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géopolitique - Page 992

  • De tout et de rien

    Chauprade
    J’ai lu, avec un peu de retard, sur le site realpolitik.tv, sous le titre « Où vont la Syrie et le Moyen Orient ? », une très intéressante analyse de géopolitique œuvre d’Aymeric Chauprade.
    J’y relève principalement deux idées.
    Tout d’abord Chauprade ne croît pas au peak oil car il est un tenant de « la thèse dite abiotique de l’origine du pétrole, c’est-à-dire que le pétrole n’a pas pour origine la décomposition des dinosaures dans les fosses sédimentaires mais qu’il est un liquide abondant qui coule sous le manteau de la terre, qu’il est fabriqué à des températures et des pressions gigantesques à des profondeurs incroyables, et que par conséquent ce que nous extrayons est ce qui est remonté des profondeurs de la terre par fracturation du manteau. »
    Ensuite, il estime qu’« on ne peut pas exclure qu’Israël se découple de l’Occident pour se rapprocher d’un axe Russie/monde chiite hostile à la Turquie et aux monarchies pétrolières. » Si cela devenait une réalité, tous ceux qui sont sur un axe pro-Israël version néo-cons (style Riposte laïque) se trouveraient floués.

    Svoboda
    Le site Investig’action consacre un intéressant dossier aux élections législatives ukrainiennes et au succès de Svoboda (de 0,36% des voix en 2006, ce parti est passé à un peu plus de 10% en octobre dernier, récoltant 37 sièges sur 450 au Parlement. Cette percée est beaucoup plus forte à l’Ouest, en Galicie, dont les grandes villes votent Svoboda à plus de 30%.).
    Malgré la lourdeur de l’analyse « antifasciste », bien des informations recoupent ce que les NR affirment depuis de nombreuses années concernant Svoboda : il s’agit d’un parti orange-brun avec lequel les partis « démocrates », occidentalistes et libéraux unies au sein de la plateforme d'opposition Batkivchtchina (« Patrie »), dirigée par l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko, ont signé un accord sur la formation d'une coalition au sein du parlement ; il s’agit aussi d’un parti anti-eurasiste qui participe au jeu diplomatique des pays occidentaux en Ukraine qui est de faire échec au projet de Poutine de créer une union économique entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l'Ukraine. Svoboda pouvant servir d’aiguillon à un front de tous les partis d’opposition contre l’actuel président Viktor Ianoukovitch, « marionnette du Kremlin », et pour un « choix européen », c'est-à-dire anti-russe. Le leader de Svoboda vient du reste de confirmer que son choix était « l’Europe ».
    Il convient donc d’affirmer clairement et de bien le faire savoir : Svoboda, dont les dirigeants sont proches de Bruno Gollnisch, n’est pas « des nôtres », tout au contraire, il défend des positions qui font de lui un ennemi géopolitique.
    Une anecdote signifiante pour clore sur ce point, le responsable des relations internationales de ce parti Taras Osaulenko a été récipiendaire d’une bourse de recherches de... l'OTAN ! Tout est dit.

    Pour Noël, je garde mon argent
    J’ai reçu d’une association du nom d’Entraide Solidarité une invitation à soutenir, à l'occasion des fêtes de Noël, « Dix figures de la résistance européenne ».
    L’idée serait excellente, s’il s’agissait vraiment de résistants.
    Or, pour plusieurs d’entre eux, ce n'est absolument pas le cas.
    L’un n’est rien de plus qu’un provocateur, un autre s’est surtout illustré par ses violences contre les nationalistes qui ne partagent pas ses vues et un troisième, du nom de Tommy Robinson, leader de l'English defense league, est bien connu pour l’organisation en Grande-Bretagne de manifestations sous des drapeux qui répouissent les néo-cons mais qui n’ont rien à voir avec l’Europe, ainsi que pour ses affiches qui réussissent le tour de force d’être la fois favorables au multiracialisme et à l’islamophobie.
    Conclusion : je garderai mon argent et je vous conseille de faire de même.

    Pierre Lanoe http://www.voxnr.com

  • Alain Soral -- Monde Multipolaire, Poutine, Libye, Syrie, Wall Street, Israel, Tarik ramadan.

  • "Afflux massif" de mercenaires djihadistes au Mali, selon un site algérien

    Selon un rapport secret des services de renseignements européens, auquel le journal espagnol El Pais, généralement bien introduit dans ces milieux, affirme avoir eu accès, les mercenaires djihadistes affluent par milliers au Mali.

    Pour la plupart, ce sont de jeunes Egyptiens, Soudanais et même des Maliens du sud au chômage qui ont choisi d'aller combattre pour 300 euros par mois aux côtés des groupes terroristes, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui ont aidé, au printemps dernier, le mouvement salafiste Ançar Eddine à occuper le nord du Mali.

    Environ 2500 hommes, dont le seul intérêt est l´argent, ont été recrutés ces derniers mois, notamment depuis l'annonce de la mise en place d´une force africaine de 3.500 soldats des 15 Etats appartenant à l'organisation régionale la Cédéao qui sera chargée de reconquérir le nord du Mali. Cette intervention armée ne pouvant pas, militairement, se faire avant le mois de mars 2013, Aqmi et le Mujao ont donc eu suffisamment de temps pour recruter assez de mercenaires motivés par des revenus fixes.

    Ce qui n´est pas le cas de certains pays du Sahel qui ont du mal à payer leurs fonctionnaires. Ces deux organisations terroristes n'ont pas, elles, de problèmes d'argent. Depuis une dizaine d'années, Aqmi et, plus récemment le Mujao, ont amassé des sommes colossales grâce au prise d'otages et aux taxes appliquées aux convois des trafiquants de drogue dont elles assurent la sécurité sur les routes du désert. Son capital dépasserait les 50 millions d´euros.

    On trouve parmi ces mercenaires, des ressortissants égyptiens, soudanais et arabes qui sont déjà arrivés dans les principales villes du territoire occupé de l'Azawad, Kidal, Gao et Tombouctou, avec des armes achetées en Libye. Ce trafic d'armes est financé par des organisations civiles islamistes des pays du Golfe qui finançaient déjà le djihadisme, en Afghanistan, en Irak ou en Somalie. Ces adeptes de la guerre sainte ont des motivations moins mercantiles.

    Leur nombre n'est pas connu des services secrets occidentaux qui fréquentent la région. Il est, toutefois, certains, que le repli des troupes alliées d´Afghanistan et le relâchement de la pression occidentale en Irak, vont favoriser davantage l'afflux des djihadistes au Sahel qui rêvaient d'une intervention armée dans cette région, même avec le seul soutien logistique des pays occidentaux.

    Un pouvoir tricéphale à Bamako

    Le recrutement de mercenaires par les responsables d´Aqmi et le Mujao est assez aisé car le Mali est l´un des pays les plus pauvres du monde avec 15 millions d´habitants qui vivent en moyenne avec moins de deux euros par tête et par jour. Les cellules des agents de renseignements européens dans ce pays décrivent une situation politique, sociale et sécuritaire très favorable pour les groupes terroristes. Un pouvoir tricéphale qui rend difficile toute prise de décision politique, une élite religieuse très proche des radicaux d´Ançar Eddine, alliés du Mujao et d´Aqmi, et une armée très peu préparée à une intervention militaire pour pouvoir se redéployer seule dans le nord du pays.

