France et politique française - Page 3598
-
JT du Vendredi 15 Janvier 2016
-
Billet hebdomadaire de l’Action française Provence - Point de vue sur l’actualité : Les boues rouges et le mythe du Progrès
La Provence possède par ses calanques un paysage et une faune extraordinaire transmis de génération en génération. Il est regrettable que dans cette transmission, ait été inclus depuis 120 ans, l’habitude de rejeter l’aluminium dans la mer Méditerranée. En effet, en 1893 fut installée à Gardanne une usine d’aluminium spécialisée dans la fabrication d’alumines spéciales. Celles-ci ont la particularité de produire des déchets toxiques de couleur rouge. Aujourd’hui, l’usine appartient à Alteo, premier producteur d’alumines et ces pratiques écologiquement désastreuses persistent. Pourtant, dès 1963 le biologiste Alain Bompard dénonçait déjà le processus dévastateur.
Malgré cette mise en garde, rien n’a été fait pour enrayer la catastrophe. Il aura fallu attendre la fin de l’année dernière pour apercevoir un vague changement de discours. Alteo a en effet déclaré qu’il cesserait de rejeter de la boue rouge dans la mer à partir du 31 décembre 2015 - il bénéficie de l’autorisation de rejeter pendant six ans ses déchets dans l’eau-. Il s’agit donc de savoir pourquoi Alteo bénéficie d’une telle indulgence depuis le début du scandale des boues rouges ? Pourquoi Manuel Valls et Ségolène Royal ont appuyé la reconduction d’autorisation d’Alteo comme le révèle le Canard enchainé ? Tout simplement parce qu’Alteo a pratiqué ce qu’on appelle le chantage à l’emploi. L’entreprise fournit en effet dans la région, de l’emploi direct à 400 personnes et indirectement contribue à celui d’un millier de personnes. Dans une région en crise, Alteo a alors beau jeu de déclarer que tout encadrement de son activité l’obligerait à licencier ou à fermer. Obsédés par l’idée de croissance et guère sensibles à la question du rapport entre la personne et son environnement, nos hommes politiques ont cédé à ce chantage. L’économie et la sainte croissance valaient bien de tuer un environnement millénaire et nuire à la santé des personnes. Il y a là, la marque d’un double problème de nos dirigeants : premièrement, ceux-ci, depuis la Révolution, considèrent que leurs actions visent uniquement au bien-être économique traduit par la courbe de croissance. [.....]
La suite sur La page Facebook de l’Action française Provence
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Billet-hebdomadaire-de-l-Action
-
Trois porte-parole de la liste PS aux régionales en Paca lancent "Debout la gauche"
Les trois porte-parole de la liste PS en Paca, dont le retrait avait été annoncé au soir du premier tour des élections régionales de décembre pour faire battre le FN, ont lancé vendredi à la Seyne-sur-Mer (Var) le mouvement "Debout la gauche".
"Debout la gauche n'a pas vocation à être un parti mais répond à un appel de nos concitoyens" lors des régionales, a déclaré à l'AFP Ladislas Polski (MRC) l'un des trois porte-parole de la tête de liste PS-PRG-MRC conduite par le socialiste Christophe Castaner aux régionales.
"Nous partageons l'analyse de devoir envoyer en urgence un message de combativité et d'espoir sur la meilleure façon de combattre le FN", a-t-il précisé.
"La gauche a, plus qu'ailleurs, quelque chose à faire dans cette région" où le FN, avec 40,55 % des voix, est arrivé en tête du 1er tour des régionales de décembre, selon M. Polski.
Alors que la gauche, du fait du retrait de la liste, n'a plus de représentant au sein du conseil régional, Cécile Muschotti (PS), Christophe Pierrel (PS) et Ladislas Polski (MRC) avaient appelé à la mi décembre à une "opposition constructive et combative".
Avec le mouvement lancé vendredi et une première réunion à la Seyne-sur-Mer, "nous voulons pouvoir parler et donner la parole à nos concitoyens éloignés des partis politiques".Le Parisien :: lien
-
Marche Sainte Geneviève - Paris Fierté 2016
-
Nicolas Bay sur LCI
-
Christiane Taubira mise sur la touche
Manuel Valls et François Hollande espèrent-ils ainsi ne pas perdre la face ?
