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international - Page 718

  • Comme en 2007, les marchés ne veulent voir que le verre à moitié plein

    86695349.jpgMarc Rousset

    Boulevard Voltaire cliquez ici

    Le CAC 40 a continué sa belle remontée à 5.476,20, ce vendredi 5 avril, tandis que Wall Street, suite à un rapport sur l’emploi, de bonnes nouvelles sur le dossier commercial sino-américain ainsi que sur le Brexit, terminait au plus haut de l’année. Face au ralentissement de l’activité mondiale et aux risques systémiques, les marchés regardent le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

    La dette française frôlera les 100 % du PIB en 2022 et non pas 90 %, comme dans de précédentes estimations. En cas de crise similaire à celle de 2008, elle devrait même dépasser les 120 %. En matière d’effort structurel sur les dépenses publiques, l’exécutif répète inlassablement : « Vous allez voir ce que vous allez voir, mais dans deux ans seulement. » La triste réalité Macron, c’est que le taux de croissance sera au maximum de 1,4 % jusqu’à la fin de son mandat, que seuls 1.500 postes ont été supprimés dans la sphère de l’État en 2018, que seulement 4.500 devraient l’être en 2019, tandis que la ruineuse et suicidaire immigration, de l’ordre de 450.000 personnes par an, continue…

    L’indice PMI IHS Markit manufacturier français du mois de mars est ressorti assez déprimé, à 49,7. La France paie les erreurs laxistes, depuis quarante ans, d’une politique de désindustrialisation et de demande keynésienne avec des déficits publics, au lieu d’avoir pratiqué, comme l’Allemagne, une politique de l’offre compétitive des entreprises, la seule politique possible pour créer et sauver des emplois industriels.

    En zone euro, l’indice PMI IHS Markit manufacturier se replie de 49,3 à 47,5 en mars, affichant son plus bas niveau depuis avril 2013. L’indice allemand, lui, a plongé à 44, en mars, contre 47,6, en février. L’Europe pourrait bien être le point de départ de la prochaine crise car la France et l’industrie allemande, et non plus seulement l’Europe du Sud, sont en cause.

    Le bilan de la BCE représente 41 % du PIB, contre 22 % pour les États-Unis et 101 % pour le Japon – le pire exemple. Il n’est plus possible, en zone euro, d’augmenter les taux d’intérêt car ils seraient supérieurs aux faibles taux de croissance des pays européens, augmentant mécaniquement le poids de la dette dans les PIB. Il y a là un grave problème car les taux d’intérêt doivent être normalement relevés par les banques centrales en période normale afin de pouvoir être abaissés lorsque la récession apparaît. En fait, la zone euro n’a plus le choix qu’entre les taux bas ou la faillite immédiate des États et les krachs bancaires, obligataires, boursiers et immobiliers. Tout explosera lorsque la récession finira, malgré tout, par arriver !

    En Italie, une contraction du PIB de -0,2 % est prévue pour 2019, avec un taux de croissance de 0,4 % en 2020. Le gouvernement populiste, conscient des effets négatifs du revenu citoyen et de l’avancée suicidaire de l’âge de la retraite, a pris pour la première fois, suite aux pressions du patronat et de Bruxelles, de bonnes mesures : suramortissement des investissements, simplification de l’impôt sur les bénéfices, soutien à l’innovation. Mais cela ressemble à de la poudre de perlimpinpin trop tardive dans un pays à l’arrêt depuis vingt ans.

    Les impôts, en Italie, devraient être augmentés de 32 milliards d’euros pour éviter une augmentation du déficit budgétaire à 3,5 %.

    Aux États-Unis, Trump souhaite une baisse immédiate des taux d’intérêt à 0,5 % et le retour au « QE » laxiste de la création monétaire. Les taux courts sont à 2,5 %, au même niveau que les taux à dix ans. Or, il faut habituellement, en cas de récession, une baisse de 3 à 5 % du taux directeur pour relancer l’économie. Les taux américains pourraient basculer un jour, comme en Europe et au Japon, en territoire négatif. Mais un autre signe noir pourrait apparaître : celui de la dédollarisation et de la chute du dollar. Les banques centrales de nombreux pays achètent de plus en plus d’or et, cerise sur le gâteau, l’Arabie saoudite a fait des déclarations fracassantes, ce vendredi 5 avril, en affirmant réfléchir à une alternative au dollar dans le cadre des transactions pétrolières qui fut à l’origine même du règne du dollar.

    Les Bourses grimpent suite à l’afflux laxiste de liquidités et aux bas taux d’intérêt, mais les productions réelles ne suivent pas. Les dangers de krach dans le monde sont multiples et multi-pays interconnectés.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2019/04/07/comme-en-2007-les-marches-ne-veulent-voir-que-le-verre-a-moi-6142214.html

  • Europe sans défense ?