    C´est la raison pour laquelle les pays européens, à leur tête la France, ont opté pour la mise en place d'une force africaine qu´il faut d´abord motiver, former, renseigner et suivre sur le terrain. Les Européens estiment à 70 millions d'euros le montant pour financer cette opération militaire dont les chances de succès ne sont pas évidentes. Car en face, il y a des djihadistes très motivés idéologiquement et des mercenaires tout aussi motivés par de l´argent. C'est loin d´être le cas des soldats de la Cédéao.

    Des imams radicaux à Bamako

    Les pays européens craignent qu'en cas d'échec de la force africaine, cette intervention armée ne débouche sur le scénario afghan. C'est pourquoi ils tablent sur la stabilisation politique au Mali et sur un minimum de fonctionnement de ses institutions politiques. Ni le président copté Dioncounda Traoré, qui est rentré, en juillet dernier d'une longue période de convalescence en France, ni le Premier ministre Modibo Diarra ni le capitaine putschiste  Amadou Haya Sanogo, qui a destitué le président élu Amadou Toumani Touré, aujourd´hui  chargé de réformer l'armée, ne gouvernent ni ensemble, ni séparément.

    "Aucune sphère de ce pouvoir tricéphale n'affiche la volonté de vouloir aller vers un processus démocratique", déplorent les services secrets européens dans les rapports qu'ils adressent à leurs gouvernements respectifs. Cette situation d'instabilité à Bamako est un terrain fécond pour la montée au créneau des imams les plus radicaux dont certains prônent le wahhabisme, dont les adeptes appellent à l'application rigoureuse de la charia. La jonction de ce courant radical animé par des imams, formés en Arabie saoudite, avec les groupes salafistes et terroristes d'Aqmi et du Mujao, n'est qu'une question de temps. Tout dépend  de l'issue de l'intervention armée au Mali.

    Source : Le temps d'Algérie  http://www.theatrum-belli.com

  • AQMI n’est-elle qu’une organisation terroriste ?

     

    Présentation de la situation actuelle dans la zone sahélo-saharienne

    La conjoncture confuse au Mali ainsi que l’enlèvement des otages occidentaux fait partie maintenant de l’actualité quotidienne. Ces évènements ont permis de faire la lumière sur la situation chaotique de l’espace sahélien, une zone sous-administrée et sous-défendue qui a permis, notamment après la crise malienne et libyenne, la prolifération d’organisations criminelles et terroristes comme AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).
    François Hollande a même confirmé l’hypothèse d’une intervention militaire dans la région, mais est-ce vraiment la solution ? Comment éradiquer une nébuleuse qui sévit dans une zone que l’on nomme le nouvel Afghanistan ? AQMI dispose-elle d’une structure définie ? Quelle sont ses relations avec d’autres nébuleuses comme « Anssar eddine » ou le front Polisario ? Et quelles sont ses sources de financement et les manipulations possibles derrière ?

    La zone sahélo-saharienne constitue une large étendue désertique dotée d’une faible densité de population et de frontières incontrôlables.

    Ces éléments  géographiques couplés à une instabilité politique dans le nord-Mali ont permis la création de « zones grises » complexes qui permettent la prolifération de la nébuleuse AQMI.
    D’autant plus que la région est devenue une plaque tournante du trafic de drogue international : l’héroïne arrivant de l'est de l'Afrique et la cocaïne de l'ouest – se rejoignent désormais dans le Sahara, empruntant de nouveaux itinéraires à travers le Tchad, le Niger et le Mali.
    Nous assistons donc à une hybridation des mouvements terroristes et des milieux criminels, ce qui permet à AQMI de se servir de ce réseau pour se financer et recruter ses troupes.
    Plus au nord, Le mouvement séparatiste du Polisario qui est en nette décomposition depuis quelques années verse de plus en plus dans le crime organisé ; l’islamisme radical et l’exploitation des filières d’immigration clandestine. On ne peut que se poser des questions sur les liens occultes entre l’organisation et AQMI, d’autant plus que suite à la réunion internationale de Bamako le 19 octobre, des combattants du mouvement se sont dirigés vers GAO afin d’aider AQMI face à l’offensive imminente de la communauté internationale.
    Si l’on rajoute à cela la prise de pouvoir de la milice djihadiste « Ansar Eddine » au nord Mali, nous assistons à une combinaison de facteurs géopolitiques créant un cocktail explosif dans la région, et permettant à AQMI de tisser sa sphère d’influence dans la zone, soulevant des inquiétudes dans l’ensemble de la région et en Europe.

    Marge de manœuvre d’AQMI

    Mais qu’est-ce que réellement qu’AQMI ? S’agit-il d’un ordre politico-religieux armé comme le Hezbollah au Liban opérant auprès des populations sahéliennes ? Leurs activités et  leur organisation tendent à démontrer le contraire.

    AQMI est en réalité une structure mafieuse totalement hétérogène, constituée de différents membres  ayant généralement des intérêts divergents. Ces membres sont principalement des anciens combattants algériens du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat), couplés à des unités touaregs et mauritaniennes.
    L’ensemble de ces composantes  s’adonne à des activités criminelles afin de se financer tout en n’ayant aucune stratégie ou projet politique. Certes, il y a le discours légitimiste derrière mais celui-ci ne sert qu’à masquer une organisation n’ayant aucun enjeu défini mais cherchant simplement à tirer profit du chaos sahélien.
    Le financement des opérations de déstabilisation d’AQMI dans le Sahel est issu de divers trafics : Racket d’immigrés clandestins, armes, véhicules et médicaments.
    La source de financement principale reste néanmoins le trafic de drogue. En effet depuis plus de 8 ans les cartels de la drogue d'Amérique latine utilisent l'Afrique comme plaque tournante et base arrière de leur trafic de cocaïne vers l'Europe. AQMI se sert de ce réseau et des flux transitant afin de déstabiliser les états dans la région.
    L’autre source de financement principale correspond aux enlèvements d’occidentaux travaillants dans la zone, ce qui permet de donner une visibilité médiatique à la nébuleuse et de demander des rançons en échange.
    Enfin les différents évènements géopolitiques survenus dans la région permette de nourrir la nébuleuse, comme la guerre en Lybie qui a permit à AQMI de se fournir en armes mais aussi de recruter ses troupes parmi des combattants soudanais ou des séparatistes du Polisario.

    Quelles solutions face à la montée d’AQMI ?

    Face aux activités terroristes d’AQMI qui transforment la région en nouvel Afghanistan, quelles solutions se profilent afin d’éradiquer cette menace ? La première est une intégration régionale de l’Afrique du nord, région doté de ressources stratégiques.
    L’une des clés de résolution de cette équation complexe est donc la normalisation des relations entre la Maroc et l’Algérie sur le conflit du Sahara.  Cela permettra de développer une relation bilatérale entre les deux pays, et ainsi construire une base de réflexion solide sur les aspects sécuritaires de la région.
    D’un autre côté, il s’agit de ne pas se focaliser sur un ennemi fantôme (AQMI) dans un premier temps, mais de réfléchir plutôt à des stratégies de reconstruction politique et économique des pays de la région sahélienne, en luttant contre la pauvreté et l’explosion démographique dans ces pays.
    Une fois ces éléments intégrés, une coopération internationale pourrait alors naître afin d’éradiquer l’ensemble des trafics qui pullulent dans la région, et ainsi couper à la source le financement d’AQMI l’affaiblissant petit à petit et la conduisant à imploser par la suite.

