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France et politique française - Page 3749

  • La machine à exclure

    La République n'est pas un système de gouvernement, c'est une idée. Et cette idée a littéralement pris possession de la France depuis le XVIIIe siècle, produisant ce que l'on peut appeler non une démocratie mais une Idéocratie. Une idée... Mais quelle idée ? demande Hubert Champrun... L'idée d'un nouveau commencement... qui périme tout ce qui n'est pas lui.

    Le projet républicain fiançais est d'emblée universaliste. C'est bien la France qui change, mais cette transformation se veut radicale au point d'être une métamorphose; ses promoteurs entendent qu'elle soit fondatrice d'un ordre nouveau qui doit étendre son empire sur toutes les nations. Le nouvel État qui naît est sans doute français, mais l'adjectif désigne bien plus ce qui vient de naître - et bien plus sûrement ce qui va advenir qu'une quelconque continuité historique. On pourrait débattre de la proclamation effective de la Première République, de la Convention nationale, etc. : retenons que le projet républicain tel qu’il est immédiatement mis en œuvre est fondé sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (un des textes fondamentaux de notre actuelle Constitution), avec fameux premier article, « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », qui abolit, il la suite du 4 août, quelques siècles de vie commune et quelques millénaires de civilisation: clergé, noblesse, métiers, villes et provinces ne sont plus rien. La Déclaration universelle des droits de homme, de 1948, reprendra la formule dans son :1e premier: « Tous les êtres humains naissent et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués raison et de conscience et doivent agir les uns les autres dans un esprit de fraternité. »

    Le premier Empire, agent révolutionnaire du dépassement des nations

    Ce que pose la déclaration de 1789 est valable déjà, pour toute l'humanité, et les révolutions ont bien en tête de prêcher à tout l'univers.

    les nations demeurent dans les discours, c'est qu'elles paraissent alors être les formes naturelles et insurpassables du vivre ensemble, les corps intermédiaires que sont les provinces étant déjà balayés et les formes d'organisation politique étrangères (principautés et autres duchés) déjà condamnées. Le premier empire, puis l'expansion coloniale du XDC% sauteront aisément le pas et dépasseront le cadre national pour proposer d'étendre un empire raisonnable sur tous les territoires qui accepteraient, volens nolens, d'être illuminés. Le territoire n'est donc plus une réalité traditionnelle mais une contingence historique : la France est un projet salvateur de l'humanité, et ses frontières ne sont pas tant celles qu'un long usage a plus ou moins consacrées, au hasard des guerres et des alliances, que le théâtre administratif de son gouvernement éclairé; mieux, ses peuples ne sont pas forcément ceux qui résident en ces territoires mais la collection des individus qui adhèrent au projet républicain. On pourrait bien sûr examiner la xénophobie évidente des révolutionnaires et de leurs épigones de plus en plus lointains : c'est oublier que la nation est d'abord un projet purement contractualiste, et que la destruction des Français et les massacres opérés par les armées révolutionnaires et impériales sont d'abord des opérations politiques nécessaires d'épuration. Ce que proclame la République nouvelle, c'est l’abolition de tous droits préexistants à ceux qu'elle reconnaît: les frontières n'ont pas d'existence, le vocabulaire n'est pas fixé, les langues doivent disparaître, les coutumes s'abolir, les êtres se réincarner en d'autres eux-mêmes, transfigurés par la foi républicaine, transmutés de sujets en citoyens, etc.

    Tout est déjà là qui animera toute la vie politique française : ne jamais réellement reconnaître au passé la moindre valeur que celle qui, ponctuellement, permet de légitimer la disparition de tout ce qui n'est pas purement républicain - toutes traditions (des manières de se tenir à table aux dogmes du catholicisme, de l'enseignement du latin au maintien d'une armée) confondues dans une même détestation.

