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France et politique française - Page 3393

  • La cohabitation, le dernier espoir de François Hollande

    François Hollande est pragmatique, ce qui, en politique, est souvent synonyme d’opportunisme. Il est évident qu’il ne songe qu’à sa réélection et, à cette fin, il s’efforce d’éliminer un à un tous les obstacles qui s’y opposent, ce dont nous nous sommes fait régulièrement l’écho dans votre Bulletin.

    Pour ce qui est de l’inversion de la courbe du chômage – le seul critère public – il espère qu’elle sera effective d’ici à la fin de l’année puisque « ça va mieux » et, au besoin, il n’hésitera pas à triturer les chiffres ou changera de thermomètre. Pour ce qui de la politique proprement dite, un de ses premiers objectifs est d’empêcher une autre candidature à gauche qui pourrait lui interdire d’être présent au second tour. C’est le sens de l’ouverture du gouvernement à trois écologistes, pensant ainsi affaiblir les Verts et la candidature éventuelle de Cécile Duflot. Ne se faisait-il pas fort aussi de dissuader, in fine, Mélenchon, avec la complicité du parti communiste qui a besoin d’un PS, même moribond, pour conserver députés et sénateurs ? Pour ce qui des électeurs, il arrose des deniers de l’Etat sa clientèle électorale déçue : fonctionnaires en général, enseignants en particuliers, étudiants, etc.

    Or aucune de ces mesures ne fonctionne comme il l’aurait souhaité ! Pour ce qui est des écologistes, Nicolas Hulot ne dit plus non à une candidature personnelle pour laquelle il serait soutenu par tous, bien au-delà des Verts, une concurrence plus redoutable que celle de Cécile Duflot. Mélenchon, quant à lui, est décidé à aller jusqu’au bout car certains sondages lui permettent d’espérer passer devant Hollande. Ce n’est donc pas le moment de flancher !

    Quant à ses électeurs déçus depuis 2012, les sondages ne montrent aucun frémissement en faveur du chef de l’Etat, au contraire, d’autant que les mesures annoncées ne seront effectives que l’année prochaine ou, au mieux, à la rentrée ; rien ne se passe donc maintenant qui pourrait les faire changer d’avis sur l’action menée par celui pour lequel ils ont voté en 2012.

    C’est dans ce contexte, catastrophique pour l’Elysée, qu’est intervenue la tentative de dépôt d’une motion de censure par les députés socialistes, dits « frondeurs ». Ils ont failli réussir. Ils ont rameuté écologistes opposants à Hollande, communistes, indépendants de gauche et même un centriste de la tendance Bayrou, Jean Lassalle. On notera, pour la petite histoire, qu’ils ont accepté que leur motion soit signée par Thomas Thévenoud qui est ce député – et éphémère ministre – dont ils demandaient la démission après la révélation qu’il ne payait pas ses impôts depuis plusieurs années. Là, ils n’ont pas été regardants…

    Mais malgré ce ratissage dans les travées de l’hémicycle, ils ne purent réuni que 56 signataires alors qu’il en faut 58 (10% des députés) pour que la motion soit recevable. Ils n’ont toutefois pas dit leur dernier mot ; ils promettent de récidiver et comptent réussir lors du vote en seconde lecture si Valls engage encore la responsabilité du gouvernement et prive la représentation nationale de débat grâce à (ou à cause de) l’article 49-3.

    Alors que Hollande, dans l’opposition face à Villepin, fulminait contre cette pratique au moment du CPE en 2006. Pour lui, à l’époque, « le 49-3 était une brutalité, était un déni de démocratie, une manière de freiner ou d’empêcher le débat parlementaire. » Il souhaitait même la suppression de cet article. C’est ici que se manifeste le pragmatisme de Hollande. Sa stratégie initiale pour 2017 a échoué ? Qu’à cela ne tienne, il songe à s’appuyer sur la dissidence des « frondeurs » et de leurs alliés au Palais Bourbon pour lui en dubstituer une autre, peut-être plus efficace pour le dessein qu’il pousuit.

