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plus ou moins philo - Page 32

  • L’homme nouveau ou la société contre le peuple, par Robert Redeker.

    L’adoption du mariage homosexuel, l’introduction à l’école de la théorie des genres, qui devient une sorte de pensée officielle et obligatoire, le projet d’accorder le droit de vote aux étrangers, la palme d’or accordée par le jury du Festival de Cannes à un film qui, divine surprise, réunit la chance d’avoir été réalisé par un Maghrébin et de raconter une histoire d’amour homosexuelle, ne sont pas des événements disjoints. Solidaires, ils entretiennent entre eux un lien de constellation. Une même conception de l’homme autant qu’une même conception de l’avenir de la société les relie.
    Un impératif commun, plus ou moins explicite, dirige ces événements : il faut remplacer l’homme, tel que nous le connaissons depuis la nuit des temps, par autre chose. Comme pour le mariage, le mot sera conservé, mais pas ce qu’il désigne. Ainsi le mariage a changé de sens en devenant le mariage pour tous. Ainsi homme et femme sont des mots qui ne veulent plus dire du tout la même chose postérieurement au triomphe de la théorie des genres qu’antérieurement.
    Quant à l’extension du droit de vote aux étrangers, il substitue une entité nouvelle au citoyen et à la nation, même s’il ne modifie pas les mots. Cet homme nouveau, que le gauchisme culturel veut substituer à l’homme tel qu’il existe, c’est l’homme sans héritage. Il n’est pas un héritier. Il est même, pour emprunter un vocable à Renaud Camus, un inhéritier. Non seulement l’accès à l’héritage des siècles - qu’il s’appelle la langue, la culture, la nation - lui est barré, mais il est psychiquement programmé pour refuser cet héritage autant qu’il est éduqué, ou inéduqué, pour pouvoir s’en passer. N’héritant pas du passé, ni n’en recevant le legs en héritage, il ne se sent débiteur d’aucune dette envers lui. Il ne doit rien à la patrie, rien à la nation et à son histoire. Il ne doit rien à de Gaulle, rien à Jeanne d’Arc. On le veut radicalement neuf. Il se croit tel.
    Jusqu’ici exista un individualisme spatial et sociologique : l’individu séparé des autres hommes. Voici qu’apparaît un individualisme temporel et historique : l’individu entièrement plongé dans le présent, sans racines dans le passé, séparé de l’histoire. Le type d’homme engendré par cette constellation de réformes sociétales sera un homme qui se vivra, se sentira et se pensera, comme existant par génération spontanée.
    Venue d’Aristote, défendue au XIXe siècle par Liebig et combattue par Pasteur, la théorie de la génération spontanée soutenait que des êtres vivants, par exemple des souris, pouvaient naître sans parents, sans pères ni mères, du seul fait de l’animation de la matière par la forme (l’idée). La comparaison avec nos réformes sociétales vaut. L’idée, la forme, c’est bien entendu le genre. C’est aussi la volonté de deux époux d’un même sexe, pardon d’un même genre, d’élever un enfant qui n’aurait ni père ni mère, seulement des parents numérotés un et deux. Le grand combat contre la nature conduit par les propagandistes de la théorie du genre, socle philosophique du mariage pour tous, ramène dans l’actualité une variété de la théorie de la génération spontanée.
    Une condition est exigée pour la réussite de ce projet anthropologique et politique : que les hommes ne soient plus des hommes et que les femmes ne soient plus des femmes par nature. À la rupture avec l’histoire doit s’articuler la rupture avec la nature. L’invention de la théorie du genre sera la cheville ouvrière de cette rupture. Ainsi, le mariage pour tous est-il à la fois le mariage déshistoricisé (jamais, en Occident, le mariage homosexuel ne fut institutionnalisé) et dénaturalisé (la différence naturelle des sexes, base historique, symbolique et biologique du mariage, est niée).
    Le vote des étrangers (des personnes qui refusent d’adopter la nationalité française) illustre cette double négation. Il occulte le sens du mot patrie : la terre des pères. La patrie est, étymologiquement, un héritage. Il n’y a pas de patrie si les fils et les filles n’héritent pas des pères l’histoire et la terre. La patrie, cette terre des pères, est une mère qui engendra ceux qu’on appelait jadis des sujets et aujourd’hui des citoyens. Pour rendre possible ce vote, il faut masquer la dimension héréditaire qu’implique la notion de patrie. La patrie est le produit de l’histoire, et l’héritage celui de l’engendrement, c’est-à-dire de la nature. Héritage, père et mère, la patrie est à la fois histoire et nature. Exactement ce que la théorie du genre combat. Dessaisir les fils et filles de cet héritage est l’objet du droit de vote aux étrangers.
    Le déni de la nature et de l’histoire apparaît encore plus nettement dans l’acharnement à vouloir effacer le mot race de la langue officielle. Deux siècles durant, la gauche affirmait représenter le peuple, la patrie et la nation. Aujourd’hui, sa nouvelle déesse est la société, fabriquée dans les laboratoires des sciences humaines. C’est au nom de la société qu’elle substitue l’inhéritier, l’individualiste nouveau, l’individualiste né par génération spontanée sans patrie et sans nation, sans racines historiques et politiques, au citoyen national. Le sociétal n’est pas seulement l’idéologie qui dresse la société contre le peuple, il est aussi l’idéologie qui détruit le peuple au nom de la société.
    Robert Redeker. www.redeker.fr

  • L'homo-hérésie

    De Jeanne Smits dans Présent :

    "Le pape François, lors d’une conversation à bâtons rompus avec l’équipe dirigeante de la CLAR (Confédération latino-américaine des religieux et religieuses) le 6 juin, a fait quelques déclarations explosives qui ont été consignées de mémoire par les participants et rapportées sur le site progressiste reflexionyliberacion.cl. Au cours de la rencontre, très décontractée – le pape était au milieu de ses visiteurs pour leur parler « comme un simple frère », ont-ils dit – il a évoqué l’existence d’un « lobby gay » au sein de la curie.

    « Dans la curie, il y a des gens saints, en vérité, des gens saints. Mais il y a aussi un courant de corruption, il y a cela aussi, c’est vrai… On parle du “lobby gay”, et c’est vrai, il est ici… Il faut voir ce que nous pouvons faire… »

    [...] On évoquait l’existence de réseaux gays à propos du rapport remis en février à Benoît XVI après l’enquête menée par trois cardinaux à la retraite, à sa demande : Julian Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi. Le premier d’entre eux l’aurait évoqué avec le pape en octobre dernier, parlant d’un « réseau transversal uni par l’orientation sexuelle ». [...]

    A l’heure où la France découvre le niveau qu’atteint la persécution politique, légale, policière et judiciaire à l’égard de ceux qui ne partagent pas l’« homo-hérésie », on comprend un peu mieux l’insistance de certains cardinaux romains à dire que la défense de la vie et de la morale naturelle pourraient bientôt conduire ses protagonistes vers une forme de martyre, voire au martyre. [...]