    6a00d8341c715453ef0240a4795347200d-320wi.jpgAu lendemain d'un pseudo-débat cacophonique, avouons ici préférer l'évocation des vraies questions européennes : à commencer par celle de nos moyens de défense globalement insuffisants et désordonnés.

    Ministre française des Armées, Mme Parly intervenait le 18 mars devant le conseil atlantique à Washington. Utilisant un certain genre d'humour qui plaît aux États-Unis, elle commença son propos très sérieux par une plaisanterie. Jouant sur l'homonymie de son prénom et de l'ouragan dévastateur "Florence", qui ravagea l'Amérique du Nord en septembre 2018, elle s'efforça de démontrer qu'elle n'était pas venue chez nos alliés non pour détruire, mais au contraire pour construire[1].

    On vient de célébrer, trop discrètement, le 70e anniversaire du traité de Washington, signé en avril 1949. On se situait alors au commencement de la guerre froide. Dès 1945 dans une lettre à Truman, puis en 1946 dans son discours de Fulton, Churchill avait dénoncé le rideau de fer coupant le Vieux Continent en deux.

    Le monde ayant, depuis lors, passablement évolué, cette alliance se cherche une nouvelle définition. La sécurité de l'Europe de l'Ouest a reposé pendant plus d'un demi-siècle sur l'effort des États-Unis. Or, ceux-ci, désormais, sous la présidence de Donald Trump, affirment souhaiter voir partager le fardeau[2].

    Depuis la crise de Géorgie en 2008, et plus encore depuis celle de Crimée de 2014, et de la guerre hybride du Donbass, la question officiellement posée est, celle de la part de leur produit national que les pays européens consacrent à leur budget militaire. Il a été posé en principe, au sein de l'Otan, qu'à partir de 2015, et dans un délai de 10 ans cet effort serait porté à hauteur de 2 %.

    Au départ, en 2013, hormis les États-Unis (4,07) et la Grande Bretagne (2,26) un seul pays observait cette évaluation comptable : la Grèce (2,21), et ceci pour des raisons nationales évidentes[3]. 5 ans plus tard en 2018, l'Estonie (2,07), la Pologne (2,05) la Lettonie (2,03), la Lituanie (2,0) observent désormais le ratio. Au contraire, la Belgique (0,93) et l'Espagne (0,93) demeurent au-dessous de 1 %.

    Quant à la France macronienne, elle déclare : "nous soutenons pleinement l'insistance des États-Unis sur les 2 %. Le président Macron a même suggéré récemment que les Européens pourraient inscrire cet objectif dans un traité."

    Hélas, dans les faits, la France est passée de 1,86 à 1,82.

    Cette contradiction entre les paroles et les actes des dirigeants français nous est devenue trop coutumière. Elle nous amène à reconnaître avec Péguy "qu'il est quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse c'est d'avoir une âme habituée."

    Au moins aussi grave : nos cousins germains d'outre Rhin, actuellement gouvernés par la Groko, cette grande coalition socialo-merkelienne, s'y refusent. Les sociaux-démocrates par la voix du ministre des Finances Olaf Scholz ne veulent pas dépasser 1,5 % de leur PIB. Leur unique argumentaire repose sur une affirmation pacifiste partagée tant par le parti écologiste des Grünen, que par le parti marxiste Die Linke. La rééducation de ce peuple, si bien réussie depuis 1945, joue à l'évidence son rôle.

    Si l'on s'en tient aux budgets militaires l'Europe, dans son ensemble a, quand même, en 5 ans, a quand même accru son effort de 77 milliards d'euros, mais elle ne pèse encore que 28 % de l'alliance. En gros le budget militaire des États-Unis pèse 600 milliards de dollars, dont 30 milliards affectés à la défense de l'Europe, celui, dispersé[4], des 28 de l'ordre de 300 milliards.

    Un long chemin reste à parcourir pour consolider l'industrie de défense. Les Européens disposent de 20 types d'avions de combat différents, alors que les États-Unis n'en ont que 6. Des progrès ont, certes, été accomplis par la décision franco-allemande en 2017 de construire un char de combat européen[5] et en 2018 un système d'avion de combat européen, Dassault Aviation ayant été désigné chef de file du programme européen du Système de combat aérien du futur (SCAF).[6] En juin 2018, la Commission européenne a aussi proposé de doter de 13 milliards d'euros le Fonds européen de la défense qui contribuera à ces programmes.

    Dans de nombreux domaines, d'autre part, la supériorité des États-Unis demeure totale : les Américains disposent de 71 % des avions de surveillance, de 72 % des hélicoptères d'attaque, de 81 % des transports stratégiques, de 91 % des avions-citernes, de 92 % des UAV Male et Hale, de 100 % des bombardiers stratégiques et de systèmes d'alerte avancée des missiles balistiques.