    Alors que, Valls furieux de ce que ses « camarades » aient voulu faire tomber son gouvernement, menace les frondeurs de ne point reconduire leurs investitures pour les prochaines élections, l’Elysée reste serein car il « joue l’apaisement » si l’on en croit les gazettes. Que se passerait-il si finalement la censure des frondeurs était adoptée en seconde lecture ? La chute du gouvernement Valls, la dissolution de l’Assemblée nationale et de nouvelles élections législatives. A n’en pas douter, ce serait un raz-de-marée de députés de la droite libérale et du FN. Nous entrerions alors en cohabitation. Or, Hollande sait que sur ses quatre derniers prédécesseurs qui sollicitèrent un second mandat deux furent battus, Giscard et Sarkozy et deux furent réélus, Mitterrand et Chirac.

    Ces deux derniers n’ont pu l’être qu’à la faveur d’une cohabitation alors qu’ils étaient très impopulaires peu avant. L’impopularité s’est reportée sur leur premier ministre en charge des affaires au quotidien, Chirac pour Mitterrand, Jospin pour Chirac. Cela donne des idées à Hollande ! Si les frondeurs ne renversent pas le gouvernement, pourquoi le chef de l’Etat ne prendrait-il pas l’initiative de la dissolution ?

    Les frondeurs lui en offrent le prétexte : du fait de l’éclatement de sa majorité, le gouvernement ne peut plus réformer, il faut donc en appeler au peuple ! Certes, le délai est court entre des législatives anticipées et la date de l’élection présidentielle. Mais c’est plutôt un atout pour Hollande. Si le premier ministre probablement issu des rangs des Républicains met en oeuvre, par ordonnances, dans les cent premiers jours son programme : diminution du nombre des fonctionnaires, dégressivité des indemnités chômage, fin des 35 heures et abrogation de l’impôt sur la fortune, cela risque de mal se passer dans la rue.

    Hollande à l’Elysée dirait que lui, s’il était réélu, n’irait pas jusqu’à ce niveau de mesures « antisociales ». Est-ce dans cette perspective que le gouvernement a voulu faire voter cet amendement passé inaperçu en février dernier : « La loi portant prorogation de l’état d’urgence est caduque à l’issue d’un délai de quinze jours francs suivant la date de la démission du gouvernement ou de la dissolution de l’Assemblée nationale »

    Bulletin d’André Noël
    N°2471 16-22 mai 2016Correspondance Polémia – 18/05/2018

    http://www.polemia.com/la-cohabitation-le-dernier-espoir-de-francois-hollande/

  • Béatrice Bourges : « Béziers est la ville de France qui symbolise la Résistance »

    Béatrice Bourges, cofondatrice de la Manif pour tous et porte-parole du Printemps français, participera les 27, 28 et 29 mai prochain au Rendez-vous de Béziers et notamment à la table-ronde « École : passer au Kärcher l’école de Mai 68, on commence par quoi ? ». S’autoproclamant « altersystème », elle insiste sur la nécessité de bâtir notre civilisation sur des valeurs fortes et réelles.

    http://fr.novopress.info/

     

  • Discours de Valérie d'Aubigny à la manifestation contre la loi Taubira : la logique socialiste est partout y compris à droite

    Discours de Valérie d'Aubigny, conseillère municipale Versailles Famille Avenir, à la manifestation organisée par le SIEL contre la loi pour le mariage pour tous, à Paris le 17 mai 2016.

    Les autres discours sont en ligne ici.

    Michel Janva

  • La frontière doctrinale entre la droite et la gauche passe sur les questions identitaires et sociétales

    Monde & Vie consacre son dernier numéro à la question « Ni droite, ni gauche, vraiment ? ». Guillaume Bernard, maître de conférences à l’Ices, déclare :

    6a00d83451619c69e201bb0902e385970d-250wi.jpg"Dire que le clivage droite-gauche n’existerait plus, c’est feindre de croire qu’il ne peut être fondé que sur une référence économique, comme au XXe siècle. Or, puisque l’essentiel de la gauche s’est ralliée au marché, le clivage s’est évidemment émoussé. Mais il persiste sur un autre critère dont le souverainisme est une illustration : l’alternative philosophique entre les sociabilités naturelle et artificielle. Elle concerne aussi bien la nation que la famille.