    Ali Moutaib http://www.infoguerre.fr

    Bibliographie

    • « Zone sahélo-saharienne : les connexions entre le terrorisme et le trafic de drogue débattues à Dakar », Al Bayane
    • « Drogue, contrebande, terrorisme : Trois maux qui menacent la région Sahélo-saharienne et inquiètent la Communauté internationale », Maghreb Arab Press, 24/10/12
    • « Afghanisation de la région sahélo-saharienne », Israel-flash, 11/06/2012
    • Aymeric Chauprade, « Sahara, le risque des «zones grises», L’économiste, 06/10/06
    • Mehdi Taje, “Situation au Sahel Sahara et acteurs extérieurs”, Realpolitik.tv, 09/10/12
    • Craig Whitlock, « U.S. expands secret intelligence operations in Africa », Washington Post, 14/06/12
    • Alain Antil, « L’Afrique et la guerre contre la terreur », Politique étrangère 2006/3, Automne, p. 538-591
    • Jean-Luc Peduzzi, «Physionomie et enjeux des trafics dans la bande sahélo-saharienne”, Ifri, 2010
    • « Le désert de tous les dangers : des français dans le piège du sahel », 2012, [Programme TV] M6
  • Les Égyptiens ne veulent ni des islamistes ni de leur charia

    L’Égypte connaît sa pire crise depuis la révolution de 2011 qui a amené la chute de Hosni Moubarak. Une crise institutionnelle née du décret pris le 22 novembre dernier par le président Mohamed Morsi, décret par lequel le chef de l'État égyptien s’attribue des pouvoirs élargis.
    Des dizaines de milliers de manifestants sont dans les rues depuis quasiment deux semaines dans plusieurs villes égyptiennes par crainte d’une dérive autoritaire du pouvoir. Mardi 4 décembre, la mobilisation était forte et surtout inédite de la part d’une opposition qui a remporté son pari en parvenant à encercler le palais présidentiel.
    Tout s’est joué en quelques minutes mardi 4 décembre au soir. Les manifestants rassemblés aux abords du palais ont réussi à bousculer les forces de l’ordre qui étaient censées les empêcher de se rapprocher. Il y a eu quelques affrontements, des tirs de gaz lacrymogène, mais, très vite la police a reculé et a laissé le champ libre aux manifestants qui ont littéralement encerclé le palais présidentiel.
    Un symbole très fort : jamais à l’époque de Moubarak une telle manifestation n’aurait été ne serait-ce qu’envisagée un seul instant. Les manifestants déterminés sont très en colère contre le président égyptien. Pour cet ingénieur, qui se trouvait hier soir devant le palais présidentiel, Mohamed Morsi a le tort de ne représenter désormais qu’une seule partie de la population égyptienne : « Je suis en colère parce qu'il divise la communauté égyptienne. Nous étions un groupe. Maintenant nous serons deux groupes. Ça, c’est à cause de lui. »
    Le président égyptien Mohamed Morsi est toujours contesté par la rue mais il campe malgré tout sur ses positions. Pour l’instant, il n’a cédé sur aucune des revendications de l’opposition. Il a maintenu son décret constitutionnel qui le place au-dessus de la justice. Il a validé le projet de Constitution adopté à la hâte la semaine dernière et il maintient également la date du référendum constitutionnel du 15 décembre. Le chef de l'État égyptien a d'ailleurs regagné ce mercredi matin le palais présidentiel, son lieu de travail qu'il avait été contraint de quitter la veille sous la pression des manifestants.
    En attendant, une nouvelle manifestation est prévue vendredi prochain ; l’occasion, pour l’opposition, de mobiliser de nouveau la rue. La bataille va se jouer dans les prochains jours au sein des tribunaux égyptiens qui vont délibérer à leur niveau pour décider s’ils acceptent ou non de superviser le référendum. Une décision très attendue puisqu’en Égypte, c’est la justice qui s’occupe de l’organisation des élections.

    Avec RFI http://www.francepresseinfos.com/

  • L’Union européenne meurt-elle de sa vassalité avec les Etats-Unis ?

    Quelques évidences à rappeler
    L'Union européenne s'enferme dans un système de subventions avec des règles de marchés dont les effets sont très violents. Pendant ce temps de très nombreux Etats ont recours à des fonds souverains pour sécuriser leurs entreprises (surtout pour des marchés stratégiques). 
    L'Union européenne connait une crise majeure où les populations sont étranglées par l'augmentation croissante des impôts et une récession grandissante. Est-il judicieux, normal, juste que les européens payent pour le développement des entreprises et économies étrangères ? Peut-on encore justifier les attaques (et souvent destructions) dont sont victimes les entreprises européennes, du fait des subventions, par les fonds d'investissements étrangers (souverains ou non) ? L'Europe peut-elle se permettre de fragiliser encore son tissu économique intérieur en étranglant les citoyens et en abandonnant les entreprises?
    À l'heure de cette crise sans précédent, on est droit de s'interroger sur les choix économiques de l'Europe. L'industrie est en chute libre, le commerce extérieur des pays européens est plus que défaillant et le marché de l'emploi périclite dangereusement. L'usage de vingt années de marché commun démontre que le système économique (monnaie unique forte, cadre règlementaire européen de la concurrence, aides d'Etats, …) de l'Union avantage clairement le plus fort, ne laissant aux Etats membres restants d'autre choix que de creuser les déficits afin de maximiser le commerce extérieur du plus performant. Le dumping fiscal et social fausse la concurrence et met en péril toute l'économie européenne.

    L’autisme entretenu par le discours libéral exporté des Etats-Unis
    Face à des enjeux stratégiques de redéfinition de l'économie, le reste du monde s'arme et recourt massivement à un protectionnisme étatique, parfois à peine déguisé. La sécurisation des industries nationales devient une règle, les attaques de concurrents se font de plus en plus agressives et violentes. Pourtant l'Union européenne s'accroche, comme un naufragé à un morceau de plomb, à une politique économique intérieure suicidaire : le libre-échange extrême associé à une concurrence exacerbée et dangereuse pour les entreprises européennes.
    En effet l'investissement et l'obtention de subventions sont régis par une logique de solidarité (sans doute justifiée si elle est réfléchie) entre les territoires. Tout cela implique que si les entreprises de l'ouest n'investissent pas dans les régions de l'est, le concurrent (pouvant être étranger à l'Europe!) obtient les subventions européennes s'il investit dans les pays de l'est de l'Europe, pouvant alors bénéficier de dumpings fiscaux et/ou sociaux. L'investisseur étranger bénéficie alors d'un avantage majeur pour attaquer les marchés intérieurs de ses concurrents de l'Europe de l'ouest sans aucune barrière douanière. Sous couvert de solidarité entre Etats membres, les contribuables de l'ouest financent généreusement les subventions et donc les investissements d'entreprises n'ayant aucun lien avec l'Europe. La Chine peut ainsi bénéficier de subventions européennes lorsqu'elle a investi, avec son fond souverain, en Europe de l'est. Il ne faut surtout pas oublier qu'une subvention n'est autre qu'une aide financière en don réel faites à partir des fonds publics, eux-mêmes entretenus par les contribuables européens. Ce système contre-productif est clairement une pure perte financière.
    Il serait temps de profiter de cette crise pour faire évoluer les règles des aides d'Etat et autres carcans afin de permettre la construction de véritables politiques industrielles communes. La création d'un fond souverain européen ne peut-elle pas enfin être envisagée comme une solution pertinente et viable ?