    Reste aussi à faire prendre conscience à l'opinion des nouveaux dangers[7] ‑ les nouvelles menaces ne venant pas seulement de l'islamisme pudiquement réduit à l'appellation de "terrorisme" – à une opinion intoxiquée par un demi-siècle d'illusoires discours pacifistes. Rappelons à cet égard un vieux proverbe français : nul n'a droit en sa peau qu'il ne la d

    JG Malliarakis  

    Apostilles

    [1] cf. Discours prononcé à Washington le 18 mars 2019
    [2] Le propos du président américain est encore plus catégorique. Il va jusqu'à dire, à Bruxelles le 10 juillet 2018 : "L’Union européenne empêche nos agriculteurs et nos entreprises de faire des affaires en Europe (déficit commercial de 151 milliards de dollars américains). Et ils veulent ensuite que nous les défendions avec joie par l’intermédiaire de l’OTAN et que nous en payions gentiment. Ça ne marche pas !"
    [3] Les dépenses de défense des pays de l'OTAN sont publiées chaque année par l'organisation.
    [4] 22 des 28 États membres de l’Union sont membres de l’Otan. L’Autriche, Chypre, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède n'en font pas partie. Outre les États-Unis, 6 membres de l’Otan n'appartiennent pas à l'UE ; le Canada, l'Islande, la Turquie, la Norvège, le Monténégro et l'Albanie. La Macédoine du Nord deviendra le 30e allié en décembre 2019.
    [5] cf. article "Le char futur sera franco-allemand"
    [6] cf. article "La France prend le manche du futur avion de combat européen"
    [7] On doit lire et faire connaître par exemple "Cyber. La guerre Permanente" par Jean-Louis Gergorin (Cerf 2018) ou "La Visée économique de la Chine" par Antoine Brunet (ed. L'Harmattan, 2014).

    https://www.insolent.fr/

  • Chute libre

    DRAPEAU-AMERICANO-EUROPEEN.jpgC’est aujourd’hui qu’est annoncée, sous la verrière du Grand Palais (en majesté et surtout en toute transparence comme le symboliserait l’endroit choisi ?) la « restitution du Grand débat ». Au nombre des préoccupations des Français figure en bonne place le ras-le-bol devant le fiscalisme confiscatoire, une demande d’équité dans le domaine des impôts et autres taxes auxquels nous sommes soumis. Justice et mesure qui ne sont pas au rendez-vous jugent nos compatriotes. Ils constatent  ave effarements  les délirantes retraites chapeaux et autres parachutes dorées dont bénéficient les présidents des grands groupes qui quittent  leur poste, sans que les millions d’euros qu’ils empochent soient en outre (toujours) en lien  avec les résultats obtenus. On se souviendra que Bruno Gollnisch s’est ému de longue date de ces dérives, citant à l’époque notamment le cas d’un certain Carlos Ghosn… La tribune  publiait la semaine dernière quelques exemples de PDG dont les salaires, retraites et avantages apparaissent hors-sol, hors de proportion. Le départ dans  deux jours de l’Allemand Tom Enders, 61  ans,   président exécutif  du groupe Airbus (il sera remplacé par Guillaume Faury) a ainsi attiré l’attention. «Le président exécutif d’Airbus, est-il écrit, va toucher une enveloppe globale pouvant atteindre 36,8 millions d’euros à compter de son départ à la retraite (…) selon une estimation réalisée par le cabinet d’étude Proxinvest. Tom Enders pourrait toucher 26,3 millions d’euros, somme provisionnée par Airbus pour ses années de retraite, des actions gratuites de performances évaluées à 7,3 millions d’euros et 3,2 millions pour une indemnité de non-concurrence d’un an. (…). Ça fait cher la prime de non-concurrence, 12 mois c’est vite passé… Si dans un an et demi il a envie de faire du conseil pour une autre compagnie, il aura le droit, souligne à l’AFP Loïc Dessaint, directeur de Proxinvest, qui conseille les actionnaires… »

    Les émoluments de Tom Enders sont-ils,  pour autant, le seul objet de scandale ? Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les menées de M Enders quand il était à la tête d’Airbus, sans que cela n’émeuvent apparemment « nos  hommes d’Etat », qui, il est vrai, n’en sont pas à leur coup d’essai, nous l’avions dit notamment au sujet la récente et sidérante trahison des intérêts français que constitue l’affaire de la vente d’Alstom à General Electric. Pour le magazine MarianneEmmanuel Lévy retraçait le 8 mars dernier  la prise de contrôle d’Airbus par l’Oncle Sam. « Les choix » de M. Enders, « atlantiste assumé ont affaibli l’avionneur européen dans sa guerre avec Boeing. » « La décision d’arrêter l’A380 est le dernier mauvais coup porté par Tom Enders à Airbus , regrette l’un des membres de la direction du groupe aéronautique européen qui ne décolère pas : « Il fallait laisser une chance à cet avion en avance sur tous ses concurrents, et surtout ne pas fermer la porte aux grandes compagnies d’aviation avec lesquelles nous étions toujours en négociation. » Quittant Airbus en avril prochain, Tom Enders aurait pu avoir l’élégance, sinon la décence, de laisser ce dossier stratégique à son successeur, estime ce haut dirigeant. Désormais, poursuit-il, avec la fin du 380, Airbus n’a plus de nouveau programme dans les tuyaux et laisse ainsi le champ libre à Boeing. Un décrochage qui a commencé avec l’arrivée de Tom Enders à la présidence du groupe en 2007. »

