑il apaiser la situation ?
Certes non, car en représailles la Russie a livré des missiles sol‑air S300 au gouvernement syrien afin de lui permettre de répondre aux attaques étrangères, comme par exemple celle faite par Israël contre un dépôt d’armes sans aucune somation. Moscou et les puissances occidentales proposent désormais l’organisation d’une conférence Genève 2 pour réunir autour de la table les différents protagonistes.
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