    Cette forte préoccupation affirmée par certains princes de l’Eglise, et les actes posés par Benoît XVI durant son pontificat dans le cadre du scandale des prêtres pédophiles, donne à tout le moins une idée de la puissance des lobbies de la culture de mort.

    Quel rapport ? direz-vous. Un début de réponse est donné par un prêtre polonais qui a enquêté longtemps sur ce qu’il appelle le « lobby gay » dans l’Eglise, et il établit d’emblée le lien entre la présence de clercs homosexuels et l’affaire des prêtres pédophiles, en notant que 80 % des affaires concernent des relations avec des garçons pubères ou adolescents : l’éphébophilie, qui est une variante de l’homosexualité masculine. Et il note que cet aspect du scandale a été largement passé sous silence. C’est lui, le P. Dariusz Oko, qui témoignait dans une interview à la presse italienne traduite et citée par benoit-et-moi.fr, de l’existence de cette « homo-hérésie » soutenue par un important groupe de théologiens « qui rejettent l’enseignement de l’Eglise sur l’homosexualité », n’acceptant pas « que la tendance homosexuelle soit un trouble de la personnalité ». Et d’ajouter que certains théologiens, à l’abri de leur chaire dans des universités catholiques, enseignent sans encombre l’idéologie du genre.

    L’animatrice du site benoit-et-moi faisait alors le rapprochement entre cette interview publiée dans la presse italienne le 21 décembre dernier et les vœux de Noël de Benoît XVI qui, peu de jours plus tard, dénonçait « l’attaque, à laquelle nous nous trouvons exposés, contre la forme authentique de la famille composée du père, de la mère et des enfants ». Il visait explicitement l’idéologie du genre, le « “gender” (…) présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un fait originel de la nature que l’homme doit accepter et remplir personnellement de sens, mais un rôle social que l’on décide de façon autonome », disait Benoît XVI. « A cette occasion, les observateurs les plus attentifs ont souligné que les paroles vibrantes de Benoît XVI étaient adressées aussi à l’intérieur de l’Eglise, à l’intérieur même de la curie », notait benoit-et-moi.

    Une longue étude du P. Oko sur l’étendue et la puissance du lobby gay au sein même de l’Eglise a été publiée en polonais l’an dernier et traduite intégralement sur le site anglophone lifesitenews.com en février [...].

    Homo-hérésie ? Le mot me semble bien choisi : il s’agit d’une déviance par rapport à un enseignement fondamental de l’Eglise sur la nature humaine et sur la manière dont l’homme fut créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est bien un faux dogme qui s’est installé, assorti d’un blasphème punissable par le « bras séculier » : naguère, c’est l’activité homosexuelle qui était considérée comme déviante et éventuellement passible de sanctions, aujourd’hui « l’homophobie » est l’objet d’un opprobre si possible plus grand encore et elle est devenue à la fois socialement inacceptable et pénalement réprimée dans de nombreux pays.

    Le P. Oko répertorie de nombreux prélats qui ont été écartés pour cause de pédophilie ou d’éphébophilie homosexuelle, ainsi que d’autres qui ont « couvert » ces activités de la part du clergé dont ils avaient la responsabilité. Mais plus encore, il pointe les difficultés et les empêchements à l’action qui ont assuré une forte impunité aux coupables d’abus de jeunes dans certains pays et dans certaines congrégations, explicables seulement, selon lui, par l’existence, non seulement d’un lobby mais d’une « homoclique » ou d’une « homomafia ». [...] La décision de Benoît XVI de refuser l’accès à la prêtrise et même aux séminaires aux hommes ayant des tendances homosexuelles montre qu’il a pris la mesure du problème, et la résistance à ses décisions – le P. Oko cite des jésuites américains – montre la force du réseau homosexuel. [...]"

    Michel Janva   http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Le Pape François invite les parlementaires français à abroger les lois mauvaises

    Le Pape François avait invité une cinquantaine de parlementaires français au Vatican ce samedi. Voici la teneur de ses propos :

    Monsieur le Président, chers Parlementaires,

    Faisant suite à votre demande, je suis heureux de vous recevoir ce matin, membres du Sénat et de l’Assemblée nationale de la République française. Au-delà des différentes sensibilités politiques que vous représentez, votre présence manifeste la qualité des relations entre votre pays et le Saint-Siège.
    Cette rencontre est pour moi l’occasion de souligner les relations de confiance qui existent généralement en France entre les responsables de la vie publique et ceux de l’Église catholique, que ce soit au niveau national ou au niveau régional ou local. Le principe de laïcité qui gouverne les relations entre l’État français et les différentes confessions religieuses ne doit pas signifier en soi une hostilité à la réalité religieuse, ou une exclusion des religions du champ social et des débats qui l’animent. On peut se féliciter que la société française redécouvre des propositions faites par l’Église, entre autres, qui offrent une certaine vision de la personne et de sa dignité en vue du bien commun. L’Église désire ainsi apporter sa contribution spécifique sur des questions profondes qui engagent une vision plus complète de la personne et de son destin, de la société et de son destin. Cette contribution ne se situe pas uniquement dans le domaine anthropologique ou sociétal, mais aussi dans les domaines politique, économique et culturel.
    En tant qu’élus d’une Nation vers laquelle les yeux du monde se tournent souvent, il est de votre devoir, je crois, de contribuer de manière efficace et continue à l’amélioration de la vie de vos concitoyens que vous connaissez particulièrement à travers les innombrables contacts locaux que vous cultivez et qui vous rendent sensibles à leurs vraies nécessités. Votre tâche est certes technique et juridique, consistant à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger. Il vous est aussi nécessaire de leur insuffler un supplément, un esprit, une âme dirais-je, qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine.
    Je vous formule donc mes encouragements les plus chaleureux pour continuer dans votre noble mission, cherchant toujours le bien de la personne en promouvant la fraternité dans votre beau pays.
    Dieu vous bénisse"

    Philippe Carhon  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Nietzsche judéophile et germanophobe

    - Quel bienfait semble être un juif,
    lorsque l’on vit parmi des Allemands !

    Nietzsche est fameux pour sa phrase sur ce qui ne nous tue et nous rend plus fort, phrase qui s’applique merveilleusement aux Juifs, ce peuple aussi, disait un ancien président, qui a tant de fois su mourir pour renaître. Penseur polyfacétique et contradictoire, il fut aussi récupéré par tous les partis et toutes les écoles philosophiques au vingtième siècle. Son surhomme sert de catalyseur à la plateforme trans-humaine en ce moment (qu’on le veuille ou non...).