    http://www.infoguerre.fr

  • EXCLUSIVITÉ Fortune : Brzezinski et le réveil politique mondial

    Extrait d’une conférence de Zbigniew Kazimierz Brzezinski, donnée fin septembre ou début octobre 2012 en Pologne. Brzezinski fut conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis, Jimmy Carter, de 1977 à 1981.

    « Une domination mondiale des États-Unis n’est plus possible. »


    (Traduction et sous-titrage: Fortune)

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Syrie : la crainte de l’extension du conflit

    Lors de son passage au Journal télévisé de France 2, François Hollande a évoqué son souci –qui ne l’aurait pas ?- de tout mettre en œuvre pour enclencher une baisse du chômage qui poursuit son ascension a-t-on appris hier pour son douzième mois consécutif. Un fléau qui continuera à croître puisque l’actuel gouvernement à l’instar du précédent, n’entend pas remettre en cause les diktats ultra-libre échangistes de Bruxelles et son refus de mesures protectionnistes qui permettraient à notre économie de se battre à armes égales avec ses concurrents. Si la question de l’emploi est une angoisse majeure pour nos compatriotes, le chef de l’Etat a également mis ses pas dans ceux de l’équipe précédente en n’écartant pas l’hypothèse d’une intervention militaire étrangère en Syrie à la suite du massacre de Houla, vendredi dernier.

     Le général norvégien Robert Mood, a indiqué au Conseil de sécurité qu’au moins108 personnes y avaient été tuées, atteintes par des éclats d’obus ou tuées à bout portant, dont 49 enfants.

     Pour autant cette intervention militaire ne pourrait se faire que « dans le respect du droit international, c’est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité » de l’Onu. Ce qui imposerait un accord de la Chine et de la Russie dont le président Vladimir Poutine rencontre aujourd’hui son homologue français

     « C’est lui (M. Poutine, NDLR) pour l’instant, avec la Chine, qui est le plus en retrait par rapport à ces questions de sanctions. Eh bien, nous devons le convaincre que ce n’est pas possible de laisser le régime de Bachar el-Assad massacrer son propre peuple », a ajouté M. Hollande.

     Comme cinq autres pays de l’UE, le Canada et l’Australie, le chef de l’Etat a annoncé annonçant l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie à Paris, Mme Lamia Chakkour.

     Le Conseil de sécurité de l’Onu, Chine et Russie comprises, ont condamné ce massacre et Kofi Annan, pour son deuxième déplacement en trois mois en Syrie, a rencontré mardi Bachar el-Assad à Damas. Le président syrien a déclaré à cette occasion que le succès de son plan de paix était inconcevable sans la victoire sur le terrorisme et l’arrêt de la contrebande d’armes.

     Alors, il s’agit de nouveau de noter que la complexité de la situation en Syrie commande d’éviter les raccourcis manichéens dressant le tableau d’un pouvoir syrien sanguinaire massacrant à tour de bras de courageux combattants de la liberté. Un schéma simpliste adopté depuis le début par la gauche socialo-communiste, notre nouveau président de la République et son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius.

     M Hollande le sait bien, il donne ici des gages à bon compte au clan des partisans de l’intervention militaire…tout en sachant pertinemment que Moscou et Pékin ne changeront pas de sitôt leur fusil d’épaule.

     Un diplomate du Conseil de sécurité de l’Onu, interrogé sous le sceau de l’anonymat rapporte une dépêche Reuters, a souligné que « Rien ne montre que la Russie et la Chine sont prêtes à soutenir des mesures plus sévères à l’Onu, malgré ce qui s’est produit à Houla. »

     David Bosco, professeur à l’Université américaine de Washington, a estimé de son côté que « la dynamique du Conseil ne changera probablement pas avant que la dynamique du conflit syrien lui-même ne change. Tant que le gouvernement garde une chance raisonnable de se maintenir au pouvoir, je pense que la Russie et la Chine continueront à s’opposer à des mesures violentes visant à affaiblir le pouvoir du régime le Conseil restera dans l’impasse tant qu’Assad sera en mesure de contrer les efforts déployés pour renverser son gouvernement.»

     La prudence affichée officiellement par les Etats-Unis dans ce dossier est aussi le signe des risques de propagation à toute la région du conflit en Syrie qui touche déjà le Liban. Avec le risque de menaces supplémentaires sur la situation des minorités chrétiennes d’orient au sort duquel Bruno Gollnisch est particulièrement attaché et qui jouissent en Syrie d’une sécurité enviable.

     Renversement du régime en place à Damas qui ne serait certainement pas sans conséquence sur la situation du principal allié de Washington dans cette zone, Israël, d’où la retenue et la prudence de Tel-Aviv dans cette affaire que beaucoup ont relevé…

     Mardi à Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a déclaré que si l’option militaire n’est pas exclue -le chef du Pentagone Leon Panetta et le chef d’état-major des armées américaines Martin Dempsey l’ont répété à plusieurs reprises-, les Etats-Unis ne croyaient pas « que la militarisation de la situation constitue une décision appropriée». «Nous sommes persuadés qu’un tel scénario conduirait à davantage de chaos et de sang. A l’heure actuelle, nous restons en contact avec tous nos alliés et le Conseil de sécurité des Nations unies (…) et nous espérons que les pressions exercées sur Bachar el-Assad feront leur effet.»

     Enfin, la Russie a donné son sentiment, étayé par ses services de renseignements, que des « forces extérieures » sont également responsables du massacre de Houla attribué aux forces officielles syriennes. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères du nouveau gouvernement Medvedev, a affirmé que « Nous avons là une situation où manifestement les deux parties ont participé (à cette tuerie). Nous savons que l’opposition armée, du moins sa partie la plus radicale, reçoit en permanence des signaux pour ne pas cesser (les attaques) ».

     Moscou a également décidé de ne pas cacher ses soupçons vis-à-vis du rôle trouble qu’entend jouer dans ce conflit le gouvernement  islamo-mafieux mis en place  au Kosovo par les bonnes grâces de l’Otan. Lors d’un débat au Conseil de sécurité sur ce pays le 14 mai, Vitaly Tchourkine, l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, a fait état « d’informations de presse troublantes selon lesquelles les autorités du Kosovo établissent des contacts avec des représentants de l’opposition syrienne pour entraîner des insurgés » syriens sur son territoire…Accusations démenties mollement par le ministre des affaires étrangères du Kosovo, Enver Hoxhaj, qui s’est contenté d’avouer des « contacts diplomatiques entre son gouvernement et l’opposition syrienne ».