    En juillet 2016, dans Causeur, Roland Hureaux pointait cette mainmise américaine sur Airbus avec la nomination d’« un nouveau directeur technique », « un Américain de 36 ans, Paul Eremenko, qui a fait jusqu’ici l’essentiel de sa carrière dans une annexe du Pentagone, la DARPA (Defense Advanced Research Program Agency ), chargée des techniques de pointe en matière d’armement : robotique, drones, satellites. Cette nomination appelle plusieurs questions :– N’y a-t-il en Europe aucun ingénieur qualifié pour occuper ce poste ?– La réciproque est-elle concevable: Boeing nommant un directeur technique ayant travaillé dans son pays dans le domaine de la défense ? Rappelons que l’armement est dans le périmètre du groupe Airbus, comme de Boeing. On peut douter de cette réciprocité au vu d’une récente loi américaine qui prescrit qu’en cas de prise de contrôle d’une entreprise stratégique par un groupe étranger (même venu d’un pays de l’OTAN), bien évidemment le gouvernement  américain se réserve de nommer l’ensemble des membres du conseil d’administration et de la direction, les nouveaux actionnaires n’ayant d’autre  droit que de connaître les comptes et de percevoir des dividendes… »

    Le tropisme otanesque de M. Enders, n’est pas seulement pointé par Marianne ou Causeur maus aussi par l’article très détaillé  de Richard Labévière  paru sur reseauinternational.net sur cette mainmise de Washington sur Aibus. Le profil tracé de Tom Enders est assez évocateur : « Ayant effectué ses études en Californie (mais pas à UCLA comme l’affirme sa biographie officielle), il a été ciblé très tôt par les services américains comme gendre d’un haut dirigeant de Daimler, ne faisant pas mystère de son  atlantisme militant et de son attachement inconditionnel aux Etats-Unis. Sa proximité avec les services américains est confirmée par un officier européen de renseignement,  alors que Tom Enders n’était que directeur de la stratégie de DAS – bras armé de Daimler dans l’activité défense du groupe allemand – tandis qu’EADS n’existait pas encore… . La même source ajoute : Tom Enders est devenu patron de l’activité Aéronautique et Défense de DASA, puis d’EADS à la fin des années 1990, à une époque où l’aval des autorités américaines était indispensable puisque l’armée allemande, particulièrement la Luftwaffe, travaillait en symbiose totale avec le Pentagone ».

    Tom Enders impose plus discrètement au sein des équipes de recherche d’Airbus, une ancienne gradée de l’US Air Force, Valerie Manning. Cette nomination provoque quelques réactions des services français qui ne manque pas de lancer de nouvelles alertes, mais en vain. La charmante jeune femme s’était vu refuser par une DCRI fort méfiante son habilitation et par conséquent interdire l’accès à certains sites français de fabrication de la filière armement d’EADS. Malgré tout, elle est notamment chargée de superviser à Suresnes l’audit réalisé sur le transporteur militaire A-400M. La proximité de Valerie Manning avec Tom Enders et d’autre hauts cadres du groupe a trop souvent défrayé la chronique interne d’Airbus pour ne pas accréditer la vraisemblance d’une confusion désastreuse du cœur et des armes… »

    « Cerise sur le gâteau, Tom Enders a eu recours à la société Palantir dans le domaine des big data  pour l’informatique d’Airbus. Dès 2004 Palantir, créé par Peter Thiel, Alex Karp et Nathan Gettings, proches du président Donald Trump, bénéficie de fonds importants de la CIA, multipliant différentes collaborations avec le renseignement, les forces armées et les services de police américains. Dernièrement Palantir a été associé à Cambridge-Analytica afin de collecter et d’exploiter – à leur insu – les données de millions d’abonnés au réseau numérique Facebook, lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Mais, ce détail n’a pas entamé la sagacité de Tom Enders… »

    Précisons  que comme nous l’avions déjà relevé  en décembre 2016, en l’absence de moyens suffisants, notre Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a signé elle aussi  un contrat avec Palantir  pour  le traitement des énormes flux informatiques qui ont  permis aux Etats-Unis le démantèlement de   réseaux terroristes. Mais comme le confiait alors   « un  agent de la lutte antiterroriste »  au magazine Paris-Match: « Il est habituel et normal que la DGSI, comme les services secrets, la DGSE, partagent certaines informations avec des services de renseignement de pays alliés, au premier rang les États-Unis. Mais l’accord avec les Américains n’a pas été choisi, ils sont les seuls à disposer de cette technologie qui nous est nécessaire. Surtout, avec Palantir, les services US vont disposer d’une fenêtre grande ouverte sur des informations sensibles et notre lutte antiterroriste. C’est un moindre mal, mais il ne faut pas être dupe».  Etre dupe, c’est une chose, mais  être complice de notre mise sous tutelle, encourager notre inféodation c’est encore autrement plus grave. Et d’Alstom à Airbus, ce sont bien à des abandons conscients d’indépendance, de souveraineté, de défense de nos intérêts nationaux auxquels nous assistons de la part de ceux qui en ont normalement la charge.