    Proche de Wagner et du pangermanisme dans sa jeunesse, Nietzsche change vite de camp sous l’impulsion de son amourette avec Lou Von Salomé (future égérie de Freud, Rilke et quelques autres) et de l’intellectuel Paul Rée dont Cosima Wagner dénoncera une influence malveillante sur l’ancien ami de son mari.

    La portée subversive de la pensée de Nietzsche, très populaire un temps chez les socialistes et les sionistes, a été soulignée par les fameux Protocoles (avec Darwin, il est le penseur recommandé des "sages") et par la pensée de mai 68, liquidatrice de ce qui nous reste de famille et de nation.

    Mais je préfère citer : on trouvera tout cela facilement sur le web dans "la Généalogie", "Par-delà le bien et le mal", "Humain trop humain" (ouvrage discret et pourtant le préféré de Gilles Deleuze et de la Gauche nietzschéenne).

    ***

    Nietzsche hait et méprise les antisémites de son temps (un peu comme Léon Bloy, et presque pour les mêmes raisons). L’antisémite c’est le raté, l’homme jaloux, l’esprit plein de ressentiment...

    « Eugène Dühring qui, dans l’Allemagne contemporaine, fait l’usage le plus immodéré et le plus déplaisant du tam-tam moral : Dühring, le plus grand hâbleur moral de notre époque, même parmi ses pareils, les antisémites. Ce sont tous hommes du ressentiment, ces disgraciés physiologiques, ces vermoulus, il y a là une puissance frémissante de vengeance souterraine, insatiable, inépuisable dans ses explosions contre les heureux, ingénieux dans les travestissements de la vengeance, dans les prétextes à exercer la vengeance. »

    On voit que pour Nietzsche l’antisémite est un chrétien qui s’ignore, le chrétien un antisémite qui s’ignore. C’est la pensée du soupçon en état de marche.

    Dans un célèbre aphorisme de Jenseits, Nietzsche professe ainsi son admiration pour le « peuple élu » ou « sûr de soi et dominateur » :

    « Ce que l’Europe doit aux Juifs ? Beaucoup de choses, bonnes et mauvaises, et surtout ceci, qui appartient au meilleur et au pire : le grand style dans la morale, l’horreur et la majesté des exigences infinies, des significations infinies, tout le romantisme sublime des problèmes moraux, et par conséquent ce qu’il y a de plus séduisant, de plus captieux et de plus exquis dans ces jeux de lumière et ces invitations à la vie, au reflet desquels le ciel de notre civilisation européenne, son ciel vespéral, rougeoie aujourd’hui, peut-être de son ultime éclat. Nous qui assistons en artistes et en philosophes à ce spectacle, nous en sommes reconnaissants aux Juifs. »

    J’ai toujours trouvé ce passage un peu confus d’ailleurs (j’ai pourtant presque quarante ans de nietzschéisme derrière moi...). Puis Nietzsche pronostique même - comme Vacher de Lapouge - une domination future des Juifs en Europe avec pour ce faire une nécessaire expulsion des antisémites (et dire qu’il passe pour avoir inspiré Hitler !) :

    « C’est un fait que les Juifs, s’ils voulaient - ou si on les y forçait, comme semblent le vouloir les antisémites -, pourraient dès maintenant exercer leur prépondérance et même littéralement leur domination sur l’Europe ; c’est un fait également qu’ils n’y travaillent pas et ne font pas de projets dans ce sens. Pour le moment, ce qu’ils veulent et souhaitent, et même avec une certaine insistance, c’est d’être absorbés dans l’Europe et par l’Europe, ils aspirent à s’établir enfin quelque part où ils soient tolérés et respectés, et à mettre enfin un terme à leur vie nomade de "Juifs errants". On devrait bien tenir compte de cette aspiration et de cette pression (où s’exprime peut-être déjà une atténuation des instincts juifs) et les favoriser ; et pour cela il serait peut-être utile et juste d’expulser du pays les braillards antisémites. »

    Cela aurait été le décret Nuit et braillard...

    ***

    Antichrétien fanatique à la fin de sa vie, Nietzsche recourt à sa formation de philologue pour dénier au christianisme tout fondement scientifique et donc moral :

    « Mais, en fin de compte, que peut-on attendre des effets d’une religion qui, pendant les siècles de sa fondation, a exécuté cette extraordinaire farce philologique autour de l’Ancien Testament ? Je veux dire la tentative d’enlever l’Ancien Testament aux Juifs avec l’affirmation qu’il ne contenait que des doctrines chrétiennes et qu’il ne devait appartenir qu’aux chrétiens, le véritable peuple d’Israël, tandis que les Juifs n’avaient fait que se l’arroger. »

    Sa haine des chrétiens est égale à sa haine des Allemands à qui il finit par tout reprocher (les Croisades ou la réforme comme mise à mort de la Renaissance, par exemple dans "l’Antéchrist"). Mais voici une longue parenthèse du "Gai savoir" :

    « (L’Europe, soit dit en passant, doit avoir de la reconnaissance à l’égard des Juifs, pour ce qui en est de la logique et des habitudes de propreté intellectuelle ; et avant tout les Allemands, une race fâcheusement déraisonnable, à qui, aujourd’hui encore il faut toujours commencer par "laver la tête". Partout où les Juifs ont eu de l’influence, ils ont enseigné à distinguer avec plus de sensibilité, à conclure avec plus de sagacité, à écrire avec plus de clarté et de netteté : cela a toujours été leur tâche d’amener un peuple "à la raison"). »

    ***

    Très hostile aux nations, indifférent à la notion de race, mais favorable au métissage, à la civilisation maure du sud de l’Europe, Nietzsche écrit encore que :

    « Dès qu’il n’est plus question de conserver des nations, mais de produire et d’élever une race mêlée d’Européens aussi forte que possible, le Juif est un ingrédient aussi utile et aussi désirable que n’importe quel autre vestige national. »

    Pour Nietzsche le futur en Europe opposera Juifs et Russes :

    « Le penseur que préoccupe l’avenir de l’Europe doit, dans toutes ses spéculations sur cet avenir, compter avec les Juifs et les Russes comme avec les facteurs les plus certains et les plus probables du jeu et du conflit des forces. »

    Enfin notre grand penseur de la droite occidentale (pensons au GRECE !) insiste sur le génie juif qui a occidentalisé l’Europe aux heures les plus sombres de son histoire (ie le Moyen Age) tandis que ce pauvre christianisme ne songeait qu’à la retarder et l’orientaliser.