     Or, la mise en place d’un camp d’entraînement pour les terroristes islamistes opérant en Syrie « irait à l’encontre des efforts » de Kofi Annan, et « transformerait le Kosovo en un centre international d’entraînement pour différents insurgés et groupes armés, ce qui serait un grave facteur de déstabilisation, allant au-delà des Balkans », a affirmé M. Tchourkine.

     Est-il besoin de préciser que cette inquiétude n’a  été répercutée que très confidentiellement par les médias français…

    http://www.gollnisch.com

  • Jean-Michel Vernochet : « Pourquoi l’axe Tel-Aviv-Washington veut détruire l’Iran »

    L'Iran doit être «détruit» : en tant que théocratie nationalitaire il est voué à être «normalisé». En tête des agendas politiques, l'inscription volontariste de l'Iran au rang des démocraties libérales est donc à l'ordre du jour. Car l'Iran est appelé, volens nolens, à se fondre dans le grand chaudron des sociétés éclatées dans lesquelles la segmentation du marché atteint son paroxysme (minorités ethniques, confessionnelles, sectaires et sexuelles, femmes, jeunes, enfants, la publicité s'adressant à ces derniers dès l'âge de deux ans, l'âge de leur scolarisation précoce) afin de pouvoir pleinement être intégré au marché unique, autrement dit le "système-monde".

    RIVAROL : L'armée israélienne vient de mettre fin précipitamment à ses bombardements de la bande de Gaza. Quant au ministre de la Défense, Ehoud Barak, celui-ci vient de faire valoir ses droits à la retraite. N'est-ce pas le signe d'un net reflux des ambitions expansionniste d'Israël et donc d'un renoncement implicite à toute agression contre l'Iran ?
    Jean-Michel VERNOCHET : Regardons les choses en face. Gaza a été pilonnée, l'aviation et les drones israéliens y ont semé la mort et la désolation. Certes, l'escalade s'est arrêtée assez vite, mais qui est nommément désigné comme le premier responsable de ces tragiques événements ? Téhéran ! Laurent Fabius,.ministre des Affaires étrangères, ne s'est pas gêné pour accuser l'Iran, « ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal » [Les Animaux malades de la peste] de « porter une lourde responsabilité dans l'affaire de la bande de Gaza », ceci en ayant notamment fourni des « armes à longue portée au Hamas ». Fabius étant particulièrement déconnecté, comme la plupart des énarques, ne connaît apparemment pas le sens du couple de mots « longue portée »... mais l'expression fait «riche ». Ainsi s'est-il répandu le 22 novembre sur Radio Monte-Carlo et BFMTV où il a désigné la cible ultime : « L'Iran est indirectement impliqué dans plusieurs conflits graves dans cette région... les missiles à longue portée de 950 kg qui peuvent atteindre le centre d'Israël et les villes du sud du pays sont fournis par l'Iran ». Des missiles qui n'ont causé au demeurant aucune victime dans le centre d'Eretz Israël malgré leur supposée formidable létalité ! À contrario nombreux ont été à Gaza les morts et les blessés dus à des bombes réputées "intelligentes" ! Bref, l'arrêt de l'offensive sur Gaza, la démission (ou l'éviction) d'Ehoud Barak ne changent rien sur le fond. Certains vont même jusqu'à se demander si les "rats" ne se mettraient pas à quitter le navire, surpris qu'ils sont par une annonce intervenant cinq jours après la fin de l'opération « Colonne de nuées » autrement nommée en français « Pilier de Défense ». Certes l'actuel ministre israélien de la Défense, ancien Premier ministre de 1999 à 2001, militaire le plus décoré du pays qui en janvier 2011 a tourné le dos au Parti travailliste pour rallier le cabinet de Benyamin Nétanyahou, était considéré jusqu'à ce lundi 26 novembre comme le numéro "2" du gouvernement... âgé de soixante-dix ans il ne quittera cependant pas ses fonctions d'ici les élections législatives du 22 janvier 2013. Mais il est encore trop tôt pour savoir ce que cache ou dissimule ce départ impromptu... de graves désaccords au sommet de l'État hébreu à n'en pas douter et des révisions politiques - forcément "déchirantes" imposées de l'extérieur ou par l'effet d'un simple « retour au réel » ? La question se pose : Israël a-t-il trop présumé de ses forces ? Ses méfaits et son hybris ne sont-ils pas en train de le rattraper ? Désormais la coupe est-elle pleine ? Reste que nous pouvons compter sur le Likoud, génétiquement parlant, et sur ses épigones néoconservateurs de Washington, pour ne pas savoir ni vouloir s'arrêter à temps.
    Au cours de cette dernière crise, MM. Obama et Fabius n'ont au demeurant ni lâché ni désavoué Israël et son gouvernement, le Likoud. J'en déduis que cet arrêt du pilonnage aérien de Gaza n'est en réalité qu'une sorte de "repli tactique" et que cela ne change en rien - au moins pour l'instant - quant à l'agenda occidentaliste visant à un remodelage en profondeur du Proche-Orient : Syrie, Liban, Iran... Même si nous nous plaçons dans la perspective encore lointaine d'une autosuffisance énergétique de l'Amérique du Nord grâce au gaz de schiste. Les enjeux énergétiques liés à la bataille de Syrie ou au littoral gazaoui - lequel jouxte la partie méridionale du "Léviathan", poche de gaz super géante dont Israël entend bien s'approprier la totalité - ne sont qu'une dimension du projet occidentaliste de reconfiguration de l'aire islamique. Un projet auquel l'Administration américaine n'est pas prête à renoncer, qu'elle soit "démocrate" ou "républicaine". Trop d'efforts et de moyens ont été déjà consentis en ce sens, la guerre de Syrie est coûteuse en termes diplomatiques, le mouvement est amorcé, la coalition euratlantistes ne reviendra plus en arrière. Même si M. Obama, en raison de restrictions budgétaires, réduit la voilure, le cap sera maintenu contre vents et marées.
    Syrie, Liban, Iran, ces trois pays constitutifs de l'arc chiite - l'Irak peinant durement à se reconstruire - doivent être et seront brisés sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe aucune dissension au sein des états-majors politiques et militaires à Washington et Tel-Aviv. Paris comptant pour du beurre, les états d'âme des exécutants n'entrant en effet pas en ligne de compte ! Désaccords, non pas sur les objectifs à atteindre - la nécessaire destruction d'un Iran souverain fait l'unanimité - mais sur les moyens d'y parvenir et le calendrier : la force brutale préconisée par le Likoud et les Néoconservateurs, ou encore l'usure et la ruse, les manœuvres indirectes, la guerre subversive ou les révolutions internes !
    Depuis des années, surtout ces derniers mois, nous voyons les nuées monter sur l'horizon. Les orages ont rarement pour habitude de faire demi-tour... de même les machines infernales, une fois le mécanisme enclenché. L'Iran est voué à la destruction... sauf capitulation en rase campagne de ses élites dirigeantes. À ce titre il est vrai que des élections présidentielles auront lieu en Iran en juin 2013. Rien n'indique cependant que les nouveaux dirigeants pourraient réorienter - du tout au tout - l'actuelle politique de la République islamique, ni, que de l'autre côté M. Obama veuille se déjuger en acceptant de négocier directement avec la théocratie parlementaire iranienne.