Elle aurait mérité au moins un carton rouge : elle n’écope que d’une mise sur la touche. Certes, on a le droit de penser que la déchéance de nationalité est purement symbolique, de nulle efficacité, ou qu’elle pose des problèmes juridiques. Mais quand le président de la République a solennellement annoncé cette mesure au Congrès, quand le Conseil des ministres l’a approuvée, ce serait la moindre des choses que le garde des Sceaux ne marquât pas publiquement son désaccord.
Notons, au passage, que les parlementaires qui contestent aujourd’hui ce projet se sont levés comme un seul homme pour applaudir François Hollande après son discours au Congrès : sans doute ont-ils besoin d’une longue période de maturation intellectuelle pour se poser des questions…
Christiane Taubira, cette « icône de la gauche », comme se plaisent à la nommer les médias, est un électron libre, farouchement indépendante – dans les limites de son idéologie : peut-être un héritage de l’époque où elle militait dans les sphères indépendantiste guyanaises. Pour accentuer son originalité, elle s’est fait une spécialité de citer des vers à l’Assemblée nationale, au grand ravissement des spectateurs. Profitant de ce statut privilégié, elle use et abuse de la provocation, voire du chantage : et Hollande le rassembleur, Valls l’autoritaire… de s’écraser. Alors que le porte-parole du gouvernement avait déclaré qu’aucune décision ne serait annoncée sur la déchéance de nationalité avant le Conseil des ministres, le ministre de la justice a transgressé cette consigne, assurant à une radio algérienne que cette disposition ne serait pas retenue. Elle a réitéré son opposition après que le Premier ministre eut indiqué qu’il défendrait le texte avec le garde des Sceaux. Toujours pas de réaction de Valls ni de Hollande. -
Les mots pour le dire
France 2 diffusait hier soir, via l’émission Envoyé spécial, un énième documentaire (à charge) sur le FN. Il y était expliqué, rien de nouveau sous le soleil, qu’au Front National si la forme a changé, le fond est resté le même sous la présidence de Marine Le Pen. La démonstration se veut limpide : les idées défendues par Jean-Marie Le Pen à la tête du FN étant d’extrême droite, et Marine assumant les fondamentaux du programme frontiste, notamment dans ses discours, son projet présidentiel de 2012, elle reste donc en marge de la république. Commentant ce reportage sur le site de L’Obs, Renaud Dély approuve : « Sémantique, et donc cosmétique : tel est le véritable changement impulsé par Marine Le Pen depuis (…) janvier 2011. (…). La fille prend garde de ne pas recourir au même champ lexical que son père (…). Sauf qu’à y regarder de plus près, l’enquête démontre aisément que les obsessions restent les mêmes : le rejet de l’étranger et la haine de l’immigré qui gangrènerait la nation, thème immuable depuis la création du parti (…). Marine Le Pen a baptisé sa stratégie dédiabolisation. Le film montre qu’il s’agit bel et bien d’une simple mystification ». Et c’est un spécialiste qui nous le dit…
A dire vrai, si l’on voulait rester dans le domaine de la sémantique et de la dissimulation cosmétique, c’est bien la Caste politico-médiatique au pouvoir qui est passé maître dans l’art de la démonisation haineuse de l’adversaire et de toute pensée dissidente en général. Et ce par l’emploi d’une novlangue, « la langue de l’oligarchie » parfaitement décrite sur le site Polemia,notamment au travers du maniement de «Mots sidérants» part les grands prêtres du sérail.
«Ce sont des mots terroristes qui sont destinés à empêcher toute réflexion et tout débat critique, en imposant une association d’idée conditionnée. Ils fonctionnent soit sur le mode répulsif, soit sur le mode positif. »
«Sur le mode répulsif, il s’agit de diaboliser les idées contraires à la doxa dominante et ceux qui les expriment». «Les mots répulsifs » les plus usités (sont) extrême droite, racisme, populisme, fascisme, réac, antisémitisme…L’idée sous-jacente consiste à assimiler les opinions contraires à des délits, afin d’ouvrir la voie à la censure et à la répression judiciaire. »
De la même manière pour la propagande du Système, «un démocrate devient un populiste (il ne faut pas demander l’avis du peuple), un patriote devient un xénophobe ou un raciste, celui qui refuse l’islamisation devient un islamophobe ; la défense de la famille devient de l’homophobie ; la critique de la politique israélienne devient de l’antisémitisme ».