    Désormais, la frontière doctrinale entre la droite et la gauche passe sur les questions identitaires et sociétales entre les classiques et les modernes. Focaliser le débat sur l’opposition (très réelle) entre souverainisme et mondialisme, c’est de la stratégie politique : on essaie de rassembler à son profit le camp disparate du « non » au référendum de 2005. Mais c’est aussi prendre le risque de l’incohérence du discours quand sont développées, de concert, des positions plutôt classiques en matière d’ordre public (immigration) et modernes, en l’occurrence libérales, en matière d’ordre social (moeurs, bioéthique).

    Que signifie, selon vous, l’impératif « ni droite-ni gauche » ?

    Si le slogan « ni droite-ni gauche » s’applique au spectre électoral, il est assez facile d’en comprendre le sens : le rejet des partis politiques traditionnels qui ont dirigé (alternativement ou en cohabitation) le pays depuis plusieurs décennies tout en cherchant à mettre hors jeu le FN. Il faut cependant avoir à l’esprit la schizophrénie des électeurs : ils font de moins en moins confiance (depuis le milieu des années 1980) à la droite et la gauche pour gouverner, mais ils sont toujours une écrasante majorité à accepter de se classer selon ce clivage. Un tel slogan peut donc convenir à une partie des électeurs (ceux qui hésitent entre l’abstention et le vote) mais pas à tous.

    En revanche, si cette expression est appliquée à la doctrine ou au programme, elle est plus qu’ambiguë. Comment un parti peut-il renoncer à incarner et à occuper un espace politique précis ? Comment peut-il se définir non par lui-même (la “vraie” droite par exemple) mais par rapport aux autres et de manière purement négative ? La formule pourrait être très contre-productive si le FN, au nom du « ni droite ni gauche » laissait inoccupé l’espace politique faisant le pont entre lui et LR.

    Si le slogan « ni droite-ni gauche » s’applique au spectre électoral, il est assez facile d’en comprendre le sens : le rejet des partis politiques traditionnels qui ont dirigé (alternativement ou en cohabitation) le pays depuis plusieurs décennies tout en cherchant à mettre hors jeu le FN. Il faut cependant avoir à l’esprit la schizophrénie des électeurs : ils font de moins en moins confiance (depuis le milieu des années 1980) à la droite et la gauche pour gouverner, mais ils sont toujours une écrasante majorité à accepter de se classer selon ce clivage. Un tel slogan peut donc convenir à une partie des électeurs (ceux qui hésitent entre l’abstention et le vote) mais pas à tous."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/05/la-fronti%C3%A8re-doctrinale-entre-la-droite-et-la-gauche-passe-sur-les-questions-identitaires-et-soci%C3%A9ta.html

  • Un grand « frisson » libérateur

    Vernet a publié un article sur le site de MM. Colombani et Attali, Slate.fr,  consacré au succès rencontré par le candidat de la droite  nationale  autrichienne, Norbert Hofer du FPÖ,  lors du premier  tour de la  présidentielle le 24 avril. Avec 35% des suffrages il fait la course en tête,    loin  devant le candidat des Verts, Alexander Van der Bellen (21%).  « Les grands partis traditionnels, social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP) qui se partagent le pouvoir depuis 1945, se sont effondrés. » A l’approche du second tour, le 22 mai, M. Vernet pointe l’impuissance des partis établis a endiguer la progression du populisme  national en Autriche. « La crise des réfugiés a donné un élan inattendu au FPÖ. L’Autriche a accueilli 90.000 réfugiés en 2015, pour une population d’un peu plus de 8 millions » indique t-il . « Mais elle en a vu passer plusieurs centaines de milliers en route vers l’Allemagne, en raison de la culture de l’accueil prônée par Angela Merkel. Dans un premier temps, le chancelier autrichien, Werner Faymann (SPÖ), qui a démissionné le 9 mai 2016, a adopté la même politique que sa collègue allemande. Puis il a opéré un virage à 180 degrés » (« quotas de  réfugiés », « fermeture des frontières », « réunion des États d’Europe centrale et des Balkans sans en référer à Bruxelles »), calquant son attitude sur celle du Hongrois Viktor Orban. » Ce raidissement, sous la pression du peuple autrichien dont le FPÖ  est  le porte-parole et le haut-parleur,  loin de marginaliser les nationaux  autrichiens,  n’a fait que légitimer  leur discours constate-t-il encore, selon l’adage bien connu qui veut  que l’original soit préféré à la pâle copie.