    https://gollnisch.com/2019/04/08/chute-libre/

  • Immigration clandestine : « Si le bateau arrive en Espagne, ils sont chanceux, sinon ils perdent l’argent et recommencent »

    passeur-immigration-clandestine-600x397.jpg

    2000 euros, c’est le prix minimum pour atteindre l’Europe clandestinement depuis l’Afrique du Nord à bord de petits bateaux.

    Malgré une surveillance accrue, les filières de passeurs se multiplient et peuvent rapporter gros.

    Un passeur a accepté de témoigner et livre plus de détails.

  • 20 ans après l’intervention de l’Otan en ex-Yougoslavie, quelles leçons pour aujourd’hui ?

  • C’est que de l’amour…

    jean-joseph_thorelle-adam_et_eve_au_paradis_terrestre-850x1024.jpgOjim l’avait annoncé, les assassinats, le 21 février 2018, du journaliste slovaque d‘investigation Ján Kuciak et de sa compagne Martina Kušnírová « ont provoqué des changements politiques dans (leur) pays. ». « Le jeune journaliste (s’était) fait rapidement remarquer en publiant des articles dénonçant de possibles malversations, affaires de corruption et autres suspicions de détournements de fonds mettant en cause la mafia calabraise active en Slovaquie et un homme d’affaire slovaque, Marián Kočner.» Surfant sur le ras-le-bol des Slovaques devant les ravages de la corruption mafieuse, Le Monde rapporte que  « la militante anticorruption», « l’avocate libérale Zuzana Caputova » a été largement élue dimanche présidente de la Slovaquie, avec 58% des suffrages, « première femme cheffe de l’Etat slovaque ». « Les analystes comparent Mme Caputova au président français Emmanuel Macron, un outsider arrivé au pouvoir en 2017 avec un programme réformiste. « « Une histoire similaire s’est déroulée à la dernière élection présidentielle en France, où le représentant d’une nouvelle tendance politique et un nouveau mouvement politique ont triomphé , a déclaré (la politologue) Aneta Vilagi. »

    Ojim précise aussi ce que Le Monde laisse dans l’ombre, à savoir que les changements politiques en Slovaquie ont « été  largement exploités par les réseaux Soros ». «  Ainsi, le Premier ministre Robert Fico (social démocrate hostile à l’immigration) a-t’il démissionné. » Ce même site le notait avant cette élection,  « favorable au mariage gay, à l’avortement et plutôt réservée sur le plan de l’immigration, (la)  victoire (de Zuzana Caputova )  ravirait Bruxelles. Même si sa fonction est largement honorifique» puisque comme le soulignait Le Monde, « le président slovaque ne gouverne pas, mais il ratifie les traités internationaux et nomme les plus hauts magistrats. Il est aussi le commandant en chef des forces armées et dispose du droit de veto. »

    Progressistes qui se sont aussi félicités, de manière très pavlovienne, de l’élection de Lori Lightfoot, première femme noire et lesbienne à la tête  d’une grande ville américaine, l’ultra violente et ghettoïsée Chicago dans laquelle Barack Obama débuta sa carrière politique.  Dans les quartiers sud de  Chicago, peuplés à 90% d’afro-américains, municipalité  dirigée dans la précédente mandature qui vient de s’achever avec l’élection de Mme Lightfoot,  par le faucon démocrate et  bi national américano-israélien  Rham Emmanuel,  ex conseiller de Bill Clinton,   ancien directeur de cabinet à la Maison Blanche de M. Obama,   le nombre de meurtres n’a cessé d’augmenter au cours de la dernière décennie.  Plus de 550 homicides ont été comptabilisés en 2018. En 2012 déjà, on dénombrait  dans la cité d’Al Capone,  troisième plus grande ville des Etats-Unis, plus de morts par balles dans les affrontements entre gangs que de soldats américains tués en Afghanistan par les Talibans au plus fort de l’intervention dans ce pays de l’armée yankee…. Et comme on arrête pas le progrès et qu’un bonheur  n’arrive jamais seul, les mêmes ont salué le geste merveilleux de fraîcheur, plein d’amour et de grâce d’une autre américaine,  Cecile Eledge, 61 ans,  qui a accouché la  semaine dernière  de « l’enfant » de  son fils  Matthew et de son compagnon Ellio, bébé dont elle est de fait la grand-mère… En effet, cette petite fille  a  été conçue grâce à un embryon « fabriqué »  avec les gamètes de Matthew et de sa  sœur Lea,… laquelle  sera donc  la tante de ce nouveau-né. Il faut bien sûr être un réac obtus, un passéiste  bas de plafond, un populiste obscurantiste pour ne pas se réjouir de cette avancée sociétale…