Antisémitisme à connotation islamique qui s’est manifesté pour le coup de manière bien réelle àMarseille dimanche avec l’agression à la machette d’un enseignant juif, porteur d’une kippa, par un jeune kurde de nationalité turque disant avoir agi au nom de l’Etat islamique.
Cette agression facilitée certainement par la visibilité de l’appartenance religieuse de l’agressé, a relancé le débat sur la visibilité des emblèmes religieux dans l’espace public.
Michel Serfaty, rabbin à Ris-Orangis, a rappelé sur le site de L’Obs qu’«à l’origine, la kippa n’a pas de signification religieuse » mais qu’ «aujourd’hui (elle) est devenue un signe religieux obligatoire. Lorsqu’un juif entre dans un lieu de culte ou quand il prie, il doit porter un couvre-chef, quel qu’il soit. Difficile de demander aux pratiquants de s’en défaire. Aujourd’hui, le port de la kippa en toutes circonstances s’est généralisé, mais il est important de rappeler qu’un juif qui se promène tête nue ne commet pas d’infraction religieuse. »
«C’est pourquoi, au-delà des débats idéologiques et politiques autour de la kippa, il semble important de penser ce couvre-chef d’un point de vue pratique : un adulte peut-il prendre le risque de se promener en portant une kippa ? Tout à fait, car c’est lui qui en assumera la responsabilité. Les parents doivent-ils faire courir le risque d’une agression à leurs enfants, en les obligeant à porter une kippa dans la rue ? Je ne crois pas. Je suis attaché au principe fondamental de liberté religieuse, mais pas à n’importe quel prix ».
Pour autant, Haïm Korsia, le grand rabbin de France, ainsi que Roger Cukierman, le président duConseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ont demandé à leurs coreligionnaires ne pas céder à ceux qui demandent de ranger les kippas en attendant que la situation se calme. Figure médiatique de la communauté, Serge Klarsfeld a ainsi rappelé que si les mots ont un sens, c’est le gouvernement français lui même qui affirme que nous sommes en guerre, ce qui implique des précautions particulières. Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a estimé de son côté que «le choix spécifique (de porter ou non la kippa), c’est une décision individuelle, une décision que chaque individu doit prendre pour soi-même».
«Nous ne devons céder à rien, nous continuerons à porter la kippa», a déclaré M. Korsia. «Donner une recommandation collective » contre le port de la kippa, « ce n’est pas très digne ». «C’est donner la victoire aux djihadistes. Au contraire, il faut résister, se battre, c’est notre honneur et notre dignité de juifs » a souligné M. Cukierman. Une dignité, ou à tout le moins un sérieux que le président du Crif laisse régulièrement au vestiaire, petite parenthèse, quand il s’agit de conspuer les défenseurs de notre identité nationale. Ce fut encore le cas lors de son passage au micro de Paule Henriette Levy à l’antenne de RCJ, au lendemain des résultats des élections régionales, M. Cukierman s’y félicitant de ce que «le sursaut citoyen des français (ait) réussi à évincer le FN (des présidences de région). Mais nous devons rester vigilants, l’année 2015 a été très éprouvante »…
Vigilants, les députés Claude Goasguen (LR) et le binational Meyer Habib (UDI) l’ont été pour ce qui est d’assurer leur coup de pub et leur coup de com en arborant la kippa dans la salle des Quatre-Colonnes à l’Assemblée nationale. «C’était un clin d’œil pour dire de manière solennelle que la République, c’est pouvoir pratiquer son culte en toute quiétude et sans ostentation. La kippa n’est pas la burqa», a expliqué M. Goasguen, connu par ailleurs pour son engagement actif en faveur d’Israël.
Un type d’initiative qui n’a pas les faveurs d’un Eric Zemmour, qui, bien que de confession et/ou de culture juive, s’est ému du port ostentatoire de ce signe religieux hier lors de sa chronique sur RTL.
« La machette recommencera, elle tuera : c’est sa mission, son destin » aussi « la kippa hésite : doit-elle se cacher ou s’afficher ? Céder ou résister ? Défendre sa vie ou sa liberté ? ». La machette est « fêtée sur les réseaux sociaux d’une jeunesse salafisée », la kippa, elle, « est devenue enjeu, symbole, passion ». on s’écrie aujourd’hui « Touche pas à ma kippa ! », on dira demain « Je suis kippa » après « Je suis Charlie », « Je suis Bataclan », «Je suis migrant ».