    R. : Mais pourquoi au final l'Occident est-il si acharné contre l'Iran ? Le nucléaire est-il la seule ou la vraie raison ?
    J.-M. V. : Le nucléaire n'est de tout évidence qu'un prétexte. Une grosse ficelle du même genre que les "armes de destruction massive" qui ont servi à tétaniser les opinions publiques occidentales et à lancer la croisade pour la démocratie en et contre l'Irak. Le 14 novembre dernier Le Parisien nous expliquait doctement que « selon les experts internationaux, le programme iranien se poursuit lentement mais sûrement malgré les sanctions économiques qui étranglent le pays. "C'est une question de mois pour que Téhéran parvienne à ses fins", analyse un diplomate français. Chaque jour qui passe nous rapproche peut-être d'une issue dramatique ». Observons que nul ne sait précisément qui sont « les experts internationaux » ni qui est le « diplomate français » ici mentionné. Tout cela n'est pas sérieux, mais c'est à l'image de ce que nous serinent quotidiennement grands et petits média : une menace croît à l'Est qui est en passe de se muer en danger imminent. Conclusion : l'intervention est inéluctable. Répété mois après mois, semaines après semaines, années après années, ce type de discours apparaît comme une fatalité et plus encore, comme une nécessité. La raison désarme devant tant de constance et d'énergie dans le prêche du malheur... et parce que dans nos magnifiques démocraties le peuple - de toute façon désinformé à mort - n'est jamais consulté pour ce qui engage son avenir, l'opinion subit et accepte, toujours et encore. Et que pourrait-elle faire d'autre puisqu'elle ne dispose d'aucun choix alternatif possible ? Chacun sait pourtant que la possession d'une ou plusieurs têtes nucléaires ne feraient pas de l'Iran un adversaire redoutable face aux deux ou trois cents vecteurs de mort atomique que déploie Israël. Au fond, tout cela serait risible si ce n'était atrocement tragique.
    N'est-ce pas M. Rocard, l'ancien Premier ministre, qui, transverbéré par un trait de lucidité - mais à moitié goguenard et satisfait de lui-même comme seuls savent l'être les "égrotants" - s'exprimait ce dernier printemps en ces termes [Libération 2 mars 2012] : « Nous avons une stratégie américano-anglaise... de torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les Iraniens. Et même défaire un peu deprovoc de temps en temps. Comme s'il s'agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l'Onu, contre en gros l'Occident et ses clients. Et l'Europe se tait. C'est une affaire à millions de morts, l'hypothèse étant que ça commence nucléaire. Je connais bien ces dossiers et je n'ai jamais eu aussi peur. Nos diplomates ont perdu l'habitude de traiter des situations de cette ampleur et tous nos politiques jouent à se faire plaisir avec des satisfactions de campagne électorale. Ce qui est nouveau, c'est l'intensité des dangers par rapport à un état d'esprit futile. Autre nouveauté, ces dangers sont extérieurs, résolument mondiaux. Il n'y a que l'Amérique latine et l'Australie pour avoir une chance d'y échapper. Aucun grand pays, même la Chine ou les États-Unis, n'y peut quelque chose à lui tout seul. Il n'y a de réponse que dans une consultation mondiale attentive dont tout le monde se moque ... Ça me rend malade ». L'agneau de la fable - innocent ou pas, là n'est pas la question - face au loup dominateur et sûr de lui, est forcément perdant : le premier démuni pollue l'eau du maître des lieux, l'autre manie la rhétorique sans appel du dominant. Iran/États-Unis, toutes proportions gardées, le schéma est à l'identique avec à l'arrivée, sans doute, le même résultat.

    R. : Mais quels intérêts l'Iran menace-t-il concrètement ?
    J.-M. V. : L'Iran ne menace personne mais barre le passage à une foultitude d'intérêts. Comme déjà dit, il ne faut pas réduire comme cela a été fait pour l'Irak, la question à sa seule dimension géoénergétique. Pour faire court disons qu'un processus d'Unification global du Marché est en cours et que l'Iran y fait obstacle. Après tout, il s'agit d'un pays où les prêts financiers à taux usuraires sont interdits, cela seul constitue un casus belli pour les potentats de la Finance et pour tout le système. Où l'Iran se soumet, accepte sa conversion aux dogmes du Monothéisme du Marché, ou bien doit se résoudre à se voir effacé de la Carte du Temps. À prendre ou à laisser. Sauf miracle, révolutions, effondrement des nations occidentales sous l'effet de la crise systémique...

    R. : Quelles sont, à votre avis, les issues possibles ? La guerre est-elle inéluctable ou encore évitable ?
    J.-M. V. : Obama veut ou voudrait temporiser. Sa préférence va aux stratégies indirectes, entre autres la subversion, l'étranglement par les sanctions, les révoltes populaires encouragées et soutenues de l'extérieur. Et cela marche. Les sanctions commencent à mettre l'Iran à genoux. Le peuple souffre. Les gens du Département d'État et les adeptes du « smart power » - le gros bâton subtil - comptent à ce titre sur un soulèvement de la population. De ce point de vue, pour le Département d'État, le président Ahmadinejad est devenu un personnage contingent. Il n'est plus le paramètre central. Les prochaines élections présidentielles pourraient en effet conduire à la tête des personnalités plus dures voire plus intransigeantes que l'actuel président. En tout cas, les stratèges de la terreur veulent d'abord priver l'Iran de ses bases avancées : celles du Liban, c'est-à-dire le Hezbollah ; de Syrie contre laquelle les coups de boutoirs se multiplient. En un mot, il s'agirait de ne pas aller trop vite en besogne, d'assurer les arrières, de déblayer le terrain et de faire le ménage avant de s'attaquer au sanctuaire iranien. Les autres, les faucons, veulent fondre sur la proie sûrs qu'ils sont de l'écraser sous leurs bombes en raison de leur infernale supériorité ; à savoir une maîtrise absolu de mers, de l'air et de l'espace... des espaces devrait-on dire puisqu'outre l'espace extra-atmosphérique il est désormais question de guerre à outrance dans le cyberespace. Or les Occidentalistes sont déjà allés trop loin. Ils n'ont d'ailleurs pas pour habitude de reculer. La Syrie mise à feu et à sang est un bon exemple de la détermination du camp israélo-américain, de leurs alliés, commensaux et satellites. Ils iront donc jusqu'au bout. Sauf que nul n'est vraiment assuré du résultat.
    Une victoire militaire coûtera de toutes façons cher, même si ce n'est pas à court terme. Car nul ne peut impunément et indéfiniment défier voire mépriser une communauté internationale en pleine mutation... Communauté des nations à présent traversée par les courants invisibles d'une information non filtrée véhiculée par la Toile. Dans l'actuel contexte de crise systémique, personne ne peut exclure non plus des révoltes en Europe et aux États-Unis. Une hypothèse qui devient chaque jour de moins en moins absurde pour ne pas dire de moins en moins "improbable". L’hybris des maîtres du monde est telle qu'ils croient encore pouvoir contenir ou canaliser des mouvements populaires de grande ampleur. L'histoire certes se répète souvent, mais c'est refuser de tenir un compte exact des transformations sociétales en cours ou déjà accomplies. L'intelligence et la culture des dirigeants occidentaux promus par le cirque médiatique et le bastingue démocratique, ne sont plus à la hauteur des défis actuels. Sur ce point nous sommes entièrement d'accord avec Michel Rocard. Mais pas pour les mêmes raisons. En vérité, sauf miracle, nous irons à l'abîme parce que ces gens veulent y aller et ont décidé de nous y emmener avec eux, assurés qu'ils sont de n'avoir pas à payer le prix du sang versé. Le sang des autres, bien entendu.
    Propos recueillis par Jérôme BOURBON. Rivarol du 30 novembre 2012
    Iran, la destruction nécessaire Persia delenda est... Jean-Michel Vernochet 128 p. 15 €.