    Emotion médiatique, encore et toujours,  avec l’agression très médiatisée, par des manifestants algériens anti-Bouteflika à Paris dimanche dernier, d’un travesti homme qui se décrit comme une «  femme transgenre. » Agression en meute qui a été filmée et dont le caractère « transphobe » ne fait certes aucun doute. Les réactions indignées de Anne Hidalgo et de Marlène Schiappa ne se sont pas fait attendre, et elles sont dans l’ordre des choses. Mais comment ne pas souscrire aux propos de Philippe Carhon qui, sur le site du Salon beige, non seulement  remarque  que le ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a déclaré que « La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est une priorité gouvernementale », contrairement à l’évidence à la lutte contre  la haine antichrétienne,   mais souligne également que «  ce serait bien que tous ces bien-pensants, qui s’émeuvent aujourd’hui (d’une agression transphobe) et mobilisent la police et les caméras de surveillance (suspect identifié et arrêté en moins de 48 heures), s’émeuvent de la même manière pour toutes les agressions subies par les Français : 139 000 agressions en 2018, une hausse de 7,5% en un an. » Mais  serait-ce trop demander ? Parions  avec Bruno Gollnisch que les Français n’attendent  pas de la nouvelle porte-parole du gouvernement, la socialiste et française de fraîche date Sibeth Ndiaye,  qu’elle rompe avec la posture mensongère qui est la marque de fabrique de la communication gouvernementale. Bref, comme l’a relevé Marianne citant notre camarade Stéphane Ravier, « avec les pratiques de ce gouvernement, elle semble effectivement être taillée pour le poste de porte-parole»!

    https://gollnisch.com/2019/04/03/cest-que-de-lamour/

  • Erdoğan subit un camouflet électoral : à quand le tour de Macron ?

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    Le président turc Erdoğan n’est plus en odeur de sainteté. Celui qui prétendait conduire son peuple sur le chemin du progrès a subi une cuisante défaite aux élections municipales, perdant plusieurs grandes villes, dont Istanbul et Ankara. Il faut dire que le scrutin du 31 mars s’est transformé en référendum pour ou contre lui. Une mésaventure qui pourrait bien arriver à Emmanuel Macron, lors des élections européennes, s’il continue à se prendre pour le nombril du monde et à se moquer des aspirations des Français.

    « Remporter Istanbul, c’est remporter la Turquie », se plaisait à répéter Erdoğan. Il a perdu Istanbul et, s’il n’a pas perdu la Turquie, si l’AKP (le Parti de la justice et du développement), au pouvoir depuis 2002, reste la première force politique du pays, près de la moitié de la population a manifesté son mécontentement. Si l’électorat sunnite conservateur est resté fidèle au président, son islamisation forcenée et son autoritarisme de plus en plus flagrant ont suscité l’opposition des nouvelles classes moyennes.

    Et pourtant, on ne peut pas dire que les élections soient équitables, compte tenu de la disparité des moyens entre le gouvernement et l’opposition. Après le coup d’État manqué de juillet 2016, Erdoğan a cherché à liquider l’opposition en procédant à 55.000 arrestations et au limogeage de 150.000 fonctionnaires. Il a dramatisé les enjeux de ce scrutin en évoquant avec insistance les dangers, les complots extérieurs et intérieurs, en attisant les divisions et les fractures, au lieu de rechercher l’unité de son pays : « Ce ne sont pas seulement des élections pour des maires mais pour notre survie », expliquait-il. Mais la société turque a résisté et l’a prouvé dans les urnes.

    Comparaison n’est pas raison, évidemment, et d’aucuns objecteront que Macron n’en est pas encore là. Certes, car ses tentatives de manipulation sont plus subtiles. Mais, tout comme Erdoğan, président d’un grand pays membre de l’OTAN et interlocuteur privilégié de l’Union européenne, il passe son temps à diviser son peuple, à monter les Français les uns contre les autres. Tout comme Erdoğan, il se croit un homme providentiel, détenteur d’une vérité qu’il faudrait imposer aux autres. Tout comme Erdoğan, il évoque des complots pour effrayer les Français, en se disant frappé par la ressemblance avec la période de l’entre-deux-guerres ou en prônant un combat entre les « progressistes » et les « nationalistes ». C’est lui ou le chaos ! Pas d’alternative possible ! Il trouve encore quelques affidés pour chanter avec lui la même antienne.