    Et cette exigence d'adaptation permanente n'a jamais quitté la pensée des républicains qui ont gouverné la France et son empire - et encore moins les intentions de ceux qui ont jeté la France, logiquement, et avec ferveur, sur la voie de l’européanisation et de la mondialisation. La république française veut que chacun porte le projet républicain : le règne universel d'un individu parfaitement égal à tous les autres, absolument indifférencié, quitte à être perpétuellement redéfini et requis d'adhérer à sa redéfinition, sous peine d'être... au mieux exclu, au pire éliminé. Le rêve réel de la République française n'est pas l'empire mondial qu'elle régenterait mais la dissolution absolue de la France une fois obtenue l'unanimité planétaire. Cas unique, et prodigieux ! d'un régime qui ne poursuit que son anéantissement et ne consent à exister que comme moyen subordonné à sa cause.

    « Le rêve réel de la République est la dissolution de la France »

    Le pur et délirant amour d'une humanité théorique conduit ainsi la France républicaine, aujourd'hui, à nier les genres après avoir aboli ses frontières, renoncé à sa monnaie, abandonné sa législation, dissous son peuple, détruit sa religion, bref réalisé la tabula rasa la plus radicale qui soit, en pouvant avec orgueil mettre en avant qu'elle n'en tire réellement aucun profit, sinon d'être encore et toujours le phare d'une humanité nouvelle. La République française n'est ni une tyrannie, ni un totalitarisme, ni un absolutisme - même si elle en a tous les traits roides, intolérants et brutaux : elle est ce régime singulier porté par une chimère dont seuls les communistes ont rêvé, l'annihilation de toute différence, au prix de sa propre disparition. Aucun moyen n'est immoral rapporté à cette fin - et la République française s'attache donc à disparaître totalement, et son peuple avec elle. Héroïque vertu.

     

    Hubert Champrun monde & vie   10 juin 2015 

  • Incendie de Berre-l'Etang : les drôles de coïncidences d'un "acte malveillant"

    Le 14 juillet 2015, deux événements se sont télescopés, l'incendie d'un site d'hydrocarbures à Berre-l'Etang et le discours présidentiel. Ils ont pourtant un point commun "l'acte malveillant" à Berre-l'Etang et le "nouvel ennemi" n'ont pas été clairement définis par les autorités. L'actualité géopolitique et l'histoire nous donnent des clefs de compréhension pour comprendre cet incendie.

    Des coïncidences troublantes

    Le 14 juillet, à 3 heures du matin, deux cuves d'hydrocarbures sur le site de Lyondellbasell à Berre-l'Etang prennent feu. Toute la journée du 14 juillet, les autorités évoquent un "acte malveillant". Les éléments de langage ne feront jamais allusion à "un attentat", alors que cette hypothèse n'est pas à exclure. Cet incendie se situe dans la continuité de l'attaque du site gazier d'Air Products à Saint-Quentin Fallavier du 26 juin. Les sites d'hydrocarbures français constituent désormais des cibles pour les terroristes islamistes, comme l'ont été la raffinerie de Baïji en Irak, en avril 2015 ou le site d'exploitation de gaz à In Amenas en Algérie, en janvier 2013. La région marseillaise représente le tiers des capacités de raffinage français, les deux cuves de Berre-l'Etang éloignées de 500 mètres ont été touchées simultanément. On sait qu'un troisième dispositif de mise à feu rudimentaire a été trouvé sur une cuve. Les doubles ou triples attentats sont pourtant la marque de fabrique de l'Etat islamique et d'Al Qaeda. L'incendie se déroule le matin du 14 juillet, jour de la fête nationale. Or les terroristes cherchent des dates symboliques, religieuses ou nationales, pour commettre un attentat et créer un effet de sidération sur l'opinion publique.

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  • Exploités agricoles

    Dans l'élevage, beaucoup a été fait en termes de mécanisation, mais il sera plus difficile de s'y passer de l'homme.

    Des ouvrages de science-fiction nous laissent entrevoir des mondes où les processus de production sont totalement automatisés, et où les hommes n’ont plus qu’à se laisser vivre ; ce qu’ils font avec plus ou moins de bonheur, généralement plutôt moins. C’est sans doute ce monde dont rêvaient ceux qui ont mis en place les 35 heures.

    Il faut dire qu’on peut aujourd’hui, grâce aux progrès techniques, envisager que les tracteurs partent seuls dans les champs, fassent le travail programmé, sans doute avec plus de précision et d’efficacité qu’un chauffeur moyen, et revienne « à la ferme » pour y rapporter la récolte, faire le plein ou subir réparation ou entretien.