« Et Je suis Français !, c’est pour quand ?» s’interroge M. Zemmour qui relève que durant l’Occupation, les autorités allemandes exigèrent le port de l’étoile jaune à des juifs qui ne portaient pas de signe distinctif. « Aujourd’hui, des représentants éminents du judaïsme français exigent leur signe distinctif (…), comme s’ils nous disaient désormais : Je veux mon étoile jaune !». Et de mettre en garde: « la liberté religieuse totale c’est la guerre totale de toutes les religions », et la kippa est «une sorte de selfie religieux, la vulgarité contemporaine du narcissisme et du consumérisme ».
La liberté religieuse totale évoquée par Eric Zemmour n’existe pas dans notre société régie par les principes de la laïcité, instaurée, faut-il le rappeler, sous la troisième république afin de lutter contre l’influence de l’Eglise catholique. Guillaume Faye le rappelait dernièrement sur son blogue J ’ai tout compris, «l’idéologie dominante, qui se dissimule sous le concept très flou de laïcité, prétend limiter l’influence religieuse”sur la société. Mais, comme on n’ose pas avouer que seule l’emprise musulmane est menaçante (du moins dans ses développements les plus extrémistes sur notre sol, NDLR), on s’en prend, par procuration, à ce pauvre catholicisme, qui ne menace plus personne depuis longtemps. Outre l’offensive contre les crèches, on se souvient de la répression policière et de la diabolisation de la Manif pour tous ou des Veilleurs qui furent assimilés à uneréaction catholique insupportable et subversive ».
« Dans les émissions TV, les reportages ou les feuilletons, surtout sur les chaines du service public (de propagande idéologique de gauche), le catholicisme traditionnel est soit ridiculisé, soit ignoré, soit caricaturé et dénoncé comme dangereux. La jeune réalisatrice Cheyenne-Marie Carron,auteur – entre autres – du film exceptionnel, L’Apôtre, qui retrace la conversion d’un musulman au catholicisme, et qui est repérée par les radars idéologiques officiels comme une artiste catholique, n’obtient aucune subvention pour ses nouveaux projets en cours ».
«Pourtant ces aides sont généreusement allouées à des réalisateurs politiquement corrects, sociologiquement copains et artistiquement médiocres, dont les productions sont à cent coudées en dessous des œuvres de Cheyenne-Marie Carron ».
Quant au «ministère de la Culture, dirigé par une incompétente sans culture, a ordre de ne pas augmenter les subventions aux cathédrales et églises classées monuments historiques qui souvent menacent ruine; en revanche, violant la loi de 1905, les municipalités et les régions financent par des moyens détournés la construction de mosquées, pour acheter la paix sociale et par clientélisme électoral. On tait aussi leur financement par des pays arabo-musulmans qui sont officiellement nos alliés. Creuser sa propre tombe semble devenu un mot d’ordre ».
Un mot d’ordre que les Français attachés à leur identité sont tout de même nombreux à ne pas vouloir suivre affirme cependant Bruno Gollnisch, et qui utilisent le bulletin FN pour le faire savoir. N’en déplaisent aux fous d’Allah, à M. Cukierman, aux pontes du LRPS, à toux ceux qui s’acharnent plus largement à faire tomber les défenses immunitaires de notre peuple, notamment en propageant, et ce n’est pas de kippa dont nous parlons ici, «la vulgarité contemporaine du narcissisme et du consumérisme.»
-
Pas de chômage pour les perdants aux élections
Lu ici :
"A peine un mois après le naufrage de la flotte socialiste en PACA, l'AFPA [Association pour la formation professionnelle des adultes] accueille sa 1ère réfugiée politique !
Pascale Gérard [PS], qui était présidente de la commission formation professionnelle de l’Association des Régions de France et vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, vient d'être nommée par le président Barou « Directrice des Relations Partenariales et de la Diversité » (sic) de l'AFPA.
Congédiée par le peuple le 6 décembre, elle retrouve un emploi le 22 décembre ! Bel exemple de sécurisation des parcours professionnels ! Elle est pas belle la république !
L'AFPA qui depuis 10 ans fait naufrage à cause de la politique du transfert des compétences aux régions embauche une des responsables de sa déconfiture...Mais qui donnera asile au personnel de l'AFPA quand le bateau aura définitivement coulé ??? !!! [...]
-
Les nouveaux immondes !

En ce début d’année 2016, qui promet d’être plus ignoble encore que le grand cru 2015, chaque nouvelle journée apporte son lot d’ébahissement.