    Erdoğan veut imposer l’islamisme à son pays pour mieux l’assujettir. Macron, parvenu au pouvoir grâce au soutien de la finance, défend une autre religion : celle de l’argent, qui est le principe et la finalité de tout. Il accomplit sa mission, pratiquant un néolibéralisme économique et sociétal, où se côtoient le pire de la gauche et le pire de la droite. Sa conception même de l’Europe ne repose que sur le marché et le profit. Il est temps que les Français lui disent, par leur vote aux élections européennes : « Ça suffit ! »

    Philippe Kerlouan

    https://www.bvoltaire.fr/erdogan-subit-un-camouflet-electoral-a-quand-le-tour-de-macron/

  • Algérie : quel avenir après Bouteflika ? – Journal du mercredi 3 avril 2019

     
    Algérie : quel avenir après Bouteflika ?

    Alors que le président algérien a annoncé sa démission, plusieurs scénarii se dégagent pour l’après Bouteflika. En cas de transition douloureuse ou de désordre généralisé, la France pourrait être la première victime d’un effondrement de l’Etat algérien.

    Actes anti-chrétiens : la déferlante

    Le nombre d’actes anti-chrétiens explose en France dans une relative indifférence. Alors que certains politiques commencent à s’intéresser à la question, les causes du mal semblent profondes et la réponse politique complexe.

    Surpopulation carcérale : La France, championne d’Europe

    Avec plus de 71 000 prisonniers au 1er mars, la France est toujours championne d’Europe de la surpopulation carcérale. Alors que le gouvernement a promis de s’attaquer à ce fléau, le nombre de détenus affole une nouvelle fois les compteurs et la réforme de la justice ne devrait pas changer la donne.

    L’actualité en bref

    https://www.tvlibertes.com/algerie-quel-avenir-apres-bouteflika-journal-du-mercredi-3-avril-2019

  • Pacte de Marrakech : la fausse fake news…, par Ivan Rioufol

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    Se méfier des chasseurs de “fake news” : ils se révèlent souvent les adeptes des désinformations et des mensonges qu’ils dénoncent. “La désintox a souvent le parfum de l’intox”, note la spécialiste des médias, Ingrid Riocreux (1), exemples à l’appui. Dans son livre, elle stigmatise “le monde idéal du Journaliste, où tout le monde est favorable à l’IVG et à l’immigration, où règne un consensus universel parfait sur la question du réchauffement climatique, où tout le monde considère Donald Trump uniquement comme un histrion, (…)“. La mode est, ces temps-ci, à la “déconstruction” d’informations qui dérangent.

    L’exercice est rarement très convaincant. Les redresseurs de torts, presse écrite comme audiovisuelle, s’y adonnent néanmoins avec gourmandise. Ce sont les mêmes faux curés qui adorent depuis toujours prêcher la morale, quitte à plier les réalités à leur idéologie humanitariste. Ces pédago-justiciers appartiennent à un petit monde en quête de respectabilité : il a de lui-même une opinion si élevée qu’il juge ceux qui lui tournent le dos comme des arriérés. Dernièrement, la meute éreintait ainsi les “complotistes” qui alertaient, comme votre serviteur (bloc-notes du 14 décembre), sur la signature, le 10 décembre 2018 à Marrakech (Maroc) du “pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”, ratifié notamment par Emmanuel Macron. Les traqueurs de “fake news” juraient que ce texte, présenté en effet comme non contraignant, n’avait aucune incidence sur les politiques migratoires pourtant promues en termes élogieux. Ce que nous y lisions n’était donc pas ce que nous y lisions…

    C’est pourtant en appui de ce pacte, également signé par le Vatican, que le pape François a argumenté son “discours aux migrants”, samedi à Rabat. Il a appelé “à passer des engagements pris” à des “actions concrètes pour considérer les migrants comme des personnes et non des numéros”. Sa position vient démentir les bobards colportés par une maréchaussée mobilisée dans l’enfumage toxique. Le pape considère, logiquement, que le texte signé l’engage et qu’il doit être suivi d’effets. La France comme Le Vatican ont ainsi accepté de “recadrer le discours sur la migration“, de faciliter le regroupement familial, de valoriser les cultures accueillies. Les signataires (160 pays) sont d’accord plus généralement pour défendre une immigration qui “contribue à la prospérité mondiale”, pour sanctionner financièrement les médias mal-pensants, pour ne pas faire de différence entre l’immigré légal et le clandestin.

    Non seulement le pacte de Marrakech offre, comme je le soulignais, un socle pour des jurisprudences et des lois futures, mais il autorise dès à présent à promouvoir une ouverture à l’immigration de peuplement. “Vous n’êtes pas des marginaux, a assuré le pape aux migrants, vous êtes au centre du cœur de l’Eglise“. Pour le Chrétien, selon le pape, un immigré est “le Christ lui-même qui frappe à nos portes”. Ceux qui ont banalisé le pacte de Marrakech en insultant les lanceurs d’alerte ont menti. Ce sont les mêmes professionnels du déni.

    (1) Les marchands de nouvelles (L’Artilleur)

    Ivan Rioufol

    Texte daté du 1er avril 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

    https://fr.novopress.info/

  • Erdogan battu dans les urnes

    6a00d8341c715453ef0240a44da7d7200c-320wi.jpgCe premier avril, et il ne s'agissait pas d'une blague, à 6 h 51 du  matin, Marie Jégo correspondante du Monde confirmait la bonne nouvelle.