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  • Droit du sol, un sujet résolument tabou ?

    Pourquoi ne pas enfin donner la parole au peuple de France et lui demander qui sont véritablement ses compatriotes ?

    Un projet de loi relatif aux droits des étrangers entre en discussion à l’Assemblée. Sous le signe de la canicule, les débats devraient être très chauds, tant le sujet est sensible, même – et probablement surtout – pour des Français incomplètement avertis des enjeux véritables.

    L’Élysée présentait ce projet en 2014 en l’éclairant d’une pompeuse et solennelle déclaration : « L’immigration peut être une opportunité pour la France, si elle est maîtrisée, si l’accueil des talents est encouragé et si l’intégration est favorisée. »

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  • Marine Le Pen appelle à s'opposer à un projet de loi "criminel" sur l'immigration

    La présidente du Front national Marine Le Pen s'est insurgée lundi contre le projet de loi sur le droit des étrangers, dont l'examen va débuter lundi à l'Assemblée nationale, qu'elle qualifie de "loi criminelle".

    Mme Le Pen y voit le deuxième volet d'une "folle dérive immigrationniste", qui va selon elle inciter "les étrangers à rester durablement et à s'installer en France, notamment par une nouvelle carte de séjour pluriannuelle".
    "Sur le volet de l'immigration clandestine, l'angélisme prévaut, qui aura pour conséquences d'un côté la multiplication des drames en Méditerranée et de l'autre, la saturation de notre système d'accueil et tous ses problèmes en matière de sécurité et de santé", critique aussi la patronne du parti d'extrême droite.
    "Le Front national, lui, veut faire tendre vers zéro le nombre d'entrées légales chaque année en France, alors qu'il se maintient à 200.000 depuis les années Sarkozy", précise le communiqué.
    Dans son programme, le FN défend l'idée de ramener à 10.000 le nombre d'entrées légales annuelles.
    Mme Le Pen propose aussi dans ce communiqué un "rétablissement de nos frontières nationales, la reconduite systématique des clandestins chez eux et la suppression de toutes les incitations sociales à l'immigration illégale".
    Pour Marine Le Pen, "en suivant aveuglément les injonctions de Bruxelles, le PS de François Hollande tout comme l'UMP (désormais Les Républicains) de Nicolas Sarkozy méprisent les droits des Français et ne pensent qu'à ceux des étrangers".
    Les députés examinent à partir de lundi le projet de loi "droit des étrangers", dont la mesure phare est la création d'un titre de séjour pluriannuel pour éviter aux étrangers en règle des passages répétés et anxiogènes en préfecture.

    Source : Afp via yahoo :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuFZupkVVAWvUaOtAb.shtml

  • Le bras de fer des éleveurs français

    Une des informations marquantes du week-end est la colère des éleveurs français, qui exigent de Stéphane Le Foll qu'il fasse respecter les accords passés avec la grande distribution sur le prix de la viande et du lait, qui se font sentir de façon trop timide au goût des éleveurs en détresse. Ce matin, Caen était bloquée par les éleveurs en colère, poursuivant le bras de fer et exigeant une implication plus ferme du gouvernement.

    Marie Bethanie

  • L’agriculture meurt de l’Europe (Présent 8399)

    Selon le ministre de l’Agriculture, 22 000 éleveurs pourraient disparaître bientôt. Toutes les filières sont au bord de la ruine et les fermiers entre colère et désespoir. Le chef de l’État a donc lancé un double appel en leur faveur.