    Ce « succès incontestable pour le FPÖ » (…) fait passer un frisson d’angoisse dans l’Union européenne » ( comprendre au sein de l’oligarchie et de la technostructure bruxelloise, ce qui n’est pas la même chose !, NDLR), « où les partis populistes de droite ont le vent en poupe » souligne Daniel Vernet. Il voit se profiler l’obligation pour les partis du Système de transiger, de composer encore plus avant avec  ce qui est désormais, de manière incontestable, la première force politique autrichienne, laquelle bénéficie qui plus est d’un très large soutien de la jeunesse.

    Bref si « l‘Autriche a connu son 21-Avril » (lors du premier tour de la présidentielle), « tout laisse à penser que la mobilisation générale contre l’extrême droite qui avait permis à Jacques Chirac, quinze jours plus tard, le 5 mai, d’écraser Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 ne se reproduira pas à Vienne (…). Tout se passe comme si, avec ses 35% de voix, le FPÖ représentait la pensée dominante d’une majorité silencieuse qui, quand elle s’exprime, soutient les thèses populistes. Les sociaux-démocrates, en toute hypothèse, pourraient ainsi être amenés à codiriger le pays avec les nationaux (qui devraient  de nouveau triompher aux législatives), comme c’est déjà  le cas  dans « la région du Burgenland actuellement dirigée par une coalition entre le SPÖ et le FPÖ. En 2000, une telle alliance avait déclenché les foudres de l’Union européenne, qui avait décidé un boycottage de l’Autriche. » Mais ça c’était avant… Une attitude d’ostracisme antidémocratique, notions-nous il y a un mois sur ce blogue,  que les pontes bruxellois, acculés par la réveil des  peuples de notre continent, n’oseraient plus affirmer aussi franchement, car ils n’en ont plus les moyens…

    Sur le site Polemia, en octobre dernier, à l’occasion des élections municipales à Vienne, marquées par une forte poussée populiste,  Vincent lefebvre s’appliquait à tirer des enseignements pour notre pays de cette assomption de la droite nationale. Le bouleversement de la carte politique, du rapport des forces y sont comparables sous certains aspects à ce que l’on voit en Autriche. Le FN est lui aussi, de fait, le premier parti en nombre de voix face aux coalitions, diverses et variées, pour freiner sa marche vers le pouvoir .

    Certes, écrivait avec raison M. Lefebvre, « deux différences majeures semblent opposer France et Autriche en matière politique, qui n’ont qu’une même origine : le mode de scrutin en Autriche (exception faite de la présidentielle, NDLR)  est toujours à un tour, et laisse une place majeure à la proportionnelle, tout à l’inverse de la France. La conséquence est double (et là résident les deux différences) : il n’y a traditionnellement pas de bipolarisme politique, et les coalitions gouvernementales sont la règle. On a souvent pris le contre-exemple de l’Autriche pour expliquer qu’en France aucune place n’existait pour le Front National, troisième voie impossible, en raison du mode de scrutin majoritaire à deux tours. La deuxième différence (les coalitions) n’empêche pas non plus une convergence austro-française : dans les deux pays, la collusion entre les partis traditionnels de la droite et de la gauche est un sentiment populaire répandu. »