  • L'Armée française et les chrétiens de Syrie

    Maintes fois massacrés au cours de leur histoire récente, les chrétiens d'Orient ont longtemps trouvé protection auprès de l'armée française. Ce temps a passé.
    Partant pour la Syrie est une chanson d'Hortense de Beauharnais, relancée vers 1860 pour encourager les soldats de l'armée française envoyés par Napoléon III secourir les chrétiens du Levant, massacrés une fois de plus. À l'époque, la politique étrangère française n'avait à recevoir aucune directive d'une quelconque alliance dominée par des puissances lointaines... Cette intervention de 1860 eut des répercussions politiques et culturelles favorables à la France et à la langue française, qui supplanta alors l'italien au Proche-Orient. Cette hégémonie linguistique a aujourd'hui disparu au bénéfice de l'anglais, puisque la France n'est plus considérée comme un pays ami, ni protecteur. Même les Maronites du Liban parlent de moins en moins français.
    La Grande Syrie d'antan s'étendait au Nord jusqu'au Taurus et englobait le Liban et la Palestine. Damas et Antioche abritèrent saint Paul et saint Pierre avant qu'Antioche ne devint la référence de nombreux patriarcats chrétiens. Mais l'Empire ottoman a occupé la Syrie à partir du XVIe siècle et le sort des chrétiens du Levant est difficilement dissociable de celui des chrétiens d'Asie mineure, la fin de l'Empire ottoman ayant été marquée par d'innombrables massacres de chrétiens qui ont provoqué des exodes massifs, notamment vers la Syrie. En raison de l'implantation récente de ces chrétiens dans des pays arabophones, on les a qualifiés en anglais d'« Arab Christians », expression qu'il faut traduire par « chrétiens arabisés », car ils sont très rarement de souche arabe, même s'ils parlent et célèbrent leurs liturgies en arabe.
    Les massacres de chrétiens relèvent à la fois d'un antagonisme religieux généralisé et d'une rivalité pour l'exploitation d'un même territoire. Comme les Kurdes, musulmans sunnites intransigeants, volontiers polygames et donc très prolifiques, sont en perpétuelle expansion, ils sont impliqués dans toutes les tueries et en profitent pour annexer les terres et villages des chrétiens.
    Ainsi, en 1843, l'émir Bader Khan de Bohtan fait massacrer, par ses fidèles kurdes, dix mille Assyriens et Chaldéens. À la fin du XIXe siècle, les massacres s'intensifient dans le Sud-Est de l'Asie mineure, notamment à Mardin et à Adana. En novembre 1914, l'Empereur Resad, qui vient de déclarer la guerre aux cotés des empires centraux, émet un firman aux termes duquel tous les chrétiens de l'empire doivent être exterminés. L'armée russe pénètre alors très profondément en Asie mineure, soit jusqu'à Bitlis et à son arrivée, les chrétiens manifestent leur allégresse. Mais le 25 avril 1915, la lettre à Talat Pacha ordonne le massacre de tous les Arméniens. D'autres chrétiens sont tués, notamment des Grecs, des Syriaques orthodoxes et catholiques, des Assyriens, des Chaldéens, des Roums(Grecs) orthodoxes et catholiques, des Maronites, les Kurdes s'emparant de leurs terres et de leurs maisons.
    Enfants et jeunes femmes vendus comme esclaves
    Les Assyriens (ex-Nestoriens) sont animés par un sentiment nationaliste, comme les Kurdes avec lesquels ils se trouvent en rivalité de territoire à l'Est du Tigre. Et c'est encore un carnage à partir de 1915. Les Assyriens fuient. Vers le Sud-Est (territoire actuel de l'Iraq), ils sont massacrés - évêques, prêtres, vieillards, femmes, enfants -, par des Kurdes qui les guettent sur la route de leur exil. Vers le Nord-Est (Transcaucasie, Iran, région d'Urumiye-Ormia), ils jouissent de la protection de l'armée russe, mais la révolution bolchevique entraîne le départ de cette armée. Et c'est à nouveau la destruction des églises et les massacres perpétrés par des irréguliers turcs, azéris et kurdes, ces derniers s'emparant une fois encore des villages chrétiens. Le patriarche assyrien Benyamin Mar Shimun, attiré dans un guet-apens à Koneshor, est assassiné par le Kurde Simko, le 3 mars 1918. Et l'intervention de l'armée ottomane aggrave le malheur des chrétiens.
    En 1918, l'Empire ottoman capitule et le traité de Sèvres organise en 1920 l'occupation de l'Asie mineure. Les Grecs sont en Thrace et à l'Ouest égéen, les Italiens au Sud, les Russes au Nord-Est, et les Français au Sud-Est. La région de la Marmara et l'extrême Sud-Est sont occupés par les Britanniques installés en Iraq. Il est prévu que le Nord-Est sera arménien et le Sud-Est, kurde.
    Mais en 1921, les Russes quittent le Nord-Est, où ils auraient pu protéger les chrétiens arméniens. La même année, les Français sont battus à Mara par les insurgés musulmans kémalistes turcs et kurdes, avec lesquels ils doivent signer la paix. Ils évacuent alors le Sud-Est, où ils protégeaient les chrétiens. Ce départ à la cloche de bois m'a été narré par le colonel Pierre Chavane et par de vieux Arméniens qui reprochaient aux Français d'être partis sans prévenir, dans la nuit, en emballant les sabots des chevaux dans de la paille pour ne pas réveiller les chrétiens qu'ils allaient abandonner à la merci des insurgés musulmans.
    Pire ! La France vend des armes aux musulmans kémalistes, qui les utilisent contre les occupants grecs, chrétiens orthodoxes. En conséquence, les Grecs sont battus et chassés d'Asie mineure en 1922. La seule frontière encore floue est celle de l'extrême Sud-Est avec l'Iraq.
    En 1923, le traité de Lausanne transforme la capitulation de l'Empire ottoman en une victoire des Turcs kémalistes, qui récupèrent la Thrace, les détroits, les zones arménienne et kurde. Ils contrôlent donc de nouveau toutes les minorités d'Asie mineure (dont les chrétiens) et noient dans le sang une révolte islamiste kurde en 1924.
    En cette même année 1924, les Assyriens tentent de revenir dans leurs villages de l'extrême Sud-Est de la Turquie. Ils y sont encouragés par les Britanniques, qui leur ont promis le Nord de l'Iraq, qui est contigu. (Ce Nord de l'Iraq sera donné aux Kurdes par les Américains en 2003). Mais, l'armée turque du nouveau régime de Mustafa Kemal réagit avec la même cruauté que celle qui avait été appliquée aux Arméniens lors du génocide. Les Turcs massacrent, déportent, achèvent les traînards. Le soir venu, les soldats turcs vendent aux Kurdes, comme esclaves, les jeunes femmes et les enfants assyriens.