    Aux distributeurs afin qu’ils réduisent leurs marges et aux consommateurs pour qu’ils achètent « des produits français » même s’ils sont plus chers, car, a-t-il ajouté, « nos emplois sont les emplois des Français et ces derniers sont capables de démontrer qu’ils peuvent faire un certain nombre d’efforts » par patriotisme économique. Mais il ne va pas jusqu’au bout de ce raisonnement ! La logique voudrait qu’il dise : achetez des productions françaises réalisées par des travailleurs français dans toute la filière : les entreprises agricoles, les abattoirs, le transport. Mais pour lui, la préférence nationale doit s’arrêter aux produits du terroir.
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    Après avoir durement allégé le portefeuille des consommateurs par son matraquage fiscal, Hollande voudrait maintenant qu’ils se serrent encore la ceinture et fassent « des efforts » pour secourir les éleveurs ! Le hollandisme, c’est cela : les pauvres doivent aider les pauvres. Si les grandes surfaces font la course aux prix bas, c’est pour s’adapter au pouvoir d’achat de leurs clients. À cette fin, les distributeurs s’approvisionnent où c’est le moins cher, et ce n’est pas chez nous, mais ailleurs en Europe et dans le monde.

    Le remède au drame des agriculteurs français, ce n’est pas de faire la manche en leur faveur, c’est de remettre en cause ce qui est à la racine du mal : l’Europe, celle que François Hollande a voulu et qu’il défend. L’Union européenne, c’est la libre circulation des personnes et des biens, mais sans harmonisation fiscale et sociale.

    Dans le secteur agricole, en Espagne, les charges salariales sont trois fois moins importantes que chez nous ; en Pologne, le SMIC est à 409 euros et le triple en France. Il est bien évident que les coûts de production ne peuvent être les mêmes, c’est cela que Bruxelles appelle « une concurrence libre et non faussée » dont nos paysans sont en train de mourir.

    En outre, le libéralisme bruxellois entend déclarer l’Europe ville ouverte, dans le cadre du traité transatlantique qui permet aux États-Unis et à l’Argentine, notamment, d’exporter en Europe de la viande meilleur marché, n’ayant pas à subir les coûteuses et multiples contraintes écologiques bruxelloises. Et sait-on que dans ce pays libéral que sont les USA, les importations sont proscrites quand l’agriculture américaine est en surproduction ?
    Voilà que François Hollande pour remédier à ces maux qui prospèrent grâce à son Europe propose… plus d’Europe ! Non pas la nécessaire marche arrière, mais la fuite en avant ! Il veut une « avant-garde » de la zone euro, un Parlement dédié, un budget et un gouvernement communs. Depuis trente ans, nous avons toujours plus d’Europe et toujours moins de croissance, mais Hollande ne songe pourtant qu’à en ajouter une couche…

    Guy Rouvrais

    http://fr.novopress.info/190774/lagriculture-meurt-leurope-present-8399/

  • Cinq cents mots pour la dissidence (Avant-propos et première section, A-B)

    Avant-propos

    Les mots sont des armes.

    Le Novlangue orwellien est, avec la diabolisation des mal pensants, l’arme principale du Système dominant pour stériliser les intelligences et priver les âmes de courage. Polémia y a consacré une première étude. Mais en contrepoint du Novlangue, le franc-parler politique est une arme pour libérer les esprits et leur donner des outils pour mieux comprendre le monde.

    C’est le but de ce dictionnaire de la réinformation, de ce lexique de la dissidence.


    Il ne comprend qu’un peu plus de 400 mots : il ne prétend donc pas à l’exhaustivité ni même à l’impartialité, encore moins à l’unicité de points de vue exprimés : car tout ce qui peut nourrir de forces la dissidence est bienvenu. Dissidents de toutes sensibilités, unissez-vous !

    Aussi, nul besoin d’être d’accord avec chacune de ces 464 définitions pour participer à la bataille. Il s’agit juste ici pour Polémia d’ouvrir la réflexion et d’inciter chacun à la poursuivre pour ouvrir des brèches dans le mur de l’idéologie unique… avant de le faire tomber !

    Dans cette première ébauche le lecteur trouvera :

    – des mots libérateurs, pour dévoiler ce que le politiquement correct et la censure médiatique veulent cacher ;

    – des mots accusateurs, pour comprendre les ressorts du Système mondialiste dominant qui conduit les Européens sur la route de la servitude et de la décadence, afin de mieux le combattre ;

    – des mots oubliés, qu’il faut invoquer pour retrouver notre identité et la voie du renouveau de notre civilisation ;

    – des mots clés, pour interpréter les réalités et les forces de domination en œuvre.

    A chacun de poursuivre ! Car « Chaque Philoctète sait que sans son arc et ses flèches Troie ne sera pas conquise ».