    « On remarque, par ailleurs, empiriquement que le mode de scrutin n’influe que peu sur le vote. Ou plutôt l’obstacle que représente un mode de scrutin est davantage un frein pour de bons scores mais, une fois le frein usé, les résultats des patriotes sont en roue libre et peuvent grimper, grimper, jusqu’à évincer la droite classique (…). De même en France, le scrutin majoritaire pourrait bien se retourner finalement contre la droite classique, une fois que le Front National aura atteint un seuil de non-retour, et que Les Républicains auront fini de montrer au grand jour leurs contradictions internes.« 

    La  campagne présidentielle française, précédée de primaires « à droite »  qui s’annoncent sanglantes, ne manquera pas de révéler au grand jour lesdites contradictions, dans tous les domaines. M Vernet, cité plus haut, notait il y a quelques mois déjà, les  failles existant au sein des Républicains dans le domaine de la politique étrangère, entre les atlantistes fanatiques d’un côté et, de l’autre, les partisans d’un rapprochement avec la Russie, à l’aune du conflit syrien notamment. « Lors du voyage de novembre 2015 à Damas, Nicolas Sarkozy avait qualifié Thierry Mariani et sa suite de gugusses.  Une fraction des élus et personnalités de LR  « s’opposent à toute une école de diplomates et de chercheurs qui avaient placé leurs espoirs dans les printemps arabes et avaient vu dans les manifestations des opposants en Syrie la promesse de la chute prochaine de la dictature baasiste. Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, puis François Hollande et Laurent Fabius à partir de 2012, ont tous misé sur le départ du pouvoir de Bachar el-Assad (…). Les critiques de cette politique (…) regrettent (aussi) les sanctions imposées à la Russie après l’annexion de la Crimée et la guerre en Ukraine. Soutenus à droite par François Fillon, ils voient en Vladimir Poutine un allié contre le terrorisme et contre l’État islamique. »

    Au-delà des déterminantes  problématiques  géopolitiques (qui pèsent peu en France, on peut le regretter, sur les choix des électeurs), mais aussi sociales, économiques, européennes, autrement plus prégnantes dans le débat, la question identitaire, migratoire, sera centrale en 2017 affirme Bruno Gollnisch. Elle est aussi une ligne de fracture, au sein de la droite libérale. Nicolas Sarkozy s’escrime pour sa part, face à Alain Juppé, à convaincre les Français, comme en 2007 et lors de sa campagne de 2012, que cette fois, enfin, il a compris, il prendra en compte leurs aspirations dans ce domaine. Qui peut encore le croire ?

    Peut être pas le collectif «NouS les jeunes», sachant que l’attachement à l’identité française est aussi affaire de symbole. Les médias rapportent ainsi que « la branche jeunesse des partisans de Nicolas Sarkozy » qui  organise son lancement le 28 mai à Paris, a envoyé un SMS aux adhérents de LR pour participer à ce raout les invitant à « s’enjailler ». Les ploucs et autres provinciaux que nous sommes se sont donc saisis du nouveau  Petit Robert pour y apprendre que ce terme est tiré de de l‘argot ivoirien, et qu’il signifie « faire la fête », « séduire…  » Quelle bravitude dans la branchitude chez Nicolas, candidat de la France d’après

    http://gollnisch.com/2016/05/20/grand-frisson-liberateur/

  • Pour gouverner vraiment, un président doit se libérer des contre-pouvoirs

    Suite à la parution de son ouvrage, Le Temps du phénix, récit d’anticipation 2017-2022, aux Editions Cité Liberté (328 pages, 20 €), Bruno Mégret a accepté de donner un entretien au Salon Beige.

    1) Dans votre chapitre "Le prix de l'excellence" vous développez une réforme de l'enseignement sous 2 aspects : la refonte complète des programmes du primaire au lycée, réforme que l'on peut qualifier d'autoritaire voire d'étatique, puis une plus grande autonomie des universités de façon à y favoriser la sélection à l'entrée. Ne croyez-vous pas que, comme pour l'université, l'Etat devrait favoriser la liberté scolaire : liberté des parents de choisir l'école de leurs enfants, liberté des chefs d'établissement dans le recrutement de leurs enseignants ainsi que dans le choix des programmes ?