    « En outre : aux temps les plus sombres du Moyen Age, quand le rideau des nuages asiatiques pesait lourdement sur l’Europe, ce furent des libres penseurs, des savants, des médecins juifs qui maintinrent le drapeau des lumières et de l’indépendance d’esprit sous la contrainte personnelle la plus dure, et qui défendirent l’Europe contre l’Asie ; c’est à leurs efforts que nous devons en grande partie qu’une explication du monde plus naturelle, plus raisonnable, et en tout cas affranchie du mythe, ait enfin pu ressaisir la victoire, et que la chaîne de la civilisation, qui nous rattache maintenant aux lumières de l’Antiquité gréco-romaine, soit restée ininterrompue. Si le christianisme a tout fait pour orientaliser l’Occident, c’est le judaïsme qui a surtout contribué à l’occidentaliser de nouveau : ce qui revient, en un certain sens, à faire de la mission et de l’histoire de l’Europe une continuation de l’histoire grecque. »

    Nietzsche défend une notion désormais classique : le gai savoir c’est le savoir juif, mauresque, provençal, toulousain, cathare, courtois.... Chassé par le pape et par l’odieuse Inquisition. Ajoutons en passant (c’est un autre sujet) que le rôle de Nietzsche dans la formation de la pensée juive moderne, sioniste et conquérante, a été très bien étudié par David Ohana ("Zarathoustra à Jérusalem", Controverses, mai 2008). Nous laisserons un sioniste conclure, son traducteur en hébreu, qui écrivait en 1944 :

    « La jeunesse juive doit s’élever aux sommets de Zarathoustra, là où règne un air pur et vif, non seulement pour le plaisir esthétique, mais aussi pour apprendre ce que signifiait être un homme libre. » (Israël Eldad).

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info

  • Pas de séparation de la franc-maçonnerie et de l'Etat

    Lu dans L'Express :

     

    "les maires de La Rochelle, de Rochefort, de Châtelaillon-Plage et de Montendre sont francs-maçons. Et, derrière eux, nombre d'élus. De quoi éclairer la vie politique locale d'un nouveau jour.  [...]

    Le maire (PS) de La Rochelle se plaît à l'employer quand, en privé, il est questionné sur son appartenance maçonnique. Il n'aura désormais plus besoin de louvoyer - contacté à maintes reprises, Maxime Bono n'a pas jugé utile de répondre à nos demandes. L'Express est en mesure de révéler que le premier magistrat est membre de l'atelier rochelais République et laïcité du Grand Orient de France (GODF), réputé pour accueillir des frères de gauche. "Une loge 100% socialiste, jure un ancien vénérable de la Grande Loge nationale française (GLNF). On n'y entre pas sans avoir sa carte flanquée du poing et de la rose." L'affirmation est excessive: lors des tenues, l'atelier s'ouvre à d'autres obédiences et n'exclut pas les frères marqués à droite.

    Jean-Louis Léonard pourrait en témoigner... s'il acceptait de se dévoiler. L'ancien député (UMP) de la Charente-Maritime, actuel maire de Châtelaillon-Plage, était en effet présent le jour de l'initiation de Maxime Bono. Maçon assidu depuis vingt ans, il est membre de L'Accord parfait (GLF) de Rochefort. Le couple Bono-Léonard? Adversaires politiques à la ville, frères de sang dans le secret des loges... [...] 

    Au pied des barres HLM de la cité du Petit-Marseille, à Rochefort, l'atelier la Démocratie, du GODF, inaugure ce 16 juin 2011 son nouveau "saint des saints". Devant un parterre de frères trois-points médusés, deux hommes se donnent spontanément l'accolade (le baiser maçonnique) : Jean-Louis Léonard, déjà cité, et le maire... socialiste de Rochefort, Bernard Grasset. Tous les deux ont été députés de la Charente-Maritime dans la même circonscription (Léonard a succédé à Grasset). Adversaires implacables devant les électeurs, les voilà comme les deux doigts de la main en coulisse... [...]"

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Objection de conscience : le diocèse de Fréjus-Toulon s'engage

    Lu sur le site du diocèse de Frèjus-Toulon :

    "L’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon met en place un courriel  (bioethique@diocese-frejus-toulon.com) pour les professionnels de santé qui vivent dans leur pratique des limitations ou des atteintes à la liberté de conscience."

    Extrait des explications de Pierre-Olivier Arduin de la commission bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon :

    Poa"Les professionnels de santé chrétiens se trouvent quotidiennement face au devoir de refuser d’accomplir ou de coopérer à des actes, qui pour être légaux, n’en sont pas moins « en contradiction totale et insurmontable avec le droit inviolable à la vie » parce qu’ils conduisent à l’avortement de l’enfant à naître quel qu’en soit le moyen (IVG chirurgicale ou médicamenteuse, stérilet ou pilule du lendemain,…), portent atteinte à la dignité de la procréation humaine (contraception sous toutes ses formes, stérilisation définitive, insémination artificielle avec ou sans donneur étranger,…) ou encore blessent tout à la fois la vie humaine et l’identité de l’acte conjugal (fécondation in vitro qui dissocie la sexualité de la procréation et conduit à la destruction de nombreux embryons,…) En interprétant droitement la loi naturelle et les normes éthiques objectives conformes à la dignité humaine qui en découlent, l’Eglise ne cesse de rappeler que l’ensemble de ces pratiques sont non seulement des actions intrinsèquement mauvaises (intresece malum) qui ne peuvent jamais être justifiées moralement mais que les lois elles-mêmes qui les dépénalise, comme l’avait rappelé solennellement le bienheureux Jean-Paul II dans Evangelium vitae, « ne créent aucune obligation pour la conscience, et entraînent au contraire une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience ». Dans la même Encyclique, le grand Pape a fait de l’objection de conscience « un droit humain élémentaire ». Les soignants peuvent-ils le faire valoir sereinement, toujours et partout, pendant leurs études ou dans l’exercice de leur profession, sans craindre intimidations, pressions, voire brimades et discriminations ? (...)

    L’inquiétude est d’autant plus vive chez les soignants que le spectre d’une dépénalisation de l’euthanasie, fût-elle d’exception, se profile à l’horizon. Jusqu’à présent, les atteintes à la vie humaine débutante, malgré leur gravité morale et leur retentissement délétère sur le sens de l’agir médical, ont été circonscrites aux spécialités en lien avec le suivi de la grossesse.

    Autrement dit, certains professionnels ont pu s’estimer relativement épargnés par la « culture de mort », qui ne les a pas touchés dans l’exercice de leur métier, du moins directement. Si une loi instaurant le « droit de mourir dans la dignité » était adoptée selon le vœu du chef de l’Etat, ce sont toutes les professions, toutes les spécialités et jusqu’à la médecine générale qui seraient frappées. On réclamera l’euthanasie aussi bien dans un service de gastro-entérologie que de pneumologie, de même que l’acte létal effectué par le généraliste deviendra courant à domicile à l’instar de la Belgique ou des Pays-Bas (plus de la moitié des euthanasies sont pratiquées par le médecin de famille au domicile de la personne). Comme « le mariage pour tous » est sur le point de dénaturer le mariage et dynamiter de l’intérieur la famille, l’euthanasie atteindrait en plein cœur la médecine et signerait la destruction de son essence même. Dans ce cadre, la pression sur la liberté de conscience des soignants, notamment en secteur hospitalier, sera maximale et proprement invivable (...)