    Les Cinq Cents Mots sont présentés en neuf sections successives ainsi réparties : A-B — C — D — E-F — G-I — J-M — N-P — Q-S —T-Z.

    L’intégralité est consultable en pdf à :

    http://www.polemia.com/pdf/DicoTotal.K.pdf

  • De quoi les partis politiques français sont-ils le nom ?

    Nous avons l'habitude de cartographier l'espace politique français en y positionnant nos principaux partis. Et la plupart du temps, nous nous référons pour cela, inconsciemment, à l'imaginaire associé à ces partis. Vues sous cet angle, les choses paraissent simples.

    Des noms comme "Nouveau Parti Anticapitaliste", "Lutte Ouvrière" ou "Parti Communiste Français" évoquent les grandes luttes de classes du passé, quand un prolétariat héroïque affrontait une bourgeoisie conservatrice. Ces noms sonnent comme le célébrissime premier couplet de l'Internationale: "Debout, les damnés de la terre! Debout, les forçats de la faim!".

    "Parti de Gauche" et "Parti Socialiste" réveillent plutôt la nostalgie des Trente Glorieuses. Ces noms résonnent comme l'hymne mitterrandien des années 70: "Ne croyons plus aux lendemains qui chantent, changeons la vie ici et maintenant!". En arrière-plan se profile le lointain souvenir de la Section Française de l'Internationale Ouvrière, de Léon Blum et d'une alliance de classe, bénie par l'instituteur, entre employés et petits fonctionnaires.

    La droite française n'arrête pas de changer de nom. Maintenant, elle s'appelle les "Républicains". Nous avons désormais un grand parti français dont l'imaginaire renvoie à des références états-uniennes. Un parti formé pendant un épisode de "Dallas" et calibré comme un blockbuster hollywoodien. "Saving President Sarko", tel est le nom du film. C'est assez ridicule.

    Depuis quatre décennies, les lettres "F" et "N" sont associées à un logo calqué sur celui du MSI, un parti fasciste italien. Tous les vaincus du XXe siècle français se sont ralliés à cet étendard: les épurés de 1945, les victimes des guerres de décolonisation, une partie des milieux catholiques traditionnalistes. Le FN en a retiré une image sulfureuse.

    Tous ces imaginaires partisans n'ont rien à voir avec la réalité. Notre gauche radicale n'est pas ouvrière. Le Parti Socialiste n'est plus vraiment le parti des enseignants et des employés. Les "Républicains" n'incarnent pas le rêve américain — à vrai dire, ils ne font rêver personne. Et le FN n'a plus grand-chose à voir avec ses origines fascisantes.

    Ramener nos partis politiques aux imaginaires qu'on leur associe, c'est fondamentalement se tromper d'époque. Ces imaginaires trouvent leur source dans des luttes de classes du passé, qui ne sont pas les luttes de classes contemporaines. Ils s'organisent autour de rêves que plus grand-monde ne partage, de souvenirs qui s'estompent et de rancunes presque oubliées. On voudrait maintenir l'illusion que nos principales forces politiques sont dans le monde actuel ce qu'elles furent dans un monde disparu. Cela n'a pas de sens. Nos partis ne sont pas ce qu'ils furent.

    Pour commencer, ce ne sont plus vraiment des organisations de masse. A peine 1 % des Français militent réellement. Du coup, ce que nous appelons un parti politique aujourd'hui n'est pas ce qui portait ce nom autrefois. Pendant les deux premiers tiers du XX° siècle, les partis politiques reposaient sur leurs militants. Désormais, ceux-ci en sont souvent réduits à faire de la figuration dans une mise en scène étudiée pour la télévision. En réalité, l'agora française est presque vide. C'est une tombe glaciale, que les médias réchauffent d'un simulacre de vie avec la complicité de partis politiques fantômes.

    Sauf aux marges, la politique n'est plus l'affaire que de ceux qui en vivent. Le PS est à la pointe de cette évolution. Un militant socialiste sur deux est un élu. L'autre est souvent un employé municipal. Le PS est une machine à prendre des places et à se les partager. Les autres partis politiques essayent manifestement de l'imiter.

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