    Lorsque d'autres Assyriens essaieront, en 1933, de regagner les villages assyriens de l'Iraq, ils seront massacrés, à Semmel, par des Kurdes commandés par le général Bashir Sidki. Ainsi, en 2012, les Assyriens ont-ils perdu tous leurs villages de Turquie, d'Iraq et d'Iran, annexés par les Kurdes. Es ne subsistent que dans les grandes villes de ces pays et en Amérique.
    Antioche cédée aux Turcs
    Dès 1916, par les accords secrets « Sykes-Picot », Français et Britanniques se sont partagé l'Orient arabe. En 1918, Damas est libérée par les Britanniques, mais, en 1919, ceux-ci cèdent le contrôle de la Syrie aux Français. En 1920, le Congrès national syrien proclame l'indépendance, mais la conférence de San Remo accorde aux Français le mandat sur la Syrie et le Liban. Et les troupes du Général Gouraud entrent à Damas.
    Le mandat français prépare un Grand Levant réparti en plusieurs États : Damas, Alep, L'État des Alaouites, plus le Djebel druze et le Sandjak d'Alexandrette (Antioche). (Notons que cet éclatement de la Syrie, plus un État Kurde au Nord-Est, a été envisagé par les médias français en 2011-2012). En 1926 est créée la République libanaise. Et de 1925 à 1927, le général Sarrail, haut commissaire de la République française et commandant en chef de l'Armée du Levant, combat la révolte des Druzes en Syrie.
    Depuis 1921, la France, qui a rendu le Sud-Est de l'Asie mineure aux Turcs, se trouve confrontée au problème des chrétiens du territoire désormais turc. Les officiers de l'armée française, qui sont, à cette époque, majoritairement catholiques, vont laisser, par « charité chrétienne », entrer sur le territoire du Mandat français sur la Syrie des dizaines de milliers de chrétiens. Ils les installent souvent dans le Nord, à Antioche et Alep et dans des villes nouvelles créées par l'administration française sur la frontière Nord de la Syrie : Ras el-Ain, Haseke, Qamishli, Malkiye. Ces villes se remplissent ainsi de chrétiens qui ne sont pas de souche arabe et parlent arménien, suryoyo, turoyo, sureth, etc. Les Assyriens s'installent sur les rives du Habur-Ouest et y font fleurir le désert.
    Mais les Kurdes, toujours aussi expansionnistes, se précipitent vers ces villes et finissent par constituer la majorité de leur population. C'est ainsi qu'en 2012, ils revendiquent le Nord-Est de la Syrie qu'ils ont progressivement envahi. Ici aussi, les chrétiens vont passer du joug musulman arabe au joug musulman kurde.
    En 1939, la France, espérant qu'à la prochaine guerre, la Turquie sera aux côtés des alliés, cède Antioche, berceau de la chrétienté et fleuron de la Syrie, aux Turcs par un référendum contesté. C'est à nouveau l'exode pour les chrétiens qui s'y trouvaient installés et qui se réfugient principalement à Alep. De nos jours, Antioche est complètement turquifiée, au plan institutionnel, mais on entend encore parler arabe dans les rues et l'on peut visiter la grotte de Saint-Pierre et la cathédrale grecque orthodoxe.
    En juillet 1940, l'armée française de Syrie, commandée par le général Dentz, passe sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Les officiers incitent les chrétiens à faire valoir leurs droits fonciers, ce qui suscite la reconnaissance durable de ces derniers. Mais en 1941, les troupes fidèles au maréchal Pétain sont attaquées par les armées française libre et britannique, qui chassent le Général Dentz. Le Général Catroux, gaulliste, reconnaît alors l'indépendance de la Syrie, sans s'en retirer. Et en 1945, le Général de Gaulle envoie les tirailleurs sénégalais mater la rébellion et fait bombarder Damas, détruisant le Palais Azzem, un joyau reconstruit depuis lors.
    L'Alliance atlantique en appui des islamistes
    En 1946, les indépendances du Liban et de la Syrie sont cependant reconnues. Beaucoup de chrétiens qui s'étaient engagés dans l'armée française et aiment la France sont alors démobilisés. Mais il n'y a ni épuration, ni propagande revancharde anti-française.
    En 2005, l'on voyait encore, plaquée sur la porte de la caserne de Haseke, l'inscription en français : « Premier régiment de marche du Levant ».
    Libre, la Syrie est présidée en 1946 par Shukri al-Kuwaitli, qui obtient le départ des Français. Puis, des coups d’État réguliers provoquent une certaine instabilité. De 1958 à 1961, la Syrie s'allie avec l’Égypte. Les médias français la fustigent à l'occasion de la guerre des Six jours en 1967 et de la guerre du Kippur-Ramadan en 1973. En 1971, le général Hafez al-Asad devient président et accorde une constitution. Le parti Baath va assurer au pays une stabilité autoritaire et la fermeté face à Israël.
    L'Occident cherche alors des prétextes pour attaquer la Syrie : la guerre civile libanaise en 1975 (l’armée syrienne a pourtant libéré les chrétiens de Zahle encerclés par les musulmans), l'amitié avec l'Union soviétique en 1980, la répression de la révolte des frères musulmans en 1982, la tutelle sur le Liban en 1989, etc. En 1994, le fils aîné de Hafez se tue. Bashar, fils cadet, médecin ophtalmologiste à Londres, devient président en 2000. On accuse la Syrie de l'assassinat du président libanais Hariri en 2005 et les Syriens. doivent évacuer le Liban. Bashar, qui apprécie les chrétiens, reçoit chaleureusement le pape Jean Paul II avant la messe pontificale au Stade des Abbassides.
    Mais l'Alliance atlantique est prête à l'agression. Des pays non-atlantiques comme Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar ou la Turquie sont aussi agacés par la stabilité laïque de la Syrie. La Turquie, qui a des nostalgies ottomanes, a envahi Chypre en 1974 et y reste. Elle a participé aux guerres de l'Alliance atlantique, occupant ainsi le Kosovo, la Tripolitaine, etc. Elle mène des incursions régulières en Iraq du Nord et souhaite en faire aussi en Syrie. La campagne médiatique élaborée par l'Occident est comparable à celles qui ont abattu Milosevi et Saddam Husayn. Les « guerres contre les tyrans » sont en fait des guerres d'islamisation
    Pr. Jean-Claude Chabrier monde & vie 10 novembre 2012