    Dans le domaine de l’enseignement, le président de la République que je mets en scène dans mon livre Le Temps du phénix, veut aller au plus urgent et à l’essentiel. Il reporte donc à plus tard les réformes de structure et s’attaque au contenu de l’enseignement. C’est la refonte des programmes : savoir lire, écrire, compter, en revenir à une approchechronologique de l’histoire de France et de l’Europe et, en géographie, à une connaissance hiérarchisée, de notre pays d’abord, de notre continent et du monde ensuite. C’est aussi expurger les livres scolaires de tout endoctrinement politiquement correct, c’est établir des classes de niveau, permettre à chaque élève d’aller au maximum de ses potentialités. Bref, c’est rétablir l’excellence et faire vivre à nouveau l’esprit français.

    6a00d83451619c69e201bb0901e30a970d-800wi.jpgDe façon plus générale, il faut bien comprendre que mon ouvrage n'est pas un essai politique d’analyse et de propositions comme il y en a beaucoup. C’est un livre d’espoir qui cherche à montrer que, malgré le poids du système et de l’idéologie politiquement correcte, il serait possible de redresser la France de façon spectaculaire et rapide. Pour ce faire, j'ai voulu mettre en scène un président se réclamant de la droite de conviction qui serait élu en 2017 et faire le récit de son quinquennat. Dès lors, il ne s’agit pas de décrire ce qui serait l'idéal mais de montrer comment on peut rendre possible ce qui est indispensable. Car ce récit montre toutes les oppositions qu’un tel président ne manquerait pas de rencontrer et explique comment il les surmonte les unes après les autres pour mener une grande politique de rupture. Mais, pour y parvenir dans la situation dramatique que connait la France, il ne peut pas tout faire tout de suite et se consacre à quelques grandes priorités. Il se préoccupe d’abord de rétablir la liberté d’expression, de stopper l'immigration et d’engager la réémigration. Il s’attache aussi à réduire massivement les charges et la réglementation étatique et à diminuer la fiscalité sur les entreprises pour engager un processus de réindustrialisation.  Il mène aussi une action diplomatique de grande envergure pour transformer radicalement l’Union européenne et en faire une entité qui serve les nations et apporte à leur commune civilisation un outil pour défendre leur identité et leur indépendance. Parmi ses priorités figurent également la promotion des familles et le rétablissement de la sécurité publique. Et, bien sûr, comme je l’ai dit, l’enseignement.

    2) Bruno Le Maire, candidat à la primaire LR, aurait-il lu votre livre ? Il reprend une de vos idées en déclarant récemment : « Je ne négocierai pas avec les syndicats. Ma méthode est très différente, je passerai par ordonnance dès l'été 2017, et je préfère annoncer la couleur tout de suite. Je suis prêt à discuter, je suis prêt à dialoguer, je ne suis pas prêt à négocier ». Lorsque l’on voit qu’un gouvernement de gauche est tétanisé face aux extrémistes de Nuit Debout, votre méthode semble irréaliste pour un président issu des Républicains et encore moins de la Droite nationale. Pensez-vous vraiment que cette solution séduisante puisse être mise en œuvre ?