Cette photo prise « en France » montre quel degré de mépris les envahisseurs éprouvent pour notre civilisation. Boris Vian avait donné pour titre à l’un de ses romans J’irai cracher sur vos tombes. Nos futurs maîtres s’y prélassent et on ne sait trop où ces hôtes indélicats, qui campent dans un cimetière français, vont se soulager.
Chacun sait que le pique-nique est bien vu dans les cimetières du Dâr al-Islam (au point d’être passible du fouet dans le meilleur des cas ; de l’égorgement rituel si le mollah, l’imam ou l’uléma est de mauvais poil le jour où on lui amène ce type de blasphémateur). Mais, en France, pourquoi ces individus se gêneraient-ils ?
Oui, pourquoi ? Regardez bien cette photographie : on y voit des soldats en pleine inaction ! Décidément les rappeurs les plus orduriers, les plus abjects ont au moins raison sur un point : « La France est devenue une putain ». Merci messieurs Hollande, Valls, Cazeneuve. Lorsque vous serez enterrés, nos enfants – s’il en reste après les égorgements de masse de la grande guerre raciale et religieuse qui s’annonce - feront ce que Boris recommandait.Docteur Bernard Plouvier
-
Pierre Boutang et la permanence de « L'espérance royale » : celle de Maurras, la sienne, la nôtre ...

Dans son prélude au livre essentiel qu'il a écrit sur Maurras* - ouvrage sans-doute trop volumineux et souvent trop difficile pour que beaucoup d'esprits fassent l'effort de s'y arrêter vraiment - Pierre Boutang dit ce que fut l'espérance royale de Charles Maurras, mais aussi la sienne propre, et conséquemment la nôtre, nous qui gardons, dans le contexte actuel, la foi politique qui fut la leur, comme de beaucoup d'autres. Une foi et une espérance politiques purement d'Action française. Ce texte, dont nous publions plus loin quelques extraits, nous paraît en effet en particulière concordance avec l'évolution en cours d'un certain nombre d'esprits importants, soit qu'ils se livrent à une forme très nette de remise en cause des valeurs républicaines, de la République en soi-même, soit qu'ils posent, très clairement, la question du régime et évoquent le manque de Roi, à l'instar d'Emmanuel Macron, ministre de l'Economie en exercice. Ainsi, la monarchie réapparaît, une fois de plus, comme le dit Boutang, sinon immédiatement à l'horizon du possible, du moins au cœur du débat public Dans un contexte et un langage actuels, comme il est normal. Et si l'idée monarchique ne cesse pas d'être sous-jacente à la réflexion politique contemporaine, on verra ce qu'elle doit, selon Boutang, à la démonstration puissante, répétée pendant un demi-siècle, par Maurras et par l'Action française selon laquelle la République ne remplit pas les conditions minimales d'un Etat. Tel est en tout cas le constat que font aujourd'hui, selon des voies diverses, nombre de personnalités dont il serait aisé de réunir les noms et les textes. Dans les crises de toute nature où se débat le régime, ces avancées de l'hypothèse monarchique ne sont pas négligeables. Tout au contraire. LFAR
Dans cet ordre, sans doute [l'espérance royale], il n'a jamais pensé qu'à faire. Ses pires insulteurs sont ceux qui feignent de douter qu'il ait, de toutes ses forces, voulu le Roi, comme il voulait la patrie. Encore un coup, Péguy était bon juge, espérait même qu'il y eût quelqu'un pour vouloir la République comme Maurras voulait le Roi, et a dit la conviction que cet homme était prêt à mourir pour ce Roi qui ne meurt pas, qui accompagne la patrie; pour Celui, tout autant, qui, de manière fixe, destinée, figure, pour une ou deux générations cette escorte des siècles. Croyez-vous, jeunes gens, que, parce qu'il le démontre avec tout l'éclat du Même et du Logos, il y adhère moins ? Ça ne serait vraisemblable que pour un qui se distinguerait de sa pensée. Il voulait même que le Roi voulût régner, autant et plus qu'il prouvait sa nécessité.
[…] Plusieurs décennies ont passé depuis sa mort, et nous avons recommencé, cessé, et puis recommencé; nous avons, quelques-uns, roulé le rocher de Sisyphe qu'est, au regard étranger, pas au nôtre, la monarchie.