    La veille, 31 mars à 18 h 50, Reuters avait pourtant titré tranquillement, en se basant sur les annonces gouvernementales trompeuses de l'agence Anadolu : "Premiers résultats favorables à Erdogan à Istanbul et Ankara".

    Le Figaro, toujours très soucieux de ménager la Turquie, ceci depuis les années 1950 et encore aujourd'hui[1], minimisait de son côté les nouvelles défavorables au gouvernement de ce pays. C'était ainsi la conscience en paix que Delphine Minoui se contentait de parler d'un "scrutin test pour l'AKP"[2]

    Scrutin test en effet. Il s'est révélé concluant, quant à l'opinion des peuples de Turquie, qui ont renversé dans les urnes les 3 principales municipalités de la république ex-kémaliste : Istanbul, Ankara et Izmir. Et ceci malgré une démagogie effrénée, notamment en direction de l'électorat islamiste. À celui-ci et aux nostalgiques de l'Empire ottoman, l'AKP n'a pas hésité à promettre de reconvertir à nouveau Sainte-Sophie en mosquée.

    Le Monde, conformément à sa vulgate économiste, veut n'expliquer cette défaite que par les difficultés dans ce domaine.

    Ne les nions pas : dévaluation de 30 % de la monnaie, chômage à 19 %, hausse des prix à 13 %. Pour un gouvernement qui professe hautement sa réussite gestionnaire, ce n'est pas rien.

    Mais observons aussi que les électeurs ont bel et bien rejeté l'alliance politique islamo-nationaliste, caractéristique de ce régime, de la mafia qu'il alimente, et du clan familial qui le dirige.

    Sa défaite est une victoire pour les partisans de la démocratie et des libertés, en dépit. Elle répond à des dizaines de milliers d'arrestations, d'interdictions professionnelles, de révocations arbitraires de magistrats, de journalistes, de fonctionnaires et de militaires, en dépit des amalgames d'une presse aux ordres

    Dans Présent, ce 27 mars, la chronique de Philéas Fogg soulignait à juste titre, en effet, le caractère extrême de la campagne menée par Erdogan, fondée sur une stratégie de la tension et une rhétorique de l'invective. Son pari, le président mégalomane et tout-puissant l'a clairement perdu.

    On sait maintenant, dans le monde, que le peuple s'est détourné de lui, et ceci sans préjudice des suites toujours possibles, des recours et autres trucages invoqués le jour même des résultats par ses partisans.

    "À Ankara le 24 mars, c'est une assistance monstre évaluée à 450 000 personnes qui s'est rendue au meeting électoral de l'Alliance du Peuple formée en vue de la campagne, très tendue, des municipales du 31 mars. Pas moins de 12 partis sont en compétition, mais cette alliance rassemble, aux côtés de l'AKP, le parti des Loups Gris dirigé par Devlet Bahçeli. Leur premier meeting commun s'était tenu le 17 mars à Izmir.[3]"

    Dans un tel contexte, Erdogan, s'est donc personnellement impliqué sans ambiguïté dans la campagne. Président de la République aux pouvoirs désormais renforcés, il a proféré un certain nombre de ses proclamations menaçantes et mégalomaniaques, hélas pas toujours invraisemblables, auxquelles le monde commence à s'habituer. Il a par exemple affirmé que son pays allait devenir un opérateur mondial de l'industrie d'armement. Il était accompagné, comme la plupart du temps, de son épouse Emine, influente fanatique, elle-même responsable Loup Gris dans sa jeunesse.

    Candidat local de l'opposition kémaliste à la mairie de la capitale, Mansur Yavaş a eu droit évidemment à son lot d'accusations et une bordée d'insultes de la part de ce chef d'État diviseur. Non seulement il fut présenté comme un escroc et un terroriste, accusation banale dans la Turquie actuelle. Tout opposant au Reis, au chef, et à son clan, est désigné pour tel. Aucun média n'a donné la parole au représentant de l'opposition, aucune de ses affiches n'était visible, etc.

    25 ans auparavant, en 1994, l'AKP émergeait. où Erdogan est apparu précisément aux élections municipales, à Istanbul. Ankara la capitale et Izmir étaient alors conquises par son parti. Ce serait vraiment faire injure à ce peuple que de le croire incapable de mesurer sa marche vers la dictature et de savoir où les islamo-nationalistes prétendent le conduire.

    JG Malliarakis  

    Apostilles

    [1] On ne perd jamais, dans certains cercles, l'espoir de vendre aux Turcs les aéronefs destinés à bombarder les pays voisins.

    [2] article mis à jour le 31/03/2019 à 22h58 en ligne au matin du 1er avril.

    [3] cf. Présent N° 9331 daté du 27 mars. Article "Turquie : la campagne électorale islamo-nationaliste"

    https://www.insolent.fr/