    Je ne sais pas si Bruno Le Maire a lu mon livre mais, si c'est le cas, il l’a mal lu. Car avant d'engager des réformes par ordonnance le président héros du Temps du phénix se libère d’abord des contre-pouvoirs qui empêchent aujourd'hui un président de la République d’agir vraiment. Pour cela il fait adopter, par un référendum organisé le jour même des élections législatives, une réforme de la Constitution qui porte sur deux points essentiels. D'abord, il instaure un droit de recours du président de la République sur les décisions du Conseil constitutionnel pour éviter que ce dernier, qui s'est érigé au fil des années en un véritable tribunal idéologique, ne censure toutes les lois qu'il ferait voter. La réforme prévoit que le président soumette la décision incriminée à un  référendum ou à un vote ultime de l'Assemblée nationale de façon à donner dans tous les cas le dernier mot au peuple ou à ses représentants. Ensuite, il fait modifier l'article 55 de la Constitution pour rétablir la supériorité du droit français sur le droit européen, faute de quoi toutes les initiatives contraires aux décisions de Bruxelles seraient automatiquement invalidées. De plus, le nouveau chef de l'État fait adopter des mesures très importantes pour reprendre la main face au pouvoir judiciaire et surtout face au pouvoir médiatique lesquels ont aujourd’hui pris le pas sur les politiques. Et ce n'est qu'après ces préalables indispensables, au demeurant rapidement mis en œuvre, que le président peut commencer à réformer en usant, il est vrai, de la procédure des ordonnances. Quant aux manifestations de rue dont vous semblez estimer qu'elles rendent impossible toute réforme, elles ne sont efficaces qu’à l’encontre d’un pouvoir faible. Les gouvernements du système ont toujours considéré que, plus la réforme est modeste et plus les négociations sont poussées, moins l’opposition sera forte. C’est une erreur car l’hostilité des syndicats et de l’extrême gauche est toujours maximale, comme on l’a constaté avec la loi El Khomri. Dès lors, le gouvernement ne peut que reculer, soit en abandonnant son projet soit en le dénaturant complètement, car l’épreuve de force n’est pas pour lui une option compte tenu de la faiblesse de l’enjeu. Si le pouvoir lance en revanche des réformes de grande envergure susceptibles de résoudre au fond des problèmes majeurs, la donne change complètement car l'épreuve de force peut être envisagée sans difficulté. On peut en effet accepter des grèves et un désordre importants pour imposer une réforme qui en vaut la peine.

    A suivre

    Michel Janva

  • Le FN doit s’affirmer clairement de droite et proposer des alliances à la base avec la droite

    Suite de notre entretien avec Bruno Mégret, concernant son ouvrage, Le Temps du phénix, récit d’anticipation 2017-2022, aux Editions Cité Liberté (328 pages, 20 €). Le début est à lire ici.

    3) On constate que le FN de Marine Le Pen s’éloigne de plus en plus de la défense des principes fondamentaux, tandis que Jean-Frédéric Poisson le fait plus nettement mais avec le succès que l’on sait au sein des Républicains. Pourtant ces sujets sont primordiaux comme l’a montrée la forte mobilisation autour de la Manif pour Tous. Frédéric Pichon disait récemment qu’il était pourtant « possible de conjuguer la France des oubliés et la France de la Manif pour tous ». Qu’en pensez-vous et comment vous y prendriez-vous pour consolider durablement cette double nécessité programmatique à l’image de ce que faisaient le FN et le MPF des années 90 ?

    J'ai toujours pensé que pour assurer le renouveau de notre pays, il fallait un rassemblement des droites et un programme de synthèse. Je ne pense pas qu'il y ait d'antagonisme idéologique entre la France des oubliés et celle de la Manif pour tous. Il faut donc, comme je crois l'avoir fait tout au long de mon engagement politique, défendre un projet prenant en compte tous les impératifs du redressement national, qu’ils concernent la promotion de nos valeurs européennes et chrétiennes, la défense de notre identité, le retour à une économie prospère et juste, ou l’indépendance et la puissance de la nation. Par ailleurs, je ne pense pas qu'il faille s'adresser à une catégorie sociale particulière. Nous n'avons pas à choisir entre les Français oubliés, les classes moyennes, les actifs ou les retraités, nous devons nous adresser au peuple français dans toutes ses composantes et prendre en compte tous les impératifs nécessaires à la survie de la communauté qu’ils constituent.