Possible que cela prête, au moins, à sourire, n'est-ce pas ? Nous en souririons nous-mêmes, s'il n'y avait l'espérance qui crie en nos petits-enfants. Oui, comme a dit ce vieil et pur camelot du roi de Bernanos, « autour des petits garçons français penchés ensemble sur leurs cahiers, la plume à la main, et tirant un peu la langue, comme autour des jeunes gens ivres de leur première sortie sous les marronniers en fleur, au bras d'une jeune fille blonde, il y avait ce souvenir vague et enchanté, ce rêve, ce profond murmure dont la race berce les siens ». Il y avait ? Il y a : chaque fois que naît un enfant dont on sait déjà que, bientôt, il saura dire son ave Maria, et le long d'un clair ruisseau buvait une colombe.
Je l'admets, Maurras n'a pas réussi à ramener le Roi. Il a travaillé « pour 1950 », et voici bientôt l'an deux mille, et si le Roi n'est pas ramené, notre foi politique est vaine.
[…] Mais, d'abord, il y a un sens où le retour du Roi n'a nullement été étranger à son action et à sa preuve. Certes nos Princes n'échappent pas à la cruelle loi d'exil grâce à la force ou la ruse de l'Action française. Simplement l'Idée du Roi, sans laquelle on ne sait pas qui rentre, sans laquelle nos Princes eux-mêmes ne l'auraient pas toujours su, cette Idée-là dormait au cœur de la forêt historiale sans que personne eût le souci ni les moyens de la réveiller.
Ensuite l'auteur de l'Enquête n'a jamais douté que l'instauration et la consolidation d'une monarchie moderne — ou affrontée au monde moderne — ne dût être l'œuvre du Prince lui-même, et de son charisme qui dépasse la raison, du moins toutes les raisons.
Toutefois […] nous avons été « jetés en monarchie », en quasi-monarchie par un Charles De Gaulle très conscient des prolongements nécessaires pour que son œuvre ne fût pas, à long terme, un échec pire que celui de la république qu'il avait « ramassée dans la boue » en 1944 et déposée en 1958...
Enfin deux ordres de réalités concomitantes doivent être considérés à propos de Maurras :
D'une part, en remontant du salut public […] jusqu'à sa condition royale, il a pu ériger la preuve puissante, jamais réfutée, que la république en France, règne du nombre, des partis, et, à travers eux, de l'or et de l'Étranger, ne remplissait pas les conditions minimales d'un État; qu'elle ne pouvait donc masquer sa nullité politique que par une tyrannie administrative et bureaucratique vouée à défaire la nation. Il en résultait que l'avantage majeur de la monarchie serait de n'être pas la République, de combler son vide par la présence d'une personne douée, en général et au moins, des attributs de l'humanité, la raison de « l'animal rationnel mortel » et la responsabilité.
Sans cette démonstration, répétée pendant un demi-siècle, la monarchie n'aurait pu apparaître à l'horizon du possible.
D'autre part le royalisme maurrassien a trouvé sa forme supérieure, et sa composition stable, (la seule qui pût avoir des prolongements positifs, hors de la simple critique de la religion et de la non-politique démocratiques) chez ceux qui, ou bien avaient conservé une fidélité monarchique, tout endormie et désespérée qu'elle fût, ou bien, dans l'Armée, l'Église, et quelques réduits de l'Intelligence critique et de l'Université, ne voyaient pas chez le Roi la simple négation de la République, mais une personne vivante, l'héritier des fondateurs de la patrie.
Maurras avait dû, sans jamais oublier ce royalisme, où ne s'opposent jamais l'intelligence et le cœur, mettre l'accent sur la preuve négative, creuser et miner la démocratie parlementaire dont les ruines pouvaient seules, une fois déblayées, laisser la place à la monarchie moderne. Cela étant fait, et bien fait, cette critique ayant pénétré dans le subconscient de toutes les familles politiques, un fait nouveau, aussi inattendu que, pour les marxistes orthodoxes avant Lénine la Révolution dans un seul pays, apparut : non seulement le Roi se concevait comme négation effective de la République sans tête ni cœur, mais l'accession au pouvoir souverain, peut-être sous une forme nouvelle, d'un Capétien, fils de saint Louis, sortait de la simple spéculation**.
* Maurras, la destinée et l'œuvre, Plon, 1984
** Boutang évoque ici - et plus loin - la volonté de régner du Comte de Paris (Henri VI) et son action. De même la persistance des Princes de la Maison de France à assumer "la tradition qu'il (leur) a été donné d'incarner".