    Mgr_rey_01Sera-t-il encore possible dans quelques mois à un chrétien d’exercer les fonctions de maire, d’officier d’état civil ou d’assistante sociale (procédures d’agrément pour l’adoption au sein des conseils généraux) si la loi ouvrant le mariage et l’adoption entre personnes de même sexe devait être votée ? Devant la multiplication des entorses faites à la liberté de conscience dans le champ de la santé, l’impasse dans laquelle se trouvent certains professionnels ou la crainte de nouvelles atteintes à venir, Mgr Dominique Rey a souhaité que l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon concrétise la sollicitude que doit avoir l’Eglise envers les chrétiens confrontés à ces difficiles questions. Un courriel est désormais à la disposition des personnes désireuses de partager leurs expériences et difficultés. Chaque témoignage relaté fera l’objet d’une lecture attentive et sera porté à la connaissance de Mgr Rey et de l’équipe de l’Observatoire. A partir de là et de la réflexion déjà engagée, de la concertation avec d’autres déjà engagés sur ces sujets, nous tenterons d’élaborer des actions concrètes pour protéger la liberté de conscience de tous." 

    Philippe Carhon  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Aristote ou Rousseau ? Les fondements philosphiques du débat sur le « mariage » pour tous (II)

    Ce remarquable article sur les questions philosophiques qui sous-tendent l’affaire du « mariage » des couples de même sexe vient d’être publié par le site australien MercatorNet. Son auteur, Robert R. Reilly, est ancien membre de l’Administration de Reagan, spécialiste des affaires internationales et de l’islam. Voici ma traduction de la deuxième partie de ce texte, dont j'ai publié la première partie le 29 avril, sous le titre : « Rousseau a pavé le chemin du “mariage” homosexuel ». C'est par ici.

    Il s’agit de comprendre, en effet, ce qui sépare fondamentalement les partisans et les adversaires du « mariage pour tous », et de préciser les notions de nature et de « contre-nature » de manière à mieux aborder les débats, les conflits et les attaques qui vont se multiplier dans les mois qui viennent.

    Après la première partie sur la philosophie classique et réaliste, cette deuxième livraison montre comment Rousseau et les « Lumières » ont subverti le sens du mot nature. – J.S.

    L’inversion d’Aristote par Rousseau

    Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) a mis la notion de nature selon Aristote sens dessus dessous. Aristote disait que la nature est définie non seulement par ce qu’est l’homme, mais par ce qu’il doit être. Rousseau, au contraire, soutient que la nature n’est pas une fin (une telos) mais un commencement : la fin de l’homme est son début. Il n’a pas une nature immuable. « Nous ne savons pas ce que notre nature nous permet d’être », écrivait Rousseau dans son Emile. Ce point de vue a été décliné pour le XXe siècle par John Dewey qui affirmait : « La nature humaine est de ne pas avoir de nature. » Il n’y a pas de devenir « obligé » pour l’homme, pas d’impératif moral. Il n’y a pas de dessein, ni pour l’homme, ni dans la nature ; par conséquent, l’existence est dépourvue de tout principe rationnel. Cela signifie qu’il n’y a pas d’entéléchie, rien qui ressemble au fait « d’avoir sa propre fin en soi » comme le disait Aristote. Et même, la raison elle-même n’est pas naturelle à l’homme, selon Rousseau – alors que pour Aristote elle est l’essence même de l’homme. Pour Rousseau, les racines de la raison plongent dans ce qui est irrationnel. La raison est la servante des passions, et non de la vérité.

    A l’inverse d’Aristote, Rousseau affirmait que l’homme, par nature, n’est pas un animal social et politique doué de raison. A la différence d’Aristote, Rousseau ne part pas de la famille, mais d’un individu isolé à l’état de nature, où le pur « sentiment de sa propre existence » était tel qu’« on se suffisait à soi-même, comme Dieu ». La nature devient un substitut profane au jardin d’Eden. Mais ce dieu satisfait de lui était asocial, amoral et pré-rationnel. Ses accouplements avec des femmes se faisaient au hasard et ne formaient aucun attachement durable. La famille ne lui était pas naturelle. Comme l’écrivait Rousseau dans son Discours sur l’origine des inégalités, « La faim, d’autres appétits lui faisant éprouver tour à tour diverses manières d’exister, il y en eut une qui l’invita à perpétuer son espèce ; et ce penchant aveugle, dépourvu de tout sentiment du cœur, ne produisait qu’un acte purement animal. Le besoin satisfait, les deux sexes ne se reconnaissaient plus, et l’enfant même n’était plus rien à la mère sitôt qu’il pouvait se passer d’elle. » (Rousseau, de fait, abandonna ses cinq enfants.) Le Marquis de Sade exprima un sentiment en tous points rousseauiste dans Juliette, en écrivant que « toutes les créatures naissent isolées et sans aucun besoin les unes des autres ».

    Ce n’est qu’au moment où, par un « accident » inexplicable, un homme dut s’associer avec un autre, que son autonomie semblable à celle d’un dieu prit fin. « L’homme est bon par nature », disait Rousseau, mais d’une façon ou d’une autre nous sommes tombés de cet état de nature. Ce que l’homme est devenu est le résultat non de la nature mais de cet « accident », qui d’une certaine manière a également déclenché son usage de la raison. Rousseau insiste sur le caractère accidentel de l’association de l’homme au sein de la société pour mettre l’accent sur son caractère non naturel et artificiel. Elle n’était pas nécessaire. Mieux : elle n’aurait jamais dû se produire. Aristote enseignait que l’on n’arrive pas seul à la perfection ; l’homme a besoin de la société et de l’ordre politique pour développer pleinement son potentiel. La polis lui est nécessaire. Rousseau assurait au contraire que l’homme commence dans un état de perfection, que la constitution de la société lui arrache.

    Voici la manière dont Rousseau posait cette thèse dans son Discours sur l’origine de l’inégalité : « Cet état [de nature] était le moins sujet aux révolutions, le meilleur à l’homme, et il n’en a dû sortir que par quelque funeste hasard qui, pour l’utilité commune, eût dû ne jamais arriver. L’exemple des sauvages qu’on a presque tous trouvés à ce point semble confirmer que le genre humain était fait pour y rester toujours, que cet état est la véritable jeunesse du monde, et que tous les progrès ultérieurs ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l’individu, et en effet vers la décrépitude de l’espèce. »

    Dans le Discours sur les sciences et les arts, Rousseau se faisait fort de montrer les influences délétères de la civilisation et du « progrès » sur l’homme, dont les « âmes ont été corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés à la perfection ». Dans son Rousseau, juge de Jean-Jacques, il se décrit lui-même comme ayant affirmé le « grand principe que la nature a fait l?homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable. (…) Le vice et l?erreur, étrangers à sa constitution, s?y introduisent du dehors et l?altèrent insensiblement ». Rousseau écrit qu’« il nous fait voir l?espèce humaine meilleure, plus sage et plus heureuse dans sa constitution primitive, aveugle, misérable et méchante à mesure qu?elle s?en éloigne ».