    4) Certains de vos compagnons de route affirment que vous avez failli rejoindre Philippe de Villiers en 2007 avant de finalement soutenir Jean-Marie Le Pen au sein de l'Union des Patriotes, qui a connu le succès que l’on sait… 

    Pouvez-vous nous donner des précisions sur ces rendez-vous manqués et proposer des clés pour qu’une véritable union des Droites voie le jour ? Plus précisément, comment le FN doit agir pour rallier des élus de droite à sa cause et ne pas se comporter comme le Combasson de votre ouvrage ?

    En 2007, ma candidature à l’élection présidentielle n’aurait été d’aucune utilité. La question se posait donc de savoir quel candidat j’allais soutenir avec le MNR que je présidais. A cette époque, j’ai en effet été contacté par Philippe de Villiers et nous avons eu des échanges très fructueux. Villiers est une personnalité que j'estime et avec laquelle je partage l'essentiel de mes convictions. Mais il se trouve que Jean-Marie Le Pen avait préalablement lancé l'idée d'une Union des patriotes à laquelle j'avais déjà répondu positivement. Et c’est donc sa candidature que j’ai finalement soutenue. Ni l'une ni l'autre n’ont eu le succès qu'elles méritaient, mais cet épisode posait déjà clairement le problème de la nécessaire union des droites. Pour ma part, j'ai toujours pensé que le renouveau de notre pays ne pourrait venir qu’après la formation d’un grand rassemblement comme celui que constitue le président dans mon livre le Temps du phénix. S’agissant du Front national qui, de par sa situation dominante, devrait prendre l’initiative d’un tel rassemblement, deux conditions sont à réunir. La première est celle de la dédiabolisation par l’arrêt des dérapages et des provocations verbales. C'est ce qui a été fait et je m'en réjouis. La deuxième condition est en revanche loin d’être réalisée car elle consiste pour le FN à s’affirmer clairement de droite et à proposer des alliances à la base avec la droite. C'est ce que nous avions réalisé à mon initiative en 1992 lorsque le Front national avait fait élire des présidents de droite dans les conseils régionaux pour barrer la route à la gauche. Ces rapprochements avaient déstabilisé le système et commencé à créer un sentiment de reconnaissance des électeurs de droite à l’égard du FN. Il est regrettable que Marine Le Pen mène aujourd’hui une stratégie totalement inverse.

    5)  A quels hommes ou femmes politiques avez-vous envoyé votre livre ? Avez-vous eu des retours, des contacts ou des propositions de collaboration ?

    J’ai envoyé mon livre à tous ceux qui comptent pour constituer ce rassemblement dont nous venons de parler. Je l’ai adressé aussi à de nombreux cadres du Front national et à tous les candidats de la primaire à droite. J’ai reçu quelques réponses et eu certains contacts. Mais, par égard pour mes correspondants qui restent attachés à la discrétion, vous me permettrez de ne pas en dire davantage.

    6) Au cours des entretiens que vous donnez, vous laissez planer le doute sur votre retour en politique. Vous avez même déclaré à La Provence le 12 avril « Si un jour je reprends des responsabilités, ce ne sera pas au niveau local ». On aimerait en savoir plus. Quelles sont donc vos intentions pour être utile au Bien commun sachant que Marine Le Pen ne vous porte pas dans son cœur ? Envisagez-vous un rôle intellectuel en rejoignant le trio de la droite hors les murs Villiers/Buisson/Zemmour ou plutôt un nouvel engagement électoral ? 

    Je ne me suis pas engagé en politique pour faire carrière. Si tel avait été le cas, je serais resté tranquillement au RPR dans les années 80. Aussi en 2008, lorsque, les circonstances ont créé une situation dans laquelle je ne pouvais plus être utile, j’ai décidé de me retirer de la vie politique. Pour autant, comme le prouve la parution de mon ouvrage le Temps du phénix, je reste moralement et psychologiquement engagé au service de mon pays et je suis révolté de le voir en aussi grande difficulté. Mais je pense que la situation politique va évoluer et déboucher tôt ou tard sur une crise majeure où tout se cristallisera pour le pire ou le meilleur. Ce jour-là, si je puis faire quelque chose, je serai présent.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html