    La société résultant de ce « fatal événement » du hasard a corrompu l’homme. C’est ce que Rousseau substitue au péché originel. Par son association avec autrui, l’homme a perdu le sentiment auto-suffisant « de sa propre existence ». Il a commencé à vivre par rapport à l’estime d’autrui (amour-propre) plutôt que dans l’estime de lui-même (amour de soi). De cette manière, l’homme a été « aliéné » de lui-même et est devenu esclave des autres. Voilà ce que voulait dire Rousseau en écrivant : « L’homme est né libre et partout il est dans les fers. » Nous trouvons ainsi chez Rousseau l’origine de l’idée marxiste de l’exploitation, menée plus avant en des temps plus récents par l’assertion existentielle de Jean-Paul Sartre : « L’enfer, c’est les autres. » Si l’enfer, c’est les autres, alors le ciel doit être soi.

    Néanmoins, Rousseau savait que l’état pré-rationnel, asocial d’un paradisiaque isolement à l’état de nature était perdu pour toujours, à la manière du jardin de l’Eden. Mais il pensait qu’un Etat tout-puissant pouvait améliorer la situation de l’homme aliéné. Pour approcher au plus près de la rédemption profane, l’homme doit abolir ces formes d’association dépendante qui l’ont rendu esclave d’autres hommes et toujours maintenu en dehors de lui-même. Il doit couper, autant que faire se peut, ses relations avec les autres membres de la société afin de pouvoir se rendre à lui-même le sentiment de son existence. Comment faire ?

    L’Etat exige une dépendance totale

    Rousseau a décrit l’accomplissement de cette condition : « Chaque personne serait alors totalement indépendante par rapport à tous les autres hommes, et dépendrait totalement de l’Etat. » L’Etat pourrait restaurer un simulacre de ce bien-être originel en éliminant toutes les relations sociales subsidiaires de l’homme. En détruisant les attaches familiales, sociales et politiques, l’Etat pourrait rendre chaque individu dépendant de l’Etat et indépendant par rapport à autrui. L’Etat est le véhicule permettant de rapprocher les gens afin qu’ils puissent être séparés : une sorte d’individualisme radical sponsorisé par l’Etat.

    Le programme de Rousseau consistait à politiser totalement la société et sa première cible fut le fondement de la société – le premier moyen par lequel les hommes sont éloignés de cet égocentrisme où Rousseau aimerait les voir retourner : la famille. Pour détruire la famille, Rousseau proposait de lui enlever sa fonction première d’éduquer ses enfants, et que cette fonction soit dévolue à l’Etat. « L’autorité publique, en prenant la place du père et en se chargeant de cette importante fonction, devrait acquérir ses droits en le déchargeant de ses devoirs. » Le père est censé se consoler avec la pensée qu’il lui reste encore quelque autorité par rapport à ses enfants en tant que « citoyen » de l’Etat. Sa relation avec ses enfants s’est métamorphosée en relation purement politique.

    Les attaques de Rousseau contre la famille et son recours exclusif à l’Etat comme véhicule exclusif de la rédemption de l’homme constituent le prototype pour tous les révolutionnaires ultérieurs. Le programme est toujours le même : la société, responsable de tous les maux, doit être détruite. En vue de promouvoir la « fraternité » universelle, la seule source où le mot « frère » puisse trouver son sens – la famille – doit être éliminée. Une fois la société atomisée, dès lors que la famille aura cessé de s’interposer entre l’individu et l’Etat, l’Etat sera libre de transformer par la force l’individu isolé pour en faire n’importe quel type d’« homme nouveau » que les visionnaires révolutionnaires auront imaginé.

    La famille artificielle

    Nous voici donc arrivés à un moment de la plus haute signification pour notre réflexion. Si la famille est artificielle par ses origines, ainsi que l’affirmait Rousseau, alors elle peut être changée et réaménagée de n’importe quelle façon qui puisse être voulue par l’Etat, ou par autrui. Il s’agit simplement d’un glissement conventionnel, quelque chose qui change dans un artefact culturel. Nous pouvons modifier les relations humaines de n’importe quelle façon. Celui qui a suffisamment de pouvoir peut faire ces modifications à sa propre guise. Il n’y a pas de critère dans la nature auquel il faille adhérer ou à l’aune duquel on puisse le juger. S’il n’y a pas de nature, alors il ne peut d’aucune façon y avoir un problème par rapport aux actes homosexuels ou au mariage des couples de même sexe – ni avec bien d’autres choses non plus. Faire remarquer qu’il n’a jamais rien existé dans l’histoire de comparable à un mariage homosexuel est superflu, de ce point de vue, puisque la « nature » de l’homme est malléable. Elle est le produit de l’histoire. L’histoire avance et l’homme change avec elle. Ou plutôt : l’homme peut se changer lui-même selon ses désirs, aussi longtemps qu’il a les moyens de le faire. Puisque les choses n’ont pas leur fin en elles-mêmes, quiconque est assez puissant pour le faire peut la leur attribuer.

    Telle est la philosophie du sophiste Calliclès dans Gorgias, lorsqu’il dit à Socrate : « La vérité, que tu prétends chercher, Socrate, la voici : le luxe, l’incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force, constituent la vertu et le bonheur ; le reste, toutes ces belles idées, ces conventions contraires à la nature, ne sont que niaiseries et néant » (492c). Avec le concours de la force, la vertu devient exactement ce que vous voulez. Il ne s’agit pas de conformer son comportement aux fins rationnelles de la nature, mais de conformer les choses à ses désirs. La raison devient alors l’instrument qui permet de le faire. Pour Rousseau, l’homme est une créature de désirs et d’appétits, auxquels sa raison est subordonnée. L’hôte de Rousseau en Angleterre, David Hume, a écrit dans son Traité sur la nature humaine : « La raison est, et ne devrait être davantage que l’esclave des passions et ne doit jamais prétendre à aucun office que de les servir et de leur obéir. » La raison n’est plus, dès lors, le moyen par lequel l’homme atteint sa fin dans la connaissance et la contemplation du bien. Elle est un outil pour assouvir les passions. L’inversion d’Aristote est ainsi complète.

    Lois naturelles ou droits naturels ?

    Calliclès, en version contemporaine, ne s’exprimerait pas avec autant de franchise qu’il le fait devant Socrate. Il envelopperait son inversion de la loi naturelle du langage du « droit naturel », de manière à ce que cela puisse paraître la même chose, tout en étant l’exact contraire – ainsi que le fit Rousseau. Si vous êtes un homosexuel actif, vous revendiquez un « droit » aux actes sodomites et au mariage homosexuel. Alors que « droit naturel » sonne comme « loi naturelle » ce n’est, comme l’a expliqué le P. James Schall, pas du tout la même chose.

    « La théorie moderne du droit naturel », écrit-il, « est une théorie de la volonté, une volonté qui n’a pas d’autre présupposé qu’elle-même. Dans sa version politisée, elle aura été l’alternative la plus durable et la plus dangereuse à une loi naturelle basée sur la réalité ontologique de ce qu’est l’homme.

    « Dès lors que le droit naturel devient le fondement accepté de la vie politique, l’Etat est libre d’y placer n’importe quel contenu, comme il le désire, y compris la réécriture ou l’élimination de la loi naturelle. La tradition constitutionnelle de jadis pensait que l’Etat était, en lui-même, à la fois le résultat naturel de la nature de l’homme et, et tant que tel, un frein pour l’Etat. Mais si l’homme n’a pas de “nature”, il est libéré de cette contrainte. Le droit naturel moderne signifie que rien ne limite l’homme ou l’Etat, si ce n’est ce que l’homme veut. Il peut vouloir toute chose qu’il est capable de faire arriver, qu’elle soit tenue ou non pour contraire à la loi naturelle. »

    Ce qui se joue actuellement dans la bataille du mariage des couples de même sexe n’est rien de moins que cela.

    Sans parler directement de Calliclès ou de Rousseau, celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger a dit dans Le sel de la terre quelque chose qui caractérise cette école de pensée : « L’idée que la “nature” a quelque chose à dire n’est plus admissible ; l’homme doit disposer de la liberté de se remodeler à volonté. Il doit être libéré de toutes les données antérieures de son essence. Il fait de lui-même ce qu’il veut, et c’est seulement de cette manière qu’il est véritablement “libre” et libéré. Derrière cette approche se trouve une rébellion de la part de l’homme contre les limites qui sont les siennes en tant qu’être biologique. A la fin, c’est une révolte contre notre état de créatures – une édition moderne, nouvelle, des tentatives immémoriales d’être Dieu, d’être comme Dieu. »

    Voilà la perspective anthropologique et métaphysique au sein de laquelle le mouvement en faveur du mariage des couples de même sexe argumente son cas. Accepter le mariage des couples de même sexe revient à accepter l’ensemble de la perspective d’où elle émane, y compris l’assertion selon laquelle « la nature humaine est de ne pas avoir de nature ». Mais la nature humaine n’est rien d’autre que ce qui fait que l’on est un être humain. Rejeter cela, c’est nier l’humanité, nier ce qui est.

    Robert Reilly

    Source : http://www.mercatornet.com/articles/view/the_road_to_same_sex_marriage_was_paved_by_rousseau

    © leblogdejeannesmits pour la traduction.

  • Plus aucun acte d’état civil à effet de la date de promulgation de la loi

    Polémia publie l'exemple d'une lettre qu'un maire pourra adresser au Préfet si la loi Taubira venait à être promulguée :

    "En qualité de maire, j’exerce à la fois des attributions au nom de la commune, par délégation du conseil municipal, et au nom de l’Etat, par l’effet de la loi. Parmi ces dernières, celles d’officier d’état civil, prévues par l’article L 2122-32 du Code général des collectivités territoriales.

    Le vote de la loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe dénature cette institution et emporte de graves conséquences sur la filiation et l’adoption. Elle impose à l’officier d’état civil que je suis un acte contraire à toutes mes convictions.

    Le président de la République, François Hollande, lors du Congrès des maires de France du 20 novembre 2012, déclarait à l’époque au sujet de ce projet :

    « Je connais les débats qu’il suscite, ils sont légitimes dans une société comme la nôtre. Les maires sont des représentants de l’Etat. Ils auront, si la loi est votée, à la faire appliquer. Mais je le dis aussi, vous entendant : des possibilités de délégation existent. Elles peuvent être élargies et il y a toujours la liberté de conscience. La conception de la République vaut pour tous les domaines et, d’une certaine façon, c’est la laïcité, c’est l’égalité : c’est-à-dire que la loi s’applique pour tous, dans le respect, néanmoins, de la liberté de conscience. »

    J’entends me prévaloir de cette liberté de conscience, mais je ne ferai pas supporter à l’un ou l’autre de mes adjoints une obligation que je refuse d’assumer moi-même. Il appartient à l’Etat et à ses fonctionnaires de remplir ce rôle.

    Aussi, je vous prie de prendre acte que je n’accomplirai plus aucun acte d’état civil à effet de la date de promulgation de la loi. [...]"

    Michel Janva

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • La PMA et la GPA pour Tous c'est maintenant. En France

     De Pierre-Olivier Arduin dans La Nef :

    N"Le 1er janvier 2013 à minuit et une poignée de secondes, le premier bébé né en France était celui d’un « couple » d’homosexuelles domiciliées à Moulins dans l’Allier. Si celle qui s’est faite inséminer en Belgique et qui a accouché en France a été reconnue civilement comme la mère, sa « compagne » sera déclarée à son tour parent légal de l’enfant lorsque la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux « couples » de même sexe entrera en vigueur.

    Cette histoire illustre les non-dits du chef de l’État s’évertuant, lors de son intervention télévisée du 28 mars, à nous faire croire que le texte sur « le mariage pour tous » n’incluait ni de près ni de loin la question de la procréation médicalement assistée (PMA). Le chef de l’État ne peut ignorer que le marché des procréations artificielles en France et à l’étranger est organisé de telle façon que la loi Taubira, même sans prévoir de volet spécifique sur la « PMA homosexuelle », va accélérer le recours à ce genre de pratiques tout en validant juridiquement le fait délictueux commis à l’étranger. Les médias se sont fait l’écho ces dernières semaines du caractère opérationnel des filières de don de sperme pour les lesbiennes avec la complicité d’une partie des spécialistes français de l’assistance médicale à la procréation. [...]

    Destinations phares de ces délocalisations procréatives, l’Espagne et la Belgique qui autorisent toutes les femmes, quelles que soient leur orientation sexuelle et leur configuration parentale, à recourir à des cellules sexuelles de qualité, objet de toutes les convoitises. Ces réseaux fonctionnent d’autant mieux qu’en vertu de la loi communautaire sur l’égalité de l’accès aux soins dans les pays de l’Union européenne, la Sécurité sociale prend en charge une partie des frais à l’étranger et couvre de toute façon l’ensemble des traitements tant avant qu’après l’insémination artificielle (traitement de stimulation, surveillance des ovaires, dosages hormonaux, échographies, et bien sûr la durée intégrale de la gestation). Depuis l’entrée en vigueur de cette directive européenne, les homosexuelles françaises sont de plus en plus nombreuses à se faire fabriquer illégalement des enfants sans père avec la collaboration de la médecine et de l’assurance-maladie françaises. Pour que le crime soit parfait, il manquait seulement la reconnaissance civile du statut parental en faveur de la compagne de celle qui mène la grossesse. Ce sera chose faite avec la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe qui va inéluctablement démultiplier ce tourisme reproductif transfrontalier puisque la « conjointe mariée » de celle qui aura accouché sera régularisée comme second « parent » de l’enfant après adoption plénière.

    On retrouve le même schéma pervers avec les « couples » d’hommes qui eux ont besoin d’un don d’ovules et d’une location d’utérus pour mener à bien leur « projet parental ». Alors que, dans la même émission, le président de la République jurait la main sur le cœur être absolument opposé aux mères porteuses, son gouvernement a déjà légitimé le contournement de la loi française prohibant la gestation pour autrui (GPA). En demandant aux juridictions, par la circulaire du 25 janvier, de faciliter l’acquisition de la naturalisation d’enfants nés à l’étranger d’une mère porteuse, Christiane Taubira vient d’accorder aux « couples » de gays une prime à l’impunité en leur offrant sur un plateau l’assurance qu’ils pourront continuer à recourir à la GPA en dehors de nos frontières sans être inquiétés pas les consulats lorsqu’ils rentreront avec l’enfant abandonné par celle qui l’aura porté pendant neuf mois. Après la circulaire Taubira, la boucle sera bouclée avec la loi Taubira puisque celle-ci, là encore, permettra au « conjoint » du géniteur (celui qui a donné son sperme à l’origine de l’embryon conçu par fécondation in vitro et réimplanté dans la mère porteuse) d’engager une procédure d’adoption plénière vis-à-vis de l’enfant, laquelle lui sera accordée automatiquement par l’État français. Contrairement aux dires de François Hollande, la fabrication artificielle d’enfants privés intentionnellement de père ou de mère est donc inhérente à la loi Taubira. Non contente de décupler les trafics procréatifs en tous genres, la nouvelle législation va par-dessus le marché ratifier les fraudes commises à l’étranger en infraction avec le droit français par nos ressortissants homosexuels en mal d’enfants. On entend déjà la majorité nous dire que cette situation hypocrite ne peut durer et nécessite que la France inscrive à son tour la PMA et la GPA pour tous dans son arsenal législatif."

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Vincent Peillon nous fait la morale !

    par Stéphane Blanchonnet *

    Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a annoncé qu’un cours de "morale laïque" serait dispensé dans l’ensemble du système scolaire, de la maternelle au baccalauréat, dès la rentrée 2015.

    Dans la foulée du vote de son projet de loi sur la « refondation de l’école » et à l’occasion de la remise du rapport qu’il avait commandé à Alain Bergounioux, Laurence Loeffel et Rémy Schwartz, Vincent Peillon a donné de nouvelles précisions sur sa "marotte", l’instauration d’un cours de morale laïque dans l’ensemble du système scolaire, de la maternelle au baccalauréat. Ce nouvel enseignement, qui ne sera pas une nouvelle discipline et fera donc appel aux professeurs des matières existantes, aura toutefois des horaires dédiés (il ne sera pas simplement ajouté aux contenus des programmes des différentes matières) et fera son apparition à la rentrée 2015. C’est du moins ce qu’affirme M. Peillon dans un con-texte où il paraît peu probable que lui-même ou le gouvernement auquel il appartient puisse seulement passer l’année !

    Un machin de plus

    Avant de passer à une critique de fond de l’intérêt de cette morale laïque, on peut faire remarquer que ce nouvel objet pédagogique non identifié (OPNI ?) vient s’ajouter à une longue liste de "machins" (ECJS, aide individualisée, TPE...) qui viennent alourdir un temps scolaire que l’on veut par ailleurs raccourcir, et réduire la part réservée aux enseignements disciplinaires, donc au véritable savoir. On peut aussi s’amuser de voir un nouveau ministre pressé comme tous ses prédécesseurs de "laisser sa trace" dans les programmes ou encore de voir un socialiste surfer assez démagogiquement sur la vague du retour à un certain ordre moral (extérieur et superficiel) qui avait porté au pouvoir Nicolas Sarkozy en 2007 et qui traverse incontestablement l’opinion comme le montrent toutes les enquêtes. Sur le fond, la morale laïque est une impasse : dans le moins pire des cas (on n’ose dire le meilleur !), elle se résumera à une sorte de plus petit dénominateur commun ("la civilité" mais pas la belle, la grande politesse française, dont la galanterie est la fine fleur et qui repose sur des distinctions que l’idéologie dominante assimile à autant de discriminations) ; dans le pire des cas, elle redeviendra l’arme de guerre civile anti-religieuse qu’elle était au début du XXe siècle.

    À la différence qu’hier, en attaquant le catholicisme et non l’islam, elle était aussi un crime contre les fondements de la civilisation française. Maurras décrivait ainsi la mise en œuvre de ce crime dans un remarquable texte de 1928 (paru dans l’Almanach de l’Action française et disponible sur maurras.net) : « Oui, nous payons des prêtres, et de véritables congrégations de prêtres et de docteurs, dans les écoles normales primaires, pour entretenir cette religion d’État contre l’État.  » La différence étant que les prêtres et les docteurs laïcs d’aujourd’hui ne véhiculent plus ce que le Martégal appelait joliment « ce stoïcisme germanique de Rousseau et de Kant », une morale abstraite, déracinée mais une morale tout de même ! On lui a substitué une moraline libérale-libertaire, sorte de hideuse tambouille dont les ingrédients sont des résidus de pensée soixante-huitarde mêlés au politiquement correct importé d’Amérique, le tout assaisonné d’une pincée de féminisme du genre...

    Embrigadement

    Maurras dans son texte de l’almanach soulève d’autres aspects de la question : l’obligation faite à tous les Français de financer cet embrigadement des esprits et l’inégalité entre les enfants du peuple, contraints d’ingurgiter la propagande laïciste, et les "fils de famille" qui peuvent y échapper en payant : « Du point de vue de la justice, il suffit pour con-damner cette école que, enseignant la doctrine de quelques-uns, elle soit payée par tous et obligatoire pour tous, en particulier pour ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre contre ses inventions, ses conjectures, ses frénésies et ses fanatismes. » En attendant le retour d’un État légitime qui aura pour finalité la perpétuation de notre civilisation française et non son éradication, il convient d’insister sur ce dernier point en militant, par exemple, pour l’amélioration de la situation des écoles hors contrat, voire pour l’instauration du chèque scolaire.

    Stéphane Blanchonnet - L’Action Française n°2862 - www.a-rebours.fr

    * Stéphane Blanchonnet, président du comité directeur de l’Action française, est spécialiste